Winckelmann et les monnaies antiques more

Revue des Études Grecques, 120, juil.-déc. 2007, p. 553-601.

REVUE DES ETUDES GRECQUES PUBLICATION DE ^ASSOCIATION POUR L'ENCOURAGEMENT DES ETUDES GRECQUES (Reconnue etablissement d'utilit£ publique par d6cret du 7 juillet 1869) TOME 120 Public avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique Juillet-Decembre 2007 SOCIETE E>'EDITION « LES BELLES LETTRES » 95, BOULEVARD RASPAIL, 75006 PARIS FRANCE Francois de CALLATAY WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES* RfiSUMfe. - Get article s'interesse aux connaissances ct a l'utilisation que fit Johann Joachim Winckelmann des monnaies antiques, avee ses faiblesses (ses fautes quelquefois) mais aussi ses originalit6s. Contrairement a ce qui a pu etre ecrit, Winckelmann s'est beaucoup inleressc aux monnaies antiques : ne voyait-t-il pas dans la tete d'Arethuse des monnaies de Syracuse un lemoignage d'insurpassable beaute ? Sans surprise, les questions de style et de gravure sont celles qui Pont le plus preoccupe. Abstract. - This paper deals with the knowledge and the use made by Johann Joachim Winckelmann of ancient coins, with his weaknesses (his errors even seldom) but also his novelties. Pace what has sometimes been written, Winckelmann developed a true interest for ancient coins: did he not consider the head of Arelhusa on Syracusan coinage as a model of unsu- perable beauty? It is not surprising if questions of style and engraving are the ones on which he most focused. « Winckelmann n'a consacre a la numismatique que quelques mots, sans rien dire des graveurs eux-memes »'. Ce propos, formule en 1831 par M. Raoul-Rochette dans sa Letlre d M. le Due de * Academic royale de Belgique (Classc des Lettres), Bibliotheque royale de Belgique et Ecote pratique des Haules Etudes. 1 M. Raoul-Rochette, Lettre a M. le Due de Luynes sur les graveurs des monnaies grecques, Paris, 1831, p. 2. Pris plus largement, le passage cvoquc cite deux noms, presentes comme les lumieres pour la question cles graveurs clcs monnaies grecques : Eckhel et Winckelmann. Raoul-Rochette lui-meme avail fait paraitre ties Monumens inedils d'Aniiquile figuree, grecque, etrusque el romaine, dont le titre dit assez la filia- tion voulue avee Winckelmann et Caylus. REG tome 120 (2007/2), 553-601. 554 francois de callatay [REG, 120 Luynes Sur les graveurs des monnaies grecques, rellete une opinion admise, celle d'un interSt secondaire accorde par Johann Joachim Winckelmann (Stendal, 9 dec. 1717-Trieste, 8 juin 1768), «le pere de l'histoire de l'art», a ces petits monuments de metal. Et il est vrai que, pour qui consulte les planches des Monumenti antichi inediti par exemple, les monnaies sont pratiquement inexistantes (une seule illustration, le n° 41). En retour, l'historiographie numis- matique ne le cite tout au plus qu'en passant, ct d'unc facon qui, du reste, ne lui fait pas grand honneur: comme celui qui aura legitime pour longtemps la primaute du critere stylistique, cette mauvaise compagne, avant que 1'etude des coins ne vint enfin au secours du numismate2. Plus courammenl, on l'ignore3. Est-ce a dire que les monnaies antiques4 complerent peu dans l'existcnce du bouillant abbe ? La reponse est non, et cela pour plusieurs raisons. I. Les mbdaiu.es, raison de son assassinat La premiere raison, trivial© et definitive, est que les medailles ont entraine sa mort violente, survenue a cinquante ans, en pleine force de Page. On sait, en effet, que rentrant de Vienne pour Rome et notamment porteur de deux medailles en or donnees en present par Pimperatrice Marie-Thcrese5, Johann Joachim 2 E. Clain-Stefanelli, Numismatics. An ancient science. A survey of its history, Washington, 1965, p. 42. Dans son article consacre a l'histoire dc I'etudc des monnaies grecques entre <:a 1760 et ca 1835, O. M0rkholm no cite qu'une fois Winckelmann, dc fagon vague, comme etant 1'un des promoteurs du retour a la Cirece (« A History Of the Studv of Greek Numismatics », Nordisk Numismatisk Arsskrift, 1979-1980 [1982], p. 5). 3 Ainsi, son nom est-il absent de R. Weil, «Zur Oeschichte des Studiums dcr Numismalik », Zeitschrifi fur Numhinaiik, 19, 1895, p. 245-62. Le soul article speei- lique qui fasse le lien entre Winckelmann et les monnaies est une notice qui repro- duit certains passages de sa corrcspondancc en italien, sans aucun essai dc les organiser ou dc les mettre en perspective avec ses ecrits public's: L. Tonclo, «In margjne alle lettcre di J.J. Winckelmann », Rivista italiana <li Numismatica, 80, 1978, p. 247-50. 4 On pourrait aussi, partant de sa correspondance. mencr une recherche sur le prix dc la vie a Rome vers le milieu du xvin" s. Par exemple cet extrait: «Je commence a regrelter que je ne me suis pourvu a Dresde d'un habit d~cte dc harrccan : j'y pensais. mais je m'en laissois detourner par jc no sais quelle menage qu'il y auroit dc porter un habit de soye: meis un habit de soye coule toujours 25 Scudi et un horamc qui sc remue fort comme moi le dechire en trois mois: el apres tout 25 Scudi sont presque une septieme de ma pension" (Rehm, n" 133, p. 210-1, 6 mars 1756, a Bianconi). 5 L'une porte au droit Peffigie du due dc Liechtenstein et, au revers, un hiero- glyphc accompagnd dc la legende SEMPER CONSTANS (m^claille de. Fr. A. Scbfigs dalee de 1758); l'aulre, au droit, le buste de Fempcrcur dc Francois I" et, au revcrs. 2007] WINCKELMANN ET UBS MONNAIES ANTIQUES Winckelmann se fit assassincr a Trieste le 8 juin 1768, dans sa chambre de VOsteria grande, ou il etait descendu incognito, par Francesco Arcangeli, un brigand, son voisin de palier, vis-a-vis duquel il avait commis rimprudence de montrer son precieux chargement6. Les pieces du proces indiquent que Winckelmann voyageait a ce moment avec 79,5 ducats papaux et 81 ducats imperiaux, lesquels sont comptes dans l'inventaire apres deces pour plus de cinq fois la valeur des deux medailles en or (Pagnini, p. 147-9). Quant au texte compose par le pere jesuite pour la messe de funerailles de Winckelmann, il nous apprcnd (a tort ?) que ce sont des monnaics de Lysimaque et des dariques radices (sic!) qui alimenterent la convoitise (Rehm, IV, 203a: « Lysima- chos et radiantes daricos, aureorum vim magnarn »)\ II. LES MONNAIES ANTIQUES, TEMOIGNAGE INSURPASSABLE DE LA BEAUTE La gloire de Winckelmann demeure d'avoir organise Tensemble des connaissances pour tenter de serrer le concept du beau ideal el de lui avoir fourni un systeme d'interpretation coherent, ce en quoi il s'est eleve en unc fois tres au-dessus de toute tentative precedente. Pour lui, les Modernes, au premier rang desquels il placait Raphael, n'ont pas atteint la suprdme beaute comme les Anciens, en particulier les Grecs. Or il se trouve que, comme cclui de l'imperatrice Marie-Therese. La decouvertc par Cesare Pagnini en 1%4, a la bibliothcquc municipale de Trieste, du dossier complet relatif au proces de I'assassin Francesco Arcangeli (dossier X E 3: « Krirninalfall gegen Francesco Arcangeli wegen Mordes », 150 pages [36 x 22 cm], dont 107 couvertes do l'ecriture de Johann Veil Piechl, greffe auprcs du tribunal de Trieste) a 616 promptement publico: C. Pagnini, Mordakte Winckelmann. Die Originatakten des Kriminaiprozesses gegen den Morder Johann Joachim Winckelmann (Triesr 1768), Berlin, 1965 (ouvrage Ixaduit el commente par H. A. Stoll - pour les mentions dc monnaics, voir p. 19. 26. 28, 42 et, surtout, 149). 6 La mort dramatique de Winckelmann a engendre bien des suppositions et une vaste lilterature. En 1808, le contc Domenico Rosselti commandita Tedification d'un c6notaphe monumental en signe de reparation de la ville de Trieste pour un si grand forfait. 7 J'ignore ce qu'ont pu etre ccs « dariques radices ». A propos des lysimaques en or, il est. permis de conjecturer - sans que cela n'entrame la pre'somplion - que les pieces offertes par Marie-Therese a Winckelmann provicnnenl de la fameuse trou- vaille de la riviere Streiu, faite au xvi" s. (IGCH 670: ca 1540-1545), laquelle aurait compris ca 40000 stateres de Lysimaque et dont il me paratt que le cabinet des medailles de Vienne conserve aujourd'hui quelques pieces qui auront echappc a la refonte generate (il s'agit de lysimaques tres tardifs 6mis au d<Sbul du lcr s. par les cites pontiques dc Callatis, d'lslros et de Tomis). 556 FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 exemple le plus achieve de bcaute dont on chercherait en vain l'cquivalent chez les artistes des derniers siecles. Winckelmann, a plusieurs reprises, designent certaines tetcs de femme sur les monnaies grecques, en particulier de Syracuse. 11 1'ecrit dans une lettre au corate de Cobenzl, ministre pleni- potenliairc dc I'imperatrice Marie-Therese dans les Pays-Bas autri- chiens. Cette lettre, non datee (mi-fevrier 1768) el aujourd'hui conservee a Bruxelles, aux Archives generates du Royaume*, est une reponse energique et persistantc de Winckelmann a un ecrit (perdu) du comte de Cobenzl qui entend placer Rubens - son « Hcros Rubens » (Rehm, IV, n° 70a, p. 109) - au firmament des artistes de tous les temps, devanl les Ancicns. «Je ne suis pas pourtant si zele partisan de Raphael et du Carache - ecrit Winc- kelmann (Rehm, 111, n° 937a, p. 369) -, jusqu'a les placer au throne oil reside la beautc sublime ; ce seroit en meme terns degrader les anciens: car le premier n'y est pas arrive dans la figure, oil, selon son propre aveu, dans une lettre qu'on a publicc'1, il tachoit dc Fexprimer, e'est-a-dire, dans sa Galalhce, et Tautre est moins merveilleux dans des beautes feminines. que dans les figures hcroiques d'un age accompli. La Galathec est au dessous de cent jeunes filles que je connois, et le nud meme n'est pas exeml de critique, laquelle se peut faire avec raison sur le genoux trop articulc et ressenti pour cet age, meme dans un adolescent de belle et fine taille. Quand je trouve ces deux grands homines infdrieurs aux anciens, j'entends toujours parler principalement dc la beaule" du visage, oil personne, ni meme le Guide, l'eleve des Graces, est arrive a exprimer ce que la nature a forme dc plus beau, et dont les anciens nous onl laissc des prototypes jusquc dans leurs medailles. Car qui peut produirc des tetes de nos tableaux comparablcs a celle de Diane (cn realite Demeter) dans une medaillc d'argent de Metapont [sic /], ville de Grandc-Grece, ou cellc de Proserpine10 dans des medailles de Syracuse. La grace n'est pas inseparable de la beaute. On ne peut pourtant disputer * Bruxelles, AGR, Secretaire il'Elat el de guerre, n° 1248, f~ 244-245. '' La lettre fut publiee par P. Bellori. Descrizione delle Imii^iiu dipuui da Rafaelk d'UrbinO nelle Camere del Palazzo Aposiolico Vatkano, Rome, 1695. 111 Lidentification dc ccttc tele a longtemps etc discutee. La critique modcrnc n'a pas retcnu 1c nom de Proserpine mais on y a souvenl vu la tetc dc Kore ou de Persephone. Ainsi qu'il a 6\& dtabli recemment. il faut y voir la tctc d'Arelhuse, la nymphe symbolisanl la source d'eau potable sur Pile d'Ortygic, ainsi que l'indique la I4gcn.de APE0OSA sur un tfitradrachme signfi de Kimon ct prescntant une tSte femi- nine vue de trois quarts face entouree de dauphins (voir H. A. Cahn, « Arcthusa Soleira ». dans Essays in honour of Robert Carson and Kenneth Jenkins, Londres, 1993. p. 5-6). 2007] W1NCKELMANN ET LBS MONNAlliS ANTIQUES 557 la gloirc ni a Raphael ni au Carachc d'avoir saisi des belles formes du nud dans la taille svelte dc lcurs figures et dans la legerete de leur operation; et e'est ce qu'on souhaiteroit de voir dans cells de Rubens ». Ainsi done, la meme oil le grand Raphael confesse avoir voulu toucher au beau absolu, Winckelmann lui prefcre une production antique, a savoir une monnaie dc Syra- cuse. Winckelmann accorde bien des meriles a Rubens mais pas celu: d'avoir veille a la beaute de ses modeles : « Je conclus que Rubens est la gloire de l'art, de son ccole, de son siecle et de tous les siecles a venir; qu'on doit admirer la recondite de son imagina- tion ; qu'il est correct dans son dessein ; qu'il est magnifique dans ses draperies, et qu'il doit etre le grand model au Clair-Obscur. quoiqu'il y est ideal: mais il me semble qu'il n'avoit pas rendu des sacrifices aux Deesses de la beaute (Horae) et aux Graces » {ibid., p. 370). La reponse du comte dc Cobcnzl, tout a la defense de Rubens, est irresistible (Bruxelles, 8 mars 1768 = Rehm, IV. n° 70a, p. 110)": «J'aurais de la vanite" a luy pouvoir gagner votre suffrage ; une faute, que je luy trouve e'est que ses femmes sont rarement belles et toujours pesantes; mais je l'excusc parcc que ses deux femmes et sa maTtresse etoient grasses, et parce qu'a l'age oil les femmes font le plus d'impression il a ete en Flandres : Pais ou le beau sexc est communement bien nourri. Je suis &tc. ». Pour revenir aux monnaies, une lettrc adressee a Lodovico Bianconi'-, datee du 31 juin {sic!) 1757, professait deja cette predilection pour les tetes de Syracuse (Rehm, I, n° 178, p. 288): 11 Bruxelles. AGR, Secretaire d'Etat el de guerre, n° 1248, f° 246. 12 Giovanni Lodovico Bianconi (1717-1781). n<5 a Bologne, se mit au service du marquis Filippo llcrcolani (Bologne) el <le la cour dc Saxe. II contribua a enrichir le musee a Dresde. en tant que ministre de Saxe auprcs du Saint-Siege. Trenle-lrois lettres de Winckelmann a Lodovico Bianconi furent decouvcrtcs cn 1872 dans les archives familialcs Bianconi a Bologne, a la suite d'une requete de Theodor Mommscn (1817-1903) et de Carl Justi (1832-1912) (Rehm. [, p. 483). Sur les ecrits de Bianconi, voir Scrini ledeschi. Bologne, 1998. 449 p. (ed. par G. Pcrini avec une poslface de G. Cusatelli). Sur Bianconi et Winckelmann, voir J. Heyman, « Gian Lodovico Bian- coni und Johann Joachim Winckelmann : Anmcrkungcn zur Entslehung des klassi- schen deulschen Ilalienbildcs», dans K. Heitmann (ed.), Deutsches ItaUenbild unci iialienisches Deuischlandbild im 18. Jahrhuadert, Tubingen, 1993, p. 49-59 et L. Agazzi, « Bianconi c Winckelmann : il complesso incontro tra Barocco e Neoclassico ». dans E La Manna (ed.), Commerciurn: Saimbi cultural! ilalo-tedeschi ml XVlll secolo = Beulsch-Halienischer Kulturaustausch im IS. Jahrhunden, Florence. 2000, p. 203-214. Sur Bianconi. voir encore G. Cantarutti, « "Noi Sassoni" : Gian Lodovico Bianconi; Italiener in Elbflorcnz. Siichsischer Ministerresident in Rom », dans B. Marx (ed.). Elbflorenz : llutienische Priisenz in Dresden 16.-1'). Jahrhunden. Dresde. 2000, p. 243-268. 558 FRANCOIS DF. CALLATAY [REG, 120 Fig. ). « O sc Ella vedesse la lesta di Proserpina in alcune Med. d'arg. di Siracusa ! Che bellezza sovrumana, discesa dal cielo e impos- sibile a concepirsi nella fantasia moderna. Vi si riconosce la sorgente della bellezza, Iddio, c lo spirito si solleva fino al Crea- (ore» (fig. I)13. D'autres passages de sa correspondence profcssent la memo admiration. Dans une lettrc au baron Philipp von Stosch, il evoque deux monnaies sicilicnnes avec des tetes «die wunderbar und gdttlich schon sind » (Rehm, I, n° 200, p. 323 - 17 dec. 1757). Plus, tard, tentant dc definir quelle pourrait etre la plus belle pierre gravee de la collection du baron Stosch precisement, il ecrit qu'un autre choisirait une Victoire. qui est encore plus belle (que le Meleagre evoque auparavant), « comnic sur les plus belles monnaies de Syracuse » (Rehm, I, n° 262, p. 446 - 13 jan. 1759). Dans la Geschichte aussi, il dit a deux reprises son admiration : « la tete de Proserpine sur deux monnaies d'argent du musee royal Farnesc a Naples surpasse tout ce qu'on peut imaginer» (I, 4, 2 = D. Tassel, 2005, p. 272) et «certaines monnaies sici- liennes qui aux cpoques ulterieures l'cmportent en beautc sur 13 Le coin dc revers illustrl provienl: du diScadrachme passl en vente chcz LHS Numlsffiatik AG, 95, 25 Oct. 2005, n" 525 (43,21 g; © Coinarcliives.com). Ce deca- drachme, non sign6 mais altribuc a Kimon (ca 404-400 av. J.-C), etait - semble-l-il - davanlage admire a l'cpoque que ceux au nom d'livainele. 2007) WINCKELMANN ET LES MONNAIKS ANTIQUES 559 Fig. 2. tout le reste » (I, 4, 3 = D. Tassel, 2005, p. 335)". C'esl une telle monnaie de Syracuse que Winckelmann illustre sur la page de litre de son Abhandlimg von der Fdhigkeit der Empfindung des Schdnen in der Kunst (Dresde, 1763, fig. 2). Les tetes d'Arethuse (« Proserpine ») sur les monnaies de Syra- cuse font l'objel, chez Winckelmann, d'une admiration superlative qui ne se rencontre pas memc comme telle pour l'Apollon du Belvedere, sa statue preferee15. Ce n'est pas le corps de I'homme mais la tete de la femme qui se trouve ici place au plus pres du beau ideal par celui qui est aussi devenu aujourd'hui - parce que quclques lettres de sa correspondace en temoignenl - une icone historiquc de l'homosexualitd. En retour, il est certain que la fascination generalisee chez les numismates portcc aux Arethuses de Syracuse, tclles que gravees cntre autres par Kimon ou Evainete, doit bcaucoup au statut trcs special que leur fit Winckelmann. IJ «... bezeugen sonderlich sizilianischc MUnzen, wclche in folgenden Zeiten allc andern an Schonheii Ubertroffen ». 15 Voir D. Gallo, 2005, p. 552-6, 680-1 (n. 44) et 752 (n. 117). Hn particulier: « La slalue de l'Apollon est le plus haul ideal dc Tart parmi toules les oeuvres antiques qui ont dchappe a la destruction » (p. 554). 560 l-'RANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 III. L'gRUPITION NUKISMATIQUE DE WlNCKEI.MANN Davantage encore que dans la Geschichte^ on dans la Descrip- tion des pierres gravees du feu baron de StQSchP, Winckelmann fail preuve de son erudition dans ses Monumenti antichi inediti, pour lesquels il fournil unc liste des ouvrages utilises (p. 287-90)"*. Le palmares des auleurs les plus cites pour leurs travaux numis- matiques reserve quelques surprises : Tableau des references numisniatiqucs citees dans les Monumenti antichi Hubert Goltzius (1526-1583) Jean Tristan de Saint-Amant (1595-1656) Jean loy-Vaillant (1632-1706) 84, 184. 201 et 275 Ezechiel Spanheim (1629-1710) Loren/. Beger (1653-1705) Jean Hardouin (1646-1729) Claude Gros de Boze (1680-1753) Sigesbertus Havercamp (1683-1742) Alberto Mazzoleni (1696-?) Joseph Pellerin (1684-1782) etc. 11 P- 3. 