Un “octobole” de Pyrrhus surfrappé sur un statère de type corinthien. Réflexions sur les masses monnayées par Pyrrhus en or et en argent more

Annali. Istituto Italiano di Numismatica, 47, 2000, p. 189-213, pl. XII-XV.

ISTITUTO ITALIANO DI NUMISMATIC A ANNALI 47 roma nella sede dell ' i stituto 2000 STUDI E DOCUMENTI 7 RlCERCHE DI METROLOGIA MONETALE DI ETA GRECA NICOLA PARISE, Premessa 9 HELENE NlCOLET-PlERRE, Metrologie des monnaies grecques. La Grece centrale et l'Egee aux epoques archa'ique et classique (VL-IV's.) 11 CHRISTOF BOEHRINGER, Aspetto ponderale delle monetazioni greche ellenistiche 77 LlNDA-MARIE GONTHER, Zur Metrologie der Phonizischen Miinzpra- gungen 111 LEANDRE VlLLARONGA, Metrologia de las monedas de la peninsula iberica anteriores al sistema romano 143 lavinio Del monaco, Tra epigrafia e metrologia numismatica. Sici- lia e Magna Grecia 157 MASSIMILIANO VlTIELLO, Metrologia ed epigrafia a Delfi e Delo 169 FRANgoiSE De CallatAy, Un "Octobole" de Pyrrhus surfrappe sur un statere de type corinthien 189 SPUNTI, COMMENTI, RECENSIONI E NOTIZIE 215 I delfini di Olbia: considerazioni storiche ed epigrafiche (M. Nocita), p. 217 - I "delfini" di Apollo. Note sulla prima monetazione di alcu- ne colonie milesie del Ponto Eusino fra VI e IV secolo a.C. (C. Mar- tinelli), p. 231 - La monetazione punica in Sicilia (A. Cutroni Tusa), p. 249 - "Nell'anno dell'euro": dracme, denari, follari e tan (T. Gio- ve), p. 267 UN "OCTOBOLE" DE PYERHUS SURFRAPPE SUR UN STATERE DE TYPE CORINTHIEN. Reflexions sur les masses monnayees par Pyrrhus en or et en argent (Planches XII-XV) Le Cabinet des Medailles de Bruxelles a recemment acquis une monnaie en argent (un soi-disant "octobole") de Pyrrhus emise a Syracuse et clairement surfrappee sur un statere de type corinthien. Cette surfrappe souleve un curieux probleme de metrologie. Elle fournit l'occasion d'etudier de plus pres ce monnayage d"'octoboles" et, par dela celui-ci, de s'interesser aux masses d'or et d'argent monnayees par Pyrrhus. La monnaie se decrit comme suit: Dr.: Tete de Persephone a dr.; la chevelure ondulant librement dans la nuque, elle porte une couronne d'epi, des boucles d'oreille et un collier; dauphin dans le champ g.; grenetis au pourtour. Rev.: ElYPPOY (dans le champ g., de bas en haut) - BASIAEDZ (dans le champ dr., de haut en bas). Athena Promachos debout a g. sur une ligne de terre; brandissant une lance dans la dr. et tenant un bouclier a Phorizontale dans la g., elle est vetue d'un himation et d'un chiton dont les pans flottent librement derriere elle; foudre et A dans le champ int. g.; come d'abondance (?) dans le champ int. dr. Bruxelles, Bibliotheque royale de Belgique, inv. II, 89507 - acquis chez Galerie des Monnaies et Antiquites (Paolucci - Luxembourg), vente 1, 26 sept. 1998, n° 47 (7,83g-23mm-7h: pi. XII, 1 [agrandissements] et 8). Note: Traces de treflage au rev. (on reconnait les lettres E£2Z de la legende BAZIAEQZ dans le champ inf. dr.). 