Un tétradrachme de Lysimaque signé et le problème des signatures à la période hellénistique more

Revue Archéologique, 1995 (1), p. 23-37.

RE,VI]8, r ARCHEOLOGIQUE FONDEE EN 1844 NOUVELLE SÉRIE DIRECTEUR ADJOINT DIRECTEUR; CHRISTIAN LE RO' : PIERRE GROI r995 - FASCTCULE r DE PRESSES UNIVERSITAIRES FRANEI qr I RE,VI-JE ARCHEOLOGIaI_IE 1995 / - Fascicule 1 I-e Dionysos des images éleusiniennes du rv" siècle, par Henri Mezger Un tétradrachme de Lysimaque signé au droit et la question des signatures d'artistes la période hellénistique, par François de Callataji . . Abdelmajid Ennabli < à 23 39 55 Statue d'aurige romain trouvée à Carthage, par Paul Veyne, Azzédine Beschaouch et Imagines emeritensium >, portraits privés d'Augusta Emerita, par Trinidad Nogales Basarrate Documents et chron'i4ues A propos de la tête de César en bronze de la donation Puech au musée Calvet d'Avignon, par Odile Cavalier, Lucia Faedo et Dietrich Boschung Nécrologie René Ginouvès (1926-1994), par Pierre Demargne C omptes rendus bibliographiques 69 91 95 175 Bulletin de la Société française d'Archéologie class'ique Ouvrages adressés à la Résumés et mots clés < Reaue archéologique )) . 206 2L9 PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE UN TETRADRACHME DE LYSIMAQUE SIGNE AU DROIT ET LA QUESTION DES SIGNATURES D'ARTISTES A LA pÉnronE HELLÉxrsrrquE par François de Callata! r. LES rÉrneonzcHMEs DE LysrMAeup stcxÉs MHNoA Le Cabinet des Médailles de Bruxelles a récemment fait l'acquisition d'un tétradrachme de Lysimaque qui présente, au droit, une signature sous la tranche du cou de la tête d'Alexandrel. Quoique relevée par quelques-uns, cette particularité n'a pas reçu tout le développement qu'elle méritait2. Dr. : Tête diadémée d'Alexandre à dr. munie des comes d'Ammon. Sous la tranche du cou; N{HNOA. (à g., de haut en bas). Athéna nicéRv. : BA)I^EOX (à dr., de haut en bas) - ^T>IMAXOT phore assise sur son trône à g. Vêtue du chiton et de l'himation, elle tient une niké qui couronne le nom du roi dans la dr. et fait reposer la g. sur son bouclier. Sa lance est posée en oblique derrière elle. Dans le champ g., sous le bras tendu : )O)IO. Sur la face latérale du uône : H. C Bruxelles, CM, Inv. II.81452 (16,68 - 32 A - 12 h) (fig. 1,a). 1. Mes remerciements les plus vifs vont à G. I-e Rider et C. Marinescu pour les suggestions et les informations qu'ils ont bien voulu apponer au manuscrit de cet article. Je suis également reconnaissant envers M. J. Price (British Museum) et C. Amold-Biucchi (aNs) pour l'envoi de reproductions des monnaies dont ils ont la charge et envers M. Amandry et D. Gerin pour m'avoir donné toute facilité lors de mon passage au Cabinet des Médailles de Paris. D. Klose et H.-D. Schultz ont pris la peine de me signaler l'absence de lysimaques frappés avec le coin de droit en question dans les collections de Munich et de Berlin. Je suis enfin redevable au F P. M. Fraser (Oford) qui a eu I'extrême amabilité de me faire connaître des notices non encore publiées du Lerz'con of Greek Personal Names rentes bmques de données infomatiques (Thesaurus Linguae Graecae). 2. I-e premier à avoir signalé cene variété est A. Salinas, Bullettino dell' Istituto di Conespondenz a Archeologica, 1865, p. 34-35 (Adunanze dell'Istituto) . Voir ensuite A. von Sallet, Zu den ZlN, 2, qu'au qt'il dirige ainsi cmooc (ucr, [f P. Tombeur) pour I'accès à diffé- 1875, p. 5; Imhoof-Bluner, Monnaies grecques) Paris-I-eipzig, 1883, p. 55, n" 64i F. Imhoof-Blumer, Zur griechischen und rômischen Miinzkunde, II, .SNR, 14, 1908, p. 146-147 (= 258-259), pl. D(, n' 15; R. Mtinsterberg, Die Beamtennamen auf den griechischen Miinzen, NZ, n,s., IIl, 1911, p. 29 et n.s., \TI, 1914, p. 40 et 55; et Ph. Iæderer, Ein Beitrag zum Mùnzbildnis Alexmders des Grossen, SÀtrR, Kùnsderinschriften auf griechischen Miinzen, 28,1941,p.22. REv. ARCH., 1/95 24 François de Callatay x 2o) rend certaine la lecture de deux lettres : < M u pour la première et ( N )) pour la troisième. I-a deuxième lettre, qui se présente sous la forme de deux traits verticaux) est probablement un ( H > d.ont, du reste, subsistent des traces du iambage horizontal. Soit la lecture ( MHN... I (fig. l,to)a. par bonheur, il n'est pas besoin de se lancer dans de savantes conjectures car il existe deux exemplaires au moins de cette même variété de Lysimaque sur lesquels on lit, sans discussion possible, les lertres ( MHNOA r (fig. l,r-z). Ces exemplaires signés appartiennent à une variété dont l'atelier n,a pas encore été déterminé. Elle figure avec les incertaines en avant-demière position dans le classement de L. Mùller (n'564)5. Elle est I'absenre de l'étude de référence de M. Thompson.. Sans prétendre êue complet, je connais 8 exemplaires pour cette variété avec < X))IO u dans le champ g. et le monogramme ( H )) sur la face latérale du trône. Tous les g ont été réalisés avec le même coin de droit (et 2 coins de revers). Ce coin de droit a également été utilisé pour deux autres variétés, toutes deux attestées dans le médailler del'Aàerican Numismatic society à New York. sur la première, on lit < )o > dans le champ g. et ( h{ > à l,exergue. Sur la seconde, on distingue les lettres ÂT > dans le champ g. et le monogïamme < h{ r sur la face latérale du trône. Je n'ai retrouvé aucun exemplaire de la variété évoquée par T. E. MionnetT et reprise par L. Mùllers, très probablement associée à cette série, puisqu'elle se distingue par le même monogramme < H > (à l'exergue) et la présence, sous la tranche du cou au droit, d.u monograrlme < Ivl I qu'il est très tentant d'identifier avec le ( MHNOA r dont il est question dans cet arricle (dans le champ g. : )A et ( lal D). Soit la brève étude de coins suivanre : est assez ardu. L'examen de la pièce au microscope (grossissement << I-a pièce présente de façon indubitable une série de traits gravés sous la nuque d'Alexandre déifé3- Le déchiffuement intégral de I'inscriprion sur l'exemplaire de Bruxelles )()>IO (à g.) et H (sur le trône) [Miilter, 564J Dl Dl Rl R2 BN, 164 (17,10 c - 34 o - 12 h; voir F. IuHoor-Bruuen, pl. IX, n.5) (fig. t,r). b-MÀ/[, 72,6 oct.l9g7, no 553 (t7,23 g) (fig. 1,2). a-Bruxelles, CM, Inv. IL91452 (16,6g C _ 32 O _ l2h) (fig. 1,a). b-Londres, BM, avt lg25 - ex Townley (16,56 C _ 12 h) (fig. 1,+). a-Paris, 190g, vemeil du métal suite au retrait du mafieau comme cela arrive parfois. 