11, 12. 26. 48, 57. 67. 69, 103, 187 et 190 11 P- xn, xi.vm, 3. 13.14, 17. 84. 136, 201. 258 et 276 9 P- xxii, xxm, xxiv, 5, 10, 39, 8 P- 5, 6, 17, 22, 69, 184, 221 et 234 6 P- lxii, 3. 11, 113, 178 et 218 4 P- i-xii, 9. 12 et 187 3 P- 109, 186 et 229 3 P- 26. Hi el 280 3 P- 22, 136 et 273 3 P- 4. 29 et 50 Hubert Goltzius vient en tete. II est aussi - et de loin - I'au- teur le plus ancien repris ici puisque la publication de ses travaux precede de deux siecles celle des Monumenti antichi™. Cette situa- tion alteste le prestige et le rayonnement des travaux, pliisieurs 16 Voir, pour la Geschichte. I'index dc I'cdition originale s.v. « Miinzenw et la « l.istc des livres cites » donnec par D. Galb, 2005. p. 767-805. S'agissant d'ouvrages traitant specil'iquemcnt des monnaies ancienncs, on ne releve guerc que les noms de |.-X Barthe- lemy, L. Beger, G. Du Choul ct J. Foy-Vaillanl. 17 J.-J. Winckelmann. Description des pierres gravees du feu baron de Stosch. Florence, Chez Andre1 Bonducci, 1755. L'OUvrage ne manque pas de references numismatiques (ainsi p. 320: deux references a Goltzius, une a Beger) mais praliqucmcnt toutes rela- tives ii la seule iconographie. ls La concordance n'esl pas parfahc cntre cette liste el les ouvrages vraimcnt cites. Ainsi. la liste indique-l-elle les Imperatontm Romanorum Numismata (Strasbourg, 1671) de Charles Patin (1633-1693) ou l'« Essai d'une palcographie numismatiquc » dc Jean- Jacques Barthelemy. qui ne sont cites nulle part dans le lexte alors que l'ouvrage de Jean Trislan, « Tristan com. hist. », si souvcm mcntionnes dans le texte, n"est pas repris dans la liste. " tin revanche, les classiques du xvt' s.. surtout italiens, manquent. 2007] W1NCKELMANN ET LES MONNAIKS ANTIQUES 561 fois reimprimes. tie Goltzius ; on sait aussi que ceux-ci ont souvent prete le flan a la critique ulterieure, a l'invcrse des ecrits d'An- tonio Agustin (J516-1586), plus erudit, c'est-a-dire meilleur philo- logue, mais absent de cet horizon. Autant de fois cite que Goltzius figure un ouvrage - alors egalemcnl ancien (1644), tombc tlans un profond oubli aujourd'hui et dont le recours frequent par Winckelmann suscitc rctonnemenl - celui redigc par Jean Tristan de Saint-Amant, Commentaires Historiques contenans I'Uistoire generate des Empereurs, Imperatrices, Caesars, el Tyrans de {'Em- pire romain. Illustree, enrichie, & augmentee par les Inscriptions & Enigmes de treize a quatorze cens Medailles, tant Grecques que Latines, & d'aulres tres-rares & Ires-riches Monumens de I'Anli- quiti, 3 vol., Paris, 1644 [2e ed. en 1657]). Passes ces deux noms, les renvois de Winckelmann portent d'abord sur des ecrits rccenls, c'est-a-dire publies a la fin du xvnc s. ou au xvmc s. On trouve des traites consacres, comme ceux de Jean Foy-Vaillant ct d'Eze- chiel Spanheim (mais pas ceux de Jobert ou de Patin), ainsi que des communications, comme celles faites par Claude Gros de Bozc a r Academic des Inscriptions et Belles-Letlres. Quant a Lorenz Beger, quelqucfois presente aujourd'hui comme le « pre-Winckel- mann allemand », il est bien present encore que jamais vraiment a son avantage (il est meme crcinte dans une lettre)2". L'cnscmblc de cet apparat critique, qui mentionne encore bien des noms de facon cpisodique, est imposant. Toutcfois, avouons-le : il ne s'agit pas de la bibliothcque ideale telle que nous croyons nous en faire une idee aujourd'hui et telle cu'on eut pu l'esperer de la part d'un erudit dont les fonctions devaient facilitcr l'acces ou le sejour dans les mcillcures bibliotheques romaines, a commencer par celles du cardinal Passionei ou du pere Corsini (voir, entre autres Rehm, T, n° 131). Bien entendu, le specialistc a beau jeu de denoncer a posteriori les carences21 et les disparites22 d'une telle erudition. II 20 Rchm, II. n" 540, p. 292: « Ich kcnnc die Schiilze des Konigs in Prcussen au; Begeri Thcsauio Brandenburgico, il quale amma7^a il suo l^Uore con un Dialogismo insipido e pedantcsco » (ailleurs encore dans sa conespondance en allemand. Winckel- mann cxprime scs rosseries en italicn). 21 Comme le deinonlre sa conespondance. Winckelmann n*a pratiquement rien neglige dans ses lectures. II ne s'agil pas de lui faire le faux proces de croire qu'il ignorait toul ce qu'il n'a pas cite. Winckelmann, comme lout autcur, cite (par ex. Beger, pour s'en distancer) ou ne cite pas (par ex. Barthelemy, qui lui fail de 1'ombre) pour des raisons. aussi. de strategic personnclle. 22 Ainsi Winckelmann fait-il une belle place au pere llardouin, dont les elucubra- tions son I restees lameuses, mais ne cite qu"une seule fois (p. 47) Erasmus Frolich (1700-1758): inversement. on est surpris de voir cite a plusieurs reprises un ouvrage oublie comme A. Mazzoleni, In numisniala aerca selecliora maximi moduli e Musco Pisano olim Corrario commentur'ti. Venise, 1740-1744 (folio: 92 pi. gravees). 562 FRANCOIS DE CALLATAY \R£G, 120 n'empeche : Winckelmann a asscz de lectures et bicn trop d'es- prit pour se priver du plaisir de moucher quantite de plumes passees ou vivanles. En bretteur decide, il reserve dans ses Monu- menti un index, plus long d'ailleurs que celui des ouvrages cites, aux auteurs corriges et expliques ou chacun se voit rappele les raisons de ses fautes (p. 291-7: Indice II. degli autori corretti e spiegati in quest'opera). Au dela des livrcs, Winckelmann a lui-meme eludie un large materiel, a Naples surtout, mais aussi a Florence el a Rome, a propos duqucl il a du prendre des notes precises23. A Naples, lore de son sejour au printemps 1758, il s'est plonge durant des jours, du matin jusqu'au soir, avec le pere della Torre a la cuisine, dans l'etude des collections royales conservees au palais de Capo di Monte (Rchm, I, n° 211 [Bianconi], p. 355 et n° 217 [Stosch], p. 371). Les monnaies grecques, surtout, eurent sa favcur et lui apporterent des « lumieres insigncs » pour l'ou- vrage auquel il donnait la derniere main (Rchm, I, n° 223, p. 389). Winckelmann a d'ailleurs laisse unc description de cette collec- tion dans unc lettre de juillet 1758 adressee a L. Bianconi (Rehm, 1, n° 223, p. 388-91): « Les medaillcs sont rangees sur vingt grandes tables couverles d'un grillage de fil d'archal (de lailon) tres fin. Ces medailles sont fixees sur des axes de bronze qu'on peut tourner a volonte, pour en voir les deux cotes. Je les ai exami- nees pendant des journees enticrcs, apres qu'on en cut enleve les grillages de fil d'archal. Cc cabinet est encore plus interessant que ne I'annonce le livrc du pere Pedrusi, intitule : Cesari in oro raccolti, &tc.; l'atras horrible, qui neanmoins est fort admire des pedans. L'cditeur ne s'est occupe que des medaillcs romaines afin de pouvoir publier de gros volumes, parce que ces medailles four- nissent plus de matiere a des dissertations historiques. C'est que ce cabinet contient de plus rare et de plus prccieux, du moins a mon avis, ce sont les medailles grecques, rangees sur cinq tables, dont la plus grande partie composait le celebre cabinet Faucault, que le dernier due de Parme achcta. Le cardinal Noris en fait mention dans ses Lettres au comte Mczzabarba, ainsi que le pere Montfaucon dans sa Palaeographia Graeca. La liberie que j'ai eue d'examiner avec attention tout cc que renferme ce cabinet, m'a 23 On accordcra aussi volontiers a Winckelmann unc excellenle miimoirc visuellc. Ainsi, dans les Monumenii, il se souvienl avoir vu la meme monnaie que ccllc publiee par Spanheim mais dans un autre (Stat ct d'un autre dessin (I, 22, 1, p. 69: «e mi sovvienc d'aver veduto la stcssa raedaglia originale, molto diversa dal disegno fatlonc far dal Paruta senza gusto e senza intendimcnlo »). 2007] WINCKELMANN £T LES MONNAIES ANTIQUES 563 donne plus de lumiere que toutes les autres collections que j'ai vues. Le roi a augmente de nouveau cc medailler par 1'achat des medailles des cmpereurs romains, que le cardinal Alexandre Albani avail rassemblees, et dont il avail fait present au marquis Grimaldi, apres la mort duquel elles furent reunies a la collection Farnese, par 1'entremise d'un negotiant de Livourne. Le roi en a paye 4050 ducats napolitains. La collection consiste en cent quarante- trois medailles ; la plus rare de toutes est un Emilicn en or »24. Toujours a Naples, Winckelmann avait visite la collection de Giovanni Battista Carafa, due de Noia (1715-1768), qu'il cite a plusieurs reprises25. A Florence, de septembre 1758 a avril 1759, Winckelmann put examiner la collection de monnaies formccs par feu Philipp von Stosch (1691-1757), alors qu'il preparait le catalogue de ses gemmcs26. Malheureusement, on sait peu de choses de cette collec- tion, a la difference des gemmes plusieurs fois publiees, sinon qu elle devait etrc considerable27. A Rome enfin, oil il reside, Winckelmann a acces a la collec- tion de son employeur et protcctcur, le cardinal Alessandro Albani. mais aussi a toutes les bonnes bibliotheques romaines. A quoi s'ajoulent d'autres collections de monnaies comme, pour se limiter 21 Cette traduction est celle donnee en 1785 dans Recuetl de lettre.s de M. Winc- kelmann sttr les decouvertes fades a lleriulanum, a Pompeii, a Slabia, a Caserte & a Rome. I. Paris. 1785. p. 303-6. 25 Voir Gesihichte, I, 3, 1 = D. Tassel. 2005. p. 194 (monnaies de Lipari); passage rcpris dans les Monument! anticlii, p. 5 (voir aussi p. 4); Rehm. I, n° 207. p. 343 (31 mars 1758. monnaies de Caulonia). n 218. p. 374 (fin mai-debut juin 1758, monnaies de Capoue et de Teamim) et n" 222. p. 386 (mi-juillet 1758. monnaie de Poscidonia). Le mcdaillicr du due de Noia tut achete en 1769 par le roi Ferdinand IV. II fait aujourd'hui partie du Mtisco Archeologico Nazionale de Naples (voir ('. I.. Lyons, <• The Duke of Nota's Classical Antiquities », dans A. J. Clark et J. Gaunt (cd.). Essays in Honor of Dietrich von Bothmer, Amsterdam, 2002, p. 198 ct D. Gallo, 2065, p. 651, n. 13 et 660, n. 39). 26 Voir Geschichte, I, 4, 3 = D. Tassel, 2005, p. 336 (deeadiachnies de Syracuse) et Rehm, II, n" 326, p. 49 (21 nov. 1759, monnaies en bronze de Sicile). 27 Citons ce passage d'une lellie de Jean-Jacques Barthejemy (1716-1795) au comte de Caylus (1692-1765), en date du 23 oclobre 1755: «Nous avons fouilld aussi dans Ic cabinet du baron de Stosch. ,Ie lui ai remis vos souffres qu'il a recus avee plaisir, et votre livrc qu'il a lu avec autanl d'avidite que dc satisfaction : son cabinet est immense: vingt-cinq milks soufres. des estampes, des pierres gravces. des antiques, des medailles. des manuscrils, des cartes dc gcographie, des dessins. II a depouille l'ltalic, et la ticnt encore asservie par ses eorrespondans; il m'a tout montre et ne m'a ricn cede. Je me suis abaissc jusqu'aux prieres; elles ont endurei un ceeur qui nalurelle- ment n'est pas tendrc. J'ai triomphe de la resistance de l'abbc Boule ct de quelques autres brocanteurs; mais je ne triomphe pas du plus puissant de tous. J'cn suis desole sans en etrc abattu » (Voyage en Italic de M. I'abbe BartMtemy, 2° 6d.. Paris, 1802. p. 26). 564 FRANCOIS Dh CAI.LATAY [REG. 120 a celles dument citccs, la collection dc la reine Christine, conservee un temps au palais Bracciano (mais dont Winckelmann avait decouvert qu'clle avait ete vendue et se trouvait maintenant en Espagne)28, celle du college Sainl-Ignacc29, celle des Franciscains de Saint-Bartholomc cn Tile30, el celles de particuliers comme Giovanni Battista Casanova31 ou encore Francesco Alfani, Napo- litain installc a Rome32. IV. Winckelmann collectionneur II est certain que Winckelmann a possede quelques monnaies. Commentanl un tetradrachme d'Antigone dans ses Monumenti, il precise que celui-ci se trouve « nell'museo dell'autorc » (Monu- menti, p. 47 - I, 17, 2, voir fig. 5)33. De mcme, s'agissant des deux monnaies syracusaines gravees a rentame de la troisieme section du quatrieme chapitre de la Geschichte (ill. 17, voir fig. 3), il precise que Tunc se trouvaii dans la collection du baron von Stosch et que l'autre appartient a I'auteur (« die andere besitzt der Verfasser »). En dehors de ccs deux monnaies grecques de qualite, nous ne savons rien d'aulrc qui soit sur a propos de cette collection person- nclle. On hesitc cn effet a verscr a ce dossier une correspon- dance datee du 15 fevrier 1760 (Rehm, II, n° 356, p. 81) dans laquelle, cvoquant un collier et deux boucles d"oreille en or, trouvee avee une monnaie de Marc-Aurele sur une lerre appar- 28 Rehm. 1. d" 218. p. 374 (tin mai-debul juil. I7SK. monnaie ties rois parities). Voir Rehm. I. n° 201, p. 324 (4 fcv. 1758): «... dass Miinz-Cabinel dcr Koniginn Chris- tina, welches Havcrcainp beschrieben. und welches man in Rom. im Pallas) des Prinzen Bracciano, zu sehn glaubie, nach Spanien verkauft worden ». M Geschichte, II = D. Tassel, 2005, p. 571 (aureus de Plotine el Matidie). 1,1 Rehm, I. n' 218, p. 374 (fin mai-debut juil. 1758, monnaie cn argent du roi Polemon du Pont). 51 Geschichte = D. Tassel, 2005, p. -50 (monnaie cliypriotc d'un roi lie Paphos) et p. 366 (bronze de Magnesie). II est possible et mcme probable qu'il faille aussi recon- naitrc Casanova dcrricrc «l'arliste romain » evoque p. 198 (deux monnaies '. etrusques »). Giovanni Batlista Casanova (1730-1795), frcrc du celebre Giovanni Giacomo, fut un graveur tres apprecie. qui a collaborc a la publication des antiquites d'Mcrculanum. II est I'auteur des gravures des Monument! antiihi inetliti (ce qu'an- nonce Cerement Winckelmann dans la preface de sa Geschichte. Ic decrivant commc <> le plus grand dessinateur de Rome ») el aussi de fausses pcintures qui, a son grand depit, abuscrcnl Winckelmann (voir D. Gallo, 2005. p. 626, n. 62). J2 Monumenti, p. 95 (1, 25, 5). 13 Le mcme tetradrachme d'Antigone sera illuslre (a partir d'un autre cuivre) sur la page de titre des Anmerkungen fiber die Geschichte. der Kunst des Alter/hums. Dresde, 1767. 2007] WINCKELMANN et les monnaies antiques Fig. 3. tenant a son maitre, l'eminentissime Alessandro Albani, Winckel- mann ajoute: « Quelli tengo io ». A-t-il voulu dire qu'il posse- daient ces objets ou, plus simplement, qu'ils les avaient devant lui pour etude ? En tout cas, le tres riche index des provenances des Monumenti (p. 355-68) ne possede aucune entree pour la collection des anliquites de Winckehnann34. De surcroit, le fait que les deux monnaies presentees comme lui appartenant aierit toutes les deux ete gravees n'incite pas a se faire l'idee d'une vaste collection311. 14 Voir en particular los p. 365-6 od sont reprises les collections romaines de parti- culiers tcls que Christian Dehn, Thomas Jenkins ou Anton Raphael Mcngs. 35 Sur les quatre monnaies gravees accompagnant les travaux dc Winckclmann, on trouve done deux monnaies de sa collection (Syracuse ct Antigone), une de la collec- tion Stosch (Syracuse) ct line de la collection de Giovanni Battixta Casanova (roi de Paphos a Chypre, fig. 4). 566 FRANCOIS DE CALLATAV [REGA2Q V. WlNCKBLMANN NUMISMATE La question qui se pose est celle de l'usage fait par Winckcl- mann du temoignage des monnaies antiques. Fut-il novateur ? En quoi les interessaient-elles avant tout ? A-t-il, en somme, des merites particuliers a faire valoir aux yeux des specialistes ? Le commentaire fourni pour le tetradrachme d'Antigone dont il vient d'etre question constitue une entree en matiere qui indique a la fois la qualite du traitement et les manquements scientifiques que fait subir Winckelmann aux monnaies aneiennes : « La ties rare monnaie d'argent du roi Antigone Icr. surnomme Soter, dans la collection de Pauteur (n° 41), est I'unique monnaies rapportee dans cet ouvrage ; il n'est pas certain, pour autant qu'on sache, qu'elle ait ete publiee. Pareille a celle-ci, aussi pour la legende du revers, est la monnaie du meme roi dont parle le Perc FrOlich, meme si cette derniere n'est pas du meme coin. Je la donne dessinee avec la plus grande exactitude et de la meme taille, moins pour le motif de la figure d'Apollon. au revers que pour ce qui regarde la tete au droit36. Cctte tete sur cette monnaie, mal dessinee et gravee dans l'ouvrage cite, semble corrodee; 36 La gravurc dc cctte piece est aussi reprise sur la page de litre des Anmer- kungen iiber die Geschkhte der Kunst des Altertums, Dresde, 1767. 2007] WINCKBLMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 567 et c'est pourquoi l'auteur tie s'est pas risque a affirmer avec certi- tude dc quelle espece est la couronne qui la ceint; elle lui semble pourtant composee de feuilles de roseau (canna) et il l'attribue pour cela a Neptune. Mais celui-ci n'a pas observe que Neptune, sur ses statues et sur ses autres representations, ne se trouve jamais couronne de feuilles de roseau, lesquelles ne le distinguent pas lui mais les tStes de Tritons et des autres dicux inferieurs de la mer: Neptune a, comme Jupiter, la chevelure nouee d'un bandeau etroit. Sur la monnaie que je prcsente, laquelle est dans un superbe 6tat de conservation et d'un coin d'un relief inaltere on voit la couronne formee de feuilles de lierre; ce qui pourrait indiqucr un Silene, s'il etait possible d'accorder Apollon au Silene, et l'idee meme de la tete avec d'autres images de ce gardien de Bacchus ». Winckelmann prend done soin de selectionner le meilleur exemplaire, le compare avec d'autres publies (note ce que ses devanciers n'ont. pas vu)37 et veille a le reproduire avec la fid^- lite la plus scrupuleuse. On ajoutera qu'il se mefie de ce qu'il n'a pas vu de ses yeux38 et qu'il se plait a denoncer les faux modernes. Ironie cruelle: le malheur veut que cette piece d'An- tigone soit un faux moderne (moule par-dessus le marche), dont le cabinet des medailles de Paris possede deux exemplaires dont l'un acquis en 1747 par Jean-Jacques Barthelemy lors de son periple en Ttalie pour le comte de Louis XV (fig. 6)39. 57 Par ex. Monumenti, p. 103 (1, 27, 5): « cio che non 6 stato osscrvato dal Golzio nel pubblicare in istampa la stessa medaglia » (un sphinx sur le casque d'Athena a Veliaj oil, dans unc lettre a Knoller (Rehm, HI, p. 153, n° 753a, 11 jail. 1766: a propos d'une monnaie d'Allilius Regulus): « Ich merke dieses urn so viol mehr an, das es Salvator Rosa nicht gewusst hat». 