Quelques estimations relatives au nombre de monnaies grecques : les collections publiques et privées, le commerce et les trésors moreRevue belge de Numismatique, CXLIII, 1997, p. 21-94. |
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REVUE BELGE
DE
NUMISMA TIQUE
ET DE SIGILLOGRAPHIE
BELGISCH TIJDSCHRIFT VOOR NUMISMATIEK EN ZEGELKUNDE
PUBLIÉE UITGEGEVEN
SOUS LE HAUT PATRONAGE DE S. M. LE ROI
PAR LA
ONDER DE HOGE BESCHERMING VAN Z. M. DE KONING
DOOR HET
SOCIÉTÉ ROYALE DE NUMISMATIQUE DE BELGIQUE
AVEC L'AIDE DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DE L'ENSEIGNEMENT, DE LA FORMATION ET DE LA RECHERCHE DU MINISTÈRE DE LA COMMUNAUTE FRANÇAISE ET DU MINISTERIE VAN DE VLAAMSE GEMEENSCHAP
KONINKLIJK BELGISCH GENOOTSCHAP VOOR NUMISMATIEK
MET DE FINANCIËLE STEUN VAN HET MINISTERIE VAN DE VLAAMSE GEMEENSCHAP EN VAN DE DIRECTION GÉNERALE DE L'ENSEIGNEMENT. DE LA FORMATION ET DE LA RECHERCHE DU MINISTÈRE DE LA COMMUNAUTE FRANÇAISE
DIRECTE URS: FRANÇOIS TONY HACKENS (t). HUBERT FRÈRE, CALLATA 'V. HARRY DEWIT, JOHAN VAN HEESCH
DE
CXLIII . 1997
BRUXELLES BRUSSEL
FRANÇOIS DE
CALLATAY
QlTELQlTES ESTIMATIONS RELATIVES AU NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES:
LES COLLECTIONS PUBLIQUES ET PRIVÉES, LE COMMERCE ET LES TRÉSORS Les questions les plus simples sont régulièrement les plus difficiles. Une d'entre elles, naïve, qui se pose à l'amateur de monnaies grecques est de savoir: « Combien conserve-t-on aujourd'hui de ces monnaies? 1). Il Y a dix ans encore, y répondre eût été tenter le diable. Non que le diable soit absent de cet article ou que les réponses ici proposées puissent être tenues pour précises - certainement pas - , mais il faut admettre que le nombre et la qualité des matériaux affinés récemment permettent à présent de construire un raisonnement qui ne s'apparente plus à un exercice de divination. Le contraire même, puisque l'essentiel de ce qui va suivre se sert de chiffres réels, mis en œuvre sous le contrôle diligent du calcul de probabilités. Chiffres réels, calcul de probabilités: c'est assez dire qu'il ne sera pas facile d'éviter la lourdeur du style. À ceux qui s'en plaindraient, je veux préciser que cette lourdeur n'est qu'un pâle reflet, à la réflexion, de celle des décomptes qui furent nécessaires pour la bonne conduite de cette recherche. L'ambition de cet article est d'estimer le nombre total de monnaies grecques aujourd 'hui conservées tant dans les collections publiques que dans les collections privées. Comme ces monnaies furent frappées dans des métaux différents (or, électrum, argent et bronze), il n'a pas paru inopportun de se demander quelle pouvait être la part revenant à chaque métal. Il était de même logique de s'interroger sur le poids, c'est-à-dire la masse, que toutes ces monnaies pouvaient représenter et de passer d'une estimation exprimée en exemplaires à une estimation exprimée en kilos de métal. On le sait, la curiosité s'alimente d'elle-même. Une réponse qui se précise fait apparaître d'autres rivages, suscite d'autres questions. Peut-être eût-il fallu résister à aller plus loin, à ne pas s'engager sur
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des terres dont des pans importants résistent à la quantification? Je n'ai pas eu cette prudence. Le nombre, c'est-à-dire le stock. de monnaies grecques conservées dans les collections publiques et privées, n'est en effet pas un nombre statique. Ce nombre croît en revanche, étant donné la découverte chaque année de nombreux trésors et monnaies isolées. D'autre part, les hommes - les institutions aussi quelquefois - sont mortels. Le destin le plus courant d'une collection privée est de se voir finalement dispersée. Cela, aussi, alimente le commerce. Voilà pourquoi il m'a paru cohérent de pousser l'enquête plus loin en posant à nouveau deux questions simples: (1 Combien de monnaies grecques sont chaque année proposées à la vente?» et « Combien de monnaies, issues de trésors nouvellement découverts, viennent, bon an mal an, grossir le stock déjà constitué? 1). Toute personne qui est un peu familière avec la numismatique, grecque en l'occurrence, réalisera combien la simplicité des questions s'accompagne d'une certaine candeur. Et, sans doute, sourira-t-il. C'est que le commerce de monnaies comme l'écoulement de trésors ne sont pas des phénomènes pour lesquels on puisse attendre une réelle transparence. Il y a une face cachée de la lune sur laquelle il est et restera toujours extrêmement malaisé d'être renseigné. Dès lors, on voit, j'allais dire à l'avance, le scepticisme goguenard que cette seconde partie de la recherche - plus encore que la première - risque de susciter. Tant mieux. Le scepticisme, s'il ne se nourrit pas d'a priori. a toujours mis à l'épreuve les structures de la pensée qu'il considérait comme légères et, ce faisant, a souvent permis à ces structures de gagner en solidité. Qui dit « estimation » dit que l'on se situe résolument dans un monde qui est celui de l'incertitude. Aucun des résultats avancés cidessous n'a la prétention de correspondre parfaitement à la réalité. Ils sont donc tous « faux »). Mais le mot « faux » n'a aucun sens dans ce type de raisonnement. Bâtir une estimation revient à s'approcher, plus ou moins bien, de la réalité. L'art consiste à donner une réponse qui soit la plus proche possible de cette réalité. Il n'est, en revanche, aucunement question de se mouvoir dans un monde binaire où ce qui n'est pas vrai est faux, totalement faux. Cette mise en garde peut paraître scolaire. Je la crois néanmoins nécessaire. Par ailleurs, le résultat de toute estimation, aussi incertaine soit-elle, s'exprime forcément sous la forme d'un chiffre précis. Cette précision finale ne dit rien sur la solidité du développement proposé. Il n'y a donc pas lieu de se laisser impressionner et surtout pas de suspecter, de la part de l'auteur des calculs, une manœuvre sour-
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noise et abusive en vue de faire passer ses résultats comme précis. Un tel procès d'intention, qu'il soit explicite ou implicite, témoignerait seulement d'une méconnaissance de ce qu'est le calcul de probabilités. Comme d'autres avant lui C), cet article est d'abord motivé par le souci d'apporter une réponse chiffrée, même approximative, là où, faute d'avoir jamais tenté l'exercice, on s'est contenté des termes {l un peu, beaucoup, énormément 1). Cette dernière terminologie, maniée la plupart du temps de façon acritique, est d'autant moins recevable qu'elle amène à situer sur le même plan des réalités différentes. Ainsi, dans le cas qui nous occupe, va-t-on voir qualifié d' {< énorme 1) tant le nombre de monnaies grecques conservées dans les collections publiques et privées que le nombre de monnaies négociées chaque année par les marchands spécialisés ou celui des monnaies grecques nouvellement arrachées à la terre. Il est pourtant certain que le nombre de monnaies négociées chaque année est largement inférieur au nombre total de monnaies grecques qui sont parvenues jusqu'à nous et le bon sens laisse supposer que le nombre de monnaies traitées annuellement dans le commerce dépasse de loin celui des monnaies dont la découverte récente vient enrichir le stock existant (du moins celles qui, quittant leur pays d'origine, viennent alimenter le marché international). L'idée d'aller voir de plus près ce qu'il pouvait en être précisément ne date pas d'hier. Mais, durant longtemps, l'exercice m'a paru devoir se heurter à trop de difficultés pour que l'énergie dépensée en vaille la peine. Des informations, en partie publiées depuis peu, en partie obtenues auprès d'une série de personnes envers les-
(1) Voir F. DE CALLATAY, Un problème de documentation en numismatique antique: les catalogues de ventes, dans H isLoire & Mesure, V (3-4), 1990, p. 259-269 et ID., Les principales collections publiques de monnaies grecques, dans Compte rendu de la Commission internationale de Numismatique, 41, 1994, p. 66-78. Les conclusions de ces deux articles ont été directement exploitées et développées dans le cadre de la présente recherche. Participant de la même curiosité pour l'établissement de limites, deux autres articles ont porté non plus sur les monnaies mais sur ceux qui les étudient: F. DE CALLATAY, L'activité numismatique dans le monde vue à travers les index des 15 derniers Surveys, dans Annoiazioni Numismaiiche, 7, sept. 1992, p. 133-141 et ID., L'évolution démographique de quelques grandes sociétés de numismatique. dans RBN, CXL, 1994, p. 71-87.
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quelles je me sens très obligé, m'incitent aujourd'hui à tenter l'aventure avec le sentiment d'avoir réduit la part d'extrapolation. Ce sentiment ne se nourrit pas d'optimisme béat. D'autant qu'il existe un redoutable caveai à cette recherche, lié à l'utilisation récente et massive des détecteurs de métaux. L'emploi intensif des détecteurs a, en effet, fait apparaître des masses colossales de monnaies, essentiellement des monnaies isolées de sites, soit, la plupart du temps, des bronzes en médiocre état de conservation. L'ampleur du phénomène est telle qu'elle amène aujourd'hui à devoir dissocier ce qui est dit de l'or et de l'argent, d'une part, et du bronze, de l'autre. On reviendra longuement sur l'usage récent des détecteurs. Mais il doit être clair, d'emblée, que, si la validité des estimations proposées cidessous peut s'appliquer jusqu'à aujourd'hui pour l'or et l'argent. il n'en va pas de même pour le bronze dont la situation a, sur les quinze dernières années, les meilleures chances d'avoir été bouleversée. Cela étant, il y a lieu avant tout de se mettre d'accord sur ce que l'on entend par ({ monnaies grecques 1). Il existe en effet bien des manières de classer une collection. La définition retenue ici est d'abord une définition opératoire qui correspond au système de classement le plus souvent rencontré. Sont exclues de cette définition les monnaies ibériques et celtiques. En revanche. il n'a pas été possible de faire immédiatement la distinction entre monnaies grecques et ce qu'il est désormais convenu d'appeler les provinciales romaines (à moins que, sans privilégier l'angle économique, on continue de les appeler les impériales grecques) e). Est également compris sous le vocable monnaies grecques une série de monnayages appartenant à l'horizon oriental, parmi lesquelles les indo-grecques, les parthes et les juives forment les groupes les plus importants. Entreprise par jeu et conduite sans autre motif que celui de satisfaire une curiosité intellectuelle. cette étude m'aura beaucoup appris et amusé et cela autant pendant son accomplissement, grâce au plaisir de la recherche en soi, qu'après. par les commentaires déjà recueillis à son propos. Que les personnes qui m'ont fait l'amitié et le plaisir de partager leurs connaissance trouvent ici l'expression de ma gratitude à leur égard.
(2) Sur cette distinction, voir infra. p. 31.
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1.1 Le nombre de monnaies grecques conservées dans les collections publiques et privées Pour estimer le nombre total de monnaies grecques conservées dans les collections tant publiques que privées, il faut forcément partir des collections publiques, les seules pour lesquelles nous puissions souvent disposer de données chiffrées. Progressant alors du connu vers l'inconnu, on s'attachera à extrapoler l'importance des autres collections publiques - celles pour lesquelles il n'existe aucun recensement connu des monnaies grecques - en fonction de ce que l'on connait des premières. Le même genre d'extrapolation devra être fait ensuite pour les collections privées. L'extrapolation peut d'ailleurs tout aussi bien être menée en une fois. C'est ce que nous ferons: ne serait-ce la curiosité de connaître le poids relatif des autres collections publiques, il n'y a sans doute pas lieu de dissocier les institutions des particuliers. Fondamentale, en revanche, est la nécessité de pouvoir compter sur des études de coins dont l'heuristique est de première qualité pour. pouvoir se donner les moyens d'extrapoler sans trop de risque. Il se fait que, pour les quatre plus grands médailliers publics de monnaies grecques (Berlin, Paris, Londres et New York), je dois à l'obligeance de leurs conservateurs actuels de disposer d'une estimation assez précise sur l'ampleur de leurs collections. D'autres également m'ont fourni des informations précieuses sur les cabinets dont ils ont la charge. Il est possible enfin d'obtenir, via des ouvrages publiés, des renseignements supplémentaires pour une série d'autres médailliers. On en glanera quelquefois en avant-propos de certains volumes de la Sylloge Nummorum Graecorum. Il se trouve surtout, de manière heureuse, que la Commission Internationale de N umismatique (abrégé en CIN dans le tableau) a, depuis une vingtaine d'années, décidé de publier régulièrement dans son Compte rendu les présentations d'une série de collections numismatiques officielles. Sous la rubrique Histoire des collections numismatiques, se trouvent ainsi résumés, à la fin de chaque volume, le développement et l'importance de plusieurs cabinets des médailles. En dépit de leur brièveté, ces présentations fournissent souvent des chiffres précieux dans le cadre de cette recherche. Pour chaque médaillier, le tableau fournit, si possible, le nombre total d'objets conservés (2), le nombre total de monnaies grecques (3) ainsi que la référence où ces nombres ont été publiés (4):
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Liste alphabétique de 38 collections publiques
1 Lieu
Athènes Barcelone Berlin Birmingham Blackburn Bonn Bruxelles Budapest Cambridge Copenhague Dresde Duisbourg Gotha Hannovre Helsinki Klagenfurt Lausanne 2 Nombre total d'objets 500.000 125.000 ? 15.000 8.990 90.000 200.000
3 Monnaies grecques
?
4 Référence
?
102.000 ? 1.250 ? 7.903 (4) 12.000 36.500 25.000 (1) ? ? moins de 9.000 1.600 500 4.035 2.500
?
? 400.000 250.000 70.000 90.000 62.991 ? ? 60.000
CIN 29, 1982 CIN 41, 1994 H.-D. Schultz (3) CIN 32. 1985 CIN 32, 1985 CiN 38, 1991 CIN 37, 1990 SNG 1991 (5) K. Konuk (6) CiN 27, 1980 CIN 30, 1983 CiN 39, 1992 CIN 30, 1983 CiN 33, 1986 CIN 38, 1991 SNG 1967 (8) CIN 40, 1993
(3) Le chiffre actuel pour la collection de Berlin n'est pas connu mais H.-D. Schultz a eu l'obligeance de me signaler que Kurt Regling l'avait estimé à 102.000 en 1930 et que ce chiffre, comme l'on sait étant donné l'absence d'accroissement substantiel de la collection depuis lors, {l auch heute noch gill », (4) Ce nombre est le fruit d'un comptage récent. Il comprend 1.587 monnaies de bronze ou de billon frappées en Égypte sous domination romaine. (5) Voir SNG Hungary. Budapest. Magyar Nemzeti Muzeum. Vol. 1: Hispania-Sicilia. Part 1: Hispania-Apulia, Milan, 1992, p. 8: «approximaiely 12.000 pieces », (6) Le nombre de 30.000 avait été avancé dans CIN, 26, 1979. Le compte de 36.500, à quelques centaines près, m'a été communiqué en octobre 1995 par Koray Konuk qui m'a assuré avoir contrôlé sa justesse. (7) Voir SNG Copenhague. llaly. Pari 1: Etruria-Campania, Copenhague, 1942, p. 3 (il ... which now [en 1942} comprises about 25.000 specimens in gald, situer and brome »), L'addition des monnaies publiées dans les 42 premiers tomes de la SNG Copenhague donne un total de 22.480 exemplaires (2041 + 1114 + 1198 + 1406 + 563 + 424 + 547 + 549 + 377 + 628 + 791 + 651 + 558 + 529 + 436 + 1819 + 924 + 755 + 764 + 451 + 350 + 450 + 420 + 438 + 454 + 383 + 317 + 368 + 696 + 1322 + 757). (8) Voir SNG Sammlung Dreer. Klagenfurt im Landestnuseum [iir Kiirnien, 1. Teil: ltalien-Sizilien, Klagenfurt, 1967, p. 10 (d'après un testament rédigé en 1952).
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Leyde Lodz Londres Lyon Madrid Manchester Mantoue Milan Moscou Munich New York Oxford Paris (16)
200.000 54.620 500.000 42.962 175.000 55.000 12.000 140.000 92.750 ? plus de 500.000 ? 500.000
? 1.600 93.307 2.338
?
3.200 (11) ? Il.000 10.000 35.000 90.000 30.000 100.000
Munikoerier 1995 (9) GIN 36, 1989 U. Wartenberg (10) CIN 40, 1993 GIN 39, 1992 CIN 32, 1985 CIN 41, 1994 CIN 22, 1975 NC 1973 (12) SNG 1968 (13) C. Arnold-Biucchi (14) SNG 1951 (If» M. Amandry (17)
(9) Op bezoek bij hei Koninklijk Penninqkabinei, dans Munikoerier, sept. 1995, p.23. (10) U. Wartenherg, à qui va toute ma gratitude, donne le détail suivant: c. 60.000 monnaies grecques, dont 1.574 en or, 31.738 en argent et le reste en bronze ainsi que c. 32.000 impériales grecques en bronze et 1.307 en argent. Soit un total de 93.307. Dans le Compte rendu de la CIN de 1974 (vol. 21), on trouve le total de 85.000 grecques. (11) La SNG Manchester ne compte que 1.472 monnaies grecques. (12) K. V. GOLENKO, The Numismaiic Depariment of ilie Pushkin Staie Museum of Fine Arts, Moscow, dans NC, 7e sér., vol. XIII, 1973, p. 208-214. (13) Voir SNG Deuischland. Staailiche Münzsammlung München. 1. Hef!. Nr. 1-432. Hispania-Gallia Narbonensis, Berlin, 1968, 4 c p. (non paginée) de l'introduction «(1 ... um die heuligen Besiânde von nahezu 70000 anliken, zu eLwa gleichen Teilen griechischen und rôtnischen Münzen und münziihnlichen Gegensliinden nach M6glichkeit auszubauen Il). (14) Le nombre de monnaies grecques déjà inventoriées dans la banque de données informatisée est de 76.163. Selon l'appréciation de Carmen Arnold-Biucchi, ce total représenterait près de 80% de la collection complète. Le nombre publié récemment dans CI N, 42, 1995, p. 50 (120.000 monnaies grecques) paraît flatteur. (15) Voir SNG Ashmolean Museum. Vol. V. Evans Collection, Londres, 1951, préface (e The Oxford series ofGreek coins now numbers upwards of 30,000 pieces »i, (16) Pour le nombre de 570.000 (1 monnaies, médailles el antiques », voir le prospectus de 1995 présentant le nouveau déploiement de la Bibliothèque nationale de France. Ce nombre est supérieur à celui de 500.000 publié en 1976 dans le Compte rendu de la CIN mais il comprend vraisemblablement les «antiques e, c'est-à-dire les objets non numismatiques du Cabinet de France. (17) Le nombre de 100.000 monnaies grecques est le fruit du comptage récent effectué par le Cabinet des Médailles de Paris et dont Michel Amandry a eu la grande amabilité de me communiquer une copie. Ce comptage dresse l'inventaire des collections armoire par armoire et plateau par plateau. Au total, les 38 armoires de monnaies grecques contiennent 87.539 monnaies auxquelles il faut ajouter les quelque 8.000 monnaies de la collection Delepierre (voir le premier
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Stockholm Stuttgart Trèves Uppsala Varsovie Vienne Washington Zagreb
F. DE CALLATAY
500.000 100.000 120.000 35.000 250.000 500.000 900.000 260.000
? ? ? ? 16.000 ? ? moins de 10.000
GIN CIN GIN GIN CIN GIN GIN GIN
23, 31, 35, 40, 22, 37, 41, 36,
1976 (18) 1984 1988 1993 1975 1990 1994 1989
Le tableau est lacunaire: il omet quantité de musées. On notera également qu'il réunit des résultats établis à des époques différentes. Ainsi, pour prendre un exemple où il est permis de savoir, le nombre de 85.000 avancé pour le British Museum en 1974 est depuis dépassé; il avoisine aujourd'hui les 95.000. Le même genre d'observation vaut sans doute pour d'autres médailliers (Copenhague, Munich, Oxford). Les données les plus utiles de ce tableau sont probablement celles qui ne proviennent pas du Compte rendu de la CIN. D'abord parce que, avec Berlin, Paris, Londres, New York, Cambridge, Oxford, Munich, Copenhague, Budapest ou Bruxelles, il s'agit de grands cabinets des médailles. Ensuite parce que les résultats présentés résultent souvent de comptages récents. L'appréciation pour New York laisse bien la place à une certaine subjectivité puisque toute la collection n'a pas encore été intégrée dans la base de données (voir note 14). Le comptage pour Copenhague ne tient pas compte des acquisitions récentes et l'on sait que O. Merkholrn, principalement, avait réussi à étoffer encore cet important cabinet. Le chiffre fourni pour Berlin est ancien; mais, d'une manière générale, il ne faudrait pas exagérer la part des acquisitions récentes. Sauf exception, les dernières décennies ne sont pas venues bouleverser la taille des collections existantes. En revanche, pour Paris, Londres, Cambridge, Budapest ou Bruxelles, il s'agit de comptages réalisés tout récemment et dont l'incertitude porte tout au plus sur quelques centaines d'exemplaires. Un second tableau va nous permettre de reporter ces résultats lacunaires dans un cadre plus général. Il comporte cinq colonnes. La
paragraphe de la préface de G. LE RIDER pour la SNG Delepierre) et les 4.083 monnaies de la collection du duc de Luynes. L'addition de tous ces nombres donne la somme de 99.622 monnaies. (18) Récemment, on a avancé le chiffre de 700.000 pour le médaillier de Stockholm: J. ANDREW, A Numismoiic Jauni round Stockholm. dans Coin News, nov. 1995, p. 30.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
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première est celle des cabinets. La deuxième se réfère à l'article qui est récemment paru dans le Compte rendu de la Commission Internationale de Numismatique (19). Le but de cet article était d'essayer d'obtenir une idée de l'importance relative des principales collections publiques de monnaies grecques. Douze monnayages avaient été retenus, en ayant pris bien soin de les choisir de régions et de périodes différentes. Pour ce faire, j'avais travaillé avant tout sur les places relatives, les rangs, obtenus par les différents cabinets. La deuxième colonne fournit, au départ du même matériel, un résultat qui n'avait pas été calculé dans l'article: la somme des exemplaires possédés par chaque cabinet des médailles pour ces douze monnayages de référence (2). La troisième colonne reprend les totaux de monnaies grecques dont on dispose (3). La quatrième colonne se limite à l'importance des collections pour l'Italie et la Sicile (4). Il y a, à cela, une raison pratique: puisque les classements numismatiques et en particulier celui repris par la Sylloge N ummorum Graecorum adoptent l'ordre géographique de Polybe et de Strabon, ce sont d'abord ces régions, Italie du Sud et Sicile, dont les monnaies ont été publiées. Ainsi possède-t-on, pour ces régions, une idée assez précise de l'ampleur de certaines collections comme celles d'Oxford, Munich, Budapest ou Winterthur. La cinquième colonne exprime une mesure: celle du nombre total de monnaies grecques (3) divisé par celui obtenu pour les douze monnayages de référence (2). Quant à la sixième et dernière colonne, elle donne la mesure entre le nombre de ces monnaies de Grande-Grèce (4) et le total des exemplaires réunis pour les douze monnayages de référence (2). Liste de 18 collections publiques classées selon leur ordre de grandeur
1 Cabinets 2 Total pour 12
3 Total
6 4: 5 ltalie- Ratio 3/2 Ratio 4/2 Sicile
Berlin Londres New York Paris Oxford
1.402 1.340 1.188 984 716
102.000 93.307 90.000 100.000 30.000
6.564 2.194
72 70 76 102 42
5,5 3,1
(19) F. DE CALLATAY, Les principales collections publiques de monnaies grecques, dans Compte rendu de la CIN, 41, 1994, p. 66-78.
