Winckelmann et les monnaies antiques moreRevue des Études Grecques, 120, juil.-déc. 2007, p. 553-601. |
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REVUE
DES
ETUDES GRECQUES
PUBLICATION
DE ^ASSOCIATION POUR L'ENCOURAGEMENT DES ETUDES GRECQUES
(Reconnue etablissement d'utilit£ publique par d6cret du 7 juillet 1869)
TOME 120
Public avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique
Juillet-Decembre 2007
SOCIETE E>'EDITION
« LES BELLES LETTRES »
95, BOULEVARD RASPAIL, 75006 PARIS
FRANCE
Francois de CALLATAY
WINCKELMANN
ET LES MONNAIES ANTIQUES*
RfiSUMfe. - Get article s'interesse aux connaissances ct a l'utilisation que
fit Johann Joachim Winckelmann des monnaies antiques, avee ses faiblesses
(ses fautes quelquefois) mais aussi ses originalit6s. Contrairement a ce qui
a pu etre ecrit, Winckelmann s'est beaucoup inleressc aux monnaies antiques :
ne voyait-t-il pas dans la tete d'Arethuse des monnaies de Syracuse un
lemoignage d'insurpassable beaute ? Sans surprise, les questions de style et
de gravure sont celles qui Pont le plus preoccupe.
Abstract. - This paper deals with the knowledge and the use made by
Johann Joachim Winckelmann of ancient coins, with his weaknesses (his
errors even seldom) but also his novelties. Pace what has sometimes been
written, Winckelmann developed a true interest for ancient coins: did he not
consider the head of Arelhusa on Syracusan coinage as a model of unsu-
perable beauty? It is not surprising if questions of style and engraving are
the ones on which he most focused.
« Winckelmann n'a consacre a la numismatique que quelques
mots, sans rien dire des graveurs eux-memes »'. Ce propos, formule
en 1831 par M. Raoul-Rochette dans sa Letlre d M. le Due de
* Academic royale de Belgique (Classc des Lettres), Bibliotheque royale de Belgique
et Ecote pratique des Haules Etudes.
1 M. Raoul-Rochette, Lettre a M. le Due de Luynes sur les graveurs des monnaies
grecques, Paris, 1831, p. 2. Pris plus largement, le passage cvoquc cite deux noms,
presentes comme les lumieres pour la question cles graveurs clcs monnaies grecques :
Eckhel et Winckelmann. Raoul-Rochette lui-meme avail fait paraitre ties Monumens
inedils d'Aniiquile figuree, grecque, etrusque el romaine, dont le titre dit assez la filia-
tion voulue avee Winckelmann et Caylus.
REG tome 120 (2007/2), 553-601.
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francois de callatay
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Luynes Sur les graveurs des monnaies grecques, rellete une opinion
admise, celle d'un interSt secondaire accorde par Johann Joachim
Winckelmann (Stendal, 9 dec. 1717-Trieste, 8 juin 1768), «le pere
de l'histoire de l'art», a ces petits monuments de metal. Et il est
vrai que, pour qui consulte les planches des Monumenti antichi
inediti par exemple, les monnaies sont pratiquement inexistantes
(une seule illustration, le n° 41). En retour, l'historiographie numis-
matique ne le cite tout au plus qu'en passant, ct d'unc facon qui,
du reste, ne lui fait pas grand honneur: comme celui qui aura
legitime pour longtemps la primaute du critere stylistique, cette
mauvaise compagne, avant que 1'etude des coins ne vint enfin au
secours du numismate2. Plus courammenl, on l'ignore3.
Est-ce a dire que les monnaies antiques4 complerent peu dans
l'existcnce du bouillant abbe ? La reponse est non, et cela pour
plusieurs raisons.
I. Les mbdaiu.es, raison de son assassinat
La premiere raison, trivial© et definitive, est que les medailles
ont entraine sa mort violente, survenue a cinquante ans, en pleine
force de Page. On sait, en effet, que rentrant de Vienne pour
Rome et notamment porteur de deux medailles en or donnees
en present par Pimperatrice Marie-Thcrese5, Johann Joachim
2 E. Clain-Stefanelli, Numismatics. An ancient science. A survey of its history,
Washington, 1965, p. 42. Dans son article consacre a l'histoire dc I'etudc des monnaies
grecques entre <:a 1760 et ca 1835, O. M0rkholm no cite qu'une fois Winckelmann,
dc fagon vague, comme etant 1'un des promoteurs du retour a la Cirece (« A History
Of the Studv of Greek Numismatics », Nordisk Numismatisk Arsskrift, 1979-1980 [1982],
p. 5).
3 Ainsi, son nom est-il absent de R. Weil, «Zur Oeschichte des Studiums dcr
Numismalik », Zeitschrifi fur Numhinaiik, 19, 1895, p. 245-62. Le soul article speei-
lique qui fasse le lien entre Winckelmann et les monnaies est une notice qui repro-
duit certains passages de sa corrcspondancc en italien, sans aucun essai dc les organiser
ou dc les mettre en perspective avec ses ecrits public's: L. Tonclo, «In margjne alle
lettcre di J.J. Winckelmann », Rivista italiana <li Numismatica, 80, 1978, p. 247-50.
4 On pourrait aussi, partant de sa correspondance. mencr une recherche sur le
prix dc la vie a Rome vers le milieu du xvin" s. Par exemple cet extrait: «Je
commence a regrelter que je ne me suis pourvu a Dresde d'un habit d~cte dc harrccan :
j'y pensais. mais je m'en laissois detourner par jc no sais quelle menage qu'il y auroit
dc porter un habit de soye: meis un habit de soye coule toujours 25 Scudi et un
horamc qui sc remue fort comme moi le dechire en trois mois: el apres tout 25 Scudi
sont presque une septieme de ma pension" (Rehm, n" 133, p. 210-1, 6 mars 1756, a
Bianconi).
5 L'une porte au droit Peffigie du due dc Liechtenstein et, au revers, un hiero-
glyphc accompagnd dc la legende SEMPER CONSTANS (m^claille de. Fr. A. Scbfigs
dalee de 1758); l'aulre, au droit, le buste de Fempcrcur dc Francois I" et, au revcrs.
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WINCKELMANN ET UBS MONNAIES ANTIQUES
Winckelmann se fit assassincr a Trieste le 8 juin 1768, dans sa
chambre de VOsteria grande, ou il etait descendu incognito, par
Francesco Arcangeli, un brigand, son voisin de palier, vis-a-vis
duquel il avait commis rimprudence de montrer son precieux
chargement6. Les pieces du proces indiquent que Winckelmann
voyageait a ce moment avec 79,5 ducats papaux et 81 ducats
imperiaux, lesquels sont comptes dans l'inventaire apres deces
pour plus de cinq fois la valeur des deux medailles en or (Pagnini,
p. 147-9). Quant au texte compose par le pere jesuite pour la
messe de funerailles de Winckelmann, il nous apprcnd (a tort ?)
que ce sont des monnaics de Lysimaque et des dariques radices
(sic!) qui alimenterent la convoitise (Rehm, IV, 203a: « Lysima-
chos et radiantes daricos, aureorum vim magnarn »)\
II. LES MONNAIES ANTIQUES,
TEMOIGNAGE INSURPASSABLE DE LA BEAUTE
La gloire de Winckelmann demeure d'avoir organise Tensemble
des connaissances pour tenter de serrer le concept du beau ideal
el de lui avoir fourni un systeme d'interpretation coherent, ce en
quoi il s'est eleve en unc fois tres au-dessus de toute tentative
precedente. Pour lui, les Modernes, au premier rang desquels il
placait Raphael, n'ont pas atteint la suprdme beaute comme les
Anciens, en particulier les Grecs. Or il se trouve que, comme
cclui de l'imperatrice Marie-Therese. La decouvertc par Cesare Pagnini en 1%4, a la
bibliothcquc municipale de Trieste, du dossier complet relatif au proces de I'assassin
Francesco Arcangeli (dossier X E 3: « Krirninalfall gegen Francesco Arcangeli wegen
Mordes », 150 pages [36 x 22 cm], dont 107 couvertes do l'ecriture de Johann Veil
Piechl, greffe auprcs du tribunal de Trieste) a 616 promptement publico: C. Pagnini,
Mordakte Winckelmann. Die Originatakten des Kriminaiprozesses gegen den Morder
Johann Joachim Winckelmann (Triesr 1768), Berlin, 1965 (ouvrage Ixaduit el commente
par H. A. Stoll - pour les mentions dc monnaics, voir p. 19. 26. 28, 42 et, surtout,
149).
6 La mort dramatique de Winckelmann a engendre bien des suppositions et une
vaste lilterature. En 1808, le contc Domenico Rosselti commandita Tedification d'un
c6notaphe monumental en signe de reparation de la ville de Trieste pour un si grand
forfait.
7 J'ignore ce qu'ont pu etre ccs « dariques radices ». A propos des lysimaques en
or, il est. permis de conjecturer - sans que cela n'entrame la pre'somplion - que les
pieces offertes par Marie-Therese a Winckelmann provicnnenl de la fameuse trou-
vaille de la riviere Streiu, faite au xvi" s. (IGCH 670: ca 1540-1545), laquelle aurait
compris ca 40000 stateres de Lysimaque et dont il me paratt que le cabinet des
medailles de Vienne conserve aujourd'hui quelques pieces qui auront echappc a la
refonte generate (il s'agit de lysimaques tres tardifs 6mis au d<Sbul du lcr s. par les
cites pontiques dc Callatis, d'lslros et de Tomis).
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FRANCOIS DE CALLATAY
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exemple le plus achieve de bcaute dont on chercherait en vain
l'cquivalent chez les artistes des derniers siecles. Winckelmann, a
plusieurs reprises, designent certaines tetcs de femme sur les
monnaies grecques, en particulier de Syracuse.
11 1'ecrit dans une lettre au corate de Cobenzl, ministre pleni-
potenliairc dc I'imperatrice Marie-Therese dans les Pays-Bas autri-
chiens. Cette lettre, non datee (mi-fevrier 1768) el aujourd'hui
conservee a Bruxelles, aux Archives generates du Royaume*, est
une reponse energique et persistantc de Winckelmann a un ecrit
(perdu) du comte de Cobenzl qui entend placer Rubens - son
« Hcros Rubens » (Rehm, IV, n° 70a, p. 109) - au firmament des
artistes de tous les temps, devanl les Ancicns. «Je ne suis pas
pourtant si zele partisan de Raphael et du Carache - ecrit Winc-
kelmann (Rehm, 111, n° 937a, p. 369) -, jusqu'a les placer au
throne oil reside la beautc sublime ; ce seroit en meme terns
degrader les anciens: car le premier n'y est pas arrive dans la
figure, oil, selon son propre aveu, dans une lettre qu'on a publicc'1,
il tachoit dc Fexprimer, e'est-a-dire, dans sa Galalhce, et Tautre
est moins merveilleux dans des beautes feminines. que dans les
figures hcroiques d'un age accompli. La Galathec est au dessous
de cent jeunes filles que je connois, et le nud meme n'est pas
exeml de critique, laquelle se peut faire avec raison sur le genoux
trop articulc et ressenti pour cet age, meme dans un adolescent
de belle et fine taille. Quand je trouve ces deux grands homines
infdrieurs aux anciens, j'entends toujours parler principalement dc
la beaule" du visage, oil personne, ni meme le Guide, l'eleve des
Graces, est arrive a exprimer ce que la nature a forme dc plus
beau, et dont les anciens nous onl laissc des prototypes jusquc
dans leurs medailles. Car qui peut produirc des tetes de nos
tableaux comparablcs a celle de Diane (cn realite Demeter) dans
une medaillc d'argent de Metapont [sic /], ville de Grandc-Grece,
ou cellc de Proserpine10 dans des medailles de Syracuse. La grace
n'est pas inseparable de la beaute. On ne peut pourtant disputer
* Bruxelles, AGR, Secretaire il'Elat el de guerre, n° 1248, f~ 244-245.
'' La lettre fut publiee par P. Bellori. Descrizione delle Imii^iiu dipuui da Rafaelk
d'UrbinO nelle Camere del Palazzo Aposiolico Vatkano, Rome, 1695.
111 Lidentification dc ccttc tele a longtemps etc discutee. La critique modcrnc n'a
pas retcnu 1c nom de Proserpine mais on y a souvenl vu la tetc dc Kore ou de
Persephone. Ainsi qu'il a 6\& dtabli recemment. il faut y voir la tctc d'Arelhuse, la
nymphe symbolisanl la source d'eau potable sur Pile d'Ortygic, ainsi que l'indique la
I4gcn.de APE0OSA sur un tfitradrachme signfi de Kimon ct prescntant une tSte femi-
nine vue de trois quarts face entouree de dauphins (voir H. A. Cahn, « Arcthusa
Soleira ». dans Essays in honour of Robert Carson and Kenneth Jenkins, Londres,
1993. p. 5-6).
2007]
W1NCKELMANN ET LBS MONNAlliS ANTIQUES
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la gloirc ni a Raphael ni au Carachc d'avoir saisi des belles
formes du nud dans la taille svelte dc lcurs figures et dans la
legerete de leur operation; et e'est ce qu'on souhaiteroit de voir
dans cells de Rubens ». Ainsi done, la meme oil le grand Raphael
confesse avoir voulu toucher au beau absolu, Winckelmann lui
prefcre une production antique, a savoir une monnaie dc Syra-
cuse.
Winckelmann accorde bien des meriles a Rubens mais pas celu:
d'avoir veille a la beaute de ses modeles : « Je conclus que Rubens
est la gloire de l'art, de son ccole, de son siecle et de tous les
siecles a venir; qu'on doit admirer la recondite de son imagina-
tion ; qu'il est correct dans son dessein ; qu'il est magnifique dans
ses draperies, et qu'il doit etre le grand model au Clair-Obscur.
quoiqu'il y est ideal: mais il me semble qu'il n'avoit pas rendu
des sacrifices aux Deesses de la beaute (Horae) et aux Graces »
{ibid., p. 370). La reponse du comte dc Cobcnzl, tout a la defense
de Rubens, est irresistible (Bruxelles, 8 mars 1768 = Rehm, IV.
n° 70a, p. 110)": «J'aurais de la vanite" a luy pouvoir gagner
votre suffrage ; une faute, que je luy trouve e'est que ses femmes
sont rarement belles et toujours pesantes; mais je l'excusc parcc
que ses deux femmes et sa maTtresse etoient grasses, et parce
qu'a l'age oil les femmes font le plus d'impression il a ete en
Flandres : Pais ou le beau sexc est communement bien nourri. Je
suis &tc. ».
Pour revenir aux monnaies, une lettrc adressee a Lodovico
Bianconi'-, datee du 31 juin {sic!) 1757, professait deja cette
predilection pour les tetes de Syracuse (Rehm, I, n° 178, p. 288):
11 Bruxelles. AGR, Secretaire d'Etat el de guerre, n° 1248, f° 246.
12 Giovanni Lodovico Bianconi (1717-1781). n<5 a Bologne, se mit au service du
marquis Filippo llcrcolani (Bologne) el <le la cour dc Saxe. II contribua a enrichir
le musee a Dresde. en tant que ministre de Saxe auprcs du Saint-Siege. Trenle-lrois
lettres de Winckelmann a Lodovico Bianconi furent decouvcrtcs cn 1872 dans les
archives familialcs Bianconi a Bologne, a la suite d'une requete de Theodor Mommscn
(1817-1903) et de Carl Justi (1832-1912) (Rehm. [, p. 483). Sur les ecrits de Bianconi,
voir Scrini ledeschi. Bologne, 1998. 449 p. (ed. par G. Pcrini avec une poslface de
G. Cusatelli). Sur Bianconi et Winckelmann, voir J. Heyman, « Gian Lodovico Bian-
coni und Johann Joachim Winckelmann : Anmcrkungcn zur Entslehung des klassi-
schen deulschen Ilalienbildcs», dans K. Heitmann (ed.), Deutsches ItaUenbild unci
iialienisches Deuischlandbild im 18. Jahrhuadert, Tubingen, 1993, p. 49-59 et L. Agazzi,
« Bianconi c Winckelmann : il complesso incontro tra Barocco e Neoclassico ». dans
E La Manna (ed.), Commerciurn: Saimbi cultural! ilalo-tedeschi ml XVlll secolo =
Beulsch-Halienischer Kulturaustausch im IS. Jahrhunden, Florence. 2000, p. 203-214. Sur
Bianconi. voir encore G. Cantarutti, « "Noi Sassoni" : Gian Lodovico Bianconi; Italiener
in Elbflorcnz. Siichsischer Ministerresident in Rom », dans B. Marx (ed.). Elbflorenz :
llutienische Priisenz in Dresden 16.-1'). Jahrhunden. Dresde. 2000, p. 243-268.
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FRANCOIS DF. CALLATAY
[REG, 120
Fig. ).
« O sc Ella vedesse la lesta di Proserpina in alcune Med. d'arg.
di Siracusa ! Che bellezza sovrumana, discesa dal cielo e impos-
sibile a concepirsi nella fantasia moderna. Vi si riconosce la
sorgente della bellezza, Iddio, c lo spirito si solleva fino al Crea-
(ore» (fig. I)13.
D'autres passages de sa correspondence profcssent la memo
admiration. Dans une lettrc au baron Philipp von Stosch, il evoque
deux monnaies sicilicnnes avec des tetes «die wunderbar und
gdttlich schon sind » (Rehm, I, n° 200, p. 323 - 17 dec. 1757).
Plus, tard, tentant dc definir quelle pourrait etre la plus belle
pierre gravee de la collection du baron Stosch precisement, il
ecrit qu'un autre choisirait une Victoire. qui est encore plus belle
(que le Meleagre evoque auparavant), « comnic sur les plus belles
monnaies de Syracuse » (Rehm, I, n° 262, p. 446 - 13 jan. 1759).
Dans la Geschichte aussi, il dit a deux reprises son admiration :
« la tete de Proserpine sur deux monnaies d'argent du musee
royal Farnesc a Naples surpasse tout ce qu'on peut imaginer»
(I, 4, 2 = D. Tassel, 2005, p. 272) et «certaines monnaies sici-
liennes qui aux cpoques ulterieures l'cmportent en beautc sur
13 Le coin dc revers illustrl provienl: du diScadrachme passl en vente chcz LHS
Numlsffiatik AG, 95, 25 Oct. 2005, n" 525 (43,21 g; © Coinarcliives.com). Ce deca-
drachme, non sign6 mais altribuc a Kimon (ca 404-400 av. J.-C), etait - semble-l-il -
davanlage admire a l'cpoque que ceux au nom d'livainele.
2007)
WINCKELMANN ET LES MONNAIKS ANTIQUES
559
Fig. 2.
tout le reste » (I, 4, 3 = D. Tassel, 2005, p. 335)". C'esl une telle
monnaie de Syracuse que Winckelmann illustre sur la page de
litre de son Abhandlimg von der Fdhigkeit der Empfindung des
Schdnen in der Kunst (Dresde, 1763, fig. 2).
Les tetes d'Arethuse (« Proserpine ») sur les monnaies de Syra-
cuse font l'objel, chez Winckelmann, d'une admiration superlative
qui ne se rencontre pas memc comme telle pour l'Apollon
du Belvedere, sa statue preferee15. Ce n'est pas le corps de I'homme
mais la tete de la femme qui se trouve ici place au plus pres
du beau ideal par celui qui est aussi devenu aujourd'hui - parce
que quclques lettres de sa correspondace en temoignenl - une
icone historiquc de l'homosexualitd. En retour, il est certain
que la fascination generalisee chez les numismates portcc aux
Arethuses de Syracuse, tclles que gravees cntre autres par Kimon
ou Evainete, doit bcaucoup au statut trcs special que leur fit
Winckelmann.
IJ «... bezeugen sonderlich sizilianischc MUnzen, wclche in folgenden Zeiten allc
andern an Schonheii Ubertroffen ».
15 Voir D. Gallo, 2005, p. 552-6, 680-1 (n. 44) et 752 (n. 117). Hn particulier: « La
slalue de l'Apollon est le plus haul ideal dc Tart parmi toules les oeuvres antiques
qui ont dchappe a la destruction » (p. 554).
560
l-'RANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
III. L'gRUPITION NUKISMATIQUE DE WlNCKEI.MANN
Davantage encore que dans la Geschichte^ on dans la Descrip-
tion des pierres gravees du feu baron de StQSchP, Winckelmann
fail preuve de son erudition dans ses Monumenti antichi inediti,
pour lesquels il fournil unc liste des ouvrages utilises (p. 287-90)"*.
Le palmares des auleurs les plus cites pour leurs travaux numis-
matiques reserve quelques surprises :
Tableau des references numisniatiqucs
citees dans les Monumenti antichi
Hubert Goltzius (1526-1583)
Jean Tristan de Saint-Amant (1595-1656)
Jean loy-Vaillant (1632-1706)
84, 184. 201 et 275
Ezechiel Spanheim (1629-1710)
Loren/. Beger (1653-1705)
Jean Hardouin (1646-1729)
Claude Gros de Boze (1680-1753)
Sigesbertus Havercamp (1683-1742)
Alberto Mazzoleni (1696-?)