4. Pour ce qui est des quatrième et cinquième lemes, j,avais _d'abord été tenté d'y lire < IO r, donnant ainsi le nom parfaitement âtresré de ( MHNIO[I] ,r. Comme les informations four_ nies par le Ii P. M. Fraser permettent de s,en rendre compte, 3. Cer:x-ci sont clairement intentionnels et ne peuvent êue confondus avec une.stiure accidentelle du coin 6ù un sor:lè ce nom est particulièrement en usage dans le pont- pour la seule ville de Byzance). 5. L. Mùller, Die Mùnzen des thracischn Kônigs Lysima_ clzs, Copenhague, 1858, pl. D(, no 564. 6- M. Thompson, The Mints of Lysimachus, dans.Essays in Greek Coinage hesenæd to Stanlry Robinsoz, Odord, 196-g, p. 163-182, pl. 16-22. 7. T. E. Mionnet,tg22,p.55t, n ll. 8. L. Mritler, 1858, n.519. Voir aussi F. Imhoof_Blumer, 1908, p. 146, n" 3. Euxin (I,GPN, nov. 1993 : 37 anestarions sur 52, dont 13 Un tétradrachme de Lysimaque 25 François de CallataY c-NewYork,ANS'ETNewell(17'07g-12h)=Glendining'3-5décembre 1929,n" 747 (17,10 g) (fig' 1,s)' d-Paris, BN, HS R2000 (16,67 C - 3t A - n h) (fig' 1,0)' e-Bourgey, 5-6 décembrc 1977, n" 60 (16,66 g) (fig' 1,2)' f-NFA, 33, ? mai 1994, n' 1282' >A @ g.) ethl (à l'exergue) Dl R3 a-NewYork,ANS,ETNewell(17'07 C-l2h) (fig' 1,s)' L-f (à g.) etbd (sur le trône) Dl R4 a-New York, ANS, B. Y. Berry, n" 461 (16,82 e - 12 h) (fig' 1'o)' Ce petit gïoupe de monnaies, réalisé avec le même coin de droit et reproduisant le je posmême monogramme au revers, provient à l'évidence d'un même atelier. Il est, pense, qui vont dans ce sible de préciser la localisation de celui-ci. Avant d'en venir aux arguments décesens, il faut faire état de deux pistes de recherches dont les résultats se sont révélés vants : l'onomastique et le style. I-e groupe de tétradrachmes dont il est question dans cette étude mentionne 3 noms : dans le champ g. au reveïs ainsi que MHNOAIOTO) ou OPOX] sous la )O>IOIEOI] et ^T[?] tranche du cou au droit. I-es lettres < AT r correspondent aux initiales de plusieurs noms grecs d'une grande ces banalitée. Il n'y a rien à attendre d'elles qui puisse permettre de préciser I'origine de monnaies. I-es lettres ;O>IO ne peuvent convenir que pour le seul nom )cooiOeoç. L'ouwage que R. Mtrnsterberg a consacré aux noms de magisuats monétaires ne connaît pas d'autres Sositheos que celui mentionné sur les lysimaques de cet articlelo. On trouve peu d'attestations de ce nom dans les ouvïages classiques de référencerr. L'article dela Real-Encyclopàdie recense 5 personnages sous ce nom : un citoyen de Magnésie au service de Philippe V, un poète d,Alexandrie de Troade au début du rn's. av. J.-C., un habitant d'Entella impliqué dans le (NZ, t927 p. 53), il faut en réalité, sur ' 9. Voir P. M. Fraser et E. Matthews, A Lexicon of Greek Personal Names. 1, The Aegean Islands, Cyprus, Cyrenaica' dans ses suppléments ces bronze, lire " AQITOEOI Oxford, 1987, p. 289-295 (près d'un millier d'attestations pour des noms coûlmençant par < ÀT > !). 10. R. Mùnsterberg Die Beamtennamen auf den griechischen Mùnzen, NZ, n.s., VII, 1914, p. 55 (NZ' l9ll' p' 29 pour Lysimaque [avec référence à L. Miiller, 1858]). Il mentionne aussi l'eistence de ce nom sur de petits bronzes de Colophon datés de la fin du rv" et du début du rrr" s. av' J.-C' (NZ, lgl2, p. 83 avec réference à F. Imhoof-B\tmer, Kleinasiatische Mùnzen, Vienne' 1901, p. 71, no 7 : <' Tête d'Apollon à dr. / Protomé de cheval à dr. r). Comme il le fera remarquer 11. Aucune attestation dans L. Zgusta, Die Personennamen griechischer Stridte der nrhdlichen Schwammeerkùste' Pngae, Kleinuiatische Personennamen, Pragae, s.d. tl 955], ow 1964. Seul le )ooi0eoq, poète d'Alexandrie en Troade, est mentionné dans E. Bensele\ LYônerbuch der griechischen Eigennamm, Braunschweig, 7911, p. 1474.I-e nom est également recensé, sans plus, dans F. Bechtel' Die historischen Personennamen des Griechischen bis zue Kaiserzeit, Halle' Id' 1917,p.416. Un tétradrachme de Lysimaque procès de Verrès, un esclave de Cicéron et un sculpteur athénien de la fin du rv" s. av. J.