Un tétradrachme de Mithridate surfrappé à Maronée moreNumismatica e Antichità Classiche. Quaderni Ticinesi [Lugano], XX, 1991, p. 213-226. |
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DE CALLATAY
UN TETRADRACHME DE MITHRIDATE SURFRAPPE A MARONEE
Estratto dal/a Rivista «Quaderni ticinesi di numismatica e antichita classiche» Lugano, 1991 - Vol. XX
Industria grafica Gaggini-Bizzozero SA, Lugano
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UN TETRADRACHME DE MITHRIDATE SURFRAPPE A MARONEE
1. Presentation de fa surfrappe
Les tetradrachmes hellenistiques au Dionysos Sauveur de Maronee presentent assez regulierernent des traces de surfrappes, dont la plupart - helas - ne laissent pas deviner I'emission qu'elles recouvrent ') Tel n'est toutefois pas Ie cas d'un tetradrachrne passe en vente a Paris. En voici la description: Dr. Tete de Dionysos imberbe a dr., ceint de la couronne de lierre. Rv. ~IONYLOY (a dr., de haut en bas) - LOTHPOL (a g., de haut en bas) MAPONITON (a I'exergue, de g. a dr.). Dionysos debout a g. sur une ligne de terre. Nu, il presente une grappe dans la dr. tandis qu'il tient une chlamyde et deux baguettes dans la g. Dans Ie champ a g.: monogramme (~). Dans Ie champ a dr.: 0. Paris, vente, printemps 1981, (16,40 g.) (fig. 1).
Les traces de surfrappe visibles sur cet exemplaire sont nettes tant au droit qu'au revers. Elles ne laissent pas de place au doute: on s'est servi pour l'emettre d'un tetradrachme de Mithridate VI Eupator, roi du Pont. Considerons cela. vestiges du type sous-jacent apparaissent tout d'abord au D'importants droit. En effet, on distingue dans Ie champ inferieur, entourant la base du cou du dieu, une partie de couronne que I'examen identifie formellement comme une couronne de lierre. On sait que celle-ci fait alterner les fleurs aux petales concentriques avec les feuilles en forme de pointe de lance. C'est exactement ce qu'il est permis d'observer: progressant de la gauche vers la droite, on note une fleur (derriere la nuque de Dionysos), un motif peu clair (car partiellement recouvert par l'extrernite du cou du dieu), une seconde fleur et enfin une feuille dont l'extrernite est tournee vers l'exterieur. En particulier, Ie dessin de la pre-
') Citons quelques exemples de ces tetradrachrnes vraisemblablement surfrappes: SNG Copen hague, n. 641 - Van Lennep 1892 (16,60 g., 12 h.); Munzschatze (Miinchen), lie vente, n. 13 (16,236 g.) et n. 36 (16,027 g.) et Vinchon (Monaco), 13-5 novo 1986, n. 145 (13,83 g.). Sur les cas de surfrappes allegues par E. Schonert-Geiss, voir infra, note 19.
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miere fleur est bien conserve avec son bouton central et ses petales concentriques. Or reconnaitre Ie motif de la couronne de lierre sous ce tetradrachrne de Maronee, c'est resoudre d'ernblee Ie problerne de I'identification du type surfrappe, les tetradrachmes de Mithridate constituant Ie seul monnayage de ce module qui y ait recouru-). Les traces de surfrappe au revers permettent d'etre plus precis encore. Tout Ie champ a la droite du dieu se revele en effet bouleverse par la figure du roi Mithridate lui-rneme, On distingue ainsi encore ciairement, barrant la legende ~IONYLOY, la longue arete du front que prolonge Ie nez. L'oeil est egalement bien visible (sous le 0), surrnonte d'un epais sourcil. La bouche aussi, dont la commisure des levres cree un creux triangulaire dans Ie I de MAPQNITQN. Dans le champ superieur subsistent quelques traces de la chevelure du roi: Ie depart de plusieurs meches (de part et d'autre du diaderne) a droite et le sommet d'un enroulement a gauche. Bien plus que d'identifier Ie portrait monetaire de Mithridate, ces elements permettent surtout de preciser la date du coin de droit qui a servi a realiser Ie tetradrachme royal. Rappelons que ces tetradrachmes se divisent habitueliement en deux styles: celui dit realiste et celui dit idealise, Developpant les recherches menees par T. Reinach-), Ie catalogue que nous avons etabli de ce monnayage compte 510 tetradrachrnes, a savoir 274 du style realiste et 236 du style idealise '). La constatation importante dans la perspective de cette surfrappe est qu'il ne peut etre question de I'attribuer au style realiste dont les physionomies sont toutes differentes. Ce nez assez volumineux, ces levres assez epaisses et molies, cette paupiere bien marquee: tout cela est caracteristique du style idealise, Or les premiers exemplaires du style idealise datent de l'annee 210 de l'ere bithyno-pontique, soit de l'annee qui va d'octobre 88 a septembre 87. Mieux merne: a considerer de plus pres la documentation reunie dans le catalogue, il apparait que I'on peut elirniner egalernent les coins realises durant la premiere guerre mithridatique"). En realite, le coin qui parait Ie plus propice a avoir ete utilise pour ce
2) Le motif de la couronne de lierre fleuri est rare: pour les tetradrachrnes, on ne lui con-
nait que les seules monnaies de Mithridate. Toutes denominations confondues, ce sont bien sur les monnayages cistophoriques qui ont Ie plus contribue a Ie populariser. 3) T. REINACH, Essai sur fa numismatique des rois de Pont (Dynastie des Mithridates), «RN» 3" s. 6, 1888, pp. 434-456, pl. 19-20 et Mithridate Eupator, roi de Pont, Paris 1890. •) F. DE CALLATA Y,Histoire economique et monetaire des guerres mithridatiques, these de doctorat inedite, Louvain-la-Neuve 1988, Tome 18, pp. 7-35. 5) C'est-a-dire I'unique coin de droit associe a des revers de l'annee 210 (IL) ainsi que ceux realises a Pergame et a Athenes (?).