Joseph Pellerin (1684-1782)
etc.
11 P- 3. 11, 12. 26. 48, 57. 67. 69,
103, 187 et 190
11 P- xn, xi.vm, 3. 13.14, 17. 84.
136, 201. 258 et 276
9 P- xxii, xxm, xxiv, 5, 10, 39,
8 P- 5, 6, 17, 22, 69, 184, 221 et
234
6 P- lxii, 3. 11, 113, 178 et 218
4 P- i-xii, 9. 12 et 187
3 P- 109, 186 et 229
3 P- 26. Hi el 280
3 P- 22, 136 et 273
3 P- 4. 29 et 50
Hubert Goltzius vient en tete. II est aussi - et de loin - I'au-
teur le plus ancien repris ici puisque la publication de ses travaux
precede de deux siecles celle des Monumenti antichi™. Cette situa-
tion alteste le prestige et le rayonnement des travaux, pliisieurs
16 Voir, pour la Geschichte. I'index dc I'cdition originale s.v. « Miinzenw et la « l.istc
des livres cites » donnec par D. Galb, 2005. p. 767-805. S'agissant d'ouvrages traitant
specil'iquemcnt des monnaies ancienncs, on ne releve guerc que les noms de |.-X Barthe-
lemy, L. Beger, G. Du Choul ct J. Foy-Vaillanl.
17 J.-J. Winckelmann. Description des pierres gravees du feu baron de Stosch. Florence,
Chez Andre1 Bonducci, 1755. L'OUvrage ne manque pas de references numismatiques
(ainsi p. 320: deux references a Goltzius, une a Beger) mais praliqucmcnt toutes rela-
tives ii la seule iconographie.
ls La concordance n'esl pas parfahc cntre cette liste el les ouvrages vraimcnt cites.
Ainsi. la liste indique-l-elle les Imperatontm Romanorum Numismata (Strasbourg, 1671)
de Charles Patin (1633-1693) ou l'« Essai d'une palcographie numismatiquc » dc Jean-
Jacques Barthelemy. qui ne sont cites nulle part dans le lexte alors que l'ouvrage de
Jean Trislan, « Tristan com. hist. », si souvcm mcntionnes dans le texte, n"est pas repris
dans la liste.
" tin revanche, les classiques du xvt' s.. surtout italiens, manquent.
2007]
W1NCKELMANN ET LES MONNAIKS ANTIQUES
561
fois reimprimes. tie Goltzius ; on sait aussi que ceux-ci ont souvent
prete le flan a la critique ulterieure, a l'invcrse des ecrits d'An-
tonio Agustin (J516-1586), plus erudit, c'est-a-dire meilleur philo-
logue, mais absent de cet horizon. Autant de fois cite que Goltzius
figure un ouvrage - alors egalemcnl ancien (1644), tombc tlans
un profond oubli aujourd'hui et dont le recours frequent par
Winckelmann suscitc rctonnemenl - celui redigc par Jean Tristan
de Saint-Amant, Commentaires Historiques contenans I'Uistoire
generate des Empereurs, Imperatrices, Caesars, el Tyrans de {'Em-
pire romain. Illustree, enrichie, & augmentee par les Inscriptions
& Enigmes de treize a quatorze cens Medailles, tant Grecques que
Latines, & d'aulres tres-rares & Ires-riches Monumens de I'Anli-
quiti, 3 vol., Paris, 1644 [2e ed. en 1657]). Passes ces deux noms,
les renvois de Winckelmann portent d'abord sur des ecrits rccenls,
c'est-a-dire publies a la fin du xvnc s. ou au xvmc s. On trouve
des traites consacres, comme ceux de Jean Foy-Vaillant ct d'Eze-
chiel Spanheim (mais pas ceux de Jobert ou de Patin), ainsi que
des communications, comme celles faites par Claude Gros de Bozc
a r Academic des Inscriptions et Belles-Letlres. Quant a Lorenz
Beger, quelqucfois presente aujourd'hui comme le « pre-Winckel-
mann allemand », il est bien present encore que jamais vraiment
a son avantage (il est meme crcinte dans une lettre)2". L'cnscmblc
de cet apparat critique, qui mentionne encore bien des noms de
facon cpisodique, est imposant. Toutcfois, avouons-le : il ne s'agit
pas de la bibliothcque ideale telle que nous croyons nous en faire
une idee aujourd'hui et telle cu'on eut pu l'esperer de la part
d'un erudit dont les fonctions devaient facilitcr l'acces ou le sejour
dans les mcillcures bibliotheques romaines, a commencer par celles
du cardinal Passionei ou du pere Corsini (voir, entre autres Rehm,
T, n° 131). Bien entendu, le specialistc a beau jeu de denoncer a
posteriori les carences21 et les disparites22 d'une telle erudition. II
20 Rchm, II. n" 540, p. 292: « Ich kcnnc die Schiilze des Konigs in Prcussen au;
Begeri Thcsauio Brandenburgico, il quale amma7^a il suo l^Uore con un Dialogismo
insipido e pedantcsco » (ailleurs encore dans sa conespondance en allemand. Winckel-
mann cxprime scs rosseries en italicn).
21 Comme le deinonlre sa conespondance. Winckelmann n*a pratiquement rien
neglige dans ses lectures. II ne s'agil pas de lui faire le faux proces de croire qu'il
ignorait toul ce qu'il n'a pas cite. Winckelmann, comme lout autcur, cite (par ex.
Beger, pour s'en distancer) ou ne cite pas (par ex. Barthelemy, qui lui fail de 1'ombre)
pour des raisons. aussi. de strategic personnclle.
22 Ainsi Winckelmann fait-il une belle place au pere llardouin, dont les elucubra-
tions son I restees lameuses, mais ne cite qu"une seule fois (p. 47) Erasmus Frolich
(1700-1758): inversement. on est surpris de voir cite a plusieurs reprises un ouvrage
oublie comme A. Mazzoleni, In numisniala aerca selecliora maximi moduli e Musco
Pisano olim Corrario commentur'ti. Venise, 1740-1744 (folio: 92 pi. gravees).
562
FRANCOIS DE CALLATAY
\R£G, 120
n'empeche : Winckelmann a asscz de lectures et bicn trop d'es-
prit pour se priver du plaisir de moucher quantite de plumes
passees ou vivanles. En bretteur decide, il reserve dans ses Monu-
menti un index, plus long d'ailleurs que celui des ouvrages cites,
aux auteurs corriges et expliques ou chacun se voit rappele les
raisons de ses fautes (p. 291-7: Indice II. degli autori corretti e
spiegati in quest'opera).
Au dela des livrcs, Winckelmann a lui-meme eludie un large
materiel, a Naples surtout, mais aussi a Florence el a Rome, a
propos duqucl il a du prendre des notes precises23.
A Naples, lore de son sejour au printemps 1758, il s'est plonge
durant des jours, du matin jusqu'au soir, avec le pere della Torre
a la cuisine, dans l'etude des collections royales conservees au
palais de Capo di Monte (Rchm, I, n° 211 [Bianconi], p. 355 et
n° 217 [Stosch], p. 371). Les monnaies grecques, surtout, eurent
sa favcur et lui apporterent des « lumieres insigncs » pour l'ou-
vrage auquel il donnait la derniere main (Rchm, I, n° 223, p. 389).
Winckelmann a d'ailleurs laisse unc description de cette collec-
tion dans unc lettre de juillet 1758 adressee a L. Bianconi (Rehm, 1,
n° 223, p. 388-91): « Les medaillcs sont rangees sur vingt grandes
tables couverles d'un grillage de fil d'archal (de lailon) tres fin.
Ces medailles sont fixees sur des axes de bronze qu'on peut
tourner a volonte, pour en voir les deux cotes. Je les ai exami-
nees pendant des journees enticrcs, apres qu'on en cut enleve les
grillages de fil d'archal. Cc cabinet est encore plus interessant
que ne I'annonce le livrc du pere Pedrusi, intitule : Cesari in oro
raccolti, &tc.; l'atras horrible, qui neanmoins est fort admire des
pedans. L'cditeur ne s'est occupe que des medaillcs romaines afin
de pouvoir publier de gros volumes, parce que ces medailles four-
nissent plus de matiere a des dissertations historiques. C'est que
ce cabinet contient de plus rare et de plus prccieux, du moins a
mon avis, ce sont les medailles grecques, rangees sur cinq tables,
dont la plus grande partie composait le celebre cabinet Faucault,
que le dernier due de Parme achcta. Le cardinal Noris en fait
mention dans ses Lettres au comte Mczzabarba, ainsi que le pere
Montfaucon dans sa Palaeographia Graeca. La liberie que j'ai eue
d'examiner avec attention tout cc que renferme ce cabinet, m'a
23 On accordcra aussi volontiers a Winckelmann unc excellenle miimoirc visuellc.
Ainsi, dans les Monumenii, il se souvienl avoir vu la meme monnaie que ccllc publiee
par Spanheim mais dans un autre (Stat ct d'un autre dessin (I, 22, 1, p. 69: «e mi
sovvienc d'aver veduto la stcssa raedaglia originale, molto diversa dal disegno fatlonc
far dal Paruta senza gusto e senza intendimcnlo »).
2007] WINCKELMANN £T LES MONNAIES ANTIQUES 563
donne plus de lumiere que toutes les autres collections que j'ai
vues. Le roi a augmente de nouveau cc medailler par 1'achat des
medailles des cmpereurs romains, que le cardinal Alexandre Albani
avail rassemblees, et dont il avail fait present au marquis Grimaldi,
apres la mort duquel elles furent reunies a la collection Farnese,
par 1'entremise d'un negotiant de Livourne. Le roi en a paye
4050 ducats napolitains. La collection consiste en cent quarante-
trois medailles ; la plus rare de toutes est un Emilicn en or »24.
Toujours a Naples, Winckelmann avait visite la collection de
Giovanni Battista Carafa, due de Noia (1715-1768), qu'il cite a
plusieurs reprises25.
A Florence, de septembre 1758 a avril 1759, Winckelmann put
examiner la collection de monnaies formccs par feu Philipp von
Stosch (1691-1757), alors qu'il preparait le catalogue de ses
gemmcs26. Malheureusement, on sait peu de choses de cette collec-
tion, a la difference des gemmes plusieurs fois publiees, sinon
qu elle devait etrc considerable27.
A Rome enfin, oil il reside, Winckelmann a acces a la collec-
tion de son employeur et protcctcur, le cardinal Alessandro Albani.
mais aussi a toutes les bonnes bibliotheques romaines. A quoi
s'ajoulent d'autres collections de monnaies comme, pour se limiter
21 Cette traduction est celle donnee en 1785 dans Recuetl de lettre.s de M. Winc-
kelmann sttr les decouvertes fades a lleriulanum, a Pompeii, a Slabia, a Caserte & a
Rome. I. Paris. 1785. p. 303-6.
25 Voir Gesihichte, I, 3, 1 = D. Tassel. 2005. p. 194 (monnaies de Lipari); passage
rcpris dans les Monument! anticlii, p. 5 (voir aussi p. 4); Rehm. I, n° 207. p. 343
(31 mars 1758. monnaies de Caulonia). n 218. p. 374 (fin mai-debut juin 1758, monnaies
de Capoue et de Teamim) et n" 222. p. 386 (mi-juillet 1758. monnaie de Poscidonia).
Le mcdaillicr du due de Noia tut achete en 1769 par le roi Ferdinand IV. II fait
aujourd'hui partie du Mtisco Archeologico Nazionale de Naples (voir ('. I.. Lyons,
<• The Duke of Nota's Classical Antiquities », dans A. J. Clark et J. Gaunt (cd.). Essays
in Honor of Dietrich von Bothmer, Amsterdam, 2002, p. 198 ct D. Gallo, 2065, p. 651,
n. 13 et 660, n. 39).
26 Voir Geschichte, I, 4, 3 = D. Tassel, 2005, p. 336 (deeadiachnies de Syracuse) et
Rehm, II, n" 326, p. 49 (21 nov. 1759, monnaies en bronze de Sicile).
27 Citons ce passage d'une lellie de Jean-Jacques Barthejemy (1716-1795) au comte
de Caylus (1692-1765), en date du 23 oclobre 1755: «Nous avons fouilld aussi dans
Ic cabinet du baron de Stosch. ,Ie lui ai remis vos souffres qu'il a recus avee plaisir,
et votre livrc qu'il a lu avec autanl d'avidite que dc satisfaction : son cabinet est
immense: vingt-cinq milks soufres. des estampes, des pierres gravces. des antiques, des
medailles. des manuscrils, des cartes dc gcographie, des dessins. II a depouille l'ltalic,
et la ticnt encore asservie par ses eorrespondans; il m'a tout montre et ne m'a ricn
cede. Je me suis abaissc jusqu'aux prieres; elles ont endurei un ceeur qui nalurelle-
ment n'est pas tendrc. J'ai triomphe de la resistance de l'abbc Boule ct de quelques
autres brocanteurs; mais je ne triomphe pas du plus puissant de tous. J'cn suis desole
sans en etrc abattu » (Voyage en Italic de M. I'abbe BartMtemy, 2° 6d.. Paris, 1802.
p. 26).
564
FRANCOIS Dh CAI.LATAY
[REG. 120
a celles dument citccs, la collection dc la reine Christine, conservee
un temps au palais Bracciano (mais dont Winckelmann avait
decouvert qu'clle avait ete vendue et se trouvait maintenant en
Espagne)28, celle du college Sainl-Ignacc29, celle des Franciscains
de Saint-Bartholomc cn Tile30, el celles de particuliers comme
Giovanni Battista Casanova31 ou encore Francesco Alfani, Napo-
litain installc a Rome32.
IV. Winckelmann collectionneur
II est certain que Winckelmann a possede quelques monnaies.
Commentanl un tetradrachme d'Antigone dans ses Monumenti, il
precise que celui-ci se trouve « nell'museo dell'autorc » (Monu-
menti, p. 47 - I, 17, 2, voir fig. 5)33. De mcme, s'agissant des deux
monnaies syracusaines gravees a rentame de la troisieme section
du quatrieme chapitre de la Geschichte (ill. 17, voir fig. 3), il
precise que Tunc se trouvaii dans la collection du baron von
Stosch et que l'autre appartient a I'auteur (« die andere besitzt
der Verfasser »).
En dehors de ccs deux monnaies grecques de qualite, nous ne
savons rien d'aulrc qui soit sur a propos de cette collection person-
nclle. On hesitc cn effet a verscr a ce dossier une correspon-
dance datee du 15 fevrier 1760 (Rehm, II, n° 356, p. 81) dans
laquelle, cvoquant un collier et deux boucles d"oreille en or,
trouvee avee une monnaie de Marc-Aurele sur une lerre appar-
28 Rehm. 1. d" 218. p. 374 (tin mai-debul juil. I7SK. monnaie ties rois parities). Voir
Rehm. I. n° 201, p. 324 (4 fcv. 1758): «... dass Miinz-Cabinel dcr Koniginn Chris-
tina, welches Havcrcainp beschrieben. und welches man in Rom. im Pallas) des Prinzen
Bracciano, zu sehn glaubie, nach Spanien verkauft worden ».
M Geschichte, II = D. Tassel, 2005, p. 571 (aureus de Plotine el Matidie).
1,1 Rehm, I. n' 218, p. 374 (fin mai-debut juil. 1758, monnaie cn argent du roi
Polemon du Pont).
51 Geschichte = D. Tassel, 2005, p. -50 (monnaie cliypriotc d'un roi lie Paphos) et
p. 366 (bronze de Magnesie). II est possible et mcme probable qu'il faille aussi recon-
naitrc Casanova dcrricrc «l'arliste romain » evoque p. 198 (deux monnaies
'. etrusques »). Giovanni Batlista Casanova (1730-1795), frcrc du celebre Giovanni
Giacomo, fut un graveur tres apprecie. qui a collaborc a la publication des antiquites
d'Mcrculanum. II est I'auteur des gravures des Monument! antiihi inetliti (ce qu'an-
nonce Cerement Winckelmann dans la preface de sa Geschichte. Ic decrivant commc
<> le plus grand dessinateur de Rome ») el aussi de fausses pcintures qui, a son grand
depit, abuscrcnl Winckelmann (voir D. Gallo, 2005. p. 626, n. 62).
J2 Monumenti, p. 95 (1, 25, 5).
13 Le mcme tetradrachme d'Antigone sera illuslre (a partir d'un autre cuivre) sur
la page de titre des Anmerkungen fiber die Geschichte. der Kunst des Alter/hums.
Dresde, 1767.
2007]
WINCKELMANN et les monnaies antiques
Fig. 3.
tenant a son maitre, l'eminentissime Alessandro Albani, Winckel-
mann ajoute: « Quelli tengo io ». A-t-il voulu dire qu'il posse-
daient ces objets ou, plus simplement, qu'ils les avaient devant
lui pour etude ? En tout cas, le tres riche index des provenances
des Monumenti (p. 355-68) ne possede aucune entree pour la
collection des anliquites de Winckehnann34. De surcroit, le fait
que les deux monnaies presentees comme lui appartenant aierit
toutes les deux ete gravees n'incite pas a se faire l'idee d'une
vaste collection311.
14 Voir en particular los p. 365-6 od sont reprises les collections romaines de parti-
culiers tcls que Christian Dehn, Thomas Jenkins ou Anton Raphael Mcngs.
35 Sur les quatre monnaies gravees accompagnant les travaux dc Winckclmann, on
trouve done deux monnaies de sa collection (Syracuse ct Antigone), une de la collec-
tion Stosch (Syracuse) ct line de la collection de Giovanni Battixta Casanova (roi de
Paphos a Chypre, fig. 4).
566
FRANCOIS DE CALLATAV
[REGA2Q
V. WlNCKBLMANN NUMISMATE
La question qui se pose est celle de l'usage fait par Winckcl-
mann du temoignage des monnaies antiques. Fut-il novateur ? En
quoi les interessaient-elles avant tout ? A-t-il, en somme, des
merites particuliers a faire valoir aux yeux des specialistes ?
Le commentaire fourni pour le tetradrachme d'Antigone dont
il vient d'etre question constitue une entree en matiere qui indique
a la fois la qualite du traitement et les manquements scientifiques
que fait subir Winckelmann aux monnaies aneiennes : « La ties
rare monnaie d'argent du roi Antigone Icr. surnomme Soter, dans
la collection de Pauteur (n° 41), est I'unique monnaies rapportee
dans cet ouvrage ; il n'est pas certain, pour autant qu'on sache,
qu'elle ait ete publiee. Pareille a celle-ci, aussi pour la legende
du revers, est la monnaie du meme roi dont parle le Perc FrOlich,
meme si cette derniere n'est pas du meme coin. Je la donne
dessinee avec la plus grande exactitude et de la meme taille,
moins pour le motif de la figure d'Apollon. au revers que pour
ce qui regarde la tete au droit36. Cctte tete sur cette monnaie,
mal dessinee et gravee dans l'ouvrage cite, semble corrodee;
36 La gravurc dc cctte piece est aussi reprise sur la page de litre des Anmer-
kungen iiber die Geschkhte der Kunst des Altertums, Dresde, 1767.
2007] WINCKBLMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 567
et c'est pourquoi l'auteur tie s'est pas risque a affirmer avec certi-
tude dc quelle espece est la couronne qui la ceint; elle lui semble
pourtant composee de feuilles de roseau (canna) et il l'attribue
pour cela a Neptune. Mais celui-ci n'a pas observe que Neptune,
sur ses statues et sur ses autres representations, ne se trouve
jamais couronne de feuilles de roseau, lesquelles ne le distinguent
pas lui mais les tStes de Tritons et des autres dicux inferieurs de
la mer: Neptune a, comme Jupiter, la chevelure nouee d'un
bandeau etroit. Sur la monnaie que je prcsente, laquelle est dans
un superbe 6tat de conservation et d'un coin d'un relief inaltere
on voit la couronne formee de feuilles de lierre; ce qui pourrait
indiqucr un Silene, s'il etait possible d'accorder Apollon au Silene,
et l'idee meme de la tete avec d'autres images de ce gardien de
Bacchus ». Winckelmann prend done soin de selectionner le meilleur
exemplaire, le compare avec d'autres publies (note ce que ses
devanciers n'ont. pas vu)37 et veille a le reproduire avec la fid^-
lite la plus scrupuleuse. On ajoutera qu'il se mefie de ce qu'il
n'a pas vu de ses yeux38 et qu'il se plait a denoncer les faux
modernes. Ironie cruelle: le malheur veut que cette piece d'An-
tigone soit un faux moderne (moule par-dessus le marche), dont
le cabinet des medailles de Paris possede deux exemplaires dont
l'un acquis en 1747 par Jean-Jacques Barthelemy lors de son
periple en Ttalie pour le comte de Louis XV (fig. 6)39.
57 Par ex. Monumenti, p. 103 (1, 27, 5): « cio che non 6 stato osscrvato dal Golzio
nel pubblicare in istampa la stessa medaglia » (un sphinx sur le casque d'Athena a
Veliaj oil, dans unc lettre a Knoller (Rehm, HI, p. 153, n° 753a, 11 jail. 1766: a
propos d'une monnaie d'Allilius Regulus): « Ich merke dieses urn so viol mehr an,
das es Salvator Rosa nicht gewusst hat».
