L’instauration par Ptolémée Ier Sôter d’une économie monétaire fermée moreF. DUYRAT et O. PICARD (éd.), L’exception égyptienne ? Production et échanges monétaires en Égypte hellénistique et romaine. Actes du colloque d’Alexandrie 13-15 avril 2002, Études alexandrines, 10, Alexandrie, 2005, p. 117-134. |
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Etudes alexandrines 10 - 2005
Directeur de la collection: Joan-Yves EmpeREUR
Uexception
egyptienne I
Production et echanges monetaires
en Egypte hellenistique et romaine
Actes du colloque d'Alexandrie, 13-15 avril 2002
editcs jut)
Frederique DUYRAT et Olivier PICARD
EXTRAIT
INSTITUT FRANQAIS D'ARCHEOLOGIE ORIENTALE
Sommaire
Ahmed Abel el-Fattah
Preface..................mm..................................*..............mnmm....................mm.....................................XI
Frederique Duyrat et Olivier Picard
Introduction.............................................................................................................................................1
EPOQUE HELLENIST1 QUE
Helene Nicolet-Pierre
Les monnaies en Egypte avant Alexandre.....................................................................................7
Frederique Duyrat
Le tresor de Damanhour (/GCH 1664) et revolution de la circulation monetaire
en Egypte hellenistique......................................................................................................................17
Fabienne Burkhalter, Olivier Picard
Le vocabulaire financier dans les papyrus et revolution des monnayages lagides
en bronze...............................................................................................................................................53
Olivier Picard
L'apport des monnaies des fouilles d'Alexandrie......................................................................81
Mona Shahin
A Ptolemaic Bronze and Silver Hoard from Kom Trouga......................................................91
Francois de Callatay
Linstauration par Ptolemee lor Soter d'une economic monetaire fermee .....................117
l'exc eption eg v pti en n e ?
Catharine C. Lorber
Development of Ptolemaic Bronze Coinage in Egypt...................................................... UD
Katerina Chryssanthaki
Les monnaies lagides en Egee.......................................................................................................159
Alain Davesne
Les monnaies des premiers Ptolemees en Asie Mineurc et a Chypre..............................177
Leopold Migeotte
Iasos et les Lagides............................................................................................................................189
Francois de Callatay
Conclusions: Les rnonnayages d'epoque hellenistique........................................................205
EPOQUE ROMAINE
Fauna Barakat
Gufimiinzen im romischen Agypten..........................................................................................213
Philippe Andrieux, Philippe Fluzin, Valerie Pichor, Mourad el-Amouri, Olivier Picard
Erudes experimentales et metallurgiques du moulage de monnaies en bronze
de la fin de ('Empire romain.........................................................................................................225
Soheir Bakhoum
Les rnonnayages alexandrins d'epoque imperiale: les etapes de la publication.........253
Andrew Burnett
The Imperial Coinage of Egypt in the First Century AD....................................................261
Erik Christiansen
Coin Circulation in Roman Egypt before Diocletian's Currency Reform.....................279
Michel Amandry
La diffusion des bronzes et billons alexandrins dans le monde romain......................285
Barbara Lichocka
Bilan des decouveites monetaires dans les fouilles polonaises dAlexandrie...............299
Angelo Gcissen
La politique monetaire des Antonins........................................................................................313
s o m m a i k e
Jean Andreau
Le systeme numeraire partiellement «ferme» de I'Egypre romaine..................................329
Samira Abd El-Raouf Abbas
Some Oversr.ruck Coins from the Time of Heraclius...........................................................339
Michel Amandry
Conclusions: Les monnayages d'epoque romaine..................................................................359
Bibliographic generale..................................................................................................................................363
Index.................................................................................................................................................................381
Table des planches........................................................................................................................................389
Francois de Callatay
Uinstauration par Ptolemee Ier Soter
d'une economie monetaire fermee
Ox PRfisENTEvolontiersles Ptolemeescommedes rois mercantilistes,ayant chercheaentasser
le plus grand nombre de richesses metalliques, or et argent, au moyen d'une economie
de type protectionniste '. La vision d'un monde ptolemaique entierement fiscalise dans
le but de faire rentrer un maximum de richesses dans les coffres ou les jarres du tresor royal est
un topos de I'histoire ancienne, qui s'alimente, entre autres, d'extraits tires de VEloge de Ptolemee
dc Theocrite (XVII, 95-97 et 106-111)2. Et, de fait, il est peu douteux que les Ptolemees furent, de
tous les rois hellenistiques, souvent les plus riches ainsi que l'indiquent entre autres I'arnpleur de
leurs liberalif.es3. Que la recherche recente se soit plu a denoncer les carences de ce system e 4 ou
les limites de cette fortune 5 ne remet pas fondamentalement en question cette opinion.
Francois de Callatay, EPHE, Paris, ec Bibliotheque royale tie
Belgique, Bruxellcs.
Je tiens a remercier vivement M. J.W. Miiller qui, ayant ki
line premiere version de ec nianuscrit, m'a pennis de eorriger
quelques erreurs fectuelles de catcul qui s'draienc glissees en
annexe ef qui, surtout, a claririe mes idees sur la maniere de
comptabiliser Ic nombre de liaisons externes par les coins
de droit (c'est-a-dire le nombre de liaisons entre dcs grqupes
diflercnts, tels qu'etablis par les marques du revets).
Voir SEGRE 1931, p. .3-14 (centre sur les Ptolemees), PREAUX
1939. p. 261,27.5,365,432 (avec reference a I'ctude de WlLCKGN
1921, p. 387-389), 1953, p. 210-212 et LE RIDER 1998, p. 808-809).
Pour Claire Preaux, eerie attitude aurait d'ailleurs plutot ere
motivee par le manque de mctaux (PREAUX 1939, p. 261).
■ Par sa richesse, il peut ceraser tous les rois; rant d'or afflue
chaque jour, dc tour.es parts, dans son opulente demeurc»
(95-97) et«Mais, dans sa richc maison, 1'or ne reste pas cntasse
sans qu'on s"en serve, comme les tresors des fourmis qui ne
songent qu'ii toujours pether. Une bonne part est pour les
demcures gloricuscs des dieux, ou en route occasion il offre
les premices avec d'autres offraudes; il fait cadeau d'une
bonne part aussi aux princes vaillants, d'une bonne part atix
cites, d'une bonne parr aux amis lideles* (106-111) (traduction
de Ph.-E. Legrand dans la collection Les Belles Lettres, Paris.
1946). GOW 1950, vol. 1. p. 136-157 a fourni une traduction
anglaise qui respecte davantage le texte (pour le commentaire.
voir vol. II. p. 541-342). Sur I'image des; fourmis deterrent I'or.
voir Hcrodote, HI, 102-106.
Ce sont eux qui se montrent les plus genc'ieux lorsque,
apres le tremblement de terre qui avait ravage Rhodes en
227/226 av. J.-C, le monde grec fit assaut d'evergctistne pour
venir au seeours des Rhodicns (Polybe, V, 88-90. Voir, entre
autres, Hazzard 1995, p. 81).
On sail que la recherche posterieure s'esi auachee a soulignef
combien la belle mecanique fiscale decrire par C. Preaux fur
loin d'avoir atteint son optimum d'efftcacite.
K. Bringmann a reeemment votilu demontrer comment
meme les Ptolemees ne pouvaient pas se permerrre, passee
la valeur de c. 100 talenrs, de faire autrement que de realiser
des liberalit.es en nature, et d'abord en grain (bringmann.
Steuben 1995 et Bringmann 2001).
