Les trésors achéménides et les monnayages d'Alexandre: espèces immobilisées et espèces circulantes ? moreRevue des Etudes Anciennes, XCI (1-2), 1989, p. 259-276 (actes du colloque international "L'or perse et l'histoire grecque " - Bordeaux, mars 1989). |
60 views |
REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES
Tome XCI, 1989, n' 1-2
SOMMAIRE
Présentation
- R.DESCAT
5
LA MONNAIE ACIGIyIEI.IDE
M. J. PRicE, Drius
I md
the
dæic
9
15
R.DEscAT,NotessurlhistoiredumorutayageachéménidesouslerègnedeDariusItr.....'..".".....'.
M. C. ROOT, The Persian archa at Persepolis : aspects of chronology, style and symbolism .'.'....'.'. P. CALMBYER, Dæ Datum der Griindmgsinschrift vom Apadma und die Ktone der âltesten << Bogenschiitzen > ................
33
51 61
C.J.TuPil{,Thecoinageof
Aryandes.....................
MONNAIES D'ASIE MINEIIRE
R. W. WALLACE, On the production and exchange of early Anatolian electrum coinages H. A. CAHN, l-e mormayage des satrâpes : iconographie et sigrLification
87 97
R. A. MoYsEY, Observatiom on the numismatic evidence relating to the great sairapal revolt of 362/r B.C. A. LEMAIRE, Remrques à propos du momayage cilicien d'époque perse et de ses légendes uaméemes A.DAVESNE, lacirculationmonétairemCilicieàl'époqueachéménide....................' J Z,A}{LE, Politics md æonomy in Lycia durhg the Persim period
P. KINNS, Ionia : the pâttem of coinage
t07
141
r57
169 183
duing the læt century of the Persian empire ......................
LES GRECS ET L'OR PERSE
M. LOMBARDO, Oro lidio e oro persiano nelle Storie di Erodoto
M. CACCAMO CALTABIANO et P. RÀDICI COLACE, Duico pasimo e rcmism græo :
strutturali, ideologiche e furoionali ...
. .
1.97
diffrere
2r3
... ... ....
D. M. LEwIs, Pasim gold in Greek intemational relations
2n
à la
M. F. BASLEZ, La circulation et le rôle des driques en Grèce d'Europe
Apport des imaiptioro phéniciennes et grecques ...................
fin du
V'et
au
IV" siècles
237
M. VICKERS, Persim gold in Parthenon invenlories ..................
F. DE CALI-ATAY, l,es résors achéménides et les momayages d'Aiexandre : espèces imobilisées et
249 259
277
M. C.
espèces circulmtes ? ............... lrl t.41gggvA-PUIG, [,e Vase des Perses. Naples 3253 ( inv. 81947)
G. MANGANARO, Darici in Sicilia e le emissioni auree delle poleis siceliote e di Cartagine nel sec. a. C.
V-Itr
299
CONCLUSION
P. BRTANT
32r
INDICES
Indexdes
sources înnltaires MATIÈRES......
339 341 343
Index des aulorités et des lieux d'émissions
TABLE DES
LES TRÉSORS ACHÉN,MNIDES ET LES MONNAYAGES D'ALEXANDRE : ESPÈCES IMMOBILISÉES ET ESPÈCES CIRCTILANTES
François DE
CALLATAY*
Cet article met en perspective deux totaux : celui des butins perses capturés par Alexandre le Grand et celui de la masse d'or et d'argent monnayée peu après sous forme d'alexandres. Le premier est donné par les soruces littéraires. Le second est moins immédiat et nécessite de recourir à des estimations qui laissent une place non négligeable à I'incertitude.
Résumé.
This paper tries to compare two data : the amount of the Persian treasury captured by Alexander the Great and the amount of gold and silver coinages a while after with types of the Macedonian king. The first result is given by literary sources. The second one is less immediate. It demands to make some calculations and leaves room for uncertainty. Abstract.
En s'emparant de l'empire perse, Alexandre le Grand mit la main sur des trésors prodigieuxl. Cette déthésaurisation majeure, souvent comparée à celle amenée par la conquête des Amériques, a entraîné la frappe d'une masse exceptionnelle de monnaies aux types du concluérant macédonien, que les numismates ont commodément choisi d'appeler les <. alexandres >. En quelques décennies, du vivant du conquérant déjà et après sa mort plus encore, ces énormes réserves de métal accumulées par les rois vont. se trouver injectées dans la circulation pour partie sous forme d'espèces monnayées.
L'étude qui suit se présente comme un essai de quantification de ces monnayages. Elle vise à confronter deux totaux : celui des trésors orientaux d'une part et celui des somrnes mormayées
de I'autre.
Aspirant au FNRS. 1. Nous tcnons à remercier M. Corbier, P. Kinns, A. Lemaire, J. R. Melville-Jones, A. M. Prestiani et M. J. Price pour les remarques dont ils ont bien voulu nous faire bénéficier. Les titres des revues non reprises dans I'Année Philologique ont été soit abrégés selon l'usage en vigueur dans les Numismatic Literature, soit donnés en entier.
*
REA,T. XCi,1989,
nos 1-2,
p.259à274.
260
I{EVUE DE,S ÉTUDES ANCIENNES
I.
-
LES BUTINS D'ALEXANDRE.
La première étape du travail consiste à préciser le montant des trésors capturés par les Macédoniens. Pour I'essentiel, il est ici pcrmis de se reporter à l'étude synthétique de A. R. Bellinger, un des seuls qui ait tenté d'intégrer les résuhats souvent techniques des numismates dans une véritable optiquc économique2.
Rappelons que, commencées avec de maigres ressources3, I'cxpédition dut attendre plusieurs victoires et. quelques années avant de connaître I'opulence. Celle-ci vint vers la fin de I'année 331 et le début de I'annéc 330lorsqu'Alexandre s'empara coup sur coup des trésors de Suse et de Persépolis. Nous donnons ci-dessous les sources littéraires qui mentionnent les butins faits alors. Damas (novembre 333)
:
(Quinte-Curce, III, 13. 16 : <<... Summa pecuniae signatae fuit talentum lI milia et sescenta, facti argenti pondus
quingenta aequabat >).
2 600 talents monnayés et 500 d'argent non monnayé
Arbèles (octobre 331)
:
3 000 talents d'argent monnayé (Diodore, XVII, 64. 3 : <...ripppiou ôè rd),cxvto tproliÀrcr... >). 4 000 talents (Quinte-Curce, V, 1. 10 : <...IIII milia
talentum fuere... >).
Suse (automne 331)
:
40 000 talents d'or et d'argent non monnayés ainsi que 9 000 talents de dariques (Diodore, XVII, 66. l-2 : ,,... Onocrupoùç eùpev <i,o(pou lpuooô roi crplôpou æl"ei<o tôv r€'rpcrKropDpiorv tal,&vtolv... lropiç ôè to6trov ùæffp1ev évvcrroliIrq, tdlcrvccr lpuooô lcrpcrrtfrpcr ôoperrôv é1ovtc >). 40 000 tilents (Justin, XI, 14. 9 : < In urbe Susa XL milia talentum invenit ... >). 40 000 talents monnayés (Plutarque, Alexandre,36.1 : <( ... r€rpcrKro'pôprcr, r&.Xuvrcr vopiopotoç... >>). 40 000 ou 50 000 talents (Strabon, XV, 3. 9 : <<... tù êv Ioôoorç rcri év llepoiôr téttcrpa,ç puprdôcrç ta)"<ivtrov Ë(etooOfrvor' trvèç ôè rcrï æévte léyouorv.... o). 50 000 talents d'argent monnayé (Arrien, III, 16. 7 :
<<... ôvT cr <ipyupiou ro."lyuvrcr Ëç æevtorropripro... >). 50 000 talents d'argent non monnayé (Quinte-Curce, V, 2. 11 : <<... incrcdibilem ex thesauris summam pecuniae egessit, L milia talentum argenti, non signati forma, sed rudi pondere >).
2. A. R. BELLTNcER, Essays on the Coinage of Alexander the Great,(NS, l1), New York, 1963, p.35-80 : The King's Finances. 3. Sur ce point, voir demièrement F. RIIBUFT.AT, << Alexandre lc Grand et lcs problèmes financiers au début de son règne (été 336 - printemps 334) >, nN, 6 (25), 1983, p. 43-52, pl. 10.
LE,S TRESORS ROYAUX ACI'IÉMI'NIDES ET I-ES MONNAYAGI]S D,ALEXANDRE
/lJt
Persépolis (hiver 331-0)
:
Pasargades (hiver 331-0)
:
120 000 talents d'or et d'argcnt (Diodore, XVII, 71. 1 : <...eùpé0r1ocrv 1àp év crùtoîç ôôôerc, puprdôeç T oÀ<ivtcov, eiç dpppiou À6yov cryopévou toô lpuoiou >>). 120 000 talcnts (Quinte-Curce, V, 6.9 : << ... in huius urbis gaza fuisse C ct XX milia talcntum... >). 6 000 talcnts (Quintc-Curcc, V, 6. 10 : << Accesscre ad hanc
pccuniae summam captis Pesargadis sex milia talentum >).
Ces richesses furent réunies et entreposécs sous bonne garde à Ecbatane. Ainsi, à I'automne 330, le ûésor de gueffe se montait à près de 180 000 talents :
180 000 talents (Diodore, XVII, 80. 3 tal"dvto:v'ortorrcriôercl puprtiôoç... >).
: ...
<<
Élovtctç
posscssiondcs assassins dc Darius (Strabon, XV, 3. 9 : < eiç 'ErBdtcrvu ôrt<orctiôercr puptd8aç tcl'<ivtorv >). 190 000 talents (Justin, XII, 1. 1 : << Pccunia omnis, CXC
180 000 talcnts sans les
8 000 talents tombés en
milia talentum Ecbatana congcsta ... >).
