Le roi thrace Mostis et une surfrappe d'un alexandre tardif de Mésembria moreRevue belge de Numismatique, CXXXVII, 1991, p. 37-45 et pl. II. |
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NUMISMATIQUE
ET DE SIGILLOGRAPHIE
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L'ENSEIGNEMENT, DE LA FORMATION ET DE
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L'ENSEIGNEMENT, DE LA FORMATION ET DE LA RECHERCHE DU MINISTÈRE
DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE
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PAUL
TONY
NASTER. MAURICE COLAERT, HACKENS. Luc SMüLDEREN
CXXXVII "1991
BRUXELLES BRUSSEL
FRANÇOIS DE
CALLATA Y *
LE ROI THRACE MOSTIS ET UNE SURFRAPPE D'UN ALEXANDRE TARDIF DE MÉSEMBRIA
(Planche II) Dans un de ses récents catalogues, la Maison Lanz à Munich a mis en vente un intéressant tétradrachme aux types d'Alexandre le Grand réalisé à Mésembria sur la côte Ouest du Pont-Euxin. En voici la description (1). Dr. Tête d'Héraclès à dr., coiffé de la peau du lion de Némée. Rv.: BAIIAEQI (à dr., de haut en bas) - AAE.:ANAPOY (à g., de haut en bas). Zeus assis à g. sur son trône. Vêtu de l'himation jusqu'à la taille, il tient un sceptre dans la g. et présente un aigle lui faisant face dans la dr. Ligne de terre. Dans le champ à g.: monogramme W. Sous le trône: monograme (A). Lanz (Munich), 44ème vente, 16 mai 1988, na 109 (16.07 g. - 11 h.) (pl. II, n° 1). L'intérêt de cet exemplaire réside dans le fait qu'il a manifestement été surfrappé sur un type différent (2). De fait, on lit dans la partie gauche à l'exergue du revers les lettres T 0, qui ne se retrouvent pas dans la légende du tétradrachme de Mésembria. Le 0 apparaît clairement dans toute sa rondeur. Quant au T, légèrement plus petit. il ne peut guère être pris pour une autre lettre, si ce n'est - à la rigueur - pour la fin d'un n. Comme on pouvait s'y
* Chargé de recherches au FNRS (1) Nos plus vifs remerciements vont à Mr M. J. Priee (British Museum) et Mme C. Arnold-Biucchi (ANS), qui ont bien voulu nous communiquer les illustrations du matériel dont il ont la charge. Nous avons trouvé au Cabinet des Médailles de Paris le meilleur accueil auprès de Mr M. Amandry et de Mme D. Gerin. (2) Ce qui avait été noté dans le catalogue de la vente (p. 13: (l Oberpriigung »).
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attendre, ces deux lettres ont été très aplaties lors de la surfrappe. En l'état actuel, la pièce - au droit comme au revers - ne permet malheureusement pas de déceler d'autres traces du type surfrappé (3). En particulier. on ne distingue pas ce qui suit ou précède immédiatement les lettres TO. Il n'empêche. Mêmes limités à deux lettres, ces indices sont suffisamment précis pour tâcher d'y voir clair. Il s'agit en effet de trouver une émission qui propose la suite de lettres TO (ou, beaucoup plus malaisément, nO). Précision supplémentaire: ces lettres ne peuvent apparaître que dans deux positions: soit à l'exergue (et dans ce cas plutôt à gauche), soit dans le champ g. (et dans ce cas plutôt en haut). Ces paramètres contraignants autorisent de procéder par élimination. Le tétradrachme de Mésembria en question appartient à un groupe émis dans les derniers temps du 2c s. ou au tout début du 1cr s. av. J .-C. On peut tout d' abord écarter l'éventualité selon laquelle le type surfrappé serait une émission antérieure de Mésembria. Les inscriptions (figurant à l'exergue de g. à dr. ou dans le champ g. de haut en bas) sont en effet extrêmement rares sur les alexandres de Mésembria et aucune ne propose une suite utile de lettres (4). Les mêmes remarques concernent les émissions d'alexandres tardifs réalisées dans l'atelier voisin d'Odessos (5). La seule émission autonome de tétradrachmes hellénistiques dOdessos doit également être rejetée: elle présente la légende eEOY (à dr., de haut