Eludes alexandrines 10 - 2005
i-hani/ois ok ca1.i.atat
Les Ptolcmees etaient riches et on leur conmut un raonnayage abondant. lis tirerent raerae
un profit probablernent colossal de ce monnayage des lors que Ptolemee Icr Soter institua un
nouvel etalon qui lui fit tailler ses tetradrachmes au poids d'abord de c. 15,70 g (vers 310 av. J.-C.:
type a lAthena Alkidemos) puis, en passant, par une courte etape a c. 14,90 g (vers 300 av. J.-C),
a c. 14,25 g (vers 295 av. J.-C), norme qui devait perdurer pour deux siecles, alors meme que
ces tetradrachmes etaient echanges au pair a la frontiere avec les tetradrachmes de poids attico-
alexandrin de c. 17,.32g. Sur chaque tetradrachme cchange a son entree en Egypte, le commercant
etranger perdait done plus de 3 grammes d'argent, soit un taux de change defavorable de plus de
15%, dont I'essentiel (moins les frais enframes par la fabrication et la mise en circulation de la
nouvel le monnaie) allait enrichir les revenus du roi.
Les Ptolemees vont pleinement realiser ce qu'il est convenu de denommer une «economie
monetaire fermee» (que Ton ne confondra pas avec une «economic fcrmee» tout, court). Pour la
periode hellcnistique, ce decrochage anticipe sur ceux que conduiront - pour prendre les plus
fameux d'entre eux dans la literature moderne - Byzancc et Calcedoine dans le troisieme quart
du ljle s. ainsi que, vers 175 av. J.-C. (un peu avant ou un peu apres), Antiochos IV a Antioche,
Eumene 11 dans le Royaume attalide (les cistophores) et les Rhodiens (les plinthophores). Cette
instauration d'une economic monetaire fermee, entamee des 310 av. J.-C, constitue du reste la
principale marque distinctive des affaires monetaires egyptiennes, marque distinctive qui sera
prolongee ensuite par les Remains jusqu'ii Diocletien. On la voit a l'ceuvre dans le trcs celebre
papyrus de Zenon (P. Cair. Zen. 59021), date du 24 octobre 258 av. J.-C, dans lequel Demetrios,
apparemment le maitre de la Monnaie d'Alexandrie, reclame au dicecete Apollonios des instruc-
tions a l'occasion d'une reforme monetaire ayant pour consequence la frappe de pieces neuves,
seules a etre acceptees desormais 6.
D'une facon tres semblable a celle que Ton rencontrait naguere dans les anciens pays du Pacte
de Varsovie, l'etranger etait tenu a 1'entree du pays de troquer sa bonne monnaie, ses dollars ou
ses marks, contre un numeraire largement surevalue. Pour fonctionncr, un r.el systeme necessite
au depart une injection massive de nouveau numeraire sans quoi le meme etranger, commercant
ou particulier, a l'image de ceux qui 5e pressent en 258 av. J.-C aux portes de l'atelier dAlexandrie,
ne peut ni commercer ni meme subvenir a ses besoins ''. Nos esprits modernes s'attendent done a
une premiere phase de production monetaire abondante pour mettre en route la machine ensuite
de quoi il sera loisible aux auforir.es de proceder a des frappes d'entretien destine.es a compenser
les pcrtes naturelles du systeme.
Je voudrais montrer dans la suite de cette etude combien un tel scenario, quoiqu'il putsse
nous paraTtre familier, voire de bon sens, heurte pourtant la realite historique, combien il induit
une vue faussee et pour le coup modemiste des affaires monetaires en suggerant que les Anciens
etaient a meme de controler la messe monnayee en circulation. Le pas suivant est alors que,
en ayant ete capable, ils l'aient fait et. cela dans la perspective aristotelicienne de faciliter les
6 Pour une traduction et un commencaire commode de ce
celebre document, voir Austin 1981, p. 410-411, n" 238.
Dp fait, ce systeme suppose que l'Ecat dispose de «quantites
suffisanr.es de. numeraire pour pouvoir assurer le change-',
Chankowski-Sahu- 1997, p. 361.
I.MNSTAURATION PAR PTOLtMBt I SOTER [TUNE ECONOM1E MONBTAIRE EERMEE
echanges. Comme il faudra un jour l'admettre, Aristote (Politique, 1257a) et Paul dans un commen-
ts ire a Dig., 18, 1, 1 - ou plutot leurs commentateurs modernes - onf tort. Tort, de confondre le
point de vue de l'usager de son temps, pour qui, en effet, la tnonnaie vient en aide au commerce,
et celui du pouvoir emetteur, pour qui la monnaie est d'abord source de profit.
Je traiterai done ici d'abord du volume monnaye par les Ptolemees lors de I'instaiiration
d'une economie monetaire fermee et ensuite des soi-disant frappes d'entretien.
Is VOLUME MONNAYE LORS DE L'INSTAURATION DE L'ECONOMIE
MONETAIRE FERMEE VERS 295 AV. J.-C.
L'abondant monnayage des Ptolemees n'a jusqu'ici que mediocrement fait I'objet d'etudes de
coins 8. Des pans entiers attendent encore d'etre explores sous ce rapport, cc qui tragiiisc toute
tentative globale d'estimation 9, II apparait neanmoins, sans risque d'erreur, que, pour s'arreter a
la date de 225 av, J.-C, les frappes anterieures de tetradrachmes furent, par leur ampleur, de loin
superieures chez les Ptolemees a celles des Seleucides.
Ce qui suit traite specifiquement de la grande reforme ponderale et typologique initiee par
Soter vers 300 av. J.-C. et pleinement realisee vers 295 av. J.-C, celle qui allait perdurer pendant
plus de deux siecles. La recherche tient compte depuis les annees 1980 de I'etude de coins
me nee par A. Davesne sur les tetradrachmes ptolemaiques contenus dans la tres grosse trouvaille
de Meydancikkale, decouverte en septembre 1980 dans un contexte propice et rare de fouilles
officielles l0. Enfouie sous les fbndations d'un edifice a I'interieur de trois recipients en terre cuite,
cette trouvaille contenait pas moins de 2 141 tetradrachmes ptolemaiques, allant de la scconde
tnoitie des annees 290 jusqu'aux annees 240 av. J.-C. Letude d'A. Davesne, si elle ne s'apparente
pas a un corpus, repose sur une masse documentaire appreciable.
Le debut de la sequence est constituc de monnaies frappees a Alcxandrie et sc divisant en
varietes presentant au fevers deux lettrcs ou une lettre et un monogramme. Je donne ici, en resume,
la liste des dix premieres varietes telles que classees et datees de fa(;on tres precise, a I'annee pres.
par A. Davesne suivies du nombre d'cxemplaires et du nombre de coins de droit, toujours tels
que recenses par lui:
" Voir <i ce sujet les Etudes reprises dans Callatay 1993.
p. 27-30 et 1997, 313-324; Van Driessche 1987, pour les
decadrachmes d'argent ii I'effigie d'Arsinoe 11: M0RKHOI.M
1979, pour Ics oetodrachmes cn or ct les tetradrachmes en
argent de Ptol^mie V ainsi que NicOLAOU, M0RKHOLM 1976,
pour les tetradrachmes emis par les ateliers chypriotes sous
I'tolemee V111, IX et X. Plusieurs auteurs ont feit part de
nombre de coins sans fournir le detail de I'information:
zervos 1967. pour Ics tetradrachmes a fAthena Alkidemos
de Piolemee Soter; Iroxell 1983. pout les oetodrachmes en
or, les decadrachmes et les tetradrachmes de I'tolemee 111
a I'effigie d'Arsinoe; M0RKHQLM 1983b, pour les rirradrach-
itics emis ii Chypre entrc 109/108 et 91/90 av, J.-C.
0 Voir Cau.ataV 1993, p. 27-30.
10 Meydancikkale est un eperon rocheux situe non loin de la
ville modcrne de Giilnar, dans 1'aneienne province de Cilieie
Traehcc.
