La femme et la monnaie more

in P. MARCHETTI (éd.), La Grèce antique et les femmes. Hélène, Aphrodite, Aspasie et les autres. Catalogue d'exposition. Saint-Gérard de Brogne, 8 mai-7 novembre 2004, Saint-Gérard, 2004, p. 44-50.

LA GRECE ANTIQUE ET LES FEMMES Helene, Aphrodite, Aspasie et les autres Abbaye St-Gerard de Brogne 2004 LA GRECE ANTIQUE ET LES FEMMES Helene, Aphrodite, Aspasie et Ies autres -Catalogue d'exposition- sous la direction de Patrick MARCHETTI Exposition a I'Abbaye Saint-Gerard de Brogne Du 8 mai au 7 novembre 2004 Preambule p. II Remerciements p. VII Sommaire Articles p. 1 La femme grecque a l'abbaye Saint-Gerard de Brogne - par Jose Mespouille p. 3 La femme grecque dans l'Antiquite: en guise d'introduction - par Patrick Marchetti La femme dans la Litterature et l'Art p. 7 Prologue - par Patrick Marchetti - La Litterature p. 9 La femme grecque immortalisee par les poetes archaiques - par Eleonore Pauwels p. 17 Des tragediens aux orateurs et philosophes - par Patrick Marchetti • La trajedie ou la contestation des modeles heroiques • La comedie ou le rejet de la cite en armes: un nouveau role pour les femmes • Xenophon: les devoirs de la femme et 1'evocation d'Aspasie • La philosophic et la «liberation» par la dialcctique ou l'utopie • Orateurs et courtisanes • Plutarque et l'idealisation du passe • Epilogue - L'Art p. 36 Dans la pierre et la terre cuite: de l'Acropole a Tanagra - par Helena Van Gils et Patrick Marchetti • LAcropole • Line fulgurante evolution dans la representation des femmes • Un cas particulier: les Tanagra p. 44 La femme et la monnaie - par Francois de Callatay Moments de la vie d'une femme p. 51 Avant la naissance: 1'embryon et le role de la femme - par Philippe Caspar p. 55 L'enfance et l'adolescence - par Marie-Eve Tries p. 6l Le mariage - par Maria et Patrick Marchetti p. 72 La nymphe ou des affinites entre la femme et la nature - par Candice Honorez p. 75 La Bacchante - par Dimitris Paleothodoros p. 79 La femme au banquet - par Xavier Philippart p. 84 Les femmes a la fete - par Maria et Patrick Marchetti p. 89 La femme face au veuvage et a la mort - par Maria Lakaki-Marchetti LA FEMME ET LA MONNAIE Par Francois ck Callatay Dans un monde ou les droits civiques de la femmc la tiennent volontiers a l'ecart du maniemcnt de l'argent, en tout cas des affaires (voir dernierement Van Bremen 1996), il est notable que les monnaies ont beau- coup represente son image. II n'y a la que 1'apparence d'un paradoxe puisque, comme on le sait, I'iconographie monetaire grecque renvoie d'abord et avant tout aux cukes locaux et qu'il n'y a ici aucunc discrimination sexuelle entre dieux et deesses. Les femmes et la monnaie Sauf exception, la femme librc, 1'epouse d'un citoyen, ne per- coit aucun salaire ec, a Athenes, n'administre pas sa dot, dont la gestion est le ressort de son mari. Celui-ci peut la gager pour ses dectes mais si 1'epouse est repudiee, la doc retourne dans le patrimoine familial. Le montant de la dot s'echelonne entre moins de 20 mines le plus souvent (1/3 de talent) et des sommes qui peuvent aller jusqu'a trois talents (au-dela il semble qu'il s'agisse d'exagerations litteraircs - voir le cableau propose par Schaps 1979: 99). Les lois acheniennes ne pre- voient aucune amende