Le poids exceptionnel de certaines émissions de deniers romains républicains ou comment résister à la tentation de construire une grande hypothèse historique moreRevue belge de Numismatique, CL, 2004, p. 1-13. |
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REV UE BEL GE
DE
NUMISMATIQUE
E T DE SI GI L L O GR A PH I E IN MEMORIAM TONY HACKENS
BELGISCH TIJDSCHRIFT VOOR NUMISMATIEK EN ZEGELKUNDE
´ publiee SOUS LE HAUT PATRONAGE DE S. M. LE ROI par la ´ ´ SOCIETE ROYALE DE NUMISMATIQUE DE BELGIQUE uitgegeven ONDER DE HOGE BESCHERMING VAN Z. M. DE KONING door het KONINKLIJK BELGISCH GENOOTSCHAP VOOR NUMISMATIEK
Directeurs Ghislaine MOUCHARTE, Pierre COCKSHAW, ¨ ¸ Francois de CALLATAY et Johan van HEESCH
CL - 2004
BRUXELLES BRUSSEL
¨ François de CALLATAY (*)
è LE POIDS EXCEPTIONNEL DE CERTAINES E MISSIONS è DE DENIERS ROMAINS RE PUBLICAINS OU COMMENT é è RE SISTER A LA TENTATION DE CONSTRUIRE UNE é GRANDE HYPOTHESE HISTORIQUE
´ ´ ` Cet article est le recit d'un etonnement particulier pour le diametre ` ´ ´ ´ ´ d'une piece, qui debouche sur une etude plus generale sur les poids parti` ´ ´ ` culierement eleves de certains deniers, laquelle pousse a imaginer une ` ´ hypothese historique fracassante avant que des considerations plus tech` ` ´ niques n'amenent a y renoncer. En ce sens, il s'agit d'un article de methode (1).
` Le diametre des deniers au nom de C. Licinius Macer (Cr. 354/1)
´ Le Cabinet des medailles de Bruxelles a fait l'acquisition, en 1996, d'un ´ ´ ` denier romain republicain au nom de C. Licinius L. F. Macer, frappe a ´ ´ ` Rome vers la moitie des annees 80 avant notre ere (Crawford 354/1 = 84 ´ ´ ´ av. J.-C.). Il represente, au droit, le buste diademe d'Apollon (?) vu de ` dos, tete a g., tenant un foudre horizontal dans la dr.; il porte une tu´ ´ ` nique sur l'epaule g. et est entoure d'un cercle de grenetis. Au revers, ` ´ Minerve conduit un quadrige au galop a dr.; casquee et vetue de l'hima tion et du chiton, elle tient un bouclier et les renes dans la g. tandis ` qu'elle brandit une lance horizontale dans la dr.; a l'exergue, sous une ligne de terre, on lit sur deux lignes: C . LICINIVS. L . F / MACER. ´ Comme le precise M. Crawford, il s'agit de l'historien C. Licinius Macer ` ` ´ ´ qui aura repris le type du droit, tres spectaculaire, a une emission ante´ ` rieure, emise a Rome vers 112/111 av. J.-C. au nom de L. Caesius (Cr. 298/1) (2).
` ´ (*) François de Callatay, Bibliotheque royale de Belgique, Cabinet des medailles, ¨ ´ ´ Boulevard de l'Empereur 4, B-1000 Bruxelles et Ecole pratique des Hautes Etudes (Paris/Sorbonne). E-mail: callatay@kbr.be ` ` (1) Je suis tres reconnaissant envers mon collegue et ami Johan van Heesch qui a lu ´ et commente pour mon plus grand profit le manuscrit de cette contribution. (2) M.H. Crawford, Roman Republican Coinage, Londres, 1974, p. 370 et pl. XLVI (C. Licinius Macer) et p. 312 et pl. XL (L. Caesius). RBN, 150, 2004, p. 1-13.
