Monnayages de Pamphylie et de Cilicie à l’époque perse moreDossiers d’Archéologie, 276, September 2002, p. 64-71. |
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Conquetes d'Alexandre
D1RECTEURE LA PUBLICATION D louis Faron RtOACTION Bruno Bioul- Anne Cauuet - Sophie Crancon Valirie aily - Richard Siblas M ll, rueBerbisey,21000 Dijon. 03.80.40.41.02- Fax. 03.80.30.15.37 e-mailredaction@dossiers-archeologie.com : RWISATION ARTIsTIQUE )ophie Garret, Bruno Bioul TRAITEMENTDE L'IMAGE V"lIKtfItMonod PIIBLICITE Dig> Diaz,Ariane Regie, 5~,bdRodin- 92137Issy-les-Moulineaux nOI.41.08.01.01- Fax. 01.41.08.88.77 ABONNEMENTs ET COM MAN DES Editions aton - BP 90 - 21803 Q!letigny Cedex. F ?;03.8O.48.98.48 Fax. 03.80.48.98.46 e-mail: bonnement@dossiers-archeologie.com a SERVICE OMMERCIAL C Christine ebroye ({)03.80 48 98 40 D ,NTERNET
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Sommaire
02. Avant-propos
par Alexis PORCHER, Agrt!ge de Lettres classiques, Doctorant a I'Universite de Paris IV-Sorbonne par Xavier de PLANHOL, Professeur emerite a l'Universite de Paris-Sorbonne, membre de l'Academia Europaea
n° 276 - septembre 2002
06. Des [orets et des fauves : la f.arade montagneuse meridionale de I 'Anatolie
10. L'Anatolie a Alexandre
meridionale
du Neolithique
par Frederic GERARD, lnstitut francais d'Etudes anatoliennes Georges Dumezil a Istanbul. et UMR 7041 du CNRS
!..'f~J':; ;I,,\'.J;I;' I'/!..J':; !;J.!.J!;J;
14. Les cultures de l'Anatolie meridionale au second millenaire avo J.-c.
par Rene LEBRUN, Universite catholique de Louvain et Institut catholique de Paris
20. La crise: le sud louvite
par Markus EGETMEYER, Maitre de conferences a l'Universite de Toulouse II-Le Mirail
POUR BELGIQUE LA Editeuresponsable pour la Belgique r [ean-PhilippeTondeur 9,••.VanKalken -1070 BruxeUes. ({)021555.02.17. Fortis 10-0402415-14 2 COMITEsCIENTlFIQUE V esCOPPENS, Membre de l'Institut, v Profes seurau College de France. ChristianeDESROCHES-NOBLECOURT, Inspecteur general honoraire desMusees de France. Conservateur en Chef bceeraire du Departemenr des Antiquites Egyptiennes du Musee du Louvre. jean-Marie DURAND, Directeurd'Etudes a l'Ecole Pratique des Hautes
Etudes et Directeur de laboratoire au CNRS.
24. Les Cariens
par Alain BRESSON, Professeur d'Histoire ancienne, Ausonius, Universite Bordeaux HI
30. Caunos, ville frontiere
par Koray KONUK, Chercheur au CNRS, Ausonius, Universite Bordeaux III
32. Dieux et heros de Lycie
par Novella VISMARA, Pavie, Musei Civici, et Eric RAIMOND, Doctorant et Secreta ire des Etudes doctorales a I'Institut catholique de Paris
Henri-PaulFRANCFORT, Directeurde Recherches au CNRS. Jean·Louis HUOT, Professeur i l'Universite de Paris I. Vassos ARAGHEORGIS, K Universite Chypre. de V.nceslas KRUTA, Directeur d'etudes a l'Ecole Pratique Hautes Etudes. des JeanLECLANT, Secretaire Perperuel de
J'Academie des Inscriptions et Belles Lettres,
38. Travaux au sanctuaire de Leta (Lycie occidentale)
par Didier LAROCHE, Architecte responsable de la mission archeologique du Letoon
En couverture. Vue de la cite de Perge. A I'avant-plan, Ie theatre; derriere lui, Ie stade et, au centre de la photo, les ruines des deux tours circulairesd'epoque hellenistique. @Artephot/S. Fiore.G-dessous. Inscription bilingue grec/carien decouverte d Caunos en 1996. O'apres B. Ogun et C. tsik; Kaunos, Kbid, Antalya, 2001. La Coordination de ce numero a ete assuree par Alexis Porcher.
