Le premier monnayage de la cité d'Amastris (Paphlagonie) moreRevue suisse de Numismatique, 83, 2004, p. 57-80, pl. 9-11. |
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FRANgOIS DE CAI.I.ATAY
Le premier monnayage de la cite d'Amastris
(Paphlagonie)
Sonderdruck aus «Schweizerische Numismatische Rundschau» Band 83 2004
FRANCOIS DF, GALLATAY
LE PREMIER MONNAYAGE DE LA CITE DAMASTRIS
(PAPHLAGONIE)
Planches 9-//
Le premier monnayago d'Amastris n'a jamais ete etudic pour lui-memc encore
qu'il soit tombc dans le champ convert par le Itecueil general des monnaiesgrecques
d'Asie Mineure public on 19041 et avait, par le passe, fait l'objet d'un premier
rassemblement documentairc.2 Pas plus du restc que celui d'Heraclee politique
avec. lequel il cntretienl les plus forts liens de proximite.
Ces deux monnayages, ainsi que ceux des villes dc Cromna, Sesamos et Tion
dont est issu par synecisme la cite d'Amastris (voir infra), doivenl etre ferme-
mern detaches de ('horizon pontique qui comprend les ateliers monetaires de
Sinope, d'Amisos et de Trapezonte. Les statcrcs d'argent d'Amastris, d'un
poids de c. 9.5g, s'inscrivent dans le prolongement direct de ceux emis a Hera-
clee Pontique par les tyrans Timothee el Dionysios. Quoi de. plus normal, du
reste, puisque la cite d'Amastris fut fondee par la reine Amastris. epouse et
veuve de Dionysios.
BiblMgr«phit
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Six, p. 15-65.
Schwcizerische Numismatisrlie Rundschau 83,2004, S. .57-86.
Historique
Amastris etait princesse perse, (ille d'Oxathres, le frere de Darius III Codo-
man.'5 Elle flit d'abord mariee a Cratere, qui l'epousa a Suse lots dcs noccs or-
ganises par Alexandre pour ses Gompagnons, avant que celui-ci ne l'aban-
donne pour Phila (c. 322 av. J.-G.).4 Kile s'unit ensuite au tyran d'Heraclee, ce
Dionysios dont le nom se rencontre sur une serie de stateres."' lui-meme le fils de
Clearchos, l'instigatcur de la tyrannic a Heraclee. Trois enfants naquirent:
Clearchos, Oxathres el Amastris.6
Apres le dcc.es de Dionysios (c. 306 av. J.-G.), Amastris Cut choisie par Lysi-
maque en seconde noce (302 av. J.-C.?), lui qui s'ctait d'abord uni a Nikaia, la
sceur d'Antipater et la veuve de Perdiceas.' L'union fut breve quoiqu'elle de-
boucha peut-etre sur la naissancc d'un fils, Alexandre.8 La bataille d'Ipsos en
301 av. J.-G. modifia les rapports de force et Lysimaque. ailaque par Deme-
trios Poliorcetc, jugea plus opportun dc s'allicr aux Ptolemees en se mariant a
Arsinoe, lajeune sceur de son allie.9 Repudiee (300 av. J.-C.?), Amastris quitta
Sardcs et obtint de regner sur Heraclee, prolongeant en son nom el profit la
tyrannie de Dionysios. La. elle du composer avec ses fils, en particulicr
Clearchos qui, a present majcur, reclamait sa participation au pouvoir. Kile
l'autorisa a regner sur Heraclee et Cierus, sous son autorite.10
Trcs bicntot (des 300 av. J.-C.?), Amastris cjuitta Heraclee pour s'installer a
Sesamos dont elle fit l'acropole d'unc nouvelle eritite denommee apres elle
Amastris.'1 Siluee sur une presqu'ile, elle possedait deux ports de part et d'au-
tre dc son isthme.12 Cette nouvelle fondation — ou «sympolitie» — ne fut pas ac-
compagnee de deplacement de population (ou «synoecisme», en depit. de 1'cm-
ploi de ce mot par Memnoti et Strabon). Elle comprenait quatre entites:
Sesamos, Tion, Crornna et Cytora.1 Trcs vitc, Tion se detacha de cet ensem-
ble.
Les deux premieres decennics du 3' s., entre les batailles d'Ipsos en 301 et de
Coroupedion en 282 av. J.-C. forment une periode particulierement troublee
sur laquellc. nos sources nous reduisent. a pressentir settlement la complexity des
:i Mcmnon, FgrfJ 434F 4, 4; Sirabon, XII, 3, 10.
* Arricn, Anabaso, VII, 4, 5; Mcmnon, fr'grfl, III, 434.F 4, 4 - sur ces evenements dynas-
tiques voir U. Wilckkx, Amastris (7). RE I (1894), col. .1750.
3 Stancomb, p, 263-268, pi. 37-38.
6 Strabon, XII.3, IO.
' Diodore, XX, 109, 6; J. Seibert, Historische Bcitragc zu don dynastischen Verbindun-
gen in hellcnisiisoher Zeit (Wiesbaden 1967). p. 93-95.
8 Polyen, VI. 12 - Thypoihcse est tenue pour improbable par F. Jacoby, Die Fragmeute
dergriechischenHistoriker, Leyde, Illb (1950 texts- 1955 commcntaires, p. 273).
9 Memnon, FgrH5, 4; P. Green, Alexander to Aciium. The Historical Evolution of
the Hellenistic Age (2n<l ed. Berkeley/Los Angeles 1993), p. 122.
10 Memnon, FgrH, 3B, 434F5.4.
" Pl'mcAW, VI, 5.
" Strabon, XII, 3, 10.
,:i Memnon, FgrH, 3B, 434F4.9: Strabon, XII, 3, 10.
58
rcbondissements poliliques. Mcmnon d'Heraclee, noire mcilleur informa-
teiir, nous apprend qu'Amastris peril (vers 284 av. J.-C?) ;i I'occasion d'un
vovagc cn mcr. probablemcnt sur 1'ordrc de ses enfants, Clcarehos el Oxa-
thres.15
Louis Robert a publie de belles photos et d'utiles plans du siie d'Amastris,
aujourd'hui Amasra.'fi La cite d'Amastris nc recouvrait pas l'acropole de Sesa-
mos sur la prcsqu Tie mais Cut balie dans la plaine sur le plan hippodameen,
principalement le long du port oriental. Pline lejeune, qui en fut le gouvcrneur
sous Trajan, qualifie la cite de elegam el ornata1' avec, parmi les edifices les plus
remarquablcs, une trcs longue avenue bordee par uri fleuve qui est en realite
iin egoui. Une inscription funcrairc datee de 257-258 apr. J.-C evoquc le quar-
ter reserve aux vainqueurs de concours.1 Pourvu de deux bons ports, clc part
et d.'autre d'un islhrae d'une largeur minimale de 200 metres, le sile d'Amastris
etait par ailleurs d'aeces lerreslre difficile. Qui voulait le quitter pour s'enfon-
cer dans le pays devait franchir une. passe assez rude, bien notcc par les voya-
geurs.1'"1
Hi.storiograp/iie numismatique
Le monnayage d'argent d'Amastris est absent de la premiere edition de
Pouvragc de Theodore Edmee Mionnet20 maLs figure dans les supplements21
avec renvoi a de la littcraturc alors recente.22 En realite, Domenico Sestini
avail deja publie en 1790 un exemplaire de cc type mais en se meprenant tota-
Icincnl dans sa description puisque il voyait une lete de femmc (Atalantc) au
droit el, plus fort, une figure assise a tnoitie nue (Jupiter) tenant un aigle dans
la dr. et une lance dans la g., au revers. 3 Gette mention avail etc reprise parmi
les douteuses par Joseph Hilarius Eckhel avant d'etre corrigce par Sestini lui-
metne. 3 Visconti avail enirc-lcmps defendu I'idee que ces slaleres representent.
Pour Hcraclcc et Amasuis, voir cn particulier S.M. Burstein, Outpost of Hellenism.
The Emergence of He.raclea on the Black Sea (Berkeley 1974), p. 83-85.
18 Memnon, FgrH 434F 5.3; Green, supra, n. 9, p. 764, noie 1 3.
I.. Robert, A travers 1'Asie Mineure. Poclcs cl prosatcurs, monnaies grecques, voya-
geurs ct geographes (Athenes/Paris 1980), p. 158-161; voir aussi D.R. Wilson, The His-
torical Geography of Bithynia, Paphlagonia and Pontus in ihe Greek and Roman
Periods (Oxford 1976;, p. 47.
17 Pline, Lettm, 98.
18 Robert (supra, a. 16), p. 151-159.
IS ibid., p. 159.
20 Mion.net 1807, p. 389-391.
11 Mionnet 1829, p. 551-552.
an 1
Sestini 1820, p. 5 el pi. 1, 5; Tn.M. Dumersan, Description des mcdailles antiques du
cabinet de feu M. Allier de Hautcroche (Paris 1820:, pi. 10, 12.