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´ ´ J'avais souhaite faire cette acquisition pour le compte du medaillier na´ ´ ´ ` ` tional ayant ete frappe par le diametre proprement inhabituel de la piece (Bruxelles, Inv. II 82 865 3,95 g 1 h [acquis chez G. Hirsch, vente ` ` 189, n° 437]). Et, de fait, avec 25,0 millimetres de diametre maximal, il ` ´ s'agit, a ma connaissance, du plus large denier republicain connu (3). ´ ` ´ La question se posait alors de determiner si l'on a affaire a un cas isole ` ` ` ou si ce type de monnaies a tres large diametre peut se concevoir comme ´ ´ ´ ´ une caracteristique de cette emission, voire de quelques emissions republi´ ` caines. La circonstance favorable d'un sejour a l'American Numismatic ´ ` Society (New York) m'a pousse a dresser l'inventaire de leurs avoirs pour ` le type Cr. 354/1, soit a dresser le catalogue suivant (4): ´ ` Exemplaires du type Cr. 354/1 conserves a l'ANS
New New New New New New New New New New New York, York, York, York, York, York, York, York, York, York, York, ANS, ANS, ANS, ANS, ANS, ANS, ANS, ANS, ANS, ANS, ANS, 1896.7.67 (3,83 g-21,6 mm). 1947.2.89 (3,84 g-20,0 mm). 1947.2.90 (4,30 g-20,5 mm). 1947.2.91 (3,65 g-20,0 mm). 1948.19.107 A.M. Huntington (3,70 g-20,3 mm). 1948.19.108 A.M. Huntington (4,19 g-22,0 mm). 1948.19.109 A.M. Huntington (3,71 g-20,9 mm). 1937.158.95 R.H. Lawrence (3,79 g-19,6 mm). 1944.100.1003 E.T. Newell (4,40 g-20,6 mm). 1944.100.1004 E.T. Newell (3,69 g-20,3 mm). 1941.131.159 G.H. Clapp (3,99 g-19,3 mm).
´ ´ ` (3) Les deux plus larges deniers republicains conserves a l'American Numismatic So´ ` ciety presentent un diametre de 22,8 mm (voir note 5). Mais voir infra (n° 3118 du ` Kestner-Museum a Hanovre). ´ ´ ´ ` (4) Cet article a ete ecrit a l'occasion du Summer Seminar 2003 de l'American Numis` matic Society. Je tiens a remercier l'ANS qui m'a fait le plaisir de m'inviter une seconde fois comme visiting professor. C'est pour moi l'occasion d'exprimer ma vive reconnais` ` sance envers cette institution et de formuler des vux de succes au moment ou celle´ ci aborde un virage decisif dans son existence.
´ le poids exceptionnel de deniers romains republicains
New York, ANS, HSA 12765 (3,95 g-19,5 mm). New York, ANS, HSA 24916 (3,72 g-20,8 mm). New York, ANS, HSA 25347 (3,82 g-22,3 mm). Moyenne de 20,55 mm (287,7 mm/14) ´ Etendue: 19,3 mm-22,3 mm
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´ ` Les 14 deniers au nom de C. Licinius Macer presentent des diametres va´ ´ ` riables, larges en general, et pour certains d'entre eux tres larges ` (22,3 mm, 22,0 mm, 21,6 mm). Certainement, avec une moyenne a ´ ´ 20,55 mm, l'emission peut etre rangee parmi les plus larges de tout le ´ monnayage republicain (5). En sorte que, pour offrir un cas extreme, le ` ´ denier de Bruxelles paraí t bien prendre place a un endroit non aleatoire ´ ´ ´ du monnayage republicain. Impression confirmee et renforcee si l'on se ` ´ ´ tourne vers la tres riche collection de deniers republicains conservee au ` ´ Kestner-Museum d'Hanovre entierement publiee par F. Berger (6) et ` ` ´ dont, a se fier a la taille des reproductions, plusieurs exemplaires presen` ` ` ´ ´ tent de tres larges diametres (25 mm pour le n° 3118 [a egalite donc avec le denier de Bruxelles], 24 mm pour le n° 3117, 23 mm pour le n° 3121, 22 mm pour le n° 3119 et 20,5 mm pour le n° 3120).
´ ´ Les poids exceptionnellement eleves de certains deniers
` Qui consulte la breve liste fournie ci-dessus pour les avoirs de l'ANS ´ ` ´ ´ sera en outre frappe par le poids (la masse, diront les puristes) tres eleve ´ de certains specimens (ce qui n'est pas le cas de l'exemplaire de Bruxel` les: 3,95 g). Sur les 14 deniers au nom de C. Licinius Macer, 3 pesent plus de 4 g. Les deux plus lourds, respectivement 4,30 g et 4,40 g (en gras), ´ ´ ´ etonnent en ce qu'ils depassent meme la norme ponderale des drachmes ´ ´ grecques taillees selon l'etalon attique, ou euboí¨ co-attique, ou alexandrin. ´ Rappelons que la norme du monnayage de deniers republicains doit se situer vers 3,80-3,90 g (3,86 g selon M. Crawford, 1974, p. 594) (7). En ´ tout cas, la table de frequence que l'on peut construire pour les 55 exem´ ´ plaires de toute fraí cheur du tresor de Maccarese indique qu'aucun specimen ne pesait plus lourd que 4,19 g (Ibidem).