-C.t2. La consultation sur IBYCUS du Thesaurus Linguae Graecae (University of Califomia, Irvine) ajoute quelques attestations, peu décisivesl3. I-,e dossier épigraphique est plus foumi. I-e premier volume dt Lexicon of Greek Personal Names fait connaître 7 lool0eoç différents (Cyrène [x 2], Délos, Rhodes [x 3] et Samos)ta. Les informations déjà réunies pour les autres volumes ajoutent une vingtaine d'occurrences supplémentaires, provenant de régions différentesl5. Quelques monographies de sites permettent de compléter ce tour d'horizon16. Au total, cependant, il ne paraît pas que les attestations du nom Xcooioeoç permettent de lui attacher une connotation géographique. La suite de lettres ( MHNOA D) nettement visible sur l'exemplaire de Paris, peut désigner 2 noms : M1v6àotoç ou Mr1v6àorpoq. Tous les deux sont moins rares que lcool0eoq. Miinsterberg recense le premier sur les monnaies des villes d'Apollonia, Clazomènes, Colophon, Smpne, Alabanda, Mlmdos, Sardes, Tralles, Acmonia, Apamée et Siblia. On trouve le second sur les monnaies de Pergame, Smyme, Mlmdos, Rhodes, Hiérocésarée, Ancyre, Erythrées et ChiosrT. Le spectre géographique est, on le voit, très largers. Le premier volume du LGPN reprend 16 rubriques pour M1v6ùoroq et 39 pour M1v6àorpoç1e. Il paraît dès lors à nouveau falloir renoncer à déterminer la provenance de ces noms sur base de l'onomastique. On croit pourtant noterJ dans le cas de M1v6àotoq, une certaine concentration de ce nom autour de Nicomédie. Sur les 7 personnages repris dans la Real-Encyclopcidie, 3 proviennent de cette cité et un quatrième est originaire de Périnthe2o. Quant à Mr1v6àcopoq, l'article de la RE évoque 6 personnages sous ce nom21. D'une manière générale, comme l'a noté M. Thompson, les monnaies de Lysimaque se signalent par leur grande homogénéité stylistique22. Ce monnayage ofte également plusieurs cas de transferts de coins entre ateliers. Récemment, dans un article qui propose une typologie pour les têtes d'Alexandre au droit des tétradrachmes de Lysimaque, FI. A. Cahn a pu mettre en évidence une très nette parenté stylistique entre des coins de droit attribués à 5 ateliers différents. Cette parenté est si forte qu'il faut presque certainement y voir le travail d'un même graveur23. Que les graveurs aient été itinérants ou que seules leurs productions aient 12. RE,t's.,5 13. Venion D (1927), s.z. < Sositheos r, col. 1175-1176. 20. RE,29 (1931), s.z. < Menodotos >, col. 900-917. (consr:ltée au cffiDoc [P"P.Tombeur, ucrl). 14. P. M. Fraser et E. Matthews, 1987, p. 421. 15. Selon I'infomation du P' P. M. Fraser (lettre du 18 nov. 1993). RE,29 (193I), s.z. < Menodoros r, col. 896-900 (e sixième et demier personnage repris sous ce nom est un sculpteur mentionné par Pline, NfI, XXXIV, 91 .3). 22. M. Thompson, 1968, p. 166-167 (p. 166 : < Tbroughout the coinage there is a puzzling similarity, almost identity, of style and a recurrence of distinctive monog:ams at different mints r). 2l.Yoi g'iechischer Srâdte aus Kleinasien, 23, Bonn, 1982, p, 73 (stèle fi:néraire). 17. R Mùnsterbetg, NZ, 19I4,p. 216, el1927, p. 52 (pour Chios). 18. Voir E. Benseler, 1911, p. 916, et F. Bechtel, 1917, p. 316 (rien dens L. Zgosta,1955 et 1964). 19. P. M. Fmser et E. Matthews, 1987, p. 371. 16. Voir G. Pezl, Die Inschriften aon Smyma,Inschriften 23. H. A. Cahn, Zum Alexanderbildnis der LysimachosPrâgnnger5 duts Die Miinze. Bild - Botschaft - Bedeutung. Festchrif-t fiir Maia R.-AWdi, Francfort, 1991, p. 84-98, pl. 8-9. Je remercie M. H. A. Cahn pour l'envoi de cet article. 28 François de Callatay voyagé, il faut admettre que le style d'un coin de droit n'est pas forcément typique d'un seul atelier2a. Dans ce cas-ci, en outrej les observations que I'on peut faire, fondées sur un seul coin, ne caractérisent pas des habitudes mais seulement un fait isolé. Cela étant, le style du coin de droit étudié dans cet article est très remarquable. Il présente les principales qualités qui, selon l'excellente étude de B. R. Brown sur le sujet, font la force plastique de ce monnayage25. L'æil grand ouvert au regard intense pour accentuer le côté divin d'Alexandre26, un modelé tout en rondeur et en mouvement (contrairement aux portraits de Ptolémée I Soter), des effets plus accentués du clair-obscur etr comme l'avait déjà avancé H. A. Cahnz7, :ulrre tendance au pathétique résultant probablement de l'influence de Scopas. La description physionomique d'une expression est un exercice périlleux. Même si c'est avec des guillemets critiques, constatons néanmoins que les traits sont < énergiques r, le menton < volontaire >, le regard <, déterminé ,r. De manière plus factuelle, on observera I'angle presque droit dessiné par l'arcade sourcilière, la courbe prononcée de la come de bélier qui revient à mi-hauteur de l'oreille et la nuque très dégagée, sans les circonvolutions des mèches de cheveux qui décorent la plupart des lysimaques. L'allure générale de cette gravure ne se retrouve que sur quelques variétés de lysimaques. On trouvera ci-dessous une liste des rapprochements qui ont paru les plus probants : Pergame2s : Thompson, n* 216 et 220 / Armenak, n6 922-9272e / Gûlnar, n6 2676-267930 I SNG Cop., n* 1099-1102/Boehringer, 1972, pl. 26' n* 31 et 33, et pl. 36, no93t I Newell, 1936,pt. I, n* 1-3, et pl. II, n" 132. Alexandrie de Troade : Thompson, no 163. I-ampsaque33 : Thompson, n* 54 et60 /Armenak, n*773-781 /Gùlnar, n*2612-2617 I Mektepini, n" 195 / Boehringer, 1972, pl. 26' n' 29. Abydos Thompson, n'75 lArmenak, n* 795-802 / Gùlnar, n'2623. Byzance Se]trig, Pl. 23' r" 2. Cyzique Gulnar, n" 2713. Ephèse : Armenak, n* 880-881. Smyrne Gùlnar, n" 2685. 24. M. Thompsoq 1968, p. 167 : < Many of rhese dies must be the work of the same man. It is not impossible that an individual die-cutter travelled ftom place to place, but on the whole it seems more likely that there were central workshops for the production ofdies and that these dies were then distributed to meet the needs of the various mints r). Voir aussi les remarques de N. Diirr, Bemerkungen zur hellenistischen Mi.irrzprâgung. II : Lysimachika, SM,23 (91), 1973' p.93-94 Qiaison par les droits entre Mytilène et I-ampsaque), et H. A. Cahn, 1991, p. 87. 