(3) Avec un peu de bonne volonté, on croit distinguer quelques affleurements dans le champ extérieur g., qui pourraient être les traces d'une inscription verticale. (4) On sera complet en citant AIO:IKOYPlllA et OINA vers ± 150 av. J.-C. et ME:IAM (BPIANQN) vers ± 90 av. J.-C. Chacun de ces noms est bien attestè. Il est très douteux que notre documentation soit incomplète sur ce point (voir 1. KARAYOTOV, C'bKpo6HIUe OT .rerpaapaxxœ Ha Mecaxrôpaa H Onecoc DT C. PynHHK, Eypracsa oxpsr [trésor de tétradrachmes de Mésembria et d'Odessos de Rudnik, près de Burgas], dans Numizmalika, 1976 (1-2), p.36-44 (en bulgare) et [Chronologie des tétradrachmes de Mésembria], dans Numiztnoiika, 1984 (4), p.514 (en bulgare - résumé en français): F. DE CALLATAV, Histoire économique et monétaire des guerres de Mithridate, thèse de doctorat inédite, Louvain-la-Neuve, 1988, Tome lA, p. 104-120 et Tome lB, p.I44-160). (5) Les seules suites de lettres connues à l'exergue sont: EnlAI, OAH et OllH:IITnN. (Voir F. DE CALLATAV, 1988, Tome lB, p.133-43).
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en bas) - MErAA OY (à g., de haut en bas) - KYPI A (à l'exergue, de g. à dr.) (6). Dès lors, il faut chercher ailleurs. Les alexandres (BAIIAEQI AAE:AN APOY) et les lysimaques (BAIIAH2I - AYIIMA XOY) écartés ('), on pense naturellement, s'agissant de cette région et de cette époque, aux tétradrachmes de Thasos et de Maronée ou à ceux de Macédoine Première (8). Or, aucune légende de ces monnayages ne satisfait aux conditions de la surfrappe: Maronée: AIONYIOY (à dr., de haut en bas) IDTHPOI (à g., de haut en bas) MAPr2NITr2N (à l'exergue, de g. à dr.). Thasos: HPAKAEOYI (à dr., de haut en bas) IDTHPOI (à g., de haut en bas) - eAII r2N (à l'exergue, de g. à dr.), Macédoine Première: MAKEAONr2N (en haut, de g. à dr.) npr2T HI (en bas, de g. à dr.). Les monnaies au nom d'Aesillas ou les tétradrachmes stéphanéphores d'Athènes, qui eux aussi sont susceptibles d'avoir circulé vers ce moment en Thrace, ne conviennent pas mieux (9). Parmi
(6) Voir B. Prcx et K. REGLlNG, Die anliken Münzen Nord-Grieclienlands. II.1: Dacien und M oesien, Berlin, 1910. Pour mieux visualiser la situation, on a souligné les emplacements où il faudrait retrouver les lettres TO (ou 110). (7) Il faut bien sûr tenir compte des légendes d'ateliers ou de monétaires susceptibles de figurer à l'exergue, come KAAXA pour Chalcédoine par exemple. (8) Il existe de fait quelques surfrappes intéressantes concernant ces monnayages. On peut citer un alexandre d'Odessos surfrappè sur un Héraclès de Thasos (Paris. BN, HS R 4114 - 16.24 g., 33 mm 0, 12 h.) ainsi que deux alexandres de Mésembria également surfrappés sur Thasos (Paris, BN, HS R 1825 - 16.88 g., 40 mm 0, 12 h. et Kurpfâlzische Münzhandlung {Mannheim}, 14m e vente, 31 mai2 juin 1978, 12). Ajoutons un Dionysos de Maronèe surfrappé sur un tétradrachme à la couronne de Tènédos (G. Hirsch [Munich], 152~m. vente, 26-29 nov. 1986, 123 - 16.08 g. : voir