Le premier monnayage de la cité d'Amastris (Paphlagonie) more

Revue suisse de Numismatique, 83, 2004, p. 57-80, pl. 9-11.

FRANgOIS DE CAI.I.ATAY Le premier monnayage de la cite d'Amastris (Paphlagonie) Sonderdruck aus «Schweizerische Numismatische Rundschau» Band 83 2004 FRANCOIS DF, GALLATAY LE PREMIER MONNAYAGE DE LA CITE DAMASTRIS (PAPHLAGONIE) Planches 9-// Le premier monnayago d'Amastris n'a jamais ete etudic pour lui-memc encore qu'il soit tombc dans le champ convert par le Itecueil general des monnaiesgrecques d'Asie Mineure public on 19041 et avait, par le passe, fait l'objet d'un premier rassemblement documentairc.2 Pas plus du restc que celui d'Heraclee politique avec. lequel il cntretienl les plus forts liens de proximite. Ces deux monnayages, ainsi que ceux des villes dc Cromna, Sesamos et Tion dont est issu par synecisme la cite d'Amastris (voir infra), doivenl etre ferme- mern detaches de ('horizon pontique qui comprend les ateliers monetaires de Sinope, d'Amisos et de Trapezonte. Les statcrcs d'argent d'Amastris, d'un poids de c. 9.5g, s'inscrivent dans le prolongement direct de ceux emis a Hera- clee Pontique par les tyrans Timothee el Dionysios. Quoi de. plus normal, du reste, puisque la cite d'Amastris fut fondee par la reine Amastris. epouse et veuve de Dionysios. BiblMgr«phit Borrell H.P. Borreli., Uiioditccl Autonomous and Imperial Greek Coins, NC 1842, p. 173-192. Grosk S.VV. Grose, Catalogue of the McClean Colleelion of Greek Coins (Cambridge 1929), vol. 3. Imiioof-Blumer, MG F. I mhoof-Bi.umer, Monnaies grecques {Paris/Leipzig 1883). Lenormant Cu. Lfnormant, Numismatiquedesroisgrccs (Paris 1849). Mamkoth A. Mamrotb, Ein BildniS der Kotiigin Amastris auf Munzen des Lysi- machos, Berliner numismatisclic Zeitschrift 3-4, 1949, p. 81-86, pi. V. Mionnet 1807 Th.E. Mionnet, Descriptions de mcdailles antiques, grecques et ro- maines, I. 2 (Paris 1807), p. 389-391. Mionnet 1829 - , Descriptions dc mcdailles antiques, grecques et romaincs. Supple- ment (Paris 1829). Ree. gen. W.H. Waddihgton, E. Baimu.on et Th. Reinac.ii, Receuil general des monnaies grecques d'Asie Mineure (Paris 1904, 2 €d. 1925). Sesttni 1820 D, Skstini, Lettere e dissertazioni numismatiche (Florence 1820). Six J. I'. Six, Sinope, NC 1885, p. 15-65. StancOMB VV.M. Stancomb, A Group of Staters of Tiniotheus and/or Dionysius, Tyranis ofHeraclea Pontica, NC 160, 2000, p. 263-268, pi. 37-38. Visconti E.Q.. Vise.ONTi, Ieonographie grccquc (Paris 1811). 2*""'edition cn 1925. Six, p. 15-65. Schwcizerische Numismatisrlie Rundschau 83,2004, S. .57-86. Historique Amastris etait princesse perse, (ille d'Oxathres, le frere de Darius III Codo- man.'5 Elle flit d'abord mariee a Cratere, qui l'epousa a Suse lots dcs noccs or- ganises par Alexandre pour ses Gompagnons, avant que celui-ci ne l'aban- donne pour Phila (c. 322 av. J.-G.).4 Kile s'unit ensuite au tyran d'Heraclee, ce Dionysios dont le nom se rencontre sur une serie de stateres."' lui-meme le fils de Clearchos, l'instigatcur de la tyrannic a Heraclee. Trois enfants naquirent: Clearchos, Oxathres el Amastris.6 Apres le dcc.es de Dionysios (c. 306 av. J.-G.), Amastris Cut choisie par Lysi- maque en seconde noce (302 av. J.-C.?), lui qui s'ctait d'abord uni a Nikaia, la sceur d'Antipater et la veuve de Perdiceas.' L'union fut breve quoiqu'elle de- boucha peut-etre sur la naissancc d'un fils, Alexandre.8 La bataille d'Ipsos en 301 av. J.-G. modifia les rapports de force et Lysimaque. ailaque par Deme- trios Poliorcetc, jugea plus opportun dc s'allicr aux Ptolemees en se mariant a Arsinoe, lajeune sceur de son allie.9 Repudiee (300 av. J.-C.?), Amastris quitta Sardcs et obtint de regner sur Heraclee, prolongeant en son nom el profit la tyrannie de Dionysios. La. elle du composer avec ses fils, en particulicr Clearchos qui, a present majcur, reclamait sa participation au pouvoir. Kile l'autorisa a regner sur Heraclee et Cierus, sous son autorite.10 Trcs bicntot (des 300 av. J.-C.?), Amastris cjuitta Heraclee pour s'installer a Sesamos dont elle fit l'acropole d'unc nouvelle eritite denommee apres elle Amastris.'1 Siluee sur une presqu'ile, elle possedait deux ports de part et d'au- tre dc son isthme.12 Cette nouvelle fondation — ou «sympolitie» — ne fut pas ac- compagnee de deplacement de population (ou «synoecisme», en depit. de 1'cm- ploi de ce mot par Memnoti et Strabon). Elle comprenait quatre entites: Sesamos, Tion, Crornna et Cytora.1 Trcs vitc, Tion se detacha de cet ensem- ble. Les deux premieres decennics du 3' s., entre les batailles d'Ipsos en 301 et de Coroupedion en 282 av. J.-C. forment une periode particulierement troublee sur laquellc. nos sources nous reduisent. a pressentir settlement la complexity des :i Mcmnon, FgrfJ 434F 4, 4; Sirabon, XII, 3, 10. * Arricn, Anabaso, VII, 4, 5; Mcmnon, fr'grfl, III, 434.F 4, 4 - sur ces evenements dynas- tiques voir U. Wilckkx, Amastris (7). RE I (1894), col. .1750. 3 Stancomb, p, 263-268, pi. 37-38. 6 Strabon, XII.3, IO. ' Diodore, XX, 109, 6; J. Seibert, Historische Bcitragc zu don dynastischen Verbindun- gen in hellcnisiisoher Zeit (Wiesbaden 1967). p. 93-95. 8 Polyen, VI. 12 - Thypoihcse est tenue pour improbable par F. Jacoby, Die Fragmeute dergriechischenHistoriker, Leyde, Illb (1950 texts- 1955 commcntaires, p. 273). 9 Memnon, FgrH5, 4; P. Green, Alexander to Aciium. The Historical Evolution of the Hellenistic Age (2n<l ed. Berkeley/Los Angeles 1993), p. 122. 10 Memnon, FgrH, 3B, 434F5.4. " Pl'mcAW, VI, 5. " Strabon, XII, 3, 10. ,:i Memnon, FgrH, 3B, 434F4.9: Strabon, XII, 3, 10. 58 rcbondissements poliliques. Mcmnon d'Heraclee, noire mcilleur informa- teiir, nous apprend qu'Amastris peril (vers 284 av. J.-C?) ;i I'occasion d'un vovagc cn mcr. probablemcnt sur 1'ordrc de ses enfants, Clcarehos el Oxa- thres.15 Louis Robert a publie de belles photos et d'utiles plans du siie d'Amastris, aujourd'hui Amasra.'fi La cite d'Amastris nc recouvrait pas l'acropole de Sesa- mos sur la prcsqu Tie mais Cut balie dans la plaine sur le plan hippodameen, principalement le long du port oriental. Pline lejeune, qui en fut le gouvcrneur sous Trajan, qualifie la cite de elegam el ornata1' avec, parmi les edifices les plus remarquablcs, une trcs longue avenue bordee par uri fleuve qui est en realite iin egoui. Une inscription funcrairc datee de 257-258 apr. J.-C evoquc le quar- ter reserve aux vainqueurs de concours.1 Pourvu de deux bons ports, clc part et d.'autre d'un islhrae d'une largeur minimale de 200 metres, le sile d'Amastris etait par ailleurs d'aeces lerreslre difficile. Qui voulait le quitter pour s'enfon- cer dans le pays devait franchir une. passe assez rude, bien notcc par les voya- geurs.1'"1 Hi.storiograp/iie numismatique Le monnayage d'argent d'Amastris est absent de la premiere edition de Pouvragc de Theodore Edmee Mionnet20 maLs figure dans les supplements21 avec renvoi a de la littcraturc alors recente.22 En realite, Domenico Sestini avail deja publie en 1790 un exemplaire de cc type mais en se meprenant tota- Icincnl dans sa description puisque il voyait une lete de femmc (Atalantc) au droit el, plus fort, une figure assise a tnoitie nue (Jupiter) tenant un aigle dans la dr. et une lance dans la g., au revers. 