25. B. R. Brown, Styles in the Alexander Poraaits on rhe Coins of Lysimachus, dans Coins, Culrure, and History in the Ancient lVorld. Numismatics and Other Studies in Honor of Bluma L. Trell, Detoit" 1981, p. 17-27 . On ne trouvera rien de très exploitable, en revanche, dans R. A. Hadley, Royal propaganda of Seleucus I and Lysimachus, JËIE 94,1974, p. 50-65, ou H. S. l rnd, Lgsimachus : a studjt in early Hellenistic kingship, Imdres-New York, 1992, p. 162-163. (attec référence à H. Kyrie26. B. R. Brown, 1981, |es, Bildnisse der holemà,er, Berlin, 1975, p. 163). 27. H. A. Caln, Frùhellenistische Mûnzkunsl Bâle, 1948, p.2l l,tl @ruxelles, coll. L. de Hirsc\ n'928). 29. M. Thompson, The Armenak Hoard (tccH 1423), INS.MN, 31, 1986, p. 63-106, pl.6-26. 28. Voir ici, fig. p.2O-23. 30. A. Davesne et G. I-e Rider, Le trésor de Meydancikkale (Cilicie Trachée, 1 98Q, GrJdnar ll, Paris, 1989. 31. C. Boehringe4 Zur Chronologie mittelhellenistischer Miinzserien 220-160 v. Càr., a.uucs, 6 Berlin, 1972. 32. E. T. Newell, 7Ze Pergamene Mint under Philetairus, r'wu,76,NewYor\ 1936. 33. Voir ici, fig. 1,12 Q-.eu 52, t5 mai 1991, n'45). lJn tétradrachme de LYsimaque 29 diffê Les rapprochements proposés concement des ateliers appartenant à des régions rentes (Propontide, Mysie, Troade et Ionie). I1 vaut sans doute la peine de faire remarquer émisque les rapprochements les plus abondants et sans doute les plus étroits concernent des inscription sous la sions de Pergame qui offrent la particularité de présenter également une si on utilise la classification ffanche du cou, à savoir la lettre K le plus généralementa. Enfin, que caractérid'H. A. Cahn, les tétradrachmes avec ( MHNOA D appartiennent à son tlpe B de descendre pour enselrer large et, surtout) une come d'Ammon qui, loin sent une tête toute I'oreille (Type A), revient sur celle-ci à mi-hauteur35' permettent, semblePlus encourageants que I'onomastique et le style, quelques critères t-il, de néanmoins préciser la provenance de ces pièces' orienI-es 7 tétradrachmes, pour lesquels cette information est connue, présentent une fait attention à tation des axes à 12 heures. Il s'agit donc d'une production pour laquelle on a car, à l'époque ce critère. En I'occurrence, cela ne permet pas d'éliminer beaucoup d'ateliers la mort de Lysimaque où ces pièces ont été frappées, soit waisemblablement peu après 12 heures' en 281 av. J.-C., la plupart des ateliers veillaient à orienter leurs productions à que certaines producNéanmoins, la publication du Uésor d'Armenak, entre autres, montre manifeste tions contemporaines de Lysimaque ne respectaient pas ce critère36' I-a chose est gol-g2l) et de Pella (r,'" 929-944)' Elle pour les ateliers macédoniens d'Amphipolis (n"" partie de la producconceme également l'atelier d'Alexandrie en Troade (n* 871-876) et une par G. I-e Rider tion de celui de sestos (n* 655-671). I-es mêmes observations ont été faites dans la publication du uésor de Meydancikkale (Gùlnar)37' du Trois des quatre revers considérés présentent un monoglamme sur la face latérale petite enquête menée à Uône. Est-ce là un emplacement habituel pour tous les ateliers ? I-a Aucun atelier ce sujet permet difficilement d'aboutir à des résultats absolument tranchés. fait très régulièrement n,a songé à occuper systématiquement cet endroit. Plusieurs l'ont (Lysimachie, Sestos, Alexandrie en Troade, Ainos et Byzance [où le fait sera systématique jamais songé (Cios, Amphipolis et Pella à l'époque tardive]). D'autres paraissent n'y avoir Parion, Périnthe, Sardes)' Pour la plupart des ate[à une seule exception chacun], Pergame, (I-ampsaque' liers cependant, il faut constater une occupation sporadique de cet espace s'agit-il Abydos, Ephèse...). Encore, dans certains cas, comme à Magnésie ou Mytilène, atelier sous ce d'ornements et non de monogrammes. Caractériser la production de chaque dans le cadre rapport s'avère donc être une tâche assez complexe. Il ne m'a paru nécessaire, l'information' Néande cet arricle, de publier un tableau général qui dénaturerait forcément l'usage de faire figurer moins, ainsi qu'il ressort des listes d'ateliers mentionnés ci-dessus, 34. M. Thompson, 1968, p. 179-180, n"'219-229 (on ûouve même un À sous le cou pour la variété n' 215)' 35. H. A. Cahn, 1991, P. 85. 36. M. Thompson, 1986, p. 63-lO6' pl. 6-26' 37. A. Davesne et G' Iæ Rider, 1989, p' 118-l3l (surtout p. 124 [Alexandrie de Troade], p. 125 [AmphipohsJ e1 l' 120 -tpeltal). It v aioute certaines séries émises àByzance Qt' 127t28). 30 François de Callatal un différent de magistrat monétaire sur la face latérale du trône au revers paraît avoir surtout concemé les ateliers situés autour de la Propontide. Inversement, ce ne semble avoir été le fait ni des ateliers de Macédoine (Amphipolis et Pella), ni de ceux situés plus au sud en Asie Mineure (Sardes, Pergame, Ephèse, Magnésie, Mytilène...). On lit, sur le tétradrachme acheté par le Cabinet des Médailles de Bruxelles, les lettres ( )OXIO u, les premières lettres du nom lcooi0eo638. I-e fait de trouver, dans le champ g. du revers, le début d'un nom écrit en toutes lettfes est exceptionnel. Pour les monnaies de Lysid'une émission de statères attribués très différente du reste maque, à la seule exception - ( APIXTOBOT^OI > (Mùller, n'451)3e, ce fait ne conceme à Rhodes et menrionnant un qu'un seul atelier : Calcédoine. Il s'agit de téuadrachmes nettement posthumes dont H. Seyrig situe la frappe dans la première moitié du Ir's. av. J.-C., quelque temps après 195 et avant 155 av. J.