Les monnaies en argent d’Oinoanda : après Apamée (188 av. J.-C.) ou après Mithridate (85-82 av. J.-C.) ? more

Gh. Moucharte et al. (éd.), Liber Amicorum Tony Hackens, Numismatica Lovaniensia 20, Louvain-la-Neuve, 2007, p. 203-11.

Universite catholique de Louvatn numismat1ca lovaniensia 20 Liber amicorum Tony Hackens Edite par Ghislaine moucharte, Maria Beatriz borba florenzano, Francois de Callatay, Patrick Marchetti, Luc Smolderen, Panayotis Yannopoulos Louvain-la-Neuve Association de numismatique professeur Marcel Hoc 2007 Table des matieres Avant-propos, par Bernard COLLIE ............................................................................................................... VII II a fait de route terre et de toute mer le chemin de son elan, par R.Ross HOLLOWAY ................................... IX Table des matieres ......................................................................................................................................... XIII Abreviations ..................................................................................................................................................xv Les ateliers monetaires Christophe Flament, I/atelier athenien. Reflexions sur la « politique monetaire » d'Athenes a Lepoque classique..................................................................................................................................................................... 1 Veronique VanDriessche, Arguments pour tine datution (tres) tardive du debut des emissions monetaires en argent de Philippe !I de Macedoine ........................................................................................................................... 11 Jorg W. MtiLLER, Some Reflections on the Crepusius Coinage ....................................................................................... 23 Luc Smolderen- Le fonetionnement des ateliers monetaires dans les Pays-Bas aux xvf et xvif siecles....................... 29 La metrologie et I'aloi Louis Brousseau, Sur 1'etalon monetaire en usage a Poseidonia.................................................................................... 47 Georges N. Dermatis, Les mines de Maronde-Camarizaau Laurion.............................................................................. 57 Patrick Marchetti, L'epikatallage a Delphes. a Epidaure et chez Theophraste ............................................................ 67 Yu.L- Djukov - T.N. Smi-kai ova - A.V. Mll'nikov - n.m. Vecherukhtn, Studies of Silver Coins of Alexander of Macedon from the Collection of the State Hermitage.................................................................... 87 Charles Doyen, Remarques numism-atiqu.es a propos d'un traite entre Attale Fr de Pergame et la cite de Mafia I;! (Crete) ................................................................................................................................................................... 95 Leandre Villaronga, Methods de I'imervalle de confiance pour 1'etude comparative des poids des emissions monetaires ....................................................................................................................................... 107 Thomas Bayet, Metrologie et analyses metalliques du momiayage en argent produit par F atelier de Treves, de 294 a 358/360 ap. J.-C....................................................................................................................................... 111 Panayotis A. Yannopoulos. Le keration byzantin : poids, monnaie, valeur qu unite de compte ?............................... 137 L'iconographie numismatique Dirnitri Paleothodoros, Le « satyre et la menade » thasiens. Etude d'iconographie numismatique ........................... 143 Maria Beatriz Borba Flqrenzano, A Note on the triskeles as the Badge of Sicily: Territorial Identity I in Ancient Greek Coinage ...................................................................................................................................... 153 Pierre Assenmaker, CAESAR DlVl F et IMP CAESAR. De la difficulte de dater des emissions monetaires............. 159 Mathieu Debaes, Quand Ogulnius frappa le quadrigat................................................................................................. 179 Sophie Lavenne, Iconographie et politique sur les nomismata des empereurs macedoniens (963-1041) ..................... 193 Etudes de monnayage Francois DECallatay, Le monnayage en argent d'Oinoanda : apres Apamee (188 av. J.-C.) ' ou apres Mithridate (85-82 av. J.-C.) ? ................................................................................................................... 