F. DE CALLATAY, Une sur{rappe inédite de Maronée sur Ténédos, dans CahN, 23 (90), p. 220) et un Héraclès de Thasos surfrappé sur un lysimaque tardif (Kress [Munich), 140èmo vente, 7 août 1967, 27). (9) Ici encore, on peut citer plusieurs surfrappes dont certaines sont fameuses: quelques exemplaires de Maronée sur Aesillas (SNG Aarhus, 301 - 16.76 g., 12 h. et Berlin, voir E. SCHOENERT-GEISS, Imilationen maroneiischer Mûnzen, dans Klio, 66 (1), 1984, p. 92); quelques exemplaires de Thasos également sur Aesillas (G. Hirsch [Munich], 32 ème vente, 22-4 oct. 1962, 2334 et, moins net, G. Hirsch [Munich], 141ème vente, 4-7 avr. 1984, 155 - 16.4 g); deux tétradrachmes d'Aesillas sur des monnaies stéphanéphores d'Athènes (Berlin, 241Jl907 - 16.10 g. -
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tous les tétradrachmes à la couronne émis vers le milieu du second siècle, seuls se rapprochent - encore que très imparfaitement certaines monnaies d'Abydos avec les noms de monétaires AnOAAnNIOY et AnOMOCl>A/NOY à l'exergue du revers (10). Il existe cependant un monnayage qui répond éminemment aux exigences définies par la surfrappe vendue chez Lanz. Il s'agit des très rares tétradrachmes émis par le roi thrace Mostis. On en connaît, semble-t-il. aujourd'hui Il exemplaires. dont 10 ont été étudiés en détail par A. Rogalski (11). Leur description est la suivante: Dr. : Buste du roi diadème à dr. Rv.: BA:IIAEOI (à dr., de haut en bas) - MO:ITIAOI (à g., de haut en bas) - ETO YI + année de règne au Enl:IAAAAOY lE TOYI + année de règne (à l'exergue, de g. à dr.). Athéna assise à g. sur une ligne de terre. Casquée et vêtue de l'himation, elle fait reposer le coude g. sur un bouclier tandis qu'elle présente une Niké couronnant le nom du roi dans la dr. Une lance passe obliquement derrière elle. Dans le champ à g. : monogramme. Il peut être utile de redonner la rapide étude de coins de ces tétradrachmes (12) ;
voir M. THOMPSON, The New Siyle Siluer Coinaqe af Athens, (NS, 10), New York, 1961, n° 1233c, pl. 138 et Budapest, 61/953.4 - 16.87 g. - voir R. A. BAUSLAUGH, Two Unpublished Ooerstrikes : New Siyle Albens and Aesillas ihe Quaestor, dans ANSMN, 32, 1987, p. 16-21, pl. 3) et un lysimaque byzantin sur un Aesillas (Berlin - voir M. THOMPSON, Byzantium ouer Aesillas, dans RN, 6 (15), 1973, p. 54-65, pl. A-B). (10) ATTOMOC1>ANOY est fréquent. Pour ATTOAM2NIOY, voir par exemple 1) Ars Classica, 12 èmc vente, 18-23 oct. 1926, n° 1741 = Ars Classica, 14 èmc vente, 2 juil. 1929, n° 342. ou 2) Lanz, 20éme vente, 13 avr. 1981, n° 226. (11) A. ROGALSKI, K'hM 'h'hrrpoca sa TeTpa.llpaxMHTe C lIMeTO MOCTlIC [Au sujet des iétradrachmes au nom de Moslis], dans IzNaradMuzVarna, 7, 1971, p. 4155 (en bulgare). Un dixième tétradrachme a été publié par le même A. ROGALSKI, Hosa TeTpa.n;paxMa TpaKHHcKlIj{ snaneren MOCTHC [un nouveau iéiradrachme du souverain thrace Mostis), dans IzNarodMuzVarna, 1983, p. 81-2 (non consulté). Le onzième a été vendu chez Lanz (42 ème vente, 23 nov. 1987, n° 156 [ébréché J). (12) Voir F. DE CALLATA Y, 1988, Tome 2, p. 43, note 110. Les deux exemplaires naguère prétendus faux par T. GERASSIMOV (,D,Be $anlUHBH TeTpa.zwaXMlI Ha TpaKHHCKHj{ U3p MOCTHC [Deux tétradrachmes (aux du roi thrace MostisJ, dans lAI, 31, 1968, p. 237-9 [résumé françaisj) sont ceux numérotés D3-R6 et D4-R7. Ils sont parfaitement authentiques (d'autres exemplaires ont été réalisés avec D4).