30
Cambridge Vienne Copenhague Munich Leyde Glasgow Bruxelles Budapest Winterthur Stockholm Lisbonne Klagenfurt Tübingen
F. DE CALLATAY 623 516 402 378 269 237 156 128 101 98 73 68 30 36.500 25.000 35.000 3.155 3.540
59
62 93 7,8 9,4
7.903 12.000
1.617 1.632 1.072 848
51 94
1.085 4.035
389
612 523
15
59
10,4 12,8 10,6 8,7 5,3 9,0 17,4
La concordance générale entre ces trois types d'informations paraît très satisfaisante. Dans les trois cas, on aboutît à un ordre globalement similaire. Surtout, ces résultats ajoutent des valeurs absolues à ceux établis dans l'article du Compte rendu de la CIN, tout en confirmant la justesse de la séquence relative. Il faut, avaiton dit pour la numismatique grecque, placer en tête, et de très loin, les quatre grands médailliers de Berlin, Londres, Paris et New York. Il faut, avait-on ajouté, faire venir ensuite un groupe de cinq médailliers d'importance assez comparable: Cambridge, Oxford, Vienne, Munich et Copenhague. Derrière ces neuf institutions majeures, et encore une fois à distance respectueuse, s'égrène alors la liste des autres cabinets des médailles. Or le tableau ci-dessus répond exactement à cette description. Pour schématiser la situation, on dira que viennent en tête, avec quelque 100.000 monnaies grecques, les quatre grands cabinets que sont Berlin, Paris, Londres et New York, suivis, avec quelque 35.000 monnaies, par: les cabinets de Cambridge. Oxford, Vienne, Munich et Copenhague. Avec des collections égales ou, pour la plupart, inférieures à 15.000 monnaies, s'échelonne enfin la longue liste des autres médailliers, sans qu'il soit plus permis d'isoler nettement des tailles particulières. Il s'agit bien sûr d'un schéma qui appelle d'incontestables nuances. La remarque la plus importante, qui, dépassant sensiblement le statut de nuance, pourrait bien avoir la force d'une objection, concerne des cabinets comme Naples, Palerme, Athènes, Sofia, Istanbul, Ankara ou Alexandrie. Il s'agit là de médailliers dont la richesse porte moins sur l'ensemble du monde grec que sur les espèces qui ont circulé plus localement et dont, à défaut de connaître les chiffres exacts, on peut se douter qu'ils renferment un nombre très important de monnaies grecques. C'est aussi un espoir de cette étude: pour reprendre une
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expression convenue, on estimerait n'avoir pas fait œuvre totalement inutile si celle-ci devait encourager dans l'avenir la publication d'autres données quantitatives de ce type. La tâche a pu apparaître jusqu'ici assez aisée. Il est de fait possible, sans prendre de risques, d'estimer dans l'absolu les richesses des principales collections publiques de monnaies grecques. L'entreprise se complique dès lors qu'il s'agit de passer par une double extrapolation. La première extrapolation, qui, des deux, n'est sans doute pas la plus incertaine, a trait à la proportion de monnaies provinciales romaines qu'il convient, pour la bonne cohérence chronologique, de soustraire du total. En réalité, d'autres séries, comme, par exemple, les monnaies parthes des premiers siècles de notre ère, devraient, pour la même raison, être également retirées. Mais, à la différence des provinciales romaines, l'incidence de ces séries sur le total peut être considérée comme faible. Les monnaies provinciales romaines, en revanche, constituent par leur nombre une part non négligeable des collections de monnaies grecques. Cette part varie d'une collection à l'autre. Certains cabinets s'en sont fait une spécialité. D'autres ne lui réservent qu'une place médiocre. Ces monnaies provinciales roma.ines étant largement dispersées à travers l'espace, il faut, pour prendre la mesure du phénomène, procéder à de fastidieux comptages. Je l'ai fait pour la collection de Copenhague, telle qu'elle apparaît à travers les fascicules de la SNG, et de Bruxelles. Ute Wartenberg m'a rendu le grand service de fournir un chiffre pour le British Museum. Pour Copenhague, 7.513 monnaies sur les 22.480 publiées se révèlent être des bronzes romains provinciaux (33,4%). Pour Bruxelles, on obtient 2.401 monnaies romaines provinciales sur 7.903, soit un pourcentage de 30,4%. Pour Londres, il semble que sur les quelque 95.000 monnaies grecques, ± 32.000 sont des bronzes romains provinciaux (34,3 %). Ce pourcentage élevé de près de 33 % est essentiellement obtenu en Asie Mineure et complété par quelques autres régions comme la Thrace, la Syrie et Alexandrie. Encore, doit-il être clair que ce pourcentage varie beaucoup d'une région à l'autre à l'intérieur de l'Asie Mineure. Le tableau ci-dessous résume les données pour le médaillier de Copenhague.
Régions Italie-Sicile Thrace Macédoine Tom.es Tomes 1-5 Tomes 6-7 Tomes 8-10 Total 4 sur 3.155 491 sur 1.198 206 sur t .406
0/ 0
0,1% 41,0% 14,7%
32
Thessalie-Égine Péloponnèse-Égée Bosphore-Éolide Ionie-Carie Lydie-Phrygie Lycie-Cappadoce Séleucides Syrie-Palestine Parthes-Ptolèrnêes Alexandrie-Afrique Total
F. DE CALLATAY
Tomes 11-14 Tomes 15-17 Tomes 18-21 Tomes 22-26 Tomes 27-30 Tomes 31-34 Tome 35 Tomes 36-38 Tomes 39-40 Tomes 41-42 Tomes 1-42 244 397 974 997 1.249 795 sur sur sur sur sur sur o sur 780 sur o sur 1.376 sur 2.083 1.796 2.174 2.743 1.525 1.671 438 1.154 1.064 2.079 11,7% 22,1% 44,8% 36,3% 81,9% 47,6% 67,6% 66,2% 33,4%
7.513 sur 22.480
Copenhague dispose d'une belle collection de bronzes impériaux mais il ne paraît pas que la collection danoise soit particulièrement avantagée sous ce rapport. Il s'agit plutôt du reflet de l'importance générale du médaillier. Londres est dans le même cas. Quoique les pourcentages soient proches (30,4% au lieu de 33,4% ou 34,3%). la situation est différente pour Bruxelles. L'essentiel des provinciales romaines aujourd'hui dans la collection de Belgique sont des alexandrines provenant d'un don de Dattari (1.587 sur 2.(01). Pour le reste, le médaillier bruxellois apparaît bien pauvre mais c'est précisément cette pauvreté qui est atypique. Au total - et en espérant ici encore pouvoir disposer de meilleurs éléments d'information dans l'avenir - je croirais volontiers qu'un taux de 33% environ de provinciales romaines correspond à ce qu'il est normal de rencontrer dans les collections publiques. La seconde extrapolation revient à estimer, au départ de quelques collections publiques - en l'occurrence les quatre plus grandes: Berlin, Londres, Paris et New York-, l'ensemble du phénomène et, en particulier, ce qui se trouve aux mains de collectionneurs privés. Ce raisonnement suppose par postulat que le profil moyen d'une collection publique correspond au profil moyen d'une collection privée fO). Il n'est pas besoin d'insister sur l'utopie qu'il y aurait à vouloir obtenir une idée directe de l'ampleur prise par la part revenant aux collections privées. Certains collectionneurs accepteront de vous faire connaitre le nombre de leurs avoirs. D'autres pas et, de
(20) II s'agit bien entendu de profil moyen car, en particulier pour les collections privées, on sait toute la diversité de formes que peut prendre une collection. Cette diversité, réelle, ne doit pas remettre en cause le postulat. Après tout. bon nombre de collections aujourd'hui publiques sont essentiellement constituées d'anciennes collections privées.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
33
toute façon, il s'agit d'un monde en perpétuelle évolution où les collections n'en finissent jamais de s'accroître et de se disperser. Dans ces conditions, plutôt que de perdre son temps à accumuler des informations sur l'ampleur des collections privées, le mieux que l'on puisse faire est de s'en remettre au témoignage de certaines monographies de monnayages. Mais attention: seules doivent être prises en compte celles dont le travail d'heuristique paraît le plus poussé. Elles seules, en effet, via le dépouillement systématique des catalogues de ventes et la connaissance approfondie des musées régionaux ainsi que des collectionneurs spécialisés, sont à même de fournir une idée réaliste du total. Il se fait que, récemment, Ch. Heipp-Tamer a fait connaître une étude sur l'atelier de Phasélis qui paraît répondre à ce critère de qualité e'). Le dépouillement des catalogues de ventes - que j'ai personnellement pu contrôler, m'étant intéressé à ce même monnayage 2 ) - semble n'avoir rien laissé d'important de côté. Mais, surtout, Mme Heipp-Tamer a pu avoir accès aux musées régionaux de Turquie ainsi qu'aux avoirs d'une série de collectionneurs privés. Elle recense pour Phasélis 1.188 monnaies, soit 653 d'argent et 535 de bronze. Si l'on considère l'apport des quatre plus grandes collections publiques, on obtient les résultats suivants:
e
Cabinets Berlin Londres New York Paris
Total:
Argent 9 sur 653 59 sur 653 99 sur 653 66 sur 653
233 sur 653
% 1,4% 9,0% 15,2% 10,1%
Bronze 24 sur 535 18 sur 535 17 sur 535 17 sur 535
7H sur 535
%
4,5% 3,4% 3,2% 3,2% 14,2%
35,7%
Le total général, argent et bronze, indique que 309 pièces sur les 1.188 réunies par Ch. Heipp-Tamer, soit 26,0%, appartiennent à un des quatre grands médailliers. On voit aussi, ce qui ne saurait surprendre, que la proportion est plus grande pour l'argent (35,7%) que pour le bronze (14,2%). De fait, et cela de manière presque systématique. la règle veut que, plus un monnayage est rare ou précieux, mieux il est représenté dans les grandes collections publiques. Inversement, plus un monnayage est banal, moins il sera représenté dans
(21) Ch. HEIPP-TAMER, Die Münzpriigung der lykischen Sladl Phaselis in griechischer Zeil (Saarhrücker Studien ZUT Archâologie und alten Geschichte, 6), Saarbrücken, 1993. (22) Voir mon compte rendu de l'ouvrage dans RBN, 140, 1994, p. 139-141.
34
F. DE CALLATAY
lesdites collections publiques, qui se contenteront d'en posséder un ou deux exemplaires sans rapport avec la taille de l'émission. Pour ce qui est des monnaies d'argent de Phasélis, on ajoutera que, une des séries principales étant constituée d'alexandres posthumes, il n'est pas surprenant de voir arriver en premier lieu la collection de New York (15.2% de l'argent à elle seule) dont on connaît l'insurpassable richesse en ce domaine. D'un autre côté cette sur-représentation de l'American Numismaiic Society paraît faire le contrepoids de l'anormale discrétion de Berlin pour cet atelier. L'étude des monnaies d'or et d'argent de Philippe Il par Georges Le Rider présente les mêmes qualités d'heuristique particulièrement soignée 3 ) . Qui consulte les index de cet ouvrage ne manquera pas d'être impressionné par le soin mis à solliciter tous les fonds, publics comme privés (p. 445-451 : index des collections publiques; p. 453455: index des collections privées; p. 457-468: index des catalogues de vente cités). G. Le Rider publie l'étude de coins de 3.890 monnaies dont voici le détail: 1.642 statères, 34 hémistatères, 195 quarts de statère, 93 huitièmes de statère et 61 douzièmes de statère pour l'or, 1.715 tétradrachmes, 38 didrachmes, 21 drachmes, 73 cinquièmes de tétradrachme, Il hémidrachmes et 7 dizièmes de tétradrachme. Soit 2.025 monnaies d'or et 1.865 monnaies d'argent. La part de ce total prise par les quatre plus grands médailliers se calcule de la façon suivante:
e
Cabinets Berlin Londres New York Paris
Total
Or % du total Argent % du total 3,8% 4,3% 77 80 116 5,7% 98 5,3% 152 7,5% 230 12,3% 2,9% 4,0% 58 74
403 19,9% 482 25,9%
Total % du total 157 4,0% 214 5,5% 9,8% 382 132 3,4%
885' 22,7%
Il apparaît, à la lumière de ces résultats, que les quatre plus grands musées du monde pour les monnaies grecques totalisent un quart ou un cinquième de tous les exemplaires connus d'or et d'argent. On objectera sans doute que le cas est de nouveau influencé par la collection d'Edward T. Newell aujourd'hui à New York et que, publié en 1977 avec un dépouillement des catalogues clôturé en 1975, il ne tient pas compte des vingt dernières années de ventes. Il n'empêche: s'agissant d'un monnayage banal quoique précieux, il confirme l'importance des grandes collections publiques.
(23) G. LE RIDER, Le monnayage d'argent et d'or de Philippe 11 frappé en Macedoine de 359 il 294, Paris, 1977.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
35
Cette proportion d'un quart ou d'un cinquième est d'ailleurs régulièrement dépassée lorsqu'il s'agit de monnayages plus rares. Ainsi, dans son étude des monnaies de la Ligue amphictionique de Delphes, Ph. Kinns distingue 31 monnaies (26 statères, 3 drachmes et 2 hémîdrachmes) dont 12 appartiennent à un des quatre plus grands médailliers (38,7%) et 22 à des collections publiques (71,0%) pour 9 seulement à des collectionneurs privés 4 ) . Les résultats obtenus pour les tétradrachmes et les drachmes hellénistiques de Ténédos vont dans le même sens: 42 exemplaires sur les 117 (35,9%) rassemblés proviennent d'un des quatre grands cabinets et 68 (58,1 %) d'une collection publique eS). Pour la répartition entre exemplaires faisant partie de collections publiques et exemplaires connus seulement par les catalogues de ventes, j'avais déjà eu l'occasion de publier d'autres données que je récapitule ici: (l6)
e
Monnayages
Statères de la Ligue arcadienne Tétradrachmes de Lébédos
Exemplaires Musées
32
0/0
Catalogues
2
%
30
23
93,8% 43,4%
6,3% 56,6%
53
30
Pour les monnaies au nom de Mithridate Eupator, je reprends les données telles qu'elles figurent dans ma thèse maintenant publiée: 7 )
e
Tétradrachmes de Mithridate Eupator
613
251
40,9%
362
59,1%
Les statères de la Ligue arcadienne sont des monnaies très recherchées et dont aucun trésor récent n'a permis aux riches particuliers
(24) Ph. KINNS, The Atnphiciionic Coinaqe Reconsidered, dans Ne, 143, 1983, p. 1-22, pl. 1-4. (25) F. DE CALLATAY, Les monnaies hellénistiques en argent de Ténédos, dans Martin Priee Memorial Volume, Londres, 1997 (à paraître). (26) ID., Un problème de documentation en numismatique antique: les catalogues de ventes, dans Histoire & Mesure. 1990, V-3/4, p. 259-269. (27) ID., L'histoire des guerres milbridatiques vue par les monnaies, Louvain-IaNeuve, 1997,613 monnaies au nom de Mithridate VI Eupator: 54 statères, 549 tétradrachmes (286 du type réaliste et 263 du type idéalisé) et 10 drachmes.
36
F. DE CALLATAY
d'en acquérir des spécimens. Il n'est donc pas étonnant de constater que 30 pièces sur les 32 réunies par D. Gerin appartiennent à des collections publiques (28). Les tétradrachmes hellénistiques de Lébédos sont également des pièces rares et prisées mais. ici, l'essentiel des exemplaires aujourd'hui connus provient d'une trouvaille récente dispersée sur le marché (Kirikhan) en). Malgré cela, une proportion appréciable (43,4%) est la propriété de collections publiques. Les résultats obtenus pour les tétradrachmes de Mithridate Eupator souffrent moins de pareilles distorsions. Sur les 613 exemplaires recensés à ce moment, 251 proviennent de musées (40,9%) dont 84 pour les cabinets de Berlin, Londres, New York et Paris (ce qui donne le pourcentage très faible de 13,7% - Berlin: 19/ Londres: 14 / New York: 18 1 Paris: 33) eO). Ces résultats obtenus pour l'or et l'argent vont dans le même sens, avec, naturellement, des différences de monnayage à monnayage. Ils attribuent aux quatre plus grandes collections publiques de monnaies grecques une part relative proche, disons, des 22,5 % lorsque le monnayage est relativement banal (35,7% pour Phasélis [26,0% si l'on tient compte du bronze), 22,80/0 pour Philippe II, 16,8% pour Mithridate) et beaucoup plus, la plupart du temps, lorsqu'il est rare ou rarissime. Quant aux collections publiques en général, leur part approche 40% des exemplaires connus (43,4% pour Lébèdos, 40,9% pour Mithridate, 36,5% pour les monnaies archaïques d'Éphèse Mais, dira-t-on justement, le vrai problème est celui posé par le bronze dont on a déjà vu, avec l'exemple de Phasélis, qu'il est sans doute beaucoup moins bien représenté dans les grandes collections publiques. Moins chères et durant longtemps même négligées, ces monnaies de bronze n'apparaissent que médiocrement dar:s les catalogues de ventes récents et sont en général absentes des catalogues plus anciens. Elles ont aussi beaucoup moins circulé et les chances
e'».