" Comme on le vena, ce classemenr repose sur dc mauvaiscs
raisons (une poignee de liaisons de coins et des considera-
tions ponderales aventureuses; a, Davesne dans DAVESNE,
Le Rider 1989, p. 270-274).
francois he CALL AT At
Varietes Marques Annee(s) Nombrc d'exemplaires et de coins de droit
de frappe
Ptolemee l"
Soter
1 P et E Inr 1(11 /~>01 295-293/292 H)Ol-jlK>2: 2 CX. CI 1 UlOltS
2 Pet E 295-293/292 3063: 1 ex. et 1 droit
3 Pet * 292/291-291/290 JUoiowfl: 2i ex. et uroit>
4 Pet (AP?) 292/291-291/290 3089-3104: 16 ex. jet 15 droits (= 1 liaison interne)
5 Pet (IIY ?) 290/289 3105-3140: 36 ex. et 32 droits (= 4 liaisons internes)
6 p et (xa ?) 289/288 3141-3194: 54 ex. et 51 droits (= 3 liaisons internes)
7 P el a 288/287 3195-3233: 39 ex. et 37 droits (= 2 liaisons internes)
8 Pet 01A?) 287/286 3234-3291: 58 ex. et 58 droits
9 Pet(llY?) 286/285 3292-3311: 20 ex. et 17 droits (= 3 liaisons internes)
Ptolemee II
Philadelphe
10 Pet (Mi?) 285/284 3313-3390: 78 ex. et 61 droits (= 17 liaisons internes)
Total: 329 exemplaircs
Production alexandrine de retradrarhmes ptolemaiques selon A. Davesne (295-285/284 av. J.-C).
Se trouve done ici condensee I'information relative a 329 tetradrachmes (Ptolemee Soter:
nos 3061-3311 = 251 ex. ec Ptolemee Philadelphe: 3313-3390 = 78 ex.) '-. Etudiant ce mate-
riel, A. Davesne repere 33 liaisons de coins par les droits (soit 30 liaisons internes aux varie-
tes et .3 liaisons unissant par les droits des varietes differences [5 et 6, 6 et 7 et 9 et 10]). 11 obtieni
des lors 296 coins de droit pour 329 exemplaires. C'cst assez dire la mediocrite de I'echantillon. Avec
un indice • nombre d'exemplaires/nombre de coins de droit»de 1,11 (n/d = 329/296). on se trouve
tres en dessous du seuil a partir duquel on s'accorde a tenir pour acceptable I'incertitude liec a une
estimation du nombre de coins de droit originel En depit des mises en garde, A. Davesne, aide de
feu Charlotte Carcassonne, s'y est aventure M. Pour lui, la production alexandrine de tetradrachmes
ptolemaiques realisee sous Ptolemee lef Soter (295/294-286/285) aurait utilise 2 007 coins de droit
differents (intervalle de confiance entre 1 015 et 2 999), soit une moyenne annuelle de 201 coins
de droit (entre 101 et 300) l5. Cette moyenne contraste fortcmcnt avec les donnees presentees pour
le regne. plus long, de Ptolemee II Philadelphe (286/285-247/246).
2 Le n" .3212 du catalogue est un octodraclinie.
' La situation est aussi mauvaise que pour le tresor de
bronzes romains trouve dans la Garonne: ETlENNt-, Rachet
1984 - indices de 1.054 pour les bronzes de Trajan (701
coins de droit differents pour 739 exemplaires et un nombre
originel de coins estime a 6 928!). Sur l'insignifiance des
nombres origincls de coins, voir CAlLATA? 1988. p. 210-211 et
1995, p. 295. S'aglssant des monnaies frappces a Alexandrie
sous Neron. Trajan et Septime Severe, C'l litis H ansen 1988,
vol. 11. p. 16, a fait preuve de plus de prudence. II esi vrai
que; pout le billion frappe en Pan 12 de Neron, il compte
1 019 coins de droit pour 1 052 exemplaires. soit. d'apres les
ealculs proposes, un nombre originel de coins supcrieur a
25 000 (p. 66, note 23).
14 Carcassonne. Davesne 1987.
15 Dans la publication finale, dont la redaction a precede
Particle de 1987. le raisonnemenl ne se fonde que sur le
nombre d'exemplaires observes sans tentative de restitu-
tion du nombre originel de coins (Davesne. Le Rider 1989,
p. 299-300).
I'IN STAC RATION PAR 1'TOlEMEIi I SOTER D'UKS ECONOMIE MONETAIRE
Regnes 1) (prod, totale) Fourchette D (prod, annuelle) Fourchette
Ptolemee Ier (295/294-286/285)
Alexandrie 2 007 11 015-2 999] 200,7 1101-300]
Ptolemee II (286/285-247/246)
.Alexandrie 678 16167391 17,0 U5-19]
Phenicie-Palestine 339 13193591 8,5 18-91
C hyp re 290 1266-3141 7,3 16^7-7,9]
Lcs tetradraehnies pcolcmajqucs du trcsor de Culnar: estimations du nombrc de coins de droit par souverain et par region
(Carcassonne, Davesne 1987. p. 28: tableau ill).
Ce tableau, assorti d'un graphique encore plus spect.aculaire l6, a naturellement pousse
A. Davesne a y voir le schema de la constitution initiale d'un stock suivie d'une alimentation
d'entreticn: «II apparait done clairemcnt que Ptolemee I61' Soter [...] a fait produire un tres grand
nombre de pieces qui ont constitue un stock initial considerable. Son fils Philadelphe a voulu,
au debut de son regne, stimuler encore la production de 1'atelier d'Alexandrie, puis ii s'est
content^ d'alimenter la quantite de pieces en circulation tout cn divcrsifiant les ateliers »
o
... ■%........1
1%...................H..................- - -.....■....................
!-o>Nifi<o-i-or^ifico-t-<5>r-in(0'-a>r--mtOT-oit--
(NCMCMC-JCMCviCJCMCICJCNJOJOICNJCJOJCMCJCslCJCMC'JCJ
Nombres annuels do coins de droir utilises pour les tetradraehnies lagides scion A. Davesne (2000, p. 14)-
Une fois etablie I'idee que Ptolemee II s'est contente«d'alimenter le stock existant l8», A. Davesne
se fait un plaisir de la refrouver pour les monnayages aux types d'alexandres 19 comme - de facon
16 Carcassonne, Davesne 1987, p. 27: egalement Davesne 2000.
p. 14.
17 Carcassonne, Davesne 1987, p. 23; Davesne 2000. p. 14.
18 Davesne 2000, p. 24.
'" 'De nouveau, fine fois le stock constitue. on avail du con-
tinuer dc l'alimenter sur un rythme reduit«, (Carcassonne,
Davesne 1987. p. 25), Sauf que, dans le cas des alexandres,
la recherche moderne a suflisanuneni souligniS combien,
d'une pari, le eonquerant macedonien avait atcendu
plusieurs annces ayant dc fruppcr a scs types ct combien,
de ('autre, I'essentiel des frappes datair de I'extreme fin dc
son regne ct des deux dicentrics postcrieures a celui-ci. Que
necessite de payer les armees des diadoques, et en fonction
des effectifs a stipendier (effect ivement plus Important;
dans le dernier quart du mc s.), plutot quaver une sage
cooperation Internationale veillanta alimenter le marohe
de facon adequate, me pat-alt ne fa ire aucun douce.
PKAXt'OIS DE CAI.I.ATAV
deconccrtante - pour ceux des Attalides 20. D'ou une conclusion qui pose que: «une fois qu'un
stock dc monnaies, d'un type reconnu dans unc region, etait forme il n'etait pas neccssaire de conti-
nucr a produire au meme rythme et il suffisait de rernplacer (es monnaies hors d'usage... En somme,
loin d'etre inconfrolee ou desordonnee, la production moner.aire du llle s. av. J.-C. paralt avoir ere
bien reglee2'...» En realite\ les faits presents par A. Davesne doivent etre dementis et sa vision - qui
n'est pas la sienne propre - doit etre nuance> (voir la deuxieme partie de cette etude).