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Dr Dl
Rv RI
Dl
D2 D2
D2 D3 D4
D4 D4 D4
Date Pedigree Ir Berlin, 16.55 g. - 31 mm. 0 - Il h. (voir K6nigliche Museen zu Berlin. Beschreibunq der aniiken Münzen, Berlin, 1888, pl. 8, n" 73; A. ROGALSKl, 1971, pl. 1, n° 1; Y. YOUROUKOVA, Coins of the Ancient Thracians, BAR, Suppl. Series, 4, Oxford, 1976, pl. 17, n° 131). R2 lA Paris, BN, 279, 16.43 g., 2 trous - 29 mm 0 - Il h., traces de surfrappe à l'exergue du revers: couronne? (voir J. BABELON, Le portrait dans l'antiquité d'après les monnaies, Paris, 1950, pl. 40, n° Il; A. ROGALSKI, 1971, pl. 1, n" 2 et pl. II, n02). R3 KB New York, ANS, 16,43 g - 12 h. (voir A. ROGALSKl, 1971, pl. 1, n" 3 et pl. II, n° 3). R4 KB Paris, BN, coll. de Luynes, 1822, 16.58 g. - 36 mm o - 12 h. (voir J. BABELON, Catalogue de la collection de Luynes, Paris, 1925, n° 1822, pl. 69; A. ROGALSKI, 1971, pl. 1, n° 4 et pl. II, n° 4). R5 KB Léningrad, Ermitage, 13.49 g. cassée - Il h. (voir A. ROGALSKI, 1971, pl. 1, n° 5). R6 AB SNG Copenhague, 1172, 15.89 g. - Il h. (voir A. ROGALSKI, 1971, pl. I. n06). R7 EA Sofia, 6471, 16.10g. - 33 mm 0 - 12h. (voir A. ROGALSKI, 1971, pl. 2, n° 7 et Y. YOUROUKOVA, 1976, pl. 17, n° 132). R8 ZA Lanz (Munich), 42èm e vente, 23 nov. 1987, 156, ébréchée, (pl. II, n° 5). R9 AH Paris, BN. 277 (15.92 g. - 32 mm 0 - 12 h.) (voir A. ROGALSKI, 1971, pl. 2, n° 8 et pl. II, n° 6). RIO AH Londres, BM, 16.23 g. - 38 mm. 0 - 12 h., surfrappée sur un tétradrachme de Thasos (voir A. ROGLASKI, 1971, pl. 2, n° 8; D. R. SEAR, Greek Coins and their Values. 1: Europe, Londres, 1978, p. 171, n° 1728 et pl. II, n° 7 et 8 détail).