(28) D. GERIN, Les slalères de la Ligue arcadienne, dans SN R, 65, 1986, p. 13-31, pl. 2-5. (29) M. AMANDRY, Les lêlradrachmes à la couronne de feuillage frappés â Lébêdos (Ionie), dans Kraau-Merkbolm Essays, Louvain-la-Neuve, 1989, p. 1-7, pl. 1. (30) Pour les statères de Mithridate, 15 parmi les 54 exemplaires catalogués proviennent d'une des quatre grandes collections publiques (27,8%) et 24 d'une autre collection publique (44,4%). (31) S. KARWIESE, Die Mûnzprâqunq von Ephesos. 1. Die An{ànge: Die âliesten Prâgungen und der Beginn der Münzprâgung ûberhaupi, Vienne-Cologne-Weimar, 1995, p. 14.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
37
de découvrir des exemplaires de telle ou telle variété se limitent parfois autour d'un site essentiellement. Ce qui a pour conséquence de finalement concentrer la majorité des exemplaires connus dans un musée local ou dans les mains d'un particulier sans jamais apparaître visiblement sur le marché. Enfin et surtout, l'usage nouveau mais étendu du détecteur de métaux laisse craindre que la masse de bronzes nouvellement découverte soit très importante sans qu'il soit réellement possible de l'apprécier puisque ces exemplaires, en mauvais état le plus souvent, ne sont pas illustrés dans les catalogues. Toutes ces appréhensions sont largement fondées. Pour l'heure, il doit être clair que toute estimation du nombre réel de bronzes parvenus jusqu'à nous nécessite de bien connaître les musées régionaux et les collections particulières. L'étude de Ch. Heipp-Tamer pour Phasélis se trouve dans cette situation. L'étude des monnaies de Morgantina nous fournira un second exemple 2 ) . La première partie du corpus contient des émissions d'argent (1.1-5, 2.II-IV), de bronze (1.6-8) et même une émission d'or (2.1). Sur les 345 monnaies recensées pour ces émissions, 84 appartiennent à Berlin (25), Londres (25), New York (10) ou Paris (24), soit 24,3%. Un résultat en pleine concordance avec la proportion d'un quart ou d'un cinquième attribué à ces quatre médailliers. Pour les bronzes des 2c et I'" s. (émissions 3.9-17), en revanche, on trouve une toute autre répartition due à l'énorme proportion de ces monnaies provenant des fouilles officielles du site. En fait, seuls 72 bronzes sur les 983 du catalogue appartiennent aujourd'hui à l'un des quatre musées précités. Soit un pourcentage de 7,3%, nettement inférieur à celui de 14,20/0 dégagé pour les bronzes de Phasélis. Le tableau cidessous illustre la différence de répartition entre les bronzes du 4c s. et ceux des 2e et 1cr s. av. J .-C. :
e
Cabinets
Berlin Londres New York Paris Total
Émissions 6-8 344-317 av. J.-C. 17 sur 180 12 sur 180 5 sur 180 6 sur 180
% 9,4% 6,7% 2,8% 3,3% 22,2%
Émissions 9-17 2e-1er s. av. J.-C. 20 sur 983 14 sur 983 24 sur 983 14 sur 983
% 2,0% 1,4% 2,4% 1,4% 7,3%
40 sur 180
72 sur 983
(32) T. V. BUTTREY, K. T. ERIM, Th. D. GR OVES et R. R. gantina Studies. VoL. Il. The Coins, Princeton, 1989.
HOLLOWAY,
Mor-
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F. DE CALLATAY
À partir des données publiées, on peut d'ailleurs construire un tableau plus fin qui donne, pour chaque émission, le nombre total de monnaies reprises dans le catalogue (2), le nombre de celles-ci découvertes officiellement sur le site (3), le nombre de monnaies aujourd'hui conservées ailleurs (4), celles qui, parmi ces dernières, se trouvent à Berlin, Londres, New York ou Paris (5) et enfin le pourcentage que les avoirs de ces quatre médailliers représente par rapport aux monnaies qui ne proviennent pas des fouilles régulières de Morgantina (6).
1
Émissions Émission 9 Émission 10 Émission Il Émission 12 Émission 13 Émission 14 Émission 15 Émission 16 Émission 17
Total
2 Total 281 18 39 257 244 97 5
26
15
983
3 Morgantina 207 13 21 205 158 78 4 17
11
4 Autres 74 5 18 52 87 19
1 9
4
5 4 cabinets 19 1 6 6 30 8
1
6 % 5/4 25,7% 20,0% 33,3% 9,6% 34,5% 42,1%
1
72
Il,1 % 25,0%
26,8%
714
269
On voit que, sur les 983 bronzes du catalogue, 714 proviennent des fouilles (72,6°,/0). On voit aussi que, sur les 269 bronzes aujourd'hui conservés ailleurs, 72 le sont dans une des quatre grandes institutions publiques (26,8%). Quand le site est fouillé officiellement, les monnaies vont le plus souvent au musée le plus proche. Quand il ne l'est pas - ce qui est de loin plus fréquent - les monnaies peuvent connaître différentes destinations dont la plus classique, je pense, est, dans un premier temps, de venir enrichir la collection d'un particulier. Le tableau cidessous illustre ce point de vue de quelques exemples choisis, tous fondés sur des études récentes et bien documentées. Il s'agît de monnaies de bronze émises à Rhodes d'une part 3 ) et de petites divisions d'argent (trioboles) et de bronze (chalques) frappées à Hermioné dans le Péloponnèse de l'autre (34). À chaque fois, le tableau
e
(33) R.H.J. ASHTON, Rhodian Bronze Coinaqe and the Earthquake of 229-226 BC, dans NG, 146, 1986. p. 1-18. (34) C. GRANDJEAN. Le monnayage d'argent et de bronze d'Hermione, Argolide, dans RN, 6e sér.• 32, 1990, p. 28-55. pl. VIII-XI.
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39
fait suivre les résultats obtenus par les quatre grandes collections publiques de celui obtenu par le principal collectionneur privé (Coll.
A).
Rhodes Bronzes
Berlin Londres New York Paris Coll. A Total % des 4 cabinets % coll. A
10 10 6
Hermioné Trioholes 5 6 3
4
Hermioné Chalques
12
6 6
9 43
5
11
26
99 18,2% 26,3%
98 31,6% 11,2%
162 20,4% 26,5%
Avec 31 exemplaires sur 98, on voit que, pour Rhodes, les quatre grands cabinets totalisent 31.6°./0 de tous les spécimens. Pourtant, le principal collectionneur de ce monnayage possède plus de monnaies . qu'aucune de ces quatre institutions prises séparément eS). Pour Hermioné, la situation est plus radicale encore puisque le plus grand collectionneur possède à lui seul plus de monnaies que les quatre grands médailliers réunis (26 contre 18 dans le cas des trioboles : 43 contre 33 dans le cas des chalques). On ne manquera pas d'être impressionné par la taille de cette collection privée mais on n'oubliera pas, dans le même temps, de noter que, même ainsi, les avoirs des quatre grands médailliers ne représentent pas moins d'un cinquième du matériel connu. 1.2 Le pourcentage de monnaies en or, en argent et en bronze On trouvera ci-dessous les données que j'ai pu réunir concernant la répartition par métaux des monnaies grecques aujourd'hui conservées dans une série de médailliers publics. Les chiffres de New York, Londres et Paris el» m'ont été généreusement communiqués par W. Metcalf, U. Wartenberg et M. Amandry. Ceux pour Copenhague et Tübingen ont été calculés d'après la Sylloge Nummorum
(35) Il existe d'ailleurs un second collectionneur de ces séries qui, avec 8 monnaies, devance New York et Paris. (36) Pour Paris, le décompte n'a pas été fait entre l'argent et le bronze. Ce décompte porte sur la collection principale sans inclure les collections de Luynes et Delepierre.
40
F. DE CALLATAY
Graecorum. Pour Klagenfurt, la Sylloge Nummorum Graecorum publie du reste l'information dans la préface ("), Il n'a donc pas fallu recompter. J'ai établi la répartition pour Bruxelles. Le premier tableau fournit les données en valeur absolue; le second les présente sous forme de pourcentages.
Métaux
Or + El. Argent Bronze
NewYork
Londres
Paris Copenhague Bruxelles Klagenfort TiilJingen
1.871 39.697 34.595
76.163
1.574 1.305 33.045 (86.234) 58.688 (86.234) 93.307 Londres 87.539
309 7.516 14.655
22.480
248 3.362 4.293
49 1.591 2.395
4.035
45 1.046 1.822
2.913
Total:
7.903
Métaux
Or + El. Argent Bronze
Total:
New York 2,5% 52,1% 45,4% 100,0%
Paris Copenhague Bruxelles Klagenfurt Tübin.geD
1,4% 33,4% 65,2%
1,7% 1,5% 35,4% (98.5%) 62,9% (98,5%) 100,0% 100,0%
3,1% 42,6% 54,3%
100,0%
1,2% 39,4% 59,4% 100,0%
1,5% 35,9% 62,5% 100,0%
100,0%
Ces résultats méritent d'être détaillés en commençant par les métaux les plus précieux, à savoir l'or et l'électrum. On constate que le pourcentage obtenu par ces métaux se trouve être, dans cinq cas sur sept, proche de 1,5% (1,7% pour Londres, 1,5% pour Paris et Tübingen, 1,4% pour Copenhague et 1,2% pour Klagenfurt). Je croirais volontiers que le pourcentage de 1,5% reflète assez bien la composition d'un médaillier normal. Les pourcentages franchement supérieurs enregistrés pour New York et Bruxelles paraissent en effet atypiques et pouvoir être expliqués en fonction de circonstances particulières. Ainsi, il est manifeste que le nombre considérable de statères de Philippe II et d'Alexandre ayant été acquis par E. T. Newell fausse la représentation pour New York ( 8 ) . Quant à la collection de Bruxelles, on a déjà écrit ailleurs à quel point il s'agissait d'une collection dont l'éclat tient dans la qualité et non dans la quantité de ses exemplaires 9 ) . Nul doute qu'un résultat probablement supérieur encore puisse être obtenu pour la collection Gulbenkian à Lisbonne. II s'agit-là de médailliers particulièrement presti-
e
(37) SNG Sammlunq Dreer. Klagenfurl lm Landesmuseum fÜF Kiirnien, 1. Teil: llalien-Sizilien, Klagenfurt, 1967, p. 10 (texte de Leopoldine Springschitz). (38) Sur les 1.871 monnaies d'or conservées à New York, plus de 1.000 sans doute sont aux noms de Philippe et d'Alexandre. (39) F. DE CALLATAY, op. cii., 1994. p. 66-78.
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gieux dont la composition se distingue clairement des autres. Que les résultats soient proches pour Londres, Paris et Copenhague, trois grandes collections de monnaies grecques, laisse penser en revanche que la valeur de 1,5% correspond assez bien à ce qu'il est habituel de rencontrer. Un tout autre problème, beaucoup plus délicat, est de se demander dans quelle mesure ce qui se trouve aujourd'hui dans les grandes collections publiques est le témoin fidèle ou très infidèle des masses réellement mises en circulation dans l'Antiquité. Il n'appartient pas à cette étude d'investiguer dans cette direction puisque celle-ci se borne à considérer les masses de monnaies grecques parvenues jusqu'à nous. On ne peut s'empêcher de faire remarquer cependant que cette valeur de 1,5% pour l'or et l'électrum, si modeste soit-elle, a toutes chances d'être surestimée par rapport aux nombres réels de monnaies frappées. Et ce pour une série de raisons qui sont à rechercher dans la manière dont la sélection s'est faite au cours des temps, plus singulièrement par les collectionneurs privés et publics de ces deux derniers siècles. Quoique le tableau confonde les données pour l'or et l'électrum, il est possible d'obtenir une vision plus fine qui fasse la distinction entre ces deux métaux. A Paris, le Cabinet des Médailles compte 826 monnaies d'or (63,3%) pour 479 d'électrum (36,7%). Pour Copenhague, on obtient 189 monnaies d'or (61,2%) et 120 d'électrum (38,8%). A New York, la proportion est de 1.246 monnaies d'or (67,1 %) pour 610 d'électrum (32,9%). Ces pourcentages sont assez similaires, avec une clé de répartition or/électrum proche de 65%/35%. Enfin, d'une manière plus générale, il vaut peut-être la peine d'ajouter combien il est frappant de voir comme les monnaies d'or et d'électrum se concentrent sur quelques séries: Syracuse, les rois de Macédoine, l'Égypte et la Cyrénaïque pour l'or, l'Asie Mineure et Carthage pour l'électrum. Étant entendu que les monnaies en or et électrum ne dépassent pas 1,5%, il reste à diviser les 98,5% restants entre l'argent d'une part et le bronze de l'autre. Si la liste fournie par Paris ne fait pas la distinction entre ces métaux, le décompte obtenu pour le British Museum ne manque pas de fournir cette précision. Il est également possible, moyennant un comptage assez harassant, d'établir la répartition pour les 42 fascicules de la SN G de Copenhague. Dès lors, il faut sans doute se tourner vers les enseignements de ces deux grands médailliers ainsi que vers de plus petites collections comme Klagenfurt ou Tübingen pour obtenir la moins mauvaise vision de
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cette répartition. Car, encore une fois, les collections de New York et de Bruxelles semblent atypiques en sur-représentant l'argent par rapport au bronze. Pour New York, la raison est à nouveau à rechercher du côté d'E. T. Newell qui a rassernbé la plus grande collection au monde de tétradrachmes et de drachmes d'Alexandre le Grand (près de 10.000 exemplaires apparemment). Pour Bruxelles, l'apport des collections Lucien de Hirsch et Albéric du Chastel, qui n'ont toléré dans leurs avoirs que quelques bronzes exceptionnels aux côtés des métaux nobles, fausse sensiblement le rapport. Il paraît dès lors plus indiqué de se fier aux témoignages de Londres (35,4%62,9%), Copenhague (33,4°~-65,2%), Klagenfurt (39,4%-59,4%) et de Tübingen (35,9%-62,5%) qui attribuent près de 62,5% pour le bronze et, disons, 36% pour l'argent. Ces pourcentages (1,50/0 pour l'or, 36% pour l'argent et 62,5% pour le bronze) offrent sans doute un reflet réaliste de la composition moyenne des collections actuelles. On a déjà signalé qu'il serait fautif de les considérer comme valables pour l'Antiquité. À défaut d'informations chiffrées, le bon sens fera estimer la part relative au bronze comme ayant été jadis nettement plus importante. À titre d'avertissement radical, on citera les pourcentages obtenus par les fouilleurs américains de l'Agora d'Athènes: sur les 14.000 pièces athéniennes y découvertes, il ne s'en est pas trouvé une seule en or et seulement 129 en argent (0,9%), la part du bronze avoisinant les 99% (40). Bien sûr, comme tels, ces chiffres sont eux-mêmes excessifs dans l'autre sens car ils donnent moins la mesure de ce qui circulait réellement que de ce qui a pu être perdu ou jeté sans que l'on y attache trop d'importance. L'observateur attentif du marché actuel ne manquera sans doute pas d'objecter que cette clé de répartition or-argent-bronze est non seulement en décalage avec la réalité ancienne mais sans doute aussi, ce qui est plus gênant dans le cadre de cette étude, avec la réalité moderne. En effet, à une époque, la nôtre, où l'usage des détecteurs de métaux s'est répandu avec le succès que l'on sait, les masses de monnaies de bronze arrivant sur le marché, souvent en mauvais état de conservation, ne peuvent manquer d'impressionner tout ceux qui ont eu l'occasion d'approcher le monde discret du commerce qui, se faisant loin des catalogues de ventes et des pièces
(40) J. H. KROLL, The A ihenion Agora. Vol. XXV 1: The Greek Coins, Princeton, 1993, p. 4.
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de prestige. n'en brasse pas moins un volume de plus en plus affolant de monnaies. Même si ce n'est pas le but premier de cette étude. je crois nécessaire d'insérer ici une série de remarques relatives aux détecteurs de métaux ainsi qu'à la manière dont le marché absorbe les masses effectivement considérables de monnaies actuellement mises au jour. Ces remarques reposent sur des conversations ou des informations indirectes obtenues auprès d'une série de personnes. Il a rarement été possible de contrôler l'information. La validité de ce qui suit est donc tributaire de la qualité de l'informateur. Le nombre de particuliers possédant aujourd'hui un détecteur dépend d'un pays à l'autre mais surprend en général par son ampleur. On l'estime à 30.000 pour la Grande-Bretagne (41) et il doit être de quelques milliers au moins pour un pays comme la Grèce (42). Néanmoins, deux commentaires à ce sujet: primo, l'usage intensif est plus récent en Grèce et en Turquie qu'en France ou en Belgique et surtout qu'en Angleterre. Pour la Belgique. on peut distinguer grosso modo trois périodes: 1) les pionniers, de 1975 à 1980; 2) l'acquisition d'un détecteur par un grand nombre avec l'idée que « cela pourrait être intéressant », entre 1980 et 1985; 3) la recherche intensive et systématique depuis 1985. Par rapport à ce scénario, l'Angleterre a sans doute eu 5 ou 10 ans d'avance et la Grèce 5 ans de retard. Secundo, il ne faudrait pas imaginer que tous les propriétaires de détecteurs sont autant de fanatiques de l'engin. L'utilisation rentable d'un détecteur n'est pas une chose aisée et l'expérience se révèle décevante pour beaucoup. Parmi les propriétaires actuels, on trouve beaucoup d'anciens enthousiastes refroidis qui ne pratiquent plus ou alors très épisodiquement. Seul, en définitive, un petit pourcentage utilise ces appareils avec l'intention d'en tirer une source réelle ou unique de revenus. Même si, pour des raisons de situation économique. ce pourcentage est sans doute plus important dans un pays comme la Grèce qu'un pays comme la France, il y a là une importante nuance.
(41) Voir M. BECKMANN, British Metal Deieclinq and Coin Finâs, dans The Anvil, fi (5), 1 sept. 1996, p. 52. On notera l'existence, en Grande-Bretagne, de plusieurs revues spécialisées. Pour la France, la simple existence d'une revue mensuelle luxueuse comme Trésors de l'Histoire (qui se définit comme Le premier magazine européen de chasse aux trésors) soustend un lectorat important. Cette revue en était à sa 16~ année d'existence en 1996. (42) Il existe, rien qu'à Athènes, deux compagnies spécialisées dans la vente de ces appareils.
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On dispose évidemment de très peu d'informations relatives aux masses de monnaies trouvées. En Angleterre, un récent rapport évalue le nombre d'objets métalliques antérieurs à 1600 trouvé chaque année à 1.500.000 selon une estimation et 400.000 selon une autre. En Grèce. on peut estimer le nombre de monnaies anciennes (grecques, romaines et byzantines) découvertes annuellement au moyen de détecteurs à environ 30.000 (dont la moitié, ou un peu plus, de monnaies grecques) 3 ) . Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Toutefois, dans certains pays, on assiste déjà à une diminution du volume de monnaies découvertes alors même que le nombre de propriétaires de détecteurs ne cesse de croître. C'est le cas en Belgique et en Hollande, où la diminution est nette (44). Ce l'est aussi, apparemment, pour une région aussi riche en antiquités que la Sicile. Parallèlement à cette diminution du volume - parce que les sites connus sont épuisés - , on assiste également à une diminution moyenne de la qualité: moins d'argent et de grands bronzes, plus de petits bronzes à commencer par les « aes 4» du Bas-Empire. Cette baisse moyenne de qualité peut aussi être causée, comme en Hongrie, par l'emploi récent d'agents chimiques - des phosphates - dans les engrais. Bref, on trouve beaucoup aujourd'hui mais il ne faudrait pas croire que le flux actuel est destiné à s'éterniser. D'un autre côté, la multitude de sites à investiguer pour des pays comme la Turquie ou la Grèce laisse penser que le mouvement se poursuivra encore une décennie ou deux. Un autre élément dont il faut tenir compte en la matière est l'existence ou non d'une législation et, surtout, de l'efficacité de son application. Si le matériel découvert aujourd'hui en Allemagne est sensiblement moins riche que pour les pays voisins, c'est d'abord parce que la loi y est appliquée avec fermeté et que les prospecteurs illégaux pris sur le fait sont susceptibles d'encourir des peines immédiates qui les affectent comme la confiscation de leurs voitures. Où vont ces quantités immenses de monnaies, des bronzes de mauvaises qualité dans la majorité des cas? Contrairement à l'idée reçue, je crois tout d'abord qu'une partie de ceux-ci figure bel et bien dans les catalogues de ventes. D'où viennent, sinon, les mon-
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(43) Le nombre de 30.000 est resté stable pour les 5 dernières années. Il était. avant cela, en augmentation. (44) On pourrait, sur base des archives de Madame J. Lallemand, montrer comment. sur les 10 dernières années, le nombre de monnaies trouvées sur le vicus de Liberchies n'a cessé de décroître.
