Certains alexandres de Mésembria et le problème des imitations moreCahiers Numismatiques [Paris], 24 (91), 1987, p. 238-242. |
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24- ANNEE
N° 91
MARS 1987
CAHIERS NUMISMATIQUES
BULLETIN
OE LA
SOCIETE D ETUDES NUMISMATIQUES ET ARCHEOLOGIQUES
SOMMAiRE
ETUDES NUMISMATIQUES ET ARCHEOLOGIQUES
Une importante inedite en AR parmi quelques monnaies gau-
loises du site d'Estrees sur Noye (80), par L.P. DELESTREE 227
i
Le conseiller a la cour Phillips et les monnayages a legendes
Iberiques de Gaule et d'Espagne, par J.C. RICHARD ____ 232
Le portrait inconnu de Rudolf II de la B.N.... etait connu
au XIX"/, par Michel DUCHAMP...................... 235
Certains Alexandres de Mesembria et le probleme des Cl—
imitations,"par Francois de CALLATAY .................. 238
Le tresor de I'arsenal de Toulouse (XIV* siecle). Tresor de
monnaies d'or des environs de Bordeaux (XV0 siecle)
(1834), par G. DEPEYROT.............................. 244
BIBLIOGRAPHIE :
Pierre-Yves LATHOUMETIE.............................. 246
Laurent SCHMITT ...................................... 247
— 225 —
Francois de CALLATAY
Aspirant au Fonds National de la Recherche Scientifique
CERTAINS ALEXANDRES DE MESEMRRIA
ET LE PRORLEME DES IMITATIONS
Les monnayages, qui ont etc emis a partir de la moitie du 2' siecle/^ . fij
ayant not re ere le long de la cote thrace CfSsos, Maronee, Macedoine J\ u ,
premier^*), ont ete abondamment. imites (1). La realisation de cgrj^i^a, u . li
rendue fleja penible du fait do la grande abondance de ces monnayages, J
est ainsi compliquee par notre impossibility a pouvoir distinguer claire-
ment ce qui est « officiel » de ce qui ne I'est pas. Dans ces conditions, on
est tente de faire reposer ^interpretation sur la legende en isolant trois
cas (2).
1. Legende correcte = officielle.
2. Legende incorrecte = imitation.
3. Legende stylisee ou inexistante = barbare.
Si la commodity d'une telle classification est manifest©, il est tres
difficile, en revanche, d'etablir son degre de pertinence. Un contre-exemple
precis nous permel de formuler quelques remarques a ce sujet. II concernc
un coin dc droit au type d'Alexandre attribue a l'atelier de Mcscmbria (3),
dont voici les exemplaires qui me sont connus (4) :
1. Voir dernierement A. Rogalski (Imitations ine'dites de te'tradrachmes de Thasos et
de Maronie, dans Nwnizntalika (1), 1981. pp. 15-21, en bulgare, resume en francais),
E. Schonert-Geiss (Imitalionen maroneiischer Miinzen, dans Klio. 66 (1), 1984. pp. 85-92)
et M. rprbagyi (Un tresor de moimaies grecqttes de Kisszederjes, dans Numizmaiikai Kozloni,
84-5, 1985-6, pp. 13-25, pi. 2-8, en hongrois, resume en anglais).
2. Voir G. Poenan^Bordea. Les regions Balkaniques et le littoral septentrional du ft}
Poni-Euxin, dans A Surfey of Numismatic Research. JgfrjgS, Londres, 1986, p. 103.
3. Peu avant la moitie du 2C Steele avant J.-C, les villes d'Asic Mincure s'arretent
enfin de frapper des tetradrachmes aux types et au nom d'Alexandre le Grand. Sur la cdte
Ouest du Pont-Euxin, tdutefois, deux ateliers — Mesembria et Odessos — vont prolonger
cettG production jusqtrau/lc'' siecle avant J.-C. Pour ces monnayages, voir surtout B. Pick
et K. Regling {Die anlikcn Miinzcn Nord-Griechenlands. II.1 : Dacien und Moesien. Berlin, "~
1910. pp. 520-4 et 534-40^ T. Cerassimov {Tresor de teiradrachmes de Mesembria I'ontica J[
et d'Odessos, dans BulISocArch Varna. 10. 1956, pp. 65-75, pi. 1-3, cn bulgare, resume en '
liancais)/ M.J. Price {Mithradat.es VI Bupator, Dionysus. Jind the Coinages of the Black fl
Sea, dans NC, 1 (3). 1968. pp. 1-12, pi 1-4, surtout pp. 6-9)/et I. Karajotov (Chronologic de:
teiradrachmes de Mesambria dans Numizmatika (4), 1984, pp, 5-14, en bulgare, r6sum<5 en
francais).
4. Dans le cadre d'une Evaluation quantitative tics volumes monnayes a cette epoque,
j'ai ete amene a tenter I'etttde des coins des dernicrcs Emissions d'alcxandres a Mesembria.
H ne s'agit pas d'un corpus. I.a base documsntaire est essentiellement con-stituec par les
catalogues de ventes et les collections publidcs. Elle ne tient pas covnpte actuellement des
tres importantes collections conscrvccs en Bulgarie. L'indice characteroseopique obtenu
permel, cependant. de croire en la valeur de l'^chantillon (plus de 4 exemplaires en
moyenne pour chaquc coin de droit).
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Dr.
Tete d'Heracles a dr. avcc la leonlc. ifeiP-
Rv. : BASlAEilS AAFEANAPOY. Zeus assis sur son trone, tenant son
sceptre dans sa main gauche et un aigle dans sa main droite.