S'agissant de Ptolemee Soter, on eut pu s'emouvoir d'une telle moyenne annuelle. Avec 201 coins
de tetradrachmes ptolemaiques par an, Alexandrie aurait cu alors une production quatre fois
superieure a eel les tant du grand atelier macedonien (Amphipolis ?) au moment de son rendement
maximal sous Alexandre le Grand qua celle des tetradrachmes stephanephores d'Athenes lors de
leur periode de plus forte emission (c. 50 coins de droit, par an dans les deux cas). II n'en est rien.
L'e'tude de coins presentee par A. Davesne doit etre corrigee 22. Au lieu de 33 liaisons de coins par les
droits, j'en distingue - sous le controle severe de M. J.W. Miiller - 203 z*. Cela affecte sensiblement
le nombre de coins de droit J'en distingue 152 (d) — et non 296 — pour 329 exemplaircs (n), soit
une ratio * nombre d'exemplaires/nombre de coins de droit* (n/d) de 2.16 et un nombre origincl
de coins de droit (1)) estime a 232,2 +/- 10,8 (e'est-a-dire pres de dix fois moins que le resultat
postule par A. Davesne) 24. On trouvera en annexe le detail de mon etude de coins, referencee
d'apres les numeros de la publication du fresor de Meydancikkale. Et, atin de donner au lecteur
la possibilite dc juger, j'ai reproduit quclques cas exemplaircs de coins liant difrerentes varietes
(suivant la numerotation adoptee dans l'annexc: D24, 1)49 et D52 - voir pi. 1). Le brcf tableau
ci-dessous recapitule les differences entre les deux etudes de coins:
Davesne Callatay
Nombre total de lia.sons de coins par les droits 33 203
Nombre de liaisons internes aux varietes .30 .54
Nombre de liaisons entre varietes 3 149
0 >Ainsi, nous retrouvons le meme phenomene que pour les
ptolemees ou les Alexandres: apres une frappe sourenue des
monnaies de Pergamc pendant une trentaine d'annees. on
avail constitue un stock suflisant qu'il convenait de regene-
rer lentement par une production reduite», Cai«:assonki;,
Davesne 1987, p. 26. Comparer avec le propos, me&urd et
prudent quant a lui, de LE KlDER 1989. p. 340: .Pendant
longternps. les especes s^leucides et attalides n'eurent done
besoin d'etre frappees quoccasionnellement, soit pour des
raisons de prestige, soit comme complement dans des circons-
tances exceptionnellcs- (voir aussi Le Rider 1986, p. 36).
!1 Carcassonne, Davesne 1987, p. 26.
- Comme deja annonce au passage il y a pres de dix
arts sans que soir fourni le detail de la demonstration
(Cauatay 1993, p. 28).
21 Je ne pretends pas ne metre jamais trompe quant a la realite
ou non d'une liaison de coins. L'une ou lautre erreur, de
vision ou de transcription, a pu se produire. Letude des coins
n'est pas pour autant un sport subjec.tif. J'ai personnellement
controle des dizaines d'dtudes de coins sur les planches des
ouvrages qui les faisaient connalrre. Je me suis. a I'un ou
['autre detail pres, presque toujours trouve en accoal avec
leurs auteurs. Tres raremcnt. je suis parvenu a un constat
inverse. Autrement dit, passee la divergence ponctuelle. le
controle d'une etude de coins n'est pas un doinaine qui
genere des dcnii-niesures. C'est soit globalement bon, soit
globalement faux.
M Avec 296 coins de droit pour un echantillon de 329
monnaies, le calcul du nombre origincl de coins de
droit selon la formtile simplifide de CARTER 1983 donne
un total de 2 139,6 +/- 306,0.
I.'INSTAURATION PAR 1'TOLEMEE I SOTER D'L'NE ECONOMIE M O N ft T AIR fi FERMiiE
Ce sont surtout les liaisons entre varietes qui out echappe a A. Davesne (149 au lieu de 3).
Comme s'il avait d'abord procede a la repartition dcs pieces en fonction de leurs varietes, mettant
a part tous les exemplaires presentant la meme combinaison de lettres ou de monogramme, pout
ne controler ensuite serieusement les coins qu'a l'interieur de ces ensembles constitues.
En realite, les different.es varietes sont extremement connectees entre elles. Ces groupes de
monnaies, isoles pour la convenance du classement, ont les meilleures chances d'avoir ete produits
concurremment et non successivement. Le reseau de liaisons de coins laisse peu de doute a ce sujet
comme en temoigne le tableau ci-dessous (elabore a partir des indications fournies en annexe):
Va. 1 2 3 4 | i 7 8 9 10
1 1
2
3 I 4 6 i 2 3 S 3
4 1 4 2 4 5 3
5 6 4 7 13 8 8 3 12.
6 6 2 13 5 9 10 3 9
7 2 4 8 9 6 6 11
8 3 5 8 10 6 10 3 11
9 2 3 3 3 4 2
10 3 3 12 9 11 11 2 17
Nombre de liaisons de coins de droit entre les varMr.es noi 1-10 des tetradrachmes ptolemaiques frapp^s a Alexandrie
(Meydancikkale. iv- 3061-3390).
Les varietes n° 3 a n" 10 ont a ['evidence etc emises en meme temps. Au total, on observe
d'ailleurs davantage de liaisons entre tetradrachmes appartenant a des varietes differentes qu'a
l'interieur des groupes constitues des exemplaires d'une meme variete.
Quoique la ne soit pas le propos de la recherche en cours, ce constat ruine rhypothe.se selon
laquelle chacune de ces varietes attcsterait la production d'une annee 2S. Dans la foulee, elle met
a mal, pour le moins, celle d'une utilisation trop ambitieuse des donnees ponderales qui croyait
possible de classer des groupes restreints de monnaies en fonction de differences inflmes, de l'ordre
du centigramme, calculees au surplus sur les moyennes 2(l\
Mais revenons aux volumes de tetradrachmes ptolema'iques emis par les deux premiers Ptole-
mees et comparons les donnees avant et apres reexamen du materiel en acceptant la cesure entre
Soter et Philadelphe telle que proposee par A. Davesne (varietes nos 1-9 = Soter):
Voir M0RKHOLM, 1979b ec 1983a. La duree de vie d'un coin
de droit, dans le cas d'une production intensive, n'e.st que de
quelques jours, unc dizaine pcutctrc pour fixer tin ordre de
grandeur (3 000 exemplaires par jour x 10 = 30 000 exemplai-
res par coin de droit), certainetnent pas de quelques annees.
Je me suis arrete a la variete n° 10, soit aux nos 3313-3390.
II serait evidemment interessant de poursuivre le conttole
plus loin dans la sequence, ne fut-cc que pour voir si les
varietes suivanfes sont, elles aussi, forcement connectees
aux varietes 3 a 10.
Voir les propos d'A. Davesne dans Davesne, Lb Ridkr 1989,
p. 270 et 294 (tableau recapitulatif). Tout autre chose est de
calculer I'usure moyenne de pieces qui ont circule pendant
plus d'un sieclc.
prancois oh callatav
D Intervalle
(moyenne annuellc) de confiance
Ptolemee [« (295/294-286/285)
Alcxancl rie 22.6 27 121.2-24.0] Estimation F. de Callataf
Ptolemee II (286/285-247/246)
Alexandrie 17,0 115-19| Estimation; A. Davesne
Phetiieie-Palestlne 8,5 m Estimation A. Davesne
Chypre 7,3 16.7-7.9) Esti Dial ion A. Davvsne
Ptolemee I" (295/294-286/285) 22,6 Estimation F. de Callatay
Ptolemee 11 (286/285-247/246) 32.8 Estimation A. Davesne 28
Moyenne annuelle clu riombre orlginel de coins de droit mis en service pour les t&radrachmes ptolematques frappes
sous Ptolemee Sorer et Ptolemee Philadelphe.
Rcvus et presences tels que ci-dessus, les resultats obrenus pour Ptolemee Soter tie conlirment
pas 1'idee d'une production initiale massive de numeraire atin de constituer le stock de depart
consecutif a la reforme ponderale, qui aurait ec<5 suivie de frappes modestes par la suite
(idee reprise par RODRIGUEZ 2000, p. 17-19). En \'6tat, ces resultats sont meme inferieurs a la
moyenne tenue, pendant pres de quatre decennies, lots du regne de Philadelphe.