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naies de bronze en mauvais état (beau à très beau) qu'une série de marchands proposent à la vente? Pour prendre un exemple précis mais, il est vrai, un peu exceptionnel, que penser des monnaies proposées par la firme Künker lors de sa 271' vente (27-30 sept. 19.94)? Les numéros 184 à 209 de ce catalogue totalisent 1.683 monnaies grecques pour 26 lots, soit une moyenne de 65 monnaies par lot. Le n° 199 est même composé de 393 pièces estimées pour la somme modique de 500 DM et dont 380 sont vendues en vrac sans avoir été identifiées. Même si les lots atteignent rarement cette taille, il ne s'agit pas là d'un exemple isolé. Des entreprises aussi réputées que les ventes Auctiones ou Classical Numismatic Group, pour ne citer qu'elles, y recourent quasi systématiquement avec, dans le chef de la seconde surtout, un volume appréciable de monnaies ainsi vendues. D'autres firmes, et parmi les plus grandes, proposent régulièrement des lots de bronzes de qualité moyenne (par exemple: Berk, Coin Galleries, Glendining, Gorny, Grün, Grunow, Hild, Kôlner Münzhandlung, Künker, etc. - voir Annexe 1). On a aussi bien voulu attirer mon attention sur deux autres débouchés significatifs pour ces monnaies: les orfèvres et les « telemarketers » (les adeptes du télé-achat). Les trésors importants de monnaies d'argent de types communs et de qualité moyenne à mauvaise sont recherchés par les orfèvres qui ont une capacité considérable d'absorption. Le constat ne vaut pas seulement pour les États-Unis ou l'Europe mais, de plus en plus même, au Japon. Les (1 telemarketers ), pour leur part, représentent jusqu'ici un phénomène essentiellement américain et concerne avant tout les trésors de bronzes. Travaillant avec de grandes quantités de monnaies identiques (au moins 500, à ce qu'il semble), ceux-ci parviennent à écouler des stocks impressionnants. Il s'agit normalement de monnaies romaines, des petits bronzes du Bas-Empire ou des anioniniani mais ils peuvent aussi, à l'occasion, disperser des trouvailles de monnaies grecques éventuellement même en argent comme cet important trésor de drachmes assez usées d'Alexandre le Grand provenant de Turquie. Les trois cas de figure évoqués jusqu'ici (catalogues de ventes, orfèvres, (1 telemarketers )) impliquent que les monnaies quittent le pays où elles sont découvertes. En réalité, il y a des raisons de penser que, pour beaucoup de pays (Israël, Grèce, Italie et Turquie), la majorité des monnaies découvertes au moyen de détecteurs ne quittent pas leur territoire d'origine. De cela, bien sûr, aucune trace écrite ne rend compte. Que ces monnaies soient achetées par des collectionneurs locaux ou qu'elles le soient par des marchands locaux qui vendent la
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meilleure qualité et entassent le reste. La Turquie fournira un bon exemple à ce sujet: il sortirait aujourd'hui annuellement de Turquie entre 3.000 et 5.000 monnaies grecques ce qui est relativement peu. Mais, dans le même temps, une série de marchands turcs posséderaient des coffres remplis de monnaies de bronze pour lesquelles il n'existe pas de marché ni en Europe ni aux États-Unis et qu'ils gardent donc sans chercher à les vendre. Cette situation se retrouve en Syrie, au Liban et sans doute dans d'autres pays. Encore une fois, la situation n'est pas identique partout. Ainsi, ces dernières années auront plutôt vu la dispersion d'une série de stocks de marchands en Allemagne et aux États-Unis dont le Merrill Lynch's Athena Funds reste l'exemple le plus fameux 5 ) . Parlant des monnaies anciennes en général. Eric J. MacFadden a pu écrire récemment: (1 Allhough ancienl coins have been round continuously and have been collecled syslematically since al least the (ourteenlh cenlury, probably at leasl eighty percent of the coins on the market loday have been round within the last thirty years ) (46). Cette supposition, non argumentée et limitée aux monnaies «( sur le marché », n'est peut-être pas irréaliste pour les monnaies romaines. Je serais plus réservé en ce qui concerne les monnaies grecques. D'abord parce que celles-ci sont trouvées dans des régions où l'usage intensif de détecteurs remonte à 10 ans et non à 20 (les détecteurs sont apparus vers 1975; on n'en parlait pas il y a 30 ans). Ensuite parce que, s'il est presque banal de trouver un trésor du 3e s. ap. J .-C. contenant quelques milliers d'exemplaires, des trésors de cette taille demeurent tout-à-fait exceptionnels pour la numismatique grecque, ainsi que l'on pourra s'en assurer en consultant l'Annexe III de cette étude.
t
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1.3 Le poids moyen des m.onnaies d'après leurs m.étaux
L'idée, assez anecdotique dans le cadre de cette étude, d'obtenir un poids moyen passe par un exercice d'addition dont la qualité dépend, entre autres mais surtout. de la quantité. Additionner des milliers de poids est une tâche suffisamment rebutante pour que je
(45) Voir E. J. McFADDEN. The Ancieni Coin Market. 1s this the Golden Age of Ancienl Coin Collecting?, dans Mineroa, 4 (6), nov.-déc. 1993, p. 44. Vente Clossical Numismalic A uclion, 7 déc. 1994: 5.798 monnaies. (46) E. J. McFADDEN, nov.-déc. 1993, p. 44. Estimation reprise par M. BECKMANN, British Metal Deieciinq and Coin Finds, dans The Anvil. 6 (5),1 sept. 1996,
p.52.
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me sente dans l'obligation d'adresser mes plus vifs remerciements à l'American N umismatic Society et, plus particulièrement. à son conservateur en chef, William E. Metcalf, qui, en quelques minutes d'une après-midi d'été, a pu me fournir des statistiques précises par métaux portant sur plus de 75.000 monnaies grecques. Juste précision: quelques minutes d'interrogation d'une banque de données informatisées pour des années d'efforts passées à intégrer le matériel.
Métaux Or Electrum Argent Billon Bronze
Total
Exemplaires 1.246 610 39.438 66 34.129
75.489
Masse 10.062,549 2.720.198 344.820,624 489,171 251.997,639
g g g g g
Poids moyen 8,08 g 4,46 g 8,74 g 7,41 g 7,38 g
8,08 g
610.090,181 g
Ces chiffres, rappelons-le, ne portent pas encore sur la totalité de la collection de monnaies grecques mais sur quelque 80% des avoirs du médaillier américain. Dans leurs états actuels, ils nous indiquent que la collection de New York possède un minimum de 10 kg d'or, 345 kg d'argent et 250 kg de bronze sous forme monnayée. En ce qui concerne les poids moyens, on peut accepter sans objection particulière celui qui concerne l'électrum (4,46 g par exemplaire). Pour l'or et l'argent, on se méfiera à nouveau de l'impact de la collection d'Edward T. Newell particulièrement riche en grands modules hellénistiques d'or (les statères de ± 8,66 g) et d'argent (les tétradrachmes de ± 17,32 g). En réalité, la valeur de 8,08 g en moyenne pour l'or ne doit pas être fort éloignée de la vérité parce que ce sont surtout des grosses dénominations comme les statères que l'on rencontre et que les pièces les plus lourdes, l'or ptolémaïque. n'ont en outre pas encore été intégrées. Pour l'argent, il est probable que, en dépit de sa taille. la collection de New York n'offre pas le reflet conforme des autres collections. Considérant la masse d'émissions de petits modules frappées à la période grecque, on suspectera dès lors que le poids moyen d'une pièce en argent ait été inférieur à 8,74 g 7 ) .
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(47) Il s'agit, bien entendu, du poids moyen des monnaies d'argent aujourd'hui conservées dans les collections publiques ou privées. Comme les recherches récentes le montrent toujours davantage: la circulation antique se composait d'une part beaucoup plus grande de petites dénominations d'argent que l'on avait jusqu'il y a peu sensiblement négligées (voir la thèse inédite récem-
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Il est difficile d'estimer de combien. Compte tenu de la taille de l'échantillon, une différence d' 1 g (en l'occurrence 7,74 g) représente déjà un écart considérable et on ne croira pas que cette valeur soit inférieure à 6 g. Reste le poids du bronze pour lequel il n'y a pas lieu de douter de la normalité du résultat obtenu pour la collection américaine. Un autre problème surgit cependant: la différence qui peut exister entre le poids moyen des bronzes provinciaux romains (essentiellement des grands modules) et celui des bronzes grecs proprement dits (constitués généralement de modules plus petits). Il est sans doute prudent de ne pas écarter d'office un poids de 6 g par exemplaire. La question posée à l'entame de cette étude était: combien de monnaies grecques d'or, d'argent et de bronze sont parvenues jusqu'à nous et sont aujourd'hui conservées dans les collections tant publiques que privées? Les outils élaborés ci-dessus paraissent suffisants pour apporter une réponse dont on pourra, sauf hélas pour le bronze, attendre des précisions mais non plus un bouleversement. On a vu que les quatre plus grands cabinets des médailles du monde pour la numismatique grecque (y compris les provinciales romaines) possédait chacun près de ou un peu plus de 100.000 pièces (près de 90.000 apparemment pour New York, 95.000 pour Londres, 100.000 pour Paris, 105.000 pour Berlin). Je propose de fixer la richesse globale de ces quatre institutions à 390.000 exemplaires (dont c. 251.300 proprement grecs et c. 138.700 provinciales romaines, voir infra). L'incertitude liée à cette valeur me paraît faible (entre 385.000 et 415.000). On a vu que la répartition de ces monnaies d'après les métaux revenait à attribuer 1,5% pour l'or et l'électrum, 36% pour l'argent et 62,5% pour le bronze. La clé de la répartition retenue entre l'argent et le bronze (36 %-62,5%) semble réaliste mais elle ne doit pas donner l'illusion de la précision: cela pourrait être, comme à Copenhague, 33,4% pour l'argent et 65,2% pour le bronze. L'incertitude se limite, ici encore et selon toute apparence, à quelques pourcent. Il est décidé de la fixer à 40/0. On a vu enfin que, pour l'or et l'argent, un quart ou un cinquième des exemplaires
ment défendue par H. S. KIM, Greek Fraclional Si/ver Coinage: a Reassessmenl of the lnception, Deuelopmenl, Preoalenee, and Funclions o{ Small Change during the Laie Archaic and Early Classical Periods, Oxford, 1994). Ces petites dénominations sont de plus en plus souvent proposees à la vente, Le poids moyen de l'argent conservé devra donc à terme être revu à la baisse.
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- disons 22,50/0 - à peu près des monnaies grecques parvenues jusqu'à nous était aujourd'hui la propriété des cabinets de Berlin. Londres, New York et Paris. Des trois estimations, celle-ci est sans doute la moins facile à déterminer même si je crois que, à considérer toutes les émissions, le coefficient d'incertitude que l'on peut lui affecter ne dépasse pas également quelques pourcents. Imaginons qu'il soit de 5% (entre 17,5% et 27,5%). Dès lors, toujours pour l'or et l'argent, l'extrapolation se fait sans difficulté: il s'agit de multiplier la valeur de 390.000 par 4,44 (22,5%) pour obtenir le total de 1.716.000 et d'appliquer la règle de trois en fonction des valeurs retenues pour l'or (1,5%) et pour l'argent (36%). On obtient la somme de 25.974 monnaies d'or et d'électrum et de 623.376 monnaies d'argent. Tenant compte de l'incertitude pour l'argent, on présentera une moyenne et deux extrêmes:
Estimations 4 cabinets
Estimation haute 415.000 Estimation moyenne 390.000 Estimation basse 385.000
% d'argent 40% 36% 32%
% des 4 x 5,71 (= 17.5%) x 4,44 (= 22,5%) x 3,64 (= 27,5%)
Total
947.860 623.376 448.448
Ces résultats peuvent sembler décevants. Du simple au double, dira-t-on. Cette lecture n'est pas la meilleure. D'abord parce que cette fourchette, aussi large qu'elle puisse paraître, représente en soi une avancée spectaculaire dès lors que, jusqu'à présent, on ne disposait d'aucun chiffre pour penser le nombre total de monnaies grecques en argent parvenues jusqu'à nous. Ensuite et surtout parce que, en bonne logique statistique, il y a beaucoup plus de chances que la réalité soit proche de l'estimation moyenne que de ses deux extrêmes. Étant donné que le résultat final combine trois incertitudes qui, à chaque fois, proposent trois valeurs (haute, moyenne et basse), on peut représenter la situation sous la forme d'un chapeau dans lequel se trouveraient trois boules numérotées de 1 à 3. Si l'on procède à trois tirages en ayant bien soin de remettre à chaque fois la boule tirée, on débouche sur la possibilité d'obtenir 27 résultats différents (3 x 3 x 3).
I'" tirage 2c tirage s- tirage
2
2 2
3 3 3
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Le résultat de ces trois tirages se situera forcément entre 3 (1 + 1 + 1) et 9 (3 + 3 + 3). Dans ces conditions, la chance d'obtenir un total aussi élevé que 947.860 ou aussi bas que 448.448 monnaies d'argent est dès lors d'lJ27 e alors qu'il y a 7 fois plus de chances d'obtenir le total de 623.376. Mieux même: toujours en bon calcul des probabilités, il y a 19 chances sur 27 pour que le résultat final soit une combinaison de 3 estimations dont une seule ne correspond pas à l'estimation moyenne. Soit, en effet, les probabilités suivantes:
Probabilités (sur 27) Résultats des trois tirages
1
3
4
3
fi 5
7 6
6
7
3 8
1
9
Voilà pourquoi, en réalité, je serais surpris si ce nombre de 623.376 devait se révéler être en décalage de plus de 75.000 exemplaires (entre, disons, 550.000 et 700.000 exemplaires). L'or et l'électrum sont soumis à une incertitude assez similaire. Seul varie, bien entendu, le pourcentage relatif au métal. On a vu que, à Paris et Copenhague comme pour d'autres collections publiques de moindre importance, ce pourcentage était proche de 1,5%. On estimera entre 1,3% et 1,7% la part des monnaies en or dans les collections publiques. Dès lors, les estimations se construisent ainsi:
Estimations Estimation haute Estimation moyenne Estimation basse 4 cabinets 415.000 x 4 390.000 x 4 385.000 x 4
0/0 d'or 1,7% 1,5% 1,3%
% des 4 x5,71(= 17,5%) x 4.44 (= 22,5%) x 3,64 (= 27,5%)
Total 40.284 25.974 18.218
Il se trouverait aujourd'hui entre c. 18.000 et c. 40.000 monnaies grecques en or dans les collections publiques ou privées. Comme pour l'argent, la réalité a beaucoup plus de chance de se situer près de l'estimation moyenne, à savoir c. 26.000 monnaies. On a la bonne fortune pour l'or de disposer d'une étude concernant un monnayage majeur: celui de Philippe IL Les statères de Philippe et leurs divisions forment en effet une partie non négligeable de toutes les monnaies d'or parvenues jusqu'à nous. Et, de fait, dans son corpus, .G. Le Rider a été en mesure de réunir 2.025 exemplaires en or pour le père d'Alexandre le Grand. On est ainsi à même d'exercer un moyen de contrôle sur la vraisemblance des chiffres avancés. Car 2.025 monnaies représentent 7,8% de l'estimation moyenne, à savoir 25.974 monnaies, 5,0% de l'estimation haute, 40.284 monnaies, et Il,1 % de l'estimation basse, 18.218 monnaies. Comme nous
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connaissons, pour une série de musées, à la fois le nombre total de monnaies en or et électrum et le nombre de philippes en or, il est de la sorte possible de procéder à des comparaisons:
1 Cabinets Paris Londres New York Copenhague Bruxelles Klagenfurt Tübingen
2 Nombre de monnaies en or et électrum 1.305 1.574 2.245 1.871 + 20%
3 Nombres de philippes en or 58 116 152
4 % 3/2
309 248 49
45
20
14 5 6
4,4% 7,4% 6,8% 6,5% 5,6% 10,2% 13,3%
Les chiffres varient. L'addition de tous ces résultats - ce qui n'est pas forcément le meilleur indicateur - amène à attribuer aux philippes d'or une part relative de 6,4% de toutes les monnaies grecques en or conservées dans ces cabinets (371 sur 5.775). Dans cette optique, cela reviendrait à estimer le nombre total de monnaies en or et électrum parvenues jusqu'à nous à 31.640 (si 2.025 philippes d'or = 6,4°tfo du total). Un résultat donc un rien plus proche de l'estimation moyenne (25.974) que de l'estimation haute (40.284): Encore une fois, cet article ne voudrait surtout pas donner, derrière des chiffres qui sont forcément précis, l'illusion de l'exactitude. Nous pouvons maintenant aller jusqu'au bout de l'estimation en exprimant ces valeurs par un poids. Pour l'argent, la combinaison des estimations moyennes donne un poids total de 8,74 g x 623.376 monnaies, soit 5.448,306 kg, près de 5,5 tonnes donc. Des réserves ont toutefois été exprimées sur la validité du poids moyen utilisé, 8,74 g, non pas en raison de la taille de l'échantillon, qui est plus que satisfaisante, mais en raison de la nature spécifique de la collection de New York. Celle-ci, on l'a dit, sur-représente très certainement les tétradrachmes. Aussi le poids moyen de 8,74 g est-il sans doute forcé. La réalité doit se situer plus bas. Notons cependant que même avec un poids moyen de 6 g - et, à ce niveau statistique, une diminution de 2,74 g représente une différence énorme, sans doute très exagérée - on aboutit à un total de près de 3,7 tonnes (3.740 kg). Les moyennes pondérales obtenues à partir des collections de l'American Numismaiic Society sont beaucoup moins criticables pour l'or et l'électrum: 8,08 g pour l'or, 4,46 g pour l'électrum. Si l'on admet la clé de répartition où, pour 1 monnaie d'électrum
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(35%), les collections peuvent aligner 2 monnaies d'or (65%), on obtient alors comme totaux réalistes 136,5 kg d'or (136.415 g = 16.883 x 8,08 g) et 40,5 kg d'électrum (40.546 g = 9.091 x 4,46 g). Que le poids des monnaies d'or parvenues jusqu'à nous soit en réalité de 150 ou de 175 kg, c'est bien possible. 'Mais il est extrêmement peu probable à mes yeux qu'il puisse être supérieur à 200 kg ou inférieur à 100 kg. Pour l'électrum également, il serait étonnant que le poids total dépasse les 60 kg ou soit inférieur aux 30 kg. Quant à l'argent, pour revenir à lui, il me paraît le plus vraisemblable que son poids total soit compris entre 4 et 8 tonnes. Accompagnées de jugements tels que « à mes yeux », ces estimations semblent laisser la part belle à la subjectivité. Il y a lieu d'être plus optimiste. Telles que présentées ci-dessus, ces estimations sont prudentes et il serait pour le moins hardi de soutenir un résultat moindre ou supérieur aux bornes fixées ici. Cet optimisme nuancé pour les métaux nobles, or, électrum et argent, n'est pas de mise pour le bronze. Et cela pour deux raisons: primo, une des extrapolations relative au bronze est affectée d'un plus grand coefficient d'incertitude (la part relative représentée par les quatre grands médailliers) et, secundo, le raisonnement demande de passer par une extrapolation supplémentaire, la quatrième donc, à savoir la part des impériales grecques (ou provinciales romaines) à retirer des calculs. La conjonction de ces deux éléments défavorables élargit l'incertitude dans une mesure telle qu'elle rend le résultat final plus aléatoire. Pour les autres métaux, on a vu que le résultat de l'estimation la plus réaliste ne pouvait être multiplié ou divisé par deux sans entrer dans le domaine du très improbable. Quoique laissant la place à une large gamme de résultats plausibles (de 1 à 2 à peu près), même si tous n'ont pas le même degré de plausibilité, de telles estimations demeurent suffisamment précises pour être contraignantes et donc opératoires. En revanche, si, comme il n'est pas exclu pour le bronze, le résultat final peut être multiplié ou divisé par deux et même par trois (de 1 à 9) sans perdre l'essentiel de sa vraisemblance, il n'est pas certain que celui-ci puisse rendre de grands services en étant l'outil déterminant au service de la pensée que l'on voudrait qu'il soit. Cela ne doit pas nous empêcher pour autant de construire l'estimation la plus réaliste possible. Celle-ci, dans sa plus grande simplicité, se calcule de la manière suivante: 62,5% des monnaies aujourd'hui conservées dans les collections publiques et privées sont des monnaies de bronze (65,2% à Copenhague, 62,9% à Londres, 62,5% à Tübingen, 59,4% à Klagen-
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
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furt, 54,3% à Bruxelles, 45,4% à New York) dont un peu plus de la moitié se révèle être en réalité des monnaies romaines provinciales - ou des impériales grecques, selon l'angle envisagé - (54,5% à Londres [32.000 sur 58.688], 51,3% à Copenhague [7.513 sur 14.655], 55,9% à Bruxelles [2.401 sur 4.293]). On peut dès lors tenir que 29,5% (62,5% - 33%) des 390.000 pièces grecques conservées par les quatre plus grands médailliers du monde sont des bronzes d'époque grecque. Soit un total de 115.050 monnaies dont on peut estimer, à ce stade du raisonnement, qu'il ne doit pas s'écarter trop franchement de la réalité. Le principal problème pour le bronze étant d'arriver à estimer la part des quatre grands médailliers par rapport à l'ensemble de toutes les collections publiques et privées. On a vu que les résultats variaient fortement suivant les études: 31,6% pour une série de bronzes rhodiens (R. H. J. Ashton), 20,4% pour les chalques d'Hermione (C. Grandjean), 14,2% pour les bronzes de Phasélis (Ch. Heipp-Tamer) et 7,3% pour Morgantina (T. V. Buttrey). Forcé de choisir une valeur, je serais tenté de suivre le résultat obtenu par Ch. Heipp-Tamer pour Phasélis. Pas seulement parce qu'un résultat de 15% environ se situe à mi-chemin entre les extrêmes que sont les résultats de 31,6% et de 7,3% mais d'abord et avant tout en fonction de la qualité de l'heuristique de cette étude récente. Multiplions dès lors en conséquence pour obtenir le total de 767.000 monnaies de bronzes et, donc, un poids, de 5.676 kg (767.000 monnaies x 7,4 g). Ce résultat, comme les 136,5 kg d'or, les 40,5 kg d'électrum et les 5.448 kg d'argent, apparaît comme le plus plausible. Mais, à la différence de ces derniers, il n'est pas impossible qu'il faille lui appliquer un coefficient multiplicateur supérieur à deux. Dans l'optique de ce qui a été vu, à savoir un bouleversement radical de la situation en quelques années suite à l'utilisation massive de détecteurs, la part des quatre grands médailliers ne cesserait de diminuer: elle ne serait plus de 15% mais de 5% par exemple, ce qui triplerait l'estimation donnée de 767.000 monnaies (2.301.000 monnaies dès lors). À ces discours affolants quoique pas totalement improbables. je crois qu'il faut néanmoins opposer la qualité des études citées, tous ouvrages récents postérieurs à l'introduction des détecteurs de métaux: on a dit ce qu'il fallait penser de la monographie des monnaies de Phasélis. On notera aussi que les autres exemples choisis n'évitent pas la présence d'un particulier (Hermioné et Rhodes) ou d'une institution (Morgantina) comparativement richissimes en exemplaires de ces monnayages. Une chose est sûre: si l'estimation de 767.000 bronzes
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grecs, disons 800.000, doit être contestée, ce sera forcément à la hausse. Pour l'heure, néanmoins, les estimations les plus réalistes semblent tendre vers 25.974 monnaies d'or et d'électrum, 623.376 monnaies d'argent et 767.000 de bronze. Soit un total de 1.416.350 monnaies grecques et une part relative pour les quatre plus grands musées, tous métaux confondus, estimée à ± 17,7% du total (390.000 - 138.700 romaines provinciales = 251.300). Les problèmes, on le voit bien avec le bronze. sont nombreux. Estimer les quantités aujourd'hui conservées, ce n'est pas seulement procéder à des comptages dans des institutions dont les avoirs ne progressent plus guère. C'est aussi se frotter à des aspects beaucoup plus dynamiques et, par là. plus difficiles à évaluer: le commerce et les trésors. Tout est bien sûr lié : les trésors gagnent le commerce qui vient alimenter les collections. Dans un premier temps, les bénéficiaires sont essentiellement des collectionneurs privés dont la puissance d'achat, si elle devait être globalisée, écrase celle de tous les musées réunis. Le constat tend toutefois à devenir moins négatif pour les institutions publiques avec les années. C'est que, leurs biens étant généralement inaliénables, les petits ruisseaux finissent par faire les grandes rivières et puis, aussi, à l'occasion, les musées reçoivent - recevaient surtout - des donations de collections constituées qui amènent des pans de patrimoine dans les mains des états. Comme annoncé, il a semblé utile d'investiguer un peu plus avant dans cette direction.