´ ´ (5) La plus grande moyenne atteinte pour une emission de deniers republicains ´ ´ ` concerne l'emission Cr. 325/1b: 21,1 mm (8 exemplaires conserves a l'ANS, dont un de ` ´ ´ 22,8 mm, le record pour la collection de New York, a egalite avec un exemplaire du ´ ` ` type Cr. 290/1). L'emission Cr. 354/1 paraí t se ranger en troisieme ou quatrieme posi` tion, apres Cr. 298/1 et Cr. 290/1. (6) F. Berger, Die Mu ¨nzen der Ro ¨mischen Republik im Kestner-Museum Hannover, Hanovre, 1989. ´ ` (7) Sur les legeres fluctuations de la norme, voir R.P. Duncan-Jones, Change in the Late Republican Denarius, dans NC, 155, 1995, p. 109-17.
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´ ` ´ ` D'ou l'idee de mettre a contribution l'incomparable banque de donnees ´ ´ ´ ` monetaires creee a l'American Numismatic Society, laquelle permet, comme l'on sait, d'interroger avec finesse. Le tableau ci-dessous reprend ´ ´ ` tous les deniers republicains repris dans la banque de donnees qui pesent ´ ` ` au moins 4,20 g. La liste des 73 exemplaires qui repondent a ce critere ´ ´ ` ´ (sur 4 944 monnaies datees repondant a la double entree « Crawford » et ´ ´ ´ ´ ´ « denarius », soit 1,5%) fait suivre la date presumee du numero de refe` ´ rence a l'ouvrage de M. Crawford (dans l'ordre numerique), ainsi que le ` nombre d'occurrences (parfois suivi du poids d'exemplaires particuliere` ment lourds). La derniere colonne indique le nombre d'exemplaire lourds (et la proportion) pour la collection du Kestner-Museum d'Hanovre: ´ Deniers republicains pesant 4,20 g ou plus (New York et Hanovre)
211 (Cr. 44/5) 209/208 (Cr. 50/2) 211/208 (Cr. 52/1) 211/210 (Cr. 53/2) 207/200 (Cr. 57/2) 207/200 (Cr. 58/2) 211/208 (Cr. 59/1) 211/208 (Cr. 60/1a) 211/208 (Cr. 61/1) 211/208 (Cr. 68/1b) 211/210 (Cr. 72/3) 209/208 (Cr. 73/1) 209/208 (Cr. 74/1) 209/208 (Cr. 75/1) 209/208 (Cr. 76/1) 209/208 (Cr. 77/1) 209/208 (Cr. 78/1) 209/208 (Cr. 79/1) 209/208 (Cr. 80/1a) 209/208 (Cr. 80/1b) 211/210 (Cr. 83/2) 209/200 (Cr. 88/2b) 208/200 (Cr. 89/1a) 208/200 (Cr. 89/2) 211/208 (Cr. 104/1a) 211/208 (Cr. 104/1b) 208/200 (Cr. 106/3) 209/208 (Cr. 107/1a) 211/208 (Cr. 108/1) 211/208 (Cr. 109/1) New York IIIIIII I I II II II I I I I II (4,78 g) I I I II IIIIIII (4,74 g et 4,77 g) I I II I I I I I IIII Hanovre 15 sur 40 3 sur 5 2 sur 2 11 sur 27 1 sur 8 1 sur 6 3 sur 4 4 sur 5 (4,78 g) 1 sur 3 1 sur 2 0 sur 4 1 sur 2 1 sur 2 2 sur 3 5 sur 5 1 sur 2 3 sur 4 1 sur 5 2 sur 6 1 sur 8 1 sur 4 2 sur 6 0 sur 6 4 sur 5 6 sur 8 1 sur 2 3 sur 4
´ le poids exceptionnel de deniers romains republicains
206/195 206/195 206/195 206/200 (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. 113/1) 114/1) 117A/1) 128/1) I II I I I I 3 1 0 0 3 0 1 0 1 1 0 1 0 0 1 0 1 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1 1 1 sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur sur 10 6 4 1 10 6 3 2 2 4 4 9 39 12 3 2 2 5 5 2 3 7 2 2 1 3 6 1 3 1 2 2 2 1
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169/158 (Cr. 182/1) 155/150 (Cr. 199/1a) 154 (Cr. 201/1) 153/150 (Cr. 203/1a) 151 (Cr. 205/1) 150 (Cr. 206/1) 142/140 (Cr. 223/1) 92 90 89 88 87 86 84 82 82 78 (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. 336/1b) 340/1) 344/3) 346/1c) 348/2) 351/1) 354/1) 361/1c) 363/1) 385/4)
(4,26 g) (4,22 g) (4,42 g) (4,25 g)
I (4,23 g) I (4,26 g) I (4,2 g) II (4,40 g et 4,30 g - 2 sur 14) IIII (4 sur 54 - Crepusius) I (4,23 g) I (4,25 g) I (4,34 g) I (4,24 g) I (4,2 g) II (4,25 g et 4,21 g) I (4,29 g) I (4,21 g) I (4,23 g) I (4,35 g) -