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Mithridate surfrappe date du lIe mois de l'annee 212 (BII:- IA), soit d'aoGt 85 (fig. 2)6). On y retrouve les memes contours du visage et surtout - fait assez exceptionnel pour les monnaies de Mithridate - la merne epaisse paupiere superieure. Sans se rapprocher autant, d'autres coins de droit presentent une allure generale assez similaire a celui de I'exemplaire surfrappe (fig. 3)7). lis sont tous compris entre aout 85 et l'annee qui va du mois d'octobre 73 a celui de septernbre 72. Voila qui est d'un grand interet car cela ajoute a la comprehension tant du monnayage hellenistique de Maronee que de celui de Mithridate"). Les implications sont certes de natures differentes: chronologiques pour Maronee et relatives a la circulation monetaire pour Mithridate.
2. La chronologie des tetradrachmes de Maronee
La chronologie des emissions maronitaines de tetradrachmes a flans larges parait en effet devoir etre substantiellement revue a la lumiere de ce nouveau temoignage. Ces tetradrachrnes viennent pourtant d'etre etudies en detail par E. Schonert-Geiss, qui leur a consacre une place importante dans la monographie qu'elle a recernment fait paraitre sur I'atelier de Maronee"). Apres un examen approfondi fonde sur l'etude des liaisons de coins, E. Schonert-Geiss propose de repartir I'ensemble du materiel examine (109 coins de droit et 346 coins de revers) sur une periode d'un peu plus de 100 annees, de c. 189/8 jusque 80/79. Cette estimation appelle plusieurs commentaires. Le premier commentaire est une constatation: la chronologie defendue par ne suit pas la communis opinio ayant cours jusqu'ici, qui E. Schonert-Geiss, s'accorde - non sans un certain flou - a prendre la provincialisation de la Macedoine en 146 comme terminus post quem pour Ie debut de ce rnonnayage"). La plupart des ouvrages se contentent en effet de mentionner «apres 148 (ou 146) avoJ-C» ") ou, ce qui n'est guere different, «dans la seconde moitie du 2e
6) L'exemplaire provient de la vente Nomisma (Paris), hiver 1981, n. 346 (16,67 g.). 7) Fig. 3: rKI:- 18: Londres, BM, 1920-2-23-2 Mackenzie [16,11 g., 31 mm 0, 11 h.l. 8) Nous avons publie naguere une surfrappe de Maronee sur Tenedos (F. DE CALLATA Y, Une surfrappe inedite de Maronee sur Tenedos, «CahNum» 23 (90), 1986, p. 220), qui est loin de presenter Ie meme interet dans la mesure ou ces deux monnayages ne sont pas dates avec precision et que, vu leur proximite geographique, il n'y a pas grande surprise ales retrouver associes (fig. 4). 9) E. SCHONERT-GEISS, Griechisches Munzwerk. Die Miinzpragung von Maroneia, Berlin 1987. 10) Voir cependant la SNG Tiibingen, Berlin, 1982, n. 883-5 (<<Nach etwa 180 v.»). ") Voir SNG Copenhague, n. 637-42 (aafter 146 B.C»); SNG Evelpidis, Louvain 1970, n. 969 (<<apres 48 avo J.-C»); D.R. SEAR, Greek Coins and their Values, Londres 1
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de la frappe au debut du ler siecle "). Comme ce monnayage est abondant et qu'il est permis d'y distinguer d'apres Ie style plusieurs «phases de production»(?), dont certaines ne sont plus que des imitations assez lointaines du modele original, cet etalernent de la frappe sur plus d'un demi siecle ne souleve pas d'objections majeures. On aura tendance alors a. situer dans Ie second siecle les tetradrachmes dits de bon style et a. rejeter plus ou moins loin dans Ie premier siecle tous ceux que trahit Ie schematisrne de la legende ou de I'iconographie. Le second commentaire se veut critique vis-a-vis de ce qui apparait comme deux premisses utilisees par E. Schonert-Geiss pour batir sa chronologie. 1) L'auteur lie fortement Ie monetaire au politique en assujetissant les dates de debut (189/8) et de fin (80/79) d'ernission a. des evenements historiques. Cette adequation est probable mais non certaine=). 2) L'auteur est en mesure de distinguer 98 combinaisons differentes de monetaires. La repartition de ces monetaires sur une periode d'un peu plus de 100 ans est remarquable "). II ne peut etre question, toutefois, de tenir pour assure - ni meme vraisemblable dans Ie cas present - que chaque combinaison ait correspondu a. une charge annuellev). Aucune de ces deux hypotheses de travail ne nous parait contraignante.