Comme il apparaît à la lecture de la description, la dernière ligne à l'exergue du revers commence par les lettres ETOYI où l'on retrouve en bonne place la suite TO de la surfrappe. En réalité, avec les tétradrachmes de Mostis, l'on ne dispose pas seulement d'un
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monnayage qui présente les bonnes lettres à la bonne place mais encore et surtout d'un monnayage réalisé au bon endroit et à la bonne époque. Longtemps, ces pièces ont été placées dans le courant du 3e S. (13). L'on sait aujourd'hui que cette opinion était erronée. Un exemplaire conservé au British Museum est en effet (mal) surfrappé sur un tétradrachme de Thasos à flan large (14). Cette constatation abaisse par la force des choses la datation du monnayage de Mostis après 180 en tout état de cause et après 146 très probablement (date supposée pour le début du monnayage thasien à l'Héraclès lors de la réorganisation de la Macédoine en Province romaine). Toutefois, si l'on est en droit de faire confiance à ce terminus post quem, les dates absolues du règne du roi Mostis ne sont pas connues. Les monnaies renseignent des nombres, de 13 (Ir) à 38 (AH), qu'il paraît logique d'interpréter comme les années de règne. Il s'agit d'un petit monnayage (4 coins de droit et 10 de revers), dont l'étude des coins semble confirmer que les lettres au revers désignent bien des années de règne (Ir lié à Ill; EA [ou CA] lié à ZA et AH). En apparence simple, le classement de ces tétradrachmes est pourtant compliqué par les apparitions et disparitions au revers de quelques monogrammes et de la mention Eni IAAAAOY (15). En particulier, l'étude de la titulature combinée à celle du style des portraits au droit a poussé A. Rogalski et Y. Youroukova à échafauder une reconstruction historique aussi compliquée qu'audacieuse (16). Plus récemment encore, B. Plakidov
(13) C'est la date encore soutenue par T. GERASSIMOV, 1968, p.237-9. (14) Voir détail pl. II, n° 8 (on distingue encore le I de HPAKAEOU .ret le N de 0AIln N). Nous remercions Mr M. J. Priee pour l'amabilité qu'il a eue de nous transmettre un cliché de ce détail. D'autre part, on croit également repérer sur l'exemplaire de la 14è mo année conservé à Paris (BN, 279) les traces d'une SUffrappe. On trouve de fait à l'exergue du revers plusieurs petites dépressions en arc de cercle qui suggèrent fortement la présence sous-jacente d'un type monétaire à la couronne. (15) La mention Eni ~AAAOY, présente lors des 13 et 14° années, disparaît ensuite pour réapparaître lors de la 35 ou 36" année. Deux monnaies de la 38" année indiquent ~A.AAOY (voir B. PLAKIDOV, CpeB'bpHOTO MOHeTOCeqeHe H3 Tp3KHHCKIUI BJl3.!{eTI1 MOCTHC [À nouveau sur le monnayage du souverain thrace Mostis] , dans Numizmaiika, 1988, p. 39: Paris et Londres). (16) A. ROGALSKI, 1971, p. 44-6 et Y. YOUROUKOVA, Coins orthe Ancient Thracians (BAR, Suppl. Series, 4), Oxford, 1976, p.34-8.
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a cru plus opportun de se fier aux monogrammes pour proposer une séquence inacceptable sur le plan de la charactéroscopie (17). Y. Youroukova lie explicitement ce monnayage aux activités de Mithridate Eupator (l8). De fait, l'on sait que Mithridate avait noué des relations avec les nations thraces (19) et qu'un grand nombre de mercenaires thraces avaient été engagés dans ses armées (20). Pourtant, hormis les monnaies, les sources écrites ne nous apprennent rien sur Mostis. Tel n'est pas le cas en revanche de Sadalas, nom dynastique courant en Thrace, dont il est également question à l'exergue (Eni IAAAI\OY). Un important décret de Chéronée nous informe que, lors de la première guerre mithridatique, Sylla reçut le renfort de 1.000 cavaliers thraces dépêchés par le roi Sadalas et commandés par Amatokos (21). Cicéron également évoque dans sa première Verrine le roi Sadalas, chez lequel Verrès se rendit pour obtenir de l'aide en 79 av. J.-C. (22). Deux mentions qui attestent donc l'existence d'un roi Sadalas dans les premières décennies du premier siècle. Qu'une monnaie d'un roi thrace ait pu être surfrappée par l'atelier de Mésembria, voilà qui ne doit pas surprendre. La proximité géographique y invite. Deux observations vont dans le sens d'une circulation commune pour ces deux monnayages, où les utilisateurs de l'un pouvaient très bien entrer en possession de l'autre. Le trésor de Mezen (CH VII 126) atteste de fait l'existence côte-à-côte d'un tétradrachme de Mostis, le seul jamais recensé dans un trésor, avec plusieurs alexandres posthumes. Il est en outre possible que le très exceptionnel tétradrachme de Mostis récemment présenté par la
(17) B. PLAKlDOV, 1988 (1), p.37-41 (où les exemplaires des années Ir et 1,6" réalisés avec le même coin de droit, se retrouvent séparés). (18) Y. YOUROUKOVA, 1976, p.34-8. Cela reste une hypothèse (non vérifiée actuellement). (19) Voir le long développement dans E. S. GAGGERO, Relations politiques et militaires de Mithridate V l Eupator auec les populations et les cités de la Thrace et avec les colonies grecques de la Mer Noire occidentale (Pulpudeua, 2), Sofia, 1978. p.294-305. (20) Dans un texte qui n'a jusqu'ici pas reçu toute l'attention qu'il méritait, Appien semble placer les soldats thraces en tête par importance des différentes nationalités qui composaient son armée (XII, 6. 41). (21) Voir M. HOLLEAUX, Décret de Chéronée relatif à la première guerre de Mithradales, dans REG, 32, 19HI, p. 320-37. Pour une datation de cette inscription à l'hiver 86/5 (plutôt que 87{6), voir F. DE CALLATAY, 1988, Tome 2, p.142. (22) Cicéron, ln Verrem, 1, 24. 63.