58 (Cr. 422/1b) 55 (Cr. 429.1) 55 (Cr. 431/1) 55 (Cr. 432/1) 54 (Cr. 433/2) 49/48 (Cr. 443/1) 48 (Cr. 448/3) 48 (Cr. 449/1a) 47/46 (Cr. 462/1b) 47/6 (Cr. 462/1c) 44 (Cr. 480/13) 43 (Cr. 485/2) 42 (Cr. 497/2b)
Comme le rendent encore plus clairs les espacements introduits dans cette ` liste, les deniers de poids anormalement lourds se concentrent a certains ´ ´ ` moments de la sequence. D'ou l'idee de rassembler l'information sous ´ forme d'un tableau qui envisage le nombre d'occurrences par decennie:
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françois de callatay ¨ ´ ´ ´ Evolution decennale des deniers republicains pesant 4,20 g ou plus (New York et Hanovre)
´ Decennies c. 211-200 av. J.-C. c. 199-190 av. J.-C. c. 189-180 av. J.-C. c. 179-170 av. J.-C. c. 169-160 av. J.-C. c. 159-150 av. J.-C. c. 149-140 av. J.-C. c. 139-130 av. J.-C. c. 129-120 av. J.-C. c. 119-110 av. J.-C. c. 109-100 av. J.-C. c. 99-90 av. J.-C. c. 89-80 av. J.-C. c. 79-70 av. J.-C. c. 69-60 av. J.-C. c. 59-50 av. J.-C. c. 49-40 av. J.-C. c. 39-30 av. J.-C.
New York 49 3 1 1 9 6 4 -
Hanovre 80 sur 260 0 sur 27 0 sur 27 0 sur 40 3 sur 10 3 sur 36 0 sur 54 0 sur 61 0 sur 49 0 sur 61 0 sur 88 1 sur 97 2 sur 134 1 sur 81 0 sur 133 0 sur 72 2 sur 238 0 sur 48
´ Plusieurs moments paraissent se detacher pour ce qui est de la frappe de ´ ´ deniers anormalement lourds. Le premier, de loin le plus represente (49 sur 73, soit plus de 2/3 de tous les cas pour les avoirs de l'ANS), concerne ` ` ´ la premiere phase du monnayage, depuis sa toute premiere emission ap´ ` ´ ´ paremment (Cr. 44/5). On a pu ecrire que cette premiere phase avait ete ´ taillee pour produire des deniers d'un poids de 4,5 g (8). Et, en effet, avec ` 80 pieces sur 260 (30,8%) pesant 4,20 g ou plus, les deniers de la fin du ` ´ iiie s. appartiennent a une autre histoire metrologique que leurs succes` seurs (taille de 72 deniers a la livre au lieu de 84 plus tard). C'est alors ´ ´ ´ que furent frappes des deniers dont le poids a pu depasse les 4,70 g (1 cas pour Cr. 76/1b et 2 cas pour Cr. 80/1b). ´ Puis viennent trois « episodes », ou petits regroupements, dont le se` ` ´ cond va nous retenir particulierement puisqu'il integre l'emission Cr. ´ ´ ´ ´ ´ ´ 354/1 (9). Dix deniers republicains de l'ANS, reputes avoir ete emis entre ´ ´ ` 90 et 82 av. J.-C., presentent donc un poids superieur a 4,20 g, l'un d'en ´ ´ ´ tre eux pesant meme 4,48 g. Une serie d'emissions sont ici concernees, mais surtout Cr. 354/1 (C. Licinius Macer c. 84 av. J.-C.) et Cr. 361/1c (P. Crepusius c. 82 av. J.-C.).
(8) C.H.V. Sutherland, The Roman Imperial Coinage, I2, Londres, 1984, p. 2. ´ (9) Je laisse ici le traitement des deux autres moments, soit celui des annees c. 155´ 140 av. J.-C. (4 occurrences) et celui des annees 58-47/46 av. J.-C. (10 occurrences).
´ le poids exceptionnel de deniers romains republicains
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´ Comment expliquer ces anomalies ponderales? Dans tous les cas de fi ´ gure, elles supposent un controle relache des poids avant la mise en cir´ ´ culation. Une difference d'un demi-gramme (0,5 g) represente une somme ´ ´ ` ` d'argent non negligeable, un depassement tres sensible par rapport a la ´ ` norme theorique, dont les monnayages grecs n'offrent que de tres rares ´ ´ exemples (10). Cela etant, de deux choses l'une: ou les deniers republicains ´ ´ ´ ` ´ ´ ` ` ont toujours ete frappes a partir de flans prepares a cet effet, c'est-a-dire ` ` ´ ´ a partir d'argent refondu, ou ils ont pu etre aussi, a l'occasion, realises en ` ´ surfrappant d'autres especes monetaires.