sieclenv), Les plus prudents envisagent une continuation
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1978, p. 163, n. 1635; SNG Ashmolean, Londres 1981, n. 3621-9 taafter 146 B.C»); SNG Blackburn, Oxford 1989, n. 326 (aafter 146 B. C»). M.J. PRICE, Coins of the Macedonians, Londres 1974, p. 32: «It seems probable that during the second half of the second century B. C all silver mined in Macedonia was minted into coin at these two mints (Thasos et Maronee), outside the immediate territory of the Macedonians». BMC, Thrace, p. 128 (a Second and First Centuries B. C»). Depuis sa parution en 1985, on cite regulierement ce propos - avec quelque facilite du reste - l'etude de T.R. MARTIN: Sovereignty and Coinage in Classical Greece, Princeton 1985. Dans un compte rendu ravageur, P. Kinns a souvent ete arnene a dissocier ces deux plans pour I'atelier de Milet (P. KINNS, The Coinage of Miletus, «NC» 146, 1986, pp. 233-260 [surtout p. 247-8) contra B. DEPPERT-LIpPITZ, Die Miinzpriigung Milets vom vierten bis ersten Jahrhundert v. Chr., «Typos» V, AarauFrancfort-Salzbourg 1984). E. SCHONERT-GEISS, 1987, p. 73: «Das ergiibe eine rund 100 jdhrige Emissionszeit, d. h. eine Zeitspanne, mit der die ± 98 Monogrammkombinationen - ihr jiihrlicher Wechsel vorausgesetzt - durchaus korrespondieren» et p. 75: «... ihm entgegen (la datation en 148/6) stehen aber die ± 98 vorhandenen Monogrammkombinationen, die zu einem Datum von ca. 186/4 v. u. Z. furhen, sowie die Stilvergleiche oben p. 73, die ein dhnliches Datum von 190/85 v. u. Z. ergaben», On ne connait pour ainsi dire rien des magistratures monetaires. Croire que, partout comme a Athenes (et encore: avec certaines nuances), on changeait de monetaire chaque annee (M. THOMPSON, The New Style Silver Coinage of Athens, «NS» 10, New York 1961) est une projection de l'esprit dont plusieurs series montrent I'absence de
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Absolument contraignante en revanche est l'implication d'une autre surfrappe, publiee des 1984 par E. Schonert-Geiss, qui a pu distinguer un tetradrachme d'Aesillas sous un exemplaire de Maronee conserve a Berlin (fig. 5)17). Comme la questure d'Aesilias est traditionnellement datee des annees 93/8818), on dispose d'un indiscutable terminus post quem non seulement pour cette piece et l'emission a laquelle elle appartient, mais aussi pour to utes les emissions que l'on voudra bien classer a sa suite. C'est la surfrappe la plus significative decelee par l'auteur ").
bien-fonde (par exemple it Myrina ou presque 50 monogrammes sont recenses pour une periode de production d'une dizaine d'annees). Ceci mis it part, on fera les observations suivantes: I) E. Schonert-Geiss semble sup poser detenir un specimen au moins de to utes les combinaisons de monogrammes. Cette hypothese, qui est susceptible de faire I'objet d'une estimation statistique, est peu probable. 2) Ce schema demande de croire que I'atelier a frappe chaque annee, ce dont on se permettra de douter. 3) Sur les 98 combinaisons isolees, plusieurs semblent se reduire, 4) Les liaisons de coins de droit associent souvent 5 combinaisons differentes ou plus it Maronee (5 pour V25, V31, V35 et V72; 7 pour V48 et V74; 10 pour VI9). Compte tenu de ce que l'on connait de la longevite des coins dans l'Antiquite, il parait peu realiste de penser que de nombreux coins aient pu etre utilises 5 ans et plus (voir O. M0RKHOLM, The Life of Obverse Dies in the Hellenistic Period, «Studies in Numismatic Method presented to P. Grierson», Cambridge 1983, pp. 11-21). L'examen, en particulier, du reseau de liaisons de coins qui unit VI9 it 10 combinaisons differentes de monogrammes parait ruiner sans espoir de rachat l'hypothese d'une combinaison annuelle. 17) E. SCHONERT-GEISS, Imitationen maroneiischer Munzen, «Klio» 66 (I), 1984, pp. 85-92 (Berlin: Staatliche Museen - Sammlung Imhoof-Blumer). La piece est reprise sous Ie numero 1169 (droit: n. 56/ revers: n. 176) dans la monographie de 1987 (voir pl. 54). 