2. Le nombre de monnaies grecques négociées annuellement
Chaque année plusieurs centaines de catalogues de ventes proposent des monnaies aux amateurs. Un grand nombre d'entre eux contient des monnaies grecques. On trouvera en annexe le détail des décomptes effectués pour les années 1993 et 1994. Ces décomptes reposent sur le dépouillement de la collection de catalogues, au demeurant maintenant assez riche, du Cabinet des Médailles de Bruxelles ainsi que sur celle de Mr Jean EIsen, que je remercie et que son activité professionnelle amène à être bien fourni en la matière. Au total, cela représente plus de 200 catalogues pour chaque année (228 en 1993 et 218 en 1994) à comprendre des monnaies grecques. Une double question de validité se pose: quelle est la part des catalogues de ventes qui n'ont pas été consultés et, surtout, les chiffres proposés sont-ils fiables?
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
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Dans un domaine aussi disparate et mouvant que celui de la vente des monnaies, personne ne peut se flatter d'être absolument certain de tout posséder. Chaque année de nombreuses maisons disparaissent, d'autres se créent. Sans avertir le plus souvent. Si bien que, à côté des épais catalogues connus de tous les vrais collectionneurs, on trouve une quantité importante de petites listes, parfois produites de façon artisanale, parfois envoyées avec des photographies originales, et distribuées en conséquence à un très petit nombre. Personne n'est donc complet. Cela étant, la combinaison des deux ressources indiquées (Cabinet des Médailles de Bruxelles et bibliothèque de Mr Jean EIsen, ainsi que le contrôle effectué dans une très importante bibliothèque privée) paraît devoir nous assurer d'une bonne représentativité. Ce qui manque - car il manque incontestablement une série de choses: je pense d'abord aux listes de quelques pages imprimées par nombre de marchands américains - ne constitue probablement pas, du point de vue du volume de monnaies vendues, une part importante du total. Ce ne me paraît pas être trop optimiste que d'estimer le matériel dépouillé à 75% du total repris dans des catalogues ou des listes de ventes. L'autre problème concerne la manière dont ces catalogues et ces listes ont été dépouillés. Tout serait simple si, à chaque numéro d'un catalogue de vente, correspondait une monnaie et que les numéros de ces catalogues se suivaient sans discontinuer. Ce n'est malheureusement pas le cas. Parfois, la numérotation est interrompue (où l'on passe du n° 1257 au n° 1300). Ailleurs, elle se dédouble (où le n° 1257 est suivi d'un n° 1257bis). Mais le point le plus délicat tient dans la pratique courante de vendre les pièces en lots. Quand cette pratique reste limitée, il est encore possible de procéder à des additions précises mais, lorsqu'elle se généralise, il devient matériellement déraisonnable de vouloir y prétendre. J'ai tenté de faire de mon mieux: chaque fois qu'un résultat donné en annexe est suivi du signe (1 (L) », cela signifie que la vente contient des lots. La même définition de ce que l'on entend par monnaies grecques a été utilisée: elle exclut les ibériques et les celtiques mais elle comprend les impériales grecques comme les parthes, les indo-grecques, les juives et même, étant donné la manière dont sont conçus les catalogues, les sassanides. Le total de tous ces comptes donne 36.252 monnaies vendues en 1993 et 41.341 en 1994. Ces résultats sont assez proches mais ils l'auraient été plus encore si l'année 1994 n'a-
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vait pas vu la dispersion d'un fonds d'investissement important (48). Imaginons que 25% du matériel ne soit pas repris dans ce total, cela amène à soutenir qu'il se serait vendu, en 1993, quelque 45.315 monnaies grecques (36.252 x 1,25) et 51.676 en 1994 (41.341 x 1,25). Il semble, sur la base de ces chiffres, que 45.000 à 50.000 monnaies grecques, lato sensu, furent proposées annuellement ces dernières années à la vente via leur mention dans un catalogue ou une liste de vente. Parmi ces 50.000 pièces, comme on l'a vu, il doit néanmoins s'en trouver une partie (c. 10.000?) qui sont en réalité des pièces de sites trouvées au détecteur, soit qu'elles aient paru mériter une illustration, soit plus généralement qu'elles aient été vendues en lot. Nous voilà au pied du mur. Car comment estimer le nombre de monnaies grecques qui se négocient annuellement sans jamais être mentionnées dans la littérature? D'autant qu'entre les estimations mesurées, voire frileuses, de certains et les déclarations péremptoires sur la masse colossale que cela représente proférées par d'autres, il y a de la marge. Le phénomène ne peut être tenu pour mineur. On expliquerait mal autrement qu'il frappe autant les imaginations de ceux qui le découvrent ou le connaissent. Il s'exprime probablement en dizaines de milliers. On pourrait encore, avec beaucoup de risque, tenter un ordre de grandeur pour ce qui quitte les pays d'origine. Dans la mesure où la Turquie contribue pour 3.000 à 5.000 pièces Cil), on serait porté à évaluer l'ensemble à 20.000 ou 30.000 pièces. Mais quid des monnaies de sites découvertes par des prospecteurs et achetées par des collectionneurs ou des marchands locaux? Il est certainement plus prudent de ne pas se prononcer à leur sujet pour les dix dernières années. Sans tenir compte de ces derniers, j'imaginerais assez que le nombre total de monnaies grecques négociées chaque année sans qu'il en soit fait mention dans aucun catalogue ou aucune liste avoisine les 20.000 exemplaires. Le nombre total de monnaies grecques changeant de mains annuellement serait ainsi, romaines provinciales incluses, proche des 70.000. Ce nombre incluant la quasi-totalité de l'or, l'essentiel de l'argent et des beaux bronzes mais une petite part seulement des bronzes de mauvaise qualité (dont l'essentiel reste dans les pays où ils ont été trouvés).
(48) Voir vente CNG du 7 décembre 1994: «A Priuale European lnueslmenl Consortium ) (près de 6.000 monnaies lors de cette vente). (49) Le chiffre de 30.000 monnaies antiques avancé pour la Grèce ne détonne pas dans ce schéma. Cela ferait 15.000 à 20.000 monnaies d'époque grecque dont une minorité (c. 5.000?) serait exportée.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
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Il est, je crois, possible d'exercer un certain contrôle quant au bien-fondé de l'estimation avancée, à savoir 70.000 monnaies négociées annuellement à travers le marché international (50.000 d'entres elles laissant d'une manière ou de l'autre une trace dans un catalogue de vente et 20.000 échappant à toute mention écrite). Il faudrait naturellement appliquer le raisonnement qui suit à une série de cas, ce que je n'ai pas fait, me limitant à un monnayage que je connais bien: les monnaies frappées au nom de Mithridate VI Eupator roi du Pont (c. 120-63 av. J.-C.). A partir du large matériel repris dans mon fichier, j'ai pour chaque année, depuis 1970 jusqu'à 1995, comptabilisé le nombre d'exemplaires qui étaient passés en vente. Cela signifie qu'une même pièce peut naturellement repasser plusieurs fois à quelques années d'intervalle, voire parfois la même année. La dernière colonne du tableau, surtout, est intéressante car elle donne le total d'exemplaires négociés chaque année. Mais j'ai cru utile de préciser davantage en distinguant les statères (s) et les drachmes (d) des tétradrachmes, de style réaliste (r) ou idéalisé (i) (50). Années d'acquisitions des monnaies de Mithridate
1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987
Stat. + dra. ss Tét. réalistes rrr r r rrrr
r
S5
sd
Tét. idéalisés iiiii iiii ii
iiiiii iiipp ii
iiii iiiiip iiiiiii iiiii iiiiiii ii ii iiiii iii a iiiiiiiii iiiiii iiiiiiii iiiiiiiiiii
rrrrr rrrrrrr
rrrrrrr
Total 10 5 5 5 7 12
9
s s s s d ssd ssd
9
rrr
rrrrrr
rrrrrr rrrrrrr
rrrrrrrrrrr
rrrrrrrr rrrrrrrrrr rrrrrrr rrrrrrrrrr rrr
7 13 13 13 19 22 19 16 21 14
(50) Les abrèviations e p e et <1 a l) signifient qu'il s'agit de tétradrachmes idéalisés frappés selon l'ère de Pergame ou d'Athènes.
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1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995
F. DE CALLATAY
rrrrrrr rrrrr r rrrrrrrrr rrrrrrrr rrrrrrrr rrrrrr rrrrr
s
sd
sss ss
5S
iiiiiiippp iipp Iiiiiiiiiiiip Hiiiiii ii ii iiiiiipp iiiii ii i iii p iiîiiiiîippp
18
10 16
iiiiiiiia
21 16 23 20 16
On peut considérer que, en moyenne pour les dernières années (1990-1995), une vingtaine de monnaies au nom de Mithridate Eupator ont été proposées à la vente chaque année. Or, d'après les informations que j'ai pu réunir, on doit connaître quelque 650 pièces au nom de Mithridate el). La proportion de monnaies passant en vente annuellement peut donc être estimée, dans le cas de Mithridate, à environ 1/33 du nombre total (650/20 = 32,5). Acceptons pour l'heure cette proportion d'1/32,5. On a, par ailleurs, émis l'hypothèse, en fonction des estimations qui ont semblé les plus réalistes (25.974 monnaies d'or ou d'électrum, 623.376 monnaies d'argent et 767.000 monnaies de bronze), que la somme totale des monnaies grecques aujourd'hui conservées serait de 1.416.350 exemplaires. On voit dès lors que, si l'on divise 1.416.350 par 32,5, on obtient le résultat de 43.580. Le fait est que la concordance est ici très satisfaisante puisque, à partir de la même base documentaire (les mêmes catalogues), on a obtenu le total de 51.676 monnaies pour 1994 et 45.315 pour 1993. Comme toujours dans les cas de grande concordance, il s'agit de ne pas se laisser emporter: cette confirmation porte sur un cas particulier, les monnaies de Mithridate, c'est-à-dire un monnayage d'or et d'argent dont les pièces sont très recherchées. La proportion serait probablement différente et beaucoup moindre avec un monnayage de bronze. Mais, s'il est trop tôt pour généraliser, on actera néanmoins combien ces deux raisonnements de nature très différente, en débouchant sur des résultats similaires, paraissent mutuellement se consolider. Rappelons que, sur le total de 613 monnaies au nom de Mithridate Eupator recensées dans mon fichier, 251 (40,9%) sont la pro-
(51) F. DE CALLATAY, Un problème de documentation en numismatique antique: les catalogues de uenies, dans Histoire & Mesure, V (3/4), 1990, p. 263: 501 tétradrachmes connus en 1988. Je connaissais, fin 1993, 54 statères, 549 tétradrachmes et 10 drachmes. Ce sont ces chiffres qui ont été utilisés plus haut.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
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prîété de collections publiques (43,4% pour Lébédos et 36,5% pour les monnaies archaïques d'Éphèse). Dès lors, si l'on veut avoir une idée de la vitesse de rotation des pièces appartenant à des collectionneurs privés, il faut diviser par 43.580 non pas le chiffre de 1.416.350 pièces (total de toutes les monnaies grecques conservées) mais celui de 837.063 (total des monnaies grecques en possession de collectionneurs privés = 59,1 %). En réalité, ce n'est pas 1/32,5 mais plutôt 1/19 des monnaies disponibles qui sont chaque année échangées. Vingt ans, soit la durée moyenne de conservation dans une collection privée? Ce chiffre est-il réaliste? Il est difficile d'en juger. C'est que les destins des pièces de collection peuvent être très différents. De telles pièces peuvent entrer dans le circuit de la spéculation et être négociées plusieurs fois en un temps très court ou être acquises par un véritable amateur qui les conservera toute sa vie et les transmettra même parfois à ses descendants. L'impression laissée évoque souvent certaines machines à sous pour cafés où l'on voit une bille osciller rapidement d'un point à l'autre avant de s'immobiliser dans une alvéole. Il fait peu de doute, néanmoins, que, d'une façon générale, la vitesse de rotation soit aujourd'hui plus rapide que par le passé. Dans une conjoncture économique peu favorable, les marchands, qui ont évidemment intérêt à réaliser leurs stocks, s'associent souvent entre eux. Il est de plus en plus fréquent de voir la même pièce illustrée cinq ou six fois en deux ans. Pour prendre un exemple assez représentatif de cette situation, cela revient pour un marchand allemand à illustrer d'abord deux ou trois fois la monnaie dans ses propres ventes, si possible tantôt dans un catalogue tantôt dans une liste, puis, devant le peu de succès remporté, à faire figurer la pièce dans une vente d'un et, si nécessaire, de plusieurs collègues étrangers, un premier aux États-Unis et un second en Angleterre par exemple. Ces circuits sont à l'occasion déroutants et les pièces peuvent parfois apparaître dans des endroits plus étonnants. Enfin, si la monnaie n'a toujours pas trouvé acquéreur, on aura la surprise de la voir réapparaître dans une vente du marchand initial qui n'a, en réalité, jamais cessé d'en être le propriétaire. Il va sans dire que l'usage aujourd'hui répandu de cette technique grossit notre appréciation du marché. Beaucoup de pièces passent en vente, certes, mais ce sont souvent les mêmes.
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F. DE CALLATAY
3. Le nombre de monnaies grecques découvertes chaque année: l'action des trésors
Sur les dizaines de milliers de monnaies grecques vendues et achetées chaque année, la plupart sans doute provient de collections privées (il arrive, beaucoup plus rarement, que ce soit également de collections publiques) mais il en est d'autres qui proviennent de trouvailles récentes, trésors d 'une part, monnaies isolées de sites de l'autre. D'où une nouvelle question, la troisième, dont l'énoncé peut se formuler ainsi: combien de monnaies nouvellement découvertes viennent grossir annuellement le stock déjà constitué? On a dit ce qu'il fallait penser des monnaies isolées de sites. Depuis 10 ans, soit depuis l'introduction massive de détecteurs de métaux le long de la Méditerranée, la situation n'est guère contrôlable. Restent les trésors. On peut sérieusement douter qu'il soit jamais possible d'apporter une réponse autre que très vague à cette question. Les motifs de désespérer sont nombreux. Est-il raisonnable, en effet, de rechercher une valeur moyenne dès lors que l'action d'un seul trésor peut fortement déséquilibrer le résultat? Encore s'agit-il alors d'un trésor identifié. Mais, étant donné la discrétion presque totale qui entoure les trouvailles, on doit tenir pour acquis qu'une partie (laquelle?) de ces trouvailles ne donne lieu à aucune notice. Elles peuvent être dispersées dans le commerce. Elles peuvent aussi, ce qui est pire. être achetées en un bloc par un particulier. Ute Wartenberg, qui, poursuivant l'œuvre de M. J. Priee, coordonne aujourd'hui le travail d'inventaire pour la série Coin Ho ards, ne se fait en tout cas aucune illusion sur la qualité heuristique de cette série. Elle rassemble les informations que l'on veut bien lui donner. Celles-ci sont non seulement incomplètes; elles sont également inégales. Pour telle région, on peut compter sur le zèle d'un numismate local qui traque les trouvailles via un réseau d'informateurs qui laisse peu de choses passer. Pour telle autre, il n'existe rien de tel. Il ne faut jamais perdre de vue la vérité profonde qui veut que la découverte de nombreux trésors dans une région peut signifier une abondance d'enfouissements antiques mais tout aussi bien une activité importante des archéologues modernes. Plutôt que de sombrer dans le désespoir - ou avant de le faire - , il m'a paru plus sain d'aller d'abord juger concrètement de la situation. Faut-il le préciser, ce qui suit est livré à titre exploratoire. La dimension ludique n'en est pas absente.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
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Pour les années 1980 à 1990, soit 11 ans, j'ai tâché d'additionner scrupuleusement année par année tous les trésors mentionnés dans les dernières livraisons des Coin Hoards (52). On trouvera en annexe le détail de ces décomptes (Annexe II: Les trésors [1980-1990]). Pour chaque année, le premier tableau récapitulatif donne le nombre de trésors découverts par métaux (or, électrum, argent et bronze) ainsi que le total obtenu en tenant compte des trésors mixtes. L'ensemble donne 360 trésors. On dispose pour 321 d'entre eux d'une composition chiffrée (89,2%):
Années 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 sans date
Total %
AV
1 1 1 3 1 1 3 2 1 2 16 5,0%
EL 1 1
AR 22 21 21 22 16 26 8 21
AB
2 3 9 7 3 1 2 1 2 32 62 19,3%
1 2 8 2,5%
13 19 10 47
246 76,6%
25 25 28 24 23 30 10 24 15 21 Il 85
Total (sur 28) (sur 25) (sur 30) (sur 27) (sur 27) (sur 33) (sur 12) (sur 25) (sur 17) (sur 22) (sur 13) (sur 101)
321 (dont Il trésors mixtes)
Le tableau suivant fournit les mêmes données mais en indiquant cette fois le nombre de pièces:
Années 1980 1981 1982 1983 1984
AV
68 1 7 137 148
EL
213 150 3
AR 8.008 2.505 1.747 3.174 3.121
AB
270 359 725 482
Total 8.559 3.015 2.479 3.314 3.751
(52) Les données utiles proviennent exclusivement des Coin Hourds VII (1985) et VIII (1994). Le Coin Hoards VI, publié en 1981, ne contenait aucune trouvaille datée de 1980 ou 1981. Les trésors renseignés comme ayant été découverts avant telle année ont été systématiquement attribués à l'année précédant directement celle mentionnée (p. ex. : « avant 1989 1) = 1988). En cas de fourchette, on a systématiquement retenu l'évaluation supérieure (p. ex.: (1800/1.000 l) = 1.000).