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même maison Lanz (42 émC vente, 23 nov. 1987, n" 157) provienne de la trouvaille qui comprenait l'exemplaire surfrappé de Mésembria. Ces b-annes raisons font que les tétradrachmes de Mostis apparaissent, dans l'état actuel de nos connaissances, comme le seul monnayage susceptible de présenter les caractéristiques de la surfrappe étudiée (23). S'il devait réellement s'avérer que la surfrappe de Mésembria concerne bien un tétradrachme de Mostis, alors il en découlerait certaines implications chronologiques pour ce dernier monnayage. L'alexandre tardif et surfrappé de Mésembria peut effectivement être daté avec une certaine précision. Deux constatations se dégagent de l'étude que nous avons menée des derniers alexandres d'Odessos et de Mésembria (24); la première est que des alexandres de Mésembria appartenant au même groupe que la pièce surfrappée se retrouve dans un trésor aux côtés d'un lysimaque byzantin qu'il ne nous paraît pas falloir dater avant ± 110 (IGCH 959 = CH II 98 = CH 1II 74 = CH VI 43); la seconde est que le groupe d'alexandres de Mésembria incriminé (Groupe 3 de notre typologie) est contemporain de la fin du groupe 1 d'Odessos, dont la frappe semble s'achever dans les dernières années du second siècle. L'ensemble de l'étude, qui s'appuie encore sur la métrologie, tend à placer le troisième groupe de Mésembria dans les années 110/100 av. J.-c. Cette datation fournit dès lors un appréciable terminus ante quem pour le tétradrachme de Mostis surfrappé, qui ancre davantage encore ce monnayage à la fin du deuxième siècle (25). On hésitera dans ces conditions à trop prêter aux riches en situant trop strictement cette frappe dans le contexte des guerres mithridatiques. Pour s'en tenir aux tétradrachrnes, l'impression est celle d'un monnayage exceptionnel et épisodique qui ne s'est exprimé qu'en de rares moments sur la connaissance desquels il faut sans doute faire
(23) Il faut toutefois préciser qu'aucun des 10 exemplaires connus pour les tétradrachmes de Mostis ne présente un T réduit par rapport au 0, comme c'est le cas avec la surfrappe de Mésembria. (24) F. DE CALLATAY, 1988, p.114-9. (25) Une note de métrologie pour terminer: le tétradrachme figurant dans la collection de Luynes à Paris a longtemps été réputé peser 17.12g. Ce poids, proche de l'étalon attique non réduit (± 17.30 g.), aurait pu paraître surprenant à la fin du 2e s. Contrôle effectué. il n'en est rien: la pièce pèse en réalité 16.58 g. seulement.
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notre deuil (1ère période: années 13 et 14/ 2eme période: année 22/ 3ème période: années 35 [ou 36] à 38). La surfrappe mise ici en évidence, celle déjà connue du British Museum et celle suspectée au passage pour un exemplaire de Paris supportent à leur façon cette vision en soulignant combien les tétradrachmes du roi Mostis apparaissent comme un monnayage de circonstance: obligé de réquisitionner le numéraire disponible pour être battu (tétradrachmes de Thasos, émission à la couronne[?]) et disparaissant de la même manière comme beaucoup d'autres frappes marginales - assez tôt de la circulation.