-C. (c. 1751160?)ao. Or il se fait que les lysimaques émis alors à Calcédoine attestent une petite série de noms. I-e fichier de C. Marinescu, qui achève une thèse à propos de ces séries de lysimaques émis sur le Bosphore (Byzance et Calcédoine), en compte 14 : < AfA uar, < AIIOÀ ra, r< A@ANA[IO] ,)*, <, A^EFI raa, < ANTI<DI ra5, << f^ATKOT r4, < EIL{TAIOT ra7, < I{-\EO r4, 51, <r IIPOMAOI r52, < TIMEA r53 et < ZOI^OT >il. On notera que rr KPATI rae, < ÂT r50, < MHNI cette pratique d'inscrire en entier le nom des monétaires concerne également de nombreuses séries émises par l'atelier de Byzance dans la seconde moitié du rl" s. av. J.-C.55. Plusieurs 38. Les exemplaires de I-ondres (*r) et de Bnxelles (cu) permettent d'afrrmer qu'il s'agit bien d'un ( OO ), comme I'avait bien lu L. Mûller (1858), et non d'un ( O t. 39. Un exernplaire dans la collection du duc de Lulnes au Cabinet des Médailles de Paris Ç. Babelorl Catalogue de la collection de Luynes, II, Paris, 1925' p.5l et pl. IXD(, n' 1812 ; voir ici, fig. 2,te). Il ne s'agit pas dans ce cas-ci d'un nom de magistrat reproduit dans le champ g. mais lraisemblablement d'r:n personnage imponant dont le nom figure à la place réservée habituellement pour le nom de Lysimaque APDTOlui-même (^TIIMAXOT [à dr., de haut en bas] BOT^O> [à g., de haut en bas]). 40. H. Seyrig, Monnaies hellénistiques de Byzance et de Calcédoine, dans Essays in Greek Coinage Presented to Stanley Robircm, Odord 1968,p. 183-200, pl.23-25 (surtoutp. 197 et 199). 41. 45. E.g. lon, 2l K. Regling, Hellenistischer Mùnzschau aus Baby1928, p. 104 et pl. 8, no 9 / H. Schulman' 20mn 1965,no695 = sNc Ashmolean, n" 3766 (16,70 g - ZfN,38, 12rr). 46. E.g. MM,liste 441, féwier 1982, no 5 (16,87 g) = fçrt14, liste 460, octobre 1983, no 3 (16,88 g). 47. E g. Mtiller, n' 380. 48. -8 8'. MtiLller, no 378. Lev33,3 mu 1983, n" 273 (16,97 à. 50. E.g. Miiiler, no 377 I Ahlstorn, 36, 7-8 novem49. E.g. bre 1987, no 977 (76,34 g). 51, E.g. Mûller, no379 /Auctiones, 1"' octobre 1976, n" 187 (16,63 9. (16,81 g) Kiinker, n'115 (16,81 9. (16,77 e 6, 30 septembre - (16,81 g) = Sotheby (Zurich), 27-28 octobre 1993, lot n'368 = coll. C. Marinescu. A en juger par le style, cette 42. E.g. NFA, \1I, 6 décembre 1979, n" 92 Turin (information C. Marinescu). 52. E.g. MM, liste 438, novembre 1981, n'4 25, 29 septembre - lo octobre 1993, 53. E.g. Ch. Boehringer, 1972, p. 180, pl. 38, no 6 - 1 t h) ; Auctiones, 20, 8-9 novembre l99O' n" 1293 K. Regling, 1928, Babylone, n' 10 / r et < MHNI ) sont un peu variété ainsi que celles avec ( ^T antérieures aux autres (c. 190 av. J.-C. ?). 43. E.e.Cahn, 60, 2 iuillet 1928, n'349 (16,69 g). Un exemplaire à I-ondres avec A@ANAIO (information C. Marinescu). (r6,7e ù. Turin, 54. E.g. Uni 44. E.g. Eggt,46, 11 mai 1914, n" 402 (16,95 g - 35 @ coll. Prowe). : versité (voir RG, p. 294, no 21) / Schulten, 1-3 avril 1987, n" 147 (t6,67 g) = ici, fig. 2,14. 55. E. Schônen-Geiss, Die Mùnzprëgung oon Byzantion. Teil I : < Autonome Zeit r, Berlin-Amsterdâm, 1970, p. 133t46. Un tétradrachme de Lysimaque 31 "-*â" u.,ff{l& \.*'s 13 W ffi W 16 ffièN 2. François de Callatay noms recensés sur les monnaies byzantines sont d'ailleurs identiques ou très proches de ceux attestés pour Calcédoine56. I-es arguments développés jusqu'ici paraissent donc devoir faire diriger le regard en direction de la Propontide et peut-être même du Bosphore5?. II. LE STATUT DE ZOIAO\. LES SIGNATURES D'ARTISTES A LA PÉRIODE HELLÉNISTIQUE Que l'attribution à la Propontide des tétradrachmes avec < )Q)Io r soit très assurée ou seulement probable, ceux-ci présentent une signature sous la tranche du cou. I-e fait est non seulement unique pour Lysimaque; il est absolument exceptionnel pour l'ensemble des monnayages hellénistiques. On ne connaît pour les monnayages hellénistiques de l'Est du bassin méditerranéen qu'un seul autre cas semblable de nom écrit en toutes lettres sous la tranche du cou du personnage représenté au droit : ZOIÂOT sur certains tétradrachmes de Persée de Macédoine58. Je voudrais profiter de l'occasion pour reconsidérer la question du statut de ce Zcui).oq et celle, plus générale, des signatures d'artisres à la période hellénistique. Je passerai rapidement en revue les très rares cas de lettres dissimulées dans une partie de la composition au droit : 1 - le nom NIKOK^EOTX sur les mèches de 1a léonté d'Héraclès sur des alexandres de Paphos5e; de 2 - la lettre A, peut-êtrej derrière l'oreille d'Alexandre sur certains tétradrachmes 34- Ptoléméeo; les lettres MT sur les mèches de la léonté de certains alexandres tardifs d'Arados (1841183 av.J.-C.)61; les lettres <DA sur le bandeau qui lie le chignon d'Artémis au droit de certains tétradrachmes d'Erétrie62; 56. Noms possiblement identiques : ( AOANAIONOX ) er ( ÂTKIOT r. Noms similaires : < EITATOÂOPOT ), ( I{-{Ee ) et ( MENITKOT ). 57. Au Cabinet des Médailles de Paris, ces pièces sont classées avec les indéterminées de Propontide. C. Marinescu, en plein accord avec ce classement, ne voit d'ailleurs pas d'impossibilié à ce que ces tétradrachmes aient été réalises à Calcédoine même. 59. E. T. Newell, Nikokles, King of Paphos, Num. Chr., 4' sér., vol. t9, 1919, p. 64-65 (ici, frg. 3,20). 60. O. H. Zewos, The Early Tetradrachms of ptolemy I, ANSMN, 13, 1967, p. 6-7 (voir également E. T. Newell, 1937, p. 26 et Bruelles, coll. L. de Hirscll n' 1794-ici, frg.3,2t). 61. Voir Ph. I-ederer, 1941, p.20-22 (en l,absence de lecture modeme de cette pièce, ce cas-ci est beaucoup plus doutenx) = ici, frg.3,n. 62. E. Babelorl Tétradrachme d'Erétrie, RN, uf s., V, 1887 , p. 212-2t9 (ici, fis. 3,23). et2,16 (agrandissemenr: Paris, B\ 58. Voir fig. 2,tS (Bruelles, coll. L. de Hirsch, n'lt26) [16,83s-fia -tth]). HS 1973.1.78 IJn tétradrachme de LYsimaque 33 W w &. 