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1985 1986 1987 1988 1989 1990
Sans date Total
F. DE CALLATAY
23 45 94 30 33 5 3 519 1,1% 29 16 486 1,0%
3.375 2.950 2.924
1.444
8.237
511
51 80 62 84 60 1.628 3.801 8,2%
3.588 41.584 89.6%
3.449 3.075 3.080 1.558 8.330 545 5.235 46.390
%
Un troisième et dernier tableau reprend ces informations sous l'angle du nombre moyen de monnaies par trésor, d'abord pour l'ensemble des années 1980-1990 puis pour chaque année quand il est possible de le faire (quand il existe 2 trésors au moins pour un même métal et une même année): (53)
1980-1990
Exemplaires Trésors Nombre moyen
AV
519 16 32
EL
AR
486 8 61
41.584 246 169
AR
AE 3.801 62 61
AE
Total
46.390 321 145
Total
Années
AV
EL
1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986
1987
46
31 17 2 32
8
1988 1989 1990
sans date Total
364 119 83 144 195 130 369 139 111 434 51 76 169
135 120 81 69 17 31
342 121 89 138 163
115
30
51 61
308 128 104 397 50 62 145
61
Le nombre de trésors dûment recensés dans les Coin Hoards pour chaque année a clairement varié. Cela ne saurait surprendre. Entre 10 pour l'année 1986 et 30 pour l'année 1985. Il Y a là une marge considérable. Toutefois, si l'on met en outre de côté l'année
(53) L'existence de trésors mixtes. mêlant des monnaies de métaux différents, explique ce qui peut apparaître comme des anomalies entre les résultats obtenus par métal et ceux obtenus au total.
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1990 (54), on s'aperçoit que, 7 fois sur 10, ce nombre est compris entre 21 et 28 (8 fois sur 10 entre 21 et 30). On peut donc, suivant le point de vue, être frappé par l'écart existant entre 10 et 30; on peut aussi trouver ce nombre assez stable autour des 25 trésors annuels. N'oublions pas de majorer ce nombre en fonction des trésors non datés. Ceux-ci, 85 en tout, à répartir sur Il années, font l'équivalent de 7,7 trésors. Disons, pour faire court, que les Coin H oards enregistrent une moyenne d'un peu plus de 30 trésors annuellement. Plus intéressantes dans l'optique de cette étude sont les considérations que l'on peut faire à propos du nombre de pièces. Ici aussi, l'année 1990 est particulièrement mal représentée et il faudra sans doute attendre la parution des prochains répertoires, désormais publiés annuellement dans la N umismatic Chronicle, pour être fixé. Celle-ci mise à part, on constate que, 7 fois sur 10, le nombre total de monnaies se situe entre 2.479 et 3.751 (il est même compris dans 6 cas sur 10 entre 3.015 et 3.751). Trois années se distinguent dont deux, 1980 et 1989, pour cause de grosses trouvailles (1980: Meydancikkale [VIII 308] = 5.216 exemplaires; 1989: près de Dinar [VIII 27] = 6.000 exemplaires). D'où cette impression que si, effectivement, l'index des trésors grecs est soumis à l'aléatoire des collaborations, il livre néanmoins des résultats qui sont souvent semblables. En tout, les 321 trésors recensés ont fait connaître 46.390 pièces, soit une moyenne annuelle de 4.217 monnaies. Retirons l'année 1990 de nos calculs: 45.845/l0 = 4.585 monnaies par an. Ce chiffre doit être inférieur à la réalité. Il entre bien entendu chaque année plus de 4.500 monnaies issues de nouveaux trésors dans les collections privées et publiques. Un peu plus ou beaucoup plus? Pour tenter d'apporter un début de réponse, on pourrait construire le raisonnement suivant: on peut estimer le nombre de trésors de monnaies grecques repris dans l' IGCH et les 8 CH à environ 3.400 (2.387 pour l' IGCH, c, 110 pour CH l, c. 130 pour CH II, c. 84 pour CH III, c. 78 pour CH IV, c. 57 pour CH V, c. 52 pour CH VI, c, 147 pour CH VII et c. 599 pour CH VII 1 = c, 3644 auxquels il faut retrancher quelque 250 entrées dans la mesure où les notices des CH concernent régulièrement des trésors déjà publiés précédem(54) La faiblesse de l'année 1990 (11 trésors seulement) s'explique sans doute par le fait que c'est la dernière et qu'une série de découvertes faites cette année-là n'avaient pas encore pu être enregistrées dans le Coin Hoards VIII publié en 1994.
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ment) 5 ) . L'Annexe II 1 fournit la liste, dans un ordre décroissant d'importance, de tous les trésors recensés ayant contenu 1.000 exemplaires au moins (Annexe III: Liste des trésors répertoriés ayant contenu 1.000 monnaies grecques ou plus). POUf chacun, on trouvera le numéro d'inventaire, la composition, le ou les monnayages principaux ainsi que le lieu et la date de la trouvaille. Sur les c. 3.400 trésors recensés, 137 (4,0%) présentent une composition forte de 1.000 exemplaires au moins. Si l'on additionne le contenu de tous ces trésors (en fait 135 car nous ne disposons pas de chiffres pour 2 d'entre eux) en), on obtient le total de 414.308 monnaies (57). Combien de monnaies totalisent alors les quelque 3.265 trésors (c. 3400 - 135) de moins de 1.000 exemplaires. On peut tenter quelques estimations. Ainsi, sur les 321 trésors repris pour les années 1980-1990, 8 comptent 1.000 exemplaires ou plus. La somme de ces 8 trésors s'élève à 19.346 exemplaires (5.216, 1.000, 1.500, 1.900, 1.260, 1.470, 1.000 et 6.000). Dès lors, les 313 autres trésors totalisent 27.044 exemplaires, soit une moyenne de 86 monnaies par trésor (27.044 / 313). Il est évidemment préférable d'additionner les compositions de tous les trésors recensés. Je dois à la grande obligeance de Mme Ria Martens, du Cabinet des Médailles de Bruxelles, d'avoir effectué ces comptages de bénédictin. Soit les résultats suivants, donnés par tranche de 100 trésors. J'ai cru utile de regrouper d'abord les résultats obtenus pour l' IGCR et ensuite ceux pour les CR. On vérifiera ainsi la similitude de pourcentages déduits de ces deux échantillons:
Trésors IGCH 1-100 JGCH 101-200 IGCH 201-300 IGCH 301-400 JGCH 401-500
AV
e
EL
84
117 198
864 637
12
AR 8.259 21.989 17.629 6.551 12.685
AE
108 915 5.923 4.981 2.068
Total 8.568 23.102 23.552 12.408 15.390
(55) Le nombre de trésors déjà répertoriés antérieurement (lGCH ou précédents CH) se monte à 16 pour CH J, 33 pour CH II,23 pour CH Ill, 18 pour CH IV, 16 pour CH V, 12 pour CH VI, 36 pour CH VII et 93 pour CH VIII, soit le total de 247 trésors. (56) IGCH 684: plusieurs milliers et IGCH 787: 15 kgs de bronzes. (57) Soit 123.000 monnaies pour les trésors d'au moins 10.000 exemplaires (4), 207.816 pour les trésors d'au moins 5.000 monnaies (17), 232.389 pour les trésors d'au moins 4.000 exemplaires (23). 270.142 pour les trésors d'au moins 3.000 exemplaires (35), 315.627 exemplaires pour les trésors d'au moins 2.000 monnaies (56) et 414.308 pour les trésors d'au moins 1.000 exemplaires (135).
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
65
13.186 14.225 11.025 17.213 7.971 7.319 12.141 32.665 26.739 15.696 19.303 31.030 14.636 22.496 14.425 25.361 Il.097 26.449 49.117 455.114
IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH IGCH Total
501-600 601-700 701-800 801-900 901-1000 1001-1100 1101-1200 1201-1300 1301-1400 1401-1500 1501-1600 1601-1700 1701-1800 1801-1900 1901-2000 2001-2100 2101-2200 2201-2300 2301-2387
1.000 (58) 1.140 2.150 809 104 489 3.070 113 1.084 8.204 579 53 1.504 364 3 657 190 23.329 5,1% 37 74 8 7 10 228 835 1.199 0.8% 24.528 4,1%
3 121
199 523 1.320
32 1 398 695 3.388 0,7% 151 9 134
12.079 11.647 7.388 5.369 5.935 2.753 6.608 23.911 10.995 14.388 10.944 27.196 12.482 20.576 13.044 18.763 9.335 6.008 43.407 329.941 72,5% 12.243 4.302 13.430 1.685 2.448 8.760 11.973 60.990 115.831 77,6% 445.772 73,7%
1.107 1.575 2.376 9.694 1.227 4.263 4.521 4.364 15.631 224 155 3.255 2.101 416 985 6.594 707 19.556 (59) 5.710 98.456 21,6% 1.822 1.170 5.385 407 927 1.698 855 19.153 31.417 21,0% 129.873 21,5%
CH CH CH CH CH CH CH CH
1 [1-110] Il [1-130] III [1-84] IV [1-78J V [1-57] VI (1-52] VII [1-147J VIII (1-599)
405 158 857 0.6% 4.245 0,7%
14.253 5.555 18.949 2.100 3.382 10.468 13.461 81.136 149.304 604.418
Total Total général
Ces calculs ont préféré ignorer les deux plus gros trésors de monnaies grecques répertoriés jusqu'ici (lGCH 670 et 2222). La raison en est que le contenu de ces deux trésors, s'ils ont jamais existé dans les proportions qu'on leur prête, a aujourd'hui presque totalement dis(58) Sans compter les quelque 40.000 statères de Lysimaque trouvés au XVIe s. en Transylvanie et dont tout ou presque tout a dû être fondu (IGCH 670). (59) Sans compter le trésor de 60.000 bronzes de Hiéron Il, trouvé à Agrigente et dont seuls 60 exemplaires sont aujourd'hui conservés au Musée de Syracuse (lGCH 2222).
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F. DE CALLATAY
paru, mis au creuset le plus probablement. IGCH 670, trouvé en Transylvanie au XVIe S. (c, 1540-1545), aurait contenu quelque 40.000 statères de Lysimaque. Or les statères conservés de nos jours pour Lysimaque sont très certainement inférieurs au quart de ce nombre. IGCH 2222, trouvé à Agrigente vers 1900, aurait contenu quelque 60.000 bronzes de Hiéron II dont seuls 60 exemplaires ont rejoint le musée de Syracuse. Ils auraient été découverts dans un vase. Fameux vase, en effet, quand on aura rappelé que les 5.216 pièces du trésor de Meydancikkale ont nécessité pas moins de trois grosses marmites en céramique pour les contenir. Il faudrait en réalité imaginer un gigantesque pithos pour accueillir ces quelque 500 kgs de bronze monnayé. Les bronzes de Hiéron II sont des monnaies courantes, certes, mais ils se comptent en milliers et non en dizaines de milliers. Dès lors, après élimination de IGCH 670 et 2222 (100.000 monnaies à eux deux), on obtient le total de 604.418 monnaies. Si l'on tient pour réaliste le nombre de 1.416.350 avancé plus haut, cela signifie que un peu moins d'une monnaie sur deux aujourd'hui conservée dans les collections publiques ou privées provient d'un trésor recensé dans l' IGCH ou les CH (604.418 / 1.416.350 = 42,7%). J'aurais tendance à considérer cette proportion comme elle-même assez réaliste. Je crois d'ailleurs que le pessimisme n'est pas le sentiment le plus indiqué concernant la qualité de nos inventaires. Plus exactement, tout se passe comme si le pessimisme théorique justifié manifesté par ceux qui ont la charge de ces inventaires ne se vérifiait pas dans la pratique. En théorie, oui, ces inventaires devraient être mauvais. En pratique, ils ne le sont pas. Autrement dit, ils ne laissent pas tant de choses passer. Et, de fait, toute p~rsonne qui dépouille attentivement les catalogues de ventes est amené à noter régulièrement l'existence de trouvailles en cours de dispersion. On pourra vérifier que, dans la plupart des cas, ces trésors ont fait l'objet ou feront l'objet d'une notice dans le répertoire officiel. Au reste, il n'y a sans doute pas lieu de trop s'en étonner. C'est que plusieurs personnes, à différents stades, sont susceptibles de dénoncer l'existence d'un trésor. Il y a d'abord le spécialiste local dont les antennes se décomposent parfois en un réseau d'informateurs. Pour prendre un exemple précis, Mr Gh. Poenaru Bordea rassemble chaque année les informations concernant les trésors découverts sur le territoire de la Roumanie actuelle. Même quand un de ces trésors quitte clandestinement le territoire roumain, il se trouve généralement quelqu'un pour lui rapporter l'existence et souvent la composi-
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tion de la trouvaille. Il y a ensuite le monde des marchands dont certains collaborent volontiers avec les chercheurs. Il y a encore les collectionneurs qui, particulièrement intéressés par tel monnayage, sont à l'affut de ce qui sort et entretiennent souvent de bonnes relations avec le monde plus académique. Il y a enfin les numismates qui - on en connait des exemples fameux - peuvent reconstituer après coup la composition de trésors dispersés. Tout bien considéré, il est assez difficile, pour un trésor, d'échapper à toutes les mailles de ce filet. n est en outre d'autant plus difficile d'y échapper que le trésor est prestigieux. Un trésor de monnaies d'or frappe les imaginations de tous. La rumeur s'en empare là où il a été trouvé et les marchands sont naturellement poussés à illustrer de telles pièces puisque cellesci sont rares et chères. Ici encore, la qualité de l'information est nettement moindre pour le bronze. Il suffit de comparer les résultats obtenus pour l'IGeR et les 8 CR avec ceux des estimations moyennes proposées comme total des monnaies grecques aujourd'hui conservées:
AV
Trésors Nombre total % des trésors
28.723 25.974 110,6%
AR 445.772 623.376 71,5%
AE 129.873 767.000 16,9%
Total
604.418 1.416.350 42,7%
On voit que les trésors attesteraient plus que toutes les monnaies d'or conservées (110.60/0), une grosse majorité des monnaies d'argent (71,5%) et une petite minorité des monnaies de bronze (16,9%). La situation paradoxale de l'or ne l'est qu'en apparence. Le trésor transylvanien de lysimaques n'est pas le seul à avoir été fondu. Une bonne partie du trésor de Saïda (lGCH 1508 = 7.200 statères d'Alexandre) a, par exemple, dû connaître le même sort. La même chose doit également être vraie pour certains gros trésors d'argent. Au passage, ces chiffres confirment, s'il en était besoin, la différence radicale de faciès entre les trésors d'une part et les monnaies de fouilles de l'autre. Rappelons que, sur les 16.557 monnaies grecques identifiables découvertes lors des fouilles de l'agora d'Athènes. il s'en est trouvé 2 en or, 1 en électrum, 178 en argent (1,1%) et 16.376 en bronze (98.9%) eO). Les avoirs des collections publiques et
(60) J. H. KROLL. The Alhenian Agora. Vol. XXVI: The Greek Coins, Princeton, 1993, p. XVIII-XXVI.
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F. DE CALLATAY
privées reflètent ce double apport, mais pas dans les proportions indiquées par l' IGCH et les CH. Si le résultat des fouilles américaines de l'agora d'Athènes est un fait, on doutera en revanche que l' IGCH et les CH aient enregistré toutes ou presque toutes les trouvailles de monnaies de bronze. Et cela pour les raisons indiquées: le moindre intérêt au départ comme à l'arrivée pour de telles trouvailles, jugées banales dans certaines régions. C'est précisément ici qu'apparaît tout l'avantage pour la communauté scientifique de pouvoir disposer de gens bien informés sur place. Si l'on consulte les chroniques des découvertes numismatiques enregistrées en Bulgarie et en Roumanie, on est frappé par le nombre important de trésors de monnaies de bronze. les réseaux mis en place dans ces pays garantissent une qualité supérieure d'information. Inversement, on peut trouver étonnant le petit nombre de trésors recensés pour les bronzes ptolémaïques alors même que ces monnaies abondent dans les collections publiques et privées. Bref, si l'écart est si grand entre les 767.000 monnaies de bronzes postulées et les 129.873 mentionnées comme provenant des trésors, c'est bien sûr d'abord parce qu'une large partie de ces bronzes sont des monnaies isolées, trouvées sur les sites à l'occasion de fouilles régulières ou non, mais c'est aussi parce que de nombreux trésors n'ont pas été recensés. L'impression dominante est dès lors que les répertoires existants fournissent, en dépit de leurs vices théoriques, de bons guides pour l'or et l'argent. Pour le bronze, le constat est moins brillant. Il l'était déjà par le passé mais il est clair que l'usage récent et intensif des détecteurs de métaux a dû fortement le faire empirer. Sans préjuger de la situation actuelle, qui est susceptible de marquer une rupture avec le passé, l'accroissement annuel du stock de monnaies grecques résultant d'exemplaires nouvellement découverts a' dû rester, jusqu'il y a une décennie, dans certaines limites. Ainsi, si - comme je le pense - l'ensemble des collections publiques et privées conservent aujourd'hui près de 1.500.000 monnaies grecques, je croîs que l'on peut tenir pour extrêmement probable que 500.000 d'entre elles au moins étaient déjà connues avant 1914. La collection de Berlin était déjà formée et devait compter près de 100.000 monnaies (provenant pour l'essentiel des collections Fox, Prokesch-Osten, Imhoof-Blumer et Lôbbecke). Les collections de Paris (32.500 monnaies grecques pour la seule collection Pellerin) et de Londres possédaient la moitié au moins des pièces qui font aujourd'hui leur richesse, sans doute plus. On voit dès lors que le nombre de monnaies grecques accumulées depuis 1914, soit sur plus de 80 ans, se
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
69
monte selon l'hypothèse peu avantageuse utilisée (seulement 500.000 exemplaires connus avant 1914 pour 1.500.000 aujourd'hui) à 1.000.000. Soit un accroissement annuel, à rythme constant, de 12.500 monnaies (1.000.000 {80). Un peu plus ou un peu moins mais certainement en dessous des 20.000 exemplaires. Il paraît donc falloir multiplier par plus de deux le nombre moyen de monnaies apportées annuellement par les trésors pour les années 1980-1990 pour atteindre la moyenne d'un peu plus de 10.000 exemplaires. En effet, si les trésors répertoriés fournissent une origine pour 42,7 % des monnaies grecques aujourd'hui connues, il faut alors multiplier en conséquence les 4.585 exemplaires annuels pour obtenif le total de 10.738 (4.585 x 100 1 42,7). Des estimations assez similaires en somme (61). Nous avons fait un long chemin. Pour chacune des étapes, il a d'abord fallu construire la route, c'est-à-dire d'abord apporter les matériaux de construction. Cela a nécessité de très longs comptages. Il a fallu également éprouver à tout moment la solidité des matériaux mis en œuvre puisque tous les nombres proposés sont entourés d'un coefficient d'incertitude. Bien sûr, les résultats obtenus ne sont pas exacts. A plusieurs reprises cependant, il a été possible de parvenir à des approximations similaires via des raisonnements de nature différente. Je pense en conséquence que les estimations avancées fournissent des ordres de grandeur réalistes. Et tant mieux s'il est possible, dans l'avenir, de les améliorer. Récapitulons ces résultats: il se trouverait aujourd'hui environ 1.416.350 monnaies grecques conservées dans les collections publiques (c. 40 % ) et privées (c. 60%). Ce total se répartit de la façon suivante: 25.974 d'or et d'électrum, 623.376 d'argent et 767.000 de bronze (ce dernier résultat est - et de loin - le plus contestable de tous ceux proposés). Le profil moyen d'une collection publique de monnaies grecques s'établit ainsi: 1,5 % pour l'or et l'électrum, 36% pour l'argent et 62,5% pour le bronze (dont 29,5% de monnaies proprement grecques pour 33 % de monnaies impériales grecques, encore appelées provinciales romaines). La clé de répartition entre l'or et l'électrum est de 65% pour l'or et de 350/0 pour
(61) En utilisant le même nombre de 10.738 multiplié par 80, on obtient le produit de 859.040 exemplaires accumulés lors des 80 dernières années. Soit le total de 1.500.000 monnaies grecques aujourd'hui conservées, cela reviendrait à imaginer que 640.960 d'entre elles étaient déjà connues avant 1914 (557.310 si l'on part d'une estimation de 1.416.350). L'ordre de grandeur parait réaliste.