189 FRANgOIS DE CALLATAY Du type surfrappe susbistent assez d'elements pour faire la description suivante: Dr.: Tete d'Athena coiffee du casque corinthien a g.; AI (?) derriere la nuque dans le champ dr. Rev.: Pegase a g. Note: L'orientation des axes est a 4h. On peut ecarter d'emblee une origine syracusaine pour ce pegase. En effet, les quelques emissions de stateres corinthiens frappes a Syracuse representent toujours la tete d'Athena a dr., ce qui n'est pas le cas ici. Le meilleur indice est fourni par la presence des lettres AI derriere la nuque. Peu de varietes de stateres corinthiens satisfont a la triple exigence d'avoir, 1- au droit, la tete d'Athena, tournee a g., 2- au revers, le Pegase egalement reproduit a g. et 3- les lettres AI derriere la nuque. On ajoutera que la tete d'Athena au droit de meme que l'aile et les jambes anterieures du Pegase au revers sont suffisamment bien conserves pour eventuellement permettre la reconnaissance des coins originaux. Bref, nous possedons assez d'elements pour assurer une identification precise. En realite, ce statere ne peut avoir appartenu qu'a une frappe d'Anactorion, en Acarnanie, a Pentree du golfe d'Ambracie. Parmi la liste des varietes etablie par R. Calciati, quelques-unes repondent aux criteres definis (var. 17, 23, 24, 29, 32, 36, 37 et 66). A en juger d'apres les illustrations reunies, le meilleur rapprochement concerne la variete 29, qui se distingue, dans le champ dr. du revers, par les lettres AI et un trepied dans une couronne de laurier1. II parait meme avoir ete emis a l'aide des memes coins que ceux utilises pour 1'exemplaire reproduit par R. Calciati pour sa variete 29/1 (Sic. Or. 1983) {pi. XII, 2 et pi. XII, 3 [Bruxelles, BR, Inv. II, 52764]). Cette variete fait partie d'un groupe que Ton date, assez approximativement, de c. 345-300 av. J.-C. La presence a Syracuse, vers 278-6 av. J.-C.2, d'un statere de ' R. Calciati, Pegasi, II, Mortara 1990, p. 491. 2 La presence de Pyrrhus sur le sol de la Sicile ne dura pas plus de deux ans, de l'automne 278 a l'automne 276 av. J.-C. (voir Diodore, XII, 8,2 et P. LEVEQUE, Pyrrhos, Paris 1957, p. 451-507). 190 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien type corinthien emis a Anactorion dans la seconde moitie du 4C s. est peu surprenante. On date en effet la "veritable invasion" des pegases en Sicile des annees 320 a 280 av. J.-C.5. La figure 64 publiee par R. Calciati temoigne de l'importance relative de l'atelier d'Anactorion au sein de la circulation des pegases en Sicile4. Sur un echantillon de 8 tresors faisant connaitre 3.369 pegases, Anactorion, avec 222 exemplaires, vient en troisieme position, derriere Corinthe (1.953 ex.) et Leucas (430 ex.). Cette nouvelle surfrappe n'apporte pas de surcroit d'information quant a la chronologie des numeraires incrimines. Elle est pourtant, a sa maniere, exceptionnelle et risque bien d'expliquer ce qui avait toujours ete percu comme une anomalie ponderale. Le demontrer demande a present de s'interesser de plus pres a ce monnayage d' "octoboles" au nom de Pyrrhus. Ces monnaies n'ont pas fait jusqu'ici l'objet d'une etude de coins. L'echantillon reunit ici ne peut aucunement pretendre suppleer cette carence. II a pour premiere intention de reunir une serie de poids qui soit representative de la norme ponderale utilisee. II fournit au passage une indication sur le systeme, complexe, de marquage ainsi - voila l'autre motivation principale - qu'une idee sur le volume. II n'a pas ete accorde d'attention particuliere a l'etablissement de la sequence des varietes en fonction de l'usure des coins ou de la proximite des styles. ' R. Calciati, 1990, (cit. n. 1), p. 689-90 (c'est alors que furent enfouis 39 des 62 tresors siciliens connus pour avoir contenu des pegases; ces 39 tresors font connaitre 14.763 pegases). 