38 Voir Monumenti, p. xxui: « e per Pimmagine mitologica deesi credere che un tal fatto b stalo espresso in un medaglione di Faustina confortc d'Antonino Pio (ref. a Venuti)... llperche non so persuadermi che sia lavoro stato fatto dagli anlichi un medaglione non solamente non veduto da me. ma ne tampoco da chi ce ne porge notizia (ref. a Vaillant), nel cui rovescio dicesi da costuiessere stato per una parte ritratto Marco Coriolano alia testa dell'armata in alio di combattere contro la patria, e per 1'allra la madre di lui e la conforle che gli si sanno incontro co' lor Bgliuoli». 35 Les deux faux sont conscrvces dans les tiroirs de faux du Cabinet des Medailles dc la Bibliotheque nationale de France : 1) Paris, BN, Coll. dc faux, acquis par Barthe- lemy 1747/54 (AR : 24,11 g, 34 mm, 12 h) et 2) Paris, BN, Coll. de faux (AR: 26,08 g, 32 mm, 12 h). Le mcmc coin dc droit, retravaille (avec ajoul de la legende IOTAAIA dans le champ dr.) et associe au meme revers, a servi a realiser d'autres faux, cn argent et en bronze: 3) Paris, BN, Coll. de faux, Pembroke Publ. 1738 (AR: 24,84 g, 38 mm, 3 h); 4) Paris, BN, Coll. de faux (AE: 20,34 g, 33 mm, 12 h); 5) Paris, BN, Coll. de faux (AR : 26.08 g, 32 mm, 12 h); 6) Oxford, AM. Forgeries coll. Christ Church (AR : 25,21 g, 32 mm, 12 h); 7) Paris, BN, Coll. de faux (AE : 20,85 g, 35 mm, 12 h). FRANCOIS DE CALLATA? [REG, 120 Fig. 6. Ce n'est pas la seule fois que Winckelmann s'est fait abuse par des contrefacons modcrncs, ainsi quand il croit pouvoir retrouvcr les traits authentiques de Virgile sur une pretendue medaille au nom de ce dernier, ce qui ne parait pas eveiller sa mefiance (Rehm, III, n° 837). En outre, s'agissant de la monnaie d'Anti- gone, la couronne qui ceint la tete dun dieu n'est ni dc roscau ni de lierre mais clairement une couronne de laurier. Iconographie La preoccupation la plus immediate, et done la plus courante, de Winckelmann numismale est bien iconographique, ce que confirme un simple coup d'ceil au tableau produit infra en annexe I (15 developpements de ce type dans la Geschichie et 45 dans les Monumenti). Toutefois - gare aux archa'ismes ! -, l'iconographie peut induire en erreur. Ainsi, a propos de la facon de representer un chiton, il ecrit: « Sur les figures de la meilleure epoque de l'art, nous trouvons encore le manteau a plis plats, nettement visibles sur une Pallas des monnaies d'Alexandre le Grand; e'est pourquoi la simple presence de tels plis ne suffit pas a attester le stvle le plus ancien, comme on le deduit couramment» {Geschichte, I, 4, 2 = D. Tassel, 2005, p. 322). Chronologies Winckelmann entend aussi s'appuyer sur l'etude des monnaies pour debattre de chronologie, et cela de plusieurs manieres. Les monnaies de Sybaris sont forcement anterieures a la destruction 2007] winckelmann et lcs monnaies antiques dc la cite (Geschichte, I, 4, 4 = D. Tassel, 2005, p. 334). Un aureus d'Hadrien, trouve a Herculanum, lui fait deduire que la region ne resta pas d6solee apres rcngloutissement de la ville (Rehm, I, nos 207 et 212)40. Style Involution du style, bien entendu, est l'objct prioritaire de son attention, en particulier dans la Geschichte (voir Annexe I). Prenant les monnaies a temoin, Winckelmann place l'epanouissement de l'art en Grande Grece et en Sicile avant celui de la Grece elle- meme, a Alhenes et a Thebes, parce que, dit-il, ce sont ces regions qui furenl d'abord les plus florissantes (Monumenti, p. lxi). Ainsi, il ecrit: « Que les idees de la beaute ou plutot le travail plas- tique et la qualit6 d'execution necessaires pour y parvenir n'ont pas ete donnes aux artistes grecs des le debut de l'art comme Tor l'a 6te au PeTou, c'est ce qu'attestent notamment des monnaies siciliennes, dont la beaute est insurpassable dans les epoques ulte- rieures. Ce jugement m'est inspire par l'examen de monnaies rares de Leontini, de Messine, de Segeste et de Syracuse au musee Slosch et on peut voir deux de ces monnaies appartenant a la derniere ville sur la gravure au debut de cette section. La tete est une Proserpine. Sur ces monnaies, le dessin des tet.es est comme celui de la tete de Pallas sur les monnaies atheniennes les plus anciennes, aucune des parties n'est belle, si bien que la tete dans son entier ne Test pas non plus; les yeux sont £ tires et aplatis; la fente de la bouchc se releve; le menton est pointu et prive de 1'arrondi qui en fait la grace; et il suffira d'ajouler que les tetes de femmes font presquc douter de leur sexe41. II irempeche que l'autre face est exquise, tant pour Pempreinle que pour le dessin des figures. Mais de meme qu'il y a une grande difference entre le dessin miniature et le dessin en grand, et qu'on ne peut tirer de Tun des conclusions valant pour l'autre, de meme il etait plus facile de dessiner une belle figurine d'environ un 40 Le texts elit «cavatc dalle ruine d'Ercolano» (n° 212) et, plus preciscmcnt encore en AHemand, «welche in dera unterirrdischen Herculanum gefunden sind » (n° 207). En bonne m^lhode, Winckelmann aurait du denoncer l'irnpossibilile d'une telle decouverte. Une monnaie d'Hadrien n'a pu ctre decouverte qu'au-dessus du boucKer de lave depose en 79. 41 ii pourra paraltrc piquant d'entendre Winckelmann asseoir son avis deprcciatif sur le fait qu'on ne puisse delerminer le sexe. Apres tout, lance dans sa quele du beau ideal, il efll pu soutenir Pinverse. 570 FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 poucc qu'une tete de la meme taille » (I, 4, 3 = D. Tassel, 2005, p. 335-6)42. Les monnaies dccrices sont cellcs, contemporaines du « Demareteion », frappees vers 465 av. J.-C. Gravure L'etude du style l'emporte sur les autres criteres, ce qui neces- site d'aller au-dela des types. Le relief des monnaies suscite ainsi sa reflexion, la encore dans le sens de la prudence. L'opinion commune d'alors - devenue Ires curieuse aujourd'hui - est que le relief s'est acccntue avec les epoques. II va en appel de ce jugement sur la base de considerations parfois etonnantes, commc le fait que les frises du Parthenon et du Theseion a Athenes sont en haut relief43. II note que les tetes de face sur les monnaies sont soit tres anciennes soit produites plus tard dans des regions ou « l'Art n'a pas encore pris pied » (Rehm, I, n° 222/V, p. 387). II s'interesse aux details de la gravure. La maniere de rendrc la pupille des yeux, par exemple, retient son attention : «... dans les tetes qu'on voit sur les medailles des meilleures periodes, les yeux sont aussi enfonces et l'os orbitaire y a plus de relief que dans les periodes ulterieures; il suffit d'examiner les monnaies d'Alexandre le Grand et de ses successeurs. Dans le metal, on indiquait certaines choses qui furent omises dans le marbre a l'epoque de Part florissant. Sur des monnaies anterieures a 1'epoque de Phidias, la lumiere, ainsi que les artistes la nomment, ou prunellc, est deja indiquee dans les tetes de Geron et d'Hieron par un point en relief» (Geschichte, I, 4, 2 = D. Tassel, 2005, p. 285-6). La meme remarque figure dans une lettre a Stosch datee du 8 fevrier 1758 (Rehm, I, n° 203, p. 335). 42 Ces propos, en particulier 1'heureuse analogie avec l'or clu P6rou, se relrouvent plus ou moins littcralcmcnt rctranscrits dans l'introduction des Monumemi (p. l.xi: « Le figure adunquc rapprcscntatcci in cotcstc medaglic dimostcano clic le idee dclla bellezza erano, siccome I'orO al Peru, non propric e connaturali degli artefici Grcci, i primi de'quali, benche atti a eoncepirle, non erano pcro ugualmente abili ad espri- merle e a disegnarle »). La diliicu)l6 ds lirer des conclusions du dessin en miniature au dessin en grand est repctcc plus loin Geschichte, II = D. Tassel, 2005, p. 590: « Mais le travail en miniature ne permet pas de juger avec certitude des reuvres dc grandes dimensions; celui qui sail faire un petit models de navire n'en esl pas apte pour autant a construire un vaisscau pouvant affronter une mer demontce ». 43 II reproduil cependanl l'opinion commune dans la Geschichte: « Le travail du bronze concerns ^galement les monnaies dont 1'empreinte differe chez les Grees selon IMge de l'art. Elle est peu profonde a I'6poque la plus ancienne et plus en relief a I'apogcc dc l'art commc aux epoques suivantes » (I, 4, 4 = D. Tassel, 2005, p. 396). Un lei propos est evidemnient inexact, meme pour celui qui voudrait s'en tcnir ii une Evolution Ires generale, puisque on serait moins embarrass^ de soutenir la propo- sition inverse. 2007] WINCKEI.MANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 571 La maniere de former les lettres lui inspire des considerations peut-etre novatrices pour l'epoque. Ainsi, ecrit-il a Bianconi a la fin du printemps 1758: «J'ai vu, au musee Faucault a Naples et dans la collection de la Reine dc Suede au palais Bracciano, des monnaies des rois des Parthes avec un caractere elegant mais d'un dessin et d'un coin plus que barbare. Mais precisement, sur I'elegance. il serait bon d'etablir certaines regies. Ainsi, les points ou les globules a l'extremite des lettres grecques commencerent a etre en usage a l'epoque d'Alexandre le Grand et rendirent le caractere moins elegant » (Rehm, I, n° 218, p. 374 ; voir infra ce qui est dil de la paleographie). Graveurs Au dela de la gravure et contrairement a ce qu'a pu ecrire Raoul-Rochette, il n'est pas exact de dire que Winckelmann n'a rien dit des graveurs. II a plusieurs fois aborde ce theme dans la Geschichte. Pour lui, les bons artistes - a commcncer par les Grecs - s'exportent et leurs traces se laissent reconnaitre quel que soit le lieu. Ainsi: « Ce penchant des rois de Parthie pour les Grecs et pour leur langue s'etendit aussi aux artistes grecs, et les monnaies de ces rois comportant des inscriptions en grec ont surement ete gravees par des artistes de cette nation. Mais il est probable que ces derniers ont ete formes et instruits sur place, car Fempreinte de ces monnaies a quelque chose d'etranger et, pourrait-on dire, de barbare» (I, 2, 2 = D. Tassel, 2005, p. 160-1). Ce serait des graveurs samnites qui auraient realist les belles monnaies romaines rcpublicaines44. Et, plus tard, tous les bons graveurs grecs seraient venus a Rome, ce qui expliquerait la decadence de l'art en Grece meme. II ne craint pas d'ecrire en tout cas, avec un hellenoccntrisme appuye, « Quelqu'un qui a eu l'occasion de comparer des monnaies antiques fail remar- quer que les teres des empereurs figurant sur les monnaies grecques ne peuvent £tre comparees avec les memes tetes sur les monnaies romaines, ce qui laisse supposer que les bons artistes grecs etaient alles a Rome. Je me souviens d'avoir vu, entre autres, la monnaie grecque rare avec les tetes de Claude el de Pompeia, qui est d'un coin presque barbare» (II = D. Tassel, 2005, p. 558-9). En revanche, vers la fin de la periode hellenis- 44 Geschichte, I, 3. 3 = D. Tassel, 2005, p. 213 : « et la grande ressemblanue entre uiie monnaie de la famille cles Servilius <i Rome el une monnaie saitmite a fait supposer que la premiere a 6t6 frappee par des artistes samnites ». 572 francois de callatay I«a;c,i20 tique (le terme restait alors a inventer), il imagine que les bons graveurs sont encore en Grece alors que l'art s'est corrompu clans I'Orient45. On conviendra qu'il s'agit la d'idees ires gene- rates et largement preconcues. Philologie et elude des coins Plusieurs developpements sont de nature philologique. Winckel- mann distingue les caracteres des legendes suivant les langues : egyptienne {Geschichte, p. 150), punique {Geschichte, p. 154), samnite {Geschichte, p. 213), osque (Rehm, I, n° 218) ou arameenne {Monumenti, p. 95). Quelques reflexions retiennent l'attention. Ainsi, ecrit-il dans la Geschichte (II = D. Tassel, 2005, p. 524): « Les dix-neuf ans mentionnes se trouvent indiques sur la monnaic par ZIB, si nous scparons les elements de ce chiffre: car Z ou 1 signifie sept et IB douzc; sans separation, il faudrait ecrire I©. Je pense que les habitants de Segeste ont voulu conscrver sur cette monnaie le souvenir de l'epoque allant de leur delivrance jusqu'a la conquete de la Sicile, pendant laquelle leur antique liberie leur fut confirmee contre toute attente, et qu'ils change- rent alors le nom d'Egeste en celui de Segeste ». Comme nous le savons, les Grecs ne fractionnaient pas les nombres et cette ingenieuse lecture, de meme que son interpretation, doivent etre rejetees. Mais le passage le plus etonnant, celui qui - si l'affaire etait entendue46 - attribuerait un surcroit de gloire posthume a Winc- kelmann et une reconnaissance de la part des numismates, se lit dans 1'introduction des Monumenti (p. lxii). Winckelmann exclut des premieres frappes monetaires cclles a la legende $IAO qui avaient ete prises par L. Beger et J. Schott pour celles de Phidon d'Argos, I'inventeur presume du monnayage selon Strabon 45 Geschichte, II = D. Tassel, 2005, p. 534: « Les monnaics des succcsseurs de cc roi de Syrie ami des arts attestent leur decadence el une monnaie en argent du roi Philippe, le vingt-troisieme a partir de Seleucos, est une preuve tangible que l'art avait deserte la cour de ces rois. Tant la tfitc do cc prince que le Jupiter assis reprc- sente sur I'autre face ne donnent pas ('impression d'avoir ete fails par des Grecs. Plus generalement, les monnaies de presque tous les S<51eucides sont plus mal frap- pdes que cclles des villcs grccqucs les plus insignifiantcs. et cclles des rois parthes, dont I'ocriturc grccciue est en partie tres elegante, manifesto deja la barbaric du dessin et de I'empreinle. II ne fait pourtant aucun doule que ces monnaies onl ete faites par des maltres grecs, car les rois parthes tenaienl h leur reputation d'amis des Grecs ct faisaient memo figurer ce titre sur lours monnaie». 46 Voir F. de Callatay, « L'historique de I'etude cles coins (xvill'-xx" s.) », BSFN. 62 (4), avril 2007, p. 86-92. 2007) WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 573 Fig. 7. (VIII, 3, 33)47. La raison qu'il donne retient toutc ['attention du numismate : «... un sagacc indagatore di quello gcncre d'antichita, dalla forma dello scudo espresso in si fatta raedaglia, e dal conio medesimo, gia nc ha mostrato, ph'eU'e di Tebe, e de tempi in cui l'arte fioriva » (« Un chercheur sagace dc ce genre d'antiquites, a partir de la forme du bouclier imprimc sur une telle medaillc, et d'un coin identique, a deja montre que celle-ci est de Thebes ct de I'epoque dc I'efflorescence de 1'art»). Le chercheur sagace, qu'il s'abstient de citer dans le texte, n'est autre que Jean-Jacques Barthelemy ainsi que l'indiquc une note. Or Barthelemy, dans sa publication48, ne fait aucune allusion a ce «conio medesimo» dont parle Winckelmann ct qui, traduit litteralcmcnt, signifie «le memc coin». Faut-il des lors attribuer a ce dernier - ce serait piquant - une forme d'anleriorite s'agissant du principe de 1'etude des coins '? Le mot « conio » doit-il Sire traduit ici de facon plus vague par « empreintc » ou « type monetaire » ? Winckelmann 17 Winckelmann va au dclii du lexte dc Strabon quand il designc les monnaies d'r.gine commc etant le monnayagc dc Phidon. Fig. 7: vente Classical Numismatic Group, 72, 14 juin 2006, n' 661 (12,21 g; © Coinarciiivcs.com). Ce slalere de Thebes esl dale des annccs ca 363-338 av. J.-C. 4* J.-.I. Barthelemy, « Rechcrchcs sur quelques medailles », Mimoires dc I'Academie des Inscriptions, 26. p. 542 (cn icalite. p. 543). Cette publication est sans doute cellc dont il esl fait mention dans une letlre du 13 sept. 1760 de Winckelmann a Barthe- lemy : « Le P. Pacciaudi m'a fail un present de Votre Explication dc la Mosaique de Palestrinc ct dc la Letlre touchant les Medailles. J'ai lu 1'une el I'aulrc avee un plaisir infini et avec beaucoup destruction pour moi » (Rehm, II, n' 374). Sur Barthelemy et Winckelmann, voir infra. 574 FRANCOIS DR CAI.I.ATAY [REG, 120 n'aurait-il pas rajoule une note dc son cru, comme il le fait ailleurs dans lc meme passage ? II semblc qu'il faille privilegier Fune de ces deux dernieres solutions. Restc que, plus d'un siecle avant F. Imhoof-Blumcr, qui passe dans les manuels pour avoir et6 «l'inventeur » de 1'etude des coins. Barthelemy et Winckel- mann lemoignent des le milieu du xvm1' s. de preoccupations tres proches par 1'esprit dc cc qui allait constituer lc plus grand apporl aux etudes numismatiques du xxe s.4'. Un projet d'ouvrage sur la paleographie des monnaies Dans une lettre a Bianconi datee de fin mai ou debut juin 1758, Winckelmann ccrit: « Se Dio mi presta la Vita ho destinato di scrivere una Palaeographia de Medaglie » (Rehm, I, n° 218, p. 372). Dicu, nous le savons, ne lui accorda qu'une trop breve existence et cct ouvrage ne parut jamais50. II est d'ailleurs probable que Winckelmann y avail renonce de lui-mcmc bien avant de rencontrer son destin a Trieste. Sa correspondance attcste son engouement, limite au printcmps 1758, pour ce genre de recherchcs (Rehm, I, nos 207, 212, 218 et 222). II est alors a Naples et tout indique que ce sont les journees passees a Capo di Monte dans l'6tude des monnaies grecques (celles-ci sont rares a Rome) qui nourissent son int6rct. II me parait probable en outre que cetle subile et ponctuelle volonte doive quelque chose a la publication fin 1756 d'un petit memoire de l'abbe Jean-Jacques Barthelemy intitule «Essai d'une paleographie numismalique L'abbe Barthelemy (20 jan. 1716-30 avr. 1795), de deux ans 1'aine de av Voir E dc ( "allatay, an. cir. (2007). 50 Dans sa premiere lettre (conserves) a Barthelemy (15 juil. 1760), Winckelmann evoque brievemenl un autre projet d'ouvrage numismalique : « Pour me dispenser dc certaincs discussions Critiques qui seraient inevitables, j'ai cnlrepris une Explication de Medaillcs Grecques des premiers sieeles, ayant cu lc sort d'un de mes amis secon- dant mes vues ail fait un Rccucil de beaucoup de ses Medaillcs qui sont ou tout a fait inconnues, comme p. ex. ccllc d'AIIXPIAON, on au moin non publiees » (Rehm, II, n° 369, p. 93). De ce travail, ties loin en rcalit6 dc la volonte de synthese et tres prochc dc Pcrudition par mielles que Winckelmann ailleurs vilipende, il ne sera plus jamais question. L'ami qui scconde ses vues et possede ces unica ou rariosa pourrait ctrc - ce n'est qu'une supposition - Giovanni Battista Casanova, a qui appartenait par cxcmplc la tres rare monnaie chypriote, plutot que lc baron Stosch, alors decede depuis plus dc deux ans (Rehm, IL p. 397: «ist Stosch gemcint ? >•). Voir aussi Ceschichle. I. 3, 1 = D. Tassel, 2005, p. 198 (sur des monnaies cnigmatiqucs que Winckelmann a sous les yeux et qui appartiennent a « un artiste romain »). 