` L'hypothese des surfrappes
´ ´ Certes, le monnayage d'argent emis par la Rome republicaine paraí t ´ remarquablement depourvu de cas de surfrappes identifiables. Autant ´ Charles Hersh a pu reunir un catalogue assez fourni de surfrappes pour le bronze (11), autant celui-ci semble maigre pour l'argent (12). Mais, comme l'on sait, les surfrappes identifiables qui satisfont tant les besoins chronologiques de la recherche, ne sont jamais que des surfrappes impar` faites, celles-la seules qui, mal venues, laissent apparaí tre une partie du ´ ´ type anterieur. Il est loisible de penser et nous pouvons parfois demon´ trer (13) que certains monnayages sont le resultat d'une surfrappe mas ´ sive, alors meme que nous ne possedons aucune trace visible du type ´ ´ ´ sous-jacent. La demonstration est alors metrologique: elle consiste preci´ ` ´ ´ sement a rapprocher des anomalies ponderales avec un monnayage emis ´ anterieurement. Dans le cas qui nous occupe, les poids anormaux des deniers romains, ´ le net groupement des occurrences en quelques endroits de la sequence ne ´ e d'un simple relachement du controle. s'accommode pas bien avec l'ide ´ On ne voit pas pourquoi le produit de la negligence humaine, que l'on doit tenir pour une constante (mais je reviendrai sur ce point), ne serait
(10) Pour un cas de ce genre, voir Fr. de Callatay, Un « octobole » de Pyrrhus sur¨ frappe´ sur un state` re de type corinthien. Re´flexions sur les masses monnaye´es par Pyrrhus en or et en argent, dans AIIN, 47, 2000, p. 189-213, pl. XII-XV. Cas d'une monnaie ´ d'argent pesant 7,83 g, parce que surfrappee, alors que le plus lourd des 56 autres ´ ´ ´ ` exemplaires reunis dans l'etude ne fait que 5,81 g (mediane a 5,57 g). (11) Ch. Hersh, Overstrikes as Evidence for the History of Roman Republican Coinage, dans NC, s. 6, 13, 1953, p. 33-68, pl. V-V. (12) Id., Some Additional Roman Republic Overstrikes, dans ANSMN, 32, 1987, p. 85-95, pl. 7-8. L'article recense deux surfrappes puniques sur un denier et un victo` ´ riat romains, a la fin du iiie s., et quelques rares surfrappes posterieures de deniers sur d'autres deniers (3 cas: Cr. 405/5 sur 352/1, 449/4 sur 449/1 et 487/1 sur 487/2b). Les ´ collections de l'ANS rendent compte de deux deniers surfrappes, tous les deux au nom de Marc Antoine. ` (13) Pour un cas de ce genre, voir Fr. de Callatay et C. Mattheeuws, A propos ¨ d'une se´rie exceptionnelle de grands bronzes thasiens (fin ive-de´but iiie sie` cle), dans BCH, 117, 1993, p. 481-490 (surtout p. 486-487).
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´ ` ´ pas mieux reparti a travers toute la sequence. D'autant que les concen´ ´ ´ ´ ´ trations touchent une serie d'emissions etalees sur quelques annees en ´ sorte qu'elles paraissent devoir impliquer une serie de responsables et non un seul. ´ ´ C'est dans cet esprit que j'ai interroge plus avant la banque de donnees ` ` de l'American Numismatic Society. La premiere interrogation revint a sor` ´ tir la liste de toutes les pieces 1) grecques 2) en argent 3) emises entre 150 et 90 av. J.-C. et 4) pesant entre 4,3 g et 4,9 g. Courte liste au demeurant de 5 monnaies, toutes des drachmes parthes (3 pour Phraate II [c. 138-127 av. J.-C.] et 2 pour Artaban I [c. 127-124 av. J.-C.]). ` ´ ´ Puisque le premier essai avait abouti a une liste decidement restreinte, ` ´ j'ai des lors ouvert un peu le spectre tant chronologique que ponderal, en ´ souhaitant obtenir la liste de toutes les monnaies grecques en argent, emi` ses entre 160 et 75 v. J.-C. et pesant entre 4,2 g et 4,9 g. Avec un seuil a ´ 4,2 g pour les monnaies grecques, on rejoint celui fixe pour les monnaies ´ ´ ´ ´ romaines. La liste debitee instantanement par la banque de donnees de ` l'ANS se monte cette fois-ci a 144 exemplaires, soit 139 drachmes parthes ` ` ´ (de Phraate II jusqu'a Orodes I), 4 seleucides (Antiochos VI 4,21 g/ ` ´ ´ Tryphon 4,24 g/Antiochos VII 4,26 g et second regne de Demetrios II 4,24 g) et 1 drachme royale de Cappadoce. ´ ´ ` ´ Le pas suivant fut d'elargir le spectre geographique a tous les departe ` ´ ments mais de restreindre l'enquete a la seule classe ponderale [4,10` ` 4,19] g, soit en dessous des 4,2 g, c'est-a-dire a un niveau de plus grande ´ ´ ` ` normalite. 