21 34 François de Callatay 56- la lettre A sur le sommet du voile de la tête feminine qui orne une émission de tétradrachmes de Chalcis63 ; les lettres ANT et ANT sur la joue d'Hérac1ès de certains alexandres tardifs de Mésembriae. S'il a pu être montré que NIKOKÂEOT> renvoie au nom d'un dlmaste chypriote, on a généralement voulu voir pour les autres cas des signatures d'artistes. En réalité, il paraît falloir être très prudent pour les letues isolées accompagnant la représentation au droit et dont on a pu montrer dans certains cas qu'il ne pouvait s'agir ni de l'initiale du graveur, ni de la notation d'une année en fonction d'une ère locale65. Dans les cas des tétradrachmes de Ptolê mée, par exemple, il n'est pas acquis qu'il y ait eu volonté de faire figurer la lettre A. Le risque existe de prendre pour un  ce qui n'est qu'un é1ément de la représentation de la peau d'éléphant. A fortiori,la critique s'est montrée plus méfiante encore pour les noms apparaissant au revers6. En toute hlpothèse, les signatures de graveurs demeurent très rares à la période hellénistique et cette pauvreté est souvent mise en opposition avec la profusion qui caractérise l'art monétaire en Grande-Grèce à la période classique. L'art du graveur de coins monétaires semble si apparenté, par les aptitudes requises, à celui du gmveur de gemmes ou de sceaux à imprimer dans I'argile qu'on a souvent voulu y voir le travail d'une même personne. Toutefois, quoi que certains aient pu en penser) cette présomption naturelle n'est que très maigpement vérifiée dans les faits. Ce n'est pas le lieu de reprendre ici le dossier, du reste peu volumineux, des graveurs de gemmes aux travaux desquels on a cm pouvoir ajouter un volet monétaire. D'autant moins que D. Plantzos, dans une thèse récente et toujours inédite, vient de consâcrer quelques bonnes pagesj résolument critiques, à cette question6T. Il y souligne la très grande fragilité des hypothèses échafaudées à propos de Sosis, Nikias et Apollonios. Le vice de méthode est à chaque fois le même : attribuer une activité de graveur de coins monétaires à ces artistes connus pour avoir signé des gemmes sur la seule lecture d'un différent de monogramme. I-'étude des monnaies montre que ces monogrammes, loin d'être isolés, sont insérés dans une série et que, dès lors, il est extrêmement peu réaliste d'y lire le nom de l'artiste. I-e fait est quer jusqu'à présent, les quelques rarissimes signatures avérées d'artistes sur les monnaies hellénistiques ne peuvent être mises en relation avec celles, rares également, attestées sur les gemmes de la même époque. Ce constat de rareté des signatures d'artistes est également celui qui prévaut si l'on se 63. n" Mtu:zhandlung [Bâle], 10, 15 mars 1938, 250 = frg.3,2a. Voir O. Picard, Chalcis et la confédération eubéenne, Etude de numismattque et d'himire [ItrF-I* siècle], Paris, 1979, M-lvt [Bâle], 19, 5-6 iuin 1959, n" 422 = ici, p.93. 64. Ph. I-ederer, 1941, p.7-23 (p. 7 : ici, fr9. 3,25). 65. Voir I'anicle, souvent cité, de H. A. Troxell, Arsinoe's Non Era, INSr14N, 28, 1983, p. 35-70, pl. 2-10 (p. 58 : r They conceivably represented sporadic halÊyears, months, or some other chronological unit; or perhaps they simply marked cenain amounts of bullion ordered to be struck from time to time. lVe cannot tell, but in any case the observe letters on Arsinoe's coins are not year dates, but simply issue numbers r) (ici, fig. 3,27 : Bruxelles, coll. L. de Hinch, no 1808), ou E. T. Newell, Tarsos under Alexander, ffN, 52, 1918, p. 107, n* 55 et57, pl. WII, n* 6 et 9 (-ici, fr5.3,2,6). On peut également citer le cas de Nicomède IV Philopator de BithS'nie : lettres B ou f entre la nuque et le diadème de certains tétradrachmes de l'année 214 de l'ère bithlnienne (84183 av. J.-C.) (ici, fr5.3,?3): Naville, 12, 1823 octobre 1926,n" l7l9). On retrouve la leme B au revers des tétradrachmes de I'année 215 (83-83 av. J.-C.). 66. Voir, par exemple, ie cas des statères de la ligue arcadienne @. Gerin, I-es statères de la ligue arcadieme, SNR, 65, 1946,p.23-25). 67. D. Plantzos, Hellenistic Intaglios, Oford (à paraître). Un tétradrachme de Lysimaque 35 toume vers les sceaux, ainsi que pefinet d'en juger 1a publication récente des deux premiers volumes relatifs aux sceaux de Dé1os6s. Sur les 1225 matices recensées par Marie-Françoise Boussac, seule trois ou quatre paraissent attester un nom d'artiste (Apollon, n' 132 B : OÂ], no 369 [fAIOC], na 476 IIIIIIIA)] er no 478 B : OÂTMIIOTI). I-e présupposé implicite est qu'il s'agit plutôt du nom de I'artiste quand celui-ci apparaît en petites lettres dans un endroit remarquable, par exemple sous la tranche du cou6e, et plutôt du nom du propriétaire quand le nom apparaît en gtandes lettres bien en évidence dans le champ. Concemant Zat),oçron a beaucoup disserté sur le fait de savoir s'il s'agissait d'un magistrat ou du gïaveur du coin70. I-e premier mouvement a été d'y voir le nom du graveur. Cette présomption a étémise àmal auxrx"s. etlaplupart ont dès lors préféréyvoirle nom d'unmagistrat monétaire important, probablement le directeur de l'atelierTt. Ce consensus s'est depuis lézardé et plusieurs ont, plus récemment, fait part de leur hésitation sans oser trancher nettement dans un sens ou dans l'autre'2. Quelques-uns, dontE. T. Newell, y ont!'uune signature d'artiste73. 68. M.-F. Boussac, Les sceaw de Délos. 1: Sceaux publics, Apollon, Hélios, Anémis, Hécate,Pans, 1992 et N. Ch. Stamboulidis, Les sceaux de Délos. 2A : O EPaTIKOI KTI{-{O>, Paris, 1992. 69. Ce qui est bien le cas des trois ou quatre occurrences avancées par M.-F. Boussac (signatures sous la tranche du cou dans les derx cas de représentation d'une tête : n* 476 et 478). Qui plus est, il s'agit à chaque fois d'r:n nom qui apparaît sur d'autres matrices. 