3 Gette mention avail etc reprise parmi les douteuses par Joseph Hilarius Eckhel avant d'etre corrigce par Sestini lui- metne. 3 Visconti avail enirc-lcmps defendu I'idee que ces slaleres representent. Pour Hcraclcc et Amasuis, voir cn particulier S.M. Burstein, Outpost of Hellenism. The Emergence of He.raclea on the Black Sea (Berkeley 1974), p. 83-85. 18 Memnon, FgrH 434F 5.3; Green, supra, n. 9, p. 764, noie 1 3. I.. Robert, A travers 1'Asie Mineure. Poclcs cl prosatcurs, monnaies grecques, voya- geurs ct geographes (Athenes/Paris 1980), p. 158-161; voir aussi D.R. Wilson, The His- torical Geography of Bithynia, Paphlagonia and Pontus in ihe Greek and Roman Periods (Oxford 1976;, p. 47. 17 Pline, Lettm, 98. 18 Robert (supra, a. 16), p. 151-159. IS ibid., p. 159. 20 Mion.net 1807, p. 389-391. 11 Mionnet 1829, p. 551-552. an 1 Sestini 1820, p. 5 el pi. 1, 5; Tn.M. Dumersan, Description des mcdailles antiques du cabinet de feu M. Allier de Hautcroche (Paris 1820:, pi. 10, 12. D. Sestini, Lettere e disscria/.ioni numismatiche sopra alcune medaglie rare dclla collc- zionr Ainslieana iLivourne 1790;, p. 101. . J. Kckhki., Doctrina numorum veterum, vol. 2 (Vienne I 794), p. 385. r' Sestini 1820, p. 5. Lysimaque sous les trait du dieu Lunus au droit et Cybele au revers.26 La frai- cheur de ces debats, 1'absence a toute bibliographic anterieure pourraient faire croire que les stateres d'argent d'Amaslris, et a fortiori leurs rarissirncs divisions, etaient inconnus encore vers la mbitiedu 18e s. Dc fait, on he trouve Hen chez Joseph Pcllerin ou chez N.F. Haym.2' On en trouve pourtant (race, avec ce que jc crois etre la premiere reproduction, dans les Disserlaiiones depraestanlia et usu numismatum antiquonim d'Ezechiel Spanheim, parties une premiere fois a Rome en 1664, une sccondc fois a Amsterdam en 1671 et popularisees a la fa- veur d'un tirage plus ample en deux volumes.28 On trouve des la seconde edi- tion une gravure qui, e'est a noter, dillere de celle reproduite plus tard a Londres.2 Dans ces deux editions, qui donnent un impeccable corpus des sources philo- logiques relatives a la reine Amastris, la monnaic est decrite comme figurant une tete de femmc au droit {caput nempe muliebre) et une figure de femme assise, portant un calathos au revers. L'exemplaire grave appartienl au Groupe IB et ressemble par sa decoupe du droit au staiere conserve a Vienne. Au 18's., Fro- lich reprcnclra Spanheim pour en preciser Pinterpretation: tete probablernent d'Amaslris au droit et allegoric de la cite d'Hcraclcc ou d'Amastris au revers,30 identifications suivies par Rasche qui voit une tete de femme au droit et Andres de Gusseme.31 VlSCONTI, p. I 0:5. J. Pki.i.krix, Receuil de medailles dc peuples et de villes, qui n'ont point encore eti pu- bliees, ou qui sont peu connues, t. 2 (Paris 1763), p. 13-1 :>; N.F. Haym, Thesauri Briian- nici (Vienne 1763), p. 172-173. E. Spanheim, Desscrtationcs dc praestanlia et usu nuinisinalum antiquorum, n. ed. (I.ondres/Amstcrdam 1 706-1717). Spanheim 1671, p. 464 (Rome) et Spanheim 1706, p. 494 (Londres). Ici, la fidelite de la reproduction du droit remportc de loin sur ccllc du revers au point qu'il est douteux que les deux dessins soient dc la mcmc main. E. Frolich, Notitia elementaris numismatum antiquorum illorum... (Viemne/Prague/ Trieste 1758), p. 137. I.Ch. Rasche, Lexicon universae rei numariae veterum, I (Leipzig I 785), col. 499; I n. Andres de Gusseme, Diccionario numismaiico general para la perfccla inteligencia de la medallas antigues, I: A-B (Madrid 1773), p. 122. - Jc suis rcconnaissant envcrs Jcau- 6(1 Iconographie, Types de droit Le type du droit represente une tete a dr. juvenile et imberbc coiffcc d'un bonnet de cuir avec couvrc-nuquc et bandes laterales pour proteger les oreilles. La chevelurc, cachee pour ressentiel par le bonnet, est longue. Le bonnet est denomme de diverses manieres: bonnet phrygien (mais celui-ci ne se caracte- rise-t-il pas par une pointe plus proerninente, c'est-a-dire moins rabattue sur le devant du crane?), tiare perse, bonnet satrapal et merne — imprudemmeiiL je pense — bachlyk. 11 est toujours ceint d'une couronne de laurier et, sur les excm- plaires du Groupe 2, orne d'une etoile a huit rayons ( PL. 11, B). Les premieres varietes de ce monnayagc ajoutent un arc: dans son carquois dans le champ g., dcrriere la nuque {PL. 11, A). Les premiers commentateursj2 ont pu y voir une representation du roi Lysi- maque, epoux de la reine Amastris, d'apres une hypothetique ressemblance avec les portraits de ce roi et en se meprenant sur un detail de 1'iconographie: un pli du bonnet devenu chez eux come de belier (auquel cas, du reste, il se se- rait agi d'Alexandre le Grand et nop de Lysirnaque). Visconti ecrivait: «La ressemblance de ce profil avec la tete gravee sur les medaillons de ce roi de. Thrace ne me parait point douleuse».J' Plus precisement, il y reconnaissait le roi Lysirnaque sous la forme du dieu Mois ou Lunus (= Men) «univcrsellemcnt revere dans la Bithynie ou regnait Amastris*.31 Cette «opinion hasardee»3"' fut ruinee a la faveur d'un memoire inedil de M. Allier de Hauteroche, lequel y re- connaissait une tete de Mithra.36 Cette hypothese allait s'imposer pour un temps. Mais une autre interpretation, pour le moins dillerente, allait bientot voir le jour et jouir d'un grand succes: il s'agirait de la tete de la reine Amastris elle-meme.3' Certains s'en tinrent a des jugemcnts plus prudents: Leake n'al- lait pas au-dela d'une «tctc juvcnile»."a Mionnet parlait d'une «tete virile et imberbe» et Lenormant et Imhoof-Blumer y voyaient une tete «evidcmment virile». '59 Tandis que les derniers auteurs ont prefere en rester a I'appellation «tete de j eune-homrhe». 32 33 34 35 36 39 m Baptiste Foreslier qui a cu I'obligcancc de fa ire pour moi quelqucs recherches de livres aneiens au cabinet des medailles de la BnF. Visconti, p. 103; Sestini 1820, p. 5; Mionnet 1829, p. 551. Visconti, p. 103. Borrell, p. 187 ; Lenormant, p. 8. Lenormant, p. 8. Th.M. Dumerban, Description des medailles antiques du cabinet de feu M. Allier de Hauteroche (Paris 1829), p. 66; Borrell, p. 187; Head, HN p. 432 (qui y avait vu la tete de la reine quelques annees auparavant, mais sans douce aura-t-il recopie ici le rna- nuscrit de M. Borrell) et BMC Pontus, etc., p. 84. HN p. 59; Six, p. 63; Rec. gen. 1925, p. 172 - repris par boil nombre de marehands prp- fessionnels dans leurs catalogues. VV.M. Leake, Numismata Hellcnica (London 1854), p. 9. Mionnet 1829, p. 554: Lenormant, p. 8, et Imhoof-Blumer, MG p. 228. Grose, p. 15:SNG BM Black Sea pi. XLVIII et SNG Stancomb pi. XXXIIL L'identification avec Mithra Conviendrait par lc stylo dc la (etc mais sc heurte a la presence de l'arc dans son carquois. Or eet arc n'est pas un element externc du type (comme line marque de monetaire) ainsi que Pindiquent les rares fractions de bronze «Dr.: Tete de jeune honirne coiffe du bonnet phrygien a dr./Rv.: Carquois» (copiees elles aussi sur le modclc des bron/es de Dionysios d'Heraclee, voir SNG BM 1613-4). S'agissant de divinitcs, le bonnet dit phry- gien ouvre le champ a plusieurs possibilities - Aids, Men ou Pcrsec41 — sans qu'aucune de celles-ci ne soil salisfaisante. comme Pindique ce petit tableau cn forme de rappcl: Auis: Bonnet phrygien et syrinx (Auis est toujours represents comme un enfant) Men: Bonnet phrygien et croissant luiiaire I cioilc a huit rayons Mithra : Bonnet phrygien et couteau saeriliealeur Persee: Bonnet phrygien aile el karpe (Spec ronrtc munie d'un crochet La presence conjointe d'un bonnet dc cuir et d'un arc est typique des archers scythes qui faisaicnt, entre autrcs, la police a Athcncs et dont nous posscdons unc scric dc representations, la plupnrl barbues. Mais il est douteux (|ue cette information aide a resoudrc Penigmc du type du droit. Tete juvenile, arc et carquois ainsi que bonnet de cuir conviennent aussi aux Amazoncs. lis se re- irouvent au droit d'une variete de state res cmis a Soloi en Cilicie (c. 425-400 av. J.