70
F. DE CALLATAY
l'électrum. Les 4 plus grands cabinets des médailles pour les monnaies grecques (Berlin, Londres, Paris et New York) totalisent 390.000 monnaies (moins 33°1<. [= 138.700) de provinciales romaines = 251.300). L'importance relative de ces derniers pour les émissions d'or et d'argent est de 22,5%. Elle a été 'estimée à 150/0 pour le bronze. Ce dernier résultat est incertain et ne fait que chuter avec les années. Exprimé en poids, on conserverait aujourd'hui sous forme de monnaies grecques quelque 136,5 kg d'or, 40,5 kg d'électrum, 5.448 kg d'argent et 5.676 kg de bronze. Le nombre de monnaies grecques négociées annuellement qui quittent leurs pays d'origine s'exprime en dizaines de milliers: il doit approcher les 70.000, dont c. 50.000 vendues séparément ou en lots via des listes ou des catalogues de ventes. Une monnaie sur 20 est donc mise en vente chaque année (1.416.350 170.000). Les trésors dûment recensés dans les Coin H Dards font connaître une moyenne de 4.500 nouvelles monnaies par an. Les répertoires dont on dispose, en dépit de leurs carences, mentionnent près de 600.000 monnaies. Un peu moins d'une monnaie sur deux (42,7%) de toutes celles aujourd'hui connues proviendrait ainsi d'un trésor répertorié. Si l'on tient compte des monnaies isolées, trouvées en fouilles officielles ou au détecteur de métaux, cela paraît indiquer qu'une majorité confortable de trésors finit par être officiellement recensée au répertoire. Quelle validité accorder à ces estimations? De manière un peu inattendue pour un projet apparemment aussi aventureux au départ, je pense que cette validité peut, in fine, être qualifiée de bonne. Et cela même s'il faut presque systématiquement distinguer entre l'or et l'argent d'une part et le bronze de l'autre. On pourrait ainsi éventuellement pousser le nombre de 1.500.000 exemplaires jusqu'à 2.000.000 mais pas, selon moi, jusqu'à 2.500.000 (62). On pourrait imaginer que le nombre, sûrement supérieur à 50.000, d'exemplaires négociés annuellement au niveau international ne soit pas de 70.000 mais de 90.000 (63). Aller au-delà me paraîtrait dérai-
(62) Ce serait imaginer l'existence de c. 1.900.000 bronzes au lieu des 767.000 postulés et donc une part relative des 4 plus grands cabinets des médailles du monde réduite à 6,0%. (63) Rappelons que ce nombre ne tient pas compte des monnaies qui ne quittent pas leurs pays d'origine. Il a été dît que celles-ci formaient sans doute l'essentiel de ce qui est aujourd'hui découvert au moyen de détecteurs de métaux.
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
71
sonnable. On pourrait enfin tenir que plus de 10.000 monnaies nouvellement découvertes via les trésors viennent chaque année grossir le stock déjà existant mais, jusqu'à un passé récent du moins, on a montré que ce nombre devait avoir été sensiblement inférieur à 20.000. En bonne méthode, on s'en voudrait de terminer sur un tel optimisme, même si celui-ci est plus que nuancé. Il faut donc rapporter la découverte, proprement terrifiante, faite en Afghanistan en 1993 du trésor de Mir Zakah (64). Avec ses 450.000 monnaies inde-grecques, peut-être plus, celui-ci est non seulement le plus grand trésor jamais découvert de monnaies grecques mais tout simplement jamais découvert sur la planète, toutes époques confondues. Au moins avait-on le « bon goût) par le passé de fondre rapidement l'essentiel de trouvailles aussi pléthoriques (voir supra, ce qui a été dit de IGCH 670 et 2222). Or, événement heureux pour les numismates mais dommageable pour le crédit des calculs développé dans cet article, il semble que le trésor de Mir Zakah, aujourd'hui parvenu en Suisse, ait été acquis en bloc par un acheteur étranger. Cette acquisition fait naturellement craindre que les monnaies qui le composent ne seront finalement pas fondues. Enfin, information d'un autre type mais non moins effrayante, il semblerait que l'on vienne de mettre au point un type de détecteur entièrement nouveau. Contrairement à ses prédécesseurs qui réagissaient même à de petites masses métalliques pourvu qu'elles soient enfouies peu profondément (c. 50 cm), celui-ci serait capable de détecter une masse, certes plus importante, jusqu'à 6 mètres de profondeur. Il n'échappe à personne que, si tel devait être le cas, on verrait bientôt sortir non plus des monnaies isolées de sites mais de véritables trésors, c'està-dire une proportion beaucoup plus importante de pièces en métaux précieux. Il était temps, décidément, de publier cette étude.
(64) Voir O. BOPEARACHCHl, Tresor de Mir Zakah 1993, dans International Numismalic Neuisleiier, 24, printemps 1994, p. 2-3; Récentes découvertes de trésors de monnaies pré-sassanides trouvés en Afghanistan et au Pakistan, dans CahNum, 31 (121), sept. 1994, p. 7-14 (surtout p. 7-8 et les photos de la p. 14) et Decouvertes récentes de trésors in do-grecs : nouvelles donnees historiques, dans CRA 1 (à paraître - où l'on parle ici de 450.000 monnaies au lieu des 350.000 dont il était fait état précédemment).
72
F. DE CALLATAY
Annexe
r
Les catalogues de ventes (1993-1994)
1993
N° de la vente
Aes rude Ahlstrom Albuquerque 47 48 40 41 42 43 1 Nombre d'exemplaires
54 60 34
1994
N° de la vente
16 49 50 44
Nombre d'exemplaires
78
58
81
194
180 33
59
22 36
45
46 47
42
190 91 16 522 (L)
Arethusa Arnumis Auctiones Aufhâuser Baldwin
85
2
3
23 10
448 (L) 315
24
1
2
3
62
±300 ±260 ±500 ±250 (L) (L) (L) (L)
Barré Berk
jan. 75 76 77
78
BIançon Bonhams
79 13 19/10
34 188 ±200 (L) ±170 (L) ±300 (L) ±20Q (L)
80
81
82
83 14 15 8/2 17/5
13/9 13/12 30/4 6111 27/6
± 100 (?)
125 ± 160 (L)
±50 (L)
Bordeaux Bourgey Bowers & Merena Buckland
17/4 23/10 11/5 2112
12/5 1
2
25 6
49 115
99 38 49
18/11 4
40
117
5 88
6 7
Burgan
3 25/3 25/6 5111 9112
90
155 158
8/l
17/2 29/4 10/6
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
73
114 302 ±180 22
Calico Cederlind Christensen Christies (L) Christies (NY)
14/6 97 98 19{3 28/4
7
170 175 ±50 (L) ±60 (L) 76 72 461 256 (L) 389 + 571 + 132 208 + 246 139 +? 58 +? 118 +? 125 + ±600 (L) 387 ± 160 (L) ±70 (L) ± 110 (L)
30{9 16/12 21/12
99 étèjaut.
28/6
12/6 14/6
22{3 20{9
±8û 1
CNG
XXV XXVI XXVII XXVIII 18(1) 18(2) 18(3) 18(4) 10/2 14/4 14(1) 14(II)
+
CNR
Coin Galleries
XXIX 386 + 269 (L) XXX 235 + 200 (L) XXXI 574 + ±60 (L) XXXII 236 + ±215 (L) 5.798 (stock) 7/12 19(1) 118 + 19(2) 149 + 19(3) 286 + 19(4) 145 + ±300 (L) 16/2 ±200 (L) 12/4 13 /7 ± 120 (L) ± 120 (L) 9/11 47-8 38 21/4 17 /11
JOlll
Coin Investment Cools Crédit Bourse 41-2
26/4
10
81 7
oct.
Davissons Dietrich AG
Delphin Dorotheum
2/4
25/4 30/10
4
92 49 15 20 25 102 73 90 ±130
11
29{1O
5
10 20 7 405 (L) 43
Elmen Eisen (ventes)
467 468 469 469 470 471 472 13{5 18/11 28
473 474 475 476
5/5
375 258 (L) 294 (L)
114
29 30
31 32 150
26 33 34
69
137 (L) 123
35 36
37
268
229
Eisen (listes)
160
39
74
F. DE CALLATAY
151 152 153 154 155 156 157 158 159 Empire Coins Emporium
59
50
+ Sasso
99 88
76
60 44
161 162 163 164 165 166 167 168
61
43
42
31
47
1/2
27 28 ±80 241 382 142 1 218 58 ± 120 (L) ±80 (L) ± 150 (L) ± 140 (L) 31 32 ±120 ±30
29
Frankfurter Freeman & Sear Gadoury Glendining 30 140
2
23/3 20/1 3/2 9/6
53
213
±35û (L) ±20Q (L)
2/6 12110 14/12
7/7 8/9 22/9
11/10
± 100 (L)
3/11
8/12 15/12
Gorny
62 63
64
352 263
65
Grün 66 8 10 27 28 262 64 65 177 178 179 180 122 123 126 ±200 (L) ±200 (L) 280 (L) 370 (L)
67 68 69 70
Il
371 486
12
13
147 (L) ±320 (L)
Grunow
Hess Hild Hirsch
263
142 (L) 149 (L) 416 549 66 67 181 182 183 184 128 129 132 225 (L) 289 (L) 426 501 746 478 6 24 6
664
420 10 34 19
Huston
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
75
15 31 63 ±240 232 (L) 140 (L)
133 134 Intermünz-Kurier Jacquier Kôlner Münz. Kovacs Kricheldorf Kummer 127 128 15 24 40 200 131 88 211 130 16 60 61 44 15 16 17 26 27 106 107
108
58
59 XI
12 13 14 24 25 101 102 103 104 105
Künker (ventes) Künker (listes)
2 5 146 190
8
69 6 4
295 1.851 (L) 20 31 39 61 75
12 51
25
78
109 110 111
69 46 47 juin 68 69 70
Kunst Münzen (V) Kunst Münzen (L) Kurpfâlzische Lalana Lanz
29 68 44 45 64 65 66 67 57 58 Aut. 51 53 55 56 XXI XX2 XX3 XX4 XX5 Il 12
71 ±70 (L) ±200 (L) 312 326
±200 (L) ±300 (L)
10
242 153 ± 120 (L) 131
Leipziger Leu (V) Leu (L) Malloy Malter
174
71 8 59 60
LXV 57 58
30
±500 (L) ±700 (L)
Hl9 211 215 221 240 410 1
200 ±500 (L)
Martin
XXIl XXI2 XXI3 XXI4 13 14 61
190 225 207 200
Môller Monetarium
59 60
mai
99
85
62
mai
10 103 94
Monetarium (Nou.)
76
F. DE CALLATAY
sept. déc. Mozelt
sept.
73 74
82 93 74
déc.
76 77 78 79
70 40 71 47
Müller
73(1) 73(2/3) 73(4) 74 75 76 561
562
353 (L)
478 (L) 79 571 572 573 574 575 576 577 578 579 580 581
son. 77
M & M (V) M & M (L)
563 564 565 566 567
568
29 21 47 63 51 22
44
453 36 40
52
30 18 29 29 25 23
26
569 570
son. Münz Zentrum
30 204 266 686 (L) 643 (L)
Il
118 298
410
75 76
1
1
78 80
2 6
509 (L) 447 (L)
27
Il
Mynt Galleriet Negrini Nelleman & Thom. Nihon (Tokyo) Nomisma NAC NFA
27/3 5 1 6
C
42 ± 100 (L)
11
31 32
été
Num Circ
1 2 3
4
5 fi
165 (1) 201 422 ±665 (L) 267 371 31
34 38
7
D
33
±340 1231 (L) 562
1
2
34
3
4
36 32
31
7 8 9
32 34 35
41
5 6 7 8
9
10
10
34 43 35 34 33 31 51 35 35
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
77
49
Nürnberger M. Oldenburg (V)
28
Oldenburg (L)
75 76 79 80 81 82
2 3
4
71 24 21 17
17
OGN
109 87
33 54
25 29 30 83 84 85 86 88 89 90 5
6
17
15
Oslo Mynthandel Partin
31 32 37 38 39 336 337
7 33 34
40
233 2 46
46
41
42 43
Peus
166 257
338 339 340 341
342 déc. 11/12
530 615
Platt Pliego Poindessault Poinsignon
Ponterio
203
3
6/7
23/6 15/12
Rauch
35 36 60 61 62 63 64 65 66 50
51
3 71 61 138
120
21/7
30/12
39
298 (L)
37 38 67 68 70
80 49 136 199
169 276
190
août
Retira Rietdijk
Ritter
Schenk
73 ± 220 (L) ±200 (L) 171
52(1) 52(1 II) 53 août
9/3
81
101 62
357
358
34 35
65
121
103
66
±32û (L) ±180 (L)
36 37 67
68
162
203 ± 170 (L)
±250 (L)
78
Schulman, Laurens Schulman, Robert SBV (listes) SBV Sotheby's (Londres)
F. DE CALLATAY
10
11
294 295 pr/été 32 33 19/4 12/7 7110
17 50 37
12 13 296
été
12 108
18
456 449 (L) 129 (L) 3
34 35
18/4
37
113 761 (L)
26/5 5/7 6/10
9
Sothehy's (Zurich) Sotheby's (NY)
Spink (Londres)
84 26/10 27/10 1.300 (L) NFA 24/3 10/6 9/12 ± 1.000 (L) NFA 110 96 97
98 23/9 7/10
12/10 101 42 43
13/6 12Jl2 102 103 104 12/7 106 107
44 45A 46 16 17 18 50 51 52/1 52/2
10 12 ±900 (L)
±250 (L)
± 400 (L)
46 (L) 69 (L)
Spink Noble
± 150 (L) ± 160 (L)
±200 (L)
Spink Taisei
14 15 45 46 47 48 49 26 27
13/1 17/3 18/3
Spink Taisei (V)
99
233
6
25
Spink Taisei (L) Spink (Singapour) Stack's
28
8
25/6
19j1
22/3
315 8/6 21/9 19/10 30/11 7112
5/5 14/6
819 13JlO 17/11 1/12 8/12
± 120 (L)
100
55
82
± 100 (L)
Sternberg
27
246
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
79
74
Sternberg (L) Strohotte Superior GaUerîes
5 30/5
85
±400 (L) ±125 (L)
6 40 25/3
25
±700 (L)
26/7 29/10
Superior Stamp Thirion 10/12 8/12 10/12 Prin. Aut. Hiver 67
22/8
±700 (L)
9/12
±400 (L)
204
9 8
Aut.
11
10
Tietjen
+
Co
o9f70
28/10
42 (L)
127 124 39 5
3
68
Tkalec Tradart Van Aisenoy van der Dussen Varesi Vico Vinehon
18/11
156
1
25 26 19 20 17 10/3 11/11 30/11
1 144 (L) 1 17
36
44 35
17f11 27 28 21 22 18 9/6 17/11 18/3
±45 (L)
20
70
25/4
18/5 24/11 Waddell 58 59 60 65 46 50 ± 100 (L)
62
36
27
326
102 104 57
63
64 11/3 21/6
15/11 4
Weil
61 19/6
48
10 19
37
20 (L) 15
Westfâlische Auk. Williame Winter World C. (Tokyo)
2
50
64 4
96 (L)
51 52
62
80
F. DE CALLATAY
Annexe II
Les trésors (1980-1990)
1980 VII 1 VII 14 VII 15 VII 16 VII 38 VII 56 VII 59 VII 60 VII 86 VII 89 VlI 102 VlIlll VII 114 VlI 139 VIl 143 VIlI 55 VIII 147 VIII 240 VIII 308 VIII 311 VIII 414 VIII 424 VIII 433 VIII 436 VIII 443 VIII 484 VIII 515 VlII 56
? 24 AR 250 AR 5 AR 17 AR 30 AR 68 AV, 213 EL 567 AR fi AR 40 AR 70 AE 6 AR 21 AR 10 AR ? 520 AR (Randazzo) VII 17 83 AR 52 AR 5.216 AR (Meydancikkale) 37 AR (avant 1981) 8 AR (avant 1981) = CH 1 85 60 AR 536 AR (Ma'Aret En-Nu'rnan) 5 AR 150-200 AE = CH VI 102 505 AR (avant 1981) ? AR 410 AR
Milet
Carthage alexandres
Syracuse. Messine
alexandres, ptolémaïques
rois hellénistiques Athènes Athènes
Résumé 28 trésors; 25 compositions connues; 1 trésor mixte (AVtEL)
Métal Or Électrum Argent Bronze
Total
NoInhre de trésors
1 1 22 2
Nombre de pièces
68
213 8.008 270
8.559
Moyenne de pièces par trésor 68 213
364
135 342
25
1981 VII 4 VII 7
234 AE 150 EL
pointes de flèches
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
81
VII 8 VII 34 VII 50 VII 51 VII 66 VII 74 VII 90 VII 91 VII 105 VII 115 VII 133 VIII 17 VIII 39 VIII 69 VI II 127 VIII 167 VIII 281 VIII 282
81 AR 22 AE 1 AV, 14 AR 33 AR 8 AR 394 AR 1.000 AR 10 AR
84 AR 6 AR
Tarente ptolémaïques
VIII VIII VIII VIII VIII
339
341 438 478
491
32 AR 31 AR 5 AR 140 AR 8 AR 37 AR 101 AR 117 AR 36 AR 103 AE 27 AR 8 AR 333 AR
Athènes
Ligue eubéenne
Ligue eubéenne
Abydos
Résumé
25 trésors; 25 compositions connues; 1 trésor mixte (A V JAR)
Métal Or Électrum Argent Bronze
Total
Nombre de trésors 1 1 21 3
25
Nombre de pièces 1 150 2.505 359
3.015
Moyenne de pièces par trésor
1 150 120 119
121
1982
VIII 22 VIII 37
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII
64 70 135 138 178 267 300
15 AR 54 AR 73 AR 17 AE 15 AR 74 AR 44 AR 48+ AR 7 AV, 207 AR. 1 AE 280 AR 3 AE 27 AR
VIII 329
VIII 354
Macédoine première, Thasos Rome, Carthage
VIII 430
82
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII 437 440 450 451 472 480 486 493 503 519 530 542 550 554 555 588
594 599
F. DE CALLATAY
42 AR 64 AR (avant 1983) 8 AR 13 AE 90 AR 13 AR 552 AE ptolémaïques 214 AR 5 AE 40 AR ? AR,? AE 19 AR 332 AR 24 AE 48 AR, 7 AE 83 AE ? AR (avant 1983) ? AR (avant 1983)
Macédoine première, Thasos
Rhodes. ligue achéenne
Résumé 30 trésors; 28 compositions connues; 3 trésors mixtes (A V! ARI AE, AR!AE) Métal Or Électrum Argent Bronze Nombre de trésors 1 Nombre de pièces 7 Moyenne de pièces par trésor 7
21 9 28
1.747
725
2.479
81 83 88
Total
1983 VIII 9 VIII 29 VIII 31 VIII 47 VIII 61 VIII 75 VIII 98 VIII 118 VIII 149 VIII 169 VIII 175 VIII 231 VIII 254 VIII 255 VIII 290 VIII 332 VIn 333
18 AV, 3 EL, 280 AR 16 AR ? AR 100 AR
?