203 ■Francisea Chaves Tristan, Origen, uso y funeion de la moneda en la sociedad hispana : slgios IV-1 a.C................... 213 R. Ross holloway, The Kainon Coinage...................................................................................................................... 223 Robert Donceel, Canatha de la deeapoie de Syrie. Contribution a i'etablissement du catalogue des monnaies et a l'examen des types........................................................................................................................................... 229 Ghislaine Moucharte, Le monnayage de Corcyre sous les empereurs remains............................................................ 275 Richard D. Doty, Money and the Quest for Legitimacy: Three Examples from two Millennia.................................... 331 La circulation monetaire Panagioiis Iossif - Catharine LoRBER, Marduk and the Lion. A Hoard of Babylonian Lion Staters ............................. 345 :'Kalliopi Prera - Shpresa Gjongecaj, Le tremor de Corfou, 1997 ................................................................................. 365 •JMando Occonomidi s - Maria I.akakis-Makohkiti - Patrick marchetti, Le tresor de Zougra (IGCH 261) et la circulation monetaire dans le Peloponnese au ne siecle ................................................................................... 379 Giovanni GORiNi, Circolazione monetale nell'antiehita : qualche rifiessione................................................................ 435 Maria Caccamq CaetabiaNo, Dallo studio deila circolazione le "leggi" dell'economia monetale anti-ca..................... 445 :Annalisa Polosa, Une monnaie de lotape de Commagene provenant des fouilles d'Elaiussa Sebaste (Cilicie) ........... 453 Le monnayage en argent cl'Oinoanda : apres Apamee (188 av. J.-C.) ou apres Mithridate (85-82 av. J.-C.) ? Francois DECallatay* Academie royale de Belgique (Classe des Lei Ires) Bibliolheque royal e de Belgiqae Ecole pratique des Hautes Etudes, Paris Richard Ashton vient de publier unc etude des monnaics d'Oinoanda1. ii s'agit d'une emis- sion d'argent, connue depuis un siecle par un unique exemplaire acquis par le British Museum2 et subitement devenue presque commune a la suite de la dispersion depuis 2002 d'une trouvaille apparue sur le marehe international3. Son etude fait connaitre 85 exemplaires (mais d'autres sont apparus depuis, ainsi 3 supplemenlaires pour la seule vente G. Hirsch, 244), frappes au moyen de 4 coins de droit et de 9 coins de revers. La repartition des exemplaires par coins de droit montre de tres fortes disparites (Al : 2 exemplaires / A2 : 2 ex. / A3 : 3 ex. et A4 : 78 ex.) qui, en depit de ce que pourrait indiqucr l'utilisation des methodes statistiques visant a estimer le nombre originel de coins4, ne nous met pas a l'abri d'un monnayage plus consistant ayant necessite bien davantage que les 4 coins de droit attestes. Tel quel, s'agissant de monnaies presentant un poids proche de celui des didrachmes d'etalon attique, ces 4 coins de droit represented 1" equivalent de que i que 8 coins de droit pour drachmes attiqucs. Si on attribue a chaque coin de droit la productivity assez elevee de 30 000 exemplaires par coin, cela representerait quelque 40 talents d'argent monnaye (30 000 drachmes : 6 000 = 5 talents x 8). L'etablissement de la sequence est exemplaire. Passe ce stade, nous entrons dans le domains des conjectures tant ce monnayage singulier se laisse mal definir. Ni tresor mixte, ni surfrappe identifiable ne viennent en appoint de la determination chronologique. Reste la curiosite d'un monnayage spectaculaire, a l'evidence produil en tres pen de temps, a un moment unique de la cite et selon une norme ponderale atypique. En d'autres termes, il s'agit d'expliquer pourquoi les habi- tants de la cite d'Oinoanda, au nom desquels ont ete frappees ces monnaies, ont, a un certain moment, decide de proceder a cette emission, eux qui s'etaient passes avant et se passeront ensuite de frappes monetaires ? Pourquoi aussi ont-ils tenu a emettre de lourdes monnaies d'argent (mcdiane ponderale a 8,14g). du reste assez mal calibrees (espace interquartile de 0,47g [7,89g- 8,35g]) et completement en marge de toute tradition metrologique pour la region ? Les hypotheses que prescntc Richard Ashton peuvent etre resumees ainsi: 1) ces « didrachmes de poids attique » ne peuvent avoir ete realises bien au-dela de 200 av. J.-C. pour des Comme il le fit pour bien d'autres, Tony Hackens fut un maitre qui orienta ma vie et a qui je dois une large part de mon bonheur present. Je lui en suts a jamais reconnaissant. 