70. On trouvera une liste, assez complète iusqu'en 1957, de la littérature sur ce sujet chez W'. Schwabacher, RE, rr's., 19 (1972), s.x. < Zoilos r (6), col. 71 l-713 (col. 713). 71. rV. Froehner, Choix de monnaies ânciennes, Annuaire de la Socîéte française de Numismatique et d'Archéologie, 3, 1868, p. 34, n' 9 (( On a eu ton de prendre ce nom pour une signature d'aniste r) 1A. von Sallet, Die Ktinstlerinschriften auf griæhischen Mùnzen, Berlin, 1871, p. 24-25 et p. 5l (, ... wahrscheinlich Beamtenname r) ; B. V. Head, Guide to the Select Greek and Roman Coins Exhibited in Electotype, nouv. éd., I-ondres, 1880, p. 96' no 9 (r Zoilus, whose name occurs ftequendy on Macedonian coins of rhis period smrck at different mints, was probably superintendent of the whole coinage ofthe kingdom r) ; L. Forrer, Notes sur les signatures de graoeurs sur les monnaies grecques, Bruelles, 1906, p. 16 (< Parmi les inscriptions acceptées autrefois comme représentant des noms de graveurs... les suivantes sont maintenant rejetées tout à fait... D et375-376 (< Inscriptions signalées par différents auteurs, mais non acceptées come signatures de graveurs par la critique la plus récente r); Catalogue de la vente Pozzi OJaville, f), Genève, 4 avril l92l' n" 983 (< ... nom de magistrat... r) ; G. F. Ij.ill' A Guide to the Principal Coins of the Greeks, londres, 1932' p, 7 4' n' 7 ; A. Mamroth, Die Silbermtlrrzen des Kônigs Perseus, ZfN,38' 1928' p.4-7 ; C!n. Seltrnan, Greek Coins, I-ondres, 1933' p. 226 (, Even t}re same mint-master, Zoilos, who had begun about 183 to sign the coins of Phïip V, continued to set his name or monogram upon those of the son until about l73nc't); H. Gaebler, Die antiken Mùnzen aon Makedonia und Paionia, Berlin, 1935, p. 195 (n' I : avec un bon résumé des diverses positions). 72. A. I. Reinach, I-a base aux trophées de Délos et les monnaies de Philippe Andriskos, IIAN, 15, 7913, p. 129 (r Zôilos serait-il le graveur ? r) ; U. Thieme et F. Becker, Allgemeines Lexicon der Bildenden Kiirctler, 36, Leipzig, 1947, Stempelschneider... r) ; J. Babelon, Catalogue de Ia collection de Luynes, II, Paris' 1925' p. 3O' no l7l2 (< Zoilos serait le nom du graveur de cette pièce r) ; J. Babelon, Le ponrait dans I'Antiquité d'après les monna'ies, Paris, 1950, p. 71-72 (< ... le graveur qui dirigeait l'atelier monétaire dès le règne de Philippe, et qui signe de son nom : Zoilos... r) ; P. R. Franke, Zur Finanzpolitik des makedonischen Kônigs Perseus wâhrend des Krieges mit Rom 171-168 v. Chr., ÏNG 8, 1957 p. 4O-4I (r Dass der erste Miirydirek' tor Zoilos zugleich auch Stempelschneider war, wird heute allgemein angenommen... )) ; W. Schwabacher, 1972' col. 71 1 : < Miinzdirector und Mtinzgraveur unter den makedonischen Kônigen Philipp V. (220-179 v. Chr.) und dessen Sohn Perseus (1791178-168 v. Chr.) r; C. Boehringer, 1972' und vielleicht auch Stemplep. 101 (r ... ein Beamter ... D), p. 103- (présenté davantage coûlme un schneider p. 547, u. rffahrscheinl. auch s.z. < Zoilos r [A. Glauning] (< Miinzdirekor magistrat) et p. 139 (r des Stempelschneiders ? r) et D. R. Sear, Greek Coins and Their Values, I-nndres, 1979' p. 633, n' 6803 (( ... probably mint-master... >). Voir égale- ment le commentaire de la vente I-eu & Miirrzen und Medaillen (Zurich), 28 mat 197 4, p. 340, n" 238 (r Es ist vom MiiLnzmeister Zoilos sigrriert, dessen Monogramm schon auf Mùnzen des Vorgâingers erscheint, und der môglicherweise auch der Stempelschneider war r). 73. H. Brunn, Geschichte der griechischen Kiinstler, ll' Stufigart, 1889, p. 294,431 (repris dans la partie consacrée alx Mùnzstempelschnei.der 1 contrahement à ce qu'écrit H. Brunn, le nom de Zoilos n'apparaît pas sur le bandeau du diadème) ; Vlôrterbuch der Mùnzkunde, Berlin-I-eipzig, 1930, p. 330, s.o. Kiinstlersignaturm [K. Regling]; E. T. Newell, Royal Greek Ponrait Coins, New Yor\ 1937 p. 3l (r In any ' case, as drese coins are so beautifirlly cut, and are further distinguished by bearing the name toI^OT in frrll beneath the king's neck, it wouid seem that we have here an artist's signaas has been ftequendy suggested r) et M. J. Price, fllre Coiu- of the Macednnians,I-ondres, 1974' p.29 (< The coins are of fine worknanship ; some sigrred by the artist Zoilos r). 36 François de Callatay Il revient à Sestini d'avoir le premier fait le rapprochement entre le Zat),c,des premiers tétradrachmes de Persée et le magistrat monétaire ZQ qui apparaît sous forme de monogramme Ci) sur de nombreuses monnaies de Philippe V7a. Ce rapprochement a d,autant plus convaincu que les trois coins de droit de Persée avec ZOIÂOT présentent une effigie du roi en réalité plus proche de celle de Philippe V que de celle des émissions ultérieures de persée luimême75. Il faut également ajouter que, même si les trois coins avec ZOIAOT sont d.,une qualité remarquable, les autres coins utilisés pour frapper les tétradrachmes de persée se signalent également par l'excellence de leur gra\.'ure. Et que, dès lors, si l'on perçoit gne nette différence de style, il n'existe pas de nette différence de niveau artistique entre les quelques coins avec ZOI^OT et les autres qui leur sont postérieurs. Il en va tout autrement pour le coin de droit de Lysimaque avec MHNOA. La gravure est en effet d'une exceptionnelle qualité. Tranchant spectaculairement avec la production courante' cette gravure semble égale ou supérieure à celle des monnaies émises à pergame sous Philétaire dont elle se rapproche le plus et qualifiée par B. R. Brown