A tout le moins, les frappes de Philadelphe apparaitront difficilement desormais com me des
emissions «d'entretien». Pour ce qui est de Soter. la situation appellc le commentaire. D ime
part, en effet, la nouvelle etude de coins detruil, en les divisant par pres de dix, les estimations
proposces par A. Davesne et Ch. Carcassonne. Les nouveaux tetradrachmes ptolematques battus
a Alexandrie n'ont pas necessite l'emploi de quelque 2 000 coins de droit en une decennie.
Un peu plus de 200 firent apparemment I'affaire, ce qui constitute un saut dechelle. Dans le
meme temps, le reexamen du materiel a mis en lurniere le caractere fortement incestueux
des varietis nos 3-10 {quid des varietes suivanfes?). C'est une erreur de croire en un systeme
de frappes annuelles pour cette partie de la sequence. L'essentiel a sans doute ere emis en un
temps bref, difficile a estimer mais que rien ne contraint dctaler sur plus de deux annees.
Imaginons des lors que pres de 200 coins de droit de tetradrachmes (au moins) furent mis
en service en un temps tres court, comme «stock initial*. Imaginons aussi que chacun tic ces
coins de droir ait eu une production de 20 000 exemplaires. V'u la pa rite du tetradrachme piolemai-
que avec le tetradrachme attico-alexandrin, 1'ensemble de. cette frappe aurait represenrc 4 000 000
de tetradrachmes, soit 1 equivalent de 2 667 talents d'argent monnaye 29. Somme tres forte en effet,
27 Les 9 premieres varietes (Mcydancikkale. n°* 3061-3311)
toralisent 132 coins dc droit pour 251 exemplaires
(lndice n/d - 1,90 et D ICartkk 19831 = 225.8).
M Comme indiqucs par les intervalles de confiance. beaueoup
plus resserres. les valeurs dctwyees par A. Davesne pour
Ptolemee Philadelphe paraissenl beaueoup plus liables que
celles obrenues pour Ptolemee Soter.
-"' Simple conjecture: a 3 000 pieces par cnclume et par journee
de travail (estimation haute pour le Moyeo Age. er relative a
des pieces beaueoup plus forties a (aire bicn venlr), 4 millions
de tetradrachmes representenf 1 353 journees de travail.
soit pies de 3.7 anne'es. en supposant qu'il n'y ait eu qtnif)
marteau a I'ceuvre. I.e reseau de connexions qui characterise
les varietes 3 a 10 defie cette demiere hypothesc. II prouve
au contraire I'existence d'un travail necessitant l'emploi
simultane de plusieurs jeux d'instrumencs. au moins 4
en apparencc, a en croire ce meme rfseau de connexions:
3 coins de droit communs a 5 varietes: D24, D3I et 1)49,
i coins de droit communs a 4 varietes i D5, D16, D21, D46 et D52.
15 coins de droit communs a 3 variete's: D7. D10. D15, 1)20.
D26, D28, D33, 1)41, D43, D45. D47, D53, D63. D79 et D84.
L'lNSTAURATtON PAR PTOLEMEE I SOTER D'UN'B ECONOM1E MONfjTAIRE riiH.MEK
qui ne semble pas exageree a travers le calcul conduit ici et qui fixe un ordre de grandeur. Meme
a 2 talents (12 000 drachmes, soit par exernple 1 500 amphores a 8 drachmes piece) le contenu
commercial d'un bateau marchand, cela representee l'equivalent monnaye de 1 333 bateaux! Et il
faut tenir compte en outre au meme moment - les communauf.es de monogrammes le prouvent
- des frappes d'octodrachmes d'argent ainsi que des crichrysa et des trioboles d'or 30.
C'est incontestablement beaucoup, beaucoup trop pour ruiner l'hypothese d'une phase de depart
a production tres soutenue 51. Le scenario qui se profile est d'ailleurs sensiblement plus realiste que
celui imagine par A. Davesne, lequel postulait une frappe demesuree (c. 2 000 coins de droit.) etrange-
ment etalee sur une decennie (au moins). A celui-ci, il faut substituer la vision d'une frappe de depart
breve et tres fournie - un peu plus de 200 coins de droit en quelques annees sans doute - a laquellc
fit suite une scrie demissions de tallies different.es en fonction de importance des besoins.
2. «FRAPPES D'ENTRETIEN»
Le concept de «frappes d'entretien» s'est a present infiltre dans la litterature numismatique
relative au monde grec. Tout recemment, M. Aperghis a fait connaTtre un article follement aven-
tureux sur l'economie seleucide qui presence - pour une fois - I'avantage, si Ton peut dire, de
pousser le raisonnement jusqu'a son terme de facon explicite, Je le resumerai ici 32. M. Aperghis,
qui croit pouvoir se fonder sur un passage du pseudo-Aristote (Economique, II, 1, 3) 3\ part d'une
premisse particulierement malheureuse: les rois seleucides one veille a alimenter correctement
la circulation en numeraire. Com me celle-ci est. affectee chaque annee par une certaine pcrte, ils
ont eu le souci de ne pas faire fiechir la masse monnayee disponible en procedant a des frappes
d'entretien calculees d'apres le taux necessaire de remplacement (*replacement rate*). Or, constate
M. Aperghis, en temps de paix sous Scleucos IV, le nombre moyen annuel de nouveaux coins de
droit est de c. 5 en Babylonia et de c. 2 en Syria du Nord, soit un rapport identique a celui de
l'importance supposee des populations (c. 5-6 millions pour la Babylonia, C 2 millions pour la
Syrie du Nord), ce qui prouve en retour, dans son esprit, qu'il s'agit bien de frappes d'entretien
(•• replacement coinage 54») . Le taux annuel de remplacement est estime a 1-2 % de la masse totale
en circulation.
Davesne, Lh Rider 1989, p. 271.
D'autres exemples sont plus probancs, Ce scrait rinsufflsance
de numeraire immediatenicnt disponible lore de ['introduc-
tion d'un systeine inonctaire krm6 qui aurait rfiyulieremenl
pousse les responsables a admetcce pour un temps d'autres
monnayages en les contremarquant contrc rcdevance
(voir Le Rider 1989, p. (68-169).
aperghis 2001, p. 90-94.
• Pour les rnonnaies, il s'agira de savoir dc quel type il faut en
faire, et quand* (trad, de A. Warteei.E, Les bellestettra, Paris,
I96S, p. 9). Ce texte figure en fete des quaere articles relatifs a
l'economie royale {basiiike). II fixe les prerogatives monetaifes
du roi: c'est lui qui decide de la nature du monnayagc et du
droit de frappe. Le pote (quand) rappelle de fa^on abrupte cc
droit regalien. Quand, e'est-a-dire i pour quel type de depenscs ?
Titer de ce passage une preuve ou meme un argument selor
lequel le roi aurait veille a emettre «suffisamment> de nume-
raire afin de faciliter (es transactions est tout a fait abtistf.
Aperghis 2001, p. 94: >lf Seleukid 'peace-time' issues were
simply meant to replace the decay and loss of the total coin-
age in circulation, as has been suggested, then one can at least
say that the amount circulating in the economies of these
two regions should have been approximately in the ratie
5:2. It is then a coincidence that the populations estimated
earlier independently for Mesopotamia and Northern Syria
were 5-6 million and about 2 million respectively?"
francois 01 < ali.atav
Ce type de raisonnement est gros d'au moins deux presupposes, qu'il me pa rait falloir combattre
energiquemcnr i:>: 1) l'idce que les Etats se soul soucics d'alimenter la circulation en numeraire
pour facilirer les echanges et 2) celle qu'ils sont parvenus a le faire via leur connaissance de la
masse monnayee disponible.