en especes s'agissant des femmes, ce qui renforce l'idee qu'il ne leur etait pas permis de posseder de l'argent. Pourtant, a l'interieur de I'oikos, c'est la femme qui le plus souvent avait la responsabilite de cenir le compte des depenses Alexandre III - tele d'Athena Bibliotbeque royak de Belgique, Cabin coll. du Cbasiel, n°l99 ainsi que lc preconise Aristote: «C'est elle aussi qui regtera les depenses et les frais pour ce'k'brer les fetes que son mari aura pertnises; quant a ses de'penses pour ses vStements et ses parures, elle leur amsa- crera moins encore qu'il n'est fixe'par les lois de la citi...» (Pseudo- Aristote, fuonomique, III, 1, 140, trad. A. Wattelle). Aristophane presuppose cette situation lorsqu'il met ces mots dans la bouche de Lysistrata: «... L'argent qui est la [c'est-a- dire sur l'Acropole, oil Athenes conserve le tresor national}, il n'est plus a craindre qu'ils [c'esc-a-dire les «hommes» qui font la guerre, en la financant avec le tresor] /assent wain basse des- sus. Le Commissaire. - Et que feras-tu? Lysistrata. - Tu me le demandes? C'est nous qui I'administrerons. Le Commissaire. - C'est vous qui administrerez l'argent? Lysistrata. - Que trouves-tu la d'etrange? N'est-ce pas nous qui administrons le bien du menage pour vous? Le Commissaire. - Mais ce n'est pas la meme chose. Lysistrata. - Comment, pas la meme chose? Le Commissaire. —Cet argent-la doit servir a la guerre» (Aristophane, Lysistrata, 491- 7, trad. H. Van Daele). Meme son de cloche dans Vtconomique de Xenophon (VIII, 35-6) lorsque Ischomaque instruit sa femme sur les taches qui lui incombent: «... tu devras restera la maison, /aire partir tons ensemble ce/tx des serviteurs dont le tra- vail est au dehors: il faudra surveiller ceux qui doivent travailler a la maison, recevoir ce que I'on apportera, distribuer ce que /'on devra depenser. penser if avarice a ce qui devra etre mis de cote', et veiller a ne pas {aire pour un mois la depense dune annee» (trad. P. Chantraine). En definitive toutefois, la realite devait differer d'une situation a l'autre et il ne devait pas manquer de maris defiants qui verrouillaient systematiquement leurs raoindres avoirs au moyen de «cles laconiennes» (Schaps 19? 9: 13-6). A Gortyne et a Sparte, en revanche, tout indique que l'epou- se avait la libre disposition de sa dot. A l'epoque hellenis- tique, on trouve regulierement des femmes dans les iistes de souscription, d'emprunt ou de donation (Migeotte 1984, 1992a, 1992b, 1993 et 1998), parfois citees sans tuteurce qui laisse supposer qu'elles etaient responsables des sommes ver- sees (ainsi a Simena en Asie Mineure - voir Migeotte, 1984, nc 108). A la basse epoque hellenistique, on enregistre jus- qu'a un tiers (et plus) de noms de femmes dans les contrats d'achats ou de ventes de terres ou de maisons. Dans certains cas (deux inscriptions de Beotie), on a evoque les mots d' «affairisme feminin» a propos de situations ou l'on voit des femmes interessees a recouvrer les interets de leurs prets. Nikareta de Thespies est l'une d'entre elles. Elle devait etre, en tout cas, fort riche pour preter a la cite d'Orchomene la somme de 17.585 drachmes et 2 oboles, soit pres de trois talents (Migeotte 1984, n° 13 et 1999). La femme sur les monnaies L'extreme