42. La Pamphvlie, "le pays de tous les peuples"
par Alexis PORCHER
60. Karatepe-Aslanta : Azitiwadiya, neo-hittite en Cilicie orientale
une ville
par Olivier CASABONNE et Eric JEAN, lnstitut francais d'etudes anatoliennes Georges Dumezil et Universite de Galatasaray (Istanbul)
48. Complexite
linguistique
de la Pamphylie
Professeurhonoraire au College de France. PierreLERICHE, Directeur de Recherches au CNRS,Ecole Normale Superieure. Daniel LEVINE, Professcur a l'Universite de ParisSorbonne. [ean-PierreMOHEN, Directeur du laboratoire derecherche des Musees de France. jean-PaulMOREL, Professeur des Universires, Aix-en-Provence. PhilippePERGOLA, C.N.R.S., Directeurde I'Institut Pontifical d'Archeologie Chretiennea Rome. JeanPERROT, Directeur de Recherches honoraire auCNRS,Correspondant de I'Institut. VironiqueSCHILTZ, Professeur a l'Universite de Besancon. Georges ATE, T Professeur l'Uruversite de Versailles. a Bernard VANDERMEERSCH, du Directeur Laboratoire d'Anthropologie de l'Universitede Bordeaux, Professeur a l'Universite de Bordeaux I, Dsecteuri l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Jean VOYOTTE, Professeur au College de France et Directeurd'Etudes it I'EPHE La Dossiers d'Archioiogie edit': par les Editions Faton SA. Capital 343 860 €. 25, rue Berbisey 21000 Dijon
par Claude BRIXHE, Professeur emerite de Nancy II, Correspondant de I'Institut
a l'Universite
62. Kirshu : archeologie et histoire
d'une capitale cilicienne
par Olivier CASABONNE 64. Monnayages
52. La Cilicie : de l'independance a la conquete macedonienne
par Olivier CASABONNE, Reseau international d'etudes et de recherches achemenides (GDR 2538, CNRS), Centre d'etudes syro-anatoliennes (Institut catholique de Paris), et Andre LEMAIRE, Ecole pratique des Hautes Etudes, histoire et philologie, Universite de Paris-Sorbonne
par Francois de CALIATA1', Directeur d'etudes a l'Ecolepratique des Hautes Etudes, Chef du departement des Cabinets museologiques de fa Bibliotheque royale de Belgique
a l'epoque perse
de Pamphylie et de Cilicie
72.Langues et ecritures au
par Andre LEMAIRE
r millenaire
avo l-C.
74. Conljuete perse et acculturation en Lycie et en Cilicie a l'epoque achemenide, iconographie et representations
par Olivier CASABONNE
a l'epoque perse
78. Lymira, une capitale lycienne
par Thomas MARKSTEINER, lnstitut d'Archeologie classique de l'Universite de Vienne
est un mensuel
par Paul GOUKOWSKY, Professeur a l'Universite de Nancy II, Correspondant de l'Institut
82. Alexandre
en Anatolie meridionale
Impression: SIPE a Baume-les-Dames. Depi>t1i~ 6751. Commission paritaire 55 093 I\S~1141-7137- Diffusion MLP Printed in France/imprime
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lmproduction des textes et des illustrations pibliesdans ce numerc est interdite.
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Pamphytie-Cilicie
Monnayages de Pamphylie et de Cilicie a t'epoque perse
Par Francols de CAllATAY
La
monnaie,
invention
"qrecque" apparue
sur Ie sol anatolien,
a connu un developpement amenent
remarquable
en pamphylie et Cilicie. Remarquable
non par la precocite mais plutot par Ie volume et
la panoplie restreinte de denominations que ces monnayages
fmppees. Ces wmcteristiques
a fortement
douter
aient ete emis dans une perspective commercia Ie. En depit de leur apparence Ie
plus souvent dvique, ils ont plus probablement
servi
a financer
les desseins du pouvoir perse.