51 Jean-Jacques Barthelemy, « Essai d'unc Paleographie Numismalique ». Memoires de Literature, tins des reglstres de I'Academie royale des Inscriptions et Belles-Lettres depuis Vannee MDCCXLVI1I. jusque <6 compris I'tmnee MDCCLI, 24, 1756. p. 30-4S. 20()7| WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES Winckelmann mais combien plus cn cour lors de ces annees, devait passer a l'epoque pour la plus grande autorite s'agissant des monnaies grccques. II etait, a tout le moins, le garde du plus grand mcdaillier, celui du roi Louis XV. II avait fait le voyage en Italic et avait reside a Naples (ddccmbre 1755-janvier 1756)52, a peine deux ans avant Winckelmann. II y avait la pour Winc- kelmann un modele et un rival. Winckelmann, non encore reconnu. timide et associal, avait vu plusieurs fois Barthelemy, Penvoye du roi, a Rome (en 1756) dans la bibliolheque du cardinal Passionei, sans oscr Paborder53. La deference accordee par Winckelmann a Barthclemy dans sa correspondance54 n'a d'egal que son silence dans ses publications55. Pour ce que Pon sail, Barthclemy, rentr6 a Paris, comptait sur Winckelmann pour accueillir a Rome Pun ou Pautre visileurs de marque, comme ce M. Watelet en 1764, et Winckelmann comptait sur Barthclemy pour diffuser ses ouvrages a Paris, en particulier ses Monumenti, entrepris a comptc d'au- teur (Rehm, II. n° 594 et III, nos 804 et 882). Quoi qu'il en fut des relations entre les deux abbes, la preoc- cupation paleographique de Winckelmann etait assez neuve pour l'epoque et offre certains eclairages qui n'ont pas perdu Unite fraicheur. A Syracuse comme a Corinthe, fait-il observer, on a 52 Jean-Jacques Barthclemy, Voyage en IteMe tie M, I'abbc Barthelemy, 2e ed., Paris, 1802. letlres vi1i-xi el lettre xii (envoyce le 28 jan. 1756 de Rome), p. 70: « La fin de mon sejour a Naples a etc fori agitee : le president vouloit revenir a Rome : je n'avois encore ricn vu. Les minces details des medaillcs avoient absorbc une parlie de mon temps, comme ils l'absorbent presque toujours ». 53 Rehm. ii, n° 374, p. 99: « C'etoit alors quand jc venois a Rome, que j'entrois, pour ainsi dire au monde comme un enfant nouvellemenl n£ : la longuc solitude de 15 annees m'avoir rendu presque insociable. C'etoit alors. Monsieur, que je Vous ai vu plusieurs fois chez Mr. le Card. Passionei. qui apres quelque terns me reccvoit dans sa Confrerie : mais devenu taciturne et Craintif je n'osois Vous aborder. Voila l'idee de ma vie et de moi-meme ! » el Winckelnninn de signer « Votre Ires humble tres obcissant et devoue Servit.». M Voir Rehm, ii, n" 369 (premiere lettre conservee, datee du 13 juil. 1760): «Jc ne me flattois point d'emporter de ['approbation d'tin Saveur lllustre tel que Vous, Monsieur, el qui fait honncur a notre sieele, donl l'6loge pent scrvir de Passeporl a cet Ouvrage parmi tous les gens de leltrcs... 1^; comblc de mes souhaits serail de voir un jour les Tresors dont Vous ctcs le Garde, mais ina situation ne me pcrmet pas d'y aspirer ». Voir aussi Rehm, ii, n' 408 (reconimandation d'Ustcri) el n' 594 (presentation de ses Monumenti antkhi el Sollicitation afin que Tabbe Barthelemy cn fassc la publicite en France, p. 347: « Jc Vous serai redevable du debit que j'en fcrai en France : car y 6tant rcgardc comme le Chef de la Lelteraturc. tout le monde se reglera sur Votre sentiment»). 55 Son nom n'apparait nulle part dans le tcxic de la Geschichte ou des Monu- menti et. ainsi qu'on la vu, il n'est fait reference qu'une seule fois a un de ses travaux {Monumenti, p. lxiii, n. 1: «Barthelemy reeh. sur quelq. mcdail. dans les mem. de I'acad. des inscr, T. 26 p. 542 »). 576 FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 utilise un koppa (o) a la place d'un kappa sur les premieres monnaies (Rehm, I, n° 222/V, p. 386). Ailleurs, il note sur des monnaies de Polemon, roi du Pont, ce qui lui apparait comme les premiers omegas cursifs (Rehm, I, n° 218, p. 372)56. II lui arrive surtout d'etre plus prudent que ses devanciers. II releve, sans se formaliser, des redoublements intempestifs de lettres (Geschichte, I, 4, 3 = D. Tassel, 2005, p. 366 et Monumenti, p. 220 [III, 2]). 11 observe differenles formes de alphas, sur des monnaies contemporaines de Caulonia, ce qui, en depit du schema qu'il s'etait forme, rend difficile l'exploitation de ce critere a des fins chronologiques (Rehm, I, n° 212: « Ma la linea che spunta fuore su A fa la differenza e gli da I'aria piu moderna»). D'aillcurs, ajoute-t-il, il est dangereux de juger de l'epoque d'une monnaie en fonction de la seule elegance de la legende : ccrtaincs monnaies des rois parthes presentent une belle legende mais sont d'un dessin plus que barbare (ibid.). Ailleurs, dans un passage de la Geschichte, il 6cril: «II est du reste impossible de demontrer, comme quclqu'un l'affirme sans preuve (J. Reynolds, Hist, Litt. grace. & lat.), que bicn apres la 50B Olympiade (apres 580 av. J.-C), le gamma des Grecs ne s'ecrivait plus F, mais C, ce qui introduirait le doute et la confusion dans l'idee que Ton se faisait du style ancicn a partir des monnaies. Car on trouve des monnaies sur lesquelles laditc lettre apparait sous sa forme ancienne et J'empreinte y est neanmoins d'une cxcellcnte qualite; je peux ciler, par exemple, une monnaie de la ville de Gela en Sicile, sur laquelle est ecrit CEAAX, avec un bige et la partie anterieure d'un minolaure. On peut meme demontrer l'inverse en se fondant nolammenl sur une monnaie de la ville de Segeste en Sicile avec un gamma de forme ronde, dont j'espere demontrer dans la seconde partie de cette Histoire qu'elle fut frappee au cours de la 134e Olympiade, done bien apres cette epoque » (p. 336 [1,4, 3]). D'une fa?on generate, nous le constatons, Winckelmann place bien rargument du style devant. les conjectures que Ton peut se forger a partir de l'examen de la forme des lettres: « Vouloir juger de Pelegance seulement des lettres peut induire en erreur » (Rehm. I, n° 218, p. 372). i r' II s'agit dc Polemon II (38-63 apt. J.-C.)- 2007) winckelmann et les MONNA1ES antiques 577 Conclusion Johann Joachim Winckelmann, lorsqu'on passe en revue I'en- semble dc scs ccrits, n'a en effet pas reserve une place impor- tante aux monnaies antiques57 qui viennent, sous ce rapport, bien apres les gemmes. Et lorsqu'il y fait reference, e'est d'abord pour leur appliqucr sa theorie generalc du style. Ainsi, il souligne les limites de l'argument iconographiquc ; il conteste les vues de son temps sur cc que Ton croyail pouvoir titer de revolution du relief ou de la forme des lettres. 11 est done vrai que ses travaux - et la grandc autorite dont ils auront durablement joui - ont beau- coup contribue a imposer le critere slylistiquc aupres des numis- mates du xixe s. Mais les monnaies antiques, au-dela davoir ete collectionnees par lui et d'avoir joue le role nefaste que Ton a rappele s'agis- sant dc son assassinat a Trieste, occupent une place particuliere dans Fceuvre de Winckelmann qui ne fut sans importance ni pour lui-meme ni pour la numismatique. Fin observateur de ces petits monuments metalliques, Winckelmann leur a apporte un eclairage dont certains aspects, comme la manierc de graver les lcttrcs, ont garde une part d'actualite. II est tout proche de comparer les coins monetaires. Surtout. il y voyait une des formes les plus approchantcs du beau ideal. En particulier, il a plusicurs fois exprime son cmer- veillement pour les tetes d'Arethusc gravees a Syracuse a la char- niere des v° et ivc s. par les grands noms de Kimon et d'Evainele. II n'est pas douteux, encore que nous manquions d'une etude sur la reception de ces types a travers les siecles, que l'admiration forte deja pour ces Arethuses s'en soit trouvee renforc6e. Francois de Cai.latay. " Quclquc 20 pages, lout au plus, sur les 750 environ que contiennenl la GttchlchU ou les Monumenii antichi. francois de callata¥ [REG, 120 Annexe I Tableau des references nuniismatiques, classees selon leurs usages, dans les ecrits de Johann Joachim Winckelmann Geschichte Monumenli ittpniti Correspondance Iconographie 135-6, 173, 174. 194. 198-9, 217, 261, 322, 334-6. 392, 512, 571. 573, 599 XII, XXII, XXIII, XXIV, XLVIII, 3 3, 45, 9, 10, 11, 12, 13, 17. 22. 25, 26, 29, 30, 39. 43, 47, 48, 50, 57, 67, 69, 84, 95, 103 113-4 136 178, 184. 186, 187, 190, 201, 229, 234, 258, 273, 275, 276, 280 218,749,753a Chronologte - iconographie - paicogr apmc - fabrique - fouillcs 322,334-6,470,474-5 396 lxi, lxii — 203 ZU/, Z1Z, Zlo, ZZZ 222 207, 212 Artistes 160-1, 213, 214, Style/beautd 272-3, 294, 297. 334-6, 355, 363, 474-5, 511-2. 523, 590 lxi 178, 222, 262, 937 Fabrique/Gravure 160-1, 198-9. 285-6, 396. 534, 590 47, 69 203, 222, 223 Faux xxiii 837 Philologie 150-1, 154-5, 366, 524 lxii, 39, 95, 111, 220-1 207, 212, 218 Decouvertes 150-1 200.280,332.356, 749, 837 Collections 201.211,217.220, 223, 326, 540 Localisation 109-11,218 Monnaics et sculptures 511-2. 541 2007] WINCK.tI.MANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 579 Annexe II Liste des passages nuniisniatiqucs dans les ccrits de Johann Joachim Winckelmann (Geschichte, Monumenti, correspondance)38 1. Geschichte der Kunst das Alterlums, Dresde, 1764. La Geschichte der Kunst des Alterlums a etc publiee une premiere fois a Dresde, chez Walther, en 1764. Une seconde edition, preparec du vivanl de Winckelmann, fut publiee a Vienne en 1776 (avec des ajouls el des retrails. noiammenl ccux des contrefacons modernes peintes ou dessinees par Mengs et Casanova)59. Des traductions francaises, plus ou moins eriti- cables. ont etc donnees des 1766. Tout reeemment est parue une admirable traduction assuiee par Dominique Tassel el agrementee des commentaires tres fouillcs de Daniela Gallo : Johann Joachim Winckelmann. tlistoire de Pari dans I'Antiqiritt, Paris, La Pochotheque. 2005. C'est cllc que nous citons ci-dessous, avec sa pagination, double dun renvoi a la subdivision (en parties, chapitres et sections) indiquee par Winckelmann. 1. P. 135-6 (I, 2, 1) On voit cgalcmenl sur une monnaic de 1 'Tie de Malte deux figures ressemhlanl a des cherubins, avec cette particularite remarquable qu'elles ont des pieds de boeuf, ct qui. placees l'une en face de l'autre, deploient leurs ailes du haul des handles Tune en direction de l'autre. 2. P. 150-1 (I. 2. 1) II y a quelquc temps est apparue a Rome une nionnaie d'argent, donl une face representc un aigle volant dans un champ carre en creux: sur l'autre face se trouve un bceuf avec, au-dessus. un signc sacre eouranl chez les Egypticns. a savoir une boule avec deux tongues ailes ct des serpents sortant de la boule. Devant les pattes antc- rieures se trouve un tau egyplien, legerement different du signe courant (ankh). II y a un foudrc sous le bceuf. Le plus remarquable esi un A grec de la forme la plus ancienne, que l'on peut voir sur la cuisse arriere gauche du bceuf. Cetle monnaie se trouve dans la collection de M. Joh. Casanova, pensionne de sa Majesle le roi de Pologne a Rome, et je la presenle ici sur line gravure. Le lecteur jugcra par lui- m£mc ; quanl a moi. je donncrai mon avis ailleurs [il ne le fit jamais). An demeu- ranl. cetle monnaie n'avait encore jamais etC montrce a quieonque [il s'agil d ime monnaie du roi Onasioikos de Paphos a Chypre (voir vente I-eu, SI, 16 mai 2001. n° 320). D. GALLO, p. 649. n. 108 : « En realite. l'image de cette monnaie. que Winc- kelmann avail re<;ue de Dresde grace a Philipp Daniel Lippcrt. parut seulement dans I'edition viennoisc de la Geschichte der Kunst des Alterlums »]. ,s Celte liste est agrementee de commentaires. 59 Sur la question complexe de Winckelmann et la traduction, voir P. Griencr, theiu/ue de la traduction. Winckelmann, les langues et I'histoire de i'an (1755-1784). Geneve, 1998 (pour la premiere et decrice traduction en fran^ais par Jean-Baptiste Robinel en 1766, p. 29-30: pour la rendition augmcntcc mais non amelioriSe de Friedrieh Justin Riedcl en 1776, p. 38-9). 580 FRANCOIS DE CALLATA Y [«/v6M20 3. P. 154-5 (I, 2, 2) Che/. I'ufl comme chez l'autre pcuple, on trouve couramment des divinites ailees, mais les divinites pheniciennes son! plutot ailees a la facpn egyptienne. e'est-a-dire avee des ailes sous les hanches, qui dc la ombragenl les figures jusqu'aux pieds, comme nous lc voyons sur des monnaies dc I'ilc dc Malie possedee par les Carthaginois... Mais rien ne nous est parvenu des ceuvres d'arl pheniciennes, a Fexceplion de monnaies carlhaginoises frappees cn Gspagne, a Malic el en Sicile. Parmi les premieres, on Irou- vera dans le musee du grand-due a Florence dix pieces dc la villc de Valence qui souliennenl la comparaison avee les plus belles monnaies de la Grandc-Grece. Leurs monnaies frappees en Sicile sonl si raffinccs qu'elles ne se distinguent des mcilleures monnaies grecques de eelte sorle que par I'eCriture punique. Quelques-unes en argeni onl une lele de Proserpine cl, sur l'autre face, une tctc dc cheval avee un palmier; on trouve sur d'autres un cheval cnticr a c6le d'un palmier, 4. P. 161)-1 (I, 2, 2) Ce penchant des rois dc Parthie pour les Grecs ct pour leur langue s'elendil aussi aux artistes grecs, ct les monnaies de ces rois comportant des inscriptions en grcc onl suremenl ete gravees par des artistes de cette nation. Mais il est probable que ccs dcrniers onl e"le formes ct instruits sur place, car l'empreintc dc ccs monnaies a quelque chose d'etranger et, pourrait-on dire, dc barbare. 5. P. 173 II y a meme des chars avee des ailes, mais cela aussi leur ctait conumin avee les Grecs : sur des monnaies d'EIeusis. Ceres est assise sur un char semblablc, tire par deux serpents. 6. P. 174 (I, 3, 1) [... et pour Hercule sur une monnaie dc Naxos. Parmi les deesses, Cybcle ct Pallas avaienl un foudre, aux dircs de Servius, el on le voit sur les monnaies de Pyrrhus. [Heracles ne tienl pas un foudre mais une branche de vigne sur les monnaies de Naxos : D. GAIXO, p. 656, n. 14: « Quant a I'llcrcule au foudre que Winckclmann aurail vu sur une monnaie dc Naxos, il s'agissait probablcment d un Zeus. Voir O. Morkholm, 1991, p. 157 et 263, n° 562, pi. XXXVII*]. 7. P. 180 (I, 3, 1) Les ceuvres a relenir sont des figures ct des statues, des bas-reliefs, des pierres gravees ct des monnaies, enfin des vases cn tcrrc cuite peinls. dont il sera question dans la troisieme et dcrniere partie de ce chapitrc. 8. P. 194 (1, 3. 1) Dans les temps les plus anciens, Vulcain ctait represenle sans barbe comme Jupiter el Esculape, tant sur des pateres et des pierres ctrusques que sur des monnaies grecques de la ville de Lipari que Ton peul voir dans lc musec du due Noia Caraffa a Naples, de meme que sur des monnaies et ties lainpes romaincs. 9. P. 198-9 (I, 3, 1) On trouve parmi les monnaies quelques-unes des ceuvres les plus ancienncs de Part ctrusquc ct j'en ai deux sous les yeux que possede un artiste romain dans une colleclion de monnaies grecques d'une grande beaute. Ellcs sont failes d'un alliage mctalliquc blanchalre et dans un excellent etat de conservation ; unc face represenle un animal qui semble etre un cerf el l'autre, deux figures en position frontalc qui sc ressemblent ct tiennent un baion. 11 s'agit vraiscmblablemenl des premiers essais dc leur arl. Les jambes sont deux lignes qui se lerminent par un point rond designanl les pieds; le bras gauche, qui ne ticnt rien, est une ligne pen com bee line depuis 1'cpaulc et qui descend presque jusqu'aux pieds: les parties naturcllcs sont un peu plus courles, alors qu'egalemenl chez les animaux ellcs sont exceplionnellemenl longues sur les monnaies et les pierres les plus anciennes ; lc visage rcssemble a une lele dc 2007] WINCKELMANN bt LES MONNAIES ANTIQUES 581 mouche. L'autre monnaie a, sur line face, unc picrre et, sur l'autre, un cheval |D. Gau.O, 2005. p. 661, n. 45: « En fail, ces monnaies ne semblenl pas correspondre a des cxem- plaircs fitrusques ». En effel, i) ne peut s'agir de monnaies 6trusques. La description intrigue: elle portcrait a cherchcr du cote des premieres monnaies en clcctrum (« alliage m6tallique blanchatre ») ou, evenluellemenl meme. du cote des monnaies celtiques]. 10. P. 211-2 (I. 3, 3) A ma connaissancc, aucune ceuvre d'art des Samnites ni des Volsques ne nous est parvenuc, a l'exception de quclques monnaies, alors que, pour les Campaniens, nous avons des monnaies et des vases de tcrre pcints. 11. P. 213 (I, 3, 3) Dans les temps les plus anciens, les Romains firenl appel a des artistes des deux peuples; Tarquinius Priscus fit venir de Fregella, dans le pays des Volsques, un artiste du nom de Turrianus. qui fit line statue de Jupiter en tcrre cuite, et la grande ressem- blanee entre une monnaie de la lamille des Servilius a Rome el une monnaie samnite a fait supposer que la premiere a 616 frapp^e par des artistes samnites. Une monnaie tics anciennc d'Anxur, villc des Voslques (aujourd'hui Terracine), a une tr&s belle tete de Pallas. 12. P. 214 (I, 3, 3) Ensuite, les Grecs vinrent s'inslaller dans le pays et y inlroduisirenl aussi leurs arts, comme en temoignent encore aujourd'hui, outre les monnaies grccqucs de Naples, celles de Cumes, qui sont encore plus aneiennes. 13. P. 217 (I, 3, 3) Nous savons 6galement que, dans la Gr&ce des premiers temps, un simple vase etait le prix attribue au vainqueur des jeux, comme le montre un vase figurant sur certaincs monnaies de la villc de Trallcs ct sur certaines pierres gravies [avec r6f. a Spanheim, 1, p. 134]. 14. P. 261 (I, 4, 2) ... e'est aussi en jcunc hcros qu'il (Mars) figure sur les monnaies ct les pierres gravees. 