D. Sestini, Lettere e disscria/.ioni numismatiche sopra alcune medaglie rare dclla collc-
zionr Ainslieana iLivourne 1790;, p. 101.
. J. Kckhki., Doctrina numorum veterum, vol. 2 (Vienne I 794), p. 385.
r' Sestini 1820, p. 5.
Lysimaque sous les trait du dieu Lunus au droit et Cybele au revers.26 La frai-
cheur de ces debats, 1'absence a toute bibliographic anterieure pourraient faire
croire que les stateres d'argent d'Amaslris, et a fortiori leurs rarissirncs divisions,
etaient inconnus encore vers la mbitiedu 18e s. Dc fait, on he trouve Hen chez
Joseph Pcllerin ou chez N.F. Haym.2' On en trouve pourtant (race, avec ce
que jc crois etre la premiere reproduction, dans les Disserlaiiones depraestanlia et
usu numismatum antiquonim d'Ezechiel Spanheim, parties une premiere fois a
Rome en 1664, une sccondc fois a Amsterdam en 1671 et popularisees a la fa-
veur d'un tirage plus ample en deux volumes.28 On trouve des la seconde edi-
tion une gravure qui, e'est a noter, dillere de celle reproduite plus tard a
Londres.2
Dans ces deux editions, qui donnent un impeccable corpus des sources philo-
logiques relatives a la reine Amastris, la monnaic est decrite comme figurant
une tete de femmc au droit {caput nempe muliebre) et une figure de femme assise,
portant un calathos au revers. L'exemplaire grave appartienl au Groupe IB et
ressemble par sa decoupe du droit au staiere conserve a Vienne. Au 18's., Fro-
lich reprcnclra Spanheim pour en preciser Pinterpretation: tete probablernent
d'Amaslris au droit et allegoric de la cite d'Hcraclcc ou d'Amastris au revers,30
identifications suivies par Rasche qui voit une tete de femme au droit et Andres
de Gusseme.31
VlSCONTI, p. I 0:5.
J. Pki.i.krix, Receuil de medailles dc peuples et de villes, qui n'ont point encore eti pu-
bliees, ou qui sont peu connues, t. 2 (Paris 1763), p. 13-1 :>; N.F. Haym, Thesauri Briian-
nici (Vienne 1763), p. 172-173.
E. Spanheim, Desscrtationcs dc praestanlia et usu nuinisinalum antiquorum, n. ed.
(I.ondres/Amstcrdam 1 706-1717).
Spanheim 1671, p. 464 (Rome) et Spanheim 1706, p. 494 (Londres). Ici, la fidelite de la
reproduction du droit remportc de loin sur ccllc du revers au point qu'il est douteux que
les deux dessins soient dc la mcmc main.
E. Frolich, Notitia elementaris numismatum antiquorum illorum... (Viemne/Prague/
Trieste 1758), p. 137.
I.Ch. Rasche, Lexicon universae rei numariae veterum, I (Leipzig I 785), col. 499; I n.
Andres de Gusseme, Diccionario numismaiico general para la perfccla inteligencia de
la medallas antigues, I: A-B (Madrid 1773), p. 122. - Jc suis rcconnaissant envcrs Jcau-
6(1
Iconographie,
Types de droit
Le type du droit represente une tete a dr. juvenile et imberbc coiffcc d'un
bonnet de cuir avec couvrc-nuquc et bandes laterales pour proteger les oreilles.
La chevelurc, cachee pour ressentiel par le bonnet, est longue. Le bonnet est
denomme de diverses manieres: bonnet phrygien (mais celui-ci ne se caracte-
rise-t-il pas par une pointe plus proerninente, c'est-a-dire moins rabattue sur le
devant du crane?), tiare perse, bonnet satrapal et merne — imprudemmeiiL je
pense — bachlyk. 11 est toujours ceint d'une couronne de laurier et, sur les excm-
plaires du Groupe 2, orne d'une etoile a huit rayons ( PL. 11, B). Les premieres
varietes de ce monnayagc ajoutent un arc: dans son carquois dans le champ g.,
dcrriere la nuque {PL. 11, A).
Les premiers commentateursj2 ont pu y voir une representation du roi Lysi-
maque, epoux de la reine Amastris, d'apres une hypothetique ressemblance
avec les portraits de ce roi et en se meprenant sur un detail de 1'iconographie:
un pli du bonnet devenu chez eux come de belier (auquel cas, du reste, il se se-
rait agi d'Alexandre le Grand et nop de Lysirnaque). Visconti ecrivait: «La
ressemblance de ce profil avec la tete gravee sur les medaillons de ce roi de.
Thrace ne me parait point douleuse».J' Plus precisement, il y reconnaissait le
roi Lysirnaque sous la forme du dieu Mois ou Lunus (= Men) «univcrsellemcnt
revere dans la Bithynie ou regnait Amastris*.31 Cette «opinion hasardee»3"' fut
ruinee a la faveur d'un memoire inedil de M. Allier de Hauteroche, lequel y re-
connaissait une tete de Mithra.36 Cette hypothese allait s'imposer pour un
temps. Mais une autre interpretation, pour le moins dillerente, allait bientot
voir le jour et jouir d'un grand succes: il s'agirait de la tete de la reine Amastris
elle-meme.3' Certains s'en tinrent a des jugemcnts plus prudents: Leake n'al-
lait pas au-dela d'une «tctc juvcnile»."a Mionnet parlait d'une «tete virile et
imberbe» et Lenormant et Imhoof-Blumer y voyaient une tete «evidcmment
virile». '59 Tandis que les derniers auteurs ont prefere en rester a I'appellation
«tete de j eune-homrhe».
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m
Baptiste Foreslier qui a cu I'obligcancc de fa ire pour moi quelqucs recherches de livres
aneiens au cabinet des medailles de la BnF.
Visconti, p. 103; Sestini 1820, p. 5; Mionnet 1829, p. 551.
Visconti, p. 103.
Borrell, p. 187 ; Lenormant, p. 8.
Lenormant, p. 8.
Th.M. Dumerban, Description des medailles antiques du cabinet de feu M. Allier de
Hauteroche (Paris 1829), p. 66; Borrell, p. 187; Head, HN p. 432 (qui y avait vu la
tete de la reine quelques annees auparavant, mais sans douce aura-t-il recopie ici le rna-
nuscrit de M. Borrell) et BMC Pontus, etc., p. 84.
HN p. 59; Six, p. 63; Rec. gen. 1925, p. 172 - repris par boil nombre de marehands prp-
fessionnels dans leurs catalogues.
VV.M. Leake, Numismata Hellcnica (London 1854), p. 9.
Mionnet 1829, p. 554: Lenormant, p. 8, et Imhoof-Blumer, MG p. 228.
Grose, p. 15:SNG BM Black Sea pi. XLVIII et SNG Stancomb pi. XXXIIL
L'identification avec Mithra Conviendrait par lc stylo dc la (etc mais sc
heurte a la presence de l'arc dans son carquois. Or eet arc n'est pas un element
externc du type (comme line marque de monetaire) ainsi que Pindiquent les
rares fractions de bronze «Dr.: Tete de jeune honirne coiffe du bonnet phrygien
a dr./Rv.: Carquois» (copiees elles aussi sur le modclc des bron/es de Dionysios
d'Heraclee, voir SNG BM 1613-4). S'agissant de divinitcs, le bonnet dit phry-
gien ouvre le champ a plusieurs possibilities - Aids, Men ou Pcrsec41 — sans
qu'aucune de celles-ci ne soil salisfaisante. comme Pindique ce petit tableau cn
forme de rappcl:
Auis: Bonnet phrygien et syrinx (Auis est toujours represents comme un enfant)
Men: Bonnet phrygien et croissant luiiaire I cioilc a huit rayons
Mithra : Bonnet phrygien et couteau saeriliealeur
Persee: Bonnet phrygien aile el karpe (Spec ronrtc munie d'un crochet
La presence conjointe d'un bonnet dc cuir et d'un arc est typique des archers
scythes qui faisaicnt, entre autrcs, la police a Athcncs et dont nous posscdons
unc scric dc representations, la plupnrl barbues. Mais il est douteux (|ue cette
information aide a resoudrc Penigmc du type du droit. Tete juvenile, arc et
carquois ainsi que bonnet de cuir conviennent aussi aux Amazoncs. lis se re-
irouvent au droit d'une variete de state res cmis a Soloi en Cilicie (c. 425-400
av. J.-C.) (PL II, D), ce qui rejoindrait unc identification deja avanccc pour
le type du droit a Amastris.43 Six y voyait, de facon un pen biscornue, la «tete
de PAmazone Amastris, avec les trails de la reine Amastris».M
Ce bonnet est surtout identique a celui porte par une serie de salrapcs perses
au 4C s. (PL. II, E),. En sorte que, sans la favoriser, il ne parait pas possible de
rejeter formellement Phypothese de la representation d'Amastris clle-meme
coiffee du bonnet satrapal comme l'avaient propose les auteurs du Recueil ge-
ne'ral.46 Nous nous trouvons en somme avec deux descriptions aussi problcma-
tiques Putie que l'autre (Mithra ou la reine Amastris) et que, cn Petal, je me
garderai moi aussi de soutenir une identification precise, me bornant a 1'appel-
lation «Tete juvenile».