1 R.H.J. Ashton, The Coinage ofOinoanda, dans NC, 165, 2005, p. 65-84 el pi. 4-8. Je liens a remercier Richard Ashton qui a accueilli le manuscrit de cet article avec un esprit particulierement bienveillant et constructif. Les deux auteurs reconnaissent bien volontiers ne pas avoir la preuve definitive des hypotheses qu'ils av.ance.nl. Je suis aussi tres reconnaissant envers Denis Rousset dont la relecture attentive m'a permis d'eviter certaines incon"eclions. 2 Londres, British Museum, 1897-4-4-3 Rollin & Feurardent; voir G.F. Hill, Omoanda: A New Greek Mint, dans A'C s. 3, 17, 1897, p. 25-30, pi. 1. Dix exemplaires sont passes en vente chez Triton, huit chez Gorny & Mosch, huit encore chez Hirsch, etc. 4 En particulier la melhode simplifies de G.F. Cartlr, A Simplified Method for Calculating the Original Number of Dies from Die Link Statistics, dans ANSMN, 28, 1983, p. 195-206. fr. dkcallatay raisons de style et de fabrique qu'il qualifie de sommaire (« chunky », 2005, p. 70); 2) il est tente de voir dans les lettres A, B ct Y qui apparaissent au droit et/ou au rcvers les annees d'une ere, qu'il idenlifie le plus probablemcnt comme celle inauguree juste apres le traite d'Apamee en 188 av. J.-C. (2005, p. 71-74); 3) il avance Fidee que ce module atypique a etc imagine pour faciliter le change entre monnayage cistophorique et monnayage attique""1 et 4) reprenant un schema d'explication recemment avance pour Rhodes6, il se demandc si la finalite de cette breve mais remarquable emission ne doit pas etre mise en relation avec des travaux de construction publique, en 1'occurrcnce avec la construction des remparts de la cite une fois celle-ci rattachee a Porbite du royaume de Pergame (2005, p. 74). Notons bien que chacune de ces hypotheses est faite avec cir- conspeelion et irest jamais presentee comme assuree par R. Ashton qui prend soin de rester prudent. Je voudrais plaider, dans les propos qui suivent, pour une vision assez differente du mon- nayage en argent au nom des Oinoandiens. Tout d'abord, je ne vois pas pourquoi Ashton est d'avis que le style ct la fabrique de ces monnaies ne permettent pas de les situer sensiblement apres 200 av. J.-C. Veut-il dire que le style est trop bon pour pouvoir etre place apres cette date ? Quant a la « fabrique sommaire», non seulement elle n'est Papanage d'aucune epoque mais encore ce jugement paraitra bien severe a qui examine les monnaies d'Oinoanda. Pour ma part, je ne vois aucune difficulty, sur ces criteres, a les dater du la s. voire meme de la fm du ia s. L/cpigraphie, comme il le note, mi lite contre une date aussi haute que le debut du lle s. : la conjonction de 1'epsilon lunaire, de l'alpha a la haste brisee et de la forme cursive de l'omega rend peu probable aux yeux de I'epigraphiste une date aussi haute (les exemples foumis par Ashton demeurent des exceptions precoces et, s'ils indiquent qu'une telle date n'est pas impossible, il ne s'ensuit pas que celle-ci soit probable). Pour ce qui est de Ticonographie, le developpement presentc par Nick Sekunda en annexe 3 de Particle indique que le motif de l'epec passant derriere un petit bouclier rond (qui se presente comme une marque de controle au revers d'un groupe de monnaies) ne se retrouve que plus tard. Placer le monnayage au nom des Oinoandiens peu apres 200 av. J.-C. serait lui attribuer un role innovant par l'epigraphie et Ticonographie. Pourquoi alors defendrc une datation aussi haute ? II est probable que Ashton se soit laisse influence!' par ses devanciers, en particulier G.F. Hill, qu'il paraphrase sur ce point . Dans le catalogue des monnaies lycienncs du British Museum, egalemenl paru en 1897, G.F. Hill datait la piece du \ f s.'s Datation reprise par B.V. Head dans la seconde emission de son Historic! Numo- runi. Ashton se refcre encore indirectement a M.J. Price qui aurait date remission du debut du if s.111 L/hypothese de I'influence ptolcmai'que (faite par C. Lorber) sur Ticonographie de cette serie (types Zeus/Aigle sur un foudre + sceptre lotiforme) a pcut-ctre egalement pousse l'auteur a ne pas trop detacher la serie de ce conlextc, e'est-a-dire au plus tard en 197 av. J.-C. lorsque Antiochos III chassa detlnitivemcnt les Ptolemees de la region. Mais, precisement. Ashton (pour les besoins de son hypothese) demontre le caractcrc non contraignant de ce lien a partir du moment 5 Trois « didrachmcs » d'Oinoanda pouvant etre echanges contre 2 cistophores (p. 73). Sur ce type d'explication. voirdeja R.I I.j. Ashton, The Aiiaiiil Poll-Tax, dans NCirc, 102/4. 1994, p. 159-160. 6 R.H.J. ASHTON, The Coinage of Rhodes 408 c 190 BC. dans A. MEADOWS ct K. Shipton (ed.), Money and its Uses in the Aneient Greek World. Oxford, 2001. p. 92 et 96. G.F. Hill. art. cit. [n. 2], p. 26 : "The style of the work, though very good in its way, is late, and so too are the forms of the letters ; hut the pieee can hardly be placed later than the first half of the second century". * (;.