variete des types monetaires grecs aurait-elle decourage les chercheurs de raisonner a son sujet? Peu sont ceux qui, passant du particulier au general, ont cherchc a deceler une logique explicatrice. C'est que, en effet, il ne parait pas possible d'aller beaucoup plus loin que le schema biphase: des dieux et puis des hommes, c'est-a-dire des dynastes. Soit, pour transposer, des deesses et puis des reines. Tout de meme, il a depuis longtemps ete montre que tout ne renvoyait pas au divin s'agissant des types monetaires archaiques et classiques comme - a la suite des propos radi- caux d'un TH. Burgon (1837) - on a pu le soutenir (voir aussi Gardner 1883: 41-52 «Religious Character of Coin-Types»). De fait, les symboles des cites sont regulierement d'essence economique, encore qu'il ne faille pas forcer le trait la non plus (excellent resume des positions anterieures dans Macdonald 1905: 16-37). Plus recemment, Olivier Picard (Picard 1991) a propose un canevas plus precis et en trois temps de la representation divine: d'abord l'attribut, ensuite la tete du dieu ou de la deesse, enfin une action le (ou la) met- tant en scene, type de representation dont les monnaies impe"- riales grecques (ou provinciales romaines ainsi qu'on les qua- lifie plus volontiers aujourd'hui) se feront une specialite. Cela dit, le theme de la femme sur les monnaies grecques a, en tant que tel, remarquablement peu retenu les chercheurs. La situation est d'autant plus frappante qu'il existe une vaste, encore que decevantc, litterature a propos des femmes, impe- ratrices ou divinites, sur les monnaies romaines (l'ouvrage de Specht 1988 leur est entierement consacre, de meme que la notice de Tameanko 1996). On possede bien quelques ouvrages sur les types monetaires en general, qui d'ailleurs n'abordent pas specificjuement la question des types feminins (Gardner 1883 et Macdonald 1905). On dispose aussi, en pro- venance de Baviere, de deux monographies relatives aux representations d'Athena ou d1 Aphrodite (Lermann 1900 et Bernhart 1936) ainsi que d'une vieille contribution, alleman- de elle aussi, sur les reines ptolemaiques (Koch 1923). Une tres grande pauvrete bibliographique done, pour qui conside- re le foisonnement des images. Afin d'y introduire un debut de domestication, il m'a paru instructif de proceder a un comptage des types portant sur les monnaies grecques de la collection Alberic du Chastel, recemment publiee (Callatay et Van Heesch 1999)- Ce comp- tage, limite a 306 exemplaires, distingue les droits des revers et les deesses des reines. Pour chaque categorie, il fournit le nombre d'occurrences ainsi cjue, entre parentheses, le renvoi a celles-ci. Les types de representation feminine ont etc classes dans I'ordre decroissant d'occurrences. Quand il y a lieu, les types secondares ont ete comptabilises aux cotes des types principaux. Denombrement des types monetaires feminins de la collection Alberic du Chastel (Bibliotheque royale de Belgiciue) Deesses et personnages mythologiques Categories -Nike -Arethuse -Athena - Persephone/Demeter -Artemis -Tetes feminines -Nymphes -Tyche -Aphrodite -Dione -Hera -Tanit -Amazones -Gorgone -Isis -Kore -Thetis Droit 79 (26,27,33-6,48-118,124-9,164-7,206,300,302) 8 (121-2,124-9,138-9) 28 (9,10,14-5,26-7,119-20,130,134,141-2,147, 158-9,199-200,203,217-8,227-31,261,271-2) 19(12,143-6,150-5,169-72,175-6,223,243) 9(45-6,148-9,212,222,252,258-9) 4(3,40-1,173) 7 (4-5,33-4,184,216,226) 3 (262,280-1) 1 (220) 2 (238,253) 2 (303-4) 1 (254) 1(177) 1 (140) Re vers 25 (18,25,29,31-2,140,144-9,156-7, 186-9,199-200,203,246,271-2,281) 70(48-110,112-8) 13 (111,132,150,186-9,208,233-4, 251,256,288) 3(165-7) 3 (135,158,258) 4(47,123,163-4) 1 (226) 1 (283) 2 (235,265) 1 (219) 1 (120) 1 (16) Reines -Amastris -Ptolemies -Si'lciu ides -Syracuse Droit 1 (246) 5 (290,292-4,298) 1 (279) 2(156-7) Revers 1 (294) La collection formee par le comte Alberic du Chastel privile- surprise des lors d'enregistrer des resultats tres eleves pour les gie les emissions syracusaines (116 monnaies sur 306). Nulle tetes d'Arethuse qui figurent au centre des revers des tetra- drachmcs syracusains ou les Nikes qui couroonent les atce- lages vainqueurs au droit. Ces deux exceptions ecartees, Vien- tiane en tete les deesses Athena (41 occurrences), Dimeter/Persephone (21) et Artemis (12). Les deux Olympiennes manquances, He"ra et Aphrodite, viennent beaucoup plus loin, avec seulemcnt 2 occurrences chacune. II est a se demander si, pour Aphrodite en particulier, cette situation n'est pas due, en partie au moins, a l'absence de cri- tere aise de reconnaissance. Athena est la plus simple a identifier avec son casque corin- thien, La collection du Chastel en possede de magnifiques exemplaires: un tetradrachme athenien d'epoque classique (n° 227), un autre dit stephanehore, du 2e s. av. J.-C. (n° 230), mais encore un distatere d'Alexandre le Grand (n° 199) ou, assise sur un trone, un tetradrachme de Lysimaquc (n° 187), lequel type allait inspirer directement la personnification de 1'Angleterre sur les monnaies modernes. Demeter/Persephone se reconnait a sa couronne d'epis, ainsi que l'illustrent deux monnaies de toute beaute, I'unc de Metaponte en Grande- Grece (n° 12), 1'autre de Phenee dans le Peloponnese (n° 243). Le meme attribut caracterise aussi Persephone en sorte qu'il est souvent malaise de trancher (n° 176: un decadrachme siculo-punique emis en Sicile par les Girthaginois, done vers Proportion des types feminins de la collection - Alberic du Chastel (Bibliotheque royale de Belgiciue) Femmes Hommes Les deux Aucun des deux Total N° 1-306 152 87 34 33 306 49,7% 28,4% 11,1% 10,8% 100,0% Syracuse (n° 47-162) 104 8 4 116 89,7% 6,9% 3,4% 100,0% Tout sauf Syracuse 48 79 30 33 190 25,2% 41,6% 15,8% 17,4% 100,0% 264 av. J.-C). Artemis s'identihe a son carquois a I'epaule (n° 212: tetradrachme de Macedoine Premiere; n° 252: tetra- drachme d'Abydos; n° 258: statere d'Ephese et n° 259: tetra- drachme de Magnesie). Hera, plus polymorphe, est genirale- ment coiffee d'une couronne fleurie (Hackens 1979), comme sur les monnaies d'Elis sans doute frappee a Olympie oil elle a son temple (n° 238). Aphrcxlite se deduit d'apres le seul contexte (comme ici a Cnide [mais la tete pourrait etre celle d'un Apollon]: n° 265). D'autres figures mychologiques aussi se comprennent en fonction du contexte: ainsi Dione en tpire (n° 230) et Thetis chez les Brettii en Lucanie (n° 16). II en va de meme pour la tete d'Arethuse, fameuse entre routes aupres des numismates et representee ici