A MONNAIE, stricto sensu, apparait en milieu grec, sur Ie sol anatolien, a la charniere des VII' et VI's. (on hesite de nos jours entre c. 630 et c. 585 avo].-C.), en Asie Mineure de 1'Ouest. En tant que tel1e, elle se presente comme un avatar spectaculaire d'une tradition connue au Proche-Orient des Ie debut du III' millenaire : estimer 1'ensemble des biens et des services en reference a une quantite de metal precieux, Ie plus souvent 1'argent. Ce qui est nouveau, c'est l'apposition d'une estampille officielle et, comme G. Le Rider vient de le soutenir, il n'est pas indifferent que cette originalite se soit produite au point de confluence entre Grece et Orient. Les cites grecques, aux faibles ressources, auraient transforrne, en la tournant vers Ie profit pour 1'Etat, une pratique nee et repandue dans le monde tres different des economies rnesopotarniennes. Economies
L
Ci-contre et page suivante. statere d'Aspendos (c. 350 aVo}.-c.)"Deux lutteurs/Frondeur". Bruxelles, Cabinet des Medailles, Fands general, acquis avant 1914 (10,88 g).
Chypre
Sa/amine
paphos lapethos
Ida/ion Ate/iers indetermines de chypre
c. c. c.
520-500 av. 500 av. 500 av.
J.-c.
c. 500 av.
C. 500 av. C. 500 av. de lycie
J.-c. J.-c. J.-c. J.-c. J.-c.
Lycie Phaselis
Ate/ier indetermine
c.
500 av.J.-c.
Lorsque les ateliers de Pamphylie (vers c. 460 av.].-C.) et de Cilicie (vers c. 440 avo].-C., a. moins que ce ne soit une ou deux decennies plus tard) commencent a. ernettre, le phenomene de la production monetaire est depuis un demi-siecle atteste a. l'ouest, en Carie bien sur mais aussi en Lycie (des avant 500 avo].-C., semble-t-il), et, de facon singuliere, a. Chypre (vers c. 500 avo].-C.). Le tableau ci-contre fournit, atelier par atelier, Ie panorama des premieres emissions monetaires pour la zone qui va de la Lycie jusqu'a Chypre.
pamphylie
Aspendos Side
c. 460 av. J.-c. c. 460 ·av. j-c.
C. 420 av.
Pisidie
se/ge Etenna
J.-c.
c. c. c.
350 av.J.-c.
Cilicie
Ke/enderis Tarse 440-430 av. 440-430 av.
solo:
Mal/os
C. 440-425 av.
J.-c. J.-c. J.-c.
c. 440-390 av. j-c. c. 425-390 av j-c.
C. 400 av.
J.-c. J.-c.
Cotler et civique, le phenornene de la frappe monetaire est inconnu plus au nord. De fait, a. l'exception de Selge (qui imitera Aspendos), tous les ateliers sont installes sur la cote ou dans les rares plaines cotieres. En revanche, la Galatie, la Lycaonie et la Cappadoce sont depourvues de tout lieu de production de monnaies a. l'epoque perse. Ceci ne signifie d'ailleurs pas necessairernent que la
c. 380 av J.-c.
c.
380 av.
palatiales fondees sur la perception du tribut et done, comparativement, beaucoup plus generatrices de richesses pour le pouvoir. Nee en Lydie et en Ionie (Sardes, Ephese, Milet), la monnaie va, a. partir de c. 550 avo ].-C., gagner d'autres regions. Le processus de diffusion apparaitra comme rapide ou lent, selon Ie point de vue. On a souvent insiste sur 1a lenteur (environ 150 ans) prise par les cites cornmercantes de Phenicie (Tyr, Sidon, Byblos, Arados alors situees en Transeuphratene, c'est-a-dire la 4' satrapie perse) dont les premieres emissions monetaires ne remontent pas avant c. 450 avo].-C. C'est, a. peu de choses pres et en fonction des ateliers, la situation qui caracterise aussi la Pamphylie-Cilicie. On ne connait pas pour cette region de frappe qui doive etre placee a. l'epcque archaique.