4II est a noter que - phenomene singulier - la plupart (10 sur 12) des surfrappes de pegases d'Anactorion l'ont ete sur des stateres de Locres (Tete de Zeus a g. au droit/ Aigle saisissant un lievre dans ses serres a g. au revers) (voir R. calciati, 1990, II, p. 648-50, n° 35-46). 191 FRANgOIS DE CALLATAY Type A- Persephone A dr. Abeille au dr.; foudre (dans le champ g.) au rev. Dl Rl a-Cambridge, McClean Coll. 5167 (5,68g-10h-22mm). b-Paris, SNG Delepierre 1193 (5,41g-3h). c- Paris, BN, coll. H. de Luynes 1903 (5,50g: pi. XII, 4). Etoile au dr.; foudre (dans le champ g.) au rev. D2 Rl a- Londres, BMC 9 (5,5 8g). b-M&M, 54, 26 oct. 1978, 133 (5,39g: pi. XII, 5) = Sotheby (New York), 21-2 juin 1990 (coll. Hunt), 404 (5,39g-6h). D2 R2 a- SNG ANS 832 (5,56g-9h) (etoile hors flan). b-Coll. Pozzi 2988 (5,54g) = Naville, 1, 1921, 1288 = Naville, 17, 1934, 447 = SNG Lockett 1652 (5,54g-7h) = W. GlESECKE, Sicilia Numismatica, Leipzig 1923, pi. 23, 6. Casque au dr.; foudre (dans le champ g.) et come d'abondance (dans le champ dr.) au rev. D3 R3 a- Winterthur 1786 (5,58g-6h: pi. XII, 6). Amphore au dr.; foudre (dans le champ g.) et come d'abondance (dans le champ dr.) au rev. D4 R4 a- Londres, BMC 11 (5,68g [surfrappe sur un pegase ?] - voir Ch. SELTMAN, Greek Coins, Londres 1933, pi. LX, 12: pi. XII, 7). N.B. II existe des faux de Christodoulos pour cette variete (voir J. SVORONOS, JIAN, 20, 1920, p. 105, pi. G, 196). Dauphin au dr.; foudre (dans le champ g.) et come d'abondance (dans le champ dr.) au rev. D5 R5 a- New York, SNG ANS 831 (4,98g-7h). b-Paris, SNG Delepierre 1192 (5,24g-3h). D6 R6 a- Bruxelles, BR, II, 89507 (7,83g-23mm-7h [surfrappee]: pi. XII, 8). D6 R7 a-Naville, 12, 18-23 juin 1926, 1322 (5,81g-20mm). ? ? - Londres, BMC 10 (5,54g). Dauphin au dr.; foudre et come d'abondance (dans le champ g.) au rev. D5 R8 a- Copenhague, SNG Copenhague 92 (5,67g-12h). 192 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien Come d'abondance au dr.; foudre (dans le champ g.) au rev. D7 R9 a- Coll. A. S. Dewing 1439 (5,46g-lh). Come d'abondance au dr.; foudre et grappe de raisins (dans le champ g.) au rev. D7 RIO a- SNG Lloyd 1530 (5,56g-3h). Come d'abondance au dr.; foudre et E (dans le champ g.) au rev. D7 Rll a-Vinchon, 11-3 avr. 1988, 398 (5,54g) (le revers est identique a celui de SNG Lloyd 1530; seul le monogramme a ete regrave: pi. XII, 9). Come d'abondance au dr.; foudre (dans le champ g.) et monogramme EU (dans le champ dr.) au rev. ? ? - Londres, BMC 16 (5,47g). Grappe de raisins au dr.; foudre et A (dans le champ g.) et come d'abondance (dans le champ dr.) au rev. D8 R12 a- Cambridge, SNG Fitzwilliam 1375 (5,59g-5h) = Sotheby, 1844,1377. b-Coll. H. Weber 3015 (5,50g) = Naville, 4, 1922, 529 (5,50g-21mm) = Cahn, 60, 2 juil. 1928, 501 (5,57g). D8 R13 a- New York, SNG ANS 830 (5,36g-2h). ? ? - Londres, BMC 12 (5,61g). Grappe de raisins