200 monnaies repondent a ces criteres (meme limites chronolo´ giques: 160-75 av. J.-C.), soit 157 drachmes parthes, 23 drachmes seleuci´ des, 11 drachmes de Cappadoce, 8 deniers republicains et 1 drachme ´ d'Arados (emise en 160/159 av. J.-C.). ` Parvenu a ce point et en s'armant d'un peu plus de patience afin de ´ reproduire les interrogations pour chaque classe ponderale, j'ai ensuite ´ ` ´ cherche a construire un histogramme de frequence (par classe de 10 cg) ´ ` ´ ´ ´ pour toutes les monnaies grecques conservees a l'ANS ayant ete frappees entre 160 et 75 av. J.-C. et pesant entre 3,40 g et 4,99 g. ´ ´rale des monnaies grecques pour la periode ´ Metrologie ponde ´es 160-75 av. J.-C. (banque de donne de l'ANS)
Classes [4,90-4,99] [4,80-4,89] [4,70-4,79] [4,60-4,69] [4,50-4,59] [4,40-4,49] [4,30-4,39] [4,20-4,29] g g g g g g g g
Parthes 1 1 1 2 3 6 10 115
´ Seleucides 4
Cappadoce 1
Divers -
´ le poids exceptionnel de deniers romains republicains
[4,10-4,19] g [4,00-4,09] g [3,90-3,99] g [3,80-3,89] g [3,70-3,79] g [3,60-3,69] g [3,50-3,59] g [3,40-3,49] g X < 3,40 g Total
9
9 ? ? ? ? ? ? ? ? ?
157 38 30 19 14 10 5 1 4 417
23 30 26 21 5 10 3 122
11 ? ? ? ? ? ? ? ? ?
´ Il ressort donc avec la plus grande fermete que si les deniers romains ` ´ ` ´ de poids forts (4,20 g et au-dela) emis a la fin des annees 80 av. J.-C. ont ´ ´ ´ jamais resulte de surfrappes monetaires, ils n'ont pu avoir que les drachmes parthes pour prototypes. Cela ne veut pas dire que les drachmes par´ ´ ´ thes aient ete dans leur ensemble frappees aux alentours des 4,20 g ou ` ` au-dela. Le tableau ci-dessus indique le contraire (mode a [4,10-4,19] g, ´ ` ` mediane a c. 4,10 g). Mais cela signifie que, dans l'hypothese d'une surfrappe, un denier romain pesant 4,30 g ou 4,40 g, ainsi qu'il se rencontre ´ pour le type Cr. 354/1, ne peut qu'avoir surfrappe une drachme parthe ` ´ (elle-meme taillee au-dessus de la norme). A se fier aux exemplaires ´ ` ` conserves a New York, les chances d'obtenir une drachme parthe qui pese au moins 4,20 g sont de 33,3% (139 sur 417) contre 3,3% pour une ´ drachme seleucide (4 sur 122). Les chances d'obtenir une drachme parthe ` qui pese au moins 4,30 g sont de 5,8% (24 sur 417) et nulles pour les ´ seleucides. Avec un seul prototype possible, le parthe, c'est une ouverture histo´ rique assez sensationnelle qui s'ouvre ici: Rome recyclant de l'argent emis ` ` ´ ´ tres a l'est, par une puissance avec laquelle elle n'a pas encore ete ´ ` ´ confrontee militairement en direct. Ce serait la assurement une belle page ´ ´ ´ ` ´ ´ venant completer le chapitre, epais deja, du transfert de richesses opere ´ ´ par l'Etat romain d'est en ouest. Est-il toutefois realiste d'imaginer que ´ ´ ` Rome ait frappe des deniers en reutilisant des drachmes parthes des les ´ ´ ´ ´ annees 80 av. J.-C.? Nonobstant les mentions repetees de monnaies ´ ` ´ ´ etrangeres exhibees lors des triomphes remportes par les imperatores, rien ` ´ ` de bien net ne pousse a defendre cette hypothese. ´ D'ailleurs, en l'occurrence, l'etude des poids peut tout au plus mettre ´ ´ sur la voie. Seules des concordances metallographiques paraissent, en definitive, susceptibles de trancher la question. Or que sait-on ou que croiton savoir? Que les deux drachmes parthes de Mithridate I (171-138 av. ´ J.-C.) analysees par E. Caley se signalent par un ajout substantiel de cuivre (c. 5%) (14) et un taux « significatif » de plomb (0,37% et 0,85%). Et
(14) E. Caley, Chemical Composition of Parthian Coins (ANSNNM 129), New York, 1955, p. 9.