Une grande cohérence scmblc régner entrc lcs montants rapportés par lgs sourccs littéraires : non pas téllement une cohércnce entrc lcs dillércnts autcurs qui, tous tardifs, peuvent avoir tous recopié la même source, mais unc cohérence cntrc I'addition dcs butins partiels d'une part et le totaf mentionné de I'autrc4. En unc scule saison, Alcxandre s'cst donc emparé dc t 180 000 était monnayée. sans doutc mineurcs talents d'or et d'argont, dont unc partie
-
-
Tâchons dc matérialiscr I'amplcur dc cc total : on sait quc le talent attique pesait + 26 kg cl'argcnt et + 2,6 kg d'oro. Dans ccs conditions 180 000 talents rcprésentent pasmoins de 4 680 tonnes d'argent ou de 468 tonnes d'or. En réalité, lc trésor entrsposé à F.cabatane était certainemeni constitué d'or et cl'argcnt dins dcs proportions favorables à ce dcrnier métal?.
4. Sans s'illusionncr sur I'exactitude dcs ntrmbrcs, on observera que 1cs montants rapportés par Quinte-Curce s'élèvent précisément à 180 000 lalents. Cetle concordance des nombrcs a pâilout cmporté l'adhésion quant au total de + 180 000 talents (voir, entre autres, A. ANDRLADEs, << Lcs linances de guerre d'Alexandrc le Crand >>, Annales Ilist. Ec. Soc., 1, 1929,p.321-334 ou I.'. ALTIIIIM etR. S'uËllt-, Die aramail.sche Sprache unter den Achaimeniden, Francforr, 1963, p. 120-123). Ainsi que lc précisc ici Diodore (XVII, 71. 1), lc poids de l'or était exprimé en tâlents d'argent attique. 5. Strabon, qui rapporte un propos de Polyclètc de Larissa, écrir de fait quc la plupart de I'or et de I'argent entrcposés par les rois perses n'était pas monnayé. f'out au contraire, on ne frappait monnaie qu'cn fonction des dépenscs (XV, 3. 2l : <<...rôv ôL aleîotovT"proôv xui dpyrpov r;v rctc,oretcîç clvur, vop{opcc ôL où tol}'ôr tpôç re cù ôopeùç Èveîrcr xrTupropévu vopi(erv pCrÀtrov rni rpôç rerpei"iov drcô0corv tô ôÈ v6propcr rô tpôç tàç lpeicç tipxoôv i.rcvôv eîvar, x6rtsrv ôÈ rdl,rv tô toîç d,vclrôpaor orippcrpov. >)' 6. 11 y a I 500 tétradrachmes de + 1'/,32 g dans un talent (= 25,98 kg d'argcnr) et 300 statàrcs de + 8,66 g (=t 2,598 kg d'or). Les valeurs théoriques de 17,32 g pour lcs tétradrachmcs et de 4,33 g pour les drachmes sont celles proposées par G. LERIDER, << Sur le frai dc ccrtaines monnaies ancicnnes et nouvclles >>, Mélanges André T'uilier, i)aris, 1988, p.14-15. Le ratio or/argcnt est de 10:l à celte époque. 7. F. Alrhcim et R. Stichl ont tenté dc calculcr la part des tributs du roi épargnéc chaque année (1963, p. 1357). Ils esrirncnt ainsi I'enscmble dcs revenus royaux à + 24 266 talonts d'argcnt attique donl I 215 talents auraient été annuellemcnt mis de côté, soit l/roètr,". Clctte vision d'un accroissclnent régulier du trésor semble tout-à-{ait rhéorique. Il faut rrès probablcmcnt Jtrpposer avcc D. M. Lcwis (voir supra, p. n$ une épargne bcaucoup plus inlportante que viennent occasionnellement cntarner dcs dépenscs exceptionncllcs. D'aulre part, s'ii est normâl de I'argent sur I'or, il esr probable commc à pcu prôs partout p"tr."r qoe lès rrésors des rois perscs privilégiaient que I'or y étair néanrnoins comparalivcrncnt abondlnt. Pour J. R. MËI.vILLE-JONÊs (< Thc Valgc of Gold at Athens in |ZSIS BC >, AJ AII , 1978 (2), p. 184-1 87 ; inscriprion d'Eleusis datant dc 329-8 : I G lIz 1672), l'arrivée de 1'or des
262
I{EVUE DES ÉTUDFJ ÂNCII]NNES
Pour être pleinement appréciés, ccs résuitats demandent d'ôtre comparés. Disons dès lors qu'ils dépassent en importance tout ce qui peut être connu pour I'Antiquité méditerranéenne. Les grands triomphes qui ont jalonné I'expansion romaine n'ont jamais pcrmis d'exhiber une telle somme. Le triomphe de Flaminius sur Philippe V ou celui de Paul-Emile sur Persée n'amenèrent que + 5 000 talents ou moins au trésor publics. Les victoircs de Lucullus sur le Pont et si pas inféricur aux 10 000 talentse ; l Arménie se soldèrent par un butin guère supéricur celles de Pompée quelques années plus tard nc dépassèrcnt certainement pas lcs 40 000 talentslo; si une somme supéricure à ccilc-là fut présentée lors du quadruple triomphe de César, celle-ci restait ccpendant en-dessous dcs 75 000 talentstt.
montait
Même le butin pourtant famcux fait par l'emporeur Trajan lors dcs guerres daciques se à 165,-5 tonncs d'or et 331 tonnes selon I'interprétation discutablc de J. Carcopino d'argent, soit à moins de la moitié en valeur absolue des richesses arrachées à Darius III
Codoman12.
En vérité, il faudra attendre la conquêtc du Nouvcau Monde pour voir une masse supérieure
de métal précieux changer rapidcmcnt dc mains. Encore, I'exprcssion est-ellc impropre, puisque
ce ne sont pas tant les trésors de I'Inca mais un siècle et demi d'exploitation minière qui permettront le transfert vers I'Espagnc de 181 tonncs d'or cl. de 16 887 tonncs d'argcnt entre 1503 et 166013. Au total, la conquôtc espagnole aura déversé entre ces deux dates sur les marchés européens une quantité de métal précieux quatrc fois supérieure à cellc dont Alexandre
prix de l'or par rapport à celui dc l'argent (9,5:1 au lieu de 10:1). Même type de raisonncment à propos dcs monnaies d'Abdèrc chez M. J. PRIcE, < Thrace 1980 >, CH,7, 1985, p. 44. 8. Pour Flaminius, voir Plutarquc, F'latninius, 14. 2-3 : + 465 lalcnts en or non monnayé (3 713 livres), + 540 talents en argent non monnayé (43 270 livres) ; + 50 talents d'or monnayé (14 514 philippes) et 1 000 talents d'amende de guerre (non présentés lors du triomphe). Pour Paul-Emile, voir Plutarque, Paul-Emile,32.8 et33.3-4 : 750 vases contenant chacun 3 talents d'argcnt monnayé (= 2 250 talcnts), 77 vases d'unc môme contenance remplis d'or monnayé (= ! 4 25O talents [?]) et I coupc de 10 talcnts. 9. Voir Plutarque, Lucullus,3l. 4-6 : le butin connu sc décompose de la façon suivante : entre 2 500 et 5 000 talents distribués à la troupe (950 drachmes par soldat) ; 450 talents d'argcnt monrrayé préscnté iors du triomphe (2 700 000 drachmes) i + 225 talcnts d'argent non monnayé et t 2 000 (?) talcnts sous forme d'orfèvrerie. Il faut principalement y ajouter les sommes que Lucullus rcmit à Pornpée en 66 ct aux gardiens du trésor public (< ...toîç èrï toî ôqpooioo tcpeior... >>). 10. Plutarque, Pornpée,45.4 et Appicn, XII,17. 116: Pompéc distribua 16 000 talents à ses hommcs. Il remit au trésor l'équivalent de 20 000 talcnts dont ?5 100 000 drachmes d'argcnt monnayé (= ! LZ 500 talcnts).
Perses serait à l'origine d'un affaiblissement temporaire en attique du
11. Appien,
GC,I, 15.
surtout les travaux dc M. MonrNEAu, (< Dcs mitaux précieux américains et leur influence au XVIIe et au XVIIe sièclc >, Bulletin de Ia Société d'llistoire Moderne,15 (l),1977, p.2-95 ct Incroyables gazettes et fabuleux métaux. Les retours des trésors américains d'après les gazettes hollandaises (XVIe-XVIIIe siècles), Cambridge-i)aris, 1985 (principalcment ie chapitre 5, p. 550-655 : Le flux, le stock et les norias).
Paterculus, TI,56.2. 12. L CARcopINo,Les étapes de l'impérfultsme romain, Paris, 1961, p. 106-117. En convertissant les 165,5 tonnes d'or en I 655 lonnes d'ârgent (ratio 12:1), on obticnt cn effct un total de 1 9ti6 tonnes d'argent, c'est-à-dire moins de la moirié de la somme amassée à lcbalanc (1 986 x 100/4 680 = 0,42). 13. E. l. HAMILToN, American Treasure and the Price Revolution in Spain, 1501-1650, Cambridge, 1934 (surtout lc chapitro 2, p. 13-45 : Imports of American Gold and Si/ver). Lcs travaux de E. J. Hamilton demeurent la référcnce classique. D'autres étudcs plus récenlcs sont venues en préciser les résultats sans toutefois en modifier la portée (voir par exomple la présentation de P. Vrl'rt, Or et monnaie dans l'histoire) l45A-1920, Paris, 1974 et
102 (60 500 talenls d'argent et 20 414 livros d'or [+
2 550 talents]) et Velleius
LES TRÉSORS ROYAUX ACIIÉMÉMDES ET LES MONNAYAGIS D,ALEXANDRE
263
se renditmaître en 331-014.