38 Voir Monumenti, p. xxui: « e per Pimmagine mitologica deesi credere che un
tal fatto b stalo espresso in un medaglione di Faustina confortc d'Antonino Pio (ref.
a Venuti)... llperche non so persuadermi che sia lavoro stato fatto dagli anlichi un
medaglione non solamente non veduto da me. ma ne tampoco da chi ce ne porge
notizia (ref. a Vaillant), nel cui rovescio dicesi da costuiessere stato per una parte
ritratto Marco Coriolano alia testa dell'armata in alio di combattere contro la patria,
e per 1'allra la madre di lui e la conforle che gli si sanno incontro co' lor Bgliuoli».
35 Les deux faux sont conscrvces dans les tiroirs de faux du Cabinet des Medailles
dc la Bibliotheque nationale de France : 1) Paris, BN, Coll. dc faux, acquis par Barthe-
lemy 1747/54 (AR : 24,11 g, 34 mm, 12 h) et 2) Paris, BN, Coll. de faux (AR: 26,08 g,
32 mm, 12 h). Le mcmc coin dc droit, retravaille (avec ajoul de la legende IOTAAIA
dans le champ dr.) et associe au meme revers, a servi a realiser d'autres faux, cn
argent et en bronze: 3) Paris, BN, Coll. de faux, Pembroke Publ. 1738 (AR: 24,84 g,
38 mm, 3 h); 4) Paris, BN, Coll. de faux (AE: 20,34 g, 33 mm, 12 h); 5) Paris, BN,
Coll. de faux (AR : 26.08 g, 32 mm, 12 h); 6) Oxford, AM. Forgeries coll. Christ
Church (AR : 25,21 g, 32 mm, 12 h); 7) Paris, BN, Coll. de faux (AE : 20,85 g, 35 mm,
12 h).
FRANCOIS DE CALLATA?
[REG, 120
Fig. 6.
Ce n'est pas la seule fois que Winckelmann s'est fait abuse par
des contrefacons modcrncs, ainsi quand il croit pouvoir retrouvcr
les traits authentiques de Virgile sur une pretendue medaille au
nom de ce dernier, ce qui ne parait pas eveiller sa mefiance
(Rehm, III, n° 837). En outre, s'agissant de la monnaie d'Anti-
gone, la couronne qui ceint la tete dun dieu n'est ni dc roscau
ni de lierre mais clairement une couronne de laurier.
Iconographie
La preoccupation la plus immediate, et done la plus courante,
de Winckelmann numismale est bien iconographique, ce que
confirme un simple coup d'ceil au tableau produit infra en annexe I
(15 developpements de ce type dans la Geschichie et 45 dans les
Monumenti). Toutefois - gare aux archa'ismes ! -, l'iconographie
peut induire en erreur. Ainsi, a propos de la facon de representer
un chiton, il ecrit: « Sur les figures de la meilleure epoque de
l'art, nous trouvons encore le manteau a plis plats, nettement
visibles sur une Pallas des monnaies d'Alexandre le Grand; e'est
pourquoi la simple presence de tels plis ne suffit pas a attester
le stvle le plus ancien, comme on le deduit couramment»
{Geschichte, I, 4, 2 = D. Tassel, 2005, p. 322).
Chronologies
Winckelmann entend aussi s'appuyer sur l'etude des monnaies
pour debattre de chronologie, et cela de plusieurs manieres. Les
monnaies de Sybaris sont forcement anterieures a la destruction
2007]
winckelmann et lcs monnaies antiques
dc la cite (Geschichte, I, 4, 4 = D. Tassel, 2005, p. 334). Un aureus
d'Hadrien, trouve a Herculanum, lui fait deduire que la region
ne resta pas d6solee apres rcngloutissement de la ville (Rehm,
I, nos 207 et 212)40.
Style
Involution du style, bien entendu, est l'objct prioritaire de son
attention, en particulier dans la Geschichte (voir Annexe I). Prenant
les monnaies a temoin, Winckelmann place l'epanouissement de
l'art en Grande Grece et en Sicile avant celui de la Grece elle-
meme, a Alhenes et a Thebes, parce que, dit-il, ce sont ces regions
qui furenl d'abord les plus florissantes (Monumenti, p. lxi). Ainsi,
il ecrit: « Que les idees de la beaute ou plutot le travail plas-
tique et la qualit6 d'execution necessaires pour y parvenir n'ont
pas ete donnes aux artistes grecs des le debut de l'art comme
Tor l'a 6te au PeTou, c'est ce qu'attestent notamment des monnaies
siciliennes, dont la beaute est insurpassable dans les epoques ulte-
rieures. Ce jugement m'est inspire par l'examen de monnaies rares
de Leontini, de Messine, de Segeste et de Syracuse au musee
Slosch et on peut voir deux de ces monnaies appartenant a la
derniere ville sur la gravure au debut de cette section. La tete
est une Proserpine. Sur ces monnaies, le dessin des tet.es est
comme celui de la tete de Pallas sur les monnaies atheniennes
les plus anciennes, aucune des parties n'est belle, si bien que la
tete dans son entier ne Test pas non plus; les yeux sont £ tires
et aplatis; la fente de la bouchc se releve; le menton est pointu
et prive de 1'arrondi qui en fait la grace; et il suffira d'ajouler
que les tetes de femmes font presquc douter de leur sexe41. II
irempeche que l'autre face est exquise, tant pour Pempreinle que
pour le dessin des figures. Mais de meme qu'il y a une grande
difference entre le dessin miniature et le dessin en grand, et qu'on
ne peut tirer de Tun des conclusions valant pour l'autre, de meme
il etait plus facile de dessiner une belle figurine d'environ un
40 Le texts elit «cavatc dalle ruine d'Ercolano» (n° 212) et, plus preciscmcnt
encore en AHemand, «welche in dera unterirrdischen Herculanum gefunden sind »
(n° 207). En bonne m^lhode, Winckelmann aurait du denoncer l'irnpossibilile d'une
telle decouverte. Une monnaie d'Hadrien n'a pu ctre decouverte qu'au-dessus du
boucKer de lave depose en 79.
41 ii pourra paraltrc piquant d'entendre Winckelmann asseoir son avis deprcciatif
sur le fait qu'on ne puisse delerminer le sexe. Apres tout, lance dans sa quele du
beau ideal, il efll pu soutenir Pinverse.
570
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
poucc qu'une tete de la meme taille » (I, 4, 3 = D. Tassel, 2005,
p. 335-6)42. Les monnaies dccrices sont cellcs, contemporaines du
« Demareteion », frappees vers 465 av. J.-C.
Gravure
L'etude du style l'emporte sur les autres criteres, ce qui neces-
site d'aller au-dela des types. Le relief des monnaies suscite ainsi
sa reflexion, la encore dans le sens de la prudence. L'opinion
commune d'alors - devenue Ires curieuse aujourd'hui - est que
le relief s'est acccntue avec les epoques. II va en appel de ce
jugement sur la base de considerations parfois etonnantes, commc
le fait que les frises du Parthenon et du Theseion a Athenes sont
en haut relief43. II note que les tetes de face sur les monnaies
sont soit tres anciennes soit produites plus tard dans des regions
ou « l'Art n'a pas encore pris pied » (Rehm, I, n° 222/V, p. 387).
II s'interesse aux details de la gravure. La maniere de rendrc
la pupille des yeux, par exemple, retient son attention : «... dans
les tetes qu'on voit sur les medailles des meilleures periodes, les
yeux sont aussi enfonces et l'os orbitaire y a plus de relief que
dans les periodes ulterieures; il suffit d'examiner les monnaies
d'Alexandre le Grand et de ses successeurs. Dans le metal, on
indiquait certaines choses qui furent omises dans le marbre a
l'epoque de Part florissant. Sur des monnaies anterieures a 1'epoque
de Phidias, la lumiere, ainsi que les artistes la nomment, ou
prunellc, est deja indiquee dans les tetes de Geron et d'Hieron
par un point en relief» (Geschichte, I, 4, 2 = D. Tassel, 2005,
p. 285-6). La meme remarque figure dans une lettre a Stosch
datee du 8 fevrier 1758 (Rehm, I, n° 203, p. 335).
42 Ces propos, en particulier 1'heureuse analogie avec l'or clu P6rou, se relrouvent
plus ou moins littcralcmcnt rctranscrits dans l'introduction des Monumemi (p. l.xi:
« Le figure adunquc rapprcscntatcci in cotcstc medaglic dimostcano clic le idee dclla
bellezza erano, siccome I'orO al Peru, non propric e connaturali degli artefici Grcci,
i primi de'quali, benche atti a eoncepirle, non erano pcro ugualmente abili ad espri-
merle e a disegnarle »). La diliicu)l6 ds lirer des conclusions du dessin en miniature
au dessin en grand est repctcc plus loin Geschichte, II = D. Tassel, 2005, p. 590:
« Mais le travail en miniature ne permet pas de juger avec certitude des reuvres dc
grandes dimensions; celui qui sail faire un petit models de navire n'en esl pas apte
pour autant a construire un vaisscau pouvant affronter une mer demontce ».
43 II reproduil cependanl l'opinion commune dans la Geschichte: « Le travail du
bronze concerns ^galement les monnaies dont 1'empreinte differe chez les Grees selon
IMge de l'art. Elle est peu profonde a I'6poque la plus ancienne et plus en relief a
I'apogcc dc l'art commc aux epoques suivantes » (I, 4, 4 = D. Tassel, 2005, p. 396).
Un lei propos est evidemnient inexact, meme pour celui qui voudrait s'en tcnir ii
une Evolution Ires generale, puisque on serait moins embarrass^ de soutenir la propo-
sition inverse.
2007] WINCKEI.MANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 571
La maniere de former les lettres lui inspire des considerations
peut-etre novatrices pour l'epoque. Ainsi, ecrit-il a Bianconi a la
fin du printemps 1758: «J'ai vu, au musee Faucault a Naples et
dans la collection de la Reine dc Suede au palais Bracciano, des
monnaies des rois des Parthes avec un caractere elegant mais
d'un dessin et d'un coin plus que barbare. Mais precisement, sur
I'elegance. il serait bon d'etablir certaines regies. Ainsi, les points
ou les globules a l'extremite des lettres grecques commencerent
a etre en usage a l'epoque d'Alexandre le Grand et rendirent le
caractere moins elegant » (Rehm, I, n° 218, p. 374 ; voir infra ce
qui est dil de la paleographie).
Graveurs
Au dela de la gravure et contrairement a ce qu'a pu ecrire
Raoul-Rochette, il n'est pas exact de dire que Winckelmann n'a
rien dit des graveurs. II a plusieurs fois aborde ce theme dans
la Geschichte. Pour lui, les bons artistes - a commcncer par les
Grecs - s'exportent et leurs traces se laissent reconnaitre quel
que soit le lieu. Ainsi: « Ce penchant des rois de Parthie pour
les Grecs et pour leur langue s'etendit aussi aux artistes grecs,
et les monnaies de ces rois comportant des inscriptions en grec
ont surement ete gravees par des artistes de cette nation. Mais
il est probable que ces derniers ont ete formes et instruits sur
place, car Fempreinte de ces monnaies a quelque chose d'etranger
et, pourrait-on dire, de barbare» (I, 2, 2 = D. Tassel, 2005,
p. 160-1). Ce serait des graveurs samnites qui auraient realist les
belles monnaies romaines rcpublicaines44. Et, plus tard, tous les
bons graveurs grecs seraient venus a Rome, ce qui expliquerait
la decadence de l'art en Grece meme. II ne craint pas d'ecrire
en tout cas, avec un hellenoccntrisme appuye, « Quelqu'un qui
a eu l'occasion de comparer des monnaies antiques fail remar-
quer que les teres des empereurs figurant sur les monnaies
grecques ne peuvent £tre comparees avec les memes tetes sur
les monnaies romaines, ce qui laisse supposer que les bons artistes
grecs etaient alles a Rome. Je me souviens d'avoir vu, entre
autres, la monnaie grecque rare avec les tetes de Claude el de
Pompeia, qui est d'un coin presque barbare» (II = D. Tassel,
2005, p. 558-9). En revanche, vers la fin de la periode hellenis-
44 Geschichte, I, 3. 3 = D. Tassel, 2005, p. 213 : « et la grande ressemblanue entre
uiie monnaie de la famille cles Servilius <i Rome el une monnaie saitmite a fait
supposer que la premiere a 6t6 frappee par des artistes samnites ».
572
francois de callatay
I«a;c,i20
tique (le terme restait alors a inventer), il imagine que les bons
graveurs sont encore en Grece alors que l'art s'est corrompu
clans I'Orient45. On conviendra qu'il s'agit la d'idees ires gene-
rates et largement preconcues.
Philologie et elude des coins
Plusieurs developpements sont de nature philologique. Winckel-
mann distingue les caracteres des legendes suivant les langues :
egyptienne {Geschichte, p. 150), punique {Geschichte, p. 154),
samnite {Geschichte, p. 213), osque (Rehm, I, n° 218) ou arameenne
{Monumenti, p. 95). Quelques reflexions retiennent l'attention.
Ainsi, ecrit-il dans la Geschichte (II = D. Tassel, 2005, p. 524):
« Les dix-neuf ans mentionnes se trouvent indiques sur la monnaic
par ZIB, si nous scparons les elements de ce chiffre: car Z ou 1
signifie sept et IB douzc; sans separation, il faudrait ecrire I©.
Je pense que les habitants de Segeste ont voulu conscrver sur
cette monnaie le souvenir de l'epoque allant de leur delivrance
jusqu'a la conquete de la Sicile, pendant laquelle leur antique
liberie leur fut confirmee contre toute attente, et qu'ils change-
rent alors le nom d'Egeste en celui de Segeste ». Comme nous
le savons, les Grecs ne fractionnaient pas les nombres et cette
ingenieuse lecture, de meme que son interpretation, doivent etre
rejetees.
Mais le passage le plus etonnant, celui qui - si l'affaire etait
entendue46 - attribuerait un surcroit de gloire posthume a Winc-
kelmann et une reconnaissance de la part des numismates, se lit
dans 1'introduction des Monumenti (p. lxii). Winckelmann exclut
des premieres frappes monetaires cclles a la legende $IAO qui
avaient ete prises par L. Beger et J. Schott pour celles de
Phidon d'Argos, I'inventeur presume du monnayage selon Strabon
45 Geschichte, II = D. Tassel, 2005, p. 534: « Les monnaics des succcsseurs de cc
roi de Syrie ami des arts attestent leur decadence el une monnaie en argent du roi
Philippe, le vingt-troisieme a partir de Seleucos, est une preuve tangible que l'art
avait deserte la cour de ces rois. Tant la tfitc do cc prince que le Jupiter assis reprc-
sente sur I'autre face ne donnent pas ('impression d'avoir ete fails par des Grecs.
Plus generalement, les monnaies de presque tous les S<51eucides sont plus mal frap-
pdes que cclles des villcs grccqucs les plus insignifiantcs. et cclles des rois parthes,
dont I'ocriturc grccciue est en partie tres elegante, manifesto deja la barbaric du dessin
et de I'empreinle. II ne fait pourtant aucun doule que ces monnaies onl ete faites
par des maltres grecs, car les rois parthes tenaienl h leur reputation d'amis des Grecs
ct faisaient memo figurer ce titre sur lours monnaie».
46 Voir F. de Callatay, « L'historique de I'etude cles coins (xvill'-xx" s.) », BSFN.
62 (4), avril 2007, p. 86-92.
2007)
WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES
573
Fig. 7.
(VIII, 3, 33)47. La raison qu'il donne retient toutc ['attention du
numismate : «... un sagacc indagatore di quello gcncre d'antichita,
dalla forma dello scudo espresso in si fatta raedaglia, e dal conio
medesimo, gia nc ha mostrato, ph'eU'e di Tebe, e de tempi in cui
l'arte fioriva » (« Un chercheur sagace dc ce genre d'antiquites,
a partir de la forme du bouclier imprimc sur une telle medaillc,
et d'un coin identique, a deja montre que celle-ci est de Thebes
ct de I'epoque dc I'efflorescence de 1'art»). Le chercheur sagace,
qu'il s'abstient de citer dans le texte, n'est autre que Jean-Jacques
Barthelemy ainsi que l'indiquc une note. Or Barthelemy, dans sa
publication48, ne fait aucune allusion a ce «conio medesimo»
dont parle Winckelmann ct qui, traduit litteralcmcnt, signifie «le
memc coin». Faut-il des lors attribuer a ce dernier - ce serait
piquant - une forme d'anleriorite s'agissant du principe de 1'etude
des coins '? Le mot « conio » doit-il Sire traduit ici de facon plus
vague par « empreintc » ou « type monetaire » ? Winckelmann
17 Winckelmann va au dclii du lexte dc Strabon quand il designc les monnaies
d'r.gine commc etant le monnayagc dc Phidon. Fig. 7: vente Classical Numismatic
Group, 72, 14 juin 2006, n' 661 (12,21 g; © Coinarciiivcs.com). Ce slalere de Thebes
esl dale des annccs ca 363-338 av. J.-C.
4* J.-.I. Barthelemy, « Rechcrchcs sur quelques medailles », Mimoires dc I'Academie
des Inscriptions, 26. p. 542 (cn icalite. p. 543). Cette publication est sans doute cellc
dont il esl fait mention dans une letlre du 13 sept. 1760 de Winckelmann a Barthe-
lemy : « Le P. Pacciaudi m'a fail un present de Votre Explication dc la Mosaique de
Palestrinc ct dc la Letlre touchant les Medailles. J'ai lu 1'une el I'aulrc avee un plaisir
infini et avec beaucoup destruction pour moi » (Rehm, II, n' 374). Sur Barthelemy
et Winckelmann, voir infra.
574
FRANCOIS DR CAI.I.ATAY
[REG, 120
n'aurait-il pas rajoule une note dc son cru, comme il le fait
ailleurs dans lc meme passage ? II semblc qu'il faille privilegier
Fune de ces deux dernieres solutions. Restc que, plus d'un siecle
avant F. Imhoof-Blumcr, qui passe dans les manuels pour avoir
et6 «l'inventeur » de 1'etude des coins. Barthelemy et Winckel-
mann lemoignent des le milieu du xvm1' s. de preoccupations tres
proches par 1'esprit dc cc qui allait constituer lc plus grand apporl
aux etudes numismatiques du xxe s.4'.
Un projet d'ouvrage sur la paleographie des monnaies
Dans une lettre a Bianconi datee de fin mai ou debut juin
1758, Winckelmann ccrit: « Se Dio mi presta la Vita ho destinato
di scrivere una Palaeographia de Medaglie » (Rehm, I, n° 218,
p. 372). Dicu, nous le savons, ne lui accorda qu'une trop breve
existence et cct ouvrage ne parut jamais50. II est d'ailleurs probable
que Winckelmann y avail renonce de lui-mcmc bien avant de
rencontrer son destin a Trieste. Sa correspondance attcste son
engouement, limite au printcmps 1758, pour ce genre de recherchcs
(Rehm, I, nos 207, 212, 218 et 222). II est alors a Naples et tout
indique que ce sont les journees passees a Capo di Monte dans
l'6tude des monnaies grecques (celles-ci sont rares a Rome) qui
nourissent son int6rct. II me parait probable en outre que cetle
subile et ponctuelle volonte doive quelque chose a la publication
fin 1756 d'un petit memoire de l'abbe Jean-Jacques Barthelemy
intitule «Essai d'une paleographie numismalique L'abbe
Barthelemy (20 jan. 1716-30 avr. 1795), de deux ans 1'aine de
av Voir E dc ( "allatay, an. cir. (2007).
50 Dans sa premiere lettre (conserves) a Barthelemy (15 juil. 1760), Winckelmann
evoque brievemenl un autre projet d'ouvrage numismalique : « Pour me dispenser dc
certaincs discussions Critiques qui seraient inevitables, j'ai cnlrepris une Explication
de Medaillcs Grecques des premiers sieeles, ayant cu lc sort d'un de mes amis secon-
dant mes vues ail fait un Rccucil de beaucoup de ses Medaillcs qui sont ou tout a
fait inconnues, comme p. ex. ccllc d'AIIXPIAON, on au moin non publiees » (Rehm,
II, n° 369, p. 93). De ce travail, ties loin en rcalit6 dc la volonte de synthese et tres
prochc dc Pcrudition par mielles que Winckelmann ailleurs vilipende, il ne sera plus
jamais question. L'ami qui scconde ses vues et possede ces unica ou rariosa pourrait
ctrc - ce n'est qu'une supposition - Giovanni Battista Casanova, a qui appartenait
par cxcmplc la tres rare monnaie chypriote, plutot que lc baron Stosch, alors decede
depuis plus dc deux ans (Rehm, IL p. 397: «ist Stosch gemcint ? >•). Voir aussi
Ceschichle. I. 3, 1 = D. Tassel, 2005, p. 198 (sur des monnaies cnigmatiqucs que
Winckelmann a sous les yeux et qui appartiennent a « un artiste romain »).