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´ ` que ces caracteristiques n'apparaissent que tres rarement avec les deniers ´ ´ republicains. Parmi les nombreuses analyses reproduites dans le recent ´ ´ ouvrage edite par les soins de W. Hollstein, on ne recense que quelques ´ cas de ce type avant 80 av. J.-C. (sur quelque 150 deniers analyses): les ´ ´ deux cas les plus marques sont un denier date de 152 av. J.-C. (Cr. 204/1 = n° 310r [2 mesures: 5,7 % et 3,1 % de cuivre]) et un autre de 88 av. J.-C. (Cr. 346/1h = n° 316g [2 x 6,9 % de cuivre]) (15). Rien n'est dit de ces anomalies dans la publication; elles tranchent pourtant de façon nette avec les autres deniers dont la teneur en cuivre se situe sous le pourcent. ` ` Comme telles, elles sont de nature a conforter l'hypothese de l'existence, ´ ` meme episodique, de surfrappes a Rome.
`se Arguments techniques contre l'hypothe des surfrappes
` ´ ` Toutefois et jusqu'a plus ample informe, il est a penser que cette ´ ´ ´ ` ´ echappee belle vers la grande histoire doive ceder le pas a des considera` tions plus techniques et moins enthousiasmantes. On doit a Clive Stan´ ` nard une etude remarquable sur la maniere dont les responsables de la ` ´ ´ frappe a Rome ont ajuste le poids des deniers republicains en enlevant ´ ´ ` l'excedent ponderal au moyen d'une gouge (16). Travaillant a partir de ` ´ tres larges echantillons, il est en mesure de montrer que les monnaies ain´ ` ´ ` si amputees apres la frappe sont bien dans la norme ponderale et des lors ´ que le ou les coups de gouges infliges ont rempli leur objectif: celui de ´ corriger l'excedent initial de poids des flans (voir la Fig. 4, p. 68 et le ` commentaire p. 49: enlevement en moyenne de 0,37 g par denier, soit ´ un poids initial moyen restitue [« en fonction des distributions obser´ ` vees »] de 4,25 g). Cette pratique d'ajustement du poids a la gouge apparaí t en 123 av. J.-C. (Cr. 274/1) et se prolonge jusqu'en 55 av. J.-C. au ´ moins (Cr. 428/2). Elle atteint 1,34% de tous les deniers examines (116 ´ sur 8 649), avec des proportions variables selon les emissions. Les taux ´ ´ ´ les plus eleves se rencontrent lors des annees 81-74 av. J.-C. Loin de ´ ´ ´ prouver que le poids des deniers etait etabli al pezzo, l'etude indique que ´ ´ ´ ´ le poids des deniers republicains de cette epoque etait controle al marco, ` ´ avec ajustement a la gouge si necessaire d'un certain pourcentage seulement d'entre eux (environ 5%, selon les calculs de C. Stannard) et cela ` ´ ´ selon un critere visuel probablement. Cette presomption forte d'une pesee ´ ´ al marco pour les deniers republicains se deduit essentiellement de la forme gaussienne de la courbe obtenue pour les exemplaires ainsi retra ´ ´ ´ vailles. Elle explique pourquoi, nonobstant un controle general al marco
(15) Mais voir aussi n° 310a, 310b, 310ac, 316h, 316j et 336. (16) C. Stannard, The Adjustement al marco of the Weight of Roman Republican De´ narii Blanks by Gouging, dans M.M. Archibald et M.R. Cowell (eds), Metallurgy in Numismatics, 3 (RNS Spec. Publ. 24), Londres, 1993, p. 45-70.