À clétailler toutefois les données fournies parE.J. Hamilton, il qu'il faudra attcndrc t 1585 avant que I'or et I'argent américains ne dépassent en apparaît
volume celui du dcrnier grand roi pcrscls.
ces 180 000 sans équivalent dans les tcxtes pour I'Antiquité Masse considérablc donc talents ont nécessité un charroi imprcssionnant pour être convoyés vers Ecbatane. Plutarque parle de 10 000 mulets attelés et dc 5 000 chameauxl6. Nombres vraisemblables au demeurant : ôn sait que, lors de son triomphe en 63, Lucullus fit porter 2 700 000 drachmes par 107 mulets, g" résultat concorde d'ailleurs ce qui situe la charge de chaque mulet aux environs de 105 kgrz. fournies récemmcnt par P. Vigncron (entre 100 et 150 kg par mulct)l8. Il est avec lcs estimations bcaucoup plus difficile d'établir la charge d'un attelage. S'il apperaît aujourd'hui qug ta charge maximale d'un attelage de deux mulets a pu dépasscr les 500 kg, il semble toutefois que la charge normale ait été, proche, si pas inléricure à ce poidsle. On estimera donc avec prudence la charge supportée par 10 000 niulcts attelés à t 5 000 tonnes de métal auxqucls on ajoutera la charge des 5 000 chamcaux, soit + 1 500 tonnes (5 000 x 300 kg)zo. On obtient de la sorte un poids de t 6 500 tormes déplaçables (plus quc déplacées), supérieur dans le meilleur des cas au poids des 180 000 talents des trésors persc.s (4 680 tonnes d'argcnt). Il s'agit surtout ici de
dégager un ordre de grandeur étant entcndu qu'il n'est pas permis d'atteindre une réelle précision en la matière. On se satisfera donc de deux approximations rclativement concordantes, (ui s'exprinient toutcs deux en quclques milliers de tonnes : I 2 500 sans doute pour les dchesscs effectivement transportécs et + 6 500 pour la charge raisonnablement transportable vu la dimension du train.
gigantesque pour être convoyés, il vaut également la peinc d'insister sur la possibilité de les stocker dans un espace rclativemcnt réduit. Les dcnsités très lourdes dc I'or (19,3) et de I'argsnt (10,5) pcrmettent en effet dc gerdcr dss sommes considérables dens dc pctites pièces. Ainsi, en imaginant que lcs 180 000 talents aicnt été composés d'or fin, 24 m3 auraient suffi à abriter le par exemplc de 4 mètres dc longueur sur 3 de largeur et2 de hauteur. tout,.soit un local - la sornme doit ôtre comprise en argent fin, cela représente 445,7 m3 Inversement, si toute
14. En convertissant à nouveau le poids dc l'or en argent suivant Ia ratio approximatif de 10:l (sur les variations de cette ratio, voir E. J. I{amilton, 1934, p. 11-2), on obticnt la valeur de 16 887 + I 813 = 18 700 tonnes d'argcnt, soit une valeur presque 4 fois supérieure aux 4 644 tonnes d'Ecbatane (4,03). 15. De fait, E. J. FlamilLon estime les arrivages dcpuis 1503 jusqu'en 1580 à + 122 tonnes d'or et + 2 628 ronnes d'argcnr (1934, p. 42). La déccnnie 1581-1590 allait apporter à ellc-seule + 2 103 tonnes d'argent eL + 12 i tonnes d'or. 16. Plutarque, Alexandre,37.4: <...pupiotç ôprroîç (co1eor rcri tevttrxtolrl'icrrç xap{}'orç.,. >> (ce qui laisse loin derrière les I 200 chameaux dont parle DémosthÙne XIV,27). 17. Plutarque, Lucullus,3?. 5. En fixant le poids de la drachmc pour cette époque à 4,15 g, 2 700 000 drachmes représentent + 11,2 tonncs d'argcnt, soit 104,7 kg par muiet. 18. P. VrcNERoN,Le cheval dans t'Antiquité gréco-romaine (Des guerres rnédiques aux grandes invasions). Contribution à l'histoire des techniques, vol. 1, Nancy, 1968, p. 134-137 (5. Capacité de transport de I'attelage et
du bât).
Si ces 180 000 talents représcntent une somme fabuleuse ayant nécessité un train
19. Voir P. VrcNE,RoN, 1968, p. 135 eL surtout les travaux plus réccnts de G. Raepsaet (entre autres G. RAEp5AET, << Transport de picrres cn Gècc ancicnnc. De la carrière au chantier >>, Marbres helléniques. De la carrière au chdd'oeuvre, Bruxclles, 1981 , p. 34'45). 20. R. J. Forbes estimc cntre + 225 ct + 450 kg la bâtée normale d'un chamcau (R. J. FoRBEs, < The Coming of rhc Camel >>, Studies in Ancient T'echnology, vol. 2, Leydc, 1965, p. 194 : entre 500 et I 000 livres anglaises, soit entre 226,8 er a53,6 kg).
264
RF,VUE DFS ÉTUDES A}{CIENNF-S
15 mètres de long, 10 d'argent (4 680/10,5) à disposer dans une vaste pièce de disons mètres de large et 3 de haut. Calculs théoriques sans doute, qui donnent cependant la mesure de cette extrême accumulation de richesse2r.
-
-
II.
-
LES MONNAYAGES D'ALE,XANDRE : ESTIMATION DES QUANTITÉS
Érrrsr,s.
Par leur abondance même, les monnayages d'Alexandre le Grzmd n'ont pas suscité jusqu'ici de tentative visant à en estimer le volume. De fait, un grand nombrc d'ateliers n'ont toujours pas fait I'objet d'une véritable étude de coins. On se retrouve de la sorte dans les conditions peu favorables de la numismatique romainc obligée de passer pzr des procédures toujours incertaines d'étalonnage. Mieux qu'en numismatique romaine cependant, où I'on en est parfois réduit à se
baser sur de simples comptages d'exemplaires dans les trésors, on peut faire raisonnement sur les résultats de plusieurs monographies d'ateliers.
ici
reposer lc
La méthodc utilisée est connue pour avoir fait scs preuves ailleurs (cn numismaticlue romaine précisément)zz ' ', s'agit d'extrapolcr les résultats précis et connus d'une émission déterminée en exzrminant d'après lcs trésors son importance relative vis-à-vis de la production totale. La part d'incertitude sera donc d'autant plus faible que l'échantillon étalonné tiendra une place significative de ladite production. L'unité de base de ce type d'investigation est le coin de droit. On voit donc que lc résultat final proposé passe par trois approximations successives : 1 I'approximation dc l'étalonnage (dans quellc mesure I'importance rclative attribuée à l'émission considérée cst-elle correctc ?) ;2 I'approximation du nombre origincl de coins (dans quelle mcsure pouvons-nous I'estimer au départ d'un échantillon lacunaire ?) et l'approximation du nombre de monnaies réalisées par coin (dans quelle mesure la valcur 3
moyennc retenue est-ellc pertinente ?).
Reconnaissons donc d'emblée que les cstimations qui suivent comportcnt une pârt non négligeable d'inccrtain. L'accroissement régulicr du nombre d'érudes de coins, combiné aux progrès importants réalisés récemment dans I'cstimation des nombres originels de coins et de leur productivité moyenne, justifie cependant d'cntrcprcndre dès maintenant, pensons-nous, un travail que les études futures devraient davantage vcnir preciscr que modificra.
21. P. Vilar cite le statisticien de lloville sclon lequel tout I'or arraché à la terrc jusqu'en 1905 aurait pu tenir de 10 mètres dc c6té (1914, p.23).ll ajoute qu'un cubc de 2 mètrcs de côté à pcine (8 m3) aurait pu conienir tout l'or disponibie sur lcs marchés curopéens à la vèillc des Grandes Découvertes. 22. Yoilr M. Il. CRAw:oRD,lloman llepublican Coirnge, Cambridge, 1914 et G. DEPEYRoT, Le numéraire gaulois du IVe Siècle (BAR, International Series, 127), Oxlord, 1982. Ces deux auteurs travaillent d'ailleurs actuellemcnt en ce sens sur le haut ct lc bas errpirc romain. 23. Sur ces problèmes et, en particulier, sur I'ulilisation de la statistique en numismatique, voir le volume Statistique et Numismatique, (PACT,5), Strasbourg, 1981. Nous nous sommes égalcrncnt attaché à ces questions: F. de CaLlerlY, ,< A propos du volurnc des émissions monétaires dans I'Antiquité >, RBN, 130, 1984, p.37-48, << Statistique et numismatique : Ies limites d'un apport >>, RArchllistArtLouvain,20, 1987, p.76-95, < L'utilisation des statistiques en numisrnatique (métrologie, estimation du nombre de monnaies érnises) >>, Nouvelles de I'Archéologie,33, 1988, p.8-10 et << L'enjeu de I'ut.ilisation des statistiques dans les études de numismatique antique >, Vie num,39(5), 1989, p. 161-163.
dans un cube
LES TRÉSORS ROYAUX ACHÉMTJNIDLS E,T LES MONNAYAGDS D'ALEXANDRE
265
1.
Les tétradrachmes.
On doit à la formiclable activité de E. T. Newcll de relativement bien connaître les tétradrachmes aux types et au nom d'Alexandre. On lui doit non seulcment d'avoir publié la grande trouvaillc égyptienne dc Dcmanhur pour laquelle il a pris la peine d'cxaminer et dc compter les coins2a, mais également d'avoir publié une série de monographies d'ateliers. D'autres sont vcnues s'ajouter par la suite : aussi pcut-on disposer aujourd'hui d'études particulières de coins pour Siclon et < Akko >>25, Tarse26, MyriandroszT, << Sicyonc >28, Babylone2e, Alexandric3o,
Sardes, Milct3t et Pclla32.