51 Jean-Jacques Barthelemy, « Essai d'unc Paleographie Numismalique ». Memoires
de Literature, tins des reglstres de I'Academie royale des Inscriptions et Belles-Lettres
depuis Vannee MDCCXLVI1I. jusque <6 compris I'tmnee MDCCLI, 24, 1756. p. 30-4S.
20()7|
WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES
Winckelmann mais combien plus cn cour lors de ces annees, devait
passer a l'epoque pour la plus grande autorite s'agissant des
monnaies grccques. II etait, a tout le moins, le garde du plus
grand mcdaillier, celui du roi Louis XV. II avait fait le voyage
en Italic et avait reside a Naples (ddccmbre 1755-janvier 1756)52,
a peine deux ans avant Winckelmann. II y avait la pour Winc-
kelmann un modele et un rival. Winckelmann, non encore reconnu.
timide et associal, avait vu plusieurs fois Barthelemy, Penvoye du
roi, a Rome (en 1756) dans la bibliolheque du cardinal Passionei,
sans oscr Paborder53. La deference accordee par Winckelmann a
Barthclemy dans sa correspondance54 n'a d'egal que son silence
dans ses publications55. Pour ce que Pon sail, Barthclemy, rentr6
a Paris, comptait sur Winckelmann pour accueillir a Rome Pun
ou Pautre visileurs de marque, comme ce M. Watelet en 1764, et
Winckelmann comptait sur Barthclemy pour diffuser ses ouvrages
a Paris, en particulier ses Monumenti, entrepris a comptc d'au-
teur (Rehm, II. n° 594 et III, nos 804 et 882).
Quoi qu'il en fut des relations entre les deux abbes, la preoc-
cupation paleographique de Winckelmann etait assez neuve pour
l'epoque et offre certains eclairages qui n'ont pas perdu Unite
fraicheur. A Syracuse comme a Corinthe, fait-il observer, on a
52 Jean-Jacques Barthclemy, Voyage en IteMe tie M, I'abbc Barthelemy, 2e ed., Paris,
1802. letlres vi1i-xi el lettre xii (envoyce le 28 jan. 1756 de Rome), p. 70: « La
fin de mon sejour a Naples a etc fori agitee : le president vouloit revenir a Rome :
je n'avois encore ricn vu. Les minces details des medaillcs avoient absorbc une parlie
de mon temps, comme ils l'absorbent presque toujours ».
53 Rehm. ii, n° 374, p. 99: « C'etoit alors quand jc venois a Rome, que j'entrois,
pour ainsi dire au monde comme un enfant nouvellemenl n£ : la longuc solitude de
15 annees m'avoir rendu presque insociable. C'etoit alors. Monsieur, que je Vous ai
vu plusieurs fois chez Mr. le Card. Passionei. qui apres quelque terns me reccvoit
dans sa Confrerie : mais devenu taciturne et Craintif je n'osois Vous aborder. Voila
l'idee de ma vie et de moi-meme ! » el Winckelnninn de signer « Votre Ires humble
tres obcissant et devoue Servit.».
M Voir Rehm, ii, n" 369 (premiere lettre conservee, datee du 13 juil. 1760): «Jc
ne me flattois point d'emporter de ['approbation d'tin Saveur lllustre tel que Vous,
Monsieur, el qui fait honncur a notre sieele, donl l'6loge pent scrvir de Passeporl a
cet Ouvrage parmi tous les gens de leltrcs... 1^; comblc de mes souhaits serail de
voir un jour les Tresors dont Vous ctcs le Garde, mais ina situation ne me pcrmet
pas d'y aspirer ». Voir aussi Rehm, ii, n' 408 (reconimandation d'Ustcri) el n' 594
(presentation de ses Monumenti antkhi el Sollicitation afin que Tabbe Barthelemy cn
fassc la publicite en France, p. 347: « Jc Vous serai redevable du debit que j'en fcrai
en France : car y 6tant rcgardc comme le Chef de la Lelteraturc. tout le monde se
reglera sur Votre sentiment»).
55 Son nom n'apparait nulle part dans le tcxic de la Geschichte ou des Monu-
menti et. ainsi qu'on la vu, il n'est fait reference qu'une seule fois a un de ses travaux
{Monumenti, p. lxiii, n. 1: «Barthelemy reeh. sur quelq. mcdail. dans les mem. de
I'acad. des inscr, T. 26 p. 542 »).
576
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
utilise un koppa (o) a la place d'un kappa sur les premieres
monnaies (Rehm, I, n° 222/V, p. 386). Ailleurs, il note sur des
monnaies de Polemon, roi du Pont, ce qui lui apparait comme
les premiers omegas cursifs (Rehm, I, n° 218, p. 372)56. II lui
arrive surtout d'etre plus prudent que ses devanciers. II releve,
sans se formaliser, des redoublements intempestifs de lettres
(Geschichte, I, 4, 3 = D. Tassel, 2005, p. 366 et Monumenti, p. 220
[III, 2]). 11 observe differenles formes de alphas, sur des monnaies
contemporaines de Caulonia, ce qui, en depit du schema qu'il
s'etait forme, rend difficile l'exploitation de ce critere a des fins
chronologiques (Rehm, I, n° 212: « Ma la linea che spunta fuore
su A fa la differenza e gli da I'aria piu moderna»). D'aillcurs,
ajoute-t-il, il est dangereux de juger de l'epoque d'une monnaie
en fonction de la seule elegance de la legende : ccrtaincs monnaies
des rois parthes presentent une belle legende mais sont d'un
dessin plus que barbare (ibid.). Ailleurs, dans un passage de la
Geschichte, il 6cril: «II est du reste impossible de demontrer,
comme quclqu'un l'affirme sans preuve (J. Reynolds, Hist, Litt.
grace. & lat.), que bicn apres la 50B Olympiade (apres 580 av.
J.-C), le gamma des Grecs ne s'ecrivait plus F, mais C, ce qui
introduirait le doute et la confusion dans l'idee que Ton se faisait
du style ancicn a partir des monnaies. Car on trouve des monnaies
sur lesquelles laditc lettre apparait sous sa forme ancienne et
J'empreinte y est neanmoins d'une cxcellcnte qualite; je peux
ciler, par exemple, une monnaie de la ville de Gela en Sicile, sur
laquelle est ecrit CEAAX, avec un bige et la partie anterieure
d'un minolaure. On peut meme demontrer l'inverse en se fondant
nolammenl sur une monnaie de la ville de Segeste en Sicile avec
un gamma de forme ronde, dont j'espere demontrer dans la
seconde partie de cette Histoire qu'elle fut frappee au cours de
la 134e Olympiade, done bien apres cette epoque » (p. 336 [1,4, 3]).
D'une fa?on generate, nous le constatons, Winckelmann place bien
rargument du style devant. les conjectures que Ton peut se forger
a partir de l'examen de la forme des lettres: « Vouloir juger de
Pelegance seulement des lettres peut induire en erreur » (Rehm.
I, n° 218, p. 372).
i
r' II s'agit dc Polemon II (38-63 apt. J.-C.)-
2007)
winckelmann et les MONNA1ES antiques
577
Conclusion
Johann Joachim Winckelmann, lorsqu'on passe en revue I'en-
semble dc scs ccrits, n'a en effet pas reserve une place impor-
tante aux monnaies antiques57 qui viennent, sous ce rapport, bien
apres les gemmes. Et lorsqu'il y fait reference, e'est d'abord pour
leur appliqucr sa theorie generalc du style. Ainsi, il souligne les
limites de l'argument iconographiquc ; il conteste les vues de son
temps sur cc que Ton croyail pouvoir titer de revolution du relief
ou de la forme des lettres. 11 est done vrai que ses travaux - et
la grandc autorite dont ils auront durablement joui - ont beau-
coup contribue a imposer le critere slylistiquc aupres des numis-
mates du xixe s.
Mais les monnaies antiques, au-dela davoir ete collectionnees
par lui et d'avoir joue le role nefaste que Ton a rappele s'agis-
sant dc son assassinat a Trieste, occupent une place particuliere
dans Fceuvre de Winckelmann qui ne fut sans importance ni pour
lui-meme ni pour la numismatique. Fin observateur de ces petits
monuments metalliques, Winckelmann leur a apporte un eclairage
dont certains aspects, comme la manierc de graver les lcttrcs, ont
garde une part d'actualite. II est tout proche de comparer les
coins monetaires.
Surtout. il y voyait une des formes les plus approchantcs du
beau ideal. En particulier, il a plusicurs fois exprime son cmer-
veillement pour les tetes d'Arethusc gravees a Syracuse a la char-
niere des v° et ivc s. par les grands noms de Kimon et d'Evainele.
II n'est pas douteux, encore que nous manquions d'une etude sur
la reception de ces types a travers les siecles, que l'admiration
forte deja pour ces Arethuses s'en soit trouvee renforc6e.
Francois de Cai.latay.
" Quclquc 20 pages, lout au plus, sur les 750 environ que contiennenl la GttchlchU
ou les Monumenii antichi.
francois de callata¥
[REG, 120
Annexe I
Tableau des references nuniismatiques,
classees selon leurs usages,
dans les ecrits de Johann Joachim Winckelmann
Geschichte Monumenli ittpniti Correspondance
Iconographie 135-6, 173, 174. 194. 198-9, 217, 261, 322, 334-6. 392, 512, 571. 573, 599 XII, XXII, XXIII, XXIV, XLVIII, 3 3, 45, 9, 10, 11, 12, 13, 17. 22. 25, 26, 29, 30, 39. 43, 47, 48, 50, 57, 67, 69, 84, 95, 103 113-4 136 178, 184. 186, 187, 190, 201, 229, 234, 258, 273, 275, 276, 280 218,749,753a
Chronologte - iconographie - paicogr apmc - fabrique - fouillcs 322,334-6,470,474-5 396 lxi, lxii — 203 ZU/, Z1Z, Zlo, ZZZ 222 207, 212
Artistes 160-1, 213, 214,
Style/beautd 272-3, 294, 297. 334-6, 355, 363, 474-5, 511-2. 523, 590 lxi 178, 222, 262, 937
Fabrique/Gravure 160-1, 198-9. 285-6, 396. 534, 590 47, 69 203, 222, 223
Faux xxiii 837
Philologie 150-1, 154-5, 366, 524 lxii, 39, 95, 111, 220-1 207, 212, 218
Decouvertes 150-1 200.280,332.356, 749, 837
Collections 201.211,217.220, 223, 326, 540
Localisation 109-11,218
Monnaics et sculptures 511-2. 541
2007]
WINCK.tI.MANN ET LES MONNAIES ANTIQUES
579
Annexe II
Liste des passages nuniisniatiqucs
dans les ccrits de Johann Joachim Winckelmann
(Geschichte, Monumenti, correspondance)38
1. Geschichte der Kunst das Alterlums, Dresde, 1764.
La Geschichte der Kunst des Alterlums a etc publiee une premiere fois
a Dresde, chez Walther, en 1764. Une seconde edition, preparec du vivanl
de Winckelmann, fut publiee a Vienne en 1776 (avec des ajouls el des
retrails. noiammenl ccux des contrefacons modernes peintes ou dessinees
par Mengs et Casanova)59. Des traductions francaises, plus ou moins eriti-
cables. ont etc donnees des 1766. Tout reeemment est parue une admirable
traduction assuiee par Dominique Tassel el agrementee des commentaires
tres fouillcs de Daniela Gallo : Johann Joachim Winckelmann. tlistoire de
Pari dans I'Antiqiritt, Paris, La Pochotheque. 2005. C'est cllc que nous citons
ci-dessous, avec sa pagination, double dun renvoi a la subdivision (en parties,
chapitres et sections) indiquee par Winckelmann.
1. P. 135-6 (I, 2, 1)
On voit cgalcmenl sur une monnaic de 1 'Tie de Malte deux figures ressemhlanl a
des cherubins, avec cette particularite remarquable qu'elles ont des pieds de boeuf,
ct qui. placees l'une en face de l'autre, deploient leurs ailes du haul des handles
Tune en direction de l'autre.
2. P. 150-1 (I. 2. 1)
II y a quelquc temps est apparue a Rome une nionnaie d'argent, donl une face
representc un aigle volant dans un champ carre en creux: sur l'autre face se trouve
un bceuf avec, au-dessus. un signc sacre eouranl chez les Egypticns. a savoir une boule
avec deux tongues ailes ct des serpents sortant de la boule. Devant les pattes antc-
rieures se trouve un tau egyplien, legerement different du signe courant (ankh). II y
a un foudrc sous le bceuf. Le plus remarquable esi un A grec de la forme la plus
ancienne, que l'on peut voir sur la cuisse arriere gauche du bceuf. Cetle monnaie se
trouve dans la collection de M. Joh. Casanova, pensionne de sa Majesle le roi de
Pologne a Rome, et je la presenle ici sur line gravure. Le lecteur jugcra par lui-
m£mc ; quanl a moi. je donncrai mon avis ailleurs [il ne le fit jamais). An demeu-
ranl. cetle monnaie n'avait encore jamais etC montrce a quieonque [il s'agil d ime
monnaie du roi Onasioikos de Paphos a Chypre (voir vente I-eu, SI, 16 mai 2001.
n° 320). D. GALLO, p. 649. n. 108 : « En realite. l'image de cette monnaie. que Winc-
kelmann avail re<;ue de Dresde grace a Philipp Daniel Lippcrt. parut seulement dans
I'edition viennoisc de la Geschichte der Kunst des Alterlums »].
,s Celte liste est agrementee de commentaires.
59 Sur la question complexe de Winckelmann et la traduction, voir P. Griencr,
theiu/ue de la traduction. Winckelmann, les langues et I'histoire de i'an (1755-1784).
Geneve, 1998 (pour la premiere et decrice traduction en fran^ais par Jean-Baptiste
Robinel en 1766, p. 29-30: pour la rendition augmcntcc mais non amelioriSe de
Friedrieh Justin Riedcl en 1776, p. 38-9).
580
FRANCOIS DE CALLATA Y
[«/v6M20
3. P. 154-5 (I, 2, 2)
Che/. I'ufl comme chez l'autre pcuple, on trouve couramment des divinites ailees,
mais les divinites pheniciennes son! plutot ailees a la facpn egyptienne. e'est-a-dire
avee des ailes sous les hanches, qui dc la ombragenl les figures jusqu'aux pieds, comme
nous lc voyons sur des monnaies dc I'ilc dc Malie possedee par les Carthaginois...
Mais rien ne nous est parvenu des ceuvres d'arl pheniciennes, a Fexceplion de monnaies
carlhaginoises frappees cn Gspagne, a Malic el en Sicile. Parmi les premieres, on Irou-
vera dans le musee du grand-due a Florence dix pieces dc la villc de Valence qui
souliennenl la comparaison avee les plus belles monnaies de la Grandc-Grece. Leurs
monnaies frappees en Sicile sonl si raffinccs qu'elles ne se distinguent des mcilleures
monnaies grecques de eelte sorle que par I'eCriture punique. Quelques-unes en argeni
onl une lele de Proserpine cl, sur l'autre face, une tctc dc cheval avee un palmier;
on trouve sur d'autres un cheval cnticr a c6le d'un palmier,
4. P. 161)-1 (I, 2, 2)
Ce penchant des rois dc Parthie pour les Grecs ct pour leur langue s'elendil aussi
aux artistes grecs, ct les monnaies de ces rois comportant des inscriptions en grcc
onl suremenl ete gravees par des artistes de cette nation. Mais il est probable que
ccs dcrniers onl e"le formes ct instruits sur place, car l'empreintc dc ccs monnaies a
quelque chose d'etranger et, pourrait-on dire, dc barbare.
5. P. 173
II y a meme des chars avee des ailes, mais cela aussi leur ctait conumin avee les
Grecs : sur des monnaies d'EIeusis. Ceres est assise sur un char semblablc, tire par
deux serpents.
6. P. 174 (I, 3, 1)
[... et pour Hercule sur une monnaie dc Naxos. Parmi les deesses, Cybcle ct Pallas
avaienl un foudre, aux dircs de Servius, el on le voit sur les monnaies de Pyrrhus.
[Heracles ne tienl pas un foudre mais une branche de vigne sur les monnaies de
Naxos : D. GAIXO, p. 656, n. 14: « Quant a I'llcrcule au foudre que Winckclmann
aurail vu sur une monnaie dc Naxos, il s'agissait probablcment d un Zeus. Voir
O. Morkholm, 1991, p. 157 et 263, n° 562, pi. XXXVII*].
7. P. 180 (I, 3, 1)
Les ceuvres a relenir sont des figures ct des statues, des bas-reliefs, des pierres
gravees ct des monnaies, enfin des vases cn tcrrc cuite peinls. dont il sera question
dans la troisieme et dcrniere partie de ce chapitrc.
8. P. 194 (1, 3. 1)
Dans les temps les plus anciens, Vulcain ctait represenle sans barbe comme Jupiter
el Esculape, tant sur des pateres et des pierres ctrusques que sur des monnaies
grecques de la ville de Lipari que Ton peul voir dans lc musec du due Noia Caraffa
a Naples, de meme que sur des monnaies et ties lainpes romaincs.
9. P. 198-9 (I, 3, 1)
On trouve parmi les monnaies quelques-unes des ceuvres les plus ancienncs de
Part ctrusquc ct j'en ai deux sous les yeux que possede un artiste romain dans une
colleclion de monnaies grecques d'une grande beaute. Ellcs sont failes d'un alliage
mctalliquc blanchalre et dans un excellent etat de conservation ; unc face represenle
un animal qui semble etre un cerf el l'autre, deux figures en position frontalc qui sc
ressemblent ct tiennent un baion. 11 s'agit vraiscmblablemenl des premiers essais dc
leur arl. Les jambes sont deux lignes qui se lerminent par un point rond designanl
les pieds; le bras gauche, qui ne ticnt rien, est une ligne pen com bee line depuis
1'cpaulc et qui descend presque jusqu'aux pieds: les parties naturcllcs sont un peu
plus courles, alors qu'egalemenl chez les animaux ellcs sont exceplionnellemenl longues
sur les monnaies et les pierres les plus anciennes ; lc visage rcssemble a une lele dc
2007]
WINCKELMANN bt LES MONNAIES ANTIQUES
581
mouche. L'autre monnaie a, sur line face, unc picrre et, sur l'autre, un cheval |D. Gau.O,
2005. p. 661, n. 45: « En fail, ces monnaies ne semblenl pas correspondre a des cxem-
plaircs fitrusques ». En effel, i) ne peut s'agir de monnaies 6trusques. La description
intrigue: elle portcrait a cherchcr du cote des premieres monnaies en clcctrum (« alliage
m6tallique blanchatre ») ou, evenluellemenl meme. du cote des monnaies celtiques].
10. P. 211-2 (I. 3, 3)
A ma connaissancc, aucune ceuvre d'art des Samnites ni des Volsques ne nous est
parvenuc, a l'exception de quclques monnaies, alors que, pour les Campaniens, nous
avons des monnaies et des vases de tcrre pcints.
11. P. 213 (I, 3, 3)
Dans les temps les plus anciens, les Romains firenl appel a des artistes des deux
peuples; Tarquinius Priscus fit venir de Fregella, dans le pays des Volsques, un artiste
du nom de Turrianus. qui fit line statue de Jupiter en tcrre cuite, et la grande ressem-
blanee entre une monnaie de la lamille des Servilius a Rome el une monnaie samnite
a fait supposer que la premiere a 616 frapp^e par des artistes samnites. Une monnaie
tics anciennc d'Anxur, villc des Voslques (aujourd'hui Terracine), a une tr&s belle tete
de Pallas.
12. P. 214 (I, 3, 3)
Ensuite, les Grecs vinrent s'inslaller dans le pays et y inlroduisirenl aussi leurs
arts, comme en temoignent encore aujourd'hui, outre les monnaies grccqucs de Naples,
celles de Cumes, qui sont encore plus aneiennes.
13. P. 217 (I, 3, 3)
Nous savons 6galement que, dans la Gr&ce des premiers temps, un simple vase
etait le prix attribue au vainqueur des jeux, comme le montre un vase figurant sur
certaincs monnaies de la villc de Trallcs ct sur certaines pierres gravies [avec r6f. a
Spanheim, 1, p. 134].
14. P. 261 (I, 4, 2)
... e'est aussi en jcunc hcros qu'il (Mars) figure sur les monnaies ct les pierres gravees.