-C.) (PL II, D), ce qui rejoindrait unc identification deja avanccc pour le type du droit a Amastris.43 Six y voyait, de facon un pen biscornue, la «tete de PAmazone Amastris, avec les trails de la reine Amastris».M Ce bonnet est surtout identique a celui porte par une serie de salrapcs perses au 4C s. (PL. II, E),. En sorte que, sans la favoriser, il ne parait pas possible de rejeter formellement Phypothese de la representation d'Amastris clle-meme coiffee du bonnet satrapal comme l'avaient propose les auteurs du Recueil ge- ne'ral.46 Nous nous trouvons en somme avec deux descriptions aussi problcma- tiques Putie que l'autre (Mithra ou la reine Amastris) et que, cn Petal, je me garderai moi aussi de soutenir une identification precise, me bornant a 1'appel- lation «Tete juvenile». Je rappellerai, en forme de bref excursus, Phypothese ingenieuse d'Alfred Mamroth qui reconnaissait le portrait de la reine Amastris egalcincnt au droit d'une i'■mission de bronzes de I.ysimaquc. Ceux-ci represcnlent au droit une tete, selon lui feminine (longs cheveux), coiffee d'un casque dit id phrygien et, au revcrs, un trophee le long duquel on trouve la legende ATSIMAXOT-BA- EIAEGZ (/'/,. //, H). Pour Mamroth, lc type du revers sera it une reference iconographique claire au monnayage du lyran heracleotc Dionysios, le defunt 41 Voir I.knormant, p. 8. 12 SN<J von Aulork 5858 = Tricon VII, 2004, 307. 43 Imhoof-Blumer, MG p. 228. f Six, p. 63. 4j VoirSNG Paris. Mysie 1159 (agrandissement sur la jaqucttedc couverture). 4U Outre Rcc. gen. 1925, voir Jameson 1913, 328 «Tete dc fcmmc» et L. Forrer, Weber Coll. vol. 3, p. 24. * Mamroth, p. 81-86. 62 6poux d'Amastris (PL. 11. 1). Toute remission temoignerait dc la volontc dc Lysimaque d'honorcr son epouse repudiee en la faisant (igurer au droil (car, soutient-il, un casque phrygien ne convient a. aucunc divinite grecque) en com- pagnie d'un type repris a son precedent epoux au revets (sic !). Elegance royale, en verite. Lysimaque aurail procede a cette emission plutot apres la mort d'Amastris (vers 285 av. J.-C.) que lors de sa courte union (c. 302-300 av. J.-C). La representation casquec dc la reinc Amastris scrait alors une evoca- tion de ses propres stateres emis dans la cite fondee par elle. Brel", «einc wirk- liche Gedenk- und Erinncrungsmunze».48 Sans grande surprise, la critique n'a pas cru necessaire de suivre Mamroth dans ses (-lucubrations! Types de revers Au revers. il f'aul dislinguer deux types ct quelqucs variantes. Dans tons les cas, on se trouve en presence ri'unc femme assise a g. sur un coussin place sur une chaise a accoudoirs et haut dossier dont les pieds sont decores d'anneaux (done un tronc), le tout pose sur une ligne de terre. Vetue du chiton ceinture sous le sein, elle avarice la jam be g. et tient un sceptre (termine par une fleur a trois pctalcs [dc lotus?])19 dans le creux de son coude g. tandis qu'elle etend le bras dr. La premiere variete (D1-D3), au nom de la reine Amastris (voir infra), re- present^ cette femme la tete voilec et tenant dans sa main droite une petite fi- gure d'Eros (PL. 11, A, rv.), nu et aile, lequel etend lui-merne les deux bras a dr. en prcscntant cc qui parait etre des bandelettes {taenia) voire des branches de myrle50 vers une tete d'Helios radices de face/'1 La. presence d'Eros pousse a y voir la decsse Aphrodite ou — peut-etre comme on l'a aussi ecrit — son equiva- lent perse, Anahita,''2 alors que la tete voilee conviendrail bien a une reine, la reine Amastris. La seconde variete, beaucoup plus repanduc (D4-D21), remplace 1'ensemble Eros/Tete d'Helios par une Nike, plus classic]ue, couronnant la figure feminine (a une exception pres: D7-R7a ou la Nike couronne le nom de la reine) (PL. 11, B, rv.). La figure feminine est surmontee d'unc coiffc cylindricjue, habituelle- ment appelce a tort «calathos» dans la litterature numismaliqus."'3 Dans le champ g., on trouve une fleur, le plus souvent en bouton. On lit parfois qu'il s'agit d'un bouton de m.yr%e.54 Cette identification est sans fondement, de meme que celle qui en fait un pavot.'*0 II s'agit d'unc rose et non d'un bouton Mamroth, p. 85. Imiioof-Blumkr, MG p. 227; Grose, p. 15. H. Baumann, Pflanzenbilder aul'griechischen Munzen 'Munich 2000), p. 42-43. La tete d'Helios radiee de face apparatt frcquonirncrit au droit d'unc scric do didiachmcs deSinopedu3"ucs. av.j.-G. Cf. Imiioof.-Bi.umrr, MG p. 228 et Rec. gen. 1925, p. 172. SXG BM Black Sea, repris par Stancomb. Le «calathos» (:>u modius) est un petit panier cireulaire dans lequel on disposait une me- surc de grain. II est l'attribut principal de Serapis. A la suite de Imhoof-Blumer, MG p. 227, suivi par Wroth. BMC Pontus, etc., p. 84. Lekormant, p. 7. 63 48 4-9 50 51 52 53 D4 35 de lin comme l'a soutcnu Helmut Baumann sur la base d'une representation en effet suggestive mais singulierement differente des autres.56 Les tous premiers exemplaircs du Groupe 2 (ceux frappes avec les coins de droit D8 el D9), les premiers done a faire ligurer ce motif dans le champ g. du revers, ne laissent au- cun doute a ce sujet, ce qu'avait bicn note Borrell qui parle de balauslium et fait le rapprochement avee Rhodes. ' Qui est cctte femme sur son trone: s'agit-il de la reine Amastris elle-rneme. de la deesse Aphrodite, de son equivalent perse Anahita, de la Tyche de la ville, voir meme d'Hera?j8 Et se pourrait-il que son identite varic en fonction des types? On notera qu'une representation assez proche de celle du Groupe 2 fi- gure au revers de certairies monnaies emises par la cite a l'epoque romaine [PL. 11, C). Les legendes designent elaircmcnt les types figures en sorte que, pour le revers, on aurait le choix a cette epoque entre la reine elle-meme ou une allegoric de la cite. II existe un antecedent monetaire assez proche de cette representation: les statcres emis a Nagidos au 4e s. av. J.-C. Philip Lederer, qui en a donne le cor- pus, vieilli a present, distingue une serie de dix groupes dont les datations s'echelonnent de la fin du 5e s. jusqu'a l'arrivee d'Alexandre le Grand. '9 Quelles que soient les variantes de types, tous les groupes (a l'exception du 3cmL) representent au droit la deesse Aphrodite assise sur un trone a g. en com- pagnie d'un petit Eros nu et aile. La similitude est encore plus forte pour les derniers groupes (VIII, IX, Xa et Xb - dates par lui de c. 363 a 333 av. J.