À la vérité, beaucoup de ces étucles sc londent essentiellcment sur le trésor de Demanhur (IGCH 1664). Aussi, procédcrons-nous cn deux tcmps : on tcntera d'abord d'cstimer le nombre originel de coins utilisés par lcs alexandres jusqu'cn 318-1, soit au moment de I'enfouissement de la gran<le trouvaille égypticnne ; nous viscrons cnsuitc à répétcr ce travail pour dcux périodes postérieures : vers 310-300 d'abord, vcrs lc milicu du III' siècle ensuite33.
Pour le trésor de Dcmanhur, E. T. Newcll distingue dans sa première publication 1 102 coins de droit pour 2 645 têtradrachrnes3a. En appliquant la méthode simplifiée de G. F. Carter à ces données, on aboutit au résultat de + 1 600 coins de droit originels (1 572,7 !23,6)3s.II aurait de la sortc été gravé quclque 1 600 coins de droit de tétradrachmes entre + 333 et I 318.
24.Ta.T. NEryELL,
<<
3't-45, 113-125, 194-200 sr AJN, 46, I9l?, p. 22-24,37-49 et 109-11Cr ct Alexander lloards. II : Demanhur 1905, (NNM, 19), New York, 1923. 25. E. 'l'. NEryELL, The Dated ALexander Coinage of Sidon arul Ake, (Yale Oriental Studies, 2), New Ilavcn, 1916. Sur I'attribution à Akko, voir toutefois A. Ltv,rttc, < Le monnayagc dc'fyr et celui dit d'Alko dans la dcuxième moirié {u IVe siècle av. J.-C. >, 1lN, 6 (i8), 1976, p. 1I-24 (favorable à Tyr) et M. J. Pnlce, < On Attributing Alexandcrs - Somc Cautionary Tale >, (llssays in llonor of M. Thompson), Wetiercn, 1979, p. 241-250
Myriandros-Alexandria Kal'Isson ,>, AJN,53 Q), 1919'p. l-42'pl. l-228. S. P. Nou,, 'l',lre Alexander Coinage of Sicyon, (NS, 6), Ncw York, 1950 : 93 coins de droit pour 297 exemplaires. L'attribution à Sicyonc a étd mise en doute avec d'cxcellcnls argumcnls par I{. A. TROXELL, < The Pelop<lnnesian Alexanders >, ANSMzsN, 17, 1971, p. 4l-94, pl. 9-20 (qui la donne à Corinthe). 29. Voir 1a dissertation inéditc de N. M. WAacoNe,n, ?lre Alexander Mint of Babylon, dissertation inédite, New,York, 1968 ct son articlc < Tctradrachrns frorn Babylon >, (E.ssays in llonor of M. T'hompson), Wcltercn, 1919, p. 269-280, pl. 32-33 (81 coins de droit sur I 019 cxemplaires pour la seconde série). 3Ô. O. II. Zsivos,'l'he Alexander Mint of Egypt, dissertation inéditc, Ncw York, 1974 er < The Early
(favorable à Akko). 26. E.'1'. NEwELL,
<<
Reattribution of Ccrtain Telradrachms of Alexarrder thc Great >,
llJN, 45, 1911, p.
1-10,
Tarsos under Alexander >>, AIN,52, 1919, p. 69-115' pl. 1-7.
27.8.T. NEwELL,
<<
Tctradrachms of Ptolcmy I >, ANSMzsN, 13, 1967, p. 1-16. 31. M. TuovpsoN, Alexander's l)rachrn Mints. I : Sardes and lililetus, (NS, 16), New York, 1983, Pour Sardes : 42 coils de droit sur 155 excrnplaires; pourMilet:31 coins de droit sur 153 excmpl:rircs. 32. N. J. MooRE, |'he Lifetire and Early Posthutnous Coimge of ALexander lhe Great from Pel/a, dissertation
inétlirc, Princcron, 1984. 33. Le Rider a cncore récemrnent bicn montré combien I'irnmcnse majorité des alcxandrcs avaicnt été lrappés avant 290 (G. LERIDtjR, << Les alcxandres d'argent cn Âsic Mincure ct dans l'Orient séleucide au Illê siècle av. J.-C. (c. 275- c. 225). Rcmarqucs sur le système monétaire dcs Séleucidcs et dcs Ptolémées >, JS, 1986, p. 27-28 et 35. 34. Il. T. Nnwr:ll, 1911 et 1912, passim. ContrairemcnL au total des cxernplaires, le lotal des coins de droit n'a pas éré calculé par E. T. Ncwcll. Lc résulrat de 1.102 additionne lcs différcnts totaux d'atcliers ou de régions. La scule incertituclc à ic propos réside dans lc nombre de coins dc droit pour les ateliers indétcrminés de Macédoine. Il ne ressort pas clairemcnt cn ellct si les 23 droits montionnés ont servis à réaliser lcs 98 exemplaires ou seulement 35. G. I.'. Ca.nlen, < A Simplificd Mcthod for Calcuiaring rhc Original Number of Dics lrom Die-I-ink Starisrics >, ÀNSMusN, 28, 1983, p. 195-206. 'l'rùs simplc d'utilisation et relativenent pertinente dans ses présupposés, cette méthode a aujourd'hui la faveur de nombreux nunrismatcs.
ccrtaincs variétés de ce groupe.
266
REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES
Une attention plus approfondie au détail des résultats ongage toutefois à la prudence. Il existe en effet des discordances entre I'importance relative de chaque atelier suivant que l'on estime celleci d'après le nombre de coins dc droit ou d'après le nombre d'exemplaires. Considérons plusieurs ateliers, pour lesquels E. T. Newell donne les chiffres suivants36 :
Ateliers Amphipolis: Babylone: Tarse : Myriandros3T : Sidon: Akko : Alexandrie3s :
<<
>>
Droits Revers Exemplaires n/d 1.281 1.582 705 2,2 I72 498 630 3,5 69 462 306 6,7 122 25 178 7 ,l 24 60 113 4,7 25 130 207 8,3 43 150 217 5,0
32,8 13,1 9,6 3,7 2,3 4,3 4,5
Vo
(2.149) (1.313) (719) (616) (1.043)
(581) (956)
Il apparaît clairement que I'indice charactéroscopique varie considérablement d'un atelier à I'autre (5è*" colonne : n/d). De fait, suivant que I'on extrapole le nombre total représenté dans le trésor d'après le nombre de coins de droit et I'importance relative (6è-" colonne) de chaque atelier, on aboutit à des résultats aussi différents que 581 (< Akko >>) et?149 (Amphipolis).
La principale discordance vient du grand atelier macédonien, habituellement situé à Antphipolis'e, pour lequel E. T. Newell a recensé un nombre anormalement grand de coins de droit. Il n'est pas raisonnable de penser que le comptage des coins ait pu être surévalué. De fait, entre les deux publications qu'il a consacrées à la grande trouvaille égyptienne, E. T. Newell a été amenê à enrichir son matériel. Pour Amphipolis, son étude de 1911-2 se fonde sur 903 tétradrachmes totalisant 521 coins de droit différents, tandis que son étude de 1923 présente 705 coins de droit pour 1 582 exemplaires. Ces aléas dc la recherche permettent au statisticien d'aujourd'hui d'éprouver la validité de scs instruments en lcs appliquant à deux moments différents d'un même problème pour iequel on attend logiquement dCux résultats identiques. Le fait est quc I'utilisation de la méthodc simplifiée de G. F. Carter paraît très encourageante en cette circonstance. Elle revient cn efl'et à estimer le nombre origincl^de coins à 995,5 + 34,8 pour la situation décrite en 1,911-2 (d= 521; n = 903 ; indice nld= 7,'13) er à 1 035,9 + 21,0 pour celle de 1923 (d=705; n = 1 582; indice nld=2,24). Nous obtenons donc dans les deux cas 'sensiblement le même résultat, que I'on évaluera par souci de facilité à 1 000 coins de droit originels.
Sans doute, faut-il supposer ici que la longévité des coins différait d'un atelier à I'autre. En I'occurrence, I'atelicr d'Amphipolis (Arados dans une moindre mesure) aurait procédé au remplacement des coins plus rapidement qu'aillcurs. On n'explique pas autrement que
36. E. T. NEWELL, 1923, o. c. (n. 24) p. 151. La cinquiùme colonne donne findice charactéroscopique de chaque atelier (n = nombre d'exemplaires / d = nombre dc coins de droit). La sixième colonne indique f importance relativc de chaque atelier d'après le nombre d'exemplaircs. La demière colonne donne le nombre de coins de droit pour l'ensemble des ateliers d'après I'importance relative de chacun (2 149 = 705 x 100/32,8). 37. Les études de E. T. Newell pour les ateliers de 'Iarse et de Myriandros préscnteni des résultats sirnilaires quoique légèrement différents : 67 droits sur 335 exemplaires pour Tarse er 25 droits sur 151 exemplaircs pour Myriandros (8. T. NEwELL,o. c. (n.26 et27)). 38. O. FI. Zervos a trouvé 46 coins dc droit pour 369 exemplaires, soit à peinc 3 nouvcaux coins de droir pour 152 tétradrachmes supplémentaircs : O. H. ZrRvos, 1967, o. c. (n. 30). 39.I1 s'agirait de Pella pour M. J. Pnrcr,, <'fhe Coinage of Philipp tr >, NC, 7 (L9), 19'79, p.239-240 et <On Attributing Alcxandcrs- Some Cautionary Tales >, Essays in llonor of M.'lhompson, Wetreren, 1979,
p.249.