15. P. 272-3 (I, 4, 2) Chacun peut se faire une idee de la bcautc supcrieurc des tetes des divinites en voyanl des monnaies el des pierres gravees ou les copies qu'on en a faites dans les pays ou n'est jamais parvenue aucune belle ceuvre d'un ciseau grec. On a du mal a trouvcr un Jupiter en marbre aussi majestueux que celui qui figure sur les monnaies de Philippe, de Plolemee 1" et de Pyrrhus de Thasos [sic.']; la tete de Proserpine sur deux monnaies d'argent du mus£e royal Farnfese a Naples surpasse tout ce qu'on pent imaginer. Le physique des dieux est si g£ni5ralcment determine chez tous les artistes grecs qu'il semble avoir ete prescrit par une loi: la tete d'un Jupiter sur des monnaies frappees en Ionie ou par des Grecs doriens est absolumcnt identique a celle d'un Jupiter des monnaies siciliennes ; les tetes d'ApolIon, de Mercure, de Bacchus, d'un Liber Pater ou d'un Hercule, jeune ou vieux, sont de la mSme conception sur les monnaies et les pierres comme sur les statues [la collection Farnese avait appar- tenu a Fulvio Orsini; D. Gallo, p. 682, n. 52: « Ccs deux dccadrachmcs cn argent d'Agathoclfc; de Syracuse avaient fail partie du legs de Fulvio Orsini»). 16. P. 285-6 (1, 4, 2) L'art, qui s'est eleve ici, avec raison, au-dessus de la nature, fit de cette forme une r&gle quasi-generale, qu'elle observa meme dans les petitcs figures : car dans les tetes qu'on voit sur les medailles des rneilleures periodes. les yeux sont aussi enfonces ct I'os orbitaire y a plus de relief que dans les pSriodes ult6rieures; il suffit d'exa- miner les monnaies d'Alexandre Ic Grand ct de scs successeurs. Dans le metal, on indiquait certaines ehoses qui furent omises dans le marbre a I'cpoquc de l'art floris- FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 sant. Sur des monnaies anterieures a 1'epoque dc Phidias, la lumiere, ainsi que les artistes la nomment. ou pruncllc, est clcja indiquee dans les tetes de Geron el d'Hieton par un point en relief [D. Gallo, p. 687, n. 82: a propos d'Alexandre le Grand : « Comrae, par exemple, le tetradrachme en argent de Lysimaquc... on Vaureus (sic!) du mcmc type conserve au cabinet des Medailles: n. 83: attire l'atlention sur I'exis- tence d'une telle monnaie dans la collection Farnese, leguee par P. Orsini). 17. P. 294 (I, 4. 2) Et quelle beaute dans le dessin des lions graves sur les monnaies de la ville de Velia ! 18. P. 297 (I, 4, 2) On voit des chevaux tres bien dessines sur quclqucs monnaies de Syracuse et sur d'autres monnaies... 19. P. 322 (1, 4, 2) Sur les figures de la meilleure epoque de I'art, nous trouvons encore le manteau a plis plats, netlement visibles sur unc Pallas des monnaies d'Alexandre le Grand ; e'est pourquoi la simple presence de tels plis ne suffit pas a allester le style le plus ancicn. commc on le deduit eourammenl [en fait, il s'agit de tdtradrachmcs dc Ptolcmec Sdter au nom d'Alexandre]. 20. P. 334-6 (1, 4, 3) On pent ranger parmi les monnaies les plus ancienncs ccllcs dc quclques villes de Grande-Grece, en particulier les monnaies dc Sybaris, de Caulonia el de Positlonia ou Paeslum en Lucanie. Les premieres nc peuvent etre posterieures a la 72" Olyni- piade, au cours dc laquelle Sybaris fut detruite par les Crotoniates, et la forme des lettres du nom de cette ville indique une epoque encore plus ancienne. Lc bocuf figurant sur ces monnaies et le cerf sur les monnaies dc Caulonia sont d'une forme assez grossierc; sur des monnaies ties anciennes de cette ville, Jupiter de mSme que le Neptune des monnaies de la ville de Posidonia sont d'un travail bcaucoup plus beau, mais dans le style generalcment dit ctrusquc. Neptune (lent son trident comrae une lance, prct a frapper, ct il est nu eomme Jupiter, a ceci pres qu'il a jet6 sur scs deux bras son vetement ramassS, comme s'il devait lui servir de bouclicr... L'em- preinte de ces monnaies est creuse sur une face et en relief sur Pautrc, ce qui doit Stre distingue' du cas des monnaies imperialcs, ou l'empreinte creuse d'une des deux faces est un detaut, alors que les monnaies anciennes portent visiblemenl l'empreinte de deux coins differenls, ce que je peux demontrer sur l'exemple de Neptune. Quancl il est represents en relief, il a une barbe et les cheveux friscs; dans 1'cffigic en ereux, il est imbcrbe ct scs cheveux sont raides; sur la premiere, le vetement pend a l'avant du bras et sur I'autre a I'arriere; sur la premiere, un ornement court tout autour du bord. comme fait de deux cordons ISchcmcnt cntrelaces, alors qu'il ressemble, sur I'autre, a unc couronnc d'epis; lc trident est en relief sur les deux faces. 11 est du reste impossible de demontrer, comme quelqu'un l'affirme sans preuve, que bien apres la 50° Olympiade, le gamma des Grecs rte s'ecrivait plus F, mais C, ce qui introdui- rait le doute et la confusion dans l'idec que Ton sc faisait du style ancien a partir des monnaies. Car on trouve des monnaies sur lesquelles ladite letlre apparait sous sa forme ancienne et l'empreinte y est neanmoins d'une excellente qualitc : je peux ciler. par exemple, une monnaie de la ville de Gcla cn Sicilc, sur laquelle est eerit CEAAZ, avee un bigc et la partie anterieure d'un minolaure. On peut meme demon- trer l'inverse en se fondant notamment sur une monnaie de la ville dc S6gestc en Sieile avec un gamma de forme ronde, dont j'espere demontrer dans la seconde partie de cette Histoire qu'clle fut frappec au cours dc la 134" Olympiade, clone bien apres cette epoque. Que les idees de la beaute ou plutdt le travail plaslique el la quality d'execution necessaires pour y parvenu n'ont pas ete donnfis aux artistes grecs des le dfibul de Part comme l'or l'a ete au Pcrou, e'est ce qu'attcstent notamment des monnaies sicilicnncs, dont la beaute est insurpassable dans les epoques ullerieures. Ce 2007] W1NCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 583 jugement m'est inspire par Pexamen de monnaies rarcs de Leontini, de Messinc, dc Scgcste ot dc Syracuse au irrasee Stosch et on peut voir deux de ces monnaies appar- tenanl a la derniere ville sur la gravure au debut de cette section. La tSte est une Proserpine. Sur ces monnaies, le dessin des teles est comme celui de la tete dc Pallas sur les monnaies atheniennes les plus ancienncs, aucune des parlies n'esl. belle, si bien que la tSle dans son entier ne Test pas non plus ; les ycux sont ctircs ct aplatis; la fente de la bouche se releve; le menton est pointg et prive de rarrondi qui en fait la grace; ct il suffira d'ajouter que les tfites de femmes font presque douter dc leur sexe. II n'empeche que l'autre face est exquise, tant. pour l'empreinte que pour le dessin des figures. Mais dc mcme qu'il y a unc grande difference entre le dessin miniature el le dessin en grand, et qu'on ne peut tirer de Tun des conclusions valant pour l'autre, de m§me il 6tait plus facile de dessiner une belle figurine d'environ un pouce qu'unc tete dc la mcmc taillc. La forme de ces tfites, telle que je l'ai dficrile, a done les caracleres du style egyplien et du style etrusquc, cc qui prouvc que les figures dc ces trois peuples se ressemblent aux epoques les plus anciennes, comme je l'ai indique dans les chapitres precedents. 21. P. 355 (I, 4, 3) Dans la representation de la souffrance, Pextrcmc douleur rcstc enfermee en elle- meme comme dans le Laocoon et la joie passe comme une brisc legerc qui agite a peine les fcuillcs sur Ic visage d'une Bacchante sur des monnaies de Pile de Naxos. L'art philosophait avee les passions, comme Aristotc lc dit dc la raison. 22. P. 363 (I, 4, 3) L'cspcrancc est trcs souvent representee dans le style le plus ancien, comme sur une monnaie de l'empereur Philippe I'Ancien... 23. P. 366 (I, 4, 3) Or cette Iettre se retrouve ailleurs inulilemenl redoublee, comme sur une monnaie rare en bronze de la ville dc Magnesie, avec 1'inscription MATNHT TXOAMZ au lieu de nOAK. 24. P. 392 (I, 4, 4) On pourrait croirc que e'est la tete d'un Ptoldmee Apion, que Pon peut voir sur des monnaies avec de longucs bouclcs tombantes. 25. P. 3% (I, 4, 4) Le travail du bronze concerne egalemenl les monnaies dont l'empreinte differc chez les Grccs scion Page dc l'art. Ellc est peu profonde a I'epoque la plus aneienne el plus en relief a Papogee de l'art comme aux epoques suivantcs; tantftt d'un travail applique, tantot d'une execution grandiose. Quant aux monnaies a deux coins, j'en ai parle plus haut, au debut de la troisicmc section de ce chapitre. 26. P. 470 (II) La monnaie d'or la plus aneienne qui nous soit restec, que Pon croit etre de Oyrenc en Afrique, serait aussi de cette epoque selon Pinterpretation qui en est donnee [reference a un article dc J. Ilardouin]. On dil que e'est Demonax de Mantinee, regent de Gyrene pendant la minorite de Battos IV, contcmporain de Pisistrate, qui la fit frapper. Demonax est repr6sent6 deboul, avec un bandeau autour dc la tctc, duquel partem des rayons, ct une corne de b61ier sur Poreille, landis qu'il lienl une Victoire dans la main droile et un sceptre dans la gauche. Mais il est plus vraisem- blable que cette monnaie fut frappee plus lard pour commcmorer Demonax. 27. P. 474-5 (II) L'art de cette cpoquc est attcste par les monnaies du roi G^lon de Syracuse, et Pune de ces monnaies en or est aussi Pune des plus antiques que Pon ail aujour- d'hui dans ce metal. II est impossible de determiner Page des monnaies atheniennes 584 FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 Ies plus ancicnncs, mais lc style du travail permel de retuter le P. Hardouin, lorsqu'il pretend qu'aucune n'a pu Sire frappee avartt le roi Philippe de Maccdoine, ear on trouve des monnaies dune empreintc vraiment difforme. La plus belle monnaie d'Athenes que j'ai vuc est cc qu'on apelle un quinarius en or, qui se trouve au musee royal Fainesc du roi de Sicile, Boze pretend qu'il n'y a aucune monnaie athenienne en or, ce qu'infirme la monnaie citdc [« quinarius en or » est une expression evidem- ment fautive pour une monnaie d'Athenes. Les monnaies atheniennes en or sont aujourd'hui tres rarcs. II ne semble pas que le Museo Archeologico Nazionale de Naples en posscde un exemplaire, voir D. GallO, 2005, p. 740, n. 24]. 28. P. 511-2 (II) II y a des monnaies de cc prince (Demetrios Poliorcele) et du roi Pyrrhus. dont Pempreinte est de, toute beaute: sur le revers de la plupart des premieres, figure un Neptune d'une extreme finesse, tandis que les monnaies de Pyrrhus ont une tete de Jupiler de la plus noble conception ou une belle tele barbue qui pourrait ctre ccllc d'un Mars. Certains ont pris lantot Pun, tant&t l'autre pour un portrait de Pyrrhus, ressemblancc qui a fail donner le m8me nom a une tetc citeo par Fulvius Ursinus, a moins que ce ne soit la ressemblance avec la tetc d'une grande statue cuirassee (Mars), qui elait autrefois au palais Massimi et se trouve aujourd'hui au Capitole; et reciproquement, on se serf de la statue pour juger des monnaies. 29. P. 512 (II) Pyrrhus est effectivement rcpresente le menton glabre sur ses monnaies, comme Pignorius Pa deja releve. 30. P 523 (II) Peu apres l'epoque d'Agathoclcs, la ville de Segeste en Sicile fit frappcr unc monnaie qui merite quelquc attention, moins pour sa qualjte artistiquc que pour sa raret6 et sa date. On voit d'un colfi une tSte de femmc, qui rcpresente Egeste, fille d'l lippotcs de Troie, de laquelle la ville tire son nom. Sur l'autre cdtfi est un chien, avec trois epis qui signifient la fcrtilite du sol, 31. P. 524 (II) Les dix-neuf ans mentionncs se trouvent incliques sur la monnaie par ZII5, si nous separons les elements dc ce chiffre: car Z ou Z signifie sept ct IB douze ; sans sepa- ration, il faudrait ccriro 10. Je pense que les habitants dc Segeste ont voulu eonserver sur cctte monnaie le souvenir de l'epoque allant dc leur delivrance jusqu'a la conquete dc la Sicile, pendant laquelle leur antique liberte leur ful confirmee contre toutc attente, et qu'ils changcrcnt alors lc nom d'Egeste en celui de Segeste. 32. P. 534 (II) Les monnaies des succcsscurs de ce roi de Syrie ami des arts attcstcnt leur deca- dence et une monnaie en argent du roi Philippe, le vingt-troisicmc a partir de Seleucos, est une prcuvc tangible que Part avail desertc la cour de ccs rois. Tanl la I6te de ce prince que le Jupiter assis represents sur l'autre face ne donnent pas l'impression d'avoir ete fails par des Grees. Plus gcneralement, les monnaies de presquc tous les Seleucides sont plus mal frappces que celles des villes grecques les plus insignifianles, et celles des rois parthes, donl Pficriture grecque est en partie tres elegante, mani- feste deja la barbaric du dessin et de Pcmprointe. II ne fait pourtanl aucun doutc que ces monnaies ont etc faitcs par des maitres grecs, car les rois parthes tenaient a leur reputation d'amis des Grees el faisaient meme figurcr cc title sur leurs monnaies [avec ref. a Spanheim, De praesianlia..., I, p. 467]. 33. P, 541 (II) II y a, dans diffcrcnts musees, des teles qui portent le nom de Cesar, inais aucune n'est absolument idenlique a celle qu'il a sur ses monnaies; aussi le plus eprouve des connaisseurs en antiquites qu'est I'cminentissime cardinal Alessandro Albani so demande s'il existe encore de vraies tetes de Cesar. WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 34. P. 558-9 (II) Quelqu'un qui a eu 1'occasion de comparer des monnaics antiques fail rcmarqucr que les tctcs des empcrcurs figurant sur les monnaies grecques ne peuvenl etre compa- nies avec les memes teles sur les monnaies romain.es, ce qui laisse supposer que les bons artistes gfecs etaient alles a Rome. .Ic me souvions d'avoir vu, entre autres, la monnaie grecque rare avec les teles de Claude et de Pompeia, qui est d'un coin presque barbare. 35. p. 559-560 (II) Quant a la Grece, sa Situation cmpira sous 1c regno de Vespasien, puisqu'elle fut dcclarcc province romaine, et les Athenians perdirent meme le petil privilege qui leur restail de pouvoir frapper des monnaies sans efligie de I'empereur. Sous Domitien, les Grecs semblent avoir joui d'unc plus grandc clcmcncc: alors qu'on nc trouve aucunc monnaie de Corinthe datant du regne de Vespasien et de Titus, il nous en regie un grand nombre datant de Domitien, y compris de la plus grandc forme. 36. P. 571 (II) Jc nc peux m'empecher d'evoquer unc monnaie en or d'une grande rarele qui porte d'un cole la tete de Plotine, femme de Trajan, et de l'autre Matidie, sceur. de Trajan: on I'a payee plus de cent scudi et ellc se trouve au muscc du college Saint- Ignace a Rome. 37. P. 573 (II) La sixieme anncc dc son regno (Hadricn), il entama la serie de ses grands voyages dans presque toutes les provinces romaines el il y a des monnaies des dix-sept provinces qu'il parcourul. 38. R 590 (II) Les monnaies de cet empereur (Commode), tanl pour le dessin que pour le travail, peuvent etre rangees parmi les plus belles monnaies imperiales: les coins fails pour quelques-unes d'entrc elles sorrt graves avec unc telle finesse qu'aux picds de la deesse Rome, qui est assise sur line armure et remet un globe a Commode, On voil en detail les petites I6les des animaux, donl les peaux servaieut. a faire des chaussures. Mais le travail en miniature ne permet pas de juger avec certitude des ccuvrcs de grandes dimensions; celui qui salt faire un petit modclc dc navire n'en est pas apte pour autant a construirc un vaisseau pouvant affronter une mer demonlee: car bien des figures passablement dessinees sur les revers des monnaies des empereurs suivants conduiraient, sinon, a de fausses conclusions concernant I'art en general. Un Achillc passable, quand on le dessinc en petit, aura Pair d'un Thcrsilc, si la meme main l'exo- cute en grandeur naturelle. II est meme vraisemblable, quand les revers de monnaies du 111" siecle sonl d'un travail superieur a celui de la m§mc 6poquc, que l'on s'est servi de poincons anciens. 39. P. 599 Les experts en monnaie observent qu'apres Gallien on nc frappa plus aucunc monnaie en Grcce ; mais plus les monnaics dc cctte epoquc sont mediocrcs tant pour leur titre que pour leur coin, plus on y voit figuree la deesse Moneta; on pense a la frequence du mot « honneur » dans la bouche de quelqu'un dont on a toule raison de suspecter l'honneur. 2. Monumenli antichi inedili, Rome, 1767 Les Monument! antichi inediti spiegati ed illustrati furent publies en 1767 a Rome aux frais de Tauteur. Une seconde edition parut, a Rome toujours, en 1821. Une traduction franeaise fut donnee en 1808-1809: Monumens inedits de I'antiquile, statues, peintures antiques, pierres grave.es, bas-reliefs de francois de callatay [REG, 120 marbre el de terre cuite, expliques par Winckelmann, graves par David... et par Mile. Sibire, son eleve: tr. de I'italien en francais par A. E Desodoards Paris, David, 3 vol. Les citations donnees ci-dessous sont tir6es, ainsi que leur pagination, de Pedition originale de 1767. Prefazione P. Xll ... ma forsc anche d'alcune medaglie, ed in ispecie di clue di Marco Aurelio, nelle quali vedesi scolpita la stessa imagine [tit a Tristan com. hist.]