};. Hill,BMCX1X. Lycia, Pamphylm andPisidia, Londrcs, 1897, p. 73, 1. 9 B.V. HEAD, Historia Numorum, Oxford, 1911, 2e ed., p. 696. 111 j.j. COLLTON. Termessians at Oinoanda. dans AnatStud, 32, 19.82, p. I 20. Fig. 3. © Milnzen &. Me.tlui.llen Deutschland GmbH. !'■). 19 mai 2006, n° 408. 206 kr. de callatay oil nous savons que Zeus etait la grande divinite de la cite . Enfin, I'idee que les lettres dans le champ du droit et du revers (A, B el F) designent une ere I'a amcne a imaginer le contexte precis du lendcmain du traite d'Apamcc. Cctte hypothese d'une ere est assez naturelte et 1'etude de R. Ashton parait aller dans le sens d'une suite ordonnee qui place cn tete (pour des raisons de disposition de la legende au revers) les deux coins dc droit accompagnes de la lettre A (Fig. 1), suivis des deux droits accompagnes de la lettre B (Fig. 2). Le coin de droit A4, le dernier de la sequence, est utilise avec des revers (P2 et P3) bientot regraves pour ajoulcr la lettre F (Fig. 3). II y a la un developpcmenl que rien ne parait contrarier si cc rr est la presence combinee sur 2 coins de droit (sur 4) et sur 8 coins de revers (sur 9) des lettres B au droit et 1' au revers, ce que R. Ashton met sur le compte de la paresse du gra- vcur qui, procedant a la nouvclle variete avec F au revers, n'aura pas pris la peine d'ctTacer le B (2005. p. 68-69). Un tel scenario est possible mais nullement certain. On peut admcttre, sans trop se forma- liser, la negligence individuelle de ne pas avoir efface le B au droit de A4 alors que les revers mentionnaient a present la lettre F. Mais il est plus difficile d'acccpter que les quatre coins de droit en not re possession aient ete choisis pour indiquer les annees d'une ere alors que la pratique monetaire dans le monde grec les place systematiquement au revers. [\ y a une raison technolo- gique a cet usage : les indications d'annees devant etre renouvelees regulierement. il est logique de les graver sur les coins dc revers, soil ceux qui doivent etre remplaces plus frequemment. Pour 1'Asie Mineure, les notations de lettres au droit sont rarissimes et, a ma connaissancc. sont sans rapport avec une ere de cite13. Certains tetradrachmes parmi les derniers emis au nom des rois Nicomedes de Bithynie font apparailre dcrriere la nuque du roi en Fan 214 de Fere bithyno-pontique (AIE = oct. 84/ oct. 83 av. J.-C.) la lettre B sur deux coins de droit1' et la lettre F sur deux autres14. L'annee suivante, cn 215 (= 83/82 av. J.-C), on ne trouve plus mention d'une lettre au droit mais cinq revers presentent la lettre B dans le champ interieur droit1'. La sequence des tetradrachmes, qui courrait presque sans interruption depuis des decennies, s'arrete a cc moment pour reprendre, brievement, lors des annees FKE et AKX (75/74 et 74/73 av. J.-C.) et s'interrompre dcfinitivement a ce moment. On peut s'interroger sur Ic sens dc Tadjonction de ccs lettres mais il est hors de question de les rapporter a une ere quelconquc, non seulemcnt parcc que tous ces tetradrachmes sont deja pourvus de la mention de l'annee de I'ere bithyno-pontique au revers mais, en outre, parce que ces lettres ne s'organisent pas en une suite alphabetique. Un autre cas de lettre figurant au droit d'un monnayage hellenistique concernc certaines imitations alhenienncs produites a Gortyne a Linstigation de Lucullus (en 86-83 av. J.-C.'?) dont un coin dc droit presente la lettre B devant le cou d'Athena16. En realite, on trouve a differentes reprises les lettres A et B au revers de ces imitations cretoiscs de monnaics atheniennes. Ici aussi, la documentation ne permet pas d'y voir les annees d'une ere. « Le sens de ces lettres demeure !l M. worrle, Stadl und Fesl in kaiserzeillichen Kleinasien (Vesrigia, 39), Munich. p. 105-107 et Gh. Le Roy, Une convention en/re cites en Lycie du Nord, dans CRAI. 1996. p. 961-980. 3 Voir W. Leschiiorn, Anlike Aten: Zeitrechmtng. Poiitik mid GeschichtS im Schwarzmeerraum und in KSeinmien nordllch des Tauros (Historia-Einzelschriften, 8 1), Stuttgart. 1993. J Fr. [jf CaLLATay, /. 'hisloire des gucrres iiiilhridatiqiies viic par les monnaies {\'umi\mcttica l.ovaniensia. 18) Louvain-la-Neuvc. 1997, p. 64-65 (D224 et 1)225). 14 Ibid, p. 65 (D226 et D227). 15 Ibid., p. 65 (R1-R5). ih G. Le Rider, Un groupe de monnaies creioises a types atheniens, dans Hunumtsme actif. Melanges d art et de liiteralure a Julien Cain. 1, Paris. 