18) Les dates de 94/88 utili sees par E. Schonert-Geiss (E. SCHONERT-GEISS, 1984, p. 91, 1987, p. 74 et Das Eindringen romischen Geldes auf den Balkan im 2./1. Jahrhundert v. u. Z, «Klio» 71, 1989, p. 87) pour la questure d'Aesilias different d'un an de celles utili sees par la plupart des auteurs (93/88). T. R. S. Broughton a montre que C. Sentius, Ie propreteur dont Aesillas parait avoir ete Ie questeur, avait pris ses fonctions en Macedoine en 93 et non en 94 (TR.S. BROUGHTON, The Magistrates of the Roman Republic, «Philological Monographs» 15, 2e vol., New York 1952, pp. 13-14, note 3). 19) II faut dire ici quelques mots des aut res surfrappes avancees par E. SCHONERT-GEISS (1987, p. 74). Elle en compte 14, soit 10 illisibles (n. 1073, 1085, 1125/1, 1132/3, 1165/1, 1183/1, 1202, 1204, 1217/1 et 1229) et 4 identifiees (n. 1160, 1169, 1239/1 et 1299). Sur les 10 iIlisibles, elle en iIlustre 4 (n. 1073, 1202, 1204 et 1229). Or, sur la base de ces illustrations, Ie fait est qu'il n'est pas un cas ou il soit permis d'assurer qu'il s'agisse bien d'une surfrappe plutot que d'un defaut des coins ou un accident de la frappe. Sur les 4 surfrappes pretendument identifiees, deux Ie sont sans discussion (n. 1169 [Berlin, coIl. Lobbecke: sur un tetradrachrne d'Aesillas] et n. 1239/1 [New York, SNG Berry, 497: sur un tetradrachrne de Lysimaque - ... YLIMAXO ... ]). Le n. 1160 est cense recouvrir un Iysimaque (on ne distingue rien), tandis que l'auteur se
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Toutefois, pour E. Schonert-Geiss, la monnaie de Maronee presente les premiers signes d'une «influence barbare» dans Ie traitement de la coiffure au droit=). Elle la place done dans les annees 80 parmi les premieres imitations realisees dans l'arriere-pays=), Cette analyse - a l'evidence tres accomodante pour la chronologie habituelle - appelle de fortes reserves. Tout d'abord, contrairement a ce que soutient E. Schonert-Geiss (non sans arnbiguite), I'exemplaire de Berlin ne parait pas devoir etre classe avec les imitations. Elle-merne semble d'ailleurs Ie reconnaitre quand elle ecrit: «Stilistisch tendiert ihre Vorderseite zu den letzten Emissionen der um ca. 80179 v. u. Z. endenden maroneiischen Tetradrachmenpriigung;...22). La facture de la coiffure comme celie des autres elements de la composition se revele en effet soignee. Son raisonnement est ici alimente par la publication d'un autre tetradrachme maronitain conserve a Berlin (Coil. ImhoofBlumer) dont Ie traitement de la coiffure au droit est plus fouille alors qu'il presente au revers une legende incorrecte (~IONYLOYZI LYQTHPOLI MQNITQN) (fig. 6)23). Ce dernier parametre est manifestement preponderant dans son esprit. Classant ce tetradrachme avec les imitations, on comprend des lors qu'elle ait eu peu de scrupule a faire de merne pour I'exemplaire surfrappe "), Les chances sont fortes cependant pour que toute cette construction repose sur une fausse prernisse, a savoir la condamnation d'un exemplaire d'excellent style (Berlin, coil. Imhoof-Blumer) sous pretexte que sa legende est incorrecte. Nous avons montre combien I'exemple des alexandres tardifs de Me-
meprend sur la nature du n. 1299. II ne s'agit pas d'un tetradrachrne maronitain appose sur un exemplaire plus ancien du merne type mais d'un accident de frappe assez classique ou Ie coin de revers, entraine par la detente, est retornbe sur la piece, imprimant par la ce qui ressemble un leger treflage (voir, par exemple, G. MOUCHARTE, Particularite technique, «JElsenFPL» 65, mars 1984, pp. 2-3). 20) E. SCHONERT-GEISS, 1984, p. 92: «Die derbe und verflachte Behandlung der Haarstriihnen und Locken beim Dionysoskopf. .. lassen auf erste "barbarische Einflusse"
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schlieben».
21) Ibidem: «Unsere Tetradrachme muss daher zu einem der ersten Imitationsversuche im Hinterland gehoren» . • 22) Ibidem. 23) E. SCHONERT-GEISS, 1984, pI. III, n. 15 (notons cependant que la gravure des lettres est finement executee). 24) Ce raisonnement est pervers. Dans un cas, il utilise la legende sans se soucier du style (excellent) pour condamner un tetradrachme au rang des imitations; dans l'autre, il choisit d'ignorer la legende (correcte) pour s'en tenir au style (bon, mais inferieur celui du premier exemplaire condarnne). Cette forme d'ignorance alternative est logiquement peu recommandable.