au dr.; foudre et E (dans le champ g.) au rev. D8 R14 a- SNG Lockett 1653 (5,57g-6h) = Naville, 12, 18-23 oct. 1926, 1323 (5,57g-20mm:p/. XII, 10). b-Numismatica Genevensis, 1, 27 nov. 2000, 54 (5,66g-5h). Couronne de chene au dr.; foudre (dans le champ g.) et E (dans le champ dr.) au rev. D9 R15 a- Coll. Pozzi 2989 (5,53g). D9 R16 a- Coll. R.Jameson 1129 (5,62g: pi. XII, 11). ? ? - Londres, BMC 13 (5,5 Ig). Foudre au dr.; foudre (dans le champ g.) au rev. D10 R17 a- Bruxelles, BR, coll. A. du Chastel 150 (5,63g-12h: pi. XII, 12). b-Norman Davis Coll., 59 (5,49g-3h). Foudre au dr.; foudre (dans le champ g.) et E (dans le champ dr.) au rev. Dll R18 a- Bruxelles, BR, coll. L. deHirsch 1188 (5,63g-3h:/>/. XII, 13). ? ? - Londres, BMC 14 (5,60g). 193 FRANQOIS DE CALLATAY Rose au dr.; foudre (dans le champ g.) et E (dans le champ dr.) ? ? - Londres, BMC 15 (5,60g). Protome de Pc'gase au dr.; foudre et E [monogramme ET] (dans le champ g.) au rev. D12 R19 a- Bruxelles, BR, coll. L. de Hirsch 1189 (5,51g-llh: pi. XIII, 14). b-New York, SNG ANS 833 (5,58g-9h). ? ? - Londres, BMC 17 (5,64g). Protome de Pegasc au dr.; foudre (dans le champ g.) et E (dans le champ dr.) au rev. D12 R20 a-SNG Lloyd 1531 (5,57g-5h). b-J. Hirsch, 20, 13 nov. 1907(coll. Hoskier), 283 (5,52g-19,5mm). Trident au dr.; X et foudre (dans le champ g.) au rev. D13 R21 a- Auctiones, 11,30 sept.-l oct. 1980, 66 (5,05g: pi. XIII, 15). Type B- Persephone A g. Torche au dr.; etoile (dans le champ sup. g.) et foudre (dans le champ inf. g.) et B (dans le champ dr.) au rev. D14 R22 a-Auctiones, 22, 16-7 juin 1992, 156 (5,35g: pi. XIII, 16) = Sotheby's (Zurich), 27-8 oct. 1993 (coll. Hunt), 518 (5,35g-lh). Torche au dr.; foudre et etoile (dans le champ g.) et D (dans le champ dr.) au rev. D14 R23 a- Cambridge, McClean 5166, pi. 188, 7 (5,68g). b-Paris, BN, coll. H. de Luynes 1900 (5,66g). Torche au dr.; foudre et etoile (dans le champ g.) et E [monogramme ET] (dans le champ dr.) au rev. D14 R24 a-Copenhague, SNG Copenhague 93 - Lambros 1888 (5,27g-6h). b-J. Hirsch, 13, 15 mai 1905, 1545 (5,6g-21,5mm). ? ? - Londres, BMC 18 (5,70g). Torche au dr. D15 R25 a- Paris, BN, coll. H. de Luynes 1901 (5,60g: pi. XIII, 17) = coll. Dupre. 194 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien Pavot au dr. D16 R26 a-Coll. Jameson 1130 (5,69g). D16 R27 a- Naville, 4, 1922, 530 (5,24g). D16 R28 a- Bruxelles, BR, acquis en 1911 (5,43g-19mm-10h: pi XIII, 18). A et autel au dr. D17 R28 a- Coll. Weber 3016 - Dr Diruf 1892 (5,44g). b-Coll. E. P. Warren 736 (5,70g-20mm). c- SNG Lloyd 1532 (5,71g-llh). d-Vinchon, 11-3 avr. 1988, 399 (4,98g). D17 R29 a-Cambridge, McClean coll. 5168 (5,64g-10h-20>5mm). b-Lanz, 34, 25 nov. 1985, 225 (llh: pi. XIII, 19). D17 R30 a- Glasgow, Hunterian coll., p. 13, 3 (84gr. = 5,44g). b-Naville, 12, 18-23 oct. 1926, 1324 (5,68g-18mm) D17 R31 a- Copenhague, SNG Copenhague 94 (5,55g-10h). D17 R32 a- New York, SNG ANS 828 (5,63g-3h). A au dr. D18 R33 a-Cambridge, McClean coll. 5169 (5,14g-6h-20mm:/?/. XIII 20). Indetermine au dr. D19 R34 a-New York, SNG ANS 829(5,53g-7h). Comme les donnees fournies par ce catalogue l'indiquent, l'orientation des axes de ce monnayage semble avoir ete parfaitement aleatoire, ce qui ne saurait surprendre5: Orientation des axes lh XX 7h XXX 2h X 8h 3h xxxxxx 9h XX 4h lOh XXX 5h XX llh XXX 6h xxxx 12h XX ' F. DE CALLATAY, Les monnaies grecques el I'orientation des axes, Milan 1996, p. 33-4 et 53. 