Je rappellerai, en forme de bref excursus, Phypothese ingenieuse d'Alfred
Mamroth qui reconnaissait le portrait de la reine Amastris egalcincnt au droit
d'une i'■mission de bronzes de I.ysimaquc. Ceux-ci represcnlent au droit une
tete, selon lui feminine (longs cheveux), coiffee d'un casque dit id phrygien et,
au revcrs, un trophee le long duquel on trouve la legende ATSIMAXOT-BA-
EIAEGZ (/'/,. //, H). Pour Mamroth, lc type du revers sera it une reference
iconographique claire au monnayage du lyran heracleotc Dionysios, le defunt
41 Voir I.knormant, p. 8.
12 SN<J von Aulork 5858 = Tricon VII, 2004, 307.
43 Imhoof-Blumer, MG p. 228.
f Six, p. 63.
4j VoirSNG Paris. Mysie 1159 (agrandissement sur la jaqucttedc couverture).
4U Outre Rcc. gen. 1925, voir Jameson 1913, 328 «Tete dc fcmmc» et L. Forrer, Weber
Coll. vol. 3, p. 24.
* Mamroth, p. 81-86.
62
6poux d'Amastris (PL. 11. 1). Toute remission temoignerait dc la volontc dc
Lysimaque d'honorcr son epouse repudiee en la faisant (igurer au droil (car,
soutient-il, un casque phrygien ne convient a. aucunc divinite grecque) en com-
pagnie d'un type repris a son precedent epoux au revets (sic !). Elegance
royale, en verite. Lysimaque aurail procede a cette emission plutot apres la
mort d'Amastris (vers 285 av. J.-C.) que lors de sa courte union (c. 302-300 av.
J.-C). La representation casquec dc la reinc Amastris scrait alors une evoca-
tion de ses propres stateres emis dans la cite fondee par elle. Brel", «einc wirk-
liche Gedenk- und Erinncrungsmunze».48 Sans grande surprise, la critique n'a
pas cru necessaire de suivre Mamroth dans ses (-lucubrations!
Types de revers
Au revers. il f'aul dislinguer deux types ct quelqucs variantes. Dans tons les
cas, on se trouve en presence ri'unc femme assise a g. sur un coussin place sur
une chaise a accoudoirs et haut dossier dont les pieds sont decores d'anneaux
(done un tronc), le tout pose sur une ligne de terre. Vetue du chiton ceinture
sous le sein, elle avarice la jam be g. et tient un sceptre (termine par une fleur a
trois pctalcs [dc lotus?])19 dans le creux de son coude g. tandis qu'elle etend le
bras dr.
La premiere variete (D1-D3), au nom de la reine Amastris (voir infra), re-
present^ cette femme la tete voilec et tenant dans sa main droite une petite fi-
gure d'Eros (PL. 11, A, rv.), nu et aile, lequel etend lui-merne les deux bras a dr.
en prcscntant cc qui parait etre des bandelettes {taenia) voire des branches de
myrle50 vers une tete d'Helios radices de face/'1 La. presence d'Eros pousse a y
voir la decsse Aphrodite ou — peut-etre comme on l'a aussi ecrit — son equiva-
lent perse, Anahita,''2 alors que la tete voilee conviendrail bien a une reine, la
reine Amastris.
La seconde variete, beaucoup plus repanduc (D4-D21), remplace 1'ensemble
Eros/Tete d'Helios par une Nike, plus classic]ue, couronnant la figure feminine
(a une exception pres: D7-R7a ou la Nike couronne le nom de la reine) (PL. 11,
B, rv.). La figure feminine est surmontee d'unc coiffc cylindricjue, habituelle-
ment appelce a tort «calathos» dans la litterature numismaliqus."'3 Dans le
champ g., on trouve une fleur, le plus souvent en bouton. On lit parfois qu'il
s'agit d'un bouton de m.yr%e.54 Cette identification est sans fondement, de
meme que celle qui en fait un pavot.'*0 II s'agit d'unc rose et non d'un bouton
Mamroth, p. 85.
Imiioof-Blumkr, MG p. 227; Grose, p. 15.
H. Baumann, Pflanzenbilder aul'griechischen Munzen 'Munich 2000), p. 42-43.
La tete d'Helios radiee de face apparatt frcquonirncrit au droit d'unc scric do didiachmcs
deSinopedu3"ucs. av.j.-G. Cf. Imiioof.-Bi.umrr, MG p. 228 et Rec. gen. 1925, p. 172.
SXG BM Black Sea, repris par Stancomb.
Le «calathos» (:>u modius) est un petit panier cireulaire dans lequel on disposait une me-
surc de grain. II est l'attribut principal de Serapis.
A la suite de Imhoof-Blumer, MG p. 227, suivi par Wroth. BMC Pontus, etc., p. 84.
Lekormant, p. 7.
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de lin comme l'a soutcnu Helmut Baumann sur la base d'une representation en
effet suggestive mais singulierement differente des autres.56 Les tous premiers
exemplaircs du Groupe 2 (ceux frappes avec les coins de droit D8 el D9), les
premiers done a faire ligurer ce motif dans le champ g. du revers, ne laissent au-
cun doute a ce sujet, ce qu'avait bicn note Borrell qui parle de balauslium et fait
le rapprochement avee Rhodes. '
Qui est cctte femme sur son trone: s'agit-il de la reine Amastris elle-rneme.
de la deesse Aphrodite, de son equivalent perse Anahita, de la Tyche de la ville,
voir meme d'Hera?j8 Et se pourrait-il que son identite varic en fonction des
types? On notera qu'une representation assez proche de celle du Groupe 2 fi-
gure au revers de certairies monnaies emises par la cite a l'epoque romaine
[PL. 11, C). Les legendes designent elaircmcnt les types figures en sorte que,
pour le revers, on aurait le choix a cette epoque entre la reine elle-meme ou
une allegoric de la cite.
II existe un antecedent monetaire assez proche de cette representation: les
statcres emis a Nagidos au 4e s. av. J.-C. Philip Lederer, qui en a donne le cor-
pus, vieilli a present, distingue une serie de dix groupes dont les datations
s'echelonnent de la fin du 5e s. jusqu'a l'arrivee d'Alexandre le Grand. '9
Quelles que soient les variantes de types, tous les groupes (a l'exception du
3cmL) representent au droit la deesse Aphrodite assise sur un trone a g. en com-
pagnie d'un petit Eros nu et aile. La similitude est encore plus forte pour les
derniers groupes (VIII, IX, Xa et Xb - dates par lui de c. 363 a 333 av. J.-C.)
puisque, d'une part, la figure d'Eros est desormais non plus representee debout
derriere le trone mais dans le champ sup. g., tendant en direction de la tete de
la deesse une couronne tenue a bout de bras et que, de Pautre, Aphrodite est
coilfee d'un polos, soil cette coiffure cylindrique qui 1'accompagne precisement
sur la plupart des staieres d'Amastris {PL. 11, G). Concordance supplcmen-
taire: le dernier groupe (X) sc distingue par l'ajout d'une branche de rosier
munie de trois fleurs dans le champ g. inf., soit a l'endroit meme ou Ton trouve.
a Amastris, une fleur en bouton, tres probablement une rose. II n'y a la rien
d'etonnanl puiscjue la rose est un des attributs d'Aphrodite. Gertes, il reste des
differences: la deesse tient a Nagidos une patere dans la main g.: elle porte un
collier; ses jambes sont paralleles et reposent sur un tabouret; le trone n'est pas
le meme (absence de dossier haul, pieds toujours droits). Le parallele avec
Amastris n'en demeure pas moins tres probant et rend improbable, en Paphla-
gonie, toute identification autre qu'a Aphrodite c]ue designe a la fois la figure
d'Eros et la rose. Quand au port du polos, qui est loin d'etre systematique dans
l'iconographie de la deesse de l'amour,60 on notera que tel est le cas aussi sur
58 Baumann" [supra, a. 50). p. 34-35. Aucune provenance n'est donnee pour les pieces qui il-
lusircni cct ouvrage. Le revers reproduil est absent du corpus pres'ente ici et se signale
par unc serie d'anomalies (montants du trone, couronne tenue par la Nike, etc.).
57 Borrell, p. 187-188.
58 Voir la Iiste donne par Imhoof-Blumer, MG, p. 228.
59 Ph. Lederer, Die Staterpragung dcr Stadl Nagidos (Berlin 1932).
60 LIMC II/1, p. 2-151, texie, et 11 /2. p. 6-153, illustrations (A. Delivorrias).
64
les stateres de Nagidos (les groupes II, VII et VIII la representent la coiffure
cnscrrcc clans une sphendone — PL. 11, F). Dcs lors, j'inclincrai fortement a nc
voir, au revers des stateres d'Amastris, qu'une seule representation, celle
d'Aphrodite, sans polos ni rose mais accompagnee d'Eros d'abord, avec polos
et. rose mais accompagnee de la Nike ensuite.