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sembria engageait a se mefier d'un tel reflexe=). Le fait est que l'on doit etre prepare pour cette epoque et cet horizon monetaire a admettre que des revers presentant des legendes resolument fautives aient pu etre realises dans l'atelier officiel. 11existe surtout un deuxieme tetradrachme maronitain tres probablement surfrappe sur une piece d'Aesillas. Celui-ci recernment ete publie dans la SNG Aarhus (Fabricius Collection) (fig. 7)26), sans avoir completement oblitere les types precedents. De fait, on distingue encore dans le champ inferieur droit du revers une partie de la couronne et ce qui apparait comme la trace partielle des lettres AS de AESILLAS27). Or cette seconde surfrappe appartient a une des premieres emissions classees par E. Schonert-Geiss (coin de droit n. 15) et ne presente aucune particularite qui puisse la designer comme une eventuelle imitation 28). Venons-en des lors a la chronologie publiee en 1987 par E. Schonert-Geiss. Les 378 varietes (combinaisons d'un coin de droit avec un coin de revers) recensees pour les tetradrachmes a flans larges sont numerotees de 976 a 1353. Le tetradrachme de Berlin surfrappant la monnaie d'Aesillas est classe avec la variete n. 116929). C'est-a-dire que, selon ce classement, il existerait un nombre a peu pres egal de varietes rangees apres ce point de repere (184) qu'avant (193). Or l'auteur a fixe les dates absolues de ce monnayage entre c. 189/8 et c. 80/79. On voit done, puisque la variete n. 1169 est forcement posterieure a 93, que cette chronologie cree un gros embouteillage pour la fin de la serie. De fait, ce schema implique de penser qu'il aurait ete emis virtuellement autant de tetradrachmes au cours des annees 80 qu'il en aurait ete frappes tout au long du siecle preceDE CALLATA Y, Certains alexandres de Mesembria et Ie probleme des imitations, «CahNum» 24 (91), 1987, pp. 238-242. 26) SNG Aarhus (Fabricius), n. 301 (16,76 g., 12 h.). 27)Le fait est que la derniere lettre avant la couronne n'a pas la forme ciassique d'un S. Telle qu'elle se presente, on dirait plutot un chevron ou un I' a angle aigu (pour un tetradrachme d'Aesillas montrant une disposition approchante, voir entre autres SNG Tubingen, n. 1226). 28)Voir E. SCHONERT-GEISS, 1987, pl. 40 (meme coin de droit: VI5). L'auteur date cette emission des annees 160sur base de considerations stylistiques des plus aventureuses (ibidem, p. 73; «Gewisse stilistische Parallelen existieren auf zwischen der Vs-Gruppe V9, V13, VI6, V18, V20-V21 (cf oben p. 66) und dem Apollonkopf auf zwei Tetradrachmen von Alexandreia Troas, von denen von Fritze seine Nr. 1 auf 164 v.u. Z. und Nr. 2 auf 160 v.u. Z. datiert»). Comparer la representation de Dionysos a Maronee avec celie d'Apollon a Alexandrie de Troade est assez desespere en soi. Pretendre dater, rnerne a la decennie pres, l'un par I'autre est tout-a-fait abusif. 29)La surfrappe de Berlin a ete realisee avec les coins de droit n. 56 et de revers n. 176. lei encore, on est sensiblement au milieu de la serie (au total: 109coins de droit et 346 coins de revers).
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dent. Encore, cela suppose-t-il que Ie tetradrachme au nom d'Aesillas ait ete ernis en tete de serie et qu'il ait ete surfrappe presque imrnediatement=). Les raisons de suspecter qu'il faille revoir a la baisse Ie terminus post quem fourni par E. Schonert-Geiss paraissaient done ne pas manquer avant merne de faire connaitre la surfrappe presentee ici. Cette derniere acheve d'emporter les convictions en radicalisant la situation. L'exemplaire maronitain qui recouvre les types de Mithridate appartient en effet a une emission classee assez t6t dans Ie corpus pub lie par E. SchonertGeiss. Son style, au droit, est excellent>'). II a ete realise avec Ie coin de droit n. 34 et un coin de revers non illustre (ou non recense) par cette etude. Sur un total de 109 coins de droit differents, il vient done a la fin du premier tiers. L'emission a laquelle il appartient ( l8r -0) est, qui plus est, liee par les coins de droit a un groupe d'autres emissions. Pris dans son ensemble, ce groupe s'etend des coins de droit n. 27 a n. 4132). L'examen de la structure des nombreuses liaisons de coins a I'interieur de ce groupe laisse fortement augurer d'une periode de frappe assez breve - et done concentree - pour celui-ci 33). Des lors, avec cette nouvelle surfrappe, ce n'est plus la moitie des emissions de ce monnayage qui est a dater apres 93 (implications de la surfrappe sur Aesillas), mais sans doute pres des 3/4 des tetradrachrnes qui doivent etre situes apres 85 (au plus t6t). Prendre son parti de cette situation revient a abaisser la chronologie etablie par E. Schonert-Geiss de pres d'un derni-siecle. Celle-ci parait en effet situer l'emission avec l8r -0 dans les annees 140, quand elle ecrit: «Ab begann der Um-
fang der Emissionen sprunghaft zuzunehmen, und auch in den Funden sind von nun an die Emissionen reicher vertreten. Zeitlich befinden wir uns in den 40er Jahren des 2 Jh. v.u. Z.»34). On peut aujourd'hui mesurer la fragilite de
l'echafaudage construit par I'auteur. Apres avoir fait debuter la frappe des tetradrachmes maronitains dans les annees 180, elle observe avec satisfaction que
'0) Nous avons consacre aiUeurs une etude aux monnaies d'Aesillas, it laqueUe nous nous permettons de renvoyer (Les monnaies au nom d'Aesillas, «Melanges Clain-Stefanelli» 1991, it paraitre). Celle-ci c1asse Ie tetradrachrne surfrappe de Berlin vers 88. 31) Un exemplaire de la merne emission (droit n. 35 au lieu de 34) est qualifie de «ungewohnlich feiner Slit» par la maison de vente Egger (45e vente, 12 novo 1913, n. 453). Notons toutefois l'aUongement de la representation de Dionysos au revers (voir aussi Ie revers n. 120 de l'etude de E. Schonert-Geiss). 32) E. SCHONERT-GEISS, 1987, pp. 66-67 et tableau, pp. 78-79. H) Cet endroit de la sequence, avec son reseau de liaisons de coins, rend particulierement delicate it recevoir I'hypothese selon laqueUe chaque combinaison de monogrammes correspondrait it des equipes differentes de monetaires exercant des charges annueUes (voir supra, note 16). ") E. SCHONERT-GEISS, 1987, p. 75.