créséides
Téos
23 AR 36 AR 400 AR 50 AR 14 AV
105 AV
Byblos
philippes et alexandres Grèce centrale
9 AR 1.500 AR 81 AR 26 AR 8 AR 212 AR
Syracuse, Carthage
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
83
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII
353 368 419 421 470 488 497 509 553 571
17 AR (avant 1984) 38 AR 105 AR 440 AR 6 AR 38 AR 4 AR 38 AR 27 AR ?
Macédoine Ligue thessalienne
Résum.é 27 trésors; 25 compositions connues; 1 trésor mixte (AV/EL/AR)
Métal Or Électrum Argent Bronze
Total
Nombre Nombre Moyenne de pièces de trésors de pièces par trésor 3 137 46 1 3 3 22 3.174 144
25
3.314
133
1984 VIII 48 VIII 62 VIII 66 VIII 71 VIII 81 VIII 83 VIII 102 VIII 117 VIII 137 VIII 139 VIII 166 VIII 228 VIII 235 VIII 256 VIII 261 VIII 265 VIII 305 VIII 378 VIII 394 VIII 401 VIn 432 VIII 439 VIII 444
VIII 456 VIII 507
1.900 AR ? AR 147 AR 277 AR 185 AR 76 AE 7 AR 255 AE 60 AR 60 AR centaines AR 47 AR 101 AE 27 AR 148 AV V III 276 ? AR 83 AR 4 AE 30 AE 11 AE 10 AR 7 AR 172 AR
Lycie. Carniros Himère Parion Arados
Istros
Syracuse, Lèontinoi Béotie alexandres
pseudo-rhodiennes de Mylasa
39 AR
100 AR
Athènes
84
VIII 527 566
23 AR 5 AE
F. DE CALLATAY
vrn
Résmné 27 trésors; 23 compositions connues; aucun trésor mixte
Métal Or Electrum Argent Bronze
Total
Nombre de trésors 1
16 7 23
Nombre de pièces 148
3.121 482 3.751
Moyenne de pièces par trésor 148
195
69
163
1985
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII
6 10 Il 35
vrn
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII
52 53 133 143 154 165 172 187 203 232 233 237 262 322 323 359
395
422 423 446 455 459 474 495 517 533 vrn 551 VIII 562
? EL 270 AR 25 AR 170 AR 152 AR 11 AR 16 AR 150 AR 3 AR 41 AR 25 AR 20 AR 23 AV 32 AR 31 AR 30 AR 8 AR 12 AR 3 AR 32 AE 7 AE 55 AR 9 AR 37 AR ? AR ? AR 521 AR 68 AR 1.260 AR 261 AR 100 AR 12 AE
créséides, Carie
Égine
Corfou, Corinthe
sicles
Milet
Histiêe, Sicyone
Dyrrhachium Tyr
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
85
Résumé
33 trésors; 30 compositions connues; aucun trésor mixte
Métal Or Électrum Argent Bronze
Total
Nombre de trésors 1
26
Nombre de pièces 23
3.375 51 3.449
Moyenne de pièces par trésor 23
130 17 115
3
30
1986
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII 20 79 101 103 144 288 338 347 350 358 360 461 70 AR 10 AR Il AR 170 AR 14 AR 45 EL 45 AR 1.470 AR (avant 1987) ? AV 80 AE 1.160 AR ? AV,? AR
Maronée, Abdère
Rhodes
Tyr
Résumé 12 trésors; 10 compositions connues; 1 trésor mixte (AVJAR ?) Métal Or Électrum Argent Bronze
Total
Nombre de trésors
1 8 1
Nombre de pîèces
Moyenne de pîèces par trésor
45 369 80 308
45
2.950 80 3.075
10
1987
VIlI VIII VIII VIIl VIII VIn VIII VIII VIn
54 65 93 150 194 207 211 221 222 50 AR 3 AR 18 AR 34 AR 424 AR 50 AR 52 AR 100 AR 95 AR
Larissa, alexandres
lysimaques
86
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIlI VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VlII VIII 224 259 260 320 328 402 41 AV, 30 AR 1 AV, 5 AR 30 AR ? AR 52 AV 10 AE 606 AR 200 AR 1.000 AR 40 AR 37 AR 20 AR 5 AR 65 AR 60 AR 52 AE
F. DE CALLATAY
445
471 481 498 511 513 516 536 546 574
alexandres alexandres Myndos
Résumé 25 trésors; 24 compositions connues; 2 trésors mixtes (A V 1 AR)
Métal Or Électrum Argent Bronze
Total
N ombre de trésors
3
Nombre de pièces
94
Moyenne de pièces par trésor
31 139 31
21 2 24
2.924 62 3.080
128
1988
VIII VIII VI II VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIn
5 88 107 126 156 186 193 204 206 208 246 275 286 294 408 506 539
30 EL 336 AR (avant 1989) 108 AR 19 AR 12 AR 6 AR 50 AR 28 AR 84 AE 94 AR 18 AR 34 AR ? AE 36 AR ? AE 119 AR 500 AR
Perdiccas II, Alexandre Aspendos
Athènes cistophores
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
87
Résumé
17 trésors; 15 compositions connues; aucun trésor mixte
Métal
Or Électrum Argent Bronze Total
Nombre de trésors
1 13
Nombre de pièces
30 1.444 84 1.558
Moyenne de pièces par trésor
30 111 84 104
1
15
1989
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII 12 19 26 27 28 72 87 91 108 140 158 236 283 293 365 370 403 462 482 524 570 573 30 AV 68 AR 200 AR 6.000 AR 29 AR 243 AR 159 AR 436 AR 40 AR 154 AR 167 AR 16 AR 25 AR 30 AR 30 AE (avant 1990) 463 AR 1 AR, 30 AE 3 AV, 40 AR 30 AR 66 AR ? AV,? AR 70 AR
sicles sicles Milet Perdiccas 1 J, Alexandre Malles, Nagidos Amathonte imitations athéniennes
lysimaques
Résumé
22 trésors; 21 compositions connues; 3 trésors mixtes (AV/AR et AR/AE)
Métal
Or Électrum Argent Bronze Total
Nombre de trésors
2
Nombre de pièces
33
Moyenne de pièces par trésor
17 434 30 397
19
2
21
8.237 60 8.330
1990
VIII 2 VIII 73 29 EL ? AR
88
VI II VIII VI II VIII VIn VIII VIII VIII VIII VIII VIII 155
181
F. DE CALLATAY
185 220 279 321 428 429 434 526 544
53 AR 5 AV 175 AR 18 AR ? AR 43 AR 28 AR 21 AR 65 AR 98 AR 10 AR
alexandres
Résumé
13 trésors ~ Il compositions connues; aucun trésor mixte
Métal
Or
Nombre de trésors
1 1 9
Nombre
de pièces 5
29 511 545
nŒoyerrne de pièces par trésor 5
Électrum Argent Bronze
Total
29 57
50
11
Sans date VII 46 VII 57 VII 73 VII 84 VII 85 VII 87 VIl 97 VII 101 VlI 103 VII 107 VII 110 VII 121 VII 122 VIII 25 VIII 50 VIII 58 VIII 59 VIII 68 VIII 90 VIII 94 VIII 104 VIII 106 VIII 131 VIn 136 VIII 146
860 AR 80 AR 6 AE 50 AE ? 8 EL ? AE 9 AE 51 AR 250 AR 1 AR, 22 AE ? AR 8 AR 40-50 AR 3 AR 633 AR 76 AR 24 AR 23 AR 35 AR ? AR 37 AR 7 AR 6 AR 31 AE
Thasos, Nèapolis
Ligue achéenne
sicles
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
89
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIn VIn VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII
152 157 164 176 180 183 202 213 214 216 217 218 219 223 234 245 249 250 253 268 269 277 278 291 296 297 299 306 307 309 314 319 326 331 340 342 344 352 357 362 363 364 366 367 371 372 410 411
100 AR 7 AR 15 AR 3 AR 22 AE ? AV 98 AE 5 AE 2 AV, 10 AR. 70 AE 68 AR 1 AR, 64 AE 23 AE 1 AV, 124 AE 33 AE 81 AE 120 AR 164 AE 200 AR ? AR ? AR ? AR 2 AE 329 AR 25 AE 200 AR 22 AE 618 AR 25 AR 47 AR 35 AR ? AR 11 AR 8 EL 10 AR 14 AR CH VII 82 16 AR 133 AR 6 AE ? AR 6 AR ? 53 AE ? AR 115 AR 51 AR fi AR 11 AE 9 AR
imitations athéniennes
Philippi
Selge Colophon alexandres
Rome, Carthage siculo-puniques alexandres
:=
CH VI 32 ptolémaïques
Cymé
90
VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII VIII 412 416 435 441 447 458 465 466 467 468 502 505 514 520 538 540 543 563 565 567 568 569 572 575 577 579 580 582 16 AR 80-100 AE 222 AE 6 AR 50 AR 64 AR 8 AR 16 AR 61 AR 45 AR ? AR 58 AR 30 AR 88 AE 69 AE 4 AE 139 AR 41 AE 600 AR ? 1 AR, 30 AE 31 AE 106 AE ? AE 2 AR ? AR 9 AE 7 AE
F. DE
CALLATAY
Cibyra ptolémaïques
Dyrrhachium alexandres
Thasos
Résumé 101 trésors; 85 compositions connues; 5 trésors mixtes (AV!.AR{AE, AV/AE, AR/AE [x 3]) Métal Or Électrum Argent Bronze Total Nombre de trésors
2
2 47 32
85
Nombre de pièces 3 16 3.588 1.628
Moyenne de pièces par trésor
2
8
76 51
5.235
62
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
91
Annexe III
Liste des trésors répertoriés ayant contenu 1.000 monnaies grecques ou plus
Trésors IGCH 2222 IGCH 670 IGCH 1814 IGCH 1216 IGCH 1664 CHVIII 226 IGCH 2170 IGCH 1508 IGCH 2367 CHIlI 55 IGCH 150 IGCH 1649 CHVIII 27 IGCH 802 CHVII 80 IGCH 1393 CHl87A CHVI21 IGCH 1331 IGCH 2307 IGCH 2366 IGCH 2372 CHVIIl 522 CHI 118 IGCH 171 IGCH 2287 IGCH 262 IGCH 476
Composition
60.000 AE 40.000 AV 13.000 AR 10.000 AR 8.000 AR 2.000 AR, 6.000 AE 7.400 AR 7.200 AV 7.000 AR 7.000 AR 5.000/7.000 AR 6.000 AR 6.000 AR 1.000}6.000 AE 5.216 AR 5.000 AE 5.000 AR c. 4.300 AR 4.272 AE 4.000 AR, 1 AE 4.000 AR 4.000 AR 4.000 AE 3.960 AR 3.786 AR 3.007 AE 3.000 AR 3.000 AR
Monnayages principaux Lieu et date dela trouvaille Agrigente, c. 1900 bronzes de Hiéron 1l statères de Lysimaque Rivière Streiu, c. 1540-1545 Parthes Gomhad, c. 1955 Calymna, 1823 sicles 4 }123.000 (65)
alexandres bronzes de Grande-Grèce Syracuse alexandres oboles de Marseille oboles de Marseille alexandres, lysimaques Demanhur, 1905 Crotone, 1896 Syracuse, 1770 Saida, 1829, 1852,1863 Saint-Gervais. 1868 Saint-Romans, 1960 Myron, 1970
Athènes Tell el Maskhouta, 1947-1948 Apamée, avant 1989 sicles
Maronèe
alexandres, ptolémaïques
Thrace, 1960 Meydancikkale, 1980 Asie Mineure, 1969 Kirikhan, 1972 17/207.816 Sicile du Sud-Est, 1977 Priène, 1895·1898 Banasa, 1907 Fontes, 1879 Ansouis, 1861 Israël, avant 1992 23/232.389 Isliya, ? Mycènes, 1895 Pozzomaggiore, 1928-1929 Diakolto, 1965 Grèce du Nord, 1840
Amisos
cités hellénistiques alexandres, Corinthe, Athènes Priène Juba Il oboles de Marseille oboles de Marseîlle Prutah Tyr Argos puniques de Sardaigne Grèce centrale
Histiée
(65) «4/123.000 ~ signifie que l'on connaît 4 trésors de 10.000 monnaies grecques au moins et que la somme des exemplaires de ces trésors est de 123.000.
92
IGCH 1208 IGCH 1516 IGCH 2216 IGCH 2300 IGCH 2368 CHVI27 IGCH 237 IGCH 1726 IGCH 411 IGCH 2296 CHVIII 85 IGCH 1477 IGCH 1678 IGCH 2352 IGCH 2304 IGCH 1388 IGCH 52 IGCH 1178 IGCH 1186 IGCH 1241 IGCH 1345 IGCH 1671 IGCH 2085 IGCH 2096 rGCH 2227 IGCH 2357 IGCH 2364 CHIlI 7 IGCH 1423 IGCH 4lO CHVIII 48 IGCH 1977 IGCH 2373 [GCH 316 IGCH 1674 IGCH 62 IGCH 1262 IGCH 1798
F. DE CALLATAY
3.000 AE 3.000 AR 3.000 AE 3.000 AR 3.000 AR 3.000 AR 2.500/3.000 AR 2.800 AR 2.657 AR 2.500 AE 2.500 AR 2.484 AR 2.400 AR 2.130 AR 2.011 AE et PL 2.003 AE 2.000 AR 2.000 AR 2.000 AR 2.000 AV 2.000 AR 2.000 AR 2.000 AR 2.000 AR 2.000 AE 2.000 AR 2.000 AR 2.000 AE 1.957 AR 68 AV. 1.900 AR 1.900 AR 1.849 AR 1.800 AR 1.715 AE 1.700 AR 1.647 AR 1.600 AR 1.600 AR
Samos
Samos, 1936 Alep, 1893 Burgio, 1902 El Djem, 1936 Saint-Romans, 1960 Argos. 1979 Sitichoro, 1968 351270.142 Ahu Hommes, avant 1905 Râzinei, 1961 Bougie. 1929 Sitichoro, 1968 Nea Paphos, 1964 Phaeous, 1956 Auriol, 1867 Constantine, 1914 Bashkôy, 1959 Larissa, 1952-1963 Cal dag, 1945 ou avant Bodrum, 1857 Mudanya, 1969 Dalyan, 1954 Demanhur, 1896 Avola, 1891 Schiso, 1852 Pachino, 1923 Lattes, 1965 Bougé-Chambalud, 1886 Jurilovca, 1918-1919 561315.627 Armenak, 1927 Péonie, 1968 Elmali, 1984 Torchiarolo, 1926 Cadenet, 1869 Le Pirée. 1926 Kasr el Danar, avant 1905 Myron. 1914 Bucak (Podalia), 1957 Atrek, 1965
alexandres
bronzes de Hiéron Il Carthage oboles de Marseille Argos Rhodes. Persée ptolemaïques Philippe Il, Patraos Carthage Pharsale ptolémaïques alexandres, ptolémaïques Numidie pontiques Larissa sicles, crèsèides Cnide dariques
Caunes Ptolémée 1
Sicile Sicile Hiéron Il oboles de Marseille oboles de Marseille pointes de flèche alexandres Patraos archaïques Tarente oboles de Marseille Athènes
alexandres
Thèbes dynastes lyciens alexandres, Arsacès Il
NOMBRE DE MONNAIES GRECQUES
93
Médie, 1923 Zaklopaca, 1928 Tarente, 1883 Pont, ? Copais, 1908 Bratovo, 1955 Rivière Oxus, 1887 Brusq. avant 1902 Italie, 1976 Près d'Itea, 1983 (?) AsÎe Mineure, 1970 (?) Rhodes (?), avant 1987 Entremont, 1946 Suse, 1927-1928 Idlib, 1959 Agrinion, 1959 Oreus, 1902 Karaman, 1947-1948 Cilicie, 1957
IGCH 1813 IGCH 579 IGCH 2006 CHIlI 76 IGCH 229 IGCH 885 IGCH 1822 IGCH 2380 CHIlI 28 CHVIIl 254 CHVIII 142 CHVIII 347 IGCH 2377 IGCH 1817 IGCH 1543 IGCH 271 IGCH 232 IGCH 1244 IGCH 1255 CHVIII 189 IGCH 2362 CHVIII 517 IGCH 2225 IGCH 866 IGCH 1316 IGCH 1854 IGCH 2171 IGCH 313 IGCH 1831 CHVIII 360 IGCH 254 CHVIII 426 IGCH 1958 IGCH 265 IGCH 1534 IGCH 2066 IGCH 2038 IGCH 1355 IGCH 615 IGCH 2342
1.600 AR 1.570 AR 1.557 AR 1.550 AE 1.549 AE 1.500 AE 1.500 AV, AR et AE 1.500 AE 1.500 AR 1.500 AR 1.491 AR 1.470 AR 1.434 AR 1.427 AR 1.400 AR 1.348 AR 1.300 AR 1.300 AR 1.300 AR 1.300 AR 1.265 AR 1.260 AR 1.242 AE 1.200 AV 1.200 AR 1.000{1.200 AR 1.200 AR 1.199 AR Ll67 AR 1.160 AR 1.154 AR 1.150 AR \,000/1.100 AV, AR 1.097 AE l.080 AR 1.076 AR 1.042 AE 10 AV, 1.016 AR 1.016 AR 1.015 AR
mixte Dyrrhachium, Apollonia Tarente pontiques Bèotie Mésemhria mixte Marseille Crotone Grèce centrale sicles Rhodes oboles de Marseille Phraate IV alexandres Ligue achéenne Rhodes Aspendos, Datamès Cêlendéris
alexandres
Provenance inconnue, 1993 Avignon, 1822 Nord de Larissa, 1985 Sicile, ? Anadol, 1895 Ilion, 1856 Sonipat, 1871 Géla, 1907 Larissa, 1954 ou avant Bhir Mound, 1924 Afamya, 1986 La Canée, 1922 Thessalonique, 1992 (?) Bernalda, 1935 Tégée. avant 1887 Bab, 1944 Géla. 1956 Métaponte, 1955 Marmaris, 1945 Aleksandrovo, 1941 Segaro, 1880
oboles de Marseille Histiée, Sicyone Hiéron II alexandres, lysimaques Antiochos III
inde-grecques
pégases Ligue thessalienne karshapana Tyr. séleucides Cydonia Rhodes Italie du Sud Tégée alexandres Agrigente Métaponte Rhodes Apollonia. Dyrrhachium Emporion
94
IGCH 424 IGCH 524 IGCH 587 IGCH 672 IGCH 739 IGCH 796 IGCH 856 IGCH 1105 IGCH 1222 IGCH 1226 IGCR 1240 IGCH 1267 IGCR 1270 IGCH 1419 IGCH 1472 IGeR 1518 IGCR 1667 IGeH 1686 IGCH 1883 IGCH 1904 IGCH 1942 IGCR 2273 IGCH 2305 IGCR 2365 IGCH 2370 CHVII 90 CHVm 481 IGCH 814 IGCH 1846 IGCR 684 IGCH 787
F. DE CALLATAY
1.000 AR l.000 AR 1.000 AR 1.000 AV 1.000 AR 1.000 AV 1.000 AR 1.000 AE 1.000 AV 1.000 EL 1.000 AR 1.000 AR 1.000 AR 1.000 AR 1.000 AV 1.000 AV. AE 1.000 AR 1.000 AE 1.000 AR 1.000 AR 1.000 AR 1.000 AE l.000 AE 1.000 AR 1.000 AR 1.000 AR 1.000 AR 800/1.000 AR 800/1.000 AR plusieurs milliers 15kgs de AE
Philippe II Athènes Apollonia, Dyrrhachium Koson Chersonèse philippes, alexandres alexandres Panticapée dariques Lesbos. Phocée Sinope sicles sicles rois de Cappadoce
alexandres
Vlasatica, 1950 Zarova, 1898 Moigrad, 1907 Gradiste, 1803 Didymotichon, 1870-1875 Varna, 1949 Pet Mogili, 1953 Kerteh, 1884 Pirli bey, 1870 Akhissar, 1960 Sinope, 1968 Asie Mineure, 1967-1968 Asie Mineure, 1962 Cappadoce, 1959 Larnaca, 1870 Beyrouth, 1900 Abu Hommes, 1919 Tripoli, avant 1889 Calabre. 1842 Paestum, 1858 Calabre. 1950 ou avant Deeimoputzu, 1879 Teboursouk, 1903 Bourg. 1811 Vitrolles, 1905 Syrie. 1981 Myndos, 1987 Daeni, 1909
Bajaur, 1942
philippes, alexandres alexandres Cyrène incuses Italie du Sud Tarente puniques de Sardaigne Carthage oboles de Marseille oboles de Marseille ptolémaïques Myndos Istros
indo-grecques
Apollonia. Dyrrhachium philippes. alexandres
135/414.308 Deva, 1913
Develt. 1921-1922