Deux mots de cornrneiitaires a ce sujet. Primo, il semble que les grands dieux
d'Amastris soient Zeus Stratios et Hera. Le culte d'Aphrodite ne semble pas at-
teste par I'epigraphie ou I'archeologie, ce qui ne doit pas beaucoup gener car la
ville ri'est pas fouillee, ce qui restreint la portee de tout argument a silentio. Se-
cundo, les representations d'Aphrodite sur les monnaies grccqucs paraissent as-
sez rarcs, peut-etrc, prcciscmcnt. par fautc d'attributs clairs et univoques.61
Sur les 12 386 monnaies grecques des volumes anglais de la Sylloge Nummorum
Graecorum,62 104 sont reputees representer Aphrodite au droit (44 cas) ou au re-
vers (60 cas). A comparer avec les 1 798 occurrences pour Athena, les 475 pour
Artemis ou les 342 pour Demeter.
A considerer ensemble les types de droit et de revers, il peut etre tentant en
effet de tirer P interpretation du cote des cubes irnport.es par les Perses et d'y
voir Mithra au droit, Anahita au revers; e'est le parti aclopte par Irnhoof-Blu-
mer: «... cette influence orientale qui se manifeste en outre par les symboles ce-
lestes, 1'etoile et le soleil, qui donnent aux deux images le caractere de divinites
de la lumiere, de sorte qu'on pourrait fort bien, ce me semble, reconnaitre Mi-
thra et AnaYtis qui serait a identifier avec Aphrodite Urania, puisqu'elle paraTt
designee comme telle, par les attributs de Eros et du Soleil, ...».(>'5
Le'gendes
La plupart dcs stateres font connaitre la legendc AMAX'CPl.qui sc.
comprend saris probleme: «(monnaie) des habitants d'Arnastris». Toutefois,
sur le premier groupe de stateres, on lit AMASTPIOS - BASIAI2SHS,
que Ton traduira par «(monnaie) de la reine Amastris». Le terme BASI-
AI22H2 sc trouve sur les monnaies des rcines Ptolemces. sur celles de Philistis
de Syracuse ou de Laodice du Pont. Le positionnement du nom de la reine dans
le champ dr. est rare.
Le nom de la reine est orthographic "Kixy.a'zpic, chez Diodore, Mernnon et
Polyen,64 et 'AjxaaTpivT; chez Arrien.6"' Au genitif, on trouve 'Au-aa-pioc;66 et
'ApaarpiSoi;.07 La forme 'AjxacrTptoc est encore attestee sur une inscription
d'Heraclee retrouvee a Amastris et copiee par un compagnon de Choiseul-
Gouffier ou on lit: ... tSc TCarpiSo^ 'AfxaaTpwc....68
''' M. Berniiart, Aphrodite auf griochischen Miinzc.n (Munich 1936).
62 Base de donnee consultablc a partir du site du Fitzwilliam Museum de Cambridge:
http://www-cm. fitzmuseum.cam.ac.uk/coins/sng/
63 Imhoof-Blumer, p. 229.
fi4 Diodore, XX, 109, 7; Memnon, FgrH 434F 4; Polyen, VII, 12.
65 Anabase, VII, 4, 5.
66 Memnon, FgrH 434F 4, 8.
Polyen, VI, 12, 1.
68 C1G 4150b - voir L. Robert, Etudes anatoliermes (Paris 1937), p. 259-260.
6!
CATA LOGUE DES EMISSIONS
EMISSIONS D'ARGENT Debut du 4me s. av.J.-C. (c. 300-285?)
Groupe 1 - Stateres a la legcnde AM A ST PT OS - BA2IAISSHE
(ni etoile ni rose)
Groupe 1A (Eros et tete d'Hclios / Aphrodite sans polos)
Dr. Tete juvenile imberbe a dr. coiffe du bonnet de cuir cotironne de lau-
rier. Derriere la nuque, arc dans son carquois.
Rv. AMA2TPI0S (a dr., de haiit en bas) - BAEIAIESHE 'a g., de haut
en bas). Aphrodite voilee assise sur son trone a g. Vetue du chiton, elle
tient un Kros au bout de sa main dr. qui tend des bandelettes en direc-
tion d'une tete d'Hclios de face, tandis qu'elle fail reposer son sceptre
au creux de son bras g.
1 Dl Rl 9.57 a
9.46 b
9.42- 11 c
9.17- 12 d
2 Dl R2 9.56- 1 a
3 D2 R3 9.60- 12 a
9.47 b
4 D2 R4 9.73 a
9.20 b
5 D2 R5 9.58 a
6 D2 R6 9.51 a
7 D3 R7 9.55 a
9.47- 12 b
8 D3 R8 9.44- 12 a
9 D3 R9 9.59 a
9.55 b
10 D3? RIO 9.67 a
Berlin; Rec. gen. pi. 18, 1
Kurpfalzische Munzhandlung 42, 2 juin
1992, 222 = G. Hirsch 79, 27-29 juin 1972,
102
* Leu 79, 31 oct. 2000, 611
New York, ANS (1968.57.766 Stephens)
* Manchester, SNG 1149 = Spink 1949
SNG BM 1298 = Weber Coll. 4796 = Spink
1919
MimzZentrum 56, 6 nov. 1985, 188
Peus 374, 23 avr. 2003, 86 = The New York
Sale 4, 16jan. 2003, 131
CNA XVII, 5 oct. 1991, lb'2 = Hesperia,
XXIV, 12
MiinzZemrum 77, 13 avr. 1994, 128
* Myers-Adams 5, 15 mars 1973, 173 =
Stack's, 6 sept. 1973, 420 = Superior 5, 15
juin 1972, 225 = Leu-M&M, 3 dec. 1965
(coll. Niggeler), 348
M&M (Washington) 1, 7 dec. 1997, 110
SNG BM 1297 = SNG von Aulock 6798
* SNG Stancomb 728
*NFA 10, 17 sept. 1981, 150
Pcus 291, 30 mars 1977, 242 = Myers 9, 5
dec. 1974, 124 (9.45g)
G&M67, 2mail994, 200
Groupe IB (Nike / polos)
Dr. Idem. Grenetis au pourtour. Pas d'arc dans son carquois.
Rv. Idem. Aphrodite coiffee du polos assise sur son trone. Elle ticnt dans la
dr. une Nike qui braudit une couronne en sa direction.
1 1 ■ -■ > R 1 J. V X 9 58 <X T Hirsrh 91 16 nov 1908 I'Clonsul Weherl
2290; Mamroth, pi. V, 6
9,40 b Paris (P. Duprc); Lknormant pi. V, 11 el.
Ree. Gen., pi. 18, 2
12 D4 R2 9.74 a * Christie's (New York), 2 mai 1989, 690
(9.8g) =Auctiones4, 26 sept. 1974, 12
9.70 b Rec.Gen. pi. suppl. N, 8
8.59- ] c * Bruxelles, KBR, de Hirsch 1421
13 D4 R3 8.97- 1 a SNG Delepierre 2477
14 D4 R4 9.50- 12 a Vienne (15348): Lenormant, pi. V, 10
15 D4 R5 9.25- 12 a SNG Blackburn 947
16 D5 R5 9.58 a * G&M 45, 4 avr. 1989, 113
9.35 b Credit Suisse Berne 4, 3 dee. 1985, 113
17 D5 R6 9.53- 12 a MiinzZentrum 59, 29 oct. 1986, 1059 = Auc-
tiones 13, 23 juil. 1983, 248 = Hess-Leu 28, 5
mai 1965,215
18 D6 R7 9.66 a * Sotheby's New York, 19 juin 1991 (Hunt
IV), 301 = SNG von Aulock 6799 ex Spink,
NCire, nov. 1955
Dr. Idem.
Rv. Idem. BASIAIS2HS (a dr., de haut en bas) - A.MA2TPI02 (a g,
de haut en bas). La Nike couronne ('inscription et non la deesse.
19 D7 R8 9.62-12 a * SNG BM 1299 = SNG von Aulock 1979
Groupe 2 — Stateres a la legende AMASTPIEiiN (avec etoile et rose)
Dr. Tete de jeunc homme imberbe a dr. coiffe du bonnet de cuir couronne
de laurier. Etoile a huit rayons exceptionnellement au-dessus de la
couronne de laurier. Grenetis au pourtour.
Rv. AMA2TPIEQN (a dr., de haut en bas). Aphrodite, voilee et coiffee
du polos, assise sur son irone. Vetue du chiton, elle tient dans la dr.
une Nike qui brandit une couronne en sa direction, tandis qu'elle fait
reposer son sceptre au creux de son bras g. Rose dans le champ g. Mo-
nogramme ST sous le trone.