LES TRÉSORS ROYAUX ACIJÉMÉMDT.]S ET LES MONNAYAGES D'ALEXANDRE
267
relative d'après les coins de droit (47 ,3 Va) dépasse très sensiblement pour cet atelier celle obtenue d'âprès les exemplaires non seulenent pour le trésor de Demanhur (33,7 %o)N mais également pour I'ensemblc des autres trésors d'alexandres (22,4 Vo)at. On se gardera donc de multiplicr lès 1.000 coins de droit estimés pog _Amphipolis par 3 ou 4 pour évaluer la production tôtale de coins de droit utilisés jusqu'en 318-7.
f importance
Cherchons à présent à mesurer I'accroissement progressif du nombre de coins de droit dans les décennies qui ont suivi la mort d'Alexandre. En retenant certains ateliers dont la pro_duction s'est arrêtée trèi tôt, il paraît possible de mesurer à travers les trésors la perte graduelle d'importance de ceux-ci et dont d'évaluer I'augmentation de la masse des alexandres en circulation. Nous avons retenu pour ce faire les trois ateliers de Tarse, de Myriandros et d'Alexandrie. Tous les trois ont fait I'objet d'une étude de coins détaillée et tous les trois ont cessé leur activité très peu de temps après le décès d'Alexandre. Dans le trésor de Demanhur (IGCH 1664), leur importance relative est la suivante42 :
Ateliers
Tarse:
Exemplaires
549 sur 5 951 207 sur 5 951 265 sur 5 951
q??
3,48 4,45
Vo
Myriandros: Alexandrie :
Si I'on considère à présent tous les trésors censés avoir été enfouis entre 310 et 300 et pour lequels on connaît la répartition par atcliers, soit 19 trésors dwtsl'IGCH et les 7 premiers CH, on obtient les résultats suivantsa3.
Ateliers
Tarse:
Exemplaires
:
Vo
Myriandros Alexandrie:
70 sur 1 590 29 sur 1 590 47 sur 1 590
4,40 7,82 2.96
Enfin, retcnons pour le III" siècle les six gros trésors d'alexandres dépas.sant la centaine d'exemplaires ct doni la répartition par atcliers est connue : IGCH M4,448,7369,1399,1423 et 161844. En additionnant les pourcentages obtenus par chaque atelier pour chaque trésor et en divisant le total par le nombrè de trésors, on aboutit à évaluer I'importance relative des trois
ateliers de la manière suivante
:
40. Les exemplaires représentent 34,1 lo de tous les exemplaires en l9l1-2 (903 sur 2 645),32,8 Vo en 1923 (1 582 sur 4 826) et33,7 Va en 1980 (2 005 sur 5 951 : voir O. H. ZERvos, << Additions to the Demanhur Hoard of Alexander Tetradrachms >>, NC,7 (20), 1980, p. 185-188). 41. À en juger d'après les exemplaires de 52 trésors d'alexandres enfouis avant 300 (tous les Îrésors recensés dans I'IGCH et les 7 prèmiers CII excepté le trésor de Demanhur), la production de I'atelier d'Amphipolis aurait représenté quelque 22,4 Vo (595 exemplaires sur 2 655) de la production totale-(voil F. de Cellerai,Numismatique d;Alexandre le Grand : deux questions, mémoire de licence inédit, Louvain-la-Neuve, 1983, p. 110 et pl. 26). 42. Les données citées ici sont celles de O. FI. Zenvos, o. c. (n. 40) p. 187. 43. Ces trésors sont IGCII 93,95, ll7,121,122,414,432,1398,1422,14'70,1471,1515' 1516' 1519' 1520, l'754, 1756,2154 et CH II 55. 44. Parmi ces six trésors, deux ont fait I'objet de publications récentes : le trésor d'Armenak a été étudié par M. THoMpsoN, n The Armenak lloard (IGCII 1423)>,.AN,!MusN, 31, 1986, p. 63-106, pI.6-26 et celui de Kirazli par G. LeRroER et N. OLcAy, << Le trésor de Kirazli (près d'Amasya) : IGCH 1369 >, Varia Anatolica, l, 1981 , p. 23-34.
268
ItliVUIi
DIJS IITUDES ANCIIINNIS
Ateliers
Tzu sc
: :
o/o
2,66
1,13 1,37
Myriandros Alcxandric:
Au total, sachant quo I'atclicr dc Tarsc a rccluis I'utilisation d'un minirnum de 69 coins de droit, celui dc Myriardros 25 ct cclui tl'Alcxanclric 46, on pcut drcsser lc tablcau qui suit :
Ateliers Tarse :
Myriandros
d
Alcxandric:
:
69
25
Io/ol : 318-7 DI 9,21 144 3,49 7 76
4,41 1029
46
2 : 310-300 o/o2 D2 4,40 1 568 1,U2 1314 2,96 1554
3 :III' o/o3 siècle D3 2,66 2 593 i,13 2Zr2 1,37 3 358
La concordance dcs résultal"s paraît très acccptable. Pour lcs 3 ateliers considérés, on constate une diminuLion dc I'importancc relative asscz similairc. Lcs nombres totaux de coins de droit estimés à partir dcs pourccntagcs de ciraquc atclicr scmirlcnt égalemcnt faire état d'une même réalité. On cst ainsi amcné à clistinguer plusicurs étapcs dans la production des
tétradrachmes aux typcs d'Alcxandrc
dessus rcvienncnt à estimcr le nombre total de coins <lc droit cntre + 700 ct 1 100 jusqu'en 378-7, entre 1375 et 1 575 jusqu'cn 300 ot cntrc !2220 et + 3 400 dans le courant du lII"
lc Crand. Pris commc tcls, les résultats présentés ci-
t
I
siècleas.
Dcux réserves doivent ôtre I'aitcs à cc propos : 1 Ccs résultats ont été établis à partir des nombres dc coins dc droit recensés c[ non estimés pour chaquc atclier. Ils sont donc à majorer dans chaque cas par lc nombrc dc coins dc droit non représcntés dans les échantillons. En
I'occurrencc,
il
ne paraît pas c1u'il doivc cn résultcr dc grandcs différcnces. L'indice
charactéroscopique élcvé obtcnu pour lcs 3 atclicrs (Tarsc :T,llMyriandros : 6,9/ Alexandrie : 8,0) permct cn cllct dc croirc quc scul un très pctit nombrc de coins dc droit ne ligurent pas dans les échantillons. 2 En rctcnant lcs atclicrs dc Tarsc, dc Myriandros et I'Alexandrie, on ne fait pas justicc au très grand nonrbre dc coins dc dloit rcpérés à Amphipolisa6.
Cela étant, il cst important dc notcrprimo que ccs résultats ne rcposcnt pas sur un seul mais sur trois atelicrs, cc clui répartit lcs risclucs, el sccundo quc ccs résultats paraisscnt concordants
enlfe cux.
45. Les ateliers de Sardcs ct de Milct confinncnt ccs dcmicrs chilfrcs. Iln leur appliquant le môrne traitcmcnt pour les 6 trésors du IlIe siùclc, on est amené à évlauer lcur importance rclatrvc à 2,22 7o pour Sardes ct à 1,05 lo pour N4ilet de l'ensenrblc dc la production dos tétratirachmes. Sachant quc M. 1'hornpson distingue 42 coins dc droit à Sardes ct 31 à Milet (1983), on ostimora Ic nonrbrc lotal de coins dc droit à 1 892 (12 x 10012,22) ou à 2 952 (31 x 100/1,05). Davantâgc toutolois que lcs résultats obtenus pour les atclicrs dc'farsc, dc Myriandros et d'Alcxandrie, ces nombres dcrnandcnt d'ôLre nr:.rjorés on fonction dcs coins dc droit non rcprésentés dans l'échantillon (moindre qualiLi dc f indicc charact érosc<4r.iq uc). 46. Ainsi lcs cstimations de 71(i ct 74zl coins dc droit pour l'cnsenrblc dc la produclion dcs 1étradrachmes jusqu'cn 31E-7 sont-clles inféricu:rcs à ce qu'il est convcnu d'cstirncr pour la sculc production du grand atelier
nracéclonicn
(+ 1 000 coins de droit).
I-}1S TRÉSORS ROYAUX ACI'IIIMÉN'IDES ET LES MONNAYAGES D.ALEXANDRE
2. Les drachmes.
Pour les drachmes, qui n'ont longtemps encouragé aucune étude de coins, on peut aujourcl'hui disposer des richcrchcs menécs par M. Thompson sur lcs ateliers de Sardes et de Milet surtoutaT,^de Sidé ct de Mylasa diurs unc mcsure ncttcment moins prolitablea8. La qualité de l'étudc de M. Thompson sur lcs atcliers de Sardcs et de Milet liée à la réelle importance que ces deux-ci ticnncnt dans la production pcrmet de compter pour les drachmes sur un étalon particulièrement fiable.
Cela étant, il a été, rcccnsé à Sardcs 240 coins de droit pour 592 exemplaires (indice n/d = 2,47) ct à Mile t 149 coins de droit ponr 294 exemplaires (indicc nld = 7,97). L'utilisation de la méthode simplifiée de G. F. Cartcr évalue lcs nombres originels de coins à respectivement 337,0I10,5 pour^Sardes et245,3 i 13,1 pour Milct. Au total, les deux ateliers auraient utilisé quelque 582 cbins de droit en virtucllcmcnt 3 décennics d'activité.