. P. XXII Quindi in un modaglionc d'Antonino Pio mirasi scolpito I'augure Naevio Che taglia la cote [ref. a Vaillanl]. ed in un allro dello slesso Imperadore, Orazio Coclite die trapassa il Tevere a nuoto [ref. a Venuti]. P. XXIII ... e per l'immagine mitologica deesi credere che un tal fatto e stato espresso in un medaglionc di Faustina confortc d'Antonino Pio [ref. a Venuti)... Ilperche non so persuadermi che sia lavoro slalo fatto dagli antichi un medaglione non solamenle non vedulo da me, ma ne tampoco da chi ce ne porge notizia [ret. a Vaillant], nel cui rovescio dicesi da costuicsscrc stato per una parte ritratto Marco Coriolano alia testa dell'armata in atto di combattere contro la palria. e per l'altra la madre di lui e la conforie che gli si sanno incontro co' lor figliuoli. P. XXIV II simboio dell'idea di questa qualita vedesi in un rarissimo medaglione della citta di Filadelfia coniata col ritratto dcll'lmperador Trajano Dccio [ref. a Vaillant], espressa in trc figure, rapprcscntanti, Puna Ifigcnia, che porta via il simulacra di Diana dal tempio di questa Dea, il quale parimenle e ivi accennato; le altre due figure sono Oreste e Pilade; e quest'immagme vicne nclla stessa mcdaglia spicgata per 1'epigrafe OMONOIA, Concordia, vale a dire uniformita di pensieri e di volere, ed allude al nome della stessa citta di Filaedlfia, che signifies l'amore tra fratelli e sorelle. Questo rovescio del suddetto medaglione non e stato finora, per quanto io sappia da veruno spiegato, ne anche da colui che 1'ha pubblicato. Trattato preliminare P. XLVtll Laonde rimetlo al discernimento del lettore il giudicare, se la Providenza espressa in una mcdaglia dcll'lmperador Aureolo, la quale sta con le gambc incrocicchiate [ref. a Tristan], possa parcr che abbia 1'impronta dell'antichita. P. 1.XI I monumenti piu antichi dell'arte greca che altrove si trovano fra le medaglie di diverse citta, come quelle della Magna Grecia, di Sicilia, d'Atene, e di Tebe, nellc quali se scoprono ancora i principi e 'I noviziato del discgno, ... poiche le prime medaglie di quelle due citta pare che fiano state coniate piu tardi che quelle di questi paesi; e con ragtone, essendo questi in que'primi tempi stati motto piu floridi della Grecia medesima, e per cio piit potcnti nclla cultura dcH'arti. Le figure adunquc rapprcsentatcci in cotestc medaglie dimoslrano che le idee della bellezza erano, siecome I'oro al Peru, non proprie e connalurali degli arlefici Greci, i primi de'quali, benche atti a concepirle, non erano pero ugualmente abili ad esprimerle e a dtsegnarle. Nulla- dimeno in quelle medaglie benche coniate fra popoli greci rimoti l'uno dall'altro, si ravvisano le stcssissimc idee quanto allc forme, e le maniere stessissime del disegno ; di modo che la testa che nelle piu anliche medaglie d'Atene e stata improntata per quella di Pallade. sembra esser sorella di quella della Proserpina che si vedc nellc 2007| WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 587 piu antiche medaglie di Siracusa. L'orbita dcgli acchi nclla testa dell'une e dell'altre e schiacciala, e la loro diriltura e tiraata in su ; la deelivita del profilo non c punto awenente, la bocca 6 senza grazia e'l mento e meschino; come quello che or e tirato in denlro, or e lungo e senza convessita. Le figure delle medaglie di Crolone, di Sibari, di Posidonia, e d'altre cilia della Magna Grecia coniate in quel noviziato dcirartc, son talora, come i simulacri degli Egiziani, disegnate con de'eontorni poco o nienle diversi dalla linea diritta; c questa c la cagione per cui le tengo per piu anliche di tutle Paltre. Una forma di vollo cosi divisata in queste medaglie e simi- lissima a quella della slatua d'un antichissima Palladc csistcntc nclla villa dell'Emi- nentissimo Alessandro Albani, che riporlero al Num. 17. ed a cui, ecccto la testa, pcrchc la manca. e simi(li)ssimo il torso di'un altra Pallade. esislenle appresso lo scul- lore sig. Pietro Pacilli. P. lxii Dalle medaglie di questi tempi debbesi pero escludere in primo luogo quella col nomc <l>IAO: dal Bcgero, e dallo Schotto erroneamente attribuita a Fidone, che fece coniare lc prime medaglie ncll'isola d'Egina, novecent'anni prima dell'era cristiana. Oltre il mio avvertimento, tin sagacc indagatore di quello genere d'antichila, dalla forma dello scudo espresso in si fatta mcdaglia. c dal conio medesimo, gia ne ha mostrato, ch'ell'e di Tebe, e de tempi in cui Parte fioriva [avec renvoi a Barthclcmy, Recherches sur quetques medailtes, M6moires de I'Academie des Inscriptions, 26, p. 542]: siccome a medesimi primi tempi non si vuol riferire un'altra medaglia di Cirene in Affrica. che l'Harduino pretende essere slal coniala da demonace reggente della stessa citta ; cssendo gia stata dimostrata la falsita di quest'asserzione. P. 3 (I, 1, 2) Apollo veniva effigiato col fulmine, in particolare dagli Assiri e dagli Eliopolitani, ed in una mcdaglia di Tina citta di Acarnania vedesi al suo lalo un fulmine con le ali; percio slimerei che la testa laureata col fulmine in alcune medaglie Romane sia Apollo, non Giove disbarbato, come vuole Begero [ref. a Tristan, com. hist., Goltzius et Bcger] [passage rcpris ct enrichi de la Geschichte, p. 173-4], P. 4 (I, 1, 2) Ercole comparisce col fulmine scolpitogli allato in una rara ed antichissima meda- glia d'argento dell'isola di Nasso [voir Geschichte, p. 174]... Palladc « Ipsa Jovis rapidum jaculata e nubibus ignem» vedesi cosi in alcune medaglie, fra le quali sc ne trova ncl musco del sig. Duca Caraffa .Noja a Napoli, una rarissima della citta di Bitonto, con una civetta da una parte, col fulmine dall'altra [avec rfif. il Pellerin]. P. 5 (I, 1, 3) Vulcano e effigiato in eta di giovinetlo senza barba, cosi come ncl'tcmpi antichis- simi furono talora figurati Giove ed Esculapio. Si trova altresi egli disbarbato in patere, ed in gemme etruschc, in medaglie grcche dell'issola di Lipari esislenti nel museo del sig. Duca Caraffa Noja a Napoli, ed in medaglie Romane [ref. a Vaillant], e in lucerne [reprise litterale de la Geschichte. p. 194: «Dans les temps les plus anciens, Vulcain fitait reprfisenle sans barbe comme Jupiter et Esculape, tant sur des pateres et des pierrcs etrusques que sur des monnaies grecques de la ville de Lipari que Ton peul voir dans le muscc du due Noia Caraffa a Naples, de mSme que sur des monnaies et des lampes romaines »]. P. 9 (I, 2, 1) Con scettri ornati di aquile sono effigiati Diocleziano e Massiminiano in una medaglia di Bizanzio, ed in un medaglione in segno deirimperio tra ambedue diviso [ref. a Harduin, Venut. Num. Vatic. Alb. et Wilde]. P. 10 (I, 2, 2) ... simile in cio a due medaglioni di Probo [avec ref. a Vaillant] [revctu do I'egide]. 588 FRANQOIS DE CALLATAY [REG, 120 P. 11 (I, 2, 3| ... con lo slesso ornalo [ujie fleur] trovasi lo scettro di Giunone in dciversc mcda- glie [l6L a Goltzius el BegerJ. P. 12 (1. 2. 4) ... e come tale effigiato in alcunc medaglie della citta di Dralli nclla Lidia. ed in quelle di Mida. citta della Frigia [reT. a Hardouin]. in cui la figura di queslo liio e accompagnata da tre cani di caccia [voir la Icttrc a Heyne du 28 dec. 1765]... |sur Chiron] c tiene negli altigli una lepre nellc medaglie di diverse citta grcclic, partico- larmenie in quelle di Girgenti c di Locri (ref. a Goltzius]. P. 13 (I, 2, 4) ... e vedesi in una medaglia cosi espresso eon de'cervi e de'eani [ref. a Tristan. Com. Hist.]. P. 17 (I. 4, 1) Giove assiso in un'alta scdia posa il piede sinistra sopra un globo, per figurare ii suo governo di tutto il mondo, ed in modo simile egli 6 espresso nelle medaglie col prcdicato di PRAEF. ORB. [reT. a Spanlicim] che pud spiegarsi Prael'eclus Orbi: ma quanto ai marmi, il Giove del prcscntc monumento e Punico che sia stato rinvenuto. Se poi parliamo di Giove bambino, queslo trovati assiso sopra il globo del mondo anche in una medaglia di Trajano [reT a Tristan. Com. hist.]. P. 22 (I, 6. 1) ... ma anche la Giunone di Sarno. e quella di Sardi nelle medaglie [ret", a Num. Mus. Pisan.|, portano un ornamento simile in capo... Quel che sembra inodio in capo di un' altra deita donnesca in una medaglia [ref. a Spanheim]. fata forsc l'istcsso Iiutetov. P. 25 (I, 7. 1) In alcune medaglie deirisola dc Uelos. ed in un bassorilievo posto ncl cliiostro di S. Paolo fuori le mura, vedesi Diana sopra un carro tirato da due buoi, i quali erano quelli del Sole ad esso conl'ragrati. P. 26 (1. 7. 2) Veggonsi parimcnte espressi degli occhi alia prora in una medaglia di Siracusa [ref. a Goltzius], cd in un'allra di Demctrio Re di Siria [ret a Goltzius], come allc prorc in trc medaglie di Pompeo [ref. a llavcrcamp. Num. Reg. Christ.|; in una delle quali che trovasi incisa Del musco Farnesiano (ref. a Pedrusi], non si c capito che cosa sia queH'occhio, pcrche egli ha la figura di un ccrchictto con de' raggi atlorno. P. 29 (I. 7. 4) Si c crcduto di vedere in una testa che gctta dell'acqua in una medaglia della citta di Celsa nelle Spagne, accennato fino il liume Ebro |rcf. a Pcllerin]. P. 30 (I, X) Ncmcsi, o la Dea della giustizia distributiva (secondo Platone messagicra della giustizia) e figlia della Fortuna. vedesi frequenlemente nelle medaglie \r6S. a Buonar- roti]. P. 39 (I, 13. 1) La zappa che ha FAmore in qualche intaglio o camnico, ed in alcune medaglie d'Albino e di Seltimio Severo [ref. a Vaillant], presa da alcuni antiquari per face rovesciata. non e da considerarsi come un eapriceio e un mero giuoco dcH'imagina- zion degli artcfici... Lo Scaligero nota una medaglia deirisola di Scio, ove dalla parte diritta era figurata una sfinge, e nel rovescio una zappa con l'epigiafe : AAMflPOE- XIOI, ch'eia forse il nome d'un qualche celebrc atleta di quell'isola, chimaro Lampros, Non voglio negare pero, che nell'Amore figuralo cosi, non vi possa essere c|ualche altr'allusione, quale infra le tante e quella deiragricoltore di questo verso di Nonno... 2007] winckelmann et les monnaiks antiques P. 43 (1, 15, 3) Considerate questo marmo comme un monumento publicco, potrebbe riputarsi immagine simbolica di qualche; vittoria navalc, la quale veclesi simboleggiata nella Scilla in alcune medaglie di Sesto Porapeo [ref. a un memoire de Le Beau]. P. 47 (I, 17, 2) La rarissima mcdaglia d'argentd del Re Antigono i. soprannominato Sotere, nel museo dell'autore, al Num. 41. e Tunica riportata in quest'Opera, non c stata, per quel chc si sappia, pubblicala. Simile a questa, anche in quanto all'cpigrafc del rovescio, e la medaglia dell'istessO Re rilerita dal p. Froelich, sebben clla non e del medesimo eonio. lo la do disegnata con la maggiorc esattezza e nell'istessa grandezza, non tan to a motive della figurina d'Apollo nel rovescio, quanto in riguardo alia testa dalle parte diritta. Quesla lesta in delta medaglia, nel citato libra nial disegnata ed incisa, sembra esser corrosa, perchc i'autorc non ardisce afferire con certezza di quale specie sia la corona, chc cingela ; gli sembra pero composta di foglie di carina, c percio i'attri- buisce a Nettuno. Ma egli non avra osservato, chc Ncttuno, nelle sue statue ed in altre sue immagini. non si trova mai coronato di foglie di canna, le quali non distin- guono lui, ma le teste dc'Tritoni c d'altri Dei inferior! di mare: Nettuno ha, come Giove, la chioma legata con una stretla benda. Nella medaglia chc esibisco, la quale c conservatissima, e d'un conio fuori del folito rilievo, vedesi la corona forinata di foglie d'ellera ; e potrebbe acccnnatc un Silcno, se con Sileno accordar si potesse Apollo, c l'idca medesima della testa con altre imagini di questo tutorc di Bacco. P. 48 (I, 17, 2) Questa Dca scorgesi in medaglie deU'isola di Qtera [ref. a Goltzius] con un arco nella mano sinistra: e con una freccia, ed un porno nella destra. P. 50 (I, 17, 3) I.'uno e Paltro fiume veggonsi espressi in un medaglione di Gordiano il giovane, e la figura del Marsia tiene allusivamente una tibia nello mano destra. In alcune medaglie della cilia d'Apamea la figura di questo fiume tiene una tibia in ciasche- duna mano [ref. a Pcllcrin]... Apollo che s'impone una corona di Lauro, effigiato cosi in una medaglia di Tessalonica [ret. a Wilde], sembra alludcre alia vittoria riportata sopra Marsia nella suddetta contcsa. P. 57 (i, 19, 1) Percio veggenddosi nel rovescio delle medaglie di Apollonia, nel cui diritto e effi- giata la testa di Apollo, espresse trc figurine donnesche, panneggiate e danzanli tntorno ad un focone che ardc, reputo io probabile ch'esse rappresentino le tre Ore, per 1c quali nel predetto fuoco e simboleggiato l'irwerno, non le trc Grazie, come dubitando propone Nonnio |ref. a Goltzius]. P. 67 (I, 21, 3) Due dardi in mano di Bacco in una medaglia MAPONI'iun, presi per un tirso da Nonnio, sono allusivi agli cpitcti suddetti [ref. a Goltzius]. P. 69 (i, 22, 1) ... ed alle quali son simili diverse teste che si veggono in alcune medaglie, e che dal Nonnio [ref. a Goltzius] sono state prese per quelle di Bacco... La testa que vedesi in una medaglia di Girgenti in Sicilia con u ramo d'ellera chc le circonda la chioma, e che dallo Spanemio [ref. a Spanhcim] credesi essere il ritratto d'un vincitore ne' giuochi pubblici della Grecia, sicche egli abbia a stabilirsi che tali vincitori portassero de' diademi; quesla (esta, dico, mi sembra parimente esser di Leucotca ; e mi sovviene d'aver veduto la slessa medaglia originale. molto divcrsa dal disegno fattone far dal Parula senza gusto e senza intendimento: sicche non e maraviglia, se lo Spanemio che si c attenuto a questo disegno, n'e stato ingannalo, prendendo per testa d'uomo quella d'una feminina. Per altro nelle stampe delle medaglie suddctte il sesso per lo piu dalle teste non pud ravvisarsi, l-'ranqois de callatay [REG, 120 P. 84 (I. 25. 1) I] cervo rappresentato in una medaglia di Salonina moglie di Gallieno, con l'epi- grafc : rVNQNI.CONS.AVG |rcf. a Vaillant] sembra rappresentare il cervo di cui si tratta [ref. a Tristan com. hist.], e pud somministrare una conghiettura per riconoscer Giunone in una statua della villa dell'F.minentissimo Alessandro Albani... In virta de' monumcnti citati sembra piii probabile, chc una Dcita con la veste lunga. con I'asta ncila destra, e un piccolo quadrupede nell'altra mano, espressa in un meclaglione cli Antonino Pio. possa riputarsi Giunone col suddetto cervo in mano, anzi che Diana... P. 95 (I, 25, 5) Cio ammcsso, si supponga Ercoic in atto di ajnsiderar qucsta pictra, e di mcttcrla sopra l'ara di Pallade, la quale ha una forma, che torse non s'incontra ne'monumenli ne greci ne etruschi, essendo similissima ad un' ara accesa in un' antichissima meda- glia Pcrsiana col carattcrc propria di qucsta nazionc, ncl musco del sig. Francesco Alfani Napolelano a Roma. P. 103 (I, 27, 5) Una sfingc cli qucsta fatta serve d'ornamcnto all'clmo di Pallade in una medaglia greca d'argento della citta d'Elca nella Lucania, da'Romani delta Velia ; cio che non e. stato osservato dal Golzio nel pubblicare in istampa la stessa medaglia [ref. a Goltzius], P. 109-11 (II, 1, 1) La stessa iscrizione del nostro intaglio vedesi intorno a un' aquila che posa sur una clava ncl rovescio d'una medaglia di Pcsccnnio [ref. a Boze]... sicchc una tal distinzione, potrebbe combinarsi col tipo d'una medaglia di Tiro citta della Fcnicia: sebbene, non polendosi climoslrare che la medaglia, di cui si tratta, sia di Tiro, pud dubitarsi, ch! ella sia stata coniata in qualche citta d' Egitto... a Giove Serapide, la cui testa accompagnata da un' ibis in una medaglia Egizia [ref. a Havercamp, Num. reg. Christ.]. P. 113-4 (II, 4) II capello in un epigramma greco e chiamato simbolo de' viandanti, e cosi come Zelo e Mercurio lo porta Apollinc in alcune medaglie [ref. ft Beger), per dimostrar l'abito da pastore ch'egli usava quiindo serviva il Re Adtneto... P. 136 (II, 12, 7) quindi Filostralo paragona con la lira Punione ch'era fra Vespasiano e Tito, ed in una medaglia viene in due lire espressa Punione di Ncrva con Trajano da lui adot- tato [ref. a Tristan Com. hist.]... Ir.oltre la lira era stata attribuita fin'alla Dea della giovenlu, la quale scorgesi figurala in atto d'appoggiarvisi sopra col gomito sinistro in un medaglione d'Ostiliano |ref. a Num. mus. Pisan.]. P. 178 (II, 17) Nella base della eolonna Trajana veggonsi cosi falti elmi de'popoli barbari; sebbene in alcune medaglie si trova 1'immf.gine di Pallade con un clmo formato nella stessa manicia [ref. a Beger]. P. 184 (II, 18) L'osservazione poi fatta dal Vaillant della mancanza di quella mammella in un'Amaz- zone, improntata nel rovescio d'una medaglia di Gallieno [ref. a Vaillant], ne tampoco essa merita d'esser attesa, per la picciolezza di tal figura, forse anche corrosa, ed atta percio a far nascere delle suppisizioni e prendere una cosa per un'altra... Sedotti dalla stessa prcgiudicata opinionc han creduto alcuni eruditi da una sola mammella talor veduta a qualche figura, spacciark per un Amazzzone, come ha preteso il Seguino per quella ch'e' vidde in una medaglia di Smirna [r6i. a Spanheim], WINCKELMANN ET LBS MONNAIES ANTIQUES 591 P. 186 (II, 19) Una cli qucstc citta chiamata Cibira (CIBYRA) ivi e figurata da Amazzonc. vantan- dosi essa probabimente, comme si fa anche delle Smirne [ref. a Boze) e di Mirina, d'esser stata fondata da uif Amazzone. P. 187 (II, 19) sicche pud figurarne il fiume Caislro, come il capo di Sipilo, espresso in alcune medaglie della cilia di Magnesia (reT. a Hardouin), ne accenna la moniagna vidua... Teneva poi ella nella mano destra un ramo di mirro, come lo tiene una sua figura in alcune medaglie [ref. a Goltzius], per alludcrc al nomc suo. P. 190 (II, 23) Lo stesso eroe figurato nelle medaglie di I^ocri sua patria, in atto di combattcrc [ref. a Goltzius), c preso erroneamente da Nonio per un pugile o sia Iottatore... P. 201 (II, 30) 1 sacrif'ici fatti sotto gli alberi furon considerati come maggiormente grati agli Dei; quindi fino nelle medaglie [ref. a Tristan Com. last.] vedesi talora espresso qucsto cullo sotto un albcro. Lc statue di certe Deita, come quelle della Diana del noslro marmo, furono, siccome anche le are su cui si sarcificava, collocate sotto gli alberi [ref. a Vaillant]. P. 218 (II, 34) Si trovano altresi medaglie del Re Fintia [reT a Beger], di cui pero non sappiamo se no il nome, e pur le medaglie si crede che fieno state coniate in Sicilia, P. 220-1 (III, 2) imperciocche si trova, per esempio, in una rara medaglia della cilia di Magnesia in bronzo la parola IIOAI2 scritta flOAAIX: la citta fondata da Filottete nella l.ucania trovasi scritta Petilia c Pctillia... II nome del clittatorc Silla vedesi in alcune meda- glie espresso ora Sulla, ora Sula [ref. a Spanheim). P. 229 (III, 9, 2) I Corinti vollcro conscrvarc la costui mcmoria fino ne'monumenti pubblici, quindi si hanno delle medaglie, infra le quali ve n'e in parlicolare una piccola di bronzo con l'effigie dell'imperalor Lucio Vero, nel dritto, e con la figura di questo Blosofo, assise sopra il suo dolio, nel rovescio [ref. a Boze|. P. 234 (111, 13) Convien per altro dislinguere i fasci detti laureali da quelli che avevano le corone d'alloro appose, come vedesi in alcune medaglie [ref. a Spanheim]. P. 258 (IV, 9, 3) la quale ha conservalo questa memoria nelle sue medaglie, con un corvo posto sur una cassetta [ref. a Tristan com. hist.]. P. 273 (IV. 15) Se poi qui questa pertica si vede cosi pendente, com'anche se cosi pendente ell'e ncll'altra di Paride. in quella che hell palazzo Farncse nc indica la costcllazionc degli Argonauti, come dissi poc'anzi, e in un medaglione delPImperador Commodo conialo in Nicomedia [ret. a Num. mus. Pisan.]