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cette activite accrue de I'atelier dans les annees 140 est a rnettre en relation avec la provincialisation de la Macedoine en 146... Une autre relation au politique s'effondre d'elle-merne avec la publication de notre surfrappe: celie qui pretendait lier Ie debut en 88 de la frappe de tetradrachmes dans l'arriere-pays avec l'expedition d'Ariarathe (Arcathias en realite)») a cette epoque. Cette suggestion astucieuse doit se com prendre comme une resultante directe de I'interpretation donnee a la surfrappe de Berlin=). Que reste-t-il, des lors, de la chronologie proposee par E. SchonertGeiss">'). A dire vrai: probablement peu de choses. La date de c. 189/8 pour Ie debut du rnonnayage, tout d'abord, n'est pas
35) Cette identification d'Arcathias, fils de Mithridate et chef de l'expedition au Nord de l'Egee, avec Ariarathe IX, fils de Mithridate et roi de Cappadoce, continue d'empoisonner I'historiographie. Appien orthographie pourtant tres clairement par deux fois «'APKU8iu<;» (XII, 5.35 et 6.41), qui ne saurait se confondre avec l'Ariarathe dont il est question ailleurs (XII, 2,10). Cette assimilation repose sur une interpretation ancienne et abusive de la numismatique qui veut decomposer le monogramme ( Ft1 ) de certains tetradrachrnes dudit Ariarathe IX en AM<l>I, soit les premieres lettres d'Amphi polis. Cela n'est pas raisonnable et doit d'autant plus etre combattu que cette interpretation est ensuite utilisee com me pivot de toute la chronologie royale en Cappadoce (voir nos critiques dans Histoire economique et monetaire des guerres mithridatiques, these inedite de doctorat, Louvain-Ia-Neuve 1988, tome 1, p. 181, note 10 et pp. 203-204 et tome 2, p. 136). Voir aussi sur ce sujet la note de D. MAGIE, Roman Rule in Asia Minor (to the End of the Third Century after Christ), Princeton 1950, p. 1105, note 41 et la notice de U. WILCKEN, s. v. Arkathias, RE 2 (I), 1895, col. 1161. 36) Voulant minimiser I'impact chronologique de la surfrappe de Berlin, I'auteur s'est efforcee de ranger l'ernission maronitaine le plus loin possible dans son corpus. Les traces de barbarisation qu'elle veut bien distinguer au droit lui permettent de situer cette frappe a la fin des emissions officielles. II n'en resulte pas moins une grande compression du materiel en fin de sequence suivant le systerne chronologique qu'elle propose. Elle en est reduite a supposer une surfrappe quasi-immediate en 88 du tetradrachrne d 'Aesillas. Comme cette date, bien tot posee avec assurance, correspond par definition au debut des imitations dans l'arriere-pays, E. Schonert-Geiss est en mesure de boucler son raisonnement: c'est l'arrivee des Pontiques en 88 qui a coupe Maronee de son hinterland, obligeant celui-ci a pallier par des imitations l'interruption du flux d'argent monnaye. Comme on Ie voit, ce raisonnement se nourit beau coup de I'interieur. ") Dont les principales dates-charnieres s'etablissent de la facon suivante: c. 189/8: Debut du monnayage de tetradrachrnes a flans larges. c. 146: Activite accrue de I'atelier suite a la provincialisation de la Macedoine. c. 88: Le passage des troupes d'Ariarathe (Arcathias) au Nord de l'Egee coupe Maronee de son hinterland. La penurie de I'approvisionnement en argent oblige l'arriere-pays imiter les tetradrachrnes (style barbare). c. 80/79: Maronee perd son hinterland et suspend la frappe de ses tetradrachrnes pour conserver celie de ses bronzes.