Le premier presuppose devrait faire I'objer d'un long livre; j'en ferai un paragraphic 36. Je ne
crois pas que - sauf exception - ni le rnonde grec ni le monde romain se soicnt soucies d'alimenter
la circulation monetaire dans une perspective commerciale, pour le bien de leurs utilisateurs (ce
qui n'exclut pas des reponses ponctuclles a ties cas signales de penurie). Je crois, tout au contraire,
que, dans un monde qui ignore la f'rappe libre, les monnayages furent cmis pour proceder a des
paiements en percevant au passage un profit. Presque toute l'affaire tient en cettc seule phrase.
Pour le monde romain, cettc vue, qui est aussi celle de Jones 1974 ec de crawford 1970 et 1971,
a etc critiquee par LO CaSCIO 1981 et CECCO 1985 avec des arguments qui, loin de me paraTtre
decisifs, confortent, par leur aspect, particulier ou hypothctique, le bien-fonde de l'approche fiscale.
Si tant d'historiens, pour ne pas parler des anrhropologues de l'economie, contlnuent de privilegier
une perspective commerciale, e'est que, a la suite d'Aristote (Politique, 1257a), ils prennent I'effet
pour la cause. Ce n'est pas parce que les monnaics tacilitent en ef'fet les transactions qu'elles ont
ete creces a celle fin. Cette confusion est, a mon sens, la plus grave et la plus frequente erreur de
perspective commise s'agissant des monnayages grecs.
Evoquer des«frappes d'entretien»ou un«taux de rcmplacement», e'est n£cessairement soutcnir que
le pouvoir emetteur avail une conscience suffisamment precise de la masse monetaire en circulation
pour pouvoir agir sur elle. Une mise au point s'impose mainfenant que plusieurs savants ont evoque
sans detours la theorie quantitative de la monnaie a propos du monde romain 37 ou grec 5S.
D'aucuns s'accordent - et Claude Nicoler I'a sans doute le mieux plaide 59 - a reconnaTtre aux
Anciens d'avoir percu que I'augmentation soudaine de la masse monnayee etait source d'inflation,
quelle avait pour consequence d'entraTner une flam bee des prix (et inversement, com me il en va
a Rome en 64/63 av. J.-C). C'est la formule popularisee par Irving Fischer (1867-1947): PQ = MV
ou, toutes choses 6tant egalcs par ailleurs (a commenccr par la masse des biens [Q] et la faille de
la population), les prix (P) sont fonction de la masse monetaire disponible (M) et de la vitesse
de circulation (V). Cette derniere etant gencralement et commodement renue pour un invariant,
reste que les prix sont determines par la masse monetaire en circulation.
Pour le monde romain, on dispose d'une se-ric de mentions, dont la plus explicite sans doute
est un passage de Suetone qui cent: ■<Libcralilatem omnibus ordintbus per occasioned frequenter
exhibuit. .\'am et invecia urbi Alexandrino iriumpho regia gaz.a tantam copiam nummariae rei effecit,
ut faenore deminuto jAurimum agrorum prettls accesserlt, el posted, quotient ex damnatorum bonis
15 Pour ne rieri dire des nombres avarices, approximacifs pour la po-
pulaiion. conrcsiabk's pour la production monetaire, ni de leur:
niise en oeuvre qui fair d'unc correlation une causalicd.
- le traite cettc question dans un livre eh chantier sur le degre
de monetarisatiou ii lepoque hellcnistique.
,7 Voir Nicoun 1971; LO CasOO 1981, p. 85: BUDDRUSS 1987.
IH Le premier a l'avoir enonce de facon explicite - a propos
des Ptoleniees el avec la reference ii l'cquation d'Irving
Fischer en prime - est Segrk 1922, p. 93: fin un regime
di economia cliiuso i prezzl delle metCi avrebero potuto res-
rare inaUerali. quando la coniazione delta nioneta non fosse
stata iilx'to e lo stato fosse rlusclto a garantiisi efflcacemente
il nionopolio della valuta e a mantenere la massa e la ve-
locita del medio cireokmie entro e]i antichi limiti.' Pour
la mention de la formule de Fischer a propos du monde
iagtde, voir, apres cela, PR6AUX 1936. p. M8 er LE Rider 1986,
p. 35;Cadeu, Le Rider 1997, p. 77-78.
NlCOLET 1971: voir aussi NlCOI.ET 1984.
L*IN STAC RATI ON PAR l>T<) i.EMBK 1 SOTBR O'UNE ttONOMIE MONETAtRE FERMfeE
pecunia superflueret, usum eius gratuitum Us, qui cavere in duplum possent, ad catum tempus indulsit*
(Auguste, 41, 1-2) 40. Le contexte est celui de la periode qui suivit la ha rail le d'Actium et la main-
mi se par Auguste sur les tresors de I'Egypte 41. Avec la dethesaurisation par Alexandre le Grand
des reserves metalliques accumule.es par les rois de Perse (elle aussi generatrice d'une flambee des
prix), il s'agit sans doute de la plus grande injonction massive de numeraire dans la circulation
qu'ait eu a connaTtre le monde antique depuis I'invention de la monnaie. Tout observateur de
lepoque, meme peu attentif, n'a pas pu ne pas remarquer la correlation entre ['augmentation dc
la masse monnayee en circulation d'une part et la diminution du taux d'interet de l'autre, ce qui
ne manque pas de faire monter le prix des terres. On peut, avec Jean Andreau contester que ce
tcxtc fasse le lien entre masse monnayee et inflation proprernent dite. En tout cas, il n'est aucu-
nement besoin de supposer que Suetone ait fait preuve de connaissances particulates ou ait eu
acces a des archives tenues secretes du commun.
Mais, cela etant acquis, je voudrais montrer qu'il y a loin entre cette observation de bon sens assez
elementaire et la perception, meme approximative, de la masse monnayee en circulation. Autant la
relation entre masse monnayee et incidence sur les prix semble simple et naturelle, et cela d'autant
plus que Ton se trouve dans un cas extreme comme celui qui prevalut apres la conversion en nume-
raire des tresors egyptiens 4\ autant la juste appreciation de la masse monnayee en circulation
represcnte un probleme d'une complexity rare, soumis a une serie d'incertitudes dont la maTfrise
par nos Etats confemporains n'est toujours qu'imparfaite. Or Ton voit bien que deftnir un taux de
remplacement de l'ordre de 1 a 2 %, e'est necessairement pretendre a une. connaissance du systeme
dont la marge d'incertitude ne depasse pas 1 %, voire 2 %. 11 me paratt exclu que cela ait jamais etc
le cas en Grece ou a Rome, pas plus d'ailleurs qu'au Moyen Age ou a lepoque moderne. Et Ton peut
douter qu'un tel degre de precision puisse aujourd'hui etre a bon droit revendique.
C'est que, pour estimer la masse monnayee en circulation, il ne sufflt pas de connaTtre la masse
monnayee misc. en circulation, autrement dit la somme de toutes les productions monetaires. Sans
que cela doive nous etonner, aucun compte n'a survecu, mais il est loisible de penser que les ateliers
conservaient des registres precis quant aux quanfites de monnaies frappees et declarees bonnes
pour l'usage. Je veux bien admettre aussi qu'au sein de 1'administration ptolemaique, un respon-
sable, le dicecete probablernent, ait eu ii catur de se procurer ces informations independamment
des cas de litige, temoignant pour la circonstance d'une tres moderne rationalite economique 4+,
• II (Auguste) saisir maintes occasions de tenioigner sa libe-
ralire aux diffeiencs ordres. Ainsi. quand on eut transport
a Rome, lors du crioniphe d'Alexandrie. le iresor des rots
d'ngypre, il en resulra une si grande attendance de numeraire
que, le raux de I'argenr ayanc diminue, la valeur des rerres
s'acerut de facon considerable, et, par la suicc, chuque fois
que des coniiscarions iaisaieni. surabondev targeiu (dans le
tresor), il en prera gratuitement pour un cemps determine
a ceux qui pouvaient repondre du double* (traduction de
H. Ail loud dans la collection Les Belles Utlres, Paris, 1954).
Voir aussi Dion Cassius, I.I, 21. 5 (qui precise que le taux d'in-
teret baissa de deux tiers) et Orose, VI. 19, 19. Voir Segre 1922,
p. 91.