Casque dans le champ a g.
Xo (dans lc champ a g) et HPA (sous le trdne).
Rl a) G. Hirr,ch (Munich), 135, 19-21 jan. 1983, n° 75 (14,65 g), 32 mm 0.
h) Mifnz Zentrum (Cologne), 36, 7-9 nov. 1979, n" 5 (16,12 g) = Peus f'<~>
(Francfort), 305, 12-5 oct. 1982, n* 38 (16,14 g), 32 mm 0.
c) SNG Forbal, |f 285 (16,53 g), II h., 31 mm 0.
d) Scheincr (Ineolstadt), liste 33, n" 4333 = Peus (Francforl), 318,
7-11 mai 1987", n" 1166 (13,77 g), 31 mm 0.
et^^(sous le trone) : _{
AA (dans le champ a g) et
m
R2 — G. Hirsch (Munich), 146, 12-5 juin 1985, n° 25 (16,16 g), 31 mm
R3 — Numismatica (Vicnne), 4, 22-3 avr. 1974, n° 11 (16,95 g), 11 h, 38 mm 0
R4 — Lanz (Munich), 36, 21 avr. 1986, n° 13 (16,41 g), 11 h., 34 mm 0.
R5 — Auctiones (Bale), 10, 12-3 juin 1979, n" 38 (15,22 g), 35 mm 0.
R6 — Paris, BN, n" R1825 (16,90 g), 12 h., 40 mm 0 (5).
R7 — Kurpl/lzische Munzhandiung (Mannheim), 14, 31 maw2 juin 1978, /15 X
n" 12, 36 mm 0 (6). A
Les dix cxcmplaires repertories associent done le meme droit a sept
revers differenls. Or, si le premier de ceux-ci offre les meilleures garanties
d'etre une emission officielle, il n'en va pas de meme pour les six autres,
que caracterisent de nombreuses anomalies: diamctres anormalement
larges (jusqu'a 40 mm) (7), poids parfois excessifs (deux exemplaires au-
dessus de 16,89 g) (8), iconographie souvent deficiente oil un Zeus a la
tete meconnaissable allonge exagerement la jambe (9) et, surtout, legende
ineorrecte.
5. Cci exemplaire est surfrappe sur un tetradrachme thosien ii I'Heraclcs, dont on
distingue une partio de l'inscriplion IAKAE) au revers. entre le sceptre dc Zeus et le
litre BA^IAEii (voir fig. B). On ccinnaissait deja un certain nombre de surfrappes pour
rette periode (voir F. dc Callalay, Une surfrappe ineditc de Maronec sur Te'nc'dos dans
CahN. 23 (90). 1986, p. 220), donl un alexandic d'Odessos null surfrappc sur unc monnaie
lhasienne (Paris, BN, U.S. R41I4).
6. La surfrappc sur un tetradrachme (hasten a I'flerakles est ici encore plus manifeste:
on lit, au revers, (HP) AKAEO (Yv) - (SO) THPOS tandis <|u'on distingue une partie
du profil 'surfrappc au droit/
7. Les alexandrcs de Mescmbria mesurent -jjcneralemcnt a ccttc dpoqtie entrc 31 et ^~ n
33 mm. Exception faitc dc ces exemplaires. noi/s n'en connaissoris aucun dont !c diametre / iU
soil superieur a 35 mm. V
8. Aucun des 100 autres exemplaires recenscs appartenant a ce groupe d'alexandrcs
ne pese plus de 16.80 g. <
: ... . . •
9. Voir R4.
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La degradation progressive du coin de droit, qu'une fissure a 1'arriere
du crane rend sensible, permet de classer les revers dans l'ordre. On est
ainsi amene 6 distinguer deux stades dans revolution de la legende. Une
premiere alteration semble avoir consistc en la disparition des dernieres J
lettres des deux mots. L'inscription/ se lit : BA^IAEO - AAEEANA (\0).J"&3jJM-
Elle est peut-etre le resullat d'un copie attentive mais inintelligente d'une
piece mal centree par un graveur qui ignorait le grec. La deuxieme
alteration est plus radicalc : elle transformc AAEEANA en AAESAIAA.
La legende n est plus seulement tronquee ; elle est aberrante (11). On
observera, en particulier, comment le N est desormais rendu par IA.
Voila done une constatation unique pour ce secteur de la numismati-
que: un coin de droit utilise tantot avec des revers officiels et tantot
avec ce que Ton croit etre des imitations (12). II semble, en lout etal
de cause, qu'une legende resolumenl incorrecte ait pu etre gravee a Tin-
terieur meme de I'atelienjpour lequel ces pieces ont ete emises, puisqu'elle
suppose une meconnaissance de la languc grecque de la part du graveur
el une indifference des/utilisaleurs face a cette lacunc.
'lO. Voir R2 el b/ L'exemplairc vendu ii Vicnnc en 1974 domic — fait rarissimc — le _/3
contour complct du coin, cc qui permel d'en mieux jugcr la m^diocrite1.
Voir R4, 5 et 6 et fig. A.
1*42. A Rogulski a recemment fait connattr* un cas non moins inteVessant, quoique
different : un meme coin de droit unissant deux levers au type de l'Heracles Sauvcur,
I'utJ frappe par les Thasiens (BA^lllNl, I'autre par les Thraces (©PAK£2N)._-~>
L'auteur. qui reinterprete la legende. suppose lo];iqucment que les deux pieces or.t ele emises
dans un meme atelier (Thasos) pour des communaulc\s diffeYentes (1981. pp. 15-21).
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