1968. p. 320. LE MONNAYAGE EN ARGENT d'oinoanda : APRES APAMEE OU APRES MITHRIDATE 207 enigmatique », conclul G. Le Rider, non sans avoir evoque la possibility qu'elles designers dittcrcntcs sources de metal{/. On notera que ces monnaies sont pratiquement contemporaines des emissions royales bithynienncs. On peut encore penser a la tres grande majoritc des tetradrachmes au nom d'Aesillas produits vers le meme moment par les Remains en Macedoine. La plupart des coins de droit presentent un © derriere la tete d'Alexandre le Grand, que Ton identifie generalement comme l'initiale de l'ateiier de Thessalonique18. Ces trois occurrences de lettres portees au droit concernent des monnayages emis de pres ou de loin par les Ro mains autour de la premiere guerre mithridatique. Remarquons d'ailleurs a ce propos que, a .Rome, la pratique d'attribuer des lettres aux coins, notamment de droit, est bien attestee et date prcciscment de cette epoque. On pense d'abord aux fameux deniers de Crepusius, dates de 82 av. J.-C. par M. Crawford19. Mais il existe d'autres emissions de deniers republicans presentant des lettres au droit: ainsi Crawford 364/1 c (Q. Antonius Balbus - 83/82 av. J.-C), Crawford 382/1 a (C Naevius Balbus - 79 av. J.-C), Crawford 400/1 a (Lucius Axius L. f. Naso 71 av. J.-C). Se pourrait-il que les monnaies d'OinOanda appartiennent egalement a ce contexte pro-romain des araiees 80 av. J.-C, a la suite des guerres mithridatiqucs ? Avant d'evoquer Lhistoire, je voudrais reparler des poids. La table des poids fournie par Ashton (2005, p. 68) indique, a defaut de presenter une classe modale nettement determines (les classes comprises entre 7,80-7,90g et 8,30-8,90g forment un sommet tres el ale), une valeur de 8,14g pour la mediane ponderale et un espace interquartile, a-t-on dit, de 0,47g. S'il s'agit de didrachmes de poids attique - ce qui parait probable (mais voir infra) -, voila qui se marie mal avec 1'horizon metrologique du debut du if s. av. J.-C, avant ou apres Apamee. Les tetradrachmes de poids attique emis en Asie Mineure au debut du if s. se caraeterisent en general par un mode et une mediane superieurs a 16,80g2 . Mieux meme, les tetradrachmes emis vers ie milieu du if s., les emissions dites « a la couronne de feuillage », se signalent encore par des modes autour de 16,60-16,90g21. La metrologie des « didrachmes » d'Oinoanda devrait, dans ces conditions, offrir une mediane aux environs de 8,30-8,40g et non pas a 8,14g comme e'est le cas. Une telle mediane pour des « didrachmes » laisse au contraire supputer un poids de 16,30g pour les tetradrachmes, ce qui ne s'observe qu'a la fin du if s. chez les Seleucides et tard dans le f s. en Asie Mineure. Ainsi le mode des tetradrachmes frappes a Side par Amyntas (c. 37/36-25 av. J.-C.) est-il de 15,90- 16,09g22. On objectera a raison que le calibrage de cette emission laisse a desirer (e'est bien du calibrage a remission qu'il s'agit puisque les pieces sonl ires fraiches). Mais, la encore, Laugmentation de la dispersion parait typique de la tin du llc et du debut du fr s. av. J.-C. On note meme, pour plusieurs monnayages (alexandres posthumes d'Odessos et de Mesembria, lysimaques de Byzance) un accroissement sensible de la dispersion au lendemain de la premiere guerre " Ibid., p. 327. 1S R.A, BaoSLAUSH, Silver Coinage with the Types ofAesillas the Quaestor (ANSNS, 22), New York, 2000, p. 84- 89 ; la lettre B [simple ou munie d'une haste horizontale] suscite davantage de circonspection. 1 RRC 361/1C ; voir Th.V. BUTTREY, The denarii of P. Crepusius and Roman Republican Mint Organization, dans ANSMN, 21, 1976, p. 67-108, pi. 1.1. 20 Fr. DE Callatay, Recueil quanlitalif des emissions monetaires heJlenis/iques, Wetteren. 1997, n° 191 (Eumene II), n° 192 (alexandres de Pergame), n° 215 (alexandres de Chios), n° 257 (alexandres de Phaselis). 21 Ibid., n° 198 (Kymc), n° 199 (Myrina). n° 203 (Lebedos), n° 205 (Magnesie) et n°213 (Milet). 27 Ibid. p. 241. FR. DE CALLATAY mithridatique . avec dcs valeurs pour Fespace interquartile de tetradrachrnes de poids attique desormais superieures a 0,40g et des medianes a c. 16,10-16,15g. S'agissant de poids, I'hypothese du change proposee par R. Ashton laisse aussi sceptique (Ashton 2005, p. 73). Car enfin, meme si on accepte l'idee que les monnaies etaient ecbangees au poids du metal (ce qui ne paratt guere reahste) et non en fonction de leur cours, on ne voit pas pourquoi les habitants d'Oinoanda auraient proceder a une equivalence de 3 didrachmes (3x2 drachmes) contre 2 cistophores (2x3 drachmes) la oil il eut ete plus expedient de frapper des drachmes pour faire la difference directement (3 drachmes + 1 drachme = 1 tetradrachme). Reste la singularite d'une frappe de « didrachmes » qui se presente comme une incongruite quel que soit lc contexte envisage. Tout de meme, j'ai recemment souteiiu que le monnayage de « didrachmes » des Ainianes, en Thessalie, longtemps date entre 168 et 146, avait en realite ete emis pour le compte des Romains lors dc la premiere guerre mithridatique24. Ce monnayage