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formellement H!CUSeepar la publication de ce nouveau document. Elle a toutefois les meilleures chances de devoir etre descendue (et peut-etre ramenee vers sa datation traditionnelle de c. 146, encore qu'une date plus tardive soit plus probable d'un strict point de vue numismatique). On rappelera a ce propos que, sans etre negligeable, les 109 coins de droit recenses par E. Schonert-Geiss ne constituent pas un nombre qui necessite d'etaler leur frappe sur une tH!Slongue periode de temps. La ville d'Athenes est allee vers la meme epoque jusqu'a utiliser 40 coins de droit ou plus certaines annees=). Sans meme recourir a ce monnayage exceptionnel, actons que des villes comme Myrina ou Cyme ont requis chacune I'emploi d'une centaine de coins de droit en une quinzaine d'annees=). Plus proches de Maronee, les dernieres emissions de Iysimaques byzantins se caracterisent egalernent par une frappe extremement abondante realisee en peu de temps=). D'un point de vue strictement quantitatif done, il n'y a aucune obligation - que du contraire - a etaler cette frappe sur un peu plus d'un siecle, A defaut de pouvoir se fier au style ou au nombre de monogrammes, l'etablissement de la date d'introduction de ce monnayage repose sans doute d'abord sur une etude serree de la circulation, telle que les tresors permettent de I'examiner "), Cela etant, la surfrappe passee en vente a Paris abaisse brutalement la datation de I'essentiel de ces tetradrachmes. Emis en 85 au plus tot (et sans doute en aoflt de cette annee-la), Ie tetradrachrne de Mithridate a probablement ete contrernarque a la fin des annees 80, voire meme un peu plus tard. Dans ces conditions, I'ensemble du groupe auquel il appartient (droits n. 25 a 60) peut difficilement avoir debute avant c. 90 (au plus tot). Comme il a ete souligne, cette situation degarnit sensiblement la part des emissions attribuables au 2e s. Etant
38) M. THOMPSON, 1961: Ie record est detenu par I'ernission aux noms de ~HMHTPIOL-Ar A0IllllOL (131/0 avo J.-C. selon M. Thompson) avec 47 coins de droit, suivie par celle aux noms de 3ENOKAHL-APM03ENOL (124/3 avo J.-C.) et ses 42 coins de droit. 39) Pour Myrina, voir K.S. SACKS, The Wreathed Coins of Aeolian Myrina, «ANSMN» 30, 1985, pp. 1-43, pl. 1-22 (97 droits sur 415 exemplaires, soit un nombre originel de droits estirnes 111.2 ± 2,8 selon la formule simplifiee de G. F. CARTER). Pour Cyme, voir JH. OAKLEY, The Autonomous Wreathed Tetradrachms of Kyme, «ANSMN» 27, 1982, pp. 1-37, pl. 1-14 (79 droits sur 537 exemplaires, soit un nombre originel de droits estimes a 83,6 ± 1,4 selon la meme formule). 40) Voir F. DE CALLATA Histoire economique et monetaire des guerres mithridatiques, Y, these de doctorat inedite, Louvain-Ia-Neuve 1988. ") I,' IGCH recense un grand nombre de tresors ayant contenu des tetradrachrnes a flans larges de Maronee, La plupart de ceux-ci ont ete retrouves en Bulgarie et n'on fait jusqu'a present I'objet que de courtes notices dans Ie BlAB. Ces dernieres n'indiquent pas la repartition par monogrammes.
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donne le petit nombre de coins de droit dont on dispose pour ce second siecle (n. 1 a 24), il parait desormais difficile d'accepter l'idee d'une frappe continue de tetradrachrnes emis a partir de 146 (a fortiori, si l'on soutient la date de c. 189). La situation est encore plus radicalisee si l'on reconnait - comme il parait indique de le faire - le revers d'un tetradrachrne au nom d'Aesillas sur la surfrappe conservee dans la collection Fabricius d'Aarhus. En ce cas, la sequence etablie par E. Schonert-Geiss demanderait de dater Ie coin de droit n. 15 de la fin des annees 90 au plus tot, ne laissant qu'une dizaine de coins susceptibles d'avoir ete frappes au second siecle, En realite, ces surfrappes amenent a se poser de serieuses questions sur la vraisemblance d'un terminus post quem fixe en 146 pour ce monnayage. On peut, a priori, envisager deux types de redeploiement du materiel. Le premier consiste a descendre en consequence la date de c. 80/79 proposee pour l'arret de la production. Hypothese seduisante pour le numismate epris d'equilibre, qui permet de ne pas trop engorger les annees 80. Au mepris de cet esprit d'harrhonie, un second redeploiement revient a situer l'essentiel des frappes maronitaines en un bref laps de temps, de l'ordre - disons - d'une grosse decennie. Nous avouons pencher en faveur de cette seconde hypothese. La composition des tresors surtout nous y invite. Comme le note avec pertinence. E. Schonert-Geiss, la majorite des trouvailles paraissent avoir ete enfouies avant les annees 7042). Or les tresors de Varbiza (lGCH 529) - et surtout celui de Strojno (lGCH 924) - attestent l'essentiel des combinaisons de monogrammesv). 3. La circulation des tetradrachmes de Mithridate Examinons a present les implications de la surfrappe presentee ci-dessus pour la connaissance du monnayage de Mithridate. Celles-ci, avions-nous annonce, se po sent en termes de circulation monetaire. On sait que les monnaies de Mithridate ont circule au Nord de l'Egee, Le meilleur document en ce sens reste un petit tresor de tetradrachrnes repute provenir de Thessalonique. Celui-ci fut achete vers le troisieme quart du 19"s. par
42) E. SCHONERT-GEISS, 1987, p. 74: «Die Vergrabungszeit der Mehrzahl der Funde liegt in den und Jahren des J. Jh. v.u. Z.», En realite, les tresors qu'elle allegue pour les annees 90 risquent bien d'avoir ete enfouis apres ces annees (Le tresor de Golem Monastir [IGCH 874] contient-il reellement un tetradrachrne de Nicornede III date de l'annee 9817? Les tresors CH I 92 et IGCH 924 sont sans doute plus tardifs). 43) Le tresor de Strojno est presente par E. SCHONERT-GEISS, 1987, pp. 105-6. II couvre la quasi-totalite de la sequence des emissions (du coin de droit Vl3 VI03 sur un total de 109!).