Voir Als'dreau 1997, p- 211-216 et 2001, p. 197-204. Dans une
let ire datee du 26 avril 2002 et dont je le retnereie bien
viveffient, il m'ecrit: «Jc suis convaincu que ce texte ne
montre pas, chez son auteur, une conscience, meme naive, dc
I'iiU'luenee de la quantite du stock inonetaire en circulation
sur rensembte des prix.*
''1 C. Nicolet ne dif pas autre chose s'agissant de la dynamiqui'
inverse, a I'ceuvre lors de la conjuration de Catilina: manque
de numeraire, hausse des taux d'interet et baisse des prix,
Nicolet 1971, p. 1225.
"H Sur la question de la rationalite economique dans I'Antiquite
greco-romaine, dont I'absence supposee est une des cles dc
voute de l'edilice primitiviste, voir pour I'Egypte, RATH80KE
1991 (un des principaux tenants de la position moderniste;.
La question a engendre une vaste litterature.
Mais il se frouve que, possedant pes donnees, le raisonnemcnr sur la masse monnayee en
circulation n'en est. qua son preliminairc, lequcl constitue en I'occurrence sa partic la plus
mairrisable. Les difficultes surgissent ensuite ct elles sont considerables. Pour pouvoir metier
a bien une politique efficace de controle dcs pri.x, il s'agit en effet d'estimer differents taux
de perfcs moncraires, un indice de thesaurisation ainsi que la quantite des biens acheta-
bles.
Pour cc qui est des taux de perte, de la part annuelle qui quitte a jamais le systeme, on distin-
guera entre ce qui gagne letranger et ce qui est enfoui dans le sol.
Dans le cas d'une economie monetaire ouverte, le calcul de ce qui gagne letranger reprcsente
generalement le facteur d'incertitude qui greve le plus serieusement I'csfimation. Dans le cas
d'une economie monetaire fermee, la situation sc presente de fiicon plus favorable, encore qu'il
ne faille pas exagerer 1'impermeabilire du systeme. Le nombre de tetradrachmes ptolemaiques
retrouves dans le Peloponnese, par exemple, temoigne d'un exode reel de numeraire 4\ Le pro-
blcme de la circulation du numeraire ptolemaique hors Egypte a ete traite de facon approfondie
par Bagnall 46.
Ce qui est perdu, enfoui a jamais dans le sol a I'interieur mcme de la zone monetaire,
constitue un autre facteur d'incertitude, donf. il ne convient pas de soutenir a priori qu'il
fut un invariant. Ce serait limiter la vision aux pertes accidentelles (de fait, le nombre de
distraits ne devait pas varier de facon spectaculaire d'une annee a l'autre) sans tenir compte
de rimportance des facteurs politiques et economiques sur le nombre des enfouissements
intentionnels, eux-memes soumis a pertes accidentelles. C'est particulierement vrai dans le
cas de troubles politiques (guerre, revoke, insecurite chronique), lesquels vont non seulement
pousser les proprietaires a enfouir leurs avoirs mais encore faire en sorte qu'une panic d'entre
eux ne les retrouve jamais (pas plus que leurs families). Le mcme propos vaut pour une epi-
demic ou une famine 47.
Nous ne sommes pas au bout de nos peines car rien n'a encore ete dit de la vitcsse de circula-
tion (le V de la formule d'l. Fischer), soit de la proportion d'especes circulantes par rapport aux
especes immobilisees. C'est par commodite, nalurellement, que Ton escamote habituellement le
probieme en faisant l'hypofhese d'une Vitesse Constance. Aux motifs politiques et economiques
deja evoques, on ajoutera ici ceux, plus proprement monetaires, qui af'fectent le cours des metaux,
monnayes ou non.
4S HaCKENS 1968. p. 82-95. qui. doutanf justemont qu'il
puisse s'ligir du subside de Prolimee III a Aratos, donne
iinalemont sa preference (p. 95) a I'hypathi'se d'un Bpport
via la paye des troupes mercenaiies pluioi que par le com-
merce.
'", BAGNAU 1976, p. 176-212. qui. se meprenant (p. 203) sur les
conclusions de Haptens 1968. conclut toutefois. p. 211: ■■ Pto-
lemaic coinage circulated outside the monetary zone very litt-
le'. Voir, ici meme, la contribution de C. Chryssanthald.
A cette vision >en mouvemcnt • des especes nionnayees. on
pourralt objecter. notamment en se fbhdant sur le taux
d'inferei exorbitant de 24% pour I'aruent (one consianic
pour l'E[!ypre ptolemaique, qui ixrdurera meme apres le
transfert du tresor royal a Kome), que, selon les mots de
Preaux 1956, p. 327, 'le tresor royal d'Alexandrie efait deja
entre les mains des Ptolemees, de l'ar«ent mott, rhesaurise.
sans influence sur I'cconomie egyptienne>.
1/1NSTAU RATION PAH PTOLEMEE1 SOTER D'UNE E CO-NO M1E MONETAIRE FfiRMEB
Je rappellerai que quand, en Ian X dc la Rcpubliquc, il apparut important pour la France de
connaitre I'ampleur de la masse monetaire en circulation, les estimations fournies par les per-
sonnages auf.orises (Calonne, Gaudin, Gerboux, Des Rotours, Daru) varicrcnt entre c. 1 et c. 3,3
milliards de livres48. Encore ne s'agissait-il que d'estimer la parr circulante sans se prononcer sur
I'ampleur de la part thesaurisee.
II s'agit done d'etre precis. Dire que les Anciens, deja du temps de Cieeron mais les Grecs aussi
probablement, furent conscients de ce que 1'injonct.ion massive de monnaies entraTne Line inflation
des prix, revient a leur conceder un certain degre de conscience quant a la theorie quantitative
de la monnaie. Mais il me paraTt illegitime de se fonder sur ce constat pour leur preter de. facto
d'avoir voulu conrrolcr la masse monnayee en circulation et certainement errone de croire qu'ils
a lent pu y parvenir 49.
A fortiori, serais-je amene a penser, le controle des prix (qui suppose au surplus de connaitre la vitesse
de circulation et la masse de biens disponibles) n'est pas passe par le controle de la masse monnayee.
PI u tot que de contester la rcalite d'un tel controle sur les prix, on fera observer que, dans un systeme
autocratique comme L'Egypte pfolemaique, il n'est pas besoin de recourir a I'hypothese moderne
d'une connaissance line de la masse monnayee. II est plus surement le fait du prince 3°,
S'agissant. de la reforme de c. 300 av. J.-C, G. Le Rider a raison de critiquer la vision selon
laquelle les Ptolemees auraient cherche a remedier par ce moyen a leur pauvrete en metal argent .
Cette pauvrete est de fait toute hypoth^tique. Mais il n'est pas besoin, je pense, de lui substituer
la volonte de controler la masse monnayee en circulation pour 1 utter centre I'inflation ,2. Je crois
plus simplement, et comme G. I.e Rider I'a rant de fois lui-memc demontre, que les Ptolemees
ont d'abord ete guides par l'idee de fa-ire un profit. Profit dont il est loisible de conjecturer qu'il
a ete motive par le desir ou la necessite de financer un effort de guerre.
4S TllUH-UER 1983. p. 183-187: «l,e stock monetaire de I'an X».