par un decadrachme au nom de Kimon (n° 125). Toujours a partir de I'echantillon - modeste — fourni par la collection Alberic du Chastel, on a alors calcule la part prise par les femmes sur les monnaies en la mesurant a celle prise par les hommes (2eme colonne) sans oublier les representa- tions conjointes (3eme colonne) ainsi que les monnaies qui ne representent ni hommes ni femmes (4eme colonne). Ici, les types secondaires - comme l'aurige ou la Nike - n'ont pas ete pris en compte. Les resultats presentcnt le plus grand contrastc selon qu'ils portent sur les 116 monnaies de Syracuse ou sur les 190 frap- pees ailleurs. A Syracuse, et les auriges kisses sur la touche, les representations feminities triomphent. Je ne serais pas sur- pris du teste qu'un travail de plus grande envergure parvien- ne a demontrer le caractere tres feminin, proportionnelle- ment, de I'iconographie monetaire de Sicilc et de Grande- Grece. Ailleurs, le constat s'inverse, quoique plus de 40% des monnaies presentcnt au moins un type feminin (25,2% + 15,8% = 41%), Soit une predominance franche, sans etre ecrasante, des representations masculines (57,4% contre 41,0%). Frequence des types monetaires des volumes anglais de la Sylloge Nummorum Graecorum Athena 1.798 (1.027 + 771) Zeus 1.191 (630 + 561) Apollon 1.118 (850 + 268) Heracles 969 (732 + 237) Artemis 475 (328 + 147) Demeter 342 (311 + 3D Dionysos 308 (254 + 54) Hera (206) (156 4- 50) Poseidon 149 (89 + 60) Tank 119 (118 4- 1) Aphrodite 104 (44 *- 60) Ares 100 (77 * 23) Hermes 96 (71 4- 25) Isis 50 (14 4- 36) Dione 10 (8 + 2) Hephaistos 9 (7 * 2) Persephone 9 (0 + 9) Thetis 2 (0 + 2) Nike 835 (357 + 768) Nymphe 622 (480 + 142) Tyche 167 (47 + 120) Gorgone 99 (70 + 29) A l'heure des bases de donnees en ligne et de leurs multiples possibilites d'intcrrogation, il est permis de confronter ces resultats avec un e"chantillon plus vaste, moins susceptible des lors d'etre distordu. Depuis quelque temps, chacun peut ainsi avoir acces aux monnaies qui constituent les differents volumes anglais de la Sylloge Nummorum Graecorum. Cette base de donnee, consultable a partir du site du Fitzwilliam Museum de Cambridge (http://www-cm.fitzmuseum.cam. ac.uk/coins/sng/), totalise 12.386 monnaies grecques. Lc tableau ci-dessous donne pour chaque type de representation le nombre d'occurrences, total d'abord, pour les droits et les revers ensuite (entre parentheses). Abydos - Buste if Artemis bibliothcc/ue roya/e de Belgique. Cabinet des medailles, coll. du Chattel, ti°252 Arsinoe - tttradrachme Bibliotheque royale de Bdgique, Cabinet des medailles, nil. du Chastel n°290 Avcc 1.798 occurrences, Athena vient - et de loin - en tete. Car Zeus (cela pourra en surprenclre quelques-uns) n'est pas aussi dominateur que sur l'Olympe. Avcc 1.191 occurrences, celui-ci arrive certes en seconde position, mais il est talonne par Apollon (1.118) et Heracles (969). Ensuite, bien apres, viennent les autres, a commencer par Artemis (475) suivie de Demeter (342), On pourrait etoffer et cornmenter longue- ment ce type de liste, puisque aussi bien personne ne semble s'etre attele- a ce genre de travail. L'iconogiaphie quantitative aquelques beaux jours devant elle, maintenant que les esprits paraissent plus enclins a ne plus y voir