15. P. 272-3 (I, 4, 2)
Chacun peut se faire une idee de la bcautc supcrieurc des tetes des divinites en
voyanl des monnaies el des pierres gravees ou les copies qu'on en a faites dans les
pays ou n'est jamais parvenue aucune belle ceuvre d'un ciseau grec. On a du mal a
trouvcr un Jupiter en marbre aussi majestueux que celui qui figure sur les monnaies
de Philippe, de Plolemee 1" et de Pyrrhus de Thasos [sic.']; la tete de Proserpine
sur deux monnaies d'argent du mus£e royal Farnfese a Naples surpasse tout ce qu'on
pent imaginer. Le physique des dieux est si g£ni5ralcment determine chez tous les
artistes grecs qu'il semble avoir ete prescrit par une loi: la tete d'un Jupiter sur des
monnaies frappees en Ionie ou par des Grecs doriens est absolumcnt identique a
celle d'un Jupiter des monnaies siciliennes ; les tetes d'ApolIon, de Mercure, de Bacchus,
d'un Liber Pater ou d'un Hercule, jeune ou vieux, sont de la mSme conception sur
les monnaies et les pierres comme sur les statues [la collection Farnese avait appar-
tenu a Fulvio Orsini; D. Gallo, p. 682, n. 52: « Ccs deux dccadrachmcs cn argent
d'Agathoclfc; de Syracuse avaient fail partie du legs de Fulvio Orsini»).
16. P. 285-6 (1, 4, 2)
L'art, qui s'est eleve ici, avec raison, au-dessus de la nature, fit de cette forme
une r&gle quasi-generale, qu'elle observa meme dans les petitcs figures : car dans les
tetes qu'on voit sur les medailles des rneilleures periodes. les yeux sont aussi enfonces
ct I'os orbitaire y a plus de relief que dans les pSriodes ult6rieures; il suffit d'exa-
miner les monnaies d'Alexandre Ic Grand ct de scs successeurs. Dans le metal, on
indiquait certaines ehoses qui furent omises dans le marbre a I'cpoquc de l'art floris-
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
sant. Sur des monnaies anterieures a 1'epoque dc Phidias, la lumiere, ainsi que les
artistes la nomment. ou pruncllc, est clcja indiquee dans les tetes de Geron el d'Hieton
par un point en relief [D. Gallo, p. 687, n. 82: a propos d'Alexandre le Grand :
« Comrae, par exemple, le tetradrachme en argent de Lysimaquc... on Vaureus (sic!)
du mcmc type conserve au cabinet des Medailles: n. 83: attire l'atlention sur I'exis-
tence d'une telle monnaie dans la collection Farnese, leguee par P. Orsini).
17. P. 294 (I, 4. 2)
Et quelle beaute dans le dessin des lions graves sur les monnaies de la ville de
Velia !
18. P. 297 (I, 4, 2)
On voit des chevaux tres bien dessines sur quclqucs monnaies de Syracuse et sur
d'autres monnaies...
19. P. 322 (1, 4, 2)
Sur les figures de la meilleure epoque de I'art, nous trouvons encore le manteau
a plis plats, netlement visibles sur unc Pallas des monnaies d'Alexandre le Grand ;
e'est pourquoi la simple presence de tels plis ne suffit pas a allester le style le plus
ancicn. commc on le deduit eourammenl [en fait, il s'agit de tdtradrachmcs dc Ptolcmec
Sdter au nom d'Alexandre].
20. P. 334-6 (1, 4, 3)
On pent ranger parmi les monnaies les plus ancienncs ccllcs dc quclques villes
de Grande-Grece, en particulier les monnaies dc Sybaris, de Caulonia el de Positlonia
ou Paeslum en Lucanie. Les premieres nc peuvent etre posterieures a la 72" Olyni-
piade, au cours dc laquelle Sybaris fut detruite par les Crotoniates, et la forme des
lettres du nom de cette ville indique une epoque encore plus ancienne. Lc bocuf
figurant sur ces monnaies et le cerf sur les monnaies dc Caulonia sont d'une forme
assez grossierc; sur des monnaies ties anciennes de cette ville, Jupiter de mSme que
le Neptune des monnaies de la ville de Posidonia sont d'un travail bcaucoup plus
beau, mais dans le style generalcment dit ctrusquc. Neptune (lent son trident comrae
une lance, prct a frapper, ct il est nu eomme Jupiter, a ceci pres qu'il a jet6 sur scs
deux bras son vetement ramassS, comme s'il devait lui servir de bouclicr... L'em-
preinte de ces monnaies est creuse sur une face et en relief sur Pautrc, ce qui doit
Stre distingue' du cas des monnaies imperialcs, ou l'empreinte creuse d'une des deux
faces est un detaut, alors que les monnaies anciennes portent visiblemenl l'empreinte
de deux coins differenls, ce que je peux demontrer sur l'exemple de Neptune. Quancl
il est represents en relief, il a une barbe et les cheveux friscs; dans 1'cffigic en ereux,
il est imbcrbe ct scs cheveux sont raides; sur la premiere, le vetement pend a l'avant
du bras et sur I'autre a I'arriere; sur la premiere, un ornement court tout autour du
bord. comme fait de deux cordons ISchcmcnt cntrelaces, alors qu'il ressemble, sur
I'autre, a unc couronnc d'epis; lc trident est en relief sur les deux faces. 11 est du
reste impossible de demontrer, comme quelqu'un l'affirme sans preuve, que bien apres
la 50° Olympiade, le gamma des Grecs rte s'ecrivait plus F, mais C, ce qui introdui-
rait le doute et la confusion dans l'idec que Ton sc faisait du style ancien a partir
des monnaies. Car on trouve des monnaies sur lesquelles ladite letlre apparait sous
sa forme ancienne et l'empreinte y est neanmoins d'une excellente qualitc : je peux
ciler. par exemple, une monnaie de la ville de Gcla cn Sicilc, sur laquelle est eerit
CEAAZ, avee un bigc et la partie anterieure d'un minolaure. On peut meme demon-
trer l'inverse en se fondant notamment sur une monnaie de la ville dc S6gestc en
Sieile avec un gamma de forme ronde, dont j'espere demontrer dans la seconde partie
de cette Histoire qu'clle fut frappec au cours dc la 134" Olympiade, clone bien apres
cette epoque. Que les idees de la beaute ou plutdt le travail plaslique el la quality
d'execution necessaires pour y parvenu n'ont pas ete donnfis aux artistes grecs des
le dfibul de Part comme l'or l'a ete au Pcrou, e'est ce qu'attcstent notamment des
monnaies sicilicnncs, dont la beaute est insurpassable dans les epoques ullerieures. Ce
2007]
W1NCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES
583
jugement m'est inspire par Pexamen de monnaies rarcs de Leontini, de Messinc, dc
Scgcste ot dc Syracuse au irrasee Stosch et on peut voir deux de ces monnaies appar-
tenanl a la derniere ville sur la gravure au debut de cette section. La tSte est une
Proserpine. Sur ces monnaies, le dessin des teles est comme celui de la tete dc Pallas
sur les monnaies atheniennes les plus ancienncs, aucune des parlies n'esl. belle, si bien
que la tSle dans son entier ne Test pas non plus ; les ycux sont ctircs ct aplatis; la
fente de la bouche se releve; le menton est pointg et prive de rarrondi qui en fait
la grace; ct il suffira d'ajouter que les tfites de femmes font presque douter dc leur
sexe. II n'empeche que l'autre face est exquise, tant. pour l'empreinte que pour le
dessin des figures. Mais dc mcme qu'il y a unc grande difference entre le dessin
miniature el le dessin en grand, et qu'on ne peut tirer de Tun des conclusions valant
pour l'autre, de m§me il 6tait plus facile de dessiner une belle figurine d'environ un
pouce qu'unc tete dc la mcmc taillc. La forme de ces tfites, telle que je l'ai dficrile,
a done les caracleres du style egyplien et du style etrusquc, cc qui prouvc que les
figures dc ces trois peuples se ressemblent aux epoques les plus anciennes, comme
je l'ai indique dans les chapitres precedents.
21. P. 355 (I, 4, 3)
Dans la representation de la souffrance, Pextrcmc douleur rcstc enfermee en elle-
meme comme dans le Laocoon et la joie passe comme une brisc legerc qui agite a
peine les fcuillcs sur Ic visage d'une Bacchante sur des monnaies de Pile de Naxos.
L'art philosophait avee les passions, comme Aristotc lc dit dc la raison.
22. P. 363 (I, 4, 3)
L'cspcrancc est trcs souvent representee dans le style le plus ancien, comme sur
une monnaie de l'empereur Philippe I'Ancien...
23. P. 366 (I, 4, 3)
Or cette Iettre se retrouve ailleurs inulilemenl redoublee, comme sur une monnaie
rare en bronze de la ville dc Magnesie, avec 1'inscription MATNHT TXOAMZ au lieu
de nOAK.
24. P. 392 (I, 4, 4)
On pourrait croirc que e'est la tete d'un Ptoldmee Apion, que Pon peut voir sur
des monnaies avec de longucs bouclcs tombantes.
25. P. 3% (I, 4, 4)
Le travail du bronze concerne egalemenl les monnaies dont l'empreinte differc
chez les Grccs scion Page dc l'art. Ellc est peu profonde a I'epoque la plus aneienne
el plus en relief a Papogee de l'art comme aux epoques suivantcs; tantftt d'un travail
applique, tantot d'une execution grandiose. Quant aux monnaies a deux coins, j'en ai
parle plus haut, au debut de la troisicmc section de ce chapitre.
26. P. 470 (II)
La monnaie d'or la plus aneienne qui nous soit restec, que Pon croit etre de
Oyrenc en Afrique, serait aussi de cette epoque selon Pinterpretation qui en est
donnee [reference a un article dc J. Ilardouin]. On dil que e'est Demonax de Mantinee,
regent de Gyrene pendant la minorite de Battos IV, contcmporain de Pisistrate, qui
la fit frapper. Demonax est repr6sent6 deboul, avec un bandeau autour dc la tctc,
duquel partem des rayons, ct une corne de b61ier sur Poreille, landis qu'il lienl une
Victoire dans la main droile et un sceptre dans la gauche. Mais il est plus vraisem-
blable que cette monnaie fut frappee plus lard pour commcmorer Demonax.
27. P. 474-5 (II)
L'art de cette cpoquc est attcste par les monnaies du roi G^lon de Syracuse, et
Pune de ces monnaies en or est aussi Pune des plus antiques que Pon ail aujour-
d'hui dans ce metal. II est impossible de determiner Page des monnaies atheniennes
584
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
Ies plus ancicnncs, mais lc style du travail permel de retuter le P. Hardouin, lorsqu'il
pretend qu'aucune n'a pu Sire frappee avartt le roi Philippe de Maccdoine, ear on
trouve des monnaies dune empreintc vraiment difforme. La plus belle monnaie
d'Athenes que j'ai vuc est cc qu'on apelle un quinarius en or, qui se trouve au musee
royal Fainesc du roi de Sicile, Boze pretend qu'il n'y a aucune monnaie athenienne
en or, ce qu'infirme la monnaie citdc [« quinarius en or » est une expression evidem-
ment fautive pour une monnaie d'Athenes. Les monnaies atheniennes en or sont
aujourd'hui tres rarcs. II ne semble pas que le Museo Archeologico Nazionale de
Naples en posscde un exemplaire, voir D. GallO, 2005, p. 740, n. 24].
28. P. 511-2 (II)
II y a des monnaies de cc prince (Demetrios Poliorcele) et du roi Pyrrhus. dont
Pempreinte est de, toute beaute: sur le revers de la plupart des premieres, figure un
Neptune d'une extreme finesse, tandis que les monnaies de Pyrrhus ont une tete de
Jupiler de la plus noble conception ou une belle tele barbue qui pourrait ctre ccllc
d'un Mars. Certains ont pris lantot Pun, tant&t l'autre pour un portrait de Pyrrhus,
ressemblancc qui a fail donner le m8me nom a une tetc citeo par Fulvius Ursinus,
a moins que ce ne soit la ressemblance avec la tetc d'une grande statue cuirassee
(Mars), qui elait autrefois au palais Massimi et se trouve aujourd'hui au Capitole;
et reciproquement, on se serf de la statue pour juger des monnaies.
29. P. 512 (II)
Pyrrhus est effectivement rcpresente le menton glabre sur ses monnaies, comme
Pignorius Pa deja releve.
30. P 523 (II)
Peu apres l'epoque d'Agathoclcs, la ville de Segeste en Sicile fit frappcr unc
monnaie qui merite quelquc attention, moins pour sa qualjte artistiquc que pour sa
raret6 et sa date. On voit d'un colfi une tSte de femmc, qui rcpresente Egeste, fille
d'l lippotcs de Troie, de laquelle la ville tire son nom. Sur l'autre cdtfi est un chien,
avec trois epis qui signifient la fcrtilite du sol,
31. P. 524 (II)
Les dix-neuf ans mentionncs se trouvent incliques sur la monnaie par ZII5, si nous
separons les elements dc ce chiffre: car Z ou Z signifie sept ct IB douze ; sans sepa-
ration, il faudrait ccriro 10. Je pense que les habitants dc Segeste ont voulu eonserver
sur cctte monnaie le souvenir de l'epoque allant dc leur delivrance jusqu'a la conquete
dc la Sicile, pendant laquelle leur antique liberte leur ful confirmee contre toutc
attente, et qu'ils changcrcnt alors lc nom d'Egeste en celui de Segeste.
32. P. 534 (II)
Les monnaies des succcsscurs de ce roi de Syrie ami des arts attcstcnt leur deca-
dence et une monnaie en argent du roi Philippe, le vingt-troisicmc a partir de Seleucos,
est une prcuvc tangible que Part avail desertc la cour de ccs rois. Tanl la I6te de ce
prince que le Jupiter assis represents sur l'autre face ne donnent pas l'impression
d'avoir ete fails par des Grees. Plus gcneralement, les monnaies de presquc tous les
Seleucides sont plus mal frappces que celles des villes grecques les plus insignifianles,
et celles des rois parthes, donl Pficriture grecque est en partie tres elegante, mani-
feste deja la barbaric du dessin et de Pcmprointe. II ne fait pourtanl aucun doutc
que ces monnaies ont etc faitcs par des maitres grecs, car les rois parthes tenaient
a leur reputation d'amis des Grees el faisaient meme figurcr cc title sur leurs monnaies
[avec ref. a Spanheim, De praesianlia..., I, p. 467].
33. P, 541 (II)
II y a, dans diffcrcnts musees, des teles qui portent le nom de Cesar, inais aucune
n'est absolument idenlique a celle qu'il a sur ses monnaies; aussi le plus eprouve
des connaisseurs en antiquites qu'est I'cminentissime cardinal Alessandro Albani so
demande s'il existe encore de vraies tetes de Cesar.
WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES
34. P. 558-9 (II)
Quelqu'un qui a eu 1'occasion de comparer des monnaics antiques fail rcmarqucr
que les tctcs des empcrcurs figurant sur les monnaies grecques ne peuvenl etre compa-
nies avec les memes teles sur les monnaies romain.es, ce qui laisse supposer que les
bons artistes gfecs etaient alles a Rome. .Ic me souvions d'avoir vu, entre autres, la
monnaie grecque rare avec les teles de Claude et de Pompeia, qui est d'un coin
presque barbare.
35. p. 559-560 (II)
Quant a la Grece, sa Situation cmpira sous 1c regno de Vespasien, puisqu'elle fut
dcclarcc province romaine, et les Athenians perdirent meme le petil privilege qui leur
restail de pouvoir frapper des monnaies sans efligie de I'empereur. Sous Domitien,
les Grecs semblent avoir joui d'unc plus grandc clcmcncc: alors qu'on nc trouve
aucunc monnaie de Corinthe datant du regne de Vespasien et de Titus, il nous en
regie un grand nombre datant de Domitien, y compris de la plus grandc forme.
36. P. 571 (II)
Jc nc peux m'empecher d'evoquer unc monnaie en or d'une grande rarele qui
porte d'un cole la tete de Plotine, femme de Trajan, et de l'autre Matidie, sceur. de
Trajan: on I'a payee plus de cent scudi et ellc se trouve au muscc du college Saint-
Ignace a Rome.
37. P. 573 (II)
La sixieme anncc dc son regno (Hadricn), il entama la serie de ses grands voyages
dans presque toutes les provinces romaines el il y a des monnaies des dix-sept
provinces qu'il parcourul.
38. R 590 (II)
Les monnaies de cet empereur (Commode), tanl pour le dessin que pour le travail,
peuvent etre rangees parmi les plus belles monnaies imperiales: les coins fails pour
quelques-unes d'entrc elles sorrt graves avec unc telle finesse qu'aux picds de la deesse
Rome, qui est assise sur line armure et remet un globe a Commode, On voil en detail
les petites I6les des animaux, donl les peaux servaieut. a faire des chaussures. Mais
le travail en miniature ne permet pas de juger avec certitude des ccuvrcs de grandes
dimensions; celui qui salt faire un petit modclc dc navire n'en est pas apte pour
autant a construirc un vaisseau pouvant affronter une mer demonlee: car bien des
figures passablement dessinees sur les revers des monnaies des empereurs suivants
conduiraient, sinon, a de fausses conclusions concernant I'art en general. Un Achillc
passable, quand on le dessinc en petit, aura Pair d'un Thcrsilc, si la meme main l'exo-
cute en grandeur naturelle. II est meme vraisemblable, quand les revers de monnaies
du 111" siecle sonl d'un travail superieur a celui de la m§mc 6poquc, que l'on s'est
servi de poincons anciens.
39. P. 599
Les experts en monnaie observent qu'apres Gallien on nc frappa plus aucunc
monnaie en Grcce ; mais plus les monnaics dc cctte epoquc sont mediocrcs tant pour
leur titre que pour leur coin, plus on y voit figuree la deesse Moneta; on pense a
la frequence du mot « honneur » dans la bouche de quelqu'un dont on a toule raison
de suspecter l'honneur.
2. Monumenli antichi inedili, Rome, 1767
Les Monument! antichi inediti spiegati ed illustrati furent publies en 1767
a Rome aux frais de Tauteur. Une seconde edition parut, a Rome toujours,
en 1821. Une traduction franeaise fut donnee en 1808-1809: Monumens
inedits de I'antiquile, statues, peintures antiques, pierres grave.es, bas-reliefs de
francois de callatay
[REG, 120
marbre el de terre cuite, expliques par Winckelmann, graves par David... et
par Mile. Sibire, son eleve: tr. de I'italien en francais par A. E Desodoards
Paris, David, 3 vol. Les citations donnees ci-dessous sont tir6es, ainsi que
leur pagination, de Pedition originale de 1767.
Prefazione
P. Xll
... ma forsc anche d'alcune medaglie, ed in ispecie di clue di Marco Aurelio, nelle
quali vedesi scolpita la stessa imagine [tit a Tristan com. hist.].
P. XXII
Quindi in un modaglionc d'Antonino Pio mirasi scolpito I'augure Naevio Che taglia
la cote [ref. a Vaillanl]. ed in un allro dello slesso Imperadore, Orazio Coclite die
trapassa il Tevere a nuoto [ref. a Venuti].
P. XXIII
... e per l'immagine mitologica deesi credere che un tal fatto e stato espresso in
un medaglionc di Faustina confortc d'Antonino Pio [ref. a Venuti)... Ilperche non so
persuadermi che sia lavoro slalo fatto dagli antichi un medaglione non solamenle non
vedulo da me, ma ne tampoco da chi ce ne porge notizia [ret. a Vaillant], nel cui
rovescio dicesi da costuicsscrc stato per una parte ritratto Marco Coriolano alia testa
dell'armata in atto di combattere contro la palria. e per l'altra la madre di lui e la
conforie che gli si sanno incontro co' lor figliuoli.
P. XXIV
II simboio dell'idea di questa qualita vedesi in un rarissimo medaglione della citta
di Filadelfia coniata col ritratto dcll'lmperador Trajano Dccio [ref. a Vaillant], espressa
in trc figure, rapprcscntanti, Puna Ifigcnia, che porta via il simulacra di Diana dal
tempio di questa Dea, il quale parimenle e ivi accennato; le altre due figure sono
Oreste e Pilade; e quest'immagme vicne nclla stessa mcdaglia spicgata per 1'epigrafe
OMONOIA, Concordia, vale a dire uniformita di pensieri e di volere, ed allude al
nome della stessa citta di Filaedlfia, che signifies l'amore tra fratelli e sorelle. Questo
rovescio del suddetto medaglione non e stato finora, per quanto io sappia da veruno
spiegato, ne anche da colui che 1'ha pubblicato.
Trattato preliminare
P. XLVtll
Laonde rimetlo al discernimento del lettore il giudicare, se la Providenza espressa
in una mcdaglia dcll'lmperador Aureolo, la quale sta con le gambc incrocicchiate [ref.
a Tristan], possa parcr che abbia 1'impronta dell'antichita.