de <, probably the most beautiful variant, as well as the most consistent... u76. Ce n'est pas par hasard si plusieurs ouwages d'histoire de I'art choisissent pour seule illustration des monnaies de Lysimaque un de ces tétradrachmes de PergameTT. Du reste, les rares commentateurs de cette pièce ont tous, quoique la plupart prudemment, lrr d.ans les lettres MHNOA le nom du graveur du coin78. I-a perfection rarement atteinte de la grar,rrre est en la circonstance le meilleur des arguments. Toutefois, on n'a pas manqué d.e noter que le MH du monograrnme au revers (h{) ne faisait probablement qu'un avec le MHNOA qui signe au droitTe. Surtout si, comme il semble, il existe une variété liée à ce groupe où l'on trouve le monogramme < lvl r à la place de MHNOA sous la tranche du cou d.,Alexandres0. Je croirais volontiers que le Zat),oç des tétradrachmes de Persée indique également le nom du graveur. S'il est wai que les signatures d'artistes sont exceptionnelles à la période hellénistique, il est encore plus exceptionnel de rencontrer un nom en toutes lettres ce qui est déià un privilègesr s1, qui plus est, à un emplacement aussi honorifique que sous la tête de la représentation au droit. Dès lors, à phénomène exceptionnel, explication exception74. D. Sestini, Classes generales seo moneta tetus urbium popuhrum et regtm ordine geographico et chronologico,2e êd,., Florence, 1821,p. 4O (voir ici, fig. 2,tz : Bruxelles, coll. L. de Hirsch, n'1123). 75. Pour un exemple d'érnission ultérieure : voir ici pl. 2,ts @ruelles, coll. L. de Hirsch, n' ll29). 76. B. R Brown, 1981, p. 23. 77. E.g. G. K. Jenkins, 1972, n" fia ; I.I. polliu, Art in the Hellenistic Age, Cambridge, 1 986, en frontispice et p. 26, no 14; R. R. R. Smitlr, Hellenistic Royal ponmits, O{ordt, 1988, pl. 74, no 5, etc. 78. A Salinas, 1865, p. 34 (< Cosi si ha l,apparizione certa de' nomi d'anisti sulle monete di quel re... r) ; A. von Sallet, 1875, p. 5 (< ... die Annahme, dass dies Kiinstlerinschriften sind, is demnach nicht ganz zu verwerfen,r) ; F. Imhoof-Blumer, 1908, p. 147 (< Das Monogramm MH der Nr. 3 und MHNOA der Nr. 4 sind zçveifellos auf ein und denselben beziehen ud kônnte dieser der des Stempel_ schneiders gewezen sein r), et Ph. l_ederer, lg4l, p. 22 (< ... von Imhoof wohl mit Recht als Signatur vermutet-. I et il poursuit en constatant < ... was indes weiterhin unbeachtet geblieben scheint r). 79. F. ImhooÊBlumer, 1908, p. 147 (( ... zrveifellos... r). 80. Ci-dessus, n. 7-8. 81. Ph. Gauthier, Iégendes monétaires grecques, dans Numismatique antique, Problèmes et méthodes, Nancv-I_ou_ vatn, 1975, p. I 75 : < Il faut insister sur cefie ,"-"rqr., .orvent négligée ; bien que le monogramme cache un nom et que par conséquent derrière le monogrârnme comme derrière le nom. écrit en ender se profilent des personnages qui ont ioué un rôle dans l'émission des monnaies, il y a ue différence de nature entte le monogramme et le nom en entier ou abrégé. Seul celui-ci peut être une marque d'honneur, car il peut être lu par tous, rnême par des étangers. I Nmen zu Un tétradrachme de Lysimaque 37 nelle. Que cê. Za;[)roc, soit le même personnage que celui qui apparaît sous forme de monogramme (1) r* les tétradrachmes de Philippe est une possibilité. Le nom est trop banal pour que ce soit une certitudes2. I1 semble de toute façon y avoir eu plusieurs Zor'los impliqués dans la frappe des monnaies de Persée puisque le monogramme de ce nom (r I u) apparaît deux fois au revers de certains tétradrachmess3. Mais, contrairement à ce qui a plusieurs fois été écrite, il me paraît difficile, étant donné les aptitudes très différentes nécessaires à ces deux métiers, d'admettre que le même personnage ait pu être à la fois le maître de l'atelier et avec grande prudence, bien |e graveur des coins. En revanche, il paraît falloir considérer - conçus comme artisans que l'hypothèse que les noms des graveurs, davantage entendu comme artistesj puissent dans certains cas apparaître sous forme de monogramme au revers85. N'allons pas plus loin. La vérification de cette demière hypothèse nécessite un travail manifestement difficile et d'une toute autre ampleur : reprendre dans son ensemble la question des ( magistrats monétaires rr dont chacun convient qu'il s'agit d'une appellation commode mais peu éclairante dont le principal attrait est de masquer noûe ignorance quasi totale des institutions monétaires à cette époque. François de Cau-traY, "**'i!îolil?!,Tli,if:";Æl;L:?;l: 82. I-e premier volume du 1-GPN (p. 195-196) recense pas moins de 155 attestations diférentes pour ce nom (à comparer avec les 7 rubriques pour Xooi0eoq; 16 pour M1vôàoroq et 39 pour Mtvôàopoq). 83.Fig. 2,19 @ruxelles, coll. L. de Hirsch, no 1127). 84. Ci-dessus, n. 72. 85. En dépit de la conclusion à laquelle avait abouti Ph. Gauthier (1975, p. 179 : r Der:x points seulement paraissent sûrs : ... 2) lomque le nom figure sous la forme d'un monograrnmeJ il s'agit d'un monétaire >), Après tout, de très nombreuses émissions d'alexandres ou de lysimaques renseignent sous forme de symboles ou de monogrammes pas moins de 3 personnages diférents. Que, dans certains cas, l'un de ceux-ci soit le graveur des coins ne semble pas abswde a priori. Soit r:n atelier modèle avec un maître de la monnaie, un graveur de coins, un vérificateur, r:n oulrier pour la frappe et plusieurs auûes pour la préparation des flancs : on voit que, dans ce schéma, le graveur de coins vient en ordre utile pour ce qui est de la légitimité de laisser r:ne marque sur la production monétaire.
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