20 D8 Rl 9.62 a * Boston, MFA 1362
b Bourgey, 5 dec. 1932, 203 = Feuardent, 11
juin 1913 (Burel), 254
21 D9 Rl 9.40
a * Paris, cle Luynes 2402; Rec. gen. pi. 18, 6;
Borrell p. 187-188
Dr. Idem. Etoile a huit rayons sur le bonnet phrygien.
Rv. Idem. Pas do monogramme. Bouton de rose.
22 D10 R2 9.17-12 a * SNG BM 1303 (Burgon 1841); Rec. gen. pi.
18, 4 [on ne distingue pas l'etoile sur le bon-
net phrygien]
23 Dll R3 15.09 [sic!] a * New Netherlands Coin Company & Seaby
2, 14 nov. 1973, 100 = Glendining, 11 dec.
1974, 193
24 D12 R4 8.94 a * Auctiones 26. 16 sept. 1996, 190 = G&M 44,
3 avr. 1989,336 = G&M 40, 7 avr. 1988,208
25 D13 R5 9.54 a * Triton 5, 15 jan. 2002 (Robert Schonwal-
ter), 1400 = Coin Galleries, 18 aout 1978,
282 = Coin Galleries, 15, 20 avr. 1961, 132 =
Ars Classica 14, 2juil. 1929, 298
b anc. coll. Mamroth (?); Mamroth, pi. V, 5
26 D13 R6 9.49-12 a Harvard, Dewing 2123 cx coll. Robinson =
Naville 1,4 avr. 1921 (Pozzi), 2105
27 D14 R7 9.77 a Cahn 71, 14 oct. 1931,395
9.72 b New York, ANS (1977.158.226 Kelley)
9.71-12 c SNG Copenhague 422 (Lambros 1897)
9.66 d *CNG 58, 19 sept. 2001, 530 = Bourgey, 2
avr. 2001, 209 = Piatt, 19 mai 1921, 91
9.44 e Kolner Munzkabinett 8, 28 sept. 1971, 8 =
Pcus 274, 29 oct. 1970, 1610
f G. Hi rsch 34, 21 fey. 1963, 1267
28 D14 R8 9.60 a G&M 102,24 mars 2000,230
9.55 b Piatt, 27 mars 1922 (Luneau), 603 = Hirsch
19, 11 nov. 1907,495
9.54 c Naville-Ars Classica 12, 18 oct. 1926, 1694 =
Hess, 30 avr. 1917 (Horsky), 1075 (9.60g)
9.28 d UBS Zurich 57, 15 sept. 2003, 250 = Peus
250, 15 mars 1954, 455 = Hess 219, 17 oct.
1933, 72 = Hess 202, 28 oct. 1930, 2547
(9.25g) = Hess 194, 25 mars 1929 (Vogel),
307
9.24 e Merzbacher, 15 nov. 1910, 612
9.23 f Peus 371, 24 avr. 2002, 139 = Peus 368, 25
avr. 2001, 169 = Rollin & Feuardent, 9 mai
1910 (Durufle), 487 = Sotheby, 23 mars
1890 (Montagu), 476
9.21
29 D14 R8+ 9.57-12
30 D15 R9 9.54-12
31 D16 R9 9.62
9.00-12
8.98-12
32 D16 RIO 9.21
33 DIG RU 9.18
34 D16 R12 9.55
9.53-12
9.46
9.16-11
35 D16 R13 9.61
9.55
9.43-12
9.28
9.24
7.38
36 D16 R14 9.62
9.51-2
9.49
9.38
9.13-12
g Harvard, Dewing 2124 = Glendining; 7
mars 1957, 249
a * Bruxelles, KBR (II 46.046)
a * Hess-Leu 31,6 dec. 1966, 385 = Feu ardent,
17 dec. 1919 (Collignon), 3.02
a Glendining, 31 jan. 1951 (Cunningham!,
1|I = Glendining, 27 mai 1941, 245 = Sothe-
by's, 3 fev. 1909'(Benson), 636
b Ars Classica 14, 2 juil. 1929, 296
c G &M 36, 8 avr. 1987, 143 = G. Hirsch 93,
lljuin .1975, 31 13 (8.56g)
d SNG Stockholm 1868
c * Bruxelles, KBR, dc Hirsch 1422
a Sternberg 11, 20 nov. 1981, 98
a Poindessauk, juin 1992, 54 = Poindessault,
nov. 1991,231
a *CNG 35, 20 sept. 1995, 251 = Stack's, 14
juin 1993, 89
b SNG Stancomb 731 = Sotheby's Zurich, 4
avr. 1973 (Ward), 494
c Poindessault, juin 1986, 49 = Poinsignon 5,
19juin 1984,'111
d Lanz 50, 27 nov. 1989, 376
e Kress 158, 9 nov. 1973, 399
a Stack's, 27 juin 1952, 1128 = Cahn 66, 6 mai
1930, 274 '
b Miinzhandlung Basel 4, 1 oct. 1935, 776 =
Hamburger, l l juin 1930, 297
c New York, ANS (1944.100.41500 Newell)
d Sotheby's New York, 21 juin 1990 (Hunt
II), 451
e NFA 10,17 sept. 1981,151
f UBS Bale 59, 29 jan. 2004, 5627 [ebrcchee]
a Peus 282, 30 oct. 1973, 133 = SNG von Au-
lock 152
b *Leu 2, 25 avr. 1972, 219 = Sotheby's, mai
1908 (O'Hagan), 501
c G. Hirsch 182, \ mai 1994, 196 (9.45g) =
Hess 207, 1 dec. 1931, 522 = Naville 5, 18
juin 1923, 2405
d NFA 4, 24 mars 1977, 234
e Lanz 22, 10 mai 1982, 334 = G. Hirsch 79,
27juin 1972, 103
69
37 D16 R15 9.53 a Boston, MFA 1361
9.51-1 b *Lanz44, lg mai 1988, 181
9.50 c Ars Classica 14, 2juil. 1929, 297
9.30-12 d SNGBM 1304
9.14 e Naville, 14, 2 juil. 1929, 299 = Sotheby, 15
juin 1896 (Bunbury),40
38 D16 R16 9.56-12 a SNG BM 1302 = SNG von Aulock 6800
9.33 b NCirc 96/7, sept. 1988, 5260 = Glendining,
11 dec. 1974, 62
39 D16 R17 9.65 a NAG 4, 27 lev. 1991, 131
9.60 b Paris; Rec. gen. pi. 18, 5
9.57 c * NCirc 81/9, sept. 1973, 6871= Cahn 68, 26
nov. 1930, 1422 (9.71g [sic!]) = J. Hirsch
21, 16 nov. 1908 (Consul Weber), 2291
9.56 d AuctionesS, 1978, 212
9.42 e Bourgey, 10juin 1982,92
f Feuardent, 9 juin 1913 (Burel), 264
Dr. Idem.
Rv. Idem. Lettre A sous lc tronc
40 D16 R18 9.57 a J. Schulman 228, 4 fev. 1957, 1225 (9.6g) =
(A) coll. Jameson 1368
9.55-1 b * Bruxelles, KBR, du Chastel 246
9.50 c Bourgey, 11 mars 1985, 30 = Bourgey, 24
fev. 1983, 72 = Sotheby's Zurich, 27 mai
1974, 309 = Myers-Adams 6, 6 dec. 1973,
165 = Naville 1, 4 avr. 1921 (Pozzi), 2107
41 D16 R19 9.64 a Naville 7, 23 juin ]924 (Bement II), 1344 =
(A) J. Hirsch 25, 29 nov. 1909 (Philipsen), 1663
9.58-12 b * Lisbonne, Gulbenkian 952
Dr. Idem.
Rv. Idem. Pas de lettre A sous le irone.
42 D17 R20 a Coin Galleries, 15 oct. 1955, 377
43 D17 R21 8.87 a CNG 49, 17 mars 1999, 539
44 D17 R22 8.47-12 a SNGBM 1305 (Bank 1865)
45 D17 R23 8.26-12 a * Berlin, Imhoof-Blumer; Lknormant, pi. V,
12 [coll. P. Dupre] et Imhook-Bi.umkr 1883,
p. 227, pi. E, 16
Cette variete apparait deja dans le Catalogue de lagrande collection de monnaies el medailles de
Mr. Leopold Welzl de Welknheim, I (Vicnne 1847), p. 200, nt 4-669.
7U
Dr. Idem. Style plus neglige.
Rv. Idem. Style plus neglige.
Dlt
47 D19 R25 9.14 a Kricheldorf 40, 24 sept. 1987, 33
SNG Delepierre 2478
■:
Lampson, 263 = Naville 1, 4 avr. 1921 (Poz-
zi),2104
Lanz 72, 29 mai 1995, 217 = Lanz 48, 22
mai 1989, 270= Lanz 30, 26 nov. 1984, 225
= Weber Coll. 4798 = Naville 4, 17 juin
1922,671
SNG Manchester 1150 = Glendining, 19
mai 1942, 197
49 D20 R26 9.50-12 a Glendining, 21 fev. 1961 (Locke:t IV), 2129
= SNG Lockett, 2648 =' Naville, 1, 4 avr.