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Waddington avant que les 5 exemplaires cites par T. Reinach ne soient integres aux collections du Cabinet des Medailles de Paris (lOCH 645)44). En revanche, il y ales meilleures chances pour qu'il faille revoir I'attribution a la Grece du Nord d'un autre tresor, exhume en 1934/5, dont 7 des 13 exemplaires sont des tetradrachmes de Mithridate (lOCH 973: Oreece, Northern?). Ce tresor est de fait reproduit ailleurs sous un autre numero et localise alors en Asie Mineure (lOCH 1463: Asia Minor?). Considerant la nature de sa composition, qui fait encore intervenir 1 Iysimaque byzantin, 1 tetradrachme stephanephore d'Athenes et 4 tetradrachmes des derniers Nicornedes, il parait Ie plus probable qu'il provienne bien d'Asie Mineure comme les tresors de Cesme (lOCH 1359), de Oiresun (lOCH 1383) ou de Bithynie (lOCH 1384) avec lesquels il s'apparente. Quoiqu'il ne s'agisse pas de tetradrachrnes, d'autres documents peuvent encore etre cites ici. Ainsi, un tres important tresor de quelque 5000 cuivres pontiques est peut-etre attribue a tort au Nord de l'Asie Mineure (lOCH 1393: Asia Minor, Northern, 1969). Mr Ie Professeur T. Hackens, de qui les editeurs de I'IOCH tiennent I'information, veut bien nous faire savoir en effet qu'il a vu des quantites abondantes de ces pieces circuler dans Ie commerce a Athenes ou elles etaient melees a un grand nombre de bronzes de Maronee=). Enfin, concernant Ie littoral Ouest-ponti que, on a retrouve en 1954 un petit depot de 5 stateres a Oranicar, a ± 30 km. au Nord de Varna en Bulgarie (lOCH 974), soit 3 Iysimaques tardifs et 2 mithridates. I. Karayotov vient egalement de publier un cuivre pontique trouve non loin d'Apollonie du Pontv). Au total done, seul Ie tresor de Thessalonique (lOCH 645) attestait jusqu'ici la presence de tetradrachmes pontiques en Grece du Nord. La surfrappe de Maronee discutee ci-dessus ne permet pas seulement de documenter un cas supplementaire pour la region. Elle nous informe surtout que des tetradrachrnes de Mithridate ont continue a circuler la-bas apres Ie retrait des troupes pontiques de Grece continentale (fin 86). II ne parait pas falloir trop s'en etonner, Si - comme nous Ie croyons - Ie tetradrachme surfrappe du roi du Pont date du mois d'aout 85, c'est-a-dire du moment ou Mithridate a probablement donne conge a ses troupes auxiliaires juste avant de rentrer dans son royaume (fin de
44) Voir T. REINACH, 1888, p. 440 (5 exemplaires recenses, tous dates entre octobre 93 et mai 89). 45) Nous remercions vivement Ie Professeur Hackens pour cette importante information. 46) 1. KARAYOTOV, Monnaie en bronze de Mithridate VI Eupator de la jorteresse «Malko Kale» pres de Sozopol, «Numizmatika» 4, 1988, pp. 12-13 (resume en francais): cuivre d'Amastris aux types «Egide/Nike».
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l'ete ou debut de I'automne 85), alors l'hypothese est tentante d'attribuer la presence de ce tetradrachme sur la cote thrace au retour d'un mercenaire du roi dont on sait par les sources ecrites qu'ils appartenaient Ie plus souvent aux regions occidentales du Pont-Euxin ").
47) Cette hypothese qui, pour ne pas etre contraignante, n'en est pas mains la plus proba-
ble implique de penser que les mercenaires thraces aient pu etre payes au mains partiellement en monnaies royales pontiques. Les sources ecrites qui parlent des mercenaires thraces au service de Mithridate sont: Appien, XII, 2. 13,3. 15,6.41, 8. 57, 10. 69 et Dion, XXXVI, 9. 3-4 et fgmt 101.2. Le texte d'Appien en XII, 6. 41 semble accorder la prirnaute numerique aux contingents thraces.