4'' Cost, au fond, le memo type de conclusion qu'a formula
Crawford 1971, p- 1233, pour la Republique romaine
s'ayissant de 1'inflation a longue dui'ee: *VIerne si jai raison
de supposer que Varron se rendair compre du phenomenc
d'inflarion a longue duree, cette conscience (...| n'equivaur
pus. a nion avis, a line comprehension des iacteurs econo-
miqiies.* Les Grecs ec les Romains etaient certainement
sensihles aux variations $ubites et amples: cela ne les dotait
pas pour aurant d'un savoir autrement plus complexe f'onde
sur I'observation a long terme: •.Kulle part, chez les auteurs
que nous venous de citer, |...| nous ne frouvons de reflexions
sur ce que nous appelons les mouvements dc longue duree,
1'evolution seculaire des prix., NlCOlET 1971, p. 1223, dont
le jugement differe pour Pline.
C'est ce qu'ecrit du reste PriImix 1953, p. 212: »Les prix payds
aux producreurs sour has pardecrer royal. ■•
Lb Ridkr 1986, p. 47-48.
Hypothese d'atlleurs presentee comme conjecturale a la page
35. Sur l'idee du controle des prix, voir aussi LP. Rider 1989.
p. 184 (pour les Atralides) et 1998, p. 791-792.
P It A N C O iS DE CAI.I.ATAY
Annexe I : LISTE DES LIAISONS DE COINS DE DROIT DES TETRADRACHMES
PTOLEM AIQUES DU TRESOR DE MEYDANCIKKALE (N»- 3061-3390)
N.B.: Chaque coin de droit (1)1,1)2, etc.) est suivi du on des cxemplaire(s) t'rappe(s) par celui-ci, cel(s) que numcrote(s)
dans la publication du trcsor. Lorsque ces exemplaires appartiennenf a des varietes differences, ils ont ete separes par
un ciret. Entrc parentheses, ligure(nt) la ou les variete(s) recensee(s) pour ce coin.
Dl = 3061 - 3067 0« 3)
D2 = 3062
D3 = 3063
1)4 = 3064.3065 •
D5 = 3066- 3117 - 3186 - 3357 (3, 5. 6 el 10)
06 = 3068 - 3159 (3 el 6)
D7 = 3069. 3082 - 3111 -3347 (3. 5 et 10)
D8 = 3070. 3079. 3063 - 3132 (3 ct 5)
D9 = 307I
D10 = 3072 - 3175 - 3284 (.3, 6 et 8)
DU = 3073
D12 = 3074. 3085
D13 = 3073
D14 = 3076
OI5 = 3077 - 3129 - 3205 (3. 5 et 7)
D16 = 3078 - 3179 - 3222 - 3263 (3.6. 7ec8)
D17 = 3080
018 = 3081 - 3241 (3 et 8)
019 = 3084 - 3118 (3 et 5)
020 = 3086 - 3157 - 3303 (3. 6 et 9)
021 = 3087 - 3127. 3133 - 3155 - 3311 - 3365 (3. 5.6.9et 10)
D22 = 3088
D23 = 3089, 3090
024 = 3091 - 3124 - 3225 - 3249 - 3359 (4. 5. 7.8 et 10)
D25 = 3092
D26 = 3093 - 3266. 3275 - 3.370, 3377 (4. 8 et 10)
D27 = 3094 - 3283 (4 el 8)
028 = 3093 - 3128 - 3224 (4, 5 ei 7)
D29 = 3096
030= 3097 - 3114- 3182 (4, 5 et 6)
D31 = 3098 - 3126 - 3194 - 3195 - 3258 (4. 5, 6, 7 et 8)
D32 - 3099
D33 = 3100 - 3230 - 3349. 3360. 3385 (4, 7 et 10)
D34 = 3101 - 3242 (4 et 8)
D35 = 3102
i.j JO ■ J1U.5
Vji = 31.U4
(5 et 10)
X\XCI _ llfl£ X.I4C1 1 c „r jet p et O)
PMrt _ liAn 11 in llOi 1.0G4 K »>r Q\ 1? et i]
1 VI 1 Xll"> T 1 *J !^ 1 1 17q IZ A ... ||U p, o et lUf
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|U- _ xioi - il"P won 1iqq PI\K 3211. 3221 IK it ft 71
D48 - 3122
049 =3131 - 3167- 3196.3197-3269-3372 (5, 6, 7, 8 et 10)
050 = 3134 - 3383 (5 el 10)
D5I = 3135 - 3338. 3339. 3362 (5 ct 10)
052 = 3136 - 3144, 3145, 3174, 3176 - 3215, 3219- 3344 (5. 6, 7 et 10)
1)53 = 3137 - 3187 - 3247 (5.6et8|
054 = 3138
055 = 3139. 3140. 3141
056 = 3142, 3143
057 = 3146, 3147 - 3227 (6 e. 71
1)58 = 3148 3271 (6 et 8)
059 = 3130 - 3262 (6ei8)
1X/0 = 3151, 3156. 3162. 3165. 3184
061 = 31.52- 3364 (6 ct 10)
1)62 = 3154 - 3243. 3245 (6 ei 8)
063 = 3158 - 3250 - 3354. 3374. 3389 (6. Set 10)
D64= 3160
065 = 316.3
D66 = 3164
067 = 3166. 3178
068 = 3168
1X>9 = 3169 - 3229 (6 e: 7)
070 = .3170
L' 1N S TAU RATION PAR P T O I, Ei M £ K I SOTIili B'UNE ECONOMIC MONETAIRE FERMI;!!
D71 - 3171 - 3280 (6 et 8)
1372 = 3173 •
D73 = 3177. 3189
D74 - 318.0
D75 = 3181
1)70 » 3183
D77 = 3188
Bp « 3190
D79= 3191 - 3223 -3313, 3314 (6. 7 et 10)
D80 = 3192 - 3207 (6 ei 7t
D8I = 3193 - 3232 (6 el 7)
1)82 - 3200, 3201
D83 = 3202 - 3.388 (7 et 10)
1)84 - 3203, 3231 - 3234 - 3367 (7, 8ec 10)
D85 = 3204 - 3361 (7 C( 10!
1)86 - 3206. 3209
D87 = 3212
D88 = 3210
D89 = 3213
D90 = 3214
D91 = 3216
D92 = 3217
1)93 = 3218
D94 = 3220 - 3261, 3276 (7 el 8)
1)95 = 3226 - 3319, 3320. 3321 (7 et 10)
096 = 3228 - 3384 (7 et 10)
D97 = 32.33
1)98 = 323.5
D99 = 3236
1)100= 32.37. 3278
1)101 - 5238
OI02 = 3239, 3285 - 3387 (8 et 10)
DI03 = 3240 - 3382 (8 et 10)
DI04 = 3244. 3291 - 3292 (8 et 9)
DI0.5 = 3246- 3375 (8 et 10)
0106 = 3248
DI07 = 3251
1)108 = 3252. 3287
0109 - 3 25 3
1)110= 3254
Dill = 3255, 3273, 3286
Dl 12 = 3256
DU3 = 325", 3267- 3371 (8 ct 10)
D114 = 3259
D115 = 3260
D116 - 3265
0117 = 3268
D118 = 3272, 3282 1-
15119 = 3274 - 3295. 3296, 3309 (8 et 9)
D120 = 3277
DI21 = 3281 - 3380 (Sec 10)
0122 = 3288 - 3317,3318 (8 ei 10)
1)12.3 = .3289 -
D124 = 3290
1)125 = .3297
1)126 = 3299
0127 = 3.300
1)128 = 3301
D129 = 3302, 3310
1>130 = 3303 - 3366 (9 et 10)
D13I = 3304, 3306. 3308
0132 - 3307
D133.= 3315, 3316,3322.3323
0154 = 3 524. 5523. 5520
D135 = 3327, 3328, 3329, 3330
D136 = 3.3.31, 33.32, 3353
0137 = 3.3.3.3, .3.3.34,3.3.35
D138 = 3336, 3337, 3373
D139 = 3.342, 3343
0140= 3345
D141 = .3.348
1)142 = 3350
1)143 = 3351.3369 U
1)144 = 3352
DI45 = 3355
D146- 3.358
0147 = 3363
D148 = 3368
0149 = 3378
0150- 3381
D151 = 3386
0152 = 3390
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