1921 Pozzi),2106
* Ars Classica 16, 2 juil. 1933, 1333 = Egger, 7
jan. 1908,528 (9.45g)
Ciani, 20 fev. 1935 (gen. de Grandprey), 152
Hclbing, 20 mars 1928, 328
50 D21 R27 9.45 a Gahn 60,2 juil. 1928, 714
51 D21 R28 9.33 a Ars Classica 15,2 juil. 1930,860
* GNG 42, 29 mai 1997, 415 = Superior, 19
aout 1975, 3313 = M&M, 41, 18 juin 1970,
119 (8.86g)
52 D21 R29 9.47-11 G. Hirsch 221, 2 mat 2002, 272= G. Hirsch
217, 28 sept. 2001, 1456 = G. Hirsch 214, 14
fev. 2001, 1367 = Leu 79, 31 oct. 2000, 612 =
J. Schulman, 9 mars 1959, 1355 = Glendin-
ing, 18 avr. 1955, 459 = M&M 6, 6 dec.
1946, 704 = Hamburger 96, 25 oct. 1932,
128 (9.45g) = Ratto, 8 fev. 1928, 570 = Na-
ville 5, 18 juin 1923 (BM Dupl.), 2406
EMISSIONS DE BRONZE
Dr. Tete de jeune homme imberbe a dr. coiffe du bonnet de cuir couronne
de laurier.
Rv. AMASTPIOS (a dr., de haul en bas) - BAEIAl£2 H 3E (a g., de haul
en bas). Arc dans son carquois.
- 4.26-12 SNG BM 1300 = Lockett (Baldwin 1961) (PL. 11, J)
R 94 a
R25 9.14 a
9.11- 12 b
R26 9.31- 11 a
O.JO- u
8.33- 1 c
R26 9.50- 12 a
9.49 b
9.35 c
9.2 d
R27 9.45 a
R28 9.33 a
8.90 b
R29 9.47- 11
71
- 3.70-8 SNG BM 1301 = Lockett {Baldwin 1961)
Munich; Roc. gen. pi. 18, 3
Dr. Tete de jeune hommc imbcrbe a dr. coifle du bonnet de cuir couronno
de laurier.
Rv. AMASTPI (a g. de haul en bas). Arc dans son carquois.
- 3.64-6 SNG Stancomb 729
- 2.81-5 SNG Stancomb 730
Berlin; Rec. gen. pi. 18, 7
Le type du revers, Tare dans son carquois, est identique a celui qui figurait sur
les bronzes de Dionysios d'Heraclee (voir SNG BM 1613-4 et PL. 11, K).
Classement des emissions
Les stateres d'Amastris se rangent done, d'apres leurs legendes. en deux cate-
gories. L'une proclame que ces stateres sont ceux de la rcine Amastris (Groupe
1); l'autre qu'ils sont ceux des habitants de la cite (Groupe 2). Cette differen-
tiation ne pourrait etre tcnue pour negligeable. II ne peut s'agir, comme il est
loisible de le fairc pour un changement de type, de la reduirc a une modifica-
tion survenue au sein de Patclier monelaire sans lien avec l'histoirc politique de
la villi-.
Tout pousse a placer le monnayage au nom de la reine Amastris en tete de
sequence:
1- D'un j)oint de vue politique prccisement, on comprencl qu'un monnayage
civique ait succede a un monnayage royal (ou tyrannique) au nom de la
fondairice de la cite alors que l'inverse scmble improbable.
2- D'un point de vue technologique, les revers du Groupe 1 sont plus ( Irons
que ceux du Groupe 2; les flans moins circulaires, plus craqueles sur les
bords. En consequence de quoi les stateres du Groupe 1 paraissont etre les
produits d'unc phase de fabrication plus tatonnante. On ajoutera que le
grenetis fait son apparition avec le Groupe 1 B pour se prolonger naturelle-
ment tout au long du Groupe 2.
3- D'un point de vue typologique, la sequence- presentee ici se dcvcloppe sans
solution de continuity, le Groupe IB assurant la transition entre le Groupe
1A et le Groupe 2:
Sequence Legende (rv.) Champ g. (rv.) coiffe (rv.) bonnet (dr.)
a-GroupclA &MASTPI02 BALIAI2EH2 Eifos + t8tcdeHaios tete voilce
b-Groupc IB AMASTPIOS HA21A1X2HS Nike polos
(-Groupe 2 AMAXTPIKilN Nike + rose poloa 6toilc
4- D'un point de vue stylistique, on notcra qu'il existe une similitude enlre les
derniers coins de droit du Groupe IB et les premiers du Groupe 2. On fera
72
encore remarquer que le Groupc 2 — et lui seul — comprend quclques pro-
ductions plus negligees sur le plan dc Part (D19-D21 et leurs revers) et que
ce phenomene a davantage de probabilites de devoir s'cxpliqucr comme un
relachement que comme un balbutiement initial (l'inverse en somme de ce
qui se passe pour la technique).
5- D'un point de vue metrologiquc (voir infra), les stateres du Groupe 1 sont
(un peu) plus lourds que ceux du Groupe 2, en tout cas que ceux produits a
partir des coins dits plus negliges (D19-D21). II se trouve que le delitement
d'unc norme est un phenomene largenient plus atteste que son contraire.
6- Enfin. du point de vue de I'usure et pour autant que l'on puissc cn juger, il
parait bien que ce sont les stateres du Groupc 1 qui attestent, en general,
une circulation plus longue.
Du reste, e'est bien la sequence relative preconisee par le.s autcurs du Recueil
general, et deja, avant cela, par Imhoof-Blumer en 1883.'°
Une des avancees de cette etude est de mettrc clairement en evidence l'ab-
sence de cloisonnemcnt strict entre les monnaies au nom de la reine Amastris et
celles au nom des habitants de la cite. Le Groupe IB tout entier est caracterise
par une evolution du type qui annonce le Groupe 2. Un examen deiaille de la
fin du Groupe IB et du debut du Groupe 2 renforce le constat:
Bonnet (dr.)
Groupe IB
D4-D6
D7
Groupe 2
D8-9
DIO etoile
Le passage du Groupe IB au Groupe 2 ne s'est pas produit en une fois, ce qui
laisserait libre dc penser que Ton a affaire a des productions nettement separees
dans le temps. Tout au contraire, on assiste a quelques essais sans lendemain
(Nike a g, [D7], monogramme sous le trone d'Aphrodite [D8-D9], rose epa-
nouie [D8-D9]). Les bonnets de cuir des premiers stateres du Groupe 2 (D8-
D9) sont depourvus d'etoiles a huit rayons tout comme ceux du Groupe 1 (A et
B). Les stateres du Groupe IB presentent une Nike couronnant Aphrodite por-
tant le polos, tout comme ceux du Groupe 2. Convcrties cn terme de sequence,
ces observations font penser que, pour autanl qu'elles different nettement par
leurs legcncles, les monnaies du Groupe 2 ont succedc immediatement a celles
du Groupe 1.
Champag. (m) Nike (rv.) sous le trone (rv.)
rose a dr. monogramme
rose en bouion a dr.
Rec. gen. 1925, p. I 72-173; Imhoof-Blumer, MG p. 229.
Origins et abondance des exemplaires conserve's
Ce premier monnayage d'Amastris est rare. Lc musee d'Amasra lui-meme,
guere riche il est vrai, n'en possede pas le moindre specimen.'1 Sur les 67 mon-
naies d'Amastris aujourd'hui au Musee d'Amasya (l'antique Amaseia, pre-
miere capitale des rois du Pont), aucune n'est anterieure a Mithridate Eupator
et 66 du reste datent de l'epoque de ce roi.'2 L'Inventory of Greek Coin Hoards
iJGCH) ne recense qu'unseul tresor a avoir contenu de tels stateres:
IGCH 1366 Asie Mincure (Nord), avant 1948
Enfpuissement: c. 285 av. J.-C. (daiation de Merkholm)
Contenu: 51+ didrachmes d'Amastris
Localisation: Istanbul
Trouve avant 1948 et aujourd'hui conserve a Istanbul (non vidi), cette trou-
vaille aurait ete constitute de 51 exemplaires de ce type au moins. a l'exclusion
de tout autre monnayage. Quant aux neuf Coin Hoards qui ont pris la suite de
YIGCH. ils ne font pas connaitre le moindre tresor supplerncntairc.
D'ou provicnncnt les stateres du catalogue? Pour le savoir, il a paru utile de
construire un graphe qui ordonne chronologiqucment les premieres appari-
tions des exemplaires passes en vente.