Il convient d'étalonner ce résultat sur I'ensemble de la production des drachmes. Lors de la publication du trésor de Denizli, nous étions arrivé à la conclusion qye les ateliers de Sardes et àe Milet avaient produit t20 o/o de toutcs les drachmes d'Alcxandre le Grand et nous estimions à t 2 800 le nombre total de coins de droit utilisés à cettc finae. La publication récente dcs trésors d'Armcnak (IGCH 1423), de Kirazli (IGCH 1369) et d'Haymana pcrmet d'affiner ces résultatsso. Voici la composition de s principaux trésors de dracllncs enfouis au IIl" siècle :
Trésors
Cavalla (IGCH 450): Kirazli (IGCH 1369) : Anrrenak (ICCH l4231st : Denizli (CH VII61) :
Sardes N{ilet
Haymana:
Total:
35 66 56 10 36
20 47 28 5 33
Total
282
589 419
121
Vo (S+M.1T) 19,5 0/o
!9,2
77,5 13,5 17,5 77,5
Vo
Vo
a/o
442
Va
203
133
r.9r9
7o
La cinquième colonnc de cc tableau donne en pourcentagcs l'importance relativc des productions additionnées dc Sardcs ct de Milet par rapport à I'ensemble dcs drachmes émises aux types d'Alcxandre lc Grand (S+MÆ). ll apparaît quc lcs atelicrs de Sardcs ct de Milet ont
Drachn Mints. I : Sardes and Miletus, (NS, 16), New York, 1983. 48. M. TlroMpsoN, < Thc Cavalla lloaÀ (IGCII 450) > ANSMusN,26, 1981, p. 33-49, pl. 3-9 (p' 44-48 : 'lhe Alexandrine Mint of << a skeleton record >> de I'ateiier dc Sidi : 16 coins de droit pour les 26 drachmes) et < MyJasa >, NAC, 10, 1981, p. 201 -218: 6 coins dc droit pour 13 drachmes. On le constate : Sidé et Mylasa sont de très petits ateliers, dont les productions sont Pcu représentées dans lcs trésors. 49. F. de Cnl-lef,rY, < Un trésor dc drachmes aux types d'Alexandre le Grand conservé au Cabinet des Médailles de Bruxellcs >, nBN, 129,1983, p. 23-60, pl. 6-7 (surtout p. 46-55). 50. Pour TGCII 1369 ct 1423, voir supra, note 44. Pour le trésor d'ilaymana, voir G. LpIIIDER et N. Ot-c,rv, < Le trésor de Ilaymana >, RN, 6 (30), 1988, p. 55-63, pl. 11. 51. M.'fhompson donne égalemcnt ie nombre d'excmplaircs rccensés par E. T. Newell qui n'ont pas été acquis par I'ANS (1986, p. 104-105). Les areliers de Sardcs (76) et de Milet (62) totalisent 138 drachmes sur 684, soit 20,2 Va dc ce total.
4?. M. TuoMpsoN,Alexaruler's
270
REVUE DES ÉTUDES ANCIENNFTS
contribué à raison de +17,5 Vo delaproduction totales2. Dès lors, sachant que ces deux ateliers ont probablement nécessité la réalisation de * 582 coins de droit, on est amené à estimer le nombre total de coins dc droit utilisés pour les drachmes àt3 325 (582xr00/n.).
3. Les statères.
On manque cruellement d'études de coins à propos de I'or monnayé sous forme
d'alexandrcs. Seuls quelques ateliers comme Tarse, Sardes, Milet et << Sicyone > (Corinthe) ont
macédonienne est-il vivement attendu54.
été publiés jusqu'ici53. Aussi le travail entrepris par H. A. Troxell sur la production Voici les données dont on dispose pour Tarse, Sardes et Milet et I'estimation du nombre originel de coins pour chacun de ces atcliers (D) :
Ateliers Tarse : Sardes: Milet:
d
16
n
35
181
n/d
2,79 3,23 3,64
D (Carter
56 44
160
1983) 24,3 + 3,5 69,3 + 3,2 52,2 + 2,4
Encore s'agit-il d'estimer I'importance de ces ateliers par rapport à la production totale des statères aux types d'Alexandre. Pour ce faire, nous avons considéré tous les trésors enfouis jusqu'en 300 et dont la répartition par ateliers figure dans l'IGCH ou les 7 premiers CH . Seize lrésors répondent à ces critères, tolalisant 285 statères dont 9 ont été réalisés à Tarse, 22 à Sardes et 18 à Miletss. Partant de cc (médiocre) échantillon, on peut proposer les estimations
suivantes.
Ateliers
Tarse : Sardes
:
n/N
9 sur 285
7o
D
Vo
22 sur 285
18 sur 285
Milet:
3,16 7,72 6,32
70
0/o
769 (24,3 x 100 / 3,16) 898 (69,3 x 100 / 7,72) 832 (52,6 x 100 I 6,32)
On voit qu'il existe une relation concordante entre le nombre de coins de droit estimi pour chaque atelier et I'importance de ceux-ci dans la circulation. Thésaurisation et charactéroscbpie
52. Le trésor de Denizli livre le pourcentage le moins élevé (13,5 Vo). C'est également le trésor le plus modeste et à cc titre lc moins fiable staristiqucmcnt. 53. Pour Tarse, voir E. T. NEwEI-L, o. c. (n.26) : pour << Sicyone >>, voir S. P. NoË, o. c. (n.28) ; pour Sardes et Milet, voir M. THOMPSoN, o. c. (n. 47). Pour le début du monnayage en or, il est très regrettable de ne pouvoir disposer de la grande trouvaille faite à Saida (ICCH 1508) I'ancienne Sidon dont les exemplaires onr presque tous é1é dispersés (voir demièrcment à ce sujct U. WEsIERMARK, ( Notes on the Saida lloard (IGCII 1508) r, NNl, 19'19-1980, p.22-35). On notera au passagc que les premiers trésors de statères d'Alexandre présentent une parenté manifesle de composit-ion qui atteste I'existence de quatre ateliers : Amphipolis, Tarse, Salamine et Sidon (IGCII 71 ,
395 et
Cll II
50).
54. H. A. Troxell est également occupée à publier les alexandres en or conservés à I'ANS (à paraître dans la prochaine livraison de la SNG ANS). 55. Ces trésors sont les suivanls : IGCH 77,92,121,395,408, 409,410,774,799,800, 801, 1396,1441, 1442, 1472 et CII IJ50 (voir F. DECALLA'rAY, o. c. (n. 41) pl. 3a).
LBS TRFSORS ROYAUX ACHÉMÉMDES ET LES MONNAYAGES D,ALEXANDRB
271
confirment donc I'importance relative de chaque atclicr. Leur enseignemcnt conjoint évalue entre + 750 er + 900 le nombre total de coins de dioit utilisés pour la frappe des statères d'Alexandre
jusqu'en 300s6.
* 17,2 Vo de la production- totale. Comme nous avôns cherché à mesurer l'évolution dans le temps de ce oour les tétradrachmes, 'pàur..nt.g". Il existc hélas très pcu dc trésors de.statères postérieurs au 4ème siècle, dont les iép*titiÀ"i par ateliers soient co^.rrues. Seuls 4 trésors ontlci été considérés : IGCH 148, 866, gj3 et 1369: Si I'on retranchc d'IGCH 866 ct 958 les exemplaires réalisés tardivement P{_les ateliers de la Mcr Noire57, on obtient 323 statères dont 39 oni été émis à Tarse, Sardes ou Milet. :q i"r 323 : I'importance relative de ces trois ateliers semble être à présent tombée à ! l2,I Vo' O6, foÀ, la production totale de statèrcs émis grosso^ m.odo jtsqu'en 280 paraît avoir nécessité I'utilisation âe t 1.208 coins de droit (146,2 x 100/12'1).
Ensemble, ces trois ateliers rcprésentont alors
4. Estimation des quantités monnayées.
Après avoir estimé les monnayages d'or et d'argent d'Alexandre le Grand en nombre de coins àe droit, tcntons à présent <ie-lci évaluer en nombrcs de monnaies frappées. Nous avons aujourd'hui la de 30 000 -ôtrt è ailleurs pourquoi ia valcur grecqucs8. gxemplaires par coin de droit semble ce-sÙet est du L'artièle fondamental de P. Kinns à numismatique plus acceptable^en ïéit" r"prir aujourd'hui asse, systdmatiquement par les numismates de l'Antiquitése. Toutefois, afin de p.océ'cler avec prurlence, nou-s avons-également rctenu les valeurs modérées ou génércusès de 20 000 et 40 000 exemplaires par coin de droit.
il donne 3 estimations tétradrachmes, drachmes ct statèrcs chaque catégoriô dc monnaies en nàmbresie coins de droit. La colonne centrale reproduit le résultat le plus probable selon nos raisonnements. Les colonncs de gauche et de droite mentionnent les estimations basses ou hautcs, qui ne doivent pas être perçucs comme des minima ou des maxima absolus mais comme les boinàs d'un intervâllc de cônlî"ance. Nous avons ensuite cherché à traduire ces nombres de coins de droit en nombre de talents. Ici encore, la colonne centrale vise à atteindre le maximum de vraisemblance en multipliant lcs nombres de coins par la valeur la. plus-probable, sjrit par 30 000 monnaies. Afin de radicaliser la situation, nous avons veillé à multiplier par 20 000 I'estimation basse du nombre de coins et par 40 000 I'estimation haute. Ainsi, en accentuant délibérément les écarts, on se donne lcs mcilleurcs chances de proposcr une fourchctte assez large des quantités monnayées pour chaquc dénomination.