195 franqois de callatay II y a beaucoup plus a tirer de l'etude des poids et de l'histogramme qu'il est permis de construire a partir de ces memes donnees: Metrologie [7,80-9g] 3 (exemplaire surfrappe de Bruxelles) [5,90-9g] [5,80-9g] 1 [5,70-9g] 001 [5,60-9g] 0000123334466788889 [5,50-9g] 001123444566778889 [5,40-9g] 144679 C5,30-9g] 569 [5,20-9g] 447 [5,10-9g] - [5,0O-9g] 5 [4,90-9g] 88 n = 57 mode = [5,60-9g] mediane = 5,57g6 esp. inter. = [5,48-64g] (soit une etendue de c. 0,17 Avec ses 7,83g, l'exemplaire acquis par le medaillier de Bruxelles est clairement hors categoric Pesant plus de 2g au-dessus de l'exemplaire le plus lourd connu par ailleurs (7,83g contre 5,81g), il constitue une exception qui - c'est ma conviction - nous met sur la voie de la vraie nature de ces "octoboles". Car, en effet, l'hypothese que ces monnaies aient ete des octoboles, hypothese formulee par B. V. Head en 1874 sur une base purement multiplicative des poids (8 x 0,73g = 5,84g), n'a jamais convaincu la communaute scientifique7. M.B. Borba Florenzano a dresse naguere l'etat de la question8. Apres avoir passe en 6 A partir de 78 exemplaires, W. Giesecke obtenait un poids moyen (et non median) de5,53g {Sicilia Numismatica, Leipzig 1923). 7 b.V. head, "On the chronological sequence of the coins of Syracuse", dans NC, n. s. 14 (1874), p. 58-60. * m.b. borba florenzano, "The Coinage of Pyrrhus in Sicily: Evidence of a Political Project", dans T. hackens et alii (ed.), The Age of Pyrrhus, Archaeologia 196 UN"OCTOBOLE" DE PYRRHUS SUR UN STATERE DE TYPE CORINTHIEN revue les hypotheses formulees dans le passe et aujourd'hui ruinees, elle se propose pour sa part de replacer ce monnayage dans la perspective de l'etalon attique - ce sur quoi Ton ne saurait lui donner tort - pour imaginer un scenario subtil (trop subtil) ou ces 1/3 de tetradrachmes de poids attique done (17,3g / 3 = 5,77g), frappes sur flan large, n'auraient, aux yeux des mercenaires du condottiere epirote, pas loin d'avoir ete confondus avec les didrachmes de poids reduit emis par Tarente (c. 6,6g) ou meme les pegases que ces soldats etaient habitues a recevoir en paiement. Elle conclut sur une note qui, pour ajouter a la complexite de son interpretation, me parait grosse de la veritable explication: "At the same time, this iveight was conveniently lower — 5.6g - so that more coins could be minted out of the same quantity of silver '"'. Je ne crois pas que les mercenaires se soient jamais laisses abuser par une similitude de diametre des lors qu'il leur manquait une quantite appreciable d'argent (plus de 2,5g par piece pour ce qui est des pegases). Je croirais volontiers en revanche que ces "octoboles" ont, dans la pratique, ete mis en circulation a un cours force. Cette supposition, qui eut pu etre faite auparavant, recoit aujourd'hui, avec la surfrappe de Bruxelles, un element non-negligeable de confirmation. Sauf a croire - ce qui ne peut etre definitivement ecarte mais paraitra neanmoins irrealiste - que les responsables de