un oxymoron. Pour l'heure, on verificra la bonne concordance de ces resultats, sans doute dignes de foi, avec ceux obtenus a partir de l'echantillon biaise (car trop syracusain) de la collection Albetic du Chastel. Athena, superstar Les monnaies du monde grec ont done beaucoup represente l'image de la femme, e'est-ii-dire avant tout celle de deesses et d'abord, de fa(,on ecrasante, celle d'Athena. II est a notcr que si Ton dispose d'une serie de types mascu- lins represcntes nus, parfois meme ithyphalliques, e'est-a-dire sexe tendu, la nudite feminine est pour ainsi dire absente du repertoire monetaire grec. Tres rares sont les seins apparents: on ne peut guere citer qu'une poignee de types: ainsi cette magnifique Nike emise a Syracuse sous Agathocle (c. 305- 295 av. J.-C. - du Chastel n° 140) ou ce didrachme unique representant la nymphe Camarina sur un cygne (avant 405 av. J.-C). La encore, il y aurait lieu de s'interroger sur ce constat, a la fois dans sa difference avec la sculpture de 1'epoque, mais aussi avec Rome qui plus tard se plaira a representer denudees Venus ou les Graces. Les dieux et les deesses sont toujours jeuneS. La vieillesse leur est inconnue. Le fait est que l'image de la femme sur les mon- naies grecques est celle de la jeunesse. C'est du cote des reines hellenistiques qu'il faut chercher les rarissimes representa- tions de 1'age. Le cas le plus remarquable parait etre Laodice, reine du Pont, sceur et cpouse de Mithridate IV Philopator, dont on connaTt un unique statere en or et un unique tetra- drachme d'argent a son nom, ainsi qu'une poignee de tetra- clrachmes oil elle apparatt en compagnie de son epoux. On a beaucoup discute de l'apparition du portrait - du veri- table portrait physionomique - sur les monnaies grecques. S'agissant de reines, il faut d'abord faire remarquer que nom- breuses sont les dynasties hellenistiques qui n'ont jamais fcpresente celles-ci sur leurs suites monetaires: les royaumes de Macedoine, de Pergame, de Bithynie, de Cappadoce n'ont jamais illustre que leurs rois, de meme que ceux d'Armenie, de Sophene ou, plus loin a l'est, de Bactriane. Ce sont les femmes des Ptolemees qui, forts de l'heritage pha- raonique, vont les premieres se faire representer sur leurs monnaies. Les portraits voiles des reines Arsinoe (Chastel n° 290) et Berenice (Chastel n° 292) sont justement celebres. Posthumes le plus souvent, ils datent au mieux du deuxieme tiers du 3e s. av. J.-C. D'autres reines hellenistiques, toutes voilees, apparaitront plus tard, a limitation des Lagides pro- bablement, comme Philistis de Syracuse, l'epouse de Hieron II (fin 3e s. - Chastel n° 157), ou, chez les Seleucides, la for- midable Cleopatra Thea (Chastel n° 279), filie de Ptolemee VI d'Egypte. Le cas de Laodice du Pont a deja ete evoque. Mais l'exception la plus remarquable a ce schema, peut-etre, et dans ce cas la premiere representation d'une mortelle dans le metal monetaire, nous conduit ailleurs, en Paphlagonie, sur les rives meridionales de la Mer Noire. La, Amastris, une princesse perse qui fut l'epouse de Lysimaque, fonda une cite a son nom au tout debut du 3e s. Les tres beaux stateres qui y furent frappes avant 285 av. J.