egale- ment apparait comme isole dans le panorama metrologique de la region ; il se compare le mieux avec les « didrachmes » de Leucas aux types Artemis/Proue (pour lequel j'aurais la meme suspi- cion « romaine »). Dans le cas des « didrachmes » des Ainianes, on observe une medians a 7,48g (ce qui est sensiblement plus bas que les monnaies d'Oinoanda) ct un espace interquartile de 0,42g. Le style de la gravure et la fabrique des monnaies paraissent temoigner d'une frappe realisee sans grande preparation. Le style de certains coins trouve d'ailleurs des paralleles eton- namment proches avec les imitations cretoises de Lueullus dont il vient d'etre question . Nous ne pouvons que speculer sur les raisons pour lesquelles les Romains ont souhaitc, cn dehors de toute tradition locale, realiser au nom des Ainianes (et de la cite de Leucas ?) une frappe de « didrachmes ». Les memes speculations pourraient valoir pour Oinoanda (dont le plus proche comparandum est constitue des rares tetradrachrnes et des nombreuses drachmes de Cibyra aux types « Tctc imberbe casqude a dr./Cavalier tenant une lance au galop a dr. »). Que les monnaies d'Oinoanda aient ete emises dans une circonstance politique precise semble aussi preferable a I'hypothese de R. Ashton selon laquelle ces « didrachmes » auraient scrvi a payer 1'edification des murS de la cite apres que celle-ci eut ete integree au royaume de Pergame (Ashton 2005, p. 74). Que des mon nay ages aient pu etre con9us pour payer un effort d'urbanisme est une idee dont R. Ashton a donne pour la premiere phase des emissions monetaires de Rhodes une demonstration convaincante26. Dans le cas d'Oinoanda toutefois, comme dans le cas des Ainianes, la situation est differentc : il s'agit de cites qui n'ont pas frappe monnaies (ou plus depuis longtemps) et qui, soudainement, procedent a une emission tres spectaculaire de gros module que rien ne vient encadrer (je suis peu convaincu par 1'attribution a Oinoanda de la serie en bronze Tete Hermes/Ares, d'ailleurs symbolique [2 coins de droit]). A l'evidencc, ces mon- nayages ne se congoivent pas dans le cadre de 1'eeonomie de la cite dont, depourvus de petits modules en argent ou de denominations de bronze, ils ne faeilitent en rien les transactions quoti- diennes. Or. a priori, il n'existe aucune difference de nature entre la construction de remparts et toute autre entreprise de construction civique. Pourquoi des lors assigner une emission excep- tionnelie a la seule construction des remparts ou, plus generalement, a une seule epoque alors meme que ce type de besoin ne devait pas manquer de se faire sentir, avec des intensites certes variees, en permanence ? Je suis beaucoup plus enclin a imaginer pour ces monnayages une finalite exceptionnelle, commandee en dehors de ia cite, par une autorite superieure. Fr. de Call at ay, op. pit: [n. 1.3], p. 259-260. 24 Id., Le monnayage. d'argent au type d'Athena Parthenon emis au nom des Ainianes, dans Coins in the Thessalian Region {Obolos, 7), Athenes, 2004, p. 125-1 56. 25 Ibid, p. 156, pi. 4. 2" R.I U. ASHTON, art. cit. [n. 5], p. 92 et 96. LE MONNAYAGG EN ARGENT l)'()IN() AND A : APRES A PA VI EH OU AI'RES MITHRIDATE 209 Le nom de Mithridate a deja ete cite a plusieurs reprises. Or que sait-on d'Oinoanda et de la Lycie a cette epoque 7 Nous savons que les Lyciens n'ont pas voulu se soumettre a Mithridate : ils resistent (Appien, XII, 2i, 82) ; ils apportent leur aide aux Rhodiens - on precise meme Paction de Telmessos (Appien, XII, 24, 94) -, en sorte que Mithridate, apres la levee du siege dc Rhodes et son depart de la region, charge Pelopidas de leur faire la guerre (Appien, XII, 27, 105). On pourrait soutenir, comme le fit Th. Reinach, que « proteges par leurs montagnes, (les Lyciens) se battaient moins pour Rome que pour leur independance seculaire » . Mais on explique difficilement alors que ces memes Lyciens fassent partic de la liste restreinte des peuplcs ct des cites a qui Sylla confirma ou accorda la liberte a la fin de la premiere guerre mithridatique28. On dispose de quelques informations relatives a cette epoque pour la Kibyratide, le haut- plateau (c. 1 000/1 500 metres) situe au nord de la Lycie, dont Kibyra est le chef-lieu et a laquelle appartenait Oinoanda. A Kibyra meme, les monnaies rendent compte d'une ere de Sylla qui debute en 85/84 av. J.