-C.) puisque, d'une part, la figure d'Eros est desormais non plus representee debout derriere le trone mais dans le champ sup. g., tendant en direction de la tete de la deesse une couronne tenue a bout de bras et que, de Pautre, Aphrodite est coilfee d'un polos, soil cette coiffure cylindrique qui 1'accompagne precisement sur la plupart des staieres d'Amastris {PL. 11, G). Concordance supplcmen- taire: le dernier groupe (X) sc distingue par l'ajout d'une branche de rosier munie de trois fleurs dans le champ g. inf., soit a l'endroit meme ou Ton trouve. a Amastris, une fleur en bouton, tres probablement une rose. II n'y a la rien d'etonnanl puiscjue la rose est un des attributs d'Aphrodite. Gertes, il reste des differences: la deesse tient a Nagidos une patere dans la main g.: elle porte un collier; ses jambes sont paralleles et reposent sur un tabouret; le trone n'est pas le meme (absence de dossier haul, pieds toujours droits). Le parallele avec Amastris n'en demeure pas moins tres probant et rend improbable, en Paphla- gonie, toute identification autre qu'a Aphrodite c]ue designe a la fois la figure d'Eros et la rose. Quand au port du polos, qui est loin d'etre systematique dans l'iconographie de la deesse de l'amour,60 on notera que tel est le cas aussi sur 58 Baumann" [supra, a. 50). p. 34-35. Aucune provenance n'est donnee pour les pieces qui il- lusircni cct ouvrage. Le revers reproduil est absent du corpus pres'ente ici et se signale par unc serie d'anomalies (montants du trone, couronne tenue par la Nike, etc.). 57 Borrell, p. 187-188. 58 Voir la Iiste donne par Imhoof-Blumer, MG, p. 228. 59 Ph. Lederer, Die Staterpragung dcr Stadl Nagidos (Berlin 1932). 60 LIMC II/1, p. 2-151, texie, et 11 /2. p. 6-153, illustrations (A. Delivorrias). 64 les stateres de Nagidos (les groupes II, VII et VIII la representent la coiffure cnscrrcc clans une sphendone — PL. 11, F). Dcs lors, j'inclincrai fortement a nc voir, au revers des stateres d'Amastris, qu'une seule representation, celle d'Aphrodite, sans polos ni rose mais accompagnee d'Eros d'abord, avec polos et. rose mais accompagnee de la Nike ensuite. Deux mots de cornrneiitaires a ce sujet. Primo, il semble que les grands dieux d'Amastris soient Zeus Stratios et Hera. Le culte d'Aphrodite ne semble pas at- teste par I'epigraphie ou I'archeologie, ce qui ne doit pas beaucoup gener car la ville ri'est pas fouillee, ce qui restreint la portee de tout argument a silentio. Se- cundo, les representations d'Aphrodite sur les monnaies grccqucs paraissent as- sez rarcs, peut-etrc, prcciscmcnt. par fautc d'attributs clairs et univoques.61 Sur les 12 386 monnaies grecques des volumes anglais de la Sylloge Nummorum Graecorum,62 104 sont reputees representer Aphrodite au droit (44 cas) ou au re- vers (60 cas). A comparer avec les 1 798 occurrences pour Athena, les 475 pour Artemis ou les 342 pour Demeter. A considerer ensemble les types de droit et de revers, il peut etre tentant en effet de tirer P interpretation du cote des cubes irnport.es par les Perses et d'y voir Mithra au droit, Anahita au revers; e'est le parti aclopte par Irnhoof-Blu- mer: «... cette influence orientale qui se manifeste en outre par les symboles ce- lestes, 1'etoile et le soleil, qui donnent aux deux images le caractere de divinites de la lumiere, de sorte qu'on pourrait fort bien, ce me semble, reconnaitre Mi- thra et AnaYtis qui serait a identifier avec Aphrodite Urania, puisqu'elle paraTt designee comme telle, par les attributs de Eros et du Soleil, ...».(>'5 Le'gendes La plupart dcs stateres font connaitre la legendc AMAX'CPl.qui sc. comprend saris probleme: «(monnaie) des habitants d'Arnastris». Toutefois, sur le premier groupe de stateres, on lit AMASTPIOS - BASIAI2SHS, que Ton traduira par «(monnaie) de la reine Amastris». Le terme BASI- AI22H2 sc trouve sur les monnaies des rcines Ptolemces. sur celles de Philistis de Syracuse ou de Laodice du Pont. Le positionnement du nom de la reine dans le champ dr. est rare. Le nom de la reine est orthographic "Kixy.a'zpic, chez Diodore, Mernnon et Polyen,64 et 'AjxaaTpivT; chez Arrien.6"' Au genitif, on trouve 'Au-aa-pioc;66 et 'ApaarpiSoi;.07 La forme 'AjxacrTptoc est encore attestee sur une inscription d'Heraclee retrouvee a Amastris et copiee par un compagnon de Choiseul- Gouffier ou on lit: ... tSc TCarpiSo^ 'AfxaaTpwc....68 ''' M. Berniiart, Aphrodite auf griochischen Miinzc.n (Munich 1936). 62 Base de donnee consultablc a partir du site du Fitzwilliam Museum de Cambridge: http://www-cm. fitzmuseum.cam.ac.uk/coins/sng/ 63 Imhoof-Blumer, p. 229. fi4 Diodore, XX, 109, 7; Memnon, FgrH 434F 4; Polyen, VII, 12. 65 Anabase, VII, 4, 5. 66 Memnon, FgrH 434F 4, 8. Polyen, VI, 12, 1. 68 C1G 4150b - voir L. Robert, Etudes anatoliermes (Paris 1937), p. 259-260. 6! CATA LOGUE DES EMISSIONS EMISSIONS D'ARGENT Debut du 4me s. av.J.-C. (c. 300-285?) Groupe 1 - Stateres a la legcnde AM A ST PT OS - BA2IAISSHE (ni etoile ni rose) Groupe 1A (Eros et tete d'Hclios / Aphrodite sans polos) Dr. Tete juvenile imberbe a dr. coiffe du bonnet de cuir cotironne de lau- rier. Derriere la nuque, arc dans son carquois. Rv. AMA2TPI0S (a dr., de haiit en bas) - BAEIAIESHE 'a g., de haut en bas). Aphrodite voilee assise sur son trone a g. Vetue du chiton, elle tient un Kros au bout de sa main dr. qui tend des bandelettes en direc- tion d'une tete d'Hclios de face, tandis qu'elle fail reposer son sceptre au creux de son bras g. 1 Dl Rl 9.57 a 9.46 b 9.42- 11 c 9.17- 12 d 2 Dl R2 9.56- 1 a 3 D2 R3 9.60- 12 a 9.47 b 4 D2 R4 9.73 a 9.20 b 5 D2 R5 9.58 a 6 D2 R6 9.51 a 7 D3 R7 9.55 a 9.47- 12 b 8 D3 R8 9.44- 12 a 9 D3 R9 9.59 a 9.55 b 10 D3? RIO 9.67 a Berlin; Rec. gen. pi. 18, 1 Kurpfalzische Munzhandlung 42, 2 juin 1992, 222 = G. Hirsch 79, 27-29 juin 1972, 102 * Leu 79, 31 oct. 2000, 611 New York, ANS (1968.57.766 Stephens) * Manchester, SNG 1149 = Spink 1949 SNG BM 1298 = Weber Coll. 4796 = Spink 1919 MimzZentrum 56, 6 nov. 1985, 188 Peus 374, 23 avr. 2003, 86 = The New York Sale 4, 16jan. 2003, 131 CNA XVII, 5 oct. 1991, lb'2 = Hesperia, XXIV, 12 MiinzZemrum 77, 13 avr. 1994, 128 * Myers-Adams 5, 15 mars 1973, 173 = Stack's, 6 sept. 1973, 420 = Superior 5, 15 juin 1972, 225 = Leu-M&M, 3 dec. 1965 (coll. Niggeler), 348 M&M (Washington) 1, 7 dec. 1997, 110 SNG BM 1297 = SNG von Aulock 6798 * SNG Stancomb 728 *NFA 10, 17 sept. 1981, 150 Pcus 291, 30 mars 1977, 242 = Myers 9, 5 dec. 1974, 124 (9.45g) G&M67, 2mail994, 200 Groupe IB (Nike / polos) Dr. Idem. Grenetis au pourtour. Pas d'arc dans son carquois. Rv. Idem. Aphrodite coiffee du polos assise sur son trone. Elle ticnt dans la dr. une Nike qui braudit une couronne en sa direction. 1 1 ■ -■ > R 1 J. V X 9 58 <X T Hirsrh 91 16 nov 1908 I'Clonsul Weherl 2290; Mamroth, pi. V, 6 9,40 b Paris (P. Duprc); Lknormant pi. V, 11 el. Ree. Gen., pi. 18, 2 12 D4 R2 9.74 a * Christie's (New York), 2 mai 1989, 690 (9.8g) =Auctiones4, 26 sept. 1974, 12 9.70 b Rec.Gen. pi. suppl. N, 8 8.59- ] c * Bruxelles, KBR, de Hirsch 1421 13 D4 R3 8.97- 1 a SNG Delepierre 2477 14 D4 R4 9.50- 12 a Vienne (15348): Lenormant, pi. V, 10 15 D4 R5 9.25- 12 a SNG Blackburn 947 16 D5 R5 9.58 a * G&M 45, 4 avr. 1989, 113 9.35 b Credit Suisse Berne 4, 3 dee. 1985, 113 17 D5 R6 9.53- 12 a MiinzZentrum 59, 29 oct. 1986, 1059 = Auc- tiones 13, 23 juil. 1983, 248 = Hess-Leu 28, 5 mai 1965,215 18 D6 R7 9.66 a * Sotheby's New York, 19 juin 1991 (Hunt IV), 301 = SNG von Aulock 6799 ex Spink, NCire, nov. 1955 Dr. Idem. Rv. Idem. BASIAIS2HS (a dr., de haut en bas) - A.MA2TPI02 (a g, de haut en bas). La Nike couronne ('inscription et non la deesse. 