P. 1.XI
I monumenti piu antichi dell'arte greca che altrove si trovano fra le medaglie di
diverse citta, come quelle della Magna Grecia, di Sicilia, d'Atene, e di Tebe, nellc
quali se scoprono ancora i principi e 'I noviziato del discgno, ... poiche le prime
medaglie di quelle due citta pare che fiano state coniate piu tardi che quelle di questi
paesi; e con ragtone, essendo questi in que'primi tempi stati motto piu floridi della
Grecia medesima, e per cio piit potcnti nclla cultura dcH'arti. Le figure adunquc
rapprcsentatcci in cotestc medaglie dimoslrano che le idee della bellezza erano, siecome
I'oro al Peru, non proprie e connalurali degli arlefici Greci, i primi de'quali, benche
atti a concepirle, non erano pero ugualmente abili ad esprimerle e a dtsegnarle. Nulla-
dimeno in quelle medaglie benche coniate fra popoli greci rimoti l'uno dall'altro, si
ravvisano le stcssissimc idee quanto allc forme, e le maniere stessissime del disegno ;
di modo che la testa che nelle piu anliche medaglie d'Atene e stata improntata per
quella di Pallade. sembra esser sorella di quella della Proserpina che si vedc nellc
2007|
WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES
587
piu antiche medaglie di Siracusa. L'orbita dcgli acchi nclla testa dell'une e dell'altre
e schiacciala, e la loro diriltura e tiraata in su ; la deelivita del profilo non c punto
awenente, la bocca 6 senza grazia e'l mento e meschino; come quello che or e tirato
in denlro, or e lungo e senza convessita. Le figure delle medaglie di Crolone, di
Sibari, di Posidonia, e d'altre cilia della Magna Grecia coniate in quel noviziato
dcirartc, son talora, come i simulacri degli Egiziani, disegnate con de'eontorni poco
o nienle diversi dalla linea diritta; c questa c la cagione per cui le tengo per piu
anliche di tutle Paltre. Una forma di vollo cosi divisata in queste medaglie e simi-
lissima a quella della slatua d'un antichissima Palladc csistcntc nclla villa dell'Emi-
nentissimo Alessandro Albani, che riporlero al Num. 17. ed a cui, ecccto la testa,
pcrchc la manca. e simi(li)ssimo il torso di'un altra Pallade. esislenle appresso lo scul-
lore sig. Pietro Pacilli.
P. lxii
Dalle medaglie di questi tempi debbesi pero escludere in primo luogo quella col
nomc <l>IAO: dal Bcgero, e dallo Schotto erroneamente attribuita a Fidone, che fece
coniare lc prime medaglie ncll'isola d'Egina, novecent'anni prima dell'era cristiana.
Oltre il mio avvertimento, tin sagacc indagatore di quello genere d'antichila, dalla
forma dello scudo espresso in si fatta mcdaglia. c dal conio medesimo, gia ne ha
mostrato, ch'ell'e di Tebe, e de tempi in cui Parte fioriva [avec renvoi a Barthclcmy,
Recherches sur quetques medailtes, M6moires de I'Academie des Inscriptions, 26, p. 542]:
siccome a medesimi primi tempi non si vuol riferire un'altra medaglia di Cirene in
Affrica. che l'Harduino pretende essere slal coniala da demonace reggente della stessa
citta ; cssendo gia stata dimostrata la falsita di quest'asserzione.
P. 3 (I, 1, 2)
Apollo veniva effigiato col fulmine, in particolare dagli Assiri e dagli Eliopolitani,
ed in una mcdaglia di Tina citta di Acarnania vedesi al suo lalo un fulmine con le
ali; percio slimerei che la testa laureata col fulmine in alcune medaglie Romane sia
Apollo, non Giove disbarbato, come vuole Begero [ref. a Tristan, com. hist., Goltzius
et Bcger] [passage rcpris ct enrichi de la Geschichte, p. 173-4],
P. 4 (I, 1, 2)
Ercole comparisce col fulmine scolpitogli allato in una rara ed antichissima meda-
glia d'argento dell'isola di Nasso [voir Geschichte, p. 174]... Palladc « Ipsa Jovis rapidum
jaculata e nubibus ignem» vedesi cosi in alcune medaglie, fra le quali sc ne trova
ncl musco del sig. Duca Caraffa .Noja a Napoli, una rarissima della citta di Bitonto,
con una civetta da una parte, col fulmine dall'altra [avec rfif. il Pellerin].
P. 5 (I, 1, 3)
Vulcano e effigiato in eta di giovinetlo senza barba, cosi come ncl'tcmpi antichis-
simi furono talora figurati Giove ed Esculapio. Si trova altresi egli disbarbato in
patere, ed in gemme etruschc, in medaglie grcche dell'issola di Lipari esislenti nel
museo del sig. Duca Caraffa Noja a Napoli, ed in medaglie Romane [ref. a Vaillant],
e in lucerne [reprise litterale de la Geschichte. p. 194: «Dans les temps les plus
anciens, Vulcain fitait reprfisenle sans barbe comme Jupiter et Esculape, tant sur des
pateres et des pierrcs etrusques que sur des monnaies grecques de la ville de Lipari
que Ton peul voir dans le muscc du due Noia Caraffa a Naples, de mSme que sur
des monnaies et des lampes romaines »].
P. 9 (I, 2, 1)
Con scettri ornati di aquile sono effigiati Diocleziano e Massiminiano in una
medaglia di Bizanzio, ed in un medaglione in segno deirimperio tra ambedue diviso
[ref. a Harduin, Venut. Num. Vatic. Alb. et Wilde].
P. 10 (I, 2, 2)
... simile in cio a due medaglioni di Probo [avec ref. a Vaillant] [revctu do I'egide].
588
FRANQOIS DE CALLATAY
[REG, 120
P. 11 (I, 2, 3|
... con lo slesso ornalo [ujie fleur] trovasi lo scettro di Giunone in dciversc mcda-
glie [l6L a Goltzius el BegerJ.
P. 12 (1. 2. 4)
... e come tale effigiato in alcunc medaglie della citta di Dralli nclla Lidia. ed in
quelle di Mida. citta della Frigia [reT. a Hardouin]. in cui la figura di queslo liio e
accompagnata da tre cani di caccia [voir la Icttrc a Heyne du 28 dec. 1765]... |sur
Chiron] c tiene negli altigli una lepre nellc medaglie di diverse citta grcclic, partico-
larmenie in quelle di Girgenti c di Locri (ref. a Goltzius].
P. 13 (I, 2, 4)
... e vedesi in una medaglia cosi espresso eon de'cervi e de'eani [ref. a Tristan.
Com. Hist.].
P. 17 (I. 4, 1)
Giove assiso in un'alta scdia posa il piede sinistra sopra un globo, per figurare ii
suo governo di tutto il mondo, ed in modo simile egli 6 espresso nelle medaglie col
prcdicato di PRAEF. ORB. [reT. a Spanlicim] che pud spiegarsi Prael'eclus Orbi: ma
quanto ai marmi, il Giove del prcscntc monumento e Punico che sia stato rinvenuto.
Se poi parliamo di Giove bambino, queslo trovati assiso sopra il globo del mondo
anche in una medaglia di Trajano [reT a Tristan. Com. hist.].
P. 22 (I, 6. 1)
... ma anche la Giunone di Sarno. e quella di Sardi nelle medaglie [ret", a Num. Mus.
Pisan.|, portano un ornamento simile in capo... Quel che sembra inodio in capo di un'
altra deita donnesca in una medaglia [ref. a Spanheim]. fata forsc l'istcsso Iiutetov.
P. 25 (I, 7. 1)
In alcune medaglie deirisola dc Uelos. ed in un bassorilievo posto ncl cliiostro di
S. Paolo fuori le mura, vedesi Diana sopra un carro tirato da due buoi, i quali erano
quelli del Sole ad esso conl'ragrati.
P. 26 (1. 7. 2)
Veggonsi parimcnte espressi degli occhi alia prora in una medaglia di Siracusa [ref.
a Goltzius], cd in un'allra di Demctrio Re di Siria [ret a Goltzius], come allc prorc
in trc medaglie di Pompeo [ref. a llavcrcamp. Num. Reg. Christ.|; in una delle quali
che trovasi incisa Del musco Farnesiano (ref. a Pedrusi], non si c capito che cosa sia
queH'occhio, pcrche egli ha la figura di un ccrchictto con de' raggi atlorno.
P. 29 (I. 7. 4)
Si c crcduto di vedere in una testa che gctta dell'acqua in una medaglia della
citta di Celsa nelle Spagne, accennato fino il liume Ebro |rcf. a Pcllerin].
P. 30 (I, X)
Ncmcsi, o la Dea della giustizia distributiva (secondo Platone messagicra della
giustizia) e figlia della Fortuna. vedesi frequenlemente nelle medaglie \r6S. a Buonar-
roti].
P. 39 (I, 13. 1)
La zappa che ha FAmore in qualche intaglio o camnico, ed in alcune medaglie
d'Albino e di Seltimio Severo [ref. a Vaillant], presa da alcuni antiquari per face
rovesciata. non e da considerarsi come un eapriceio e un mero giuoco dcH'imagina-
zion degli artcfici... Lo Scaligero nota una medaglia deirisola di Scio, ove dalla parte
diritta era figurata una sfinge, e nel rovescio una zappa con l'epigiafe : AAMflPOE-
XIOI, ch'eia forse il nome d'un qualche celebrc atleta di quell'isola, chimaro Lampros,
Non voglio negare pero, che nell'Amore figuralo cosi, non vi possa essere c|ualche
altr'allusione, quale infra le tante e quella deiragricoltore di questo verso di Nonno...
2007]
winckelmann et les monnaiks antiques
P. 43 (1, 15, 3)
Considerate questo marmo comme un monumento publicco, potrebbe riputarsi
immagine simbolica di qualche; vittoria navalc, la quale veclesi simboleggiata nella
Scilla in alcune medaglie di Sesto Porapeo [ref. a un memoire de Le Beau].
P. 47 (I, 17, 2)
La rarissima mcdaglia d'argentd del Re Antigono i. soprannominato Sotere, nel
museo dell'autore, al Num. 41. e Tunica riportata in quest'Opera, non c stata, per
quel chc si sappia, pubblicala. Simile a questa, anche in quanto all'cpigrafc del rovescio,
e la medaglia dell'istessO Re rilerita dal p. Froelich, sebben clla non e del medesimo
eonio. lo la do disegnata con la maggiorc esattezza e nell'istessa grandezza, non tan to
a motive della figurina d'Apollo nel rovescio, quanto in riguardo alia testa dalle parte
diritta. Quesla lesta in delta medaglia, nel citato libra nial disegnata ed incisa, sembra
esser corrosa, perchc i'autorc non ardisce afferire con certezza di quale specie sia la
corona, chc cingela ; gli sembra pero composta di foglie di carina, c percio i'attri-
buisce a Nettuno. Ma egli non avra osservato, chc Ncttuno, nelle sue statue ed in
altre sue immagini. non si trova mai coronato di foglie di canna, le quali non distin-
guono lui, ma le teste dc'Tritoni c d'altri Dei inferior! di mare: Nettuno ha, come
Giove, la chioma legata con una stretla benda. Nella medaglia chc esibisco, la quale
c conservatissima, e d'un conio fuori del folito rilievo, vedesi la corona forinata di
foglie d'ellera ; e potrebbe acccnnatc un Silcno, se con Sileno accordar si potesse
Apollo, c l'idca medesima della testa con altre imagini di questo tutorc di Bacco.
P. 48 (I, 17, 2)
Questa Dca scorgesi in medaglie deU'isola di Qtera [ref. a Goltzius] con un arco
nella mano sinistra: e con una freccia, ed un porno nella destra.
P. 50 (I, 17, 3)
I.'uno e Paltro fiume veggonsi espressi in un medaglione di Gordiano il giovane,
e la figura del Marsia tiene allusivamente una tibia nello mano destra. In alcune
medaglie della cilia d'Apamea la figura di questo fiume tiene una tibia in ciasche-
duna mano [ref. a Pcllcrin]... Apollo che s'impone una corona di Lauro, effigiato cosi
in una medaglia di Tessalonica [ret. a Wilde], sembra alludcre alia vittoria riportata
sopra Marsia nella suddetta contcsa.
P. 57 (i, 19, 1)
Percio veggenddosi nel rovescio delle medaglie di Apollonia, nel cui diritto e effi-
giata la testa di Apollo, espresse trc figurine donnesche, panneggiate e danzanli tntorno
ad un focone che ardc, reputo io probabile ch'esse rappresentino le tre Ore, per 1c
quali nel predetto fuoco e simboleggiato l'irwerno, non le trc Grazie, come dubitando
propone Nonnio |ref. a Goltzius].
P. 67 (I, 21, 3)
Due dardi in mano di Bacco in una medaglia MAPONI'iun, presi per un tirso da
Nonnio, sono allusivi agli cpitcti suddetti [ref. a Goltzius].
P. 69 (i, 22, 1)
... ed alle quali son simili diverse teste che si veggono in alcune medaglie, e che
dal Nonnio [ref. a Goltzius] sono state prese per quelle di Bacco... La testa que vedesi
in una medaglia di Girgenti in Sicilia con u ramo d'ellera chc le circonda la chioma,
e che dallo Spanemio [ref. a Spanhcim] credesi essere il ritratto d'un vincitore ne'
giuochi pubblici della Grecia, sicche egli abbia a stabilirsi che tali vincitori portassero
de' diademi; quesla (esta, dico, mi sembra parimente esser di Leucotca ; e mi sovviene
d'aver veduto la slessa medaglia originale. molto divcrsa dal disegno fattone far dal
Parula senza gusto e senza intendimento: sicche non e maraviglia, se lo Spanemio
che si c attenuto a questo disegno, n'e stato ingannalo, prendendo per testa d'uomo
quella d'una feminina. Per altro nelle stampe delle medaglie suddctte il sesso per lo
piu dalle teste non pud ravvisarsi,
l-'ranqois de callatay
[REG, 120
P. 84 (I. 25. 1)
I] cervo rappresentato in una medaglia di Salonina moglie di Gallieno, con l'epi-
grafc : rVNQNI.CONS.AVG |rcf. a Vaillant] sembra rappresentare il cervo di cui si
tratta [ref. a Tristan com. hist.], e pud somministrare una conghiettura per riconoscer
Giunone in una statua della villa dell'F.minentissimo Alessandro Albani... In virta de'
monumcnti citati sembra piii probabile, chc una Dcita con la veste lunga. con I'asta
ncila destra, e un piccolo quadrupede nell'altra mano, espressa in un meclaglione cli
Antonino Pio. possa riputarsi Giunone col suddetto cervo in mano, anzi che Diana...
P. 95 (I, 25, 5)
Cio ammcsso, si supponga Ercoic in atto di ajnsiderar qucsta pictra, e di mcttcrla
sopra l'ara di Pallade, la quale ha una forma, che torse non s'incontra ne'monumenli
ne greci ne etruschi, essendo similissima ad un' ara accesa in un' antichissima meda-
glia Pcrsiana col carattcrc propria di qucsta nazionc, ncl musco del sig. Francesco
Alfani Napolelano a Roma.
P. 103 (I, 27, 5)
Una sfingc cli qucsta fatta serve d'ornamcnto all'clmo di Pallade in una medaglia
greca d'argento della citta d'Elca nella Lucania, da'Romani delta Velia ; cio che non e.
stato osservato dal Golzio nel pubblicare in istampa la stessa medaglia [ref. a
Goltzius],
P. 109-11 (II, 1, 1)
La stessa iscrizione del nostro intaglio vedesi intorno a un' aquila che posa sur
una clava ncl rovescio d'una medaglia di Pcsccnnio [ref. a Boze]... sicchc una tal
distinzione, potrebbe combinarsi col tipo d'una medaglia di Tiro citta della Fcnicia:
sebbene, non polendosi climoslrare che la medaglia, di cui si tratta, sia di Tiro, pud
dubitarsi, ch! ella sia stata coniata in qualche citta d' Egitto... a Giove Serapide, la
cui testa accompagnata da un' ibis in una medaglia Egizia [ref. a Havercamp, Num.
reg. Christ.].
P. 113-4 (II, 4)
II capello in un epigramma greco e chiamato simbolo de' viandanti, e cosi come
Zelo e Mercurio lo porta Apollinc in alcune medaglie [ref. ft Beger), per dimostrar
l'abito da pastore ch'egli usava quiindo serviva il Re Adtneto...
P. 136 (II, 12, 7)
quindi Filostralo paragona con la lira Punione ch'era fra Vespasiano e Tito, ed in
una medaglia viene in due lire espressa Punione di Ncrva con Trajano da lui adot-
tato [ref. a Tristan Com. hist.]... Ir.oltre la lira era stata attribuita fin'alla Dea della
giovenlu, la quale scorgesi figurala in atto d'appoggiarvisi sopra col gomito sinistro
in un medaglione d'Ostiliano |ref. a Num. mus. Pisan.].
P. 178 (II, 17)
Nella base della eolonna Trajana veggonsi cosi falti elmi de'popoli barbari; sebbene
in alcune medaglie si trova 1'immf.gine di Pallade con un clmo formato nella stessa
manicia [ref. a Beger].
P. 184 (II, 18)
L'osservazione poi fatta dal Vaillant della mancanza di quella mammella in un'Amaz-
zone, improntata nel rovescio d'una medaglia di Gallieno [ref. a Vaillant], ne tampoco
essa merita d'esser attesa, per la picciolezza di tal figura, forse anche corrosa, ed atta
percio a far nascere delle suppisizioni e prendere una cosa per un'altra... Sedotti dalla
stessa prcgiudicata opinionc han creduto alcuni eruditi da una sola mammella talor
veduta a qualche figura, spacciark per un Amazzzone, come ha preteso il Seguino
per quella ch'e' vidde in una medaglia di Smirna [r6i. a Spanheim],
WINCKELMANN ET LBS MONNAIES ANTIQUES
591
P. 186 (II, 19)
Una cli qucstc citta chiamata Cibira (CIBYRA) ivi e figurata da Amazzonc. vantan-
dosi essa probabimente, comme si fa anche delle Smirne [ref. a Boze) e di Mirina,
d'esser stata fondata da uif Amazzone.
P. 187 (II, 19)
sicche pud figurarne il fiume Caislro, come il capo di Sipilo, espresso in alcune
medaglie della cilia di Magnesia (reT. a Hardouin), ne accenna la moniagna vidua...
Teneva poi ella nella mano destra un ramo di mirro, come lo tiene una sua figura
in alcune medaglie [ref. a Goltzius], per alludcrc al nomc suo.
P. 190 (II, 23)
Lo stesso eroe figurato nelle medaglie di I^ocri sua patria, in atto di combattcrc
[ref. a Goltzius), c preso erroneamente da Nonio per un pugile o sia Iottatore...
P. 201 (II, 30)
1 sacrif'ici fatti sotto gli alberi furon considerati come maggiormente grati agli Dei;
quindi fino nelle medaglie [ref. a Tristan Com. last.] vedesi talora espresso qucsto
cullo sotto un albcro. Lc statue di certe Deita, come quelle della Diana del noslro
marmo, furono, siccome anche le are su cui si sarcificava, collocate sotto gli alberi
[ref. a Vaillant].
P. 218 (II, 34)
Si trovano altresi medaglie del Re Fintia [reT a Beger], di cui pero non sappiamo
se no il nome, e pur le medaglie si crede che fieno state coniate in Sicilia,
P. 220-1 (III, 2)
imperciocche si trova, per esempio, in una rara medaglia della cilia di Magnesia
in bronzo la parola IIOAI2 scritta flOAAIX: la citta fondata da Filottete nella l.ucania
trovasi scritta Petilia c Pctillia... II nome del clittatorc Silla vedesi in alcune meda-
glie espresso ora Sulla, ora Sula [ref. a Spanheim).
P. 229 (III, 9, 2)
I Corinti vollcro conscrvarc la costui mcmoria fino ne'monumenti pubblici, quindi
si hanno delle medaglie, infra le quali ve n'e in parlicolare una piccola di bronzo
con l'effigie dell'imperalor Lucio Vero, nel dritto, e con la figura di questo Blosofo,
assise sopra il suo dolio, nel rovescio [ref. a Boze|.
P. 234 (111, 13)
Convien per altro dislinguere i fasci detti laureali da quelli che avevano le corone
d'alloro appose, come vedesi in alcune medaglie [ref. a Spanheim].
P. 258 (IV, 9, 3)
la quale ha conservalo questa memoria nelle sue medaglie, con un corvo posto
sur una cassetta [ref. a Tristan com. hist.].
P. 273 (IV. 15)
Se poi qui questa pertica si vede cosi pendente, com'anche se cosi pendente ell'e
ncll'altra di Paride. in quella che hell palazzo Farncse nc indica la costcllazionc degli
Argonauti, come dissi poc'anzi, e in un medaglione delPImperador Commodo conialo
in Nicomedia [ret. a Num. mus. Pisan.].
P. 275 (IV. 15)
sebbene non vuo' percio astenermi dal dire che il coccodrillo possa essere nella
nostra nave, come nella medaglia della Colom'a Nemausus nella Gallia, un segno
dciriigitto soggiogato [ref. a Vaillant].
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
P. 276 (IV, 15)
tanto piii chc v'c molta relazione con lc navi che si veggono impresse in alcunc
mcdaglie degli stessi due soggelli, M. Antonio, e Cleopatra, e con un limone e una
poppa posli sotto al ritratto di qucsta Kcgina in alcune altre medaglie dell siessso
Triunviro [rcf. a Tristan com. hist.].
P. 280 (IV, 15)
... la torre alia prora vedesi espressa in una mcdaglia d'Auguslo [reX a Havercamp|.