-C.29 et invite a supposer un traitement favorable de la part de Vimperalor romain. Strabon (XVIII, 4, 17) ecrit : « Puis, les trois villes voisines de Bubon, de Balbura et d'Oenoanda, s'etant reunies a elle, on vit se former, sous le nam de tetrapole, une sorte de confederation, dans laquelle chacune de ces trois villes eut un suffrage, tandis que Cibyra en eut deux, comme pouvant mettre sur pied a elle seule trente mille fantassins et deux mille cavaliers. Cibyra n'avaii pas connu d'autre regime que la tyrannic (tyrannic tres douce, a vra't dire, et tres moderee), quand, du vivant de Moagete, Murena mitfin vio/emment a cette forme de gouvernement, attribuant du meme coup a la Lycie les villes de Balbura et de Bubon. [Malgrc ce demembrement,] la C'tbyratique forme aujourd'hui encore un des plus grands dioceses de la province d'Asie»}{), Considerant I'existence d'une ere de Sylla sur les monnaies, il est difficile d'imaginer avec D. Magie'1 que les agissements de Murena aient tire pretexte d'une punition de Kibyra pour avoir embrasse le parti de Mithridate. Par contre, il est interessant d'observer la presence de Lucius Licinius Murena dans la region. On sait que ce dernier obtint un Iriomphe tres usurpe pour avoir attaque Mithridate a partir de la Cappadoce ou il prit ses quartiers a Phiver 83/2 av. J.-C.32. Je pense avoir demontre combien le regain tres spectaculaire, a ce moment precis, de la production monetaire du roi de Cappadoce, Ariobarzane, le bien nomme Philoromaios, ctait a mettre en relation avec ces evenements". En trois ans, de 83 a 81 av. J.-C, un minimum de 40 coins de droit sera mis en service (IT = 25 droits pour 42 exemplaires; IA = 8 droits pour 24 ex. et IK = 7 droits pour 10 ex.). D'une facon gene- rale, on observe pour les monnaies royales d'Ariobarzane une forte correlation entre periodes de frappe et passage de troupes romaines. II doit faire peu de doute que cette production royale au nom d'Ariobarzane ait en realite servi a payer les soldats de Murena. " Th. Reinach, Mithridate Eupator roi de Pont, Paris, 1890, p. 128. 2IS Voir Appien, Xil, 61, 250 ct une inscription du Capitole OG/S 375 (R. MlZLLOR, The Dedications on the Capitoline Hill, dans Chiron, 8. 1978. p. 3 19-330 et B.C. MacGino, The Foreign Policy of Mithridates VI Eupator King of PoniuH, Leyde, 1996, p. 34, note 100). Rappelons que la longue Lex Antonio de Termessihus (Termessos Maior en Pisidie) mentionne les perles subies par les citoyens de la cite lors de la guerre avec Mithridate (CIL I' 589 et une traduction anglaise aiscmcnt accessible dans R.K. Slll^RK, Rome and the Greek East to the Death of Augustus, [Translated Documents of Greece and Rome, 4], Cambridge, 1984, p. 89-92, n° 72). 29 W. Leschhorn, op. cit. [n. 12], p. 348-351, 420-403 (pour le commentaire general sur 1'ere de Sylla) el 529. J0 Voir aussi A. mastrocinque, Studi suite guerre Mitridatiche (Historia Einzelschriften, 124), Stuttgart, 1999, p. 99. 31 D. Magie, Roman Rule in Asia Minor, Princeton, 1950. p. 242. 1,2 Voir Appien, XII. 9, 64-65 et A.N. SifERWlN-White, Roman Foreign Policy in the East I6<< B.C. to A.D. !, Norman, 1984, p. 149-152. 33 Fr. DF. CALLATAY, op. cit. [n. 13], p. 211-212 et 333-334. 210 FR. OB t'ALLA i AY Resumons-nous : Lcpigraphie (epsilon lunaire, omega cursif et alpha presentant une haste brisee), l'iconograpbie (motif du petit bouclier et de Tepee), les poids (valeurs de la mediane mais aussi de la dispersion) militcnt, individueUement et plus encore c.QUectj.verne.pt, en faveur d'une datation basse, sensiblement posterieure au traite d'Apamee. La presence de lettres isolees au droit nous met sur la piste de frappes monetaires realisees pour le comptc dcs Romains, quoique pouvant s'afficher comme royales ou civiques, emises a foceasion de la premiere guerre mithri- datique (dernier Nicomede de Bithynie, emission « lucullienne » de Gortyne, Aesillas en Mace- doine). Le surgissement d'un monnayage spectaculaire en argent au nom d'une cite pour laquelle nous ne disposons par aiileurs d'aueune autre suite monetaire est susceptible de s'inscrire dans le meme contcxtc ainsi qu'en ternoignent les « didrachmes » des Ainianes en Thessalie pour Sylla et les drachmes d'Ariobarzane de Cappadoce pour le eompte de Murena. Considerant en outre qu'Oinoanda se situe dans une region qui a pris le parti des Romains, il me parait assez tentant de placer a ce moment ces etranges « didrachmes », au nom des Oinoandiens quoique produits en dehors du cadre des besoins de la cite. Que les monnaies d'Oinoanda aient ete frappees sur l'ordre de Murena pour financer son effort de guerre se presente comme une probability qui appelle quelques questions. Pourquoi les Romains n'ont-ils pas prefere payer leurs troupes dans un monnayage local bien etabli (il n'etait pas dans leurs usages alors de recourir aux deniers republicans), soit qu'ils aient recouru a du numeraire existant soit qu'ils aient procede a une frappe nouvelle de celui-ci pour leur eompte ? On sc rappcllcra que le montant monnaye sous forme de « didrachmes » a Oinoanda est peu considerable. Tel qu'il se presente en fonction de la documentation