65
Pamphyiie-Cilicie
monnaie y ait ete connue de facon tardive. Pour la Pamphylie-Cilicie, de 1'argent monnaye grec "circulait" (mais dernonetise, a la valeur de son poids probablement) depuis le debut du V's. ainsi que 1'indique un tresor enfoui vers 480 avo ].-C. (ICCH 1177). Celui-ci contenait d'abord des monnaies d'Athenes et d'Egine. De fait, I'argent perse, les sides, est et demeurera rare dans la region. On fera d'ailleurs observer que le milieu du Vv s., date d'apparition du monnayage en Pamphylie-Cilicie, correspond au moment de plus grande efflorescence de 1'empire athenien, et que les villes d'Aspendos et de Kelenderis sont reprises parmi la liste des cites tributaires. Venue done sans precocite particuliere ala monnaie, la zone PamphylieCilicie va se signaler par la production tres abondante de ses ateliers. C'est du moins l'impression qui ressort de l'examen du materiel conserve dans les medailliers prives et publics ainsi que - et ceci est plus probant - celle qui emerge des etudes
Atelier
side - state res (c. 11g - c. 460-410) Side - stateres Side - stuteres
n
86 37
d
0
25 20 43
30,3 44,1
(c. 10,7g - c. 400-375) (c. lO,7g - c. 375-333) (c. 10,5g - c. 420-333)
95 133
64,7
Nagidos - stateres
32
36,9 144,2
Tarse - stateres de pharnabaze
90
60
(c. 10,6g - c. 378-374/3)
Tarse - ststeres de Pharnabaze 129 73 136,0
(c. 10,6g - c. 378-374/3)
Tarse - state res de Tarkumuwa 296 106 139,4
(c. 10,5g - c. 373/2-369/8)
Tarse - state res de Tarkumuwa 73 28 38,1
(c. 10,lg - c. 369/8-361/0)
de coins publiees ace sujet. Le tableau ci-dessus donne pour les ateliers de Side, de Nagidos et de Tarse une serie de totaux exprimes en nombres originels de coins de droit (derniere colonne = D [suivant la formule de Carter 1983]), non sans avoir fourni les nombres d'exernplaires (n) et de coins de droit (d) repris dans les echantillons etudies.
Les nombres originels de coins de droit sont a multiplier par c. 20 000, pense-t-on, pour avoir une idee du nombre d'exemplaires frappes. Cela signifie que Pharnabaze aurait ernis a son nom plus de cinq millions de stateres en quelque cinq annees, Pour ce qui est de la structure des emissions, il est frappant de constater que, partout, la denomination la plus spectaculaire, la plus lourde et +le plus souvent -la plus
Ci-dessus et ci-contre. Statere de Side (c. 350 aVo I.-C.) - "Athena/Apollon". Bruxelles, Cabinet des Medailles, coli. L. de Hirsch, 1.587 (1.0,75g).
0
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20 40 60 80 100 km
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Carte des ateliers monetalres en Asie Mineure et Ii Chypre. Realisation I. Paillet. @ Editions Faton.
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Statere de Celenderis (c. 400-350 aVo I.-C.) - "Ephebe/Bouquetin". Bruxelles, Cabinet des Medailles, coli. L. de Hirsch, 1591 (10,76 g).