´ le poids exceptionnel de deniers romains republicains
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` ´ et une correction particuliere al pezzo d'une serie d'exemplaires, le sys` ´ ´ teme adopte par l'atelier romain ne garantissait pas le retrait systema` tique de toutes les pieces de poids trop fort. ´ On notera ici que les 4 poids les plus forts du catalogue reuni par C. Stannard, les seuls qui atteignent les 4,10 g ou plus, appartiennent ´ aux emissions suivantes:
90 85 79 79 av. av. av. av. J.-C. J.-C. J.-C. J.-C. (Cr. (Cr. (Cr. (Cr. 342/4 et 5) 352/1a-c) 382/1a-b) 384/1) 4,17 4,16 4,13 4,10 g g g g
´ ´ ´ ´ Ces deniers alleges furent donc frappes au cours de la meme periode que les deniers de poids exceptionnels qui forment le sujet de cet article. ´ ´ Le constat est satisfaisant. Augmentes des c. 0,37 g supposes leur avoir ´ ´ ´ ` ete retire a la gouge, ils devaient peser initialement pas loin de 4,50 g. ` Voila qui renforce encore le constat d'une production de deniers parti` ´ ` culierement lourds vers ces annees-la (90-79 av. J.-C.). Et, corollairement, ` pose la question de l'absence de tels poids a d'autres moments. Les de´ ` niers produits dans les annees 130 av. J.-C., par exemple (au moment ou ´ sont introduits les types personnels), ne presentent pas de traces de gouge, signe d'une rectification intentionnelle, alors meme qu'aucun ´ ´ exemplaire ne se signale par un poids anormalement eleve (plus de 4,20 g). ´ ´ Il est vrai que, comme l'a montre R.P. Duncan-Jones, la precision ap´ ´ ´ ´ ´ ´ ` portee au calibrage des flans des deniers s'est precisement deterioree a la ´ fin du iie et dans le premier tiers du ier s.17 On est passe d'un coefficient ` de variation de poids de c. 1,5% jusqu'en 120 av. J.-C. a un coefficient ` ´ ` de c. 2% lors des deux dernieres decennies du iie s. puis de c. 3-4,5% a ´ ´ ´ ´ partir de 90 av. J.-C. En realite, il s'agit moins surement d'une deteriora ` ` tion du soin pris a ajuster les flans que d'un moindre controle a laisser entrer dans la circulation des monnaies de poids lourds. ´ ´ ´ Appendice: les emissions de deniers republicains presentant les ` plus larges diametres ´ ´ La liste, dans l'ordre chronologique, des quatre emissions de deniers repu´ blicains les plus larges s'etablit probablement comme suit:
Cr. Cr. Cr. Cr. 290/1 298/1 325/1b 354/1 114/113 av. J.-C. 112/111 av. J.-C. 101 av. J.-C. 84 av. J.-C. Tete janiforme des Dioscures Buste d'Apollon vu de dos ´ Tete casquee de Rome Buste d'Apollon vu de dos
(17) R.P. Duncan-Jones, op. cit. (n. 7), 1995, p. 114-115.
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Cr. 290/1 Cr. 298/1 Cr. 325/1b KBR, (3,90 g) KBR, don Poumay KBR, II 53384 (3,85 g) (3,88 g)
Cr. 354/1 KBR, II 82865 (3,95 g)
´ Chacune de ces emissions est notablement plus large que ses voisines im´ ´ mediates. Il est assez singulier que, parmi les cinq emissions de deniers ´ ´ ` republicains presentant les plus grands diametres, l'on trouve, outre Cr. ´ ´ ´ ´ 354/1, egalement Cr. 298/1, soit les deux seules emissions caracterisees ` ´ par la tres spectaculaire representation d'Apollon (si c'est bien lui) de ´ dos au droit. La liste ci-dessous resume les avoirs de l'ANS au sujet de Cr. 298/1:
Cr. 298/1 112/111 av. J.-C. (deniers de L. Caesius) New York, ANS, 1937.158.15 (3,90 g-20,7 mm). New York, ANS, 1992.41.12 (3,72 g-20,8 mm). New York, ANS, 1937.158.16 (3,88 g-20,7 mm). New York, ANS, 1937.158.17 (3,90 g-20,8 mm). New York, ANS, 1944.100.619 E.T. Newell (3,75 g-19,8 mm). New York, ANS, HSA 24861 (3,87 g-20,7 mm). New York, ANS, 1944.100.620 E.T. Newell (3,80 g-21,2 mm). New York, ANS, 1941.131.101 G.H. Clapp (3,83 g-21,2 mm). Moyenne de 20,74 mm (165,9 mm/8) ´ Etendue: 19,8 mm-21,2 mm
´ ` La representation d'un buste masculin nu vu de dos, la tete a droite, tenant une lance dans la dr. renvoie, pour le numismate, aux monnaies ` ´ d'Eukratides, le roi greco-bactrien (c. 171-145 av. J.-C.), qui pourraient ´ peut-etre avoir servi de prototypes (encore que ce genre de deduction numismatico-numismatique soit souvent hasardeux).
Gorny, 67, 2 mai 1994, 377
´ le poids exceptionnel de deniers romains republicains
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` ` Il n'est pas impossible, a la lumiere de cette coí¨ ncidence, que ce type de ´ ` ´ ` representation tres monumentale ait encourage le ou les graveurs a pro` duire des pieces sur flans larges. La largeur inhabituelle de certains flans ´ ´ s'expliquerait alors par une preoccupation esthetique. Mais l'on notera ´ ` ´ que cette caracteristique ne touche pas toutes les pieces des emissions ´ ` ´ mentionnees ce qui la confine a une pratique personnelle, independante ´ d'un ordre intime par les responsables de la frappe.