19 D7 R8 9.62-12 a * SNG BM 1299 = SNG von Aulock 1979 Groupe 2 — Stateres a la legende AMASTPIEiiN (avec etoile et rose) Dr. Tete de jeunc homme imberbe a dr. coiffe du bonnet de cuir couronne de laurier. Etoile a huit rayons exceptionnellement au-dessus de la couronne de laurier. Grenetis au pourtour. Rv. AMA2TPIEQN (a dr., de haut en bas). Aphrodite, voilee et coiffee du polos, assise sur son irone. Vetue du chiton, elle tient dans la dr. une Nike qui brandit une couronne en sa direction, tandis qu'elle fait reposer son sceptre au creux de son bras g. Rose dans le champ g. Mo- nogramme ST sous le trone. 20 D8 Rl 9.62 a * Boston, MFA 1362 b Bourgey, 5 dec. 1932, 203 = Feuardent, 11 juin 1913 (Burel), 254 21 D9 Rl 9.40 a * Paris, cle Luynes 2402; Rec. gen. pi. 18, 6; Borrell p. 187-188 Dr. Idem. Etoile a huit rayons sur le bonnet phrygien. Rv. Idem. Pas do monogramme. Bouton de rose. 22 D10 R2 9.17-12 a * SNG BM 1303 (Burgon 1841); Rec. gen. pi. 18, 4 [on ne distingue pas l'etoile sur le bon- net phrygien] 23 Dll R3 15.09 [sic!] a * New Netherlands Coin Company & Seaby 2, 14 nov. 1973, 100 = Glendining, 11 dec. 1974, 193 24 D12 R4 8.94 a * Auctiones 26. 16 sept. 1996, 190 = G&M 44, 3 avr. 1989,336 = G&M 40, 7 avr. 1988,208 25 D13 R5 9.54 a * Triton 5, 15 jan. 2002 (Robert Schonwal- ter), 1400 = Coin Galleries, 18 aout 1978, 282 = Coin Galleries, 15, 20 avr. 1961, 132 = Ars Classica 14, 2juil. 1929, 298 b anc. coll. Mamroth (?); Mamroth, pi. V, 5 26 D13 R6 9.49-12 a Harvard, Dewing 2123 cx coll. Robinson = Naville 1,4 avr. 1921 (Pozzi), 2105 27 D14 R7 9.77 a Cahn 71, 14 oct. 1931,395 9.72 b New York, ANS (1977.158.226 Kelley) 9.71-12 c SNG Copenhague 422 (Lambros 1897) 9.66 d *CNG 58, 19 sept. 2001, 530 = Bourgey, 2 avr. 2001, 209 = Piatt, 19 mai 1921, 91 9.44 e Kolner Munzkabinett 8, 28 sept. 1971, 8 = Pcus 274, 29 oct. 1970, 1610 f G. Hi rsch 34, 21 fey. 1963, 1267 28 D14 R8 9.60 a G&M 102,24 mars 2000,230 9.55 b Piatt, 27 mars 1922 (Luneau), 603 = Hirsch 19, 11 nov. 1907,495 9.54 c Naville-Ars Classica 12, 18 oct. 1926, 1694 = Hess, 30 avr. 1917 (Horsky), 1075 (9.60g) 9.28 d UBS Zurich 57, 15 sept. 2003, 250 = Peus 250, 15 mars 1954, 455 = Hess 219, 17 oct. 1933, 72 = Hess 202, 28 oct. 1930, 2547 (9.25g) = Hess 194, 25 mars 1929 (Vogel), 307 9.24 e Merzbacher, 15 nov. 1910, 612 9.23 f Peus 371, 24 avr. 2002, 139 = Peus 368, 25 avr. 2001, 169 = Rollin & Feuardent, 9 mai 1910 (Durufle), 487 = Sotheby, 23 mars 1890 (Montagu), 476 9.21 29 D14 R8+ 9.57-12 30 D15 R9 9.54-12 31 D16 R9 9.62 9.00-12 8.98-12 32 D16 RIO 9.21 33 DIG RU 9.18 34 D16 R12 9.55 9.53-12 9.46 9.16-11 35 D16 R13 9.61 9.55 9.43-12 9.28 9.24 7.38 36 D16 R14 9.62 9.51-2 9.49 9.38 9.13-12 g Harvard, Dewing 2124 = Glendining; 7 mars 1957, 249 a * Bruxelles, KBR (II 46.046) a * Hess-Leu 31,6 dec. 1966, 385 = Feu ardent, 17 dec. 1919 (Collignon), 3.02 a Glendining, 31 jan. 1951 (Cunningham!, 1|I = Glendining, 27 mai 1941, 245 = Sothe- by's, 3 fev. 1909'(Benson), 636 b Ars Classica 14, 2 juil. 1929, 296 c G &M 36, 8 avr. 1987, 143 = G. Hirsch 93, lljuin .1975, 31 13 (8.56g) d SNG Stockholm 1868 c * Bruxelles, KBR, dc Hirsch 1422 a Sternberg 11, 20 nov. 1981, 98 a Poindessauk, juin 1992, 54 = Poindessault, nov. 1991,231 a *CNG 35, 20 sept. 1995, 251 = Stack's, 14 juin 1993, 89 b SNG Stancomb 731 = Sotheby's Zurich, 4 avr. 1973 (Ward), 494 c Poindessault, juin 1986, 49 = Poinsignon 5, 19juin 1984,'111 d Lanz 50, 27 nov. 1989, 376 e Kress 158, 9 nov. 1973, 399 a Stack's, 27 juin 1952, 1128 = Cahn 66, 6 mai 1930, 274 ' b Miinzhandlung Basel 4, 1 oct. 1935, 776 = Hamburger, l l juin 1930, 297 c New York, ANS (1944.100.41500 Newell) d Sotheby's New York, 21 juin 1990 (Hunt II), 451 e NFA 10,17 sept. 1981,151 f UBS Bale 59, 29 jan. 2004, 5627 [ebrcchee] a Peus 282, 30 oct. 1973, 133 = SNG von Au- lock 152 b *Leu 2, 25 avr. 1972, 219 = Sotheby's, mai 1908 (O'Hagan), 501 c G. Hirsch 182, \ mai 1994, 196 (9.45g) = Hess 207, 1 dec. 1931, 522 = Naville 5, 18 juin 1923, 2405 d NFA 4, 24 mars 1977, 234 e Lanz 22, 10 mai 1982, 334 = G. Hirsch 79, 27juin 1972, 103 69 37 D16 R15 9.53 a Boston, MFA 1361 9.51-1 b *Lanz44, lg mai 1988, 181 9.50 c Ars Classica 14, 2juil. 1929, 297 9.30-12 d SNGBM 1304 9.14 e Naville, 14, 2 juil. 1929, 299 = Sotheby, 15 juin 1896 (Bunbury),40 38 D16 R16 9.56-12 a SNG BM 1302 = SNG von Aulock 6800 9.33 b NCirc 96/7, sept. 1988, 5260 = Glendining, 11 dec. 1974, 62 39 D16 R17 9.65 a NAG 4, 27 lev. 1991, 131 9.60 b Paris; Rec. gen. pi. 18, 5 9.57 c * NCirc 81/9, sept. 1973, 6871= Cahn 68, 26 nov. 1930, 1422 (9.71g [sic!]) = J. Hirsch 21, 16 nov. 1908 (Consul Weber), 2291 9.56 d AuctionesS, 1978, 212 9.42 e Bourgey, 10juin 1982,92 f Feuardent, 9 juin 1913 (Burel), 264 Dr. Idem. Rv. Idem. Lettre A sous lc tronc 40 D16 R18 9.57 a J. Schulman 228, 4 fev. 1957, 1225 (9.6g) = (A) coll. Jameson 1368 9.55-1 b * Bruxelles, KBR, du Chastel 246 9.50 c Bourgey, 11 mars 1985, 30 = Bourgey, 24 fev. 1983, 72 = Sotheby's Zurich, 27 mai 1974, 309 = Myers-Adams 6, 6 dec. 1973, 165 = Naville 1, 4 avr. 1921 (Pozzi), 2107 41 D16 R19 9.64 a Naville 7, 23 juin ]924 (Bement II), 1344 = (A) J. Hirsch 25, 29 nov. 1909 (Philipsen), 1663 9.58-12 b * Lisbonne, Gulbenkian 952 Dr. Idem. Rv. Idem. Pas de lettre A sous le irone. 42 D17 R20 a Coin Galleries, 15 oct. 1955, 377 43 D17 R21 8.87 a CNG 49, 17 mars 1999, 539 44 D17 R22 8.47-12 a SNGBM 1305 (Bank 1865) 45 D17 R23 8.26-12 a * Berlin, Imhoof-Blumer; Lknormant, pi. V, 12 [coll. P. Dupre] et Imhook-Bi.umkr 1883, p. 227, pi. E, 16 Cette variete apparait deja dans le Catalogue de lagrande collection de monnaies el medailles de Mr. Leopold Welzl de Welknheim, I (Vicnne 1847), p. 200, nt 4-669. 7U Dr. Idem. Style plus neglige. Rv. Idem. Style plus neglige. Dlt 47 D19 R25 9.14 a Kricheldorf 40, 24 sept. 1987, 33 SNG Delepierre 2478 ■: Lampson, 263 = Naville 1, 4 avr. 1921 (Poz- zi),2104 Lanz 72, 29 mai 1995, 217 = Lanz 48, 22 mai 1989, 270= Lanz 30, 26 nov. 1984, 225 = Weber Coll. 4798 = Naville 4, 17 juin 1922,671 SNG Manchester 1150 = Glendining, 19 mai 1942, 197 49 D20 R26 9.50-12 a Glendining, 21 fev. 1961 (Locke:t IV), 2129 = SNG Lockett, 2648 =' Naville, 1, 4 avr. 1921 Pozzi),2106 * Ars Classica 16, 2 juil. 1933, 1333 = Egger, 7 jan. 1908,528 (9.45g) Ciani, 20 fev. 1935 (gen. de Grandprey), 152 Hclbing, 20 mars 1928, 328 50 D21 R27 9.45 a Gahn 60,2 juil. 1928, 714 51 D21 R28 9.33 a Ars Classica 15,2 juil. 1930,860 * GNG 42, 29 mai 1997, 415 = Superior, 19 aout 1975, 3313 = M&M, 41, 18 juin 1970, 119 (8.86g) 52 D21 R29 9.47-11 G. Hirsch 221, 2 mat 2002, 272= G. Hirsch 217, 28 sept. 2001, 1456 = G. Hirsch 214, 14 fev. 2001, 1367 = Leu 79, 31 oct. 2000, 612 = J. Schulman, 9 mars 1959, 1355 = Glendin- ing, 18 avr. 1955, 459 = M&M 6, 6 dec. 1946, 704 = Hamburger 96, 25 oct. 1932, 128 (9.45g) = Ratto, 8 fev. 1928, 570 = Na- ville 5, 18 juin 1923 (BM Dupl.), 2406 EMISSIONS DE BRONZE Dr. Tete de jeune homme imberbe a dr. coiffe du bonnet de cuir couronne de laurier. Rv. AMASTPIOS (a dr., de haul en bas) - BAEIAl£2 H 3E (a g., de haul en bas). Arc dans son carquois. - 4.26-12 SNG BM 1300 = Lockett (Baldwin 1961) (PL. 11, J) R 94 a R25 9.14 a 9.11- 12 b R26 9.31- 11 a O.JO- u 8.33- 1 c R26 9.50- 12 a 9.49 b 9.35 c 9.2 d R27 9.45 a R28 9.33 a 8.90 b R29 9.47- 11 71 - 3.70-8 SNG BM 1301 = Lockett {Baldwin 1961) Munich; Roc. gen. pi. 18, 3 Dr. Tete de jeune hommc imbcrbe a dr. coifle du bonnet de cuir couronno de laurier. Rv. AMASTPI (a g. de haul en bas). Arc dans son carquois. - 3.64-6 SNG Stancomb 729 - 2.81-5 SNG Stancomb 730 Berlin; Rec. gen. pi. 18, 7 Le type du revers, Tare dans son carquois, est identique a celui qui figurait sur les bronzes de Dionysios d'Heraclee (voir SNG BM 1613-4 et PL. 11, K). Classement des emissions Les stateres d'Amastris se rangent done, d'apres leurs legendes. en deux cate- gories. L'une proclame que ces stateres sont ceux de la rcine Amastris (Groupe 1); l'autre qu'ils sont ceux des habitants de la cite (Groupe 2). Cette differen- tiation ne pourrait etre tcnue pour negligeable. II ne peut s'agir, comme il est loisible de le fairc pour un changement de type, de la reduirc a une modifica- tion survenue au sein de Patclier monelaire sans lien avec l'histoirc politique de la villi-. Tout pousse a placer le monnayage au nom de la reine Amastris en tete de sequence: 1- D'un j)oint de vue politique prccisement, on comprencl qu'un monnayage civique ait succede a un monnayage royal (ou tyrannique) au nom de la fondairice de la cite alors que l'inverse scmble improbable. 2- D'un point de vue technologique, les revers du Groupe 1 sont plus ( Irons que ceux du Groupe 2; les flans moins circulaires, plus craqueles sur les bords. En consequence de quoi les stateres du Groupe 1 paraissont etre les produits d'unc phase de fabrication plus tatonnante. On ajoutera que le grenetis fait son apparition avec le Groupe 1 B pour se prolonger naturelle- ment tout au long du Groupe 2. 3- D'un point de vue typologique, la sequence- presentee ici se dcvcloppe sans solution de continuity, le Groupe IB assurant la transition entre le Groupe 1A et le Groupe 2: Sequence Legende (rv.) Champ g. (rv.) coiffe (rv.) bonnet (dr.) a-GroupclA &MASTPI02 BALIAI2EH2 Eifos + t8tcdeHaios tete voilce b-Groupc IB AMASTPIOS HA21A1X2HS Nike polos (-Groupe 2 AMAXTPIKilN Nike + rose poloa 6toilc 4- D'un point de vue stylistique, on notcra qu'il existe une similitude enlre les derniers coins de droit du Groupe IB et les premiers du Groupe 2. On fera 72 encore remarquer que le Groupc 2 — et lui seul — comprend quclques pro- ductions plus negligees sur le plan dc Part (D19-D21 et leurs revers) et que ce phenomene a davantage de probabilites de devoir s'cxpliqucr comme un relachement que comme un balbutiement initial (l'inverse en somme de ce qui se passe pour la technique). 5- D'un point de vue metrologiquc (voir infra), les stateres du Groupe 1 sont (un peu) plus lourds que ceux du Groupe 2, en tout cas que ceux produits a partir des coins dits plus negliges (D19-D21). II se trouve que le delitement d'unc norme est un phenomene largenient plus atteste que son contraire. 6- Enfin. du point de vue de I'usure et pour autant que l'on puissc cn juger, il parait bien que ce sont les stateres du Groupc 1 qui attestent, en general, une circulation plus longue. Du reste, e'est bien la sequence relative preconisee par le.s autcurs du Recueil general, et deja, avant cela, par Imhoof-Blumer en 1883.'° Une des avancees de cette etude est de mettrc clairement en evidence l'ab- sence de cloisonnemcnt strict entre les monnaies au nom de la reine Amastris et celles au nom des habitants de la cite. Le Groupe IB tout entier est caracterise par une evolution du type qui annonce le Groupe 2. Un examen deiaille de la fin du Groupe IB et du debut du Groupe 2 renforce le constat: Bonnet (dr.) Groupe IB D4-D6 D7 Groupe 2 D8-9 DIO etoile Le passage du Groupe IB au Groupe 2 ne s'est pas produit en une fois, ce qui laisserait libre dc penser que Ton a affaire a des productions nettement separees dans le temps. Tout au contraire, on assiste a quelques essais sans lendemain (Nike a g, [D7], monogramme sous le trone d'Aphrodite [D8-D9], rose epa- nouie [D8-D9]). Les bonnets de cuir des premiers stateres du Groupe 2 (D8- D9) sont depourvus d'etoiles a huit rayons tout comme ceux du Groupe 1 (A et B). Les stateres du Groupe IB presentent une Nike couronnant Aphrodite por- tant le polos, tout comme ceux du Groupe 2. Convcrties cn terme de sequence, ces observations font penser que, pour autanl qu'elles different nettement par leurs legcncles, les monnaies du Groupe 2 ont succedc immediatement a celles du Groupe 1. Champag. (m) Nike (rv.) sous le trone (rv.) rose a dr. monogramme rose en bouion a dr. Rec. gen. 1925, p. I 72-173; Imhoof-Blumer, MG p. 229. Origins et abondance des exemplaires conserve's Ce premier monnayage d'Amastris est rare. Lc musee d'Amasra lui-meme, guere riche il est vrai, n'en possede pas le moindre specimen.'1 Sur les 67 mon- naies d'Amastris aujourd'hui au Musee d'Amasya (l'antique Amaseia, pre- miere capitale des rois du Pont), aucune n'est anterieure a Mithridate Eupator et 66 du reste datent de l'epoque de ce roi.'2 L'Inventory of Greek Coin Hoards iJGCH) ne recense qu'unseul tresor a avoir contenu de tels stateres: IGCH 1366 Asie Mincure (Nord), avant 1948 Enfpuissement: c. 285 av. J.-C. (daiation de Merkholm) Contenu: 51+ didrachmes d'Amastris Localisation: Istanbul Trouve avant 1948 et aujourd'hui conserve a Istanbul (non vidi), cette trou- vaille aurait ete constitute de 51 exemplaires de ce type au moins. a l'exclusion de tout autre monnayage. Quant aux neuf Coin Hoards qui ont pris la suite de YIGCH. ils ne font pas connaitre le moindre tresor supplerncntairc. D'ou provicnncnt les stateres du catalogue? Pour le savoir, il a paru utile de construire un graphe qui ordonne chronologiqucment les premieres appari- tions des exemplaires passes en vente. Les stateres d'Amastris: premieres apparitions des exemplaires passes en venle Classes Groupel (D1-D7) Croupe 2 (1)8. D16) Gwpil 2 (DI7-D2I) Toial 1880-1889 1890-1899 08 2 1900-1909 8 78899 8 7 1910-1919 0379 4 1920-1929 111239999 112388 15 1930-1939 001 05 5 1940-1949 2 1950-1959 5 7 5 1960-1969 55 3 i 4 1970-1979 244 023334578 7 13 1980-1989 1559 1124889 7. 12 1990-1999 447 0113 8 2000- 03 0 3 Tolal i m 15 77 On peut tenir pour acquis qu'il y cut piusieurs trouvailles. Sans parler des ex- emplaires cormus des le 19,: s. {voire avant), on distingue deux pics distincts qui doivent correspondre a des arrivecs differentcs. Un premier qui culmine dans les annees 1920 mais qui peut Ires bien resulter de la decouverte d'un tresor (au 1 S. Irki.and, The Ancient Coins in Asmara Museum, dans: R. Ashton (fed.}, Studies in Ancient Coinage from Turkey, RNS Spec. Publ. 29 (Londres 1996), p. 115-127, pi. 51- 65. '2 Id., Greek, Roman and Byzantine Coins in the Museum at Amasya (Ancient Amaseia), RNS Spec. Publ. 33 (Londres 2000), p. 34-35. 