frappee est le statere, une grosse monnaie d'argent d'un poids de pres de llg, souvent appelee doubleside tant il est certain que toute cette region se caracterise par l'adoption de l'etalon metrologique perse (side a c. 5,4 g). Si les stateres de c. 10,8 g sont nombreux, la denomination inferieure, Ie side, est presque partout absente de me me que sont rares, voire rarissimes, les divisions
suivantes. En revanche, les ateliers ciliciens se signalent par la frappe diversifiee d'une grande quantite de petites fractions d'argent, d'un poids la plupart du temps inferieur au gram me. La monnaie de bronze n'est pas frappee a l'epoque perse. Ce vide, cette pauvrete de denominations interrnediaires, se rencontre aussi chez les Hecatornnides, soit les satrapes de Carie. II differe sensiblement en revanche du facies preserite par les monnayages des cites d'Asie Mineure occidentale et des monnayages grecs pour lesquels on observe en general une suite plus continue et harmonieuse de denominations. Est-il realiste d'imaginer des lors que ces monnayages aient
s e r v1 aux besoins du commerce (quotidien pour les petites fractions, exterieur pour les stateres) ? Ou faut-il y voir plutot, comme on peut en etre assure dans certains cas, des frappes realisees pour le compte du pouvoir perse, probablement a des fins militaires ? C'est que, si les poids sont perses et que le jeu restreint des denominations complique I'hypothese commerciale, 1'iconographie et les legendes renvoient aux cites. Pour ce qui est de 1'iconographie, il est loisible de marquer une distinction entre les cites de la Cilicie Plane, a l' est, c'est-a -dire cel1es de
Statere frappe par Tarkumuwa assis
a droite/Tarkumuwa
assis
a Tarse (c. 378-374 aVoI.-C.) - "Baaltars a drolte". Bruxelles, Cabinet des
Medailles, coli. L. de Hirsch, 1603 (10.54 g).
68
Statere de Mallos (c. 385 aVo J.-c.) "Heracles terrassant Ie lion de Nemee/Roi des Perses courant Ii droite", Bruxelles, Cabinet des MMailles, (10,46 g). coli. L. de Hirsch, 1594
-
Pamphylie-Cilicie
la grande plaine alluviale du Pyramos, qui mettent volontiers en exergue des themes orientaux (Ahura-Mazda, Baal, Nergal), et celles de Cilicie Trachee, c'est-a-dire montagneuse, a l'ouest, dont les monnaies vehiculent davantage des themes grecs (a commencer par les dieux de son pantheon : Dionysos, Aphrodite, etc.). Cette division iconographique recouperait alors, en la confirm ant, l'observation qui veut que le pouvoir perse ait toujours tenu a controler la region infiniment strategique pour lui de la Cilicie Plane, avec Tarse pour capitale, la OU il aurait laisse ailleurs l'initiative de la frappe aux cites. Pour la Cilicie Plane, plusieurs elements confirment ce scenario. 11semble bien que la frappe y ait ete pour un temps au moins centralisee, Meme si on con teste aujourd'hui l'importance d'une grande revolte des satrapes vers la fin du premier tiers du IV's., les tres volumineuses emissions produites au nom des karanoi (chefs de guerre) Pharnabaze et de Tarkumuwa (qui n'est sans doute pas Datames) ont du repondre a un besoin militaire. Toujours a Tarse, l'utilisation de l'arameen, la langue diplomatique de l'empire perse, va egalement dans le sens d'une forte presence perse. D'autant que, sur les monnaies de Pharnabaze, la Iegende precise qu'il etait (satrape) "de Cilicie". Enfin, mais on a sans doute voulu trop tirer de ce fait lexical, on a depuis longtemps fait observer qu'une serie de legendes presentait de facon exceptionnelle pour le monde grec un genitif singulier (par exemple Nagidikon :"[rnonnaie] nagidienne") la OU l'on eut attendu un genitif pluriel (Nagidean: "[monnaie] des habitants de Nagidos"). De la a voir dans la forme au genitif singulier la marque d'un controle, momentane,
Statere frappe par Mazaios d Tarse (c. 350334 aVo I.-C.) - "Baaltars assis d gauche/Lion devorant un taureau au-dessus d'une double ranqee de murailles". Medailles, Bruxelles, Cabinet des coli. L. de Hirsch, 1606 (10,99 g).
Tetradracbme d'Alexondre "Herocles/Zeus
Ie Grand frappe Ii Torse (c. 32ir319 ov. I.-C.) aetophore". Bruxelles, Cabinet des Medoilles, call. L. de Hirsch, 1082 (17,18 g).