3. Correspondance
On renvoit systematiqucment a la publication et a la numerotation de la
correspondance domiee dans Wallher Rehm (ed.), Johann Joachim Winckel-
mann. Briefe. In Verbindung mil Hans Diepolder herausgegeben von Walrher
Rehm, 4 vol., Berlin, Walter De Gruyter & Co. 1952-1957 (vol. 1, 1952: 1742-
1759; vol. II, 1954: 1759-1763; vol. Ill, 1956: 1764-1768 et vol. IV, 1957:
Dokumeme zur Lebensgeschichte). Quand il etail possible, on a cru utile de
donner la traduction francaisc telle que publiee au xviii'' s.: ne fiit-ce que
pour prendre la mesure de ses imperfections.
31 (sic!) juin 1757 (Rome) 178. Bianconi (Rehm, 1, p. 288)
Lo sludio delle Medaglie non e toccato fin'adesso per conosccrvi lo slile e per
supplire la scala delle notizic chc ci mancano. I sensi de 'Letterati pigliano non so
che di callo e indiffcrcnti a qucllo chc gli offre la Nalura vanno ritracciando il rimoto
c astruso. O sc Ella vedesse la testa di Proserpina in alcune Med. d'arg. di Siracusa !
Che bellezza sovrumana, discesa dal cielo e impossibile a conccpirsi nclla fantasia
moderna. Vi si riconosce la sorgente dclla bellezza, Iddio, e lo spirilo si solleva lino
al Creatore.
17 dtccmbrc 1757 (Rome) 200. Stosch60 (Rehm, I, p. 323)
Vor cinigor Zeit kauft ein junger Mahler von einem Bauer ftir etliche Bajocchi
2 Sicilianische Miinzen mit 2 kopfen die wunderbar und gottlich schorl sind. Dcr cine
ist ein kopf des Hiero von Syrakus, folglich isi die Miinze vor dem Phidias gemacht.
Seit cinciger Zeit habe ich angefangen die Miinzen zu sludiren, aber vornchmlich
in der Absichl, dteselben zur Kennlniss des Stils in dcr Kunft in jeder Zeit zu gebrau-
Chen ; daher hat dcr Cardinal Archinto seit ciniger Zeit viel Anliiufe von mir aus-
stehen miisscn, mir die Gelegenheilen zu einigen eigensinnigen Romischen Prinzon
"' Philipp von Stosch (1691-1757), qui decfida le 6 novembre 1757 a Florence, est
celui qui avail recoramand^ Winckehnann au cardinal Albani. La correspondance poste-
rieure a cette date, et qui a disparu dans lc bombardement de Berlin en 1945, est
adressec it Hemrich Wilhelm Muselius-Stosch (1723-1782), neveu et heritier du premier.
61 Bibliothecaire de I'historien Heinrich von Biinau, au chateau dc Nothnitz, pres
de Dresde, la mSroe ou Winckclmann passa les annces 1748-1754 avartt son depart
pour Rome, Johann Michael Franckc (1717-1775) a laisse son nom dans 1'histoire de
la bibliotheconomie pour avoir mis au point un nouveau systeme de classement. Ami
et parfait contemporain de Winckehnann, il riidigea I'index dc la Gexchichle (voir
M. Miihlner, « "Der erste Bibliothekar, den Dcutschland jc aufzuvveisen halte", Johann
Michael Franckc », Buck und Bibliothek, 52, 2000, p. 240-5).
4 fcv. 1758 (Rome)
201. Franckc*'1 (Rehm, I, p. 324)
WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES
593
zu machcn. und durch dieses ungesliime Suchen hnbe ich erfahren. dass Miinz-Cabinct
dcr Koniginn Christina, welches Havercamp beschrieben, und welches man in Rom,
im Pallasl ties Prinzei) Bracciano. zu schn glaubte, nach Spanien verkaufl worden.
8 fevrier 1758 (Rome) 203. Stosch (Rehm, I, p. 335)
Die bczcichntcn Augen auf Miinzen sind sehr alt und auf den besten giildencn
Miinzcn vom Alexander zu sehen [sur la maniere do rendre les yeux, voir Geschichte,
p. 285-6].
31 mars 1758 (Naples) 207. Bianconi-Rauch (Rehm, I, p. 343)
Das A hat zwar auf den sehr alten silbcrncn Mtinzen dcr Stadt Kaulos [ret. au
cabinel du due de Noia] in Grossgriechcnland, auf welehen nur die eine Zeite, und
zwar hohl gepragt ist, fast eben di Gestall; den auf einigne stehet kavlo; auf andcrn
ist A umgefehrl, KAVAO; auf Miinzen von Metapont in Grossgriechenland ist es eben
so gezogen: META : aber die oben hcrvorhcrgohende Linie machel den Unterschied,
und scheint die ncuc Forme anzuzeigen... Den diese Legend an dem Berge Vesuvius
ist nach dcr Vcrschiittung des Herculanum nicht ode geblieben, sondern bewohnct
wordon: wie aus spatern Miinzen und nahmentlich aus einem Hadrian in Gold, welche
in dem unterirrdisehen Herculanum gefunden sind. zu bewcisen ist [version allemande
de la mSme lettre en italien a Bianconi (voir n" 212: qui ne reprend loulefois pas
la mention de la cite de Metaponte ct la reference a la collection du due de Noia)].
13 inai 1758 (Rome) 211. Bianconi (Rehm, 1, p. 355)
A Napoli mi son txattenuto giornate intiere a Capo di Monte fuor la Citta. Questo
e un Palazzo principialo da S. M. ma lasciato impcrfetto... I libri e i MSS. slanno
aneora ammucchiati. ma i quadri migliori son disposti: la raccolta amplissirna di Meda-
glie Greche ero mio continuo trattenimenlo. e ne ho cavato lumi insigni per fopera
che sto per dargli 1'ultima mano.
13 mai 1758 (Rome) 212. Bianconi (Rehm, i, p. 359)
Io convengo che 1"A abbia quasi l'istessa forma nolle mcdaglie antichissime della
Citta di Caulonia in Magna Grecia : in una sta scrilto KAVLO ; in un'altra coll'A
inverso KAVLO: Ma la linea che spunla fuore su A fa la differenza c gli da I'aria
piu moderna... Imperocche il paese a pie del Monte Vesuvio non c rimasto desolato
dopo la sommersione d'Ercolano. Cio vien provato da Mcdaglie posteriori, e fra l'allre
da un Adriano in oro, cavate dalle ruinc d'Ercolano [« Je conviens que i'A. des plus
anciennes monnaies de la villc do Caulonia, dans la Grande Grece, a presque la
meinc forme : sur l'une de ces medailles, il y a, par exemple, KAVAO; ct sur unc
autre (avec 1'A renverse), KAVAO, dont le jambage qui depasse par lc haut fait la
difference el lui donne un air moins ancicn (nb: plus modeme)... car 1'endroil au
pied du Vesuve n'a etc detruit (en realite, "n'esl pas resle desole'') qu'apres l'attc-
risscmcnt ("sommersione" = l'engloutissement) d'Hcrculanum. Co fait est prouve par
des monnaies poslerieures, particulicremcnt par unc medaille d'or d'Hadrien, qu'on
a trouvee dans les ruincs d'Hcrculanum» (trad.: Recueil de lettres de M. W'inckei-
mann sur les decouvertes faites a Herculanum, a Pompeii, a Stabia, a. Caserte & a
Rome, 1, Paris, 1785, p. 240-1)] [207 et 212 sont deux versions de la mcme lettre
donnee en allemand et en itaEenJ.
20 mai 1758 (Rome) 217. Stosch (Rehm, 1, p. 371)
Meine vornchmste Beschaftigung ist a Capo di Monte, und sonderlich unter den
griechischen Miinzen gewesen. Ich bin unter andern 3 ganze Tage vom Morgcn bis
an den Abend da gewesen, und der P. della Torre lies beshalb die kiiche daselbst
machen.
Fin mai-ilebul juin 1758 218. Bianconi (Rehm, I, p. 372 et 374)
La Medaglia piu antica in cui si trova il scritto oi, quahto ho polulo rintracciare,
e del Re Polcmon di Ponlo in argenlo eoU'epigr. BAClAEroS FIOAEMiaNOS (nel Musco
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
de'Franciscani a s. Bartol. ncll'Isola). Voler giudicare dall'elegahza sola del carattere
puo indurre in orrori. Ho vcduto Medaglie (nel Museo Faucault a Napoli e in quella
delle Regina di Suezia in casa Bracciano) de'R& de'Parti con un carattere elegante
ma d'un disegno e improto pitt chc barbaro. Ma anchc sull'eleganza saiebbero da
stabilirsi certe regole v.g. I punti o globetti aU'estremita delle lettere greche princi-
piano al lempo d'Alessandro Magno e (anno il carattere mcno elegante che non era
prima. Se Dio mi prcsta la Vita ho destinato di scrivere una Palaeographia de Meda-
glie... (p. 374) Un'Ercolc giovane e barbuto si rassomiglia nelle medaglie Greche e
in quelle di Capua e Tiano (nel Museo del Duca di Noja a Napoli) coll'iscrizione
erroneamente stimata Etrusea [inscriptions osques des monnaies de Capouc et de
Teanuni (2 legendes presentees a la suite Tune de l'autre)].
[La plus ancienne medaille, du moins autant que je saclic, sur laquelle se trouve
un to, au lieu d'un £2, est cclle de Polemon, roi de Pont, avee cetle inscription: BA£1-
AEfflZ nOAAEMcoNTOZ. Elle est dans le cabinet des peres Franeiscains, a San Bartho-
lomeo airisola. II est facile de se tromper lorsqu'on ne vcut juger que d'apres l'elegance
des caracteres. J'ai vu dans lc cabinet de Faucaulti a Naples, ainsi que dans le cabinet
dc la rcine de Suede, chez le due de Bracciani a Rome, des medailles des rois de
Pont (sic.'). dont les caracteres sonl d'une grande elegance, mais dont lc dessin ct le
coin sont plus que barbares. A l'^gard de la beautc nicmc des caracteres, on pour-
rail etablir quelques regies : les points ct les boules aux bouts exterieurs des carac-
teres grccs, par cxemple, commencerenl il Sire en usage du temps d'Alexandre le
Grand, et dterent beaucoup de l'elegance que ces caracteres avaicnt cue jusqu'alors.
Je me suis propose d'ecrire unc Palcographic numismatique, si Dieu m'en accorde le
temps... (p. 265) La figure d'un autre Hercule plus jeune el. avec unc barbc plus
fournie, ressemble parfaitement a celle de ce heros qu'on voit sur les medailles
grecques de Capoue et de Teano, qui sont dans lc cabinet du due de Noi'a a Naples.
La medaille de cette dernicre villc portc ccttc inscription (lettres osques) (trad.:
Re.cue.il de lettres de M. Winckelmann sur les decouvertes Suites a Herculanum, a
Pompeii, a Stabia, a, Caserte & a Rome, I, Paris, 1785* p. 245-6 et 265) (traduction a
nouveau fautive ou approximative en maints endroits).
1st derjenige der iiber das Gross-herzogliche MUnz-Cabinet gesesst ist, ein Mcns-
licher Mann und konnle man mil Musse die Munzen dasclbst schen ? Haben Sie oder
finden Sie Nachricbt von dem Miinz-Cabinet von Faucault, welches aus Griechischen
Munzen bestchct und von dem letztcn Herzog in Parma gekauft vvurde ! Ich wtinschle
cine klcinc Nachricht.
Mi-juillet 1758 (Rome) 222/V. Bianconi (Rehm, 1, p. 3S6-7)
I seccatori finiscono sempre con se stesso. Si compiaccia di sentire qualche cosa
di mia fattura. Prcgno che sono della mia opera non posso far a sono di communi-
carle un squarcio a proposilio del raccotnmandalo studio delle Medaglie Parte I.
Cap. I. Sect. I [voir Geschichte, I, 4, 3 = D. TASSEL, 2005, p. 336] intorno alio Stile
avanti di Fidia - Se i Grcci non molto I'Olimpiade L commenciassero di scrivere I'
in vece di C [v. Rcinoldi Hist. Letter. Gr. et Lat. Oxon (queslo Libro e rarissimo.
Non ne sono stampate che 250 Esempl. e una gran parte s'£ affogata nel mare.
Monsigr. Giacomelli ne tiene 1'unico esemplare a Roma...)J. Imperochc una Medaglia
di Gela in Sicilia, (ilinome della Citta c scritto CEAAS) con una biga e la parte
davanti d'un Minotauro. e d'un disegno e conio al pari de'secoli migliori. Una Med.
di Corinlo con una bellissima testa di Pallade e forse piu antica ancora ; il K essendo
scritto J. Si metta in confronto con qucstc, due altrc Med. di Siracusa coniate prima
chc lc Arti florisscro a giudicarne dall'Iscrizione. i;VPAVOXIOM. Una Med. de Posi-
donio o Pesto al Sino di Salerno e d'un conio insigne. Si giudichi della forma dcll'ca-
rallere: TOMESD (questa Med. veramente unica e nel Museo del Duca di Noja a
Napoli). Alcuni (o si puo dire tutti) pretendono che nelle opcre di rilievo il poco
risalto delle figure a guisa delle due opere sopraccennate sia un contrassegno d'An-
tichita rimota a dello Stilo anlichissimo. Ma siccome parecchie Medaglie antichissimc
27 juin 1758 (Rome)
220. Stosch (Rehm, I, p. 380)
2007] WINCKELMANN ET LES MONNAIES AN TIQUES 595
sono d'un conio mollo rilievo, la testa di Palladp. in una Mod. d'Atane (ins. rOMESD)
e di Turjum in Magna Orccia e d'un risalto particolare, aggiunta che il Iregio del
Partenion d'Atene, c del Tempio di Teseo fabbricato poco dopo la battaglia di Mara-
tone [v. Pausan.] e d'un lavoro molto rilievo, non posso conformarmi al lor parere,
E da notarsi chc lc Med. Gr. con teste in faceia o siene aniichissime e del primo
Stile, o sc ineontrano posteriori con tali teste, sono da riputarsi coniatc in parti dclla
Grecia, ove le Arti non hanno preso piede, o non si sono raffinate. Di questa sorle
sono due Med. di Beotia. una di Pconi con una testa galeata feminile e un cavallo
ben coniato ncl rovescio col nomc ATAOAE°NT"£, una di Caria col nome 0ONTO-
riATO. Lc Med. Gr. del Secolo migliore anno teste di profilo, toltone quella colla
faccia del Sole, come sono quelle di Rodos e di Larissa : il Sole cssendo scmprc
rappresentato in faccia per via del significato [BONTOI1ATO = Rhoontopates, dernier
satrapc de Caric avant Parrivee d'Alexandre],
Juillet 1758 (Rome) 223/11. Bianconi (Rehra, -I, p. 388-91)
223/11. Del Museo Reale. a Capo di Monte a Napoli
In questo Palazzo rimaslo imperielto a cagione della guerra di Vclctri e collocata
tutta la Galleria de'Quadri, la Libreria, il Museo dclle Mcdaglie e gl'Intagli e Camei
de'Duchi di Parma. Ma questo Palazzo cssendo situato in un'eminenza che signo-
reggia tutta la Citta si arriva superata la salita erta e scoscesa con un palmo di lingua
fuora e per questo Motivo i Napolitani non sene pigliano tnato fasticlio... La maggior
parte de'Quadri e i migliori sono disposti in 20 gran Stanzioni. Le Medaglie erano
gia mcsc in ordin... Le Medaglie son disposie in 20 gran Tavoloni copcrti d'una stiaccia
o sottil rete di fame. Tulte sono incastrate in bacchcttc di bronzo le quali si voltano
di modo che si pud vedere il diritto c il rovescio. Le ho esaminate, levatane la stiaccia,
giornate intiere, c il buon Padre ci prese gusto notando quello che raggionassimo
insiemc. II Museo e piu amplo di quello che ne da l'idea il libro del P. Pcdrusi (libro
cattivo e sacerrhjio ma stiniatissimo da'Pedanti) il quale non s'c appigliato che alle
Medaglie Romane, per partorire piu presto grossi volumacci, e perche le Romane
danno piu campo a far scorrerie historiehs. II prineipale di questo Museo, almeno al
genio mio, sono le Medgalie Grecche in 5 tavoloni, dellc quali la maggior parte era
il gia famoso Museo di I'aucault (notizia che non si sa a Napoli) comprato dall'
ultimo Duca di Parma. II Card. Noris ne fa menzione nel carteggio col Conte Mezza-
barba e anche Montfaueon Palaeogr. Questa Raccolta e la liberta con cui l'ho maneg-
giala, mi ha dati piu lumi che tant'altri Musci che ho veduti. S. M. ha accresciuto il
Museo colla compra dclle Medaglie dcgl'lmp. Rom. in oro, raccolto dall'Bmin. Ales-
sandro Albano e rcgalate alia Marchesa Grimaldi sua arnica, dopo cui morte per
mezzo d'un Mcrcantc di Livorno c unita colla Farncsiana. ii Rc 1'ha pagata 4050
Ducati Napolitani. Consiste di 143 Med. c la piu rara 6 un Emiliano, s'intende, in oro.
223/IV. Delia rislauruz'one delle statue antiche
E quel punto che significa il forellino e il giro dclla pupilla, che si fece incavan-
doli nel marmo fun fatto gia dal tempo antichissimo da'Greci prima, di Fidia e dopo
nel bel fiorc dcll'Artc, ma in rilievo. Cosi si vede nelle medaglie di Gerone e d'le-
rone di Siracusa come in quelle d'Alessandro etc. il punto e una lincctta intorno in
rilievo.
Lc cabinet dont je veux vous entretenir est celui du roi de Naples a Gapo di
Monte, et la bibliotheque celle de S. Gicvarmi di Carbonara. Le mus6um est place
au palais, lequel, a cause de la guerre, n*a pas etc fini. et qui contient la galerie des
statues, la bibliotheque, et, ce qui surtout ne doit pas Sire oublie, la precieuse collec-
tion de medailles, de pierres gravies el: de camees du due de Parme... Lcs mcdailles
sonl deja mises en ordre... Lcs medailles so:it rangecs sur vingt grandes tables couverles
d'un grillage de fil d'archal tres fin. Ces medailles sonl fixees sur des axes de bronze
qu'on peut tourner a volonte, pour en voir les deux cdtes. Je les ai examinees pendant
des journees entieres, apres qu'on en eul enleve les grillages de fil d'archal. Ce cabinet
est encore plus interessant que ne 1'annonce le livre du pere Perdusi, intitule: Cesari
in oro raccolti, &tc.; fratras horrible, qui neanmoins est fort admire des pedans. I .'edi-
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
teur ne s'est oceupe que ties medailles romaines, a fin de pouvoir publicr de gros
volumes, parce que ces medailles fournissent plus dc matiere a des dissertations histo-
riques. C'cst que cc cabinet eontieht de plus rare el de plus precieux, du mollis a
mon avis, ce sont les medailles giecques, rangees sur cinq tables, dont la plus grandc
partie composait le celebre cabinet Faucaulti, que Ic dernier due de Parme acheta.
Le cardinal Noris en fait mention dans ses Lettres au eomle Mezzabarba, ainsi que
lc pcre Montfaucon dans sa Palaeographia Graeca. La liberty que j'ai eue d'examiner
avec attention tout ce que renferme ce cabinet, nra donne plus de lumicre que toutes
les autrtes collections que j'ai vues. I.e roi a augmentc dc nouvcau cc medailler par
1'achat des medailles des empereurs roinains, que lc cardinal Alexandre Albani avail
rassemblees, et dont il avail fait present au marquis Grimaldi, apres la mort duquel
ellcs furent reunies a la collection Farnese, par 1'entremise d'un negotiant de Livourne.
Le roi en a paye 4 050 ducats napolitains. La collection consists cn cent quarante-
trois medailles; la plus rare dc toutes est un Emilicn en or [trad.: ReCueil de lettres
de M. Winckelmann sur les dicouvertes faites d Herculanum, « Pompeii, A Siabia, a,
Caserte & a Rome, I, Paris, 1785, p. 303-6].
13 janvier 1759 (Florence) 262. Hagedorn62 (Rchm. I, p. 446)
Description de lc collection Stosch
Ich konnte den berilhmteri Meleager anfuhren, welcher in Kupfer gestochen unci
bekannt ist: ein anderer wurde eine Victorie nehmen, die noch schoner ist, als die
aus den schonsten Milnzcn von Syracus, und cin Gewand hat, wie die borghesische
Tanzerinncn : deiser vviirde eine grosse Alalanta in Amethyst nicht nachstehen wollen
(«Je ne mets au nombre de belles pierres que celles qui Ic mcritcnt par la beaute
du dessin et la partie ideale, et il n'est guere possible d'assigner le premier rang
parmi lant de belles choses. ,le pourrais citcr lc beau Meleagre qui a 616 grave et
qui est g6neralcmcnt connu; un autre aurait peut-etre choisi une Vicloire qui est plus
belle encore que celle des belles medailles de Syracuse, dont la draperie rcssemble
a celle des danseuses de Borghese; un troisieme nc voudrait pas qu'une grande
Alafante en amethyste cedat le premier rang a telle autre pierre que ce fut...» (trad.:
Lettres familieres de M. Winckelmann, I, Amsterdam, 1781, p. 191; la traduction, fautive
en plusieurs endroits, fait penser que Winckelmann place cettc Victoirc au-dessus des
plus belles monnaies de Syracuse; le textc dit: « un autre prendrait une Vicloire, qui
est encore plus belle, comme sur les plus belles monnaies de Syracuse, etc.»).