74 rnoins) fait une ou deux decennies auparavant (peu de catalogues avant les grandes vcntcs Naville/Ars Classica des annees 1920 et perturbations dues a la premiere Guerre Mondiale). II est manifeste que cet afllux concerne le Groupe 2 (et tout le Groupe 2, en ce compris les exernplaires de style plus neglige classes en On de catalogue) mais pas le Groupe 1. Si Ton globalise les exernplaires ap- parus sur le marche cntre 1890 et 1939, on oblient 1 statere sur 16 pour le Groupe 1 (soit 6.25%) contre 23 sur 46 pour le Groupe 2 (50.0%). L'inform a- tion n'est pas negligeable. A rebours de ce qui a ete dit pour les interconnec- tions entre le Groupe 1 et le Groupe 2, qui suggerent une transition sans inter- ruption entre ces deux groupes. l'existence d'un tresor uniquement constitue de stater.es du Groupe 2 irait dans le sens d'une cesure entre les groupes. Le deuxieme pic, celui des annees 1970 (sensible a partir de 1972), mele quant a lui les exernplaires des Groupes 1 et 2. Je ne crois pas qu'il faille y voir le produit de la simple multiplication des catalogues et listes de vente a partir de ces annees. Sans quoi, il cut etc logjque d'obtenir des chiflres plus Sieves en- core pour les annees 1980 el 1990. Tel quel, le graphique renvoie plus proba- blcmcnt a une trouvaille (au moins) faite vers cette cpoque. Ici, il parait que les exernplaires des deux groupes ont circule cote a cote. Reste a se demaiider si Papparition des stateres d'Amastris a ce moment sur le marche ne peut etre correlee avec celle d'autres monnayages qui auraient fait partie de la meme trouvaille. On songe a Heraclee pontique. Malheureusernent, on ne peut rien dire des 24 stateres de cette cite, vendus chez Bonhams, puisqu'ils faisaient partic du patrimoine d'un defunt et que nous n'avons aucun renseignement sur leur date d'acquisition par celui-ci. Volume du monnayage Table de frequence des coins des stateres F 1 2 3 4 14 Total Numeros des coins de. droit 5,6,7,9,10,11.12,15.18 8 13 3,17,20,21 U9 14 16 d (droits) = 21 r (revers) = 46 n (exernplaires) = 108 n/d = 5.14 1 1 1 1 2! 14 Bonhams Lqndres, 8 sept. 1998 (voir Stancomb) . Avec 21 coins de droit (d) pour 108 exemplaires (n), les stateres d'Amastris presentent un ratio n/d eleve, superieur a 5 (5.14). Tel quel, cela revient a esti- mer Ie nombrc originel dc droits aux environs de 25 (23.2 + 1.0 scion la for- mule simplifiee de G.F. Carter}.7'' Comme toujours, il existe des disparites dc representation. Dans ce cas-ci, avec. un indice n/d de 3.71, le Groupe I (7 coins de droit pour 26 exemplaires) n'est pas aussi bien represents que le Groupe 2 (5.86 = 14 coins de droit pour 82 exemplaires). Tel quel toujours, 25 coins ori- ginels de droit pour des monnaies pesant c. 9.60g sont l'equivalenl de 55.8 coins de droit pour drachmes de poids attiques (c. 4.30g). Pour donner un ordre de grandeur de ce qu'il etait possible de reglcr comme paiement avec un tel mon- nayage, et en faisant les hypotheses d'une productivite moyenne de 20.000 exemplaires par coins de droit et de 200 drachmes de poids attiques comme paiement annuel du soldai, c'est la possibility de regler en monnaies nouvelles quclqucs 5.580 salaires annuels. Me'lrologie ponde'rale des stateres Classes D1-D7 D8-DI6 D17-D21 [9.70-9]g [9.60-9]g [9.50-9]g [9.40-9] g [9.30-9]g [9-20-9]g [9.10-9]g L9.00-9jg [S.90-9]g L8.80-9jg [8.70-9]g [8.60-9]g [8.50-.9]g [8.40-9jg r8-30-9]g [8.20-9]g Told Mediane 034 0267 145567889 024677 5 05 7 28 9.54g 127 00122266 001133444-555667 00234689 038 134458 34678 027 579 05 7 17 7 I 1 1 1 97 Le poids des pieces, sous les lOg, parait etre celui de sides double ou «stateres persiques». Ces «stateres» (plutot que didrachmes) presentent apparemment un petit affaiblissement ponderal en fonction des groupes constitues. C'est sur- tout vrai des productions au style plus relache classees en fin de catalogue (D17-D21: mediane a 9.12g au lieu de e. 9.49g pour les emissions anterieures). G.F. Carter, A Simplified Method lor Calculating (he Original Number of Dies from Die Link Statistics, ANSMN 28, 1983, p. 195-206. Mais i! ne faul pas aller trop loin et. comme. Ic fit Imhoof-Blumer sur la base d'un seul cxemplaire (D17-R23a), crccr deux etalons diflerents, l'un lourd dit «babylonien» pour les stateres de plus do 9g et Pautrc lcger, repute attique pour ce qui serait inferieur a 8.70g.'"' Un exemplaire recemment apparu sur le march e ct frappe a Faide du mcrae coin de droit (D17-R21a) mine cette hypothese puisqu'il pese trop lourd pour le systcme attique (B.87g). Prises globalement, ces donnees ponderalcs dorinent tine valeur de 0.3 lg pour Pespace interquartile (9.24g-9.55g), soit la valeur de la dispersion pour la moitie centrale de Pechantillon. Disons, sans entrer clans trop de detail, que, s'agissant d'un echantillon brassant toules les provenances (mais precisement il est possible que tous ces exemplaires proviennent in fine de deux on trois trou- vailles sculcmeni), cela temoigne d'un reel soin apporte au calibrage des Hans. Comme toujours, il y a profit a restituer cette sequence de poids dans son en- vironnement naturel. C'est ee qu'avait bicn compris Jan Pieter Six (1824- 1899), il y a plus d'un siecle, a la faveur d'un tableau qui, tout sommaire qu'il soit, etait ires novateur pour Pepoque.7B Les poids des stateres de Dionysios. emis avant ceux d'Amaslris, sont, comme dc juste, un pcu plus lourds avec quelques specimens qui dopassent les lOg. 7 Amastris aura repris la norme du monnayage tyrannique de son d€funt cpoux sur un mode legeremcnt a.ffaibli. A Heraclee meme, la cite met en circulation au debut du 3'' s. av. J.-G. des sta- teres aux types «Tete d'Heracles a dr./Dionysos assis a g. sur son Irone, tenant un canthare dans la dr. et un sceptre dans la g. contre lui». Ces stateres. rares eux aussi, a la legende H I'AKAEQTAN (clans le champ dr.. de haut en lias; appartiennent a la meme norme ponderale. Les coins ont ete ajustes a 12h, avec quelques observations settlement a I Ih on lh, et unc seule a 2h. Comme pour les poids, c'est un peu mieux ouplus pre- cis que les donnees obtenucs pour les stateres de Dionysios d'Meraclce.'8 Commenlaire historique Autant ce premier monnayage d'Amastris est speclaculaire, autant il paraTt malaise a son sujet de convertir Pacquit numismatique en benefices dc nature propremcnt historique. La question dc sa datation est de celles qui frustrent. Elle patit considerablement de Pabsence de tout tresor utile ainsi que d'unc quelcotique surfrappe significative. II est sans doute bon de partir des frappes de stateres au nom de Timotheos et Dionysios d'abord. cclle au seul nom de Dionysios ensuile, dont elles pren- nent la suite (meme norme metroiogique el conception generate de Piconogra- ?9 Imhook-Bi.umkr, MG p. 227-228; Six, p. 46. ''' Six, p. (35. Avec des valours ires (trop) hautes toutcfois pour les staieres d'Amastris (9.57g pour le Groupe 1 et 9.70g pour le Groupe 2). 77 Stancomb, p. 265, n° 18-20. 78 Vmiibid. 77 phie). Stancomb, a la suite d'auires, etale cettc frappe sur une periode assez longuc de temps, en rapport avec ce que Ton croit savoir de la trame histori- que: c. 346-307 av. J.