-C. presentent au revers une femme sur un trone que couronne une Nike et que Ton est pone a identifier comme la reine elle-meme dans ia mesure oli on lit $u£ certains exemplaires la legende AMAHTPIOS — Bibliographic ASKEW, G. (1950), ''Greek Coin TypesSCMd, 382, mars, p. 96-102. lil.-'K M.I ART, M (1936j, Apim).-.!;•« an- ^rhiiiiuhcti -i.-. v : ixrt? numiwaitiL-bi Matm;rfs;:'jK);;Ji{>!£, Munii/h, F5URGON, Tli. (18.-57), '.Representations an Andenr Monc y'1. ■ ■' ■■■■ . ■■: ". p. 97-131- CALLATA^, F. (de) et VAN HEESCH, J. (19.9% Gmi W Cmm fat t.ht dn Cbuu-tf CatltLiivri. (Ann Cuhiasi oj ihv Roy^l Library fiv/gittw, I.ornJtt'S. HACKFNS, 'J'. (1979), "A piupos de la couronne fleurie de la deesse Heia", dans O. M0RKHOLM et N. WAGGONER (cd.), Grasfc Numimatia andhnhtmhgy. Essays m Hstmr of Mm & net '! kornpw:, Vfrt-f rerun, 6.1-9, nL. "E0--1 I IFRFS'l. P. \ '■ Ii lj.ut.i-n' de tn ftn.mt. d:;>i> L; GVeVl- n )K h-.wfie. \ .irtcJil. (■] Atlf 5NrUR, R (I fvH.\i, / y>n '>?]'•'■' "J (>y--'-'f-- < A«- Ay-.h^-nft^yur,' •" •.■ •. Cambridge IMHOOF-BIGMER, R (1871), "Die Flu^e festal ten dtr A die™ uad Nike au-f hliinzeli", fiZ7 3, p. 1-52. KOCH, W, (1923), "Die erston PraicrMerimwn rttdrt ilirert Muomh", ZjN, 34, p. 67- 106. LERMANN, W. (1900;, Athetttiiypirt auf gfieebheken Mi~in%m r Bsirrage w Gmhkkt? r,kr Arki-va in der Km<:, Munich. LINDGRBN, H. C {1994), "Imagery on Ancienc Coirs as Indicators of Changes in Cultural Values: Atherja **. Tyoht", Tfo C&tof, 8 (9), sept., p. 40-3 et S U0), out., p. 4t!i-4. MACDONALD, G. (1905), Cow'lypa. Their Ori&tJt and Dewbpmnr, Glasgow. BASIAimHS !, «de k reine Ama$tris» (Chaste! n° 246 [de m.eme types niais avec la legetide AMAZTPIE£2N! = *M habitants d'Amastriss])- MIGEOTTE, L (19£4): {Jmpytitt! p/ddd dan.', (es (M< ^yxqitc, Rtciwii da dscm/mH attff.ly.ie Critique, Paris. MIGEOTTh, L. {] \)9'2'A\ Lf: .fvfr>tT.'P/i(>ri'. >>tibhcriic£ sLail lei L'Ji-- ^raipsti, GciVv(\ MK.jI'O'VTf7, ),. i'l9V.'b), "Citoyms, f'emmes er ecrangers dans les soiuwiiipcions piihEiquC^ dt:<> at& grft quus". F.rfox da wvntk dffiiiqM, 36, p 39 J-JOB, MIGEOTTE, L. (199J), "Une sousci-ipcion de fiwmnts a Rhodes", B^H, Win, p. M9-5S. MIGHOVJ'n, I., (iyytij, "Cinq a Dij scrip dons k-muiinei ii Cos j k~. jx-rj(jde I^Hliil^- d-que", 1£»; p, ^65-79. MIGElOTTG, 1- (1999), "AftiitrjSmt: feminiri ;'t ia haute periods hetleniitique :', S*ifsHf 49, p. 247-57, PICA H IO. 1.1991}, "Images de ditus sur It's moiinaics .in'r^cjuL^'. MHI'HA. I G.\ -.\ J23-3J. PLANT, K. (I 'J79j, O^: CfcM 7)^jk( Tifjj- Ideft!ifit.altw, Loridrt:s. SAfD, ^. [ I 979), ''/.'^.'.jfW^i </r;i jWi ; Its fern rues. I1 economic et la politique", Lfi Cahm-; dc h'iiiT-jtuy, V~l ((.£; fcfxmei a; L-i din), p, ,"i.?-6y. SCRAPS, D. M. (1979), Hctoi&itic Rights of Woman in Amimtt Grwt, Fdiribijurg. SPECHT, C, (198S),i?wfi7^/M^^! Vienne. TAMILANKO, M. (i.996), "Goddess's of Medicine; Wtjmen Hailers ;in Ancietic CLJinagt'", TbeCe'alw. 10 (7), juil., p. ^0-4. VAN n REM EN. R. [1996), Thi Lmits Partkipcttim. WwifK and Cim Life m shi G+eeh Ilast in rfx Hctletu.Uu; and Human Periods, AmsU-rdfim. Amastrh - Aphrodite Riblioihiqm royah da tid^qw. Cabinet eh mkUdk\: coll. dn Chattel n°246
x

Log In

or reset password

Reset Password

Enter the email address you signed up with, and we'll send a reset password email to that address

Academia © 2012