disponible, il a peu de chance d'a voir ex cede les 40 talents, soit, si Ton tient eompte du fait que Murena commandait deux legions, de quoi les cntretenir quelques mois tout au plus. Dans le cas des Ainianes (donl la frappe de « didrachmes » parait par 1'ampleur dix fois superieure [c. 400 talents ? selon le meme postulat de 30 000 ex. par droit] a celle d'Oinoanda), on a emis 1'hypo- these que le metal provenait du butin arrache par Sylla aux sanctuaires grecs34. On comprend en tout cas que le pillage de metaux precieux ouvrages entreposes dans un sanctuaire neccssitait le passage par un atelier monetaire pour les transformer en moyens de paiement. II est loisible de faire la meme hypothese pour Murena (un pillage de 40 talents est susceptible d'avoir ete commis en de nombreux endroits). Pourquoi, en outre, avoir confere a cette nouvelle trappe un caractere civique ? Je serais assez lenle de penser que, loin d'etre d'abord interesse par une fonction de propaganda, les gene- raux romains (Sylla, Lucullus et, dans cc cas-ci, Murena) pnt d'abord cherche a etre pragmatiques et a faire accepter leur nouveau numeraire par les habitants des regions oil ils stationnaient. On peut se livrer a toutes sortes de conjectures. Je me iimiterai a celles-ci : dans un contexte de guerre, qui signilie requisitions et loi du plus fort, je ne serai pas surpris si le pouvoir romain etait parvenu a imposer un cours liberatoire force tres au-dessus de la valeur metallique des especes monnayees (d'ou les guillemets utilises systematiquement dans cet article pour le mot « didrachmes »). Dans ce cas-ci comme dans celui des Ainianes, la valeur superieure a laquelle on songe est naturelle- ment le tetradrachme. It est notable en tout cas que 1'on n'ait retrouve, tant pour les « didrachmes » des Ainianes que pour ceux d'Oinoanda, aucun tresor mixte qui les associerait a un autre mon- nayage. En realite, toute la situation fait songer aux stratagemes evoques dans le deuxieme livre de V Economique du Pseudo-Aristote et a ces cas de mo n nay ages imposes a des soldats et une popu- lation, fabriques a partir de ressources extraordinaires et ayant un cours exceptionnel. Appien, XII, 8, 54 ; Plutarquc, Vie de Sylla, 12, 5-9 ; Diodore de Sicile, XXXVIII. 7, 1 et Pausanias, Beotie, 7, 5- 6. Voir Fr. OE C \l la \a\', op. cit. [n. 13], p. 310 et art. (lit. [n. 24], p. 148. IE MONNAYAGE EN ARGEN r D'OINOANDA : APHES A P AM EE OU APRES MITHR1DATE Post-scriptum : Dans un amical echange de correspondance, r. Ashton defend sa propo- sition dc datation en prccisant plusicurs points. II a rcuni une listc dc monnayages pour lesquels des sigmas lunaires, des omegas cursifs ou des alphas a hastes brisees apparaissent bien avant le lc's. Les exemples qu'il fournit donnent certainemenl a reflechir mais il ne parait pas qu'ils ruinent la presomption d'une datation basse s'agissant de la conjonction de ces trois elements a Oinoanda. Surtout, il lui apparatt improbable que 1'ethnique offjciei ait change trots fois en moins de deux siecles, soil la sequence suivante : Oinoandiens (avant 1'arrivee des Termessiens) - Termessiens pres d'Oinoanda (a partir de leur arrivee c. 225-175 et ainsi que I'indique ['inscription du Letoon de Xanthos) - Oinoandiens (« didrachmes » vers 85 ?) - Termessiens pres d'Oinoanda (voir les bronzes imperiaux marques des lettres TEP/OT). Ufi lei scenario serait eurieux en effet, Toutefois, notre meconnaissance des faits invite a la prudence. Comme veut bien me I'ecrire mon collegue et ami Denis Rousset : « II est certain qu'Oinoanda a existe avant la colonie des Termessiens pres d'Oinoanda : d'oit le nom de cette colonie ; cette colonie existe assttrement dans la le moitie du IIs s. avant; la convention, qui doit dater du milieu du if s. (pretres de Rome) ne fournit done qu'un nouveau terminus ante quern, relativement tardif, et qui ne peut guere jouer de role dans une discussion sur la datation eventuellc de ce monnayage vers Apamee. A Tepoque imperiale, il est absolumcnt stir ct certain que les ethniqucs Tcrmcsscus pros Oinoandois et Oinoandcus ont coexists dans et pour une seule et meme cite, comme on le voit explicitement dans l'inscription Stadt unci Fesf, avee lc commentaire de Worrle, p. 47-53. II me parait done disputable voire perilleux d'essayer de classer les monnayages en fonction d'une succession stricte des deux ethniques. II est possible que les deux communautes installees l'une aupres de l'autre aient a I'epoque hellenistique coexiste, comme invite d'ailleurs a le supposcr la chronologie des monnayages de Termessos pros Oi, du moins tels qu'ils sont dates par Kosmetatou (meme en tenant compte des critiques d'Asbton) ».
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