Les stateres d'Amastris: premieres apparitions des exemplaires passes en venle
Classes Groupel (D1-D7) Croupe 2 (1)8. D16) Gwpil 2 (DI7-D2I) Toial
1880-1889
1890-1899 08 2
1900-1909 8 78899 8 7
1910-1919 0379 4
1920-1929 111239999 112388 15
1930-1939 001 05 5
1940-1949 2
1950-1959 5 7 5
1960-1969 55 3 i 4
1970-1979 244 023334578 7 13
1980-1989 1559 1124889 7. 12
1990-1999 447 0113 8
2000- 03 0 3
Tolal i m 15 77
On peut tenir pour acquis qu'il y cut piusieurs trouvailles. Sans parler des ex-
emplaires cormus des le 19,: s. {voire avant), on distingue deux pics distincts qui
doivent correspondre a des arrivecs differentcs. Un premier qui culmine dans
les annees 1920 mais qui peut Ires bien resulter de la decouverte d'un tresor (au
1 S. Irki.and, The Ancient Coins in Asmara Museum, dans: R. Ashton (fed.}, Studies in
Ancient Coinage from Turkey, RNS Spec. Publ. 29 (Londres 1996), p. 115-127, pi. 51-
65.
'2 Id., Greek, Roman and Byzantine Coins in the Museum at Amasya (Ancient Amaseia),
RNS Spec. Publ. 33 (Londres 2000), p. 34-35.
74
rnoins) fait une ou deux decennies auparavant (peu de catalogues avant les
grandes vcntcs Naville/Ars Classica des annees 1920 et perturbations dues a la
premiere Guerre Mondiale). II est manifeste que cet afllux concerne le Groupe
2 (et tout le Groupe 2, en ce compris les exernplaires de style plus neglige classes
en On de catalogue) mais pas le Groupe 1. Si Ton globalise les exernplaires ap-
parus sur le marche cntre 1890 et 1939, on oblient 1 statere sur 16 pour le
Groupe 1 (soit 6.25%) contre 23 sur 46 pour le Groupe 2 (50.0%). L'inform a-
tion n'est pas negligeable. A rebours de ce qui a ete dit pour les interconnec-
tions entre le Groupe 1 et le Groupe 2, qui suggerent une transition sans inter-
ruption entre ces deux groupes. l'existence d'un tresor uniquement constitue de
stater.es du Groupe 2 irait dans le sens d'une cesure entre les groupes.
Le deuxieme pic, celui des annees 1970 (sensible a partir de 1972), mele
quant a lui les exernplaires des Groupes 1 et 2. Je ne crois pas qu'il faille y voir
le produit de la simple multiplication des catalogues et listes de vente a partir
de ces annees. Sans quoi, il cut etc logjque d'obtenir des chiflres plus Sieves en-
core pour les annees 1980 el 1990. Tel quel, le graphique renvoie plus proba-
blcmcnt a une trouvaille (au moins) faite vers cette cpoque. Ici, il parait que
les exernplaires des deux groupes ont circule cote a cote. Reste a se demaiider si
Papparition des stateres d'Amastris a ce moment sur le marche ne peut etre
correlee avec celle d'autres monnayages qui auraient fait partie de la meme
trouvaille. On songe a Heraclee pontique. Malheureusernent, on ne peut rien
dire des 24 stateres de cette cite, vendus chez Bonhams, puisqu'ils faisaient
partic du patrimoine d'un defunt et que nous n'avons aucun renseignement sur
leur date d'acquisition par celui-ci.
Volume du monnayage
Table de frequence des coins des stateres
F
1
2
3
4
14
Total
Numeros des coins de. droit
5,6,7,9,10,11.12,15.18
8
13
3,17,20,21
U9
14
16
d (droits) = 21
r (revers) = 46
n (exernplaires) = 108
n/d = 5.14
1
1
1
1
2!
14
Bonhams Lqndres, 8 sept. 1998 (voir Stancomb) .
Avec 21 coins de droit (d) pour 108 exemplaires (n), les stateres d'Amastris
presentent un ratio n/d eleve, superieur a 5 (5.14). Tel quel, cela revient a esti-
mer Ie nombrc originel dc droits aux environs de 25 (23.2 + 1.0 scion la for-
mule simplifiee de G.F. Carter}.7'' Comme toujours, il existe des disparites dc
representation. Dans ce cas-ci, avec. un indice n/d de 3.71, le Groupe I (7 coins
de droit pour 26 exemplaires) n'est pas aussi bien represents que le Groupe 2
(5.86 = 14 coins de droit pour 82 exemplaires). Tel quel toujours, 25 coins ori-
ginels de droit pour des monnaies pesant c. 9.60g sont l'equivalenl de 55.8 coins
de droit pour drachmes de poids attiques (c. 4.30g). Pour donner un ordre de
grandeur de ce qu'il etait possible de reglcr comme paiement avec un tel mon-
nayage, et en faisant les hypotheses d'une productivite moyenne de 20.000
exemplaires par coins de droit et de 200 drachmes de poids attiques comme
paiement annuel du soldai, c'est la possibility de regler en monnaies nouvelles
quclqucs 5.580 salaires annuels.
Me'lrologie ponde'rale des stateres
Classes D1-D7 D8-DI6
D17-D21
[9.70-9]g
[9.60-9]g
[9.50-9]g
[9.40-9] g
[9.30-9]g
[9-20-9]g
[9.10-9]g
L9.00-9jg
[S.90-9]g
L8.80-9jg
[8.70-9]g
[8.60-9]g
[8.50-.9]g
[8.40-9jg
r8-30-9]g
[8.20-9]g
Told
Mediane
034
0267
145567889
024677
5
05
7
28
9.54g
127
00122266
001133444-555667
00234689
038
134458
34678
027
579
05
7
17
7
I
1
1
1
97
Le poids des pieces, sous les lOg, parait etre celui de sides double ou «stateres
persiques». Ces «stateres» (plutot que didrachmes) presentent apparemment
un petit affaiblissement ponderal en fonction des groupes constitues. C'est sur-
tout vrai des productions au style plus relache classees en fin de catalogue
(D17-D21: mediane a 9.12g au lieu de e. 9.49g pour les emissions anterieures).
G.F. Carter, A Simplified Method lor Calculating (he Original Number of Dies from
Die Link Statistics, ANSMN 28, 1983, p. 195-206.
Mais i! ne faul pas aller trop loin et. comme. Ic fit Imhoof-Blumer sur la base
d'un seul cxemplaire (D17-R23a), crccr deux etalons diflerents, l'un lourd dit
«babylonien» pour les stateres de plus do 9g et Pautrc lcger, repute attique
pour ce qui serait inferieur a 8.70g.'"' Un exemplaire recemment apparu sur le
march e ct frappe a Faide du mcrae coin de droit (D17-R21a) mine cette
hypothese puisqu'il pese trop lourd pour le systcme attique (B.87g).
Prises globalement, ces donnees ponderalcs dorinent tine valeur de 0.3 lg
pour Pespace interquartile (9.24g-9.55g), soit la valeur de la dispersion pour la
moitie centrale de Pechantillon. Disons, sans entrer clans trop de detail, que,
s'agissant d'un echantillon brassant toules les provenances (mais precisement il
est possible que tous ces exemplaires proviennent in fine de deux on trois trou-
vailles sculcmeni), cela temoigne d'un reel soin apporte au calibrage des Hans.
Comme toujours, il y a profit a restituer cette sequence de poids dans son en-
vironnement naturel. C'est ee qu'avait bicn compris Jan Pieter Six (1824-
1899), il y a plus d'un siecle, a la faveur d'un tableau qui, tout sommaire qu'il
soit, etait ires novateur pour Pepoque.7B Les poids des stateres de Dionysios.
emis avant ceux d'Amaslris, sont, comme dc juste, un pcu plus lourds avec
quelques specimens qui dopassent les lOg. 7 Amastris aura repris la norme du
monnayage tyrannique de son d€funt cpoux sur un mode legeremcnt a.ffaibli. A
Heraclee meme, la cite met en circulation au debut du 3'' s. av. J.-G. des sta-
teres aux types «Tete d'Heracles a dr./Dionysos assis a g. sur son Irone, tenant
un canthare dans la dr. et un sceptre dans la g. contre lui». Ces stateres. rares
eux aussi, a la legende H I'AKAEQTAN (clans le champ dr.. de haut en lias;
appartiennent a la meme norme ponderale.
Les coins ont ete ajustes a 12h, avec quelques observations settlement a I Ih
on lh, et unc seule a 2h. Comme pour les poids, c'est un peu mieux ouplus pre-
cis que les donnees obtenucs pour les stateres de Dionysios d'Meraclce.'8
Commenlaire historique
Autant ce premier monnayage d'Amastris est speclaculaire, autant il paraTt
malaise a son sujet de convertir Pacquit numismatique en benefices dc nature
propremcnt historique. La question dc sa datation est de celles qui frustrent.
Elle patit considerablement de Pabsence de tout tresor utile ainsi que d'unc
quelcotique surfrappe significative.
II est sans doute bon de partir des frappes de stateres au nom de Timotheos
et Dionysios d'abord. cclle au seul nom de Dionysios ensuile, dont elles pren-
nent la suite (meme norme metroiogique el conception generate de Piconogra-
?9 Imhook-Bi.umkr, MG p. 227-228; Six, p. 46.
''' Six, p. (35. Avec des valours ires (trop) hautes toutcfois pour les staieres d'Amastris
(9.57g pour le Groupe 1 et 9.70g pour le Groupe 2).