Lc tableau que nous présentons ci-dessous réunit les informations élaborées plus haut. Pour
-
-
prcrnières années du IIIe sièclo, À cc fitre, lcs estimations proposécs sont susceptibles d'être quelque peu réduites. 5j. De fait, ces deux trésors comprenncnt une part importante de stalères tardils qu'il est légitime de retrancher (Callatis : de nos calcLrls. Pour 1e trésor d'Ana<lol (1GCiI 866), nous avons soustrait 460 des 694 siatères d'Alexandre Z40t(x 5) lsrros : t9l(x 5) Mesembria : 65/(x 5) Odessos : 46l(x 5) 1'ornis : 57l(x 5) Sinope : 13/(x 5) Pontnoxin : iO;. Pour le trésor dc Marasesti (ICCII 958, nous n'avons pas tenu compte de 21 des 64 statères (Callatis: t4l(x 5) Odessos : 7). 58. F. de CALLATAV, 1984, o. c. (n. 23) p. 46-48 et suilout le développement dans notre thèse de doctômt inéditc: Llistoire économique et tnonétaire tle.s fuerres mithridatiques, Louvain-la-Neuve, 1988, Tome 1A, p' 15-22. 59. p. KrNxs, < The Amphictionic Coinage Reconsidercd >, NC,143, 1983, p. l-22, pl' 1-4. Les,spécialistes de la périodc romaine se réfèrent égalemenl à ce travail : voir demiôrement par exemplc D. WAIKER,^<'l'he Roman Coins >>, The Tentple of Sulis Minelva ar Bath. Vol- 2 : The Finds from the Sacred Spring, Oxford, 1988, p. 301 et 337, nore 49.
56. Nous sommes colscielt de ce que lcs séries d'or de Sardes et dc Milct se prolongent jusque dans les
272
REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES
Tétradrachmes
Coins
: :
2 500
J-1
-1-1-1
3 000
3 500
Talents
(2s00 x 20 000/1 s00)
60 000 (3 000 x 30 000/1 500)
93 333 (3 500 x40 000/1 500)
Drachmes
Coins
Talents:
:
3 000 10 000
(3 000 x 20 000/6 000)
3 300 16 500 (3 300 x 30 000/6 000)
3 600
24 000 (3 600 x40 000/6 000)
Statères
Coins:
Talents
i
1 000
I 200
120 000 (1 200 x 30 000/300)
196 500 talents
1 400
66 666 (1 000 x 20 000/300)
110 000 talcnts
186 666
(1 400 x 40 000/300)
304 000 talents
Total
:
En réalité, nonobstant l'écart de 1 à 3 qui sanctionne les résultats dc la première et dc la troisième colonne (de 1 10 000 à 304 000 talents, soit de I à 2,7 6), on a les meillcurcs raisons dc que la réalité est bcaucoup plus prochc du résultat de la colonne ccntraleff. En particulicr, Pens-er la valeur de 40 000 exemplaires de moyenne par coin de droit semble forcéc : il nous paraît très pgtl i'1qiseryblablg quc la somme des espèces monnayécs par Alexandre ait pu dépasser les 250 000 talents. De même, il ne nous paraît pas falloir descendre cn-dessoùs des 150 000
talents.
Qui entend estimer lcs masscs monnayées doit également se méfier d'un éventuel décri suivi d'une surfrappe sans altération des types dcs pièces émises, ce qui pourrait induire à comptabiliser plusieurs fois un même stock métallique dans le cas du conquérant macédonien, de tellcs g.urfrqnnes_ d'alexandres sur des alexandres existcnt. Elles paraissent toutefois rares ct (peut-être) limitées géographiquement à ccrtains atcliers phéniciens6l.
On aurait ainsi monnayé près de 200 000 talcnts en une quarantaine d'années, soit + 312 tonnes d'or et 2 000 lonncs d'argcnt. Ces sommes sont très prochcs dc cclles prélevees à Susc et à Persépolis cn 33 1 -0 par Alcxandre (+ 180 000 talcnts).
t
La similitude est liappante. Il ne faudrait prs pour autanl établir un rapport conlraignant d'un total à I'autrc. Il est clair que tout I'or ct I'argcnt des trésors perses-n'a pas été entièrernent converti cn alexandres : unc partie dilïicilcment appréciable a de Iàit pris ou surtout
-
60. De fait, la multiplication entre elles des donnécs extrêrncs vicnt encors renforccr I'improbabilité de
résultats.
ces
61. Voir I'article consacré dcmièrement à cette qucstion par FI. NICoLET-PIERRE, < Un pseudo-alcxandre phénicien surfrappé >, BS17N, 41 (3), 1986, p.2I-23. Voir cependant aussi G. LERIDER er N. Or-crry, << Un rrésor tie tétradrachmes d'Alexandrc trouvé à Akçakale en 1958 >,,/tN,6 (30), 1988, p. 44 : cxempiaire no 41.
I-ES 'IRESORS ROYAUX ACTIÉN,{ÉMDES ET I-ES MONNAYAGES D.ALEXANDRR
2'73
la forme d'orfèvrerie. I1 existe également une série d'émissions monétaires frappécs conservé pà"-ap.Os la conquêtc d'Alexandre qui, sans-avoir les types du c,onqPérant macédonien, furent très piobablemeni réalisées à partir dù métal perse capturé par ce derniet'z.
-
a"r
Nfo"1 lu"gee peuvcnt avoir amené une rùsse app.réciable d.?r.ct d'argent63' Auss.i' leprincipal peut fort bien êtrc resté atelier macédonien qu'il s'agisse d'Amphifôlis ou de Pclla
métal est non moins évidcnt que tous lcs alexandres n'ont pas été ryon1ayép avec le seul III Codoman. En particulier, quarante années d'exploitation,minière du Uutifp.i. abarius
Il
pâ.Tàlt"-""r indépendant
métallique.
des Trésors
de pcries pour cc qui est - son approvisionnement
Du reste, il est important de rappcler ici ce que les classe.menLs élaborés pq lqs numismates ont 11.ès soruônt mis ei tumlère : à^iavoir quc lc^gros dcs émissions auxtypes d'Alcxandre a été èmis après la mort de cc dcmicr, dans lcs dèux dernières décennics du IV" siècle. En dépit de ces rrès importantes réscrv^cs qui,intcrdiscnt de raisonner sur ces nombres de manière rbp étroite, il appaiaît néanmoins fondé de considérer qu'une part importante - peut<lu gigantesque butin cntreposé un temps à Ecbatane s'est être ou s^i dorrt* i'esiehtiel monnayée sous la forme d'alcxandres. retrouvée
gro. rie"i" d" frupp" de monnaies stéphanéphores, Athènes n'a au mieux monnayé a|-e le frappcs d'un roi commc Mithridatc "" "n de cettc rnuriàâ+. Davantagc même : toutes lcs sixiènie Eupator, dont le règne étalé sur plis de 40 ans fut riche en occasions de battrc monnaie, nc
dépassent pas Ics 6 Ô00 talcnts d'zrgcnt monnayé (l/:oè-")ot.
Ces sommes
môme dans le cas de I'estimat.ion la plus basse
sont surtout colossales
:
Ccs sommes ne sont pas moins imprcssionnantes, si l'on se tourne vers Rome : en attribuant la valeur très appioximative mais nullcment sous-estimée de 10 millions dc deniers frappés en moyenne chalire annéc lors dc la période républicaine, 200 000 talents d'argcnt ndniayé repréicntcraicnt i'activité dc plus d'un iiècte dc frappe monétairc66.
M.
Les sourccs littéraires avaicnt insisté sur I'ampleur dcs richcsses arrachées par Alexandrc lc Crand aux derniers Achéménides. L'étude numismatique a montré l'étendue de la déthésaurir.iiô" ô-i ààuait en résulrer. L'estimation dcs nombics de coins d'abord, des quantités dc monnaies ensuite réalisées en quclques décennics aux typcs du conquérant macédonien a permis
été 62. Ajnsi que cela sc produit à Tarse, à Babylone, etc... Un bon conspectus de ces émissions a demièrement thc donné par M. j. pttce, . In the Wake of Alexandcr : C<lins as Evidence for the Clash of Cultures under 1983, Maceclonian Empire >, Actes d4 12e Congrès Internatiornl d'Archéologie Classique, Athènes, 4-10 septembre Athènes, 1985, p. 243-247. 63. Diodorc de Sicile, XVI, 8. 6 : 1 000 talenis par an' (M. TIIoMPSoN, 64. M. Thompson recense i 000 coirs de droit pôur lcs tétradrachmes et 107 pour lcs drachmes Coinage of Athers, (NS, i0), iicw York, 1961). En imaginant même qu'il ait été-utilisé 1 500 The New Style Sitier (1 1/6è*")' coins de droit pour les tétradrachmes et 150 pour les drachmes, on aboutit au 1otâl de 30 750 talcnts 65. Voir notre thèse inédire : Histoire économique et monétaire des guerres mithridatiques, Louvain-la-Ncuve, et 11 19gg, Torne 18, p. 31 et 40. Nous avons réuni 156 coins de droit sur 505 excmplaires pour les tétradrachmes droits sur 5l exemplaircs pour les statères.
-
CONCLUSION.
66.M.lLCR^WF0RD,RomanRepublicanCoinage,Cambridge,l9T4,p'698-705'
274
REVUE DES ÉTUDES ANCIENNES
de.cerner I'importance stupéfiantedc la irappe monétaire à ce moment. Près de 200 000 talents, soit rure grande part-vraiscmblablemcnt des trésors amassés par lcs rois perses ont ;insi été injectés dans la circulation6T.
Ce fait monétaire exceptionnel eut des_conséquences importantes. D'un point de vue numismatique, il fiL cn sortc que durant près d'un sièôle lcs gens se servirent virtriellemènt clcs rnônles monnaies. Durant longtemps en effet, ainsi que I'a rééemment présenté G. Le Rider, les frappes de la plupart-dc ses successeurs n'curcnf d'autrc rôle économi{ue que celui àe vénir en appoint de la masse des alexandrcs68.