. P. 275 (IV. 15) sebbene non vuo' percio astenermi dal dire che il coccodrillo possa essere nella nostra nave, come nella medaglia della Colom'a Nemausus nella Gallia, un segno dciriigitto soggiogato [ref. a Vaillant]. FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 P. 276 (IV, 15) tanto piii chc v'c molta relazione con lc navi che si veggono impresse in alcunc mcdaglie degli stessi due soggelli, M. Antonio, e Cleopatra, e con un limone e una poppa posli sotto al ritratto di qucsta Kcgina in alcune altre medaglie dell siessso Triunviro [rcf. a Tristan com. hist.]. P. 280 (IV, 15) ... la torre alia prora vedesi espressa in una mcdaglia d'Auguslo [reX a Havercamp|. 3. Correspondance On renvoit systematiqucment a la publication et a la numerotation de la correspondance domiee dans Wallher Rehm (ed.), Johann Joachim Winckel- mann. Briefe. In Verbindung mil Hans Diepolder herausgegeben von Walrher Rehm, 4 vol., Berlin, Walter De Gruyter & Co. 1952-1957 (vol. 1, 1952: 1742- 1759; vol. II, 1954: 1759-1763; vol. Ill, 1956: 1764-1768 et vol. IV, 1957: Dokumeme zur Lebensgeschichte). Quand il etail possible, on a cru utile de donner la traduction francaisc telle que publiee au xviii'' s.: ne fiit-ce que pour prendre la mesure de ses imperfections. 31 (sic!) juin 1757 (Rome) 178. Bianconi (Rehm, 1, p. 288) Lo sludio delle Medaglie non e toccato fin'adesso per conosccrvi lo slile e per supplire la scala delle notizic chc ci mancano. I sensi de 'Letterati pigliano non so che di callo e indiffcrcnti a qucllo chc gli offre la Nalura vanno ritracciando il rimoto c astruso. O sc Ella vedesse la testa di Proserpina in alcune Med. d'arg. di Siracusa ! Che bellezza sovrumana, discesa dal cielo e impossibile a conccpirsi nclla fantasia moderna. Vi si riconosce la sorgente dclla bellezza, Iddio, e lo spirilo si solleva lino al Creatore. 17 dtccmbrc 1757 (Rome) 200. Stosch60 (Rehm, I, p. 323) Vor cinigor Zeit kauft ein junger Mahler von einem Bauer ftir etliche Bajocchi 2 Sicilianische Miinzen mit 2 kopfen die wunderbar und gottlich schorl sind. Dcr cine ist ein kopf des Hiero von Syrakus, folglich isi die Miinze vor dem Phidias gemacht. Seit cinciger Zeit habe ich angefangen die Miinzen zu sludiren, aber vornchmlich in der Absichl, dteselben zur Kennlniss des Stils in dcr Kunft in jeder Zeit zu gebrau- Chen ; daher hat dcr Cardinal Archinto seit ciniger Zeit viel Anliiufe von mir aus- stehen miisscn, mir die Gelegenheilen zu einigen eigensinnigen Romischen Prinzon "' Philipp von Stosch (1691-1757), qui decfida le 6 novembre 1757 a Florence, est celui qui avail recoramand^ Winckehnann au cardinal Albani. La correspondance poste- rieure a cette date, et qui a disparu dans lc bombardement de Berlin en 1945, est adressec it Hemrich Wilhelm Muselius-Stosch (1723-1782), neveu et heritier du premier. 61 Bibliothecaire de I'historien Heinrich von Biinau, au chateau dc Nothnitz, pres de Dresde, la mSroe ou Winckclmann passa les annces 1748-1754 avartt son depart pour Rome, Johann Michael Franckc (1717-1775) a laisse son nom dans 1'histoire de la bibliotheconomie pour avoir mis au point un nouveau systeme de classement. Ami et parfait contemporain de Winckehnann, il riidigea I'index dc la Gexchichle (voir M. Miihlner, « "Der erste Bibliothekar, den Dcutschland jc aufzuvveisen halte", Johann Michael Franckc », Buck und Bibliothek, 52, 2000, p. 240-5). 4 fcv. 1758 (Rome) 201. Franckc*'1 (Rehm, I, p. 324) WINCKELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 593 zu machcn. und durch dieses ungesliime Suchen hnbe ich erfahren. dass Miinz-Cabinct dcr Koniginn Christina, welches Havercamp beschrieben, und welches man in Rom, im Pallasl ties Prinzei) Bracciano. zu schn glaubte, nach Spanien verkaufl worden. 8 fevrier 1758 (Rome) 203. Stosch (Rehm, I, p. 335) Die bczcichntcn Augen auf Miinzen sind sehr alt und auf den besten giildencn Miinzcn vom Alexander zu sehen [sur la maniere do rendre les yeux, voir Geschichte, p. 285-6]. 31 mars 1758 (Naples) 207. Bianconi-Rauch (Rehm, I, p. 343) Das A hat zwar auf den sehr alten silbcrncn Mtinzen dcr Stadt Kaulos [ret. au cabinel du due de Noia] in Grossgriechcnland, auf welehen nur die eine Zeite, und zwar hohl gepragt ist, fast eben di Gestall; den auf einigne stehet kavlo; auf andcrn ist A umgefehrl, KAVAO; auf Miinzen von Metapont in Grossgriechenland ist es eben so gezogen: META : aber die oben hcrvorhcrgohende Linie machel den Unterschied, und scheint die ncuc Forme anzuzeigen... Den diese Legend an dem Berge Vesuvius ist nach dcr Vcrschiittung des Herculanum nicht ode geblieben, sondern bewohnct wordon: wie aus spatern Miinzen und nahmentlich aus einem Hadrian in Gold, welche in dem unterirrdisehen Herculanum gefunden sind. zu bewcisen ist [version allemande de la mSme lettre en italien a Bianconi (voir n" 212: qui ne reprend loulefois pas la mention de la cite de Metaponte ct la reference a la collection du due de Noia)]. 13 inai 1758 (Rome) 211. Bianconi (Rehm, 1, p. 355) A Napoli mi son txattenuto giornate intiere a Capo di Monte fuor la Citta. Questo e un Palazzo principialo da S. M. ma lasciato impcrfetto... I libri e i MSS. slanno aneora ammucchiati. ma i quadri migliori son disposti: la raccolta amplissirna di Meda- glie Greche ero mio continuo trattenimenlo. e ne ho cavato lumi insigni per fopera che sto per dargli 1'ultima mano. 13 mai 1758 (Rome) 212. Bianconi (Rehm, i, p. 359) Io convengo che 1"A abbia quasi l'istessa forma nolle mcdaglie antichissime della Citta di Caulonia in Magna Grecia : in una sta scrilto KAVLO ; in un'altra coll'A inverso KAVLO: Ma la linea che spunla fuore su A fa la differenza c gli da I'aria piu moderna... Imperocche il paese a pie del Monte Vesuvio non c rimasto desolato dopo la sommersione d'Ercolano. Cio vien provato da Mcdaglie posteriori, e fra l'allre da un Adriano in oro, cavate dalle ruinc d'Ercolano [« Je conviens que i'A. des plus anciennes monnaies de la villc do Caulonia, dans la Grande Grece, a presque la meinc forme : sur l'une de ces medailles, il y a, par exemple, KAVAO; ct sur unc autre (avec 1'A renverse), KAVAO, dont le jambage qui depasse par lc haut fait la difference el lui donne un air moins ancicn (nb: plus modeme)... car 1'endroil au pied du Vesuve n'a etc detruit (en realite, "n'esl pas resle desole'') qu'apres l'attc- risscmcnt ("sommersione" = l'engloutissement) d'Hcrculanum. Co fait est prouve par des monnaies poslerieures, particulicremcnt par unc medaille d'or d'Hadrien, qu'on a trouvee dans les ruincs d'Hcrculanum» (trad.: Recueil de lettres de M. W'inckei- mann sur les decouvertes faites a Herculanum, a Pompeii, a Stabia, a. Caserte & a Rome, 1, Paris, 1785, p. 240-1)] [207 et 212 sont deux versions de la mcme lettre donnee en allemand et en itaEenJ. 20 mai 1758 (Rome) 217. Stosch (Rehm, 1, p. 371) Meine vornchmste Beschaftigung ist a Capo di Monte, und sonderlich unter den griechischen Miinzen gewesen. Ich bin unter andern 3 ganze Tage vom Morgcn bis an den Abend da gewesen, und der P. della Torre lies beshalb die kiiche daselbst machen. Fin mai-ilebul juin 1758 218. Bianconi (Rehm, I, p. 372 et 374) La Medaglia piu antica in cui si trova il scritto oi, quahto ho polulo rintracciare, e del Re Polcmon di Ponlo in argenlo eoU'epigr. BAClAEroS FIOAEMiaNOS (nel Musco FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 de'Franciscani a s. Bartol. ncll'Isola). Voler giudicare dall'elegahza sola del carattere puo indurre in orrori. Ho vcduto Medaglie (nel Museo Faucault a Napoli e in quella delle Regina di Suezia in casa Bracciano) de'R& de'Parti con un carattere elegante ma d'un disegno e improto pitt chc barbaro. Ma anchc sull'eleganza saiebbero da stabilirsi certe regole v.g. I punti o globetti aU'estremita delle lettere greche princi- piano al lempo d'Alessandro Magno e (anno il carattere mcno elegante che non era prima. Se Dio mi prcsta la Vita ho destinato di scrivere una Palaeographia de Meda- glie... (p. 374) Un'Ercolc giovane e barbuto si rassomiglia nelle medaglie Greche e in quelle di Capua e Tiano (nel Museo del Duca di Noja a Napoli) coll'iscrizione erroneamente stimata Etrusea [inscriptions osques des monnaies de Capouc et de Teanuni (2 legendes presentees a la suite Tune de l'autre)]. [La plus ancienne medaille, du moins autant que je saclic, sur laquelle se trouve un to, au lieu d'un £2, est cclle de Polemon, roi de Pont, avee cetle inscription: BA£1- AEfflZ nOAAEMcoNTOZ. Elle est dans le cabinet des peres Franeiscains, a San Bartho- lomeo airisola. II est facile de se tromper lorsqu'on ne vcut juger que d'apres l'elegance des caracteres. J'ai vu dans lc cabinet de Faucaulti a Naples, ainsi que dans le cabinet dc la rcine de Suede, chez le due de Bracciani a Rome, des medailles des rois de Pont (sic.'). dont les caracteres sonl d'une grande elegance, mais dont lc dessin ct le coin sont plus que barbares. A l'^gard de la beautc nicmc des caracteres, on pour- rail etablir quelques regies : les points ct les boules aux bouts exterieurs des carac- teres grccs, par cxemple, commencerenl il Sire en usage du temps d'Alexandre le Grand, et dterent beaucoup de l'elegance que ces caracteres avaicnt cue jusqu'alors. Je me suis propose d'ecrire unc Palcographic numismatique, si Dieu m'en accorde le temps... (p. 265) La figure d'un autre Hercule plus jeune el. avec unc barbc plus fournie, ressemble parfaitement a celle de ce heros qu'on voit sur les medailles grecques de Capoue et de Teano, qui sont dans lc cabinet du due de Noi'a a Naples. La medaille de cette dernicre villc portc ccttc inscription (lettres osques) (trad.: Re.cue.il de lettres de M. Winckelmann sur les decouvertes Suites a Herculanum, a Pompeii, a Stabia, a, Caserte & a Rome, I, Paris, 1785* p. 245-6 et 265) (traduction a nouveau fautive ou approximative en maints endroits). 1st derjenige der iiber das Gross-herzogliche MUnz-Cabinet gesesst ist, ein Mcns- licher Mann und konnle man mil Musse die Munzen dasclbst schen ? Haben Sie oder finden Sie Nachricbt von dem Miinz-Cabinet von Faucault, welches aus Griechischen Munzen bestchct und von dem letztcn Herzog in Parma gekauft vvurde ! Ich wtinschle cine klcinc Nachricht. Mi-juillet 1758 (Rome) 222/V. Bianconi (Rehm, 1, p. 3S6-7) I seccatori finiscono sempre con se stesso. Si compiaccia di sentire qualche cosa di mia fattura. Prcgno che sono della mia opera non posso far a sono di communi- carle un squarcio a proposilio del raccotnmandalo studio delle Medaglie Parte I. Cap. I. Sect. I [voir Geschichte, I, 4, 3 = D. TASSEL, 2005, p. 336] intorno alio Stile avanti di Fidia - Se i Grcci non molto I'Olimpiade L commenciassero di scrivere I' in vece di C [v. Rcinoldi Hist. Letter. Gr. et Lat. Oxon (queslo Libro e rarissimo. Non ne sono stampate che 250 Esempl. e una gran parte s'£ affogata nel mare. Monsigr. Giacomelli ne tiene 1'unico esemplare a Roma...)J. Imperochc una Medaglia di Gela in Sicilia, (ilinome della Citta c scritto CEAAS) con una biga e la parte davanti d'un Minotauro. e d'un disegno e conio al pari de'secoli migliori. Una Med. di Corinlo con una bellissima testa di Pallade e forse piu antica ancora ; il K essendo scritto J. Si metta in confronto con qucstc, due altrc Med. di Siracusa coniate prima chc lc Arti florisscro a giudicarne dall'Iscrizione. i;VPAVOXIOM. Una Med. de Posi- donio o Pesto al Sino di Salerno e d'un conio insigne. Si giudichi della forma dcll'ca- rallere: TOMESD (questa Med. veramente unica e nel Museo del Duca di Noja a Napoli). Alcuni (o si puo dire tutti) pretendono che nelle opcre di rilievo il poco risalto delle figure a guisa delle due opere sopraccennate sia un contrassegno d'An- tichita rimota a dello Stilo anlichissimo. Ma siccome parecchie Medaglie antichissimc 27 juin 1758 (Rome) 220. Stosch (Rehm, I, p. 380) 2007] WINCKELMANN ET LES MONNAIES AN TIQUES 595 sono d'un conio mollo rilievo, la testa di Palladp. in una Mod. d'Atane (ins. rOMESD) e di Turjum in Magna Orccia e d'un risalto particolare, aggiunta che il Iregio del Partenion d'Atene, c del Tempio di Teseo fabbricato poco dopo la battaglia di Mara- tone [v. Pausan.] e d'un lavoro molto rilievo, non posso conformarmi al lor parere, E da notarsi chc lc Med. Gr. con teste in faceia o siene aniichissime e del primo Stile, o sc ineontrano posteriori con tali teste, sono da riputarsi coniatc in parti dclla Grecia, ove le Arti non hanno preso piede, o non si sono raffinate. Di questa sorle sono due Med. di Beotia. una di Pconi con una testa galeata feminile e un cavallo ben coniato ncl rovescio col nomc ATAOAE°NT"£, una di Caria col nome 0ONTO- riATO. Lc Med. Gr. del Secolo migliore anno teste di profilo, toltone quella colla faccia del Sole, come sono quelle di Rodos e di Larissa : il Sole cssendo scmprc rappresentato in faccia per via del significato [BONTOI1ATO = Rhoontopates, dernier satrapc de Caric avant Parrivee d'Alexandre], Juillet 1758 (Rome) 223/11. Bianconi (Rehra, -I, p. 388-91) 223/11. Del Museo Reale. a Capo di Monte a Napoli In questo Palazzo rimaslo imperielto a cagione della guerra di Vclctri e collocata tutta la Galleria de'Quadri, la Libreria, il Museo dclle Mcdaglie e gl'Intagli e Camei de'Duchi di Parma. Ma questo Palazzo cssendo situato in un'eminenza che signo- reggia tutta la Citta si arriva superata la salita erta e scoscesa con un palmo di lingua fuora e per questo Motivo i Napolitani non sene pigliano tnato fasticlio... La maggior parte de'Quadri e i migliori sono disposti in 20 gran Stanzioni. Le Medaglie erano gia mcsc in ordin... Le Medaglie son disposie in 20 gran Tavoloni copcrti d'una stiaccia o sottil rete di fame. Tulte sono incastrate in bacchcttc di bronzo le quali si voltano di modo che si pud vedere il diritto c il rovescio. Le ho esaminate, levatane la stiaccia, giornate intiere, c il buon Padre ci prese gusto notando quello che raggionassimo insiemc. II Museo e piu amplo di quello che ne da l'idea il libro del P. Pcdrusi (libro cattivo e sacerrhjio ma stiniatissimo da'Pedanti) il quale non s'c appigliato che alle Medaglie Romane, per partorire piu presto grossi volumacci, e perche le Romane danno piu campo a far scorrerie historiehs. II prineipale di questo Museo, almeno al genio mio, sono le Medgalie Grecche in 5 tavoloni, dellc quali la maggior parte era il gia famoso Museo di I'aucault (notizia che non si sa a Napoli) comprato dall' ultimo Duca di Parma. II Card. Noris ne fa menzione nel carteggio col Conte Mezza- barba e anche Montfaueon Palaeogr. Questa Raccolta e la liberta con cui l'ho maneg- giala, mi ha dati piu lumi che tant'altri Musci che ho veduti. S. M. ha accresciuto il Museo colla compra dclle Medaglie dcgl'lmp. Rom. in oro, raccolto dall'Bmin. Ales- sandro Albano e rcgalate alia Marchesa Grimaldi sua arnica, dopo cui morte per mezzo d'un Mcrcantc di Livorno c unita colla Farncsiana. ii Rc 1'ha pagata 4050 Ducati Napolitani. Consiste di 143 Med. c la piu rara 6 un Emiliano, s'intende, in oro. 223/IV. Delia rislauruz'one delle statue antiche E quel punto che significa il forellino e il giro dclla pupilla, che si fece incavan- doli nel marmo fun fatto gia dal tempo antichissimo da'Greci prima, di Fidia e dopo nel bel fiorc dcll'Artc, ma in rilievo. Cosi si vede nelle medaglie di Gerone e d'le- rone di Siracusa come in quelle d'Alessandro etc. il punto e una lincctta intorno in rilievo. Lc cabinet dont je veux vous entretenir est celui du roi de Naples a Gapo di Monte, et la bibliotheque celle de S. Gicvarmi di Carbonara. Le mus6um est place au palais, lequel, a cause de la guerre, n*a pas etc fini. et qui contient la galerie des statues, la bibliotheque, et, ce qui surtout ne doit pas Sire oublie, la precieuse collec- tion de medailles, de pierres gravies el: de camees du due de Parme... Lcs mcdailles sonl deja mises en ordre... Lcs medailles so:it rangecs sur vingt grandes tables couverles d'un grillage de fil d'archal tres fin. Ces medailles sonl fixees sur des axes de bronze qu'on peut tourner a volonte, pour en voir les deux cdtes. Je les ai examinees pendant des journees entieres, apres qu'on en eul enleve les grillages de fil d'archal. Ce cabinet est encore plus interessant que ne 1'annonce le livre du pere Perdusi, intitule: Cesari in oro raccolti, &tc.; fratras horrible, qui neanmoins est fort admire des pedans. I .'edi- FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 teur ne s'est oceupe que ties medailles romaines, a fin de pouvoir publicr de gros volumes, parce que ces medailles fournissent plus dc matiere a des dissertations histo- riques. C'cst que cc cabinet eontieht de plus rare el de plus precieux, du mollis a mon avis, ce sont les medailles giecques, rangees sur cinq tables, dont la plus grandc partie composait le celebre cabinet Faucaulti, que Ic dernier due de Parme acheta. Le cardinal Noris en fait mention dans ses Lettres au eomle Mezzabarba, ainsi que lc pcre Montfaucon dans sa Palaeographia Graeca. La liberty que j'ai eue d'examiner avec attention tout ce que renferme ce cabinet, nra donne plus de lumicre que toutes les autrtes collections que j'ai vues. I.e roi a augmentc dc nouvcau cc medailler par 1'achat des medailles des empereurs roinains, que lc cardinal Alexandre Albani avail rassemblees, et dont il avail fait present au marquis Grimaldi, apres la mort duquel ellcs furent reunies a la collection Farnese, par 1'entremise d'un negotiant de Livourne. Le roi en a paye 4 050 ducats napolitains. La collection consists cn cent quarante- trois medailles; la plus rare dc toutes est un Emilicn en or [trad.: ReCueil de lettres de M. Winckelmann sur les dicouvertes faites d Herculanum, « Pompeii, A Siabia, a, Caserte & a Rome, I, Paris, 1785, p. 303-6]. 