77 Stancomb, p. 265, n° 18-20.
78 Vmiibid.
77
phie). Stancomb, a la suite d'auires, etale cettc frappe sur une periode assez
longuc de temps, en rapport avec ce que Ton croit savoir de la trame histori-
que: c. 346-307 av. J.-G.Je n'en suis pas tres convaincu.79 Ces stateres affichent
une grande uniformite de style, de fabrique et meme d'usure qui me fait douter
d'une repartition de ces frappes sur ptusicurs decennies, a fortiori sur 40 ans.
La differenciation en fonction des noms mentionnes dans la legende ne fournit
peut-etre pas le critere decisif de chronologic qu'on voudrait lui faire jouer
(avant ou apres e. 337, dale supposee de la mort de Timotheos). II ne me parait
pas exclu et meme probable que les monnaies aux noms conjoints de Dionysios
et de Timotheos datent toutes de l'epoque de Dionysios et qu'il y ait la une
mention posthume (comme ccla s'est passe ehez les Piolemees, les Seleucides et
les Philetaires). Je ne serais pas surpris que ces frappes dalent toutes de la fin du
4e s., ce qui simplifierait au passage la difficulte notoire, noiee par Stancomb,
de noms de dynastes d'Asic Mineure apparaissant sur les monnaies avant Alex-
andre le Grand. De meme que se trouverait simplcmcnt explique le choix du
type du droit: le dieu Dionysos pour le tyran Dionysios (et Heracles, au rcvers,
pour la ville d'Hcrach'c:. .1 conlrario, on petit se demander pourquoi Timotheos
aurait choisi un type approprie au nom de son frere cadet. Kn outre, Stancomb
fait part d'une disproportion qui lui parait curicuse: un plus grand nombrc
d'excmplaires et de coins recenses pour lc groupc aux noms des deux freres (16
exemplaires contre 8 pour Dionysios) alors que les sources indiquent des lon-
gueurs inverse de regne (8 ans seulement pour TirrtOtheos [et Dionysios] contre
32 pour le seul Dionysios).80
Depuis le Recue.ilgeneral, on a pris l'habitude de dater le Groupe 1 des stateres
d:Amastris, ceux au nom de la reine, de c. 300-285 av. J.-G., e'est-a-dire de son
vivant, entre le moment ou clle fonde une cite a son nom et sa mort.81 Quant
au Groupe 2, au nom des habitants d'Amastris, il est rejete plus tard, vers 285
av. J.-G. ou, plus prudemment encore, vers la moitie du 3° s.82 II n'est possible
ni de confirmer ni d'iilfirmer ces datations de bon sens, derivees mecanique-
ment de ce que Ton connait du canevas historique.
Mais, comme trop souvent (e'est-a-dire prcsque toujours), la recherche nc
s'est jusqu'ici pas pose la question de la finalite. A quoi ces stateres ont-ils servi?
Resumons la situation: au debut dc sun hisloiie, la cite d'Amastris a cmis des
stateres d'argenl d'un poids de 9.5g environ, accompagne de tres fares (du
De meme que je ne suis pas convaincu par la pseudo nouvelle variclc, ccllc au nom de
Timotheos seul (Stancomb p. 264, n° lj. L'illustration (pi. 37, 1; montre que la mention
de Dionysios peut ties bj.cn sc trouvcr hors flan (voir SNG BM 1607?). Du restc, il parait
bien que 1'on distingue le soitnnet de Tune ou l'autre haste. Or 1'existence d'une telle va-
riete au nom du seul Timotheos, si elle etait averee, fournirait un argument important
pour faire debuler ee monnayage du vivant de Timotheos en tout cas. II n'en est rien, je
pense.
Desequilibre egalement a Londres (SNG BM 1605-1609 [Timotheos et DionysiosJ ct
SNG BM 1610-1612 (Dionysios]).
Rec. gen. 1925, p. 172, suivi dc Price, SNG BM pi. XLV III
Rec.gen. 1925, p. 173; SNG BM pi. XLVIII.
78
moins en apparence) petits bronzes pes ant c. 4g. On ne connait aucune petite
monnaie d'argent ou gros module de bronze qui jette un pont entre ccs deux
denominations, dont la premiere vaut probablement 48 fois la seeonde (hy-
pothese d'un dichalque pour les bronzes). C'est dire si ce monnayagc, tout
comme celui de Dionysios d'Hcraolee qui prescnte le meme facics, n'a pas eu
cbmme ambition de rendre plus flu ides les transactions quotidienncs des habi-
tants. On cache mal sa pcrplexile devant ces binomes insolites.
D'un autre cote, le nombrc originel des coins de droit mis en ccuvre n'aurait
pas depasse les 25, ce qui, a-l-on dit, rcpresente 186 talents d'argent attique ou
l'equivalent d'environ 5.580 soldes annuclles (a 20.000 stateres par droit et a
200 drachmes de poids attique la solde annuelle). C'est beaucoup si on met
cette somme en perspective avec les besoins supposes d'une ville de la taille
d'Amastris. Est-il realiste d'imaginer que ces stateres aient ete emis bon an mal
an pendant 20, 30 ou 40 ans? A quelle fin? Pour payer des garnisonnaircs?
Meme en etalant la frappe sur 30 ans, cela laissc la possibility de payer de facon
inintcrrompue et a chaque fois <-ri monnaies nouvclles une troupe de 186
hommes. II me parail beaucoup plus probable que ces frappes, sans lien avec le
commerce, aient ete realisees pour subvenir a une ou plusieurs depenses excep-
tionnelles, de nature probablement militaire. Lours chronologies a bonne
chance de devoir etre resserrees. Ce n'est qu'une suggestion, elle aussi improu-
vee, mais qui rend mieux compte, ce me scmble, de la nature meme des emis-
sions monetaircs etudiees dans cct article.
En revanche, je nc crois pas qu'il faille succombcr a une idee tentante depuis
que R. Ashton I'a proposec pour la ville de Rhodes, e'est-a-dire imaginer que
ces frappes aient servi a payer les materiaux et la main d'ecuvre destines ii I'edi-
fication de la nouvelle cite.83 Le premier tiers du 3' s. constilue une periode de
grands troubles a propos desquels nous savons pen de choses certcs mais qui
permet aisement d'imaginer une circonstance favorable a une emission de
grosses monnaies d'argent.
R.HJ. Ashton, The Coinage of Rhodos 408-r. 190 BC, dans: A. Meadows and K. Ship-
ton (ed.), Money and its Uses in ihe Ancient Greek World (Oxford 2001), p. 92.
Summary
The city of Amastris was founded about 300 BC on the site of Sesamus by the
queei) Amastris. A Persian princess, she married Craterus, Dionysius (tyrant of
Heraclea Pontica) and last Lysimachus who repudiated her. At the beginning
of the 3 c. BC, she struck spectacular silver staters (or double sigloi), the first
coins ever to be issued in the name of a queen. The article evokes the story of
this queen and her city. Apart from the historiography a numismatic study is
given which is based on a corpus of 108 staters (21 obverse dies) none of them
with a known provenance. Despite the absence of any recorded hoard or useful
overstrikes, it is possible to define the sequence of issues. These coins, whose
types remain difficult to explain, were struck in two phases, the first in the
name of queen Amastris (c. 300-285 BC?) and the second in the name of the in-
habitants of the city (after 285 BC?). As was the case for Heraclea Pontica,
some very rare bronze denominations were struck along this heavy silver coin-
age (c. 9.50g): however, it is difficult to determine the meaning of such a sys-
tem. In any case it must be stressed that the staters were not meant to facilitate
local transactions. Even if the numismatic study succeeds to throw more light
on this coinage, its true historical and economical contexts remain conjectural.
Dr. Francois de Callatay
Ribliothrque royalede Belgiqne
Cabinet des Medailles
Boulevard de PEmpereur 4
B-1000 Bruxellcs
callatay@kbr.be
Planche 11
A Amastris, statere groupe 1 (6a)
B Amastris, statere groupe 2 (36b)
C Amastris, AE. cle Hirsch 1423, Epoquc des Antoniniens
D Soloi, statere. Triton VII, 2004, 307 = SNG von Aulock 5858
E Lampsaquc, statere d'or. Triton VII, 2004, 225 = SNG von Aulock 7395
F NagidoSj statere, Ledercr groupe VIII. Leu 33, 1983,403 = Franke-Hirmer 668
G Nagiclos, statere, Lederergroupe X. Niggeler I, 1965, 438
H Lysimaquc, AE. CNG 60,2002, 478
I Amasliis, Dionysios, statere. SNG BM 1605
1 Amastris, A E. SNG BM 1300
K I Ieraclea, AE. SNG BM 1603
80
PLANGHE9
Groupe1 A
Fr. de Callatay, Le premier mormayage d'Amastris (Paphlagonie) (1)
PLAN CHE 10
Fr. ck Gallatay, Le premier monnayage d'Amastris (Paphlagonie) (2)
PLANCHE 11