INTERVENTIONS
in these figures rvas anything more than coincidence. In fact the coinage from the ""rt"* mints of Alexander's empire during his lifetime can only have been a small proportion of thc total booty. Most of the dracluna coinage, for examplc, is posthumous and the bulk bclongs to ûe period of Antigonus Monophthalmos in Asia Minor. I cannot see that this has anything to do with bullion emanating from Mesopotamia in l:0. t would like to recoûrmend that thc figures bc rcvise<J to take account oniy of coinage of Alexander's lifetime, betwcen 330 and 323''lo the Alexander coinage of imperial types must bc a<lded the coinage struck wirh local types such as the Babylonian issues of Mazaeus and Mazaces, the << Poros > deca<lrachm series, and the Cilician coinage of Balakros. It might be scnsible to subtract from the figures the Macedonian < Amphipolis >> coinage which was probably not produced from gold and silvcr imported from the East.
balance
M. Price : I must sound a word of caution. The figures produccd here balance on the one hancl the boory seized by Alexander in Mesopotamia in 331, and on the othcr coins struck in the form of Aicxandcr coinage not only during his lifetimc but also down to the end of the fourth century. It wouid be quire wrong to suggest that a
Anna Maria Prestianni Giallombarcto : Qualche riflcssione di carattere mcrodologico sulla relazione del Dr. De Callatay. Suo punto di partenza è la quantificazionc, difficile, di due dati, in verità cronologicamente non omogenei : da una parte I'ammonLare dei tesori achemenidi, di cui Alessandro entrô in possesso a partire dalla fine del 331, dall'altra il volume di coniazioni di << alessanclri >, che clatano invecc quanto meno al 334, senon
precedentcmente. Lo scopo à quello di dimostrarc come tali dati siano perl'e[tamcnte sovrapponibili.
Al primo risultato, quello del totalc dci tesori achcmenitli, I'autore perviene con un accorpamento di cifre parzi'ali che sono intanto mcno concordi cli quanto si vorrebbe far credere (si cfr. i dati cli Diod. plut. e Curt. relativi al tesoro di Susa) e poi incompleti - mancano quanto meno i d:rti, in qualche caso sia pur generici e
67' Si cettc estimation de + 200 000 talcnts dcvait sc confirmer, il paraîtrait alors que la masse monétaire réalisée à .ce moment dépasse sensiblenient lcs bcsoins stricl,ement rnilitaires qu'on lui prôte ordinairement. En reprenant I'cstimation de + 7 000 talents comme coût" annuel dc l'armée d'Allxandre après 330 (A. Boaara", Griechische Geschichte, 4 (1), llorlin, 1925, p. 41-43),200 000 talents permeuenr. en cffet àe courrir chaque année duranl près dc 30 ans tous les besoins en monnaies nouvelles. Cotte âemière considérarion semble dolblemenr malvenue. A Andreades a du reste,critiqué_les hypothèses dc A. Beloch pour multriplier par deux I'estimation des
dépcnsesannuelles{1929,p.324-330:+5000àtT000lalcnrspouriespremièiesannéeset+15000après
330)' I1 faut évidemment se garder de convertir toutes ces dépenses cn argcnt mànnayé. 68. G. LERIDER, << l,es alexandrcs d'argcnt en Asic Mineuro et dans I'Orient séleucide au IIIe siècle av. J.-C, (.c.275- c 725), Remarques sur le systèrne monétaire dcs Sélcucirles et des Prolémées >>, "/S, 1936, p. :-St, pt. t-e (surlout, p. 3a-38).
LEs TRESORS ROYAUX ACHÉMÉNIDES ET LIS MOM{AYAGES D'ALEXANDRE
275
numericâmente non specificati dcll'acquisizione di tesori a Babilonia (Artr., 3, 16, 3 e 10 : apilpr:rc-; Curt., 5, 1, 23 e 45 : pecunia e suppellex; Strabo, 15,731). Il dato finale I 180 000 talenti, come totale anch'esso riferito nel1e fonti, è relativo a quanto pare, solo aI metallo prezioso in lingotti (asemon) o monctato, dei tcsori persiani. Ma, ncl computo delle disponibilità di vgluti in suo possesso in Alessandro, bisognava annoverare, olre che ed ancor prima che i tesori reali persiani almeno due altri tipi di proventi non sempre quantificabili, né quantificati forma massiccia solo dopo il 331
<lalle fonri, mâ certamsntc consislenti
-
: a) il gettito dei regolari tributi (q6por) e delle più rare contribuzioni
straordinarie che le satrapie acquisite prima dei 331 versavano al Conquistatore. b) La disponibilità di oggetti preziosi (corone, gioielli, vasellame ed altro) doni o frutto di bottino che, al bisogno, potevano essere fusi e concorrevano a soddisfare |e esigenze di metallo da coniare : una eventualità non proprio remota ta334 e331 Qust., 10, 1,0, 5 : corona aurea magni ponderis). Direi che, riferita all'intero arco cronologico di presenza in Oriente di Alcssandro - che equivale a queI1o la disponibilità di mctallo da monetare è anche precedente al 331 ed il de11'emissione di < alessan4ri > quantitativo totale e teorico, dunque cerro supcriorc alla somma di 180 000/190 000 talenti che le fonti riferiscono in particolare all'acquisizione dei tesori reali, in riserve di mctallo e monete. per Ia < grande cohérence qui semble Quest'ultimo dato delle fonti colpisce perô, come De Callatay fa notare, >. Identità di dati in fonti diverse potrebbe essere régner enfre les montants rapportés par 1es différents auteurs garasrzia di validità storica. Ma, poiché le fonti in questione sono tutte ben distanti dagli avvenimenti narrati e >> derivano da altre fonti precedenti i loro <lati numerici, è possibile che a1la base dclla < très grande concordance ci gn'unica fonre. Pluralità o unicità della fonte, qualità di essa, sono problcmi chc meritavano una sia sia in rcaltà
pur rapida verifica.
Passiamo ora a]la stima del volume di monete (tetradrammi, dracme e stateri) emesse da Alessandro. Atfraverso complicati calcoli, I'autore ottiene tre diversi totali : talenti 110 000, 196 500,304 000' e sceglie come prcferibile quello centrale che più si avvicina al totale di i80 000 talenti fomito dalle fonti per i tesori reali pesiani a cui Alessandro ebbe accesso dopo il 331.
Ma anche nel
computare
iI volume, sempre c
comunque tcorico, del1c coniazioni di
:
< alessandri >, De Callatay non ha tenuto conto di alcuni elementi. Enumererô i più importanti
Alessantlro non conia solo < alcssandri > bensi anche << filippi >, vale a dire monete d'oro e anche - che recano i tipi e la leggencla monetale del padre. Tali emissioni, numerose com'è noto, si pongono d'argento cronologicamente tra 336 e 329128, ecl utilizzano, com'è ovvio, anche I'oro proveniente dallc satrapie già
conquistate.
<
filippi >>, sono postumi. Qucsti
Viceversa, non tutti
gli < alessanclri
>> sono emissioni di Alcssandro, in parte anch'essi, come i non dovrebbero essere inclusi nel computo de1la monetazione di Alessandro'
comc invece è stâto fatto. E' di per sè ovvio, ma 1o ricordano anchc le fonti (Policleto di Larisa" FGrÏIist 128 F 3 a = Strabo 15, 3, 2i ; Diod., I7,71, 1) che non tutro il mstallo prezioso acquisito fu monetato da Alessandro. Alla sua morte' > nel1e casse dello Stato restavano ancora 50 000 talenti (Iust., 13, 1, 9). Erano monete dunque < alessandri contemporanei, o lingotti, dunque < alcssandri > postumi ? In definitiva, ritengo che i due totali, bcnché presentati come più o meno precisi e confrontabili, siano in realtà teorici e non sovrapponibili. Infatti, bcnché notevole sia stato il volume dcl mctalio coniato da Alessandro, < les espèces immobilisées > orientali passate in sua mano, ed iI cui afirmontare totale superir i 180 000 talenti, non <liventarono né tutte, né immediatamentc, vale a dire Alessaridro vivente, < espèces circulantes t>. In parte rimasero o furono trasformate in altre << espèces immobilisées > (come gioiclli, vasellame, suppellettile, etc. di fatlura < occidentale >), cambiando spazio geograllco o mcglio distribuendosi su un più ampio spazio geografico.
In parte si trasformarono, ma solo successivamente, sotto i Diadochi, in < espèces circulantes
>.
276
I{I]VUB DI.,S û'UDES ANCIENNL,S
Mireille Corbier : J'ai été intércssée par la comrnunication de F. de Callata!. Mes observarions concement seulemcnl. I'effort, d'ailleurs légitirnc, de comparaison avec d'autres époques. Pour Ic monde romain, je voudrais invitcr à la prudencc. Cc scrait en cfl'ct une illusion dc croirc que I'on s'appuic sur du mieux connu (le butin de Trajnn) pour apprécier le moins bien connu (le butin d'Alexandre). L'importance du butin fait par l'empcreur Trajan lors des gucrrcs claciclucs est sérieuscmcnt mise en doute aujourd'hui, notamment par Michaêl Crawford (La moneta in Grecia e a Roma, Bari, 19u2, p. 147-15i). Pas plus lcs chiffrcs transmis par Jean Lydus, et tirés d'une ocuvre historique du rnédccin dc Trajan Criton, que les corrcctions proposées jadis par Jérôme Carcopino nc constilucnt des donndes établics. Pir ailleurs, à propos cctto fois dcs arrivages dc métaux précieux qui ont suivi la conquête et I'exploitation du Nouvcau Mondc, il faudrait maintenant citer ct utiliser lcs travaux de Michel Morineau, réunis sous le titrc Increryables gazeltes et fabuleux métattr.