-G.Je n'en suis pas tres convaincu.79 Ces stateres affichent une grande uniformite de style, de fabrique et meme d'usure qui me fait douter d'une repartition de ces frappes sur ptusicurs decennies, a fortiori sur 40 ans. La differenciation en fonction des noms mentionnes dans la legende ne fournit peut-etre pas le critere decisif de chronologic qu'on voudrait lui faire jouer (avant ou apres e. 337, dale supposee de la mort de Timotheos). II ne me parait pas exclu et meme probable que les monnaies aux noms conjoints de Dionysios et de Timotheos datent toutes de l'epoque de Dionysios et qu'il y ait la une mention posthume (comme ccla s'est passe ehez les Piolemees, les Seleucides et les Philetaires). Je ne serais pas surpris que ces frappes dalent toutes de la fin du 4e s., ce qui simplifierait au passage la difficulte notoire, noiee par Stancomb, de noms de dynastes d'Asic Mineure apparaissant sur les monnaies avant Alex- andre le Grand. De meme que se trouverait simplcmcnt explique le choix du type du droit: le dieu Dionysos pour le tyran Dionysios (et Heracles, au rcvers, pour la ville d'Hcrach'c:. .1 conlrario, on petit se demander pourquoi Timotheos aurait choisi un type approprie au nom de son frere cadet. Kn outre, Stancomb fait part d'une disproportion qui lui parait curicuse: un plus grand nombrc d'excmplaires et de coins recenses pour lc groupc aux noms des deux freres (16 exemplaires contre 8 pour Dionysios) alors que les sources indiquent des lon- gueurs inverse de regne (8 ans seulement pour TirrtOtheos [et Dionysios] contre 32 pour le seul Dionysios).80 Depuis le Recue.ilgeneral, on a pris l'habitude de dater le Groupe 1 des stateres d:Amastris, ceux au nom de la reine, de c. 300-285 av. J.-G., e'est-a-dire de son vivant, entre le moment ou clle fonde une cite a son nom et sa mort.81 Quant au Groupe 2, au nom des habitants d'Amastris, il est rejete plus tard, vers 285 av. J.-G. ou, plus prudemment encore, vers la moitie du 3° s.82 II n'est possible ni de confirmer ni d'iilfirmer ces datations de bon sens, derivees mecanique- ment de ce que Ton connait du canevas historique. Mais, comme trop souvent (e'est-a-dire prcsque toujours), la recherche nc s'est jusqu'ici pas pose la question de la finalite. A quoi ces stateres ont-ils servi? Resumons la situation: au debut dc sun hisloiie, la cite d'Amastris a cmis des stateres d'argenl d'un poids de 9.5g environ, accompagne de tres fares (du De meme que je ne suis pas convaincu par la pseudo nouvelle variclc, ccllc au nom de Timotheos seul (Stancomb p. 264, n° lj. L'illustration (pi. 37, 1; montre que la mention de Dionysios peut ties bj.cn sc trouvcr hors flan (voir SNG BM 1607?). Du restc, il parait bien que 1'on distingue le soitnnet de Tune ou l'autre haste. Or 1'existence d'une telle va- riete au nom du seul Timotheos, si elle etait averee, fournirait un argument important pour faire debuler ee monnayage du vivant de Timotheos en tout cas. II n'en est rien, je pense. Desequilibre egalement a Londres (SNG BM 1605-1609 [Timotheos et DionysiosJ ct SNG BM 1610-1612 (Dionysios]). Rec. gen. 1925, p. 172, suivi dc Price, SNG BM pi. XLV III Rec.gen. 1925, p. 173; SNG BM pi. XLVIII. 78 moins en apparence) petits bronzes pes ant c. 4g. On ne connait aucune petite monnaie d'argent ou gros module de bronze qui jette un pont entre ccs deux denominations, dont la premiere vaut probablement 48 fois la seeonde (hy- pothese d'un dichalque pour les bronzes). C'est dire si ce monnayagc, tout comme celui de Dionysios d'Hcraolee qui prescnte le meme facics, n'a pas eu cbmme ambition de rendre plus flu ides les transactions quotidienncs des habi- tants. On cache mal sa pcrplexile devant ces binomes insolites. D'un autre cote, le nombrc originel des coins de droit mis en ccuvre n'aurait pas depasse les 25, ce qui, a-l-on dit, rcpresente 186 talents d'argent attique ou l'equivalent d'environ 5.580 soldes annuclles (a 20.000 stateres par droit et a 200 drachmes de poids attique la solde annuelle). C'est beaucoup si on met cette somme en perspective avec les besoins supposes d'une ville de la taille d'Amastris. Est-il realiste d'imaginer que ces stateres aient ete emis bon an mal an pendant 20, 30 ou 40 ans? A quelle fin? Pour payer des garnisonnaircs? Meme en etalant la frappe sur 30 ans, cela laissc la possibility de payer de facon inintcrrompue et a chaque fois <-ri monnaies nouvclles une troupe de 186 hommes. II me parail beaucoup plus probable que ces frappes, sans lien avec le commerce, aient ete realisees pour subvenir a une ou plusieurs depenses excep- tionnelles, de nature probablement militaire. Lours chronologies a bonne chance de devoir etre resserrees. Ce n'est qu'une suggestion, elle aussi improu- vee, mais qui rend mieux compte, ce me scmble, de la nature meme des emis- sions monetaircs etudiees dans cct article. En revanche, je nc crois pas qu'il faille succombcr a une idee tentante depuis que R. Ashton I'a proposec pour la ville de Rhodes, e'est-a-dire imaginer que ces frappes aient servi a payer les materiaux et la main d'ecuvre destines ii I'edi- fication de la nouvelle cite.83 Le premier tiers du 3' s. constilue une periode de grands troubles a propos desquels nous savons pen de choses certcs mais qui permet aisement d'imaginer une circonstance favorable a une emission de grosses monnaies d'argent. R.HJ. Ashton, The Coinage of Rhodos 408-r. 190 BC, dans: A. Meadows and K. Ship- ton (ed.), Money and its Uses in ihe Ancient Greek World (Oxford 2001), p. 92. Summary The city of Amastris was founded about 300 BC on the site of Sesamus by the queei) Amastris. A Persian princess, she married Craterus, Dionysius (tyrant of Heraclea Pontica) and last Lysimachus who repudiated her. At the beginning of the 3 c. BC, she struck spectacular silver staters (or double sigloi), the first coins ever to be issued in the name of a queen. The article evokes the story of this queen and her city. Apart from the historiography a numismatic study is given which is based on a corpus of 108 staters (21 obverse dies) none of them with a known provenance. Despite the absence of any recorded hoard or useful overstrikes, it is possible to define the sequence of issues. These coins, whose types remain difficult to explain, were struck in two phases, the first in the name of queen Amastris (c. 300-285 BC?) and the second in the name of the in- habitants of the city (after 285 BC?). As was the case for Heraclea Pontica, some very rare bronze denominations were struck along this heavy silver coin- age (c. 9.50g): however, it is difficult to determine the meaning of such a sys- tem. In any case it must be stressed that the staters were not meant to facilitate local transactions. Even if the numismatic study succeeds to throw more light on this coinage, its true historical and economical contexts remain conjectural. Dr. Francois de Callatay Ribliothrque royalede Belgiqne Cabinet des Medailles Boulevard de PEmpereur 4 B-1000 Bruxellcs callatay@kbr.be Planche 11 A Amastris, statere groupe 1 (6a) B Amastris, statere groupe 2 (36b) C Amastris, AE. cle Hirsch 1423, Epoquc des Antoniniens D Soloi, statere. Triton VII, 2004, 307 = SNG von Aulock 5858 E Lampsaquc, statere d'or. Triton VII, 2004, 225 = SNG von Aulock 7395 F NagidoSj statere, Ledercr groupe VIII. Leu 33, 1983,403 = Franke-Hirmer 668 G Nagiclos, statere, Lederergroupe X. Niggeler I, 1965, 438 H Lysimaquc, AE. CNG 60,2002, 478 I Amasliis, Dionysios, statere. SNG BM 1605 1 Amastris, A E. SNG BM 1300 K I Ieraclea, AE. SNG BM 1603 80 PLANGHE9 Groupe1 A Fr. de Callatay, Le premier mormayage d'Amastris (Paphlagonie) (1) PLAN CHE 10 Fr. ck Gallatay, Le premier monnayage d'Amastris (Paphlagonie) (2) PLANCHE 11
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