13 janvier 1759 (Florence) 262. Hagedorn62 (Rchm. I, p. 446) Description de lc collection Stosch Ich konnte den berilhmteri Meleager anfuhren, welcher in Kupfer gestochen unci bekannt ist: ein anderer wurde eine Victorie nehmen, die noch schoner ist, als die aus den schonsten Milnzcn von Syracus, und cin Gewand hat, wie die borghesische Tanzerinncn : deiser vviirde eine grosse Alalanta in Amethyst nicht nachstehen wollen («Je ne mets au nombre de belles pierres que celles qui Ic mcritcnt par la beaute du dessin et la partie ideale, et il n'est guere possible d'assigner le premier rang parmi lant de belles choses. ,le pourrais citcr lc beau Meleagre qui a 616 grave et qui est g6neralcmcnt connu; un autre aurait peut-etre choisi une Vicloire qui est plus belle encore que celle des belles medailles de Syracuse, dont la draperie rcssemble a celle des danseuses de Borghese; un troisieme nc voudrait pas qu'une grande Alafante en amethyste cedat le premier rang a telle autre pierre que ce fut...» (trad.: Lettres familieres de M. Winckelmann, I, Amsterdam, 1781, p. 191; la traduction, fautive en plusieurs endroits, fait penser que Winckelmann place cettc Victoirc au-dessus des plus belles monnaies de Syracuse; le textc dit: « un autre prendrait une Vicloire, qui est encore plus belle, comme sur les plus belles monnaies de Syracuse, etc.»). 24 juin 1759 (Rome) 280. Bianconi (Rehm, II, p. 8) ... a Hercolano un Sepolcro fornicato a guisa di Cupola; una quantita di Meda- glie si sono trovati li in una stanza sprofondata fra le quali e un Augusio d'Oro con una Diana ncl rovescio, di 42 Scudi di peso [L. Tondo, 1978, p. 248, la decouvertc de cettc piece fut faile a Pompei]. 7 juillet 1759 (Rome) 282. Stosch (Rehm, II, p. 10-1) Das den Alfani belrifft, so entfirne ich mich izo, dass Zie ink miindlich von der Miinze des Pyrrhus gesprochen haben. 21 novembrc 1759 (Rome) 326. Stosch (Rehm, II, p. 49) Ich werde Ihnen di Kupfer, so bald ich eine alte Miinze von Syracus aus Ihrc Cabinet abstechen lassen, vvohl aufbehalten widerum zusenden, und dankc herzlich fur die Rube die Sie sich beshalb gegeben haben, dicsc Blatter aus einer von andern Kupfcrn hcrauszusuchen. Ich werde unter die Miinze selzen lassen, wober ich sic genommen habe. * Christian Ludig von Hagedorn (1712-1780), historien d'art, poete et collcction- neur, dirigea l'Academie des Beaux-Arts de Dresde. 2007] W1NCKELMANN ET LES MONNA1ES ANTIQUES 8 dcccmbre 1759 (Rome) 332. Stosch (Rehm, II, p. 55) Eino Miinze von Hiero in Gold wird schwerlich in der Well fern. Man glaubel diejenige Miinze zu finden, die er nach dem Zieg uber die Carthaginenser schlagen liess und die von seiner Erau Demarati hiczcn. 15 fevrier 1760 (Rome) 356. Bianconi (Rehm, II, p. 81) Nello scavare i londamenti per la Stalla nella Vigna se trovano molte casse sepol- crali di travertino e di terracotta senza figura perd, e in due Urne cinerarie s'e trovata una Colanella c due Qreechini d'oro insicmc con una Mcdaglia di Marco Aurelio. Quclli tcngo io, c non c gran tempo chc mi c capitate) un frammento insigne d'una Carniola con una Vittoria in atto di sacrificare un loro di squisilissimo lavoro, col nome d'Arlefice COAwN. 15 juillet 1760 (Rome) 369. Barthelemy (Rehm, II, p. 93) Pour me dispenser de certaines discussions Critiques qui seraienl: inevitables, j'ai enlrepris une Explication de Medailles Grecques des premiers sieclcs, ayant eu le sort d'un de mes amis secondant mes vucs ait fait un Rccueil dc beaucoup dc scs Medailles qui sont ou tout a fait inconnucs, commc p. ex. cclle d'AlLXPIAON, ou au moin non publiccs [lc nom de monetaire AIZXPIAON est atteste et on a conjecture que c'elait cette variete que designail Winckelmann: Rehm, II, p. 397]. 26 jiril. 1760 (Rome) 370. Stosch (Rehm, II, p. 96) Der Hr. Cardinal grusset Sie hersslich und bittet Sie Begeri Thesaurum Palatinum fiir ihn aufzusuchen in Engeland Oder Holland und ihm denselben zu schicken. Das Geld soil Ihnen so gleich ubermachet werden. 13 septembre 1760 (Rome) 374. Barthelemy (Rehm, II, p. 99-100) L'histoire de l'Art ne pent etre eclairci que par des monumens du premier sieele de Part deterres dans la Grece meme: nous n'en avons que des Medailles et une ou deux Pierres gravees... Nous ne pouvons done juger du Stile ancien Grecque par comparaison avoc ITlctrusquc, appuyes sur quclqucs lumieres que nous fournissent les Medailles... Le P. Paeciaudi m'a fail un present de Voire Explication de la Mosaique de Palestrine et de la Lettre touchant les Medailles. J'ai lu l'une et l'autre avec un plaisir infini et avec beaucoup d'instruction pour moi. 20 fev. 1763 (Rome) 540. Usteri (Rehm, II, p. 292) Ich kenne die Scha'tze des Konigs in Preussen aus Begeri Thesauro Brandenbur- gico, il quale ammazza il suo Leltore con un Dialogismo insipido e pedantesco. 22 mars 1763 (Rome) 545. Berg63 (Rehm, II, p. 300) Wunschlen Sie das konigliche Miinz-Cabinel genau zu sehen, so verlangen Sie vom mir ein Schreiben an den Herrn Abbe Barthelemy Garde du Cabinet du Roi: Sie miissensich aber vorher erkundigen, ob cr nicht aufs Land gchct, wic gewtihnlich. Ich bin zwar versicherl, man wird Ihnen allenthalben mit Hoflichkcit zuvorkommen, aber ich ware bezierig, auch durch mieh Ihnen niisslich zu seyn. 28 decembre 1765 (Rome) 749. Heyne64 (Rehm, III. p. 143-147) P. 143-4 Die Catacomben sind eine unerschopstiche Schatzgrube der Werke alter Kunsl, und was sich von grosscn Mcdaglioni in der Vaticanischcn Bibliothck befindet, so 63 Friedrich Reinhold von Berg (1736-), un jeune noble letlon venu a Rome en 1762, enllamma le cceur de Winckelmann (ils etaient Sges de 26 et 45 ans). Leur correspondence n'a pas find de faire couler une encre abondante. 64 Christian Gottlob Heyne (1729-1812) succeda a Matthias Gesner a I'universite de Gotlingen. Philologue et archeologuc, il fut Tun des plus ardents promotcurs de FRANCOIS DE CALLATAY [REG, 120 wohl die Sammlung, welche der Cardinal Carpegna gemachl hat, die von dem Senator Buonarotti erklart ist, als dicjcnige, welche man dem Hrn. Cardinale Alexander Albani zu dankcn hat, ist aus gedclachlen unlerirdischen Grusten gcholct. Eben daa ich dieses schreibe, wurde ich von dem Hrn. Cardinale gcrufen, einer Kopf der Malidia, der Schwester Tochter dcs Traianus, zu beschen, welcher thm eben dainals aus den Cata- comben war zugesticket worden [« Les catacombes sont un fond inepuisable d'ou- vrages anciens de Part; et tout ce qui so trouve en grandes mfidailles dans la bibliotheque du Vatican, tant celles de la collection que le cardinal Carpegna lui a leguee, et dont le Senateur Buonarotti a fait la description, que celles que le Cardinal Alex. Albani lui a donnees, ont 616 trouvees dans ces lieux soutcrrains. Dans le moment que je vous ecris ceci, le Cardinal me fait appeler pour examiner une tele de Matidie, fille de la sceur de Trajan, qui venait de lui etre envoytie de ces mfimcs catacombes » (trad.: Lett res familieres de M. Winckehnann, I, Amsterdam, 1781, p. 165)]. P. 144 Jupiter ist auf Munzen der Stadt Tralles mit drei Jagdhundcn vorgcstcllet. Es hatte in meinem Versuche der Allegorie dieses seltenen Werks gcdacht werden sollen. P. 146-7 Ich muss, ehe ich endige, nach Rom zuriick gehen. und eine der seltcnsten Entdec- kungen in ihrer Art anzeigen, die irgend gemacht sind, und dieses vor wenig Tagen. Es ist eine Griechische Miinze in Metallc, welche von der Sladl Magnesia am Sipylus auf den Marcus Cicero gepragt worden. Es isl dieselbe im Agro Romano von einem I.andmannc gefunden, und wurde von Erde annoch bedeckt, von cinem Kriimer alter Munzen, welcher aber ein grosser Kenncr in dicsom Gewerbe isl, ftir einem Augustus in Griechischen Colonien gepriigct. gclauft, weil alle kanserliche Munzen aus Romi- schen Municipien und Colonien nicht hauffig sind. Eben dafiir kauftc clicsc Miinze ein hiefiger gelchrtcr Canialdulenser. Mdnch, der R abate Sarti, und dieser entdeckte untcr dem Kopfe den Namen: M.TYL.K1.; die folgcnden Buchslaben des Namens Cicero sind nichl deutlich zu lesen. Der Besisser hatte die Miinze, da ich gestern zu ihm kam, ausscr dem Kloster, zum Abzeichnen gegeben, und ich habc dieselbe also noch nicht gesehen, werde aber heute meinem gclicbten Prinzen von Mecklenburg hinfiihren. Unterdessen hat mir cben dcrsclbe Pater zwo Stellen aus des Cicero Bricfen an seinen Bruder gczciget. die gedachle Sladt Magnesia betreffen, und welche zur F.rliiuteruiig der Miinze dienen konnen. Diese Miinze ist also die zweyte von ihrer Art, welche in neuem Zeiten bekannt worden ist; die andere isl in dem Farnesischen Museo zu Caqpo di Monte, in Ncapcl, und der P. Pedrusi bringet dieselbe bey; man glaubet aber, die Ruckscitc miisse unriehlig gezeichnet sehn, weil sic verschieden isl von der unsrigen, als welche eine Traube und ein Wcinblatt vorstellet. Von der Farnes- chischen Miinze geschiehel Erwahnung aus einem ungedrucklen Briefe des Fiilvius Ursinus, dem dieselbe gehoretc; und diese Nachricht findet sich in dem, was man ubeer cine vermcinte Statue des Cicero in dem Museo Capitolino gesaget hat [« Avant de finir ma lellre, je dois retourner a Rome, pour vous parler d'une des plus curicuses decouverles qu'on ait faitcs en ce genre, et cela depuis peu de jours. Cest une mfidaille grccquc dc bronze, battue en Phonneur de Ciccron par la ville de Magnesie du Sipylc. Elle a cte Irouvie par un laboureur dans I'Agro Romano, et fut achetee, encore couverle de terre, par un marchand d'anciennes medailles, mais grand connais- seur dans cetle partie, pour une medaille d'Augusle frappee dans les colonies grecques ; parce que les medailles ties Empereurs faites dans les colonics et villes municipales sont fort rares. Cest aussi pour cela que I'acheta le savant Pere Sarti, et eclui-ci l'antiquite' classiquc en Ailcmagne el le premier a I'eliciter Winckclmann lors de la parution dc sa Geschichte (voir le livre recent de M. Heidenreich, Christian Gpulob Ileyne und die Alle Geschichte, Munich, 2006). 2007] WINCKELMANN ET LES MONNA1ES ANTIQUES deeouvrit sous la tetc le nom: M. TVL. KI. Les lcttres suivantes du nom de Ciceron ne son! pas dislincles. Le possesseur avail donne hier, que jc fus pour lc voir, cettc medaillc pour la dessiner, de sorte que je ne l'ai pas encore vue ; raais j'y conduirai aujourd'hui mon cher Prince de Mecklenbourg... (''est la seconde medaille de cede espece qu'on connaisse de noire lemps: l'autre est dans lc Cabinet Farnese a Capo di Monte a Naples. Le Pere Perdusi la cite ; on croil nfianmoins que le revers en a e(e mal dessine, parce qu'elle est diffcrcnte dc la ndtrc, oil Ton voil des raisins e( une leuille de pampre. II est parle dc la medaillc du cabinet Farnese dans utie letlre manuscrite de Fulvius des Ursins, a qui elle a appartcnuc. et I'on trouve ce passage dans ce qui a ete dil: dans le Museo Capitolino d'une statue qu'on croit etrc Ciceron » (trad.: Lettres familieres de M. Winckelmann, I, Amsterdam, 1781, p. 169-70); sur ce bronze de Magnesie, voir M. Amandry, A. Burnett et P.P. Ru'ou-fiS, Roman Provin- cial Coinage, I, p. 415 et n° 2448 et W. leschhorn, Lexicon der Aufschrifien auf grig? clmchen Miinzen. Band I, Vienne, 2002, p. 299. 11 janvier 1766 (Rome) 753a. Knoller65 (Rehm, HI, p. 153) Sie werden ven dem der lhnen das Bild geordnet wissen, dass wir das Bildniss dieses beruhmten Romcrs haben : es slehel in dem Buche des Fulvius Ursinus von Beruhmten Mannern, und ist, wic dicser Scribent versichert, von eiuer Romischen Miinze genommen. Ich merke dieses urn so vicl mchr an, das cs Salvator Rosa nicht gewusst hat [a propos d'une monnaie d'Attilius Regulus]. 8 avril 1767 (Rome) 837. UsteriM (Rehm, 111, p. 247) Unter verschiedenen seltenen Dingen die hier zum Borscheine gekommen sind, ist cine kleinc kupfcrnc Miiiizc merkwiirdig, auf dderen rechlen Seile der Name Viigi- lius Maro deutlich und lescrlich ist urn den Kopf herum, von welchem aber niehls als die Spur tibrig ist. Auf der Ruckseite stchct in grosscn Buchstaben F.PO. Diese Miinze, welche meinem Cardinal zugeschicket worden, ist die cinzigc auf der Welt und wenn sich der Kopf erhalten halte, wiisslen wir die wahre Gestalt des Virgilius [«Parmi les differcntes choscs rarcs qui ont paru ici, il y a une petite medaille de euivre ires curieuse. D'un cote on voit le nom dc Virgilius Maro cn caracteres Ires lisiblcs autour de la tete de ce poete dont il ne resle que l'indice. Sur le revers sont les lettres E. P. O. Cettc medaillc, qui a ete envoyee a mon Cardinal, est i'unique qu'il y ail au monde; el si la tele eut etc bicn conscrvcc, nous aurions eu le veri- table portrait de Virgile » (trad.: Lettres familieres de M. Winckelmann, II, Amsterdam, 1781, p. 153-4) (il doit s'agir d'une creation moderne)]. Mi-fevrier 1768 (Rome) 937a. Comte Cobenzl (Rehm, III, p. 369-70) Je ne suis pas pourtanl si zele partisan de Raphael et du Carache, jusqu'a les placer au throne oil reside la beaule sublime; ce seroit en meme tems degrader les aneiens: car le premier n'y est pas arrive dans la figure, ou, selon son propre aveu, dans une leltre qu'on a publiee, il lachoil de I'exprimer, e'est-a-dire, dans sa Gala- thec, et l'autre est moins mcrveilleux dans des beaut^s leminines, que dans les figures heroiques d'un age accompli. La Galathee est au dessous de cent jeunes lilies que je connois, et le :iud meme n'est pas exemt dc critique, laquelle se peul faire avec raison sur le genoux Irop arlicule et ressenti pour cct age, meme dans un adolescent dc belle ct fine taillc. Quand je trouve ces deux grands hommes inferieurs aux anciens, j'entends toujours parlcr principalement de la beaule du visage, ou personne, ni meme 65 Marlui Knoiler (1725-1804), peintrc autrichicn, rcsida a Rome de 1760 a 1765 puis a Milan apres cette date. "6 Le pere Leonard Usteri, ne et mort <i Zurich (1741-1789), voyagea en Italic, correspondit avec Rousseau el fonda cntre autres un etablissemenl pour jeunss filles dt-munies. 6(1(1 FRANCOIS DE CALLATAY [REG. 120 le Guide, I'dleye des Graces, est arrive^ a cxprimcr cc que la nature a forme de plus beau, el donl les anciens nous ont laissc des prototypes jusque dans leurs mcdaillcs. Car qui peul produire des tetcs de nos tableaux comparables a ccllc de Diane dans une mcdaillc d'argent de Metapont. ville de Grandc-Grece, ou celle de Proserpine dans des meilailles de Syracuse. La grace n'esl pas inseparable de la beautc. On ne peut pourlant disputer la gloirc ni a Raphael ni au Carache d'avoir saisi des belles formes du nud dans la taille svelte de leurs figures et dans la legerete de leur opera- tion : et e'est cc qu'on souhaiteroit de voir dans ccllc dc Rubens... (p. 370) Je conclus que Rubens est la gloire de 1'art. de son ccolc. dc son siecle et de lous les sicclcs a venir; qu'on doit admirer la recondite dc son imagination; qu'il est correct dans son dessein : qu'il est magnifiquc dans ses draperies, et qu'il doit etre lc grand model au Clair-Obscur, quoiqu'il y est ideal: mais il me semble qu'il n'avoit pas rendu des sacrifices aux Dccsscs de la beaut6 (Horae) et aux Graces [Bruxelles, AGR, Secre- taire d'Etat et de guerre, n" 1248, f" 244-245. Le propos doit faire suite a la lecture par le comle de Cobenzl dc la Geschichte oil Winckelmann ecrit: «S'ils ne s'eloi- gnent pas dc leur pays et de leur nature, les Allcmands, les Hollandais et les Fran- cais sont aussi faciles a reconnailre dans leurs tableaux que les Chinois el les Tarlarcs : aprcs avoir scjourne plusieurs annees en Italic. Rubens continual! a dessiner ses figures comme s'il n'avail jamais quitte sa patric », trad. D. Tassel, 2005. p. 9107. Cobenzl etait entre en contact avee Winckelmann au printemps 1767 pour sc procurer un exemplaire des Monumcnti anlichi qui venaicnt d'etre publics (Rehm, III, nc 862, p. 272: « Votrc excellence m'a surpris de I'honneur dc sa Lettre gracieuse et de I'idcc trop favorable de ce que j'ai public »)]. 8 mars 1768 (Bruxelles) 70a. Reponse de Cobenzl (Rehm, IV, p. 109-10) La peine, que vous prennes de me communiqucr vos Idees eclairees sur la pcin- ture dans votre lettre sans date me fait prendre la liberie de raisonner avee vous sur mun heros Rubens... Une fautc, que je luy trouve e'est que ses femmcs sont rare- menl belles et loujours pesantes: mais je 1'excuse parcc que ses deux femmes el sa maitrcssc 6toient grasses, et parce qu'a I'agc oil les femmes font le plus d'impression il a 6t6 on Flandres: Pais ou le beau sexe est coinmunemenl bien nourri, le suis... [Bruxelles, AGR, Secretaire d'Etal et de guerre, n" 1248, f° 246J. 67 Voir aussi J. J. Winckelmann, Gedanken iiber die Naehahmung der griechischen Werke in der Mulerey und Bidhaiter-kunsl. 1755, VII. Allegoric. On cite ici la traduc- tion tircc dc I'ensees sur Vimitation des Ctuvres grecques en peinture. et en sculpture, trad. L. Cahen-Maurel, Paris, ed. Allia, 2005, p. 64-5 : « Le grand Rubens, sublime poete, est le plus eminent des grands peintres ii s'fitre aventutc dans des ocuvres d'en- vergure, sur lc chemin non encore fraye de cetle peinture (i.e. allegorique). Grace a la main des graveurs les plus habiles, lc monde cntier put decouvrir son o:uvrc maTtrcsse. la Galerie du Palais du Luxembourg. Depuis Rubens, rien n'a jiu Stic aisd- ment enlrepris ni acheve dc mcillcur en ce genre que la coupolc dc la bibliolhcque imp<5rialc a Viennc, pcintc par Daniel Gran el gravee sur cuivrc par Sedelmayeni. La France se glorifie de l'Apolh<5ose d'Hcrculc pcinte par Le Moine a Versailles, en reference au cardinal Hercule dc Flcury, comme si elle possedatt la la plus grande composition au mondc. Mais celle apolheose, comparcSc a la peinture savanle el riche du pcintre allcmand ('"das deulsche Kiinstlcrs"). n'esl qu'une allegorie Ires commune et dc courte vue, une manure dc pancgyrique ou les pensees les plus nourrics font reference aux noms du calcndricr. C'elail le lieu pour faire quelque chose de grand el il esl etonnani qu'il n'en ait pas etc ainsi. Mais on peut en mcme temps aperce- voir cc qui aurait fait defaut au peintre pour deifier un ministre, mcme si ce portrait avail dfl orner le plus beau plafond du chateau royal». 2007] WTNCK ELMANN ET LES MONNAIES ANTIQUES 601 Juin 1768 (Trieste) 203a. Pere S, J. de Trieste (Rehm, IV, p. 414) Lysimachos ct radiantes Daricos. aureorum vim magnam, quibus uempe muneribus vir doctissimus ab Augusta cumuiaius er.at, osiendere incipeiet, nescius sane in ejus se incidisse maims, cui aurum novum perinde ac vetus, si aurum modo essct, ingcntcm cupiditatcm proliccict. Arcangcli, qui maforum gravissimum paupertatem duserat, vias illico omnes, quibus polirelur thesatiris, pro lacundo suo ingenio rimari.
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