de 1a cite par 1e pouvoir perse, i1 y a un pas que 1'on ne saurait franchir trap gaillardement. En realite, on hesite a trancher trop fermement entre 1es deux hypotheses: 1amilitaire et 1acommerciale. S'agissant des deux ateliers de Pamphy1ie, on s'accorde a faire de Side un etablissernent commercial de premier ordre et d'Aspendos une base nava1e dont 1'uti1isation par 1e pouvoir perse est averee a p1usieurs reprises (en 467 et en 410 avo].-C.). Or, pour differente que soit 1'iconographie, ces deux monnayages frappent surtout par leur similarite : merne etalon (perse), me me utilisation du dia1ecte pamphylien, meme absence de reference visuelle au pouvoir perse. j'hesiterais beaucoup pour ma part a voir dans l' abondance du monnayage produit a Aspendos (avec la encore un vide spectacu1aire entre 1es emissions de plus de 10 g d'argent et celles de moins de 1 g) un signe de 1a prosperite et de 1'importance de 1a cite. L'eventualite que 1'essentiel de ces monnaies ait servi a financer des paiements (militaires ou tributaires) pour 1e compte du pouvoir perse semble beaucoup plus recommandab1e. La situation ne differerait pas grandement de celle observee plus au nord, sur 1es rives meridionales du Pont- Euxin (ateliers de Sinope,
d'Amisos et de Trapezonte). En tout cas, i1 faut etre prepare a l'idee que 1a monnaie, invention "grecque" souvent placee a tort dans une perspective commerciale, a ici, en Pamphylie et plus encore en Ci1icie, d'abord ete une realite au service des Perses. 11 convient donc de rester prudent: l'existence de frappes monetaires pre- hellenistiques ne devrait pas pousser a conclure trap rapidement a une monetarisation de l' economic. Quant a l' aspect civique affiche par 1a1egende et 1'iconographie, i1y a lieu de ne pas 1e tenir trop fermement comme allant de soi. Le lien entre 1e pouvoir royal et 1es
BIBLIOGRAPHIE • CALLATAY,F. (DE) , "Les monnayages ciliciens du premier quart du IV's. avo].-C.", dans O. Casabonne (ed.), Mecanismes et innovations monetaires dans l'Anatolie acbemenide. Numismatique et histoire. Actes de la Table Ronde Internationale d'Istanbul, 22-23 mai 1997, Varia Anatolica 12, Paris, 2000, pp. 93-127, pi. 9-15. • CASABONNE, 0., "Presence et influence perses en Cilicie it l'epoque achemenide. Iconographie et representations", dans R. DESCAT (ed.), L'or perse et l'histoire grecque = REA, 91, 1989, pp. 121-35. • CASABONNE, 0., "Conquete perse et phenomene monetaire : 1'exemple cilicien", dans O. CASABONNE (ed.), Mecanismes et innovations monetaires dans l'Anatolie acbemenide. Numismatique et histoire. Actes de la Table Ronde Internatio-
frappes n'est - on 1'a dit - nulle part aussi fort qu'a Tarse. Ce n'est peutetre pas un hasard des lors si, reutilisant 1es memes responsab1es et graveurs, c'est precisernent a Tarse, c'est-a-dire dans 1'atelier 1e plus fortement associe aux desseins du roi des rois, que, en 332-1 avo ]. -C., Alexandre 1e Grand crea son grand monnayage de tetradrachmes d'argent : 1es"alexandres" qui allaient dominer 1a circulation mondia1e pour plus d'un siecle. •
_ nale d'Istanbul, 22-23 mai 1997, Varia Anatolica 12, Paris, 2000, pp. 21-91, pi. 4-8. • DAVESNE, ., "La circulation monetaire en Cilicie A a l'epoque achemenide", dans R. DESCAT(ed.), Lor perseet l'histoiregrecque= REA, 91, 1989, pp.157-68. • DAVESNE, A., "Remarques sur le developpement des monnaies divisionnaires d'argent en Cilicie", dans O. CASABONNE(ed.), Mecanismes et innovations monetaires dans l'Anatolie acbementde. Numismatique et histoire. Actes de la Table Ronde Internationale d'Istanbul, 22-23 mai 1997, Varia Anatolica 12, Paris, 2000, pp. 153-8. • KRAAy, C. M.,Archaic and Classical Greek Coins, Berkeley-Los Angeles, 1976. • LE RIDER, G., La naissance de fa monnaie. Pratiques monetaires de l'Orient ancien, Paris, 2001.