24 juin 1759 (Rome) 280. Bianconi (Rehm, II, p. 8)
... a Hercolano un Sepolcro fornicato a guisa di Cupola; una quantita di Meda-
glie si sono trovati li in una stanza sprofondata fra le quali e un Augusio d'Oro con
una Diana ncl rovescio, di 42 Scudi di peso [L. Tondo, 1978, p. 248, la decouvertc
de cettc piece fut faile a Pompei].
7 juillet 1759 (Rome) 282. Stosch (Rehm, II, p. 10-1)
Das den Alfani belrifft, so entfirne ich mich izo, dass Zie ink miindlich von der
Miinze des Pyrrhus gesprochen haben.
21 novembrc 1759 (Rome) 326. Stosch (Rehm, II, p. 49)
Ich werde Ihnen di Kupfer, so bald ich eine alte Miinze von Syracus aus Ihrc
Cabinet abstechen lassen, vvohl aufbehalten widerum zusenden, und dankc herzlich
fur die Rube die Sie sich beshalb gegeben haben, dicsc Blatter aus einer von andern
Kupfcrn hcrauszusuchen. Ich werde unter die Miinze selzen lassen, wober ich sic
genommen habe.
* Christian Ludig von Hagedorn (1712-1780), historien d'art, poete et collcction-
neur, dirigea l'Academie des Beaux-Arts de Dresde.
2007]
W1NCKELMANN ET LES MONNA1ES ANTIQUES
8 dcccmbre 1759 (Rome) 332. Stosch (Rehm, II, p. 55)
Eino Miinze von Hiero in Gold wird schwerlich in der Well fern. Man glaubel
diejenige Miinze zu finden, die er nach dem Zieg uber die Carthaginenser schlagen
liess und die von seiner Erau Demarati hiczcn.
15 fevrier 1760 (Rome) 356. Bianconi (Rehm, II, p. 81)
Nello scavare i londamenti per la Stalla nella Vigna se trovano molte casse sepol-
crali di travertino e di terracotta senza figura perd, e in due Urne cinerarie s'e trovata
una Colanella c due Qreechini d'oro insicmc con una Mcdaglia di Marco Aurelio.
Quclli tcngo io, c non c gran tempo chc mi c capitate) un frammento insigne d'una
Carniola con una Vittoria in atto di sacrificare un loro di squisilissimo lavoro, col
nome d'Arlefice COAwN.
15 juillet 1760 (Rome) 369. Barthelemy (Rehm, II, p. 93)
Pour me dispenser de certaines discussions Critiques qui seraienl: inevitables, j'ai
enlrepris une Explication de Medailles Grecques des premiers sieclcs, ayant eu le sort
d'un de mes amis secondant mes vucs ait fait un Rccueil dc beaucoup dc scs Medailles
qui sont ou tout a fait inconnucs, commc p. ex. cclle d'AlLXPIAON, ou au moin non
publiccs [lc nom de monetaire AIZXPIAON est atteste et on a conjecture que c'elait
cette variete que designail Winckelmann: Rehm, II, p. 397].
26 jiril. 1760 (Rome) 370. Stosch (Rehm, II, p. 96)
Der Hr. Cardinal grusset Sie hersslich und bittet Sie Begeri Thesaurum Palatinum
fiir ihn aufzusuchen in Engeland Oder Holland und ihm denselben zu schicken. Das
Geld soil Ihnen so gleich ubermachet werden.
13 septembre 1760 (Rome) 374. Barthelemy (Rehm, II, p. 99-100)
L'histoire de l'Art ne pent etre eclairci que par des monumens du premier sieele
de Part deterres dans la Grece meme: nous n'en avons que des Medailles et une ou
deux Pierres gravees... Nous ne pouvons done juger du Stile ancien Grecque par
comparaison avoc ITlctrusquc, appuyes sur quclqucs lumieres que nous fournissent
les Medailles... Le P. Paeciaudi m'a fail un present de Voire Explication de la Mosaique
de Palestrine et de la Lettre touchant les Medailles. J'ai lu l'une et l'autre avec un
plaisir infini et avec beaucoup d'instruction pour moi.
20 fev. 1763 (Rome) 540. Usteri (Rehm, II, p. 292)
Ich kenne die Scha'tze des Konigs in Preussen aus Begeri Thesauro Brandenbur-
gico, il quale ammazza il suo Leltore con un Dialogismo insipido e pedantesco.
22 mars 1763 (Rome) 545. Berg63 (Rehm, II, p. 300)
Wunschlen Sie das konigliche Miinz-Cabinel genau zu sehen, so verlangen Sie vom
mir ein Schreiben an den Herrn Abbe Barthelemy Garde du Cabinet du Roi: Sie
miissensich aber vorher erkundigen, ob cr nicht aufs Land gchct, wic gewtihnlich. Ich
bin zwar versicherl, man wird Ihnen allenthalben mit Hoflichkcit zuvorkommen, aber
ich ware bezierig, auch durch mieh Ihnen niisslich zu seyn.
28 decembre 1765 (Rome) 749. Heyne64 (Rehm, III. p. 143-147)
P. 143-4
Die Catacomben sind eine unerschopstiche Schatzgrube der Werke alter Kunsl,
und was sich von grosscn Mcdaglioni in der Vaticanischcn Bibliothck befindet, so
63 Friedrich Reinhold von Berg (1736-), un jeune noble letlon venu a Rome en
1762, enllamma le cceur de Winckelmann (ils etaient Sges de 26 et 45 ans). Leur
correspondence n'a pas find de faire couler une encre abondante.
64 Christian Gottlob Heyne (1729-1812) succeda a Matthias Gesner a I'universite
de Gotlingen. Philologue et archeologuc, il fut Tun des plus ardents promotcurs de
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG, 120
wohl die Sammlung, welche der Cardinal Carpegna gemachl hat, die von dem Senator
Buonarotti erklart ist, als dicjcnige, welche man dem Hrn. Cardinale Alexander Albani
zu dankcn hat, ist aus gedclachlen unlerirdischen Grusten gcholct. Eben daa ich dieses
schreibe, wurde ich von dem Hrn. Cardinale gcrufen, einer Kopf der Malidia, der
Schwester Tochter dcs Traianus, zu beschen, welcher thm eben dainals aus den Cata-
comben war zugesticket worden [« Les catacombes sont un fond inepuisable d'ou-
vrages anciens de Part; et tout ce qui so trouve en grandes mfidailles dans la
bibliotheque du Vatican, tant celles de la collection que le cardinal Carpegna lui a
leguee, et dont le Senateur Buonarotti a fait la description, que celles que le Cardinal
Alex. Albani lui a donnees, ont 616 trouvees dans ces lieux soutcrrains. Dans le
moment que je vous ecris ceci, le Cardinal me fait appeler pour examiner une tele
de Matidie, fille de la sceur de Trajan, qui venait de lui etre envoytie de ces mfimcs
catacombes » (trad.: Lett res familieres de M. Winckehnann, I, Amsterdam, 1781, p. 165)].
P. 144
Jupiter ist auf Munzen der Stadt Tralles mit drei Jagdhundcn vorgcstcllet. Es hatte
in meinem Versuche der Allegorie dieses seltenen Werks gcdacht werden sollen.
P. 146-7
Ich muss, ehe ich endige, nach Rom zuriick gehen. und eine der seltcnsten Entdec-
kungen in ihrer Art anzeigen, die irgend gemacht sind, und dieses vor wenig Tagen.
Es ist eine Griechische Miinze in Metallc, welche von der Sladl Magnesia am Sipylus
auf den Marcus Cicero gepragt worden. Es isl dieselbe im Agro Romano von einem
I.andmannc gefunden, und wurde von Erde annoch bedeckt, von cinem Kriimer alter
Munzen, welcher aber ein grosser Kenncr in dicsom Gewerbe isl, ftir einem Augustus
in Griechischen Colonien gepriigct. gclauft, weil alle kanserliche Munzen aus Romi-
schen Municipien und Colonien nicht hauffig sind. Eben dafiir kauftc clicsc Miinze
ein hiefiger gelchrtcr Canialdulenser. Mdnch, der R abate Sarti, und dieser entdeckte
untcr dem Kopfe den Namen: M.TYL.K1.; die folgcnden Buchslaben des Namens
Cicero sind nichl deutlich zu lesen. Der Besisser hatte die Miinze, da ich gestern zu
ihm kam, ausscr dem Kloster, zum Abzeichnen gegeben, und ich habc dieselbe also
noch nicht gesehen, werde aber heute meinem gclicbten Prinzen von Mecklenburg
hinfiihren. Unterdessen hat mir cben dcrsclbe Pater zwo Stellen aus des Cicero Bricfen
an seinen Bruder gczciget. die gedachle Sladt Magnesia betreffen, und welche zur
F.rliiuteruiig der Miinze dienen konnen. Diese Miinze ist also die zweyte von ihrer
Art, welche in neuem Zeiten bekannt worden ist; die andere isl in dem Farnesischen
Museo zu Caqpo di Monte, in Ncapcl, und der P. Pedrusi bringet dieselbe bey; man
glaubet aber, die Ruckscitc miisse unriehlig gezeichnet sehn, weil sic verschieden isl
von der unsrigen, als welche eine Traube und ein Wcinblatt vorstellet. Von der Farnes-
chischen Miinze geschiehel Erwahnung aus einem ungedrucklen Briefe des Fiilvius
Ursinus, dem dieselbe gehoretc; und diese Nachricht findet sich in dem, was man
ubeer cine vermcinte Statue des Cicero in dem Museo Capitolino gesaget hat [« Avant
de finir ma lellre, je dois retourner a Rome, pour vous parler d'une des plus curicuses
decouverles qu'on ait faitcs en ce genre, et cela depuis peu de jours. Cest une
mfidaille grccquc dc bronze, battue en Phonneur de Ciccron par la ville de Magnesie
du Sipylc. Elle a cte Irouvie par un laboureur dans I'Agro Romano, et fut achetee,
encore couverle de terre, par un marchand d'anciennes medailles, mais grand connais-
seur dans cetle partie, pour une medaille d'Augusle frappee dans les colonies grecques ;
parce que les medailles ties Empereurs faites dans les colonics et villes municipales
sont fort rares. Cest aussi pour cela que I'acheta le savant Pere Sarti, et eclui-ci
l'antiquite' classiquc en Ailcmagne el le premier a I'eliciter Winckclmann lors de la
parution dc sa Geschichte (voir le livre recent de M. Heidenreich, Christian Gpulob
Ileyne und die Alle Geschichte, Munich, 2006).
2007]
WINCKELMANN ET LES MONNA1ES ANTIQUES
deeouvrit sous la tetc le nom: M. TVL. KI. Les lcttres suivantes du nom de Ciceron
ne son! pas dislincles. Le possesseur avail donne hier, que jc fus pour lc voir, cettc
medaillc pour la dessiner, de sorte que je ne l'ai pas encore vue ; raais j'y conduirai
aujourd'hui mon cher Prince de Mecklenbourg... (''est la seconde medaille de cede
espece qu'on connaisse de noire lemps: l'autre est dans lc Cabinet Farnese a Capo
di Monte a Naples. Le Pere Perdusi la cite ; on croil nfianmoins que le revers en a
e(e mal dessine, parce qu'elle est diffcrcnte dc la ndtrc, oil Ton voil des raisins e(
une leuille de pampre. II est parle dc la medaillc du cabinet Farnese dans utie letlre
manuscrite de Fulvius des Ursins, a qui elle a appartcnuc. et I'on trouve ce passage
dans ce qui a ete dil: dans le Museo Capitolino d'une statue qu'on croit etrc Ciceron »
(trad.: Lettres familieres de M. Winckelmann, I, Amsterdam, 1781, p. 169-70); sur ce
bronze de Magnesie, voir M. Amandry, A. Burnett et P.P. Ru'ou-fiS, Roman Provin-
cial Coinage, I, p. 415 et n° 2448 et W. leschhorn, Lexicon der Aufschrifien auf grig?
clmchen Miinzen. Band I, Vienne, 2002, p. 299.
11 janvier 1766 (Rome) 753a. Knoller65 (Rehm, HI, p. 153)
Sie werden ven dem der lhnen das Bild geordnet wissen, dass wir das Bildniss
dieses beruhmten Romcrs haben : es slehel in dem Buche des Fulvius Ursinus von
Beruhmten Mannern, und ist, wic dicser Scribent versichert, von eiuer Romischen
Miinze genommen. Ich merke dieses urn so vicl mchr an, das cs Salvator Rosa nicht
gewusst hat [a propos d'une monnaie d'Attilius Regulus].
8 avril 1767 (Rome) 837. UsteriM (Rehm, 111, p. 247)
Unter verschiedenen seltenen Dingen die hier zum Borscheine gekommen sind, ist
cine kleinc kupfcrnc Miiiizc merkwiirdig, auf dderen rechlen Seile der Name Viigi-
lius Maro deutlich und lescrlich ist urn den Kopf herum, von welchem aber niehls
als die Spur tibrig ist. Auf der Ruckseite stchct in grosscn Buchstaben F.PO. Diese
Miinze, welche meinem Cardinal zugeschicket worden, ist die cinzigc auf der Welt
und wenn sich der Kopf erhalten halte, wiisslen wir die wahre Gestalt des Virgilius
[«Parmi les differcntes choscs rarcs qui ont paru ici, il y a une petite medaille de
euivre ires curieuse. D'un cote on voit le nom dc Virgilius Maro cn caracteres Ires
lisiblcs autour de la tete de ce poete dont il ne resle que l'indice. Sur le revers sont
les lettres E. P. O. Cettc medaillc, qui a ete envoyee a mon Cardinal, est i'unique
qu'il y ail au monde; el si la tele eut etc bicn conscrvcc, nous aurions eu le veri-
table portrait de Virgile » (trad.: Lettres familieres de M. Winckelmann, II, Amsterdam,
1781, p. 153-4) (il doit s'agir d'une creation moderne)].
Mi-fevrier 1768 (Rome) 937a. Comte Cobenzl (Rehm, III, p. 369-70)
Je ne suis pas pourtanl si zele partisan de Raphael et du Carache, jusqu'a les
placer au throne oil reside la beaule sublime; ce seroit en meme tems degrader les
aneiens: car le premier n'y est pas arrive dans la figure, ou, selon son propre aveu,
dans une leltre qu'on a publiee, il lachoil de I'exprimer, e'est-a-dire, dans sa Gala-
thec, et l'autre est moins mcrveilleux dans des beaut^s leminines, que dans les figures
heroiques d'un age accompli. La Galathee est au dessous de cent jeunes lilies que
je connois, et le :iud meme n'est pas exemt dc critique, laquelle se peul faire avec
raison sur le genoux Irop arlicule et ressenti pour cct age, meme dans un adolescent
dc belle ct fine taillc. Quand je trouve ces deux grands hommes inferieurs aux anciens,
j'entends toujours parlcr principalement de la beaule du visage, ou personne, ni meme
65 Marlui Knoiler (1725-1804), peintrc autrichicn, rcsida a Rome de 1760 a 1765
puis a Milan apres cette date.
"6 Le pere Leonard Usteri, ne et mort <i Zurich (1741-1789), voyagea en Italic,
correspondit avec Rousseau el fonda cntre autres un etablissemenl pour jeunss filles
dt-munies.
6(1(1
FRANCOIS DE CALLATAY
[REG. 120
le Guide, I'dleye des Graces, est arrive^ a cxprimcr cc que la nature a forme de plus
beau, el donl les anciens nous ont laissc des prototypes jusque dans leurs mcdaillcs.
Car qui peul produire des tetcs de nos tableaux comparables a ccllc de Diane dans
une mcdaillc d'argent de Metapont. ville de Grandc-Grece, ou celle de Proserpine
dans des meilailles de Syracuse. La grace n'esl pas inseparable de la beautc. On ne
peut pourlant disputer la gloirc ni a Raphael ni au Carache d'avoir saisi des belles
formes du nud dans la taille svelte de leurs figures et dans la legerete de leur opera-
tion : et e'est cc qu'on souhaiteroit de voir dans ccllc dc Rubens... (p. 370) Je conclus
que Rubens est la gloire de 1'art. de son ccolc. dc son siecle et de lous les sicclcs
a venir; qu'on doit admirer la recondite dc son imagination; qu'il est correct dans
son dessein : qu'il est magnifiquc dans ses draperies, et qu'il doit etre lc grand model
au Clair-Obscur, quoiqu'il y est ideal: mais il me semble qu'il n'avoit pas rendu des
sacrifices aux Dccsscs de la beaut6 (Horae) et aux Graces [Bruxelles, AGR, Secre-
taire d'Etat et de guerre, n" 1248, f" 244-245. Le propos doit faire suite a la lecture
par le comle de Cobenzl dc la Geschichte oil Winckelmann ecrit: «S'ils ne s'eloi-
gnent pas dc leur pays et de leur nature, les Allcmands, les Hollandais et les Fran-
cais sont aussi faciles a reconnailre dans leurs tableaux que les Chinois el les Tarlarcs :
aprcs avoir scjourne plusieurs annees en Italic. Rubens continual! a dessiner ses figures
comme s'il n'avail jamais quitte sa patric », trad. D. Tassel, 2005. p. 9107. Cobenzl
etait entre en contact avee Winckelmann au printemps 1767 pour sc procurer un
exemplaire des Monumcnti anlichi qui venaicnt d'etre publics (Rehm, III, nc 862,
p. 272: « Votrc excellence m'a surpris de I'honneur dc sa Lettre gracieuse et de I'idcc
trop favorable de ce que j'ai public »)].
8 mars 1768 (Bruxelles) 70a. Reponse de Cobenzl (Rehm, IV, p. 109-10)
La peine, que vous prennes de me communiqucr vos Idees eclairees sur la pcin-
ture dans votre lettre sans date me fait prendre la liberie de raisonner avee vous sur
mun heros Rubens... Une fautc, que je luy trouve e'est que ses femmcs sont rare-
menl belles et loujours pesantes: mais je 1'excuse parcc que ses deux femmes el sa
maitrcssc 6toient grasses, et parce qu'a I'agc oil les femmes font le plus d'impression
il a 6t6 on Flandres: Pais ou le beau sexe est coinmunemenl bien nourri, le suis...
[Bruxelles, AGR, Secretaire d'Etal et de guerre, n" 1248, f° 246J.
67 Voir aussi J. J. Winckelmann, Gedanken iiber die Naehahmung der griechischen
Werke in der Mulerey und Bidhaiter-kunsl. 1755, VII. Allegoric. On cite ici la traduc-
tion tircc dc I'ensees sur Vimitation des Ctuvres grecques en peinture. et en sculpture,
trad. L. Cahen-Maurel, Paris, ed. Allia, 2005, p. 64-5 : « Le grand Rubens, sublime
poete, est le plus eminent des grands peintres ii s'fitre aventutc dans des ocuvres d'en-
vergure, sur lc chemin non encore fraye de cetle peinture (i.e. allegorique). Grace a
la main des graveurs les plus habiles, lc monde cntier put decouvrir son o:uvrc
maTtrcsse. la Galerie du Palais du Luxembourg. Depuis Rubens, rien n'a jiu Stic aisd-
ment enlrepris ni acheve dc mcillcur en ce genre que la coupolc dc la bibliolhcque
imp<5rialc a Viennc, pcintc par Daniel Gran el gravee sur cuivrc par Sedelmayeni.
La France se glorifie de l'Apolh<5ose d'Hcrculc pcinte par Le Moine a Versailles, en
reference au cardinal Hercule dc Flcury, comme si elle possedatt la la plus grande
composition au mondc. Mais celle apolheose, comparcSc a la peinture savanle el riche
du pcintre allcmand ('"das deulsche Kiinstlcrs"). n'esl qu'une allegorie Ires commune
et dc courte vue, une manure dc pancgyrique ou les pensees les plus nourrics font
reference aux noms du calcndricr. C'elail le lieu pour faire quelque chose de grand
el il esl etonnani qu'il n'en ait pas etc ainsi. Mais on peut en mcme temps aperce-
voir cc qui aurait fait defaut au peintre pour deifier un ministre, mcme si ce portrait
avail dfl orner le plus beau plafond du chateau royal».
2007] WTNCK ELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 601
Juin 1768 (Trieste) 203a. Pere S, J. de Trieste (Rehm, IV, p. 414)
Lysimachos ct radiantes Daricos. aureorum vim magnam, quibus uempe muneribus
vir doctissimus ab Augusta cumuiaius er.at, osiendere incipeiet, nescius sane in ejus
se incidisse maims, cui aurum novum perinde ac vetus, si aurum modo essct, ingcntcm
cupiditatcm proliccict. Arcangcli, qui maforum gravissimum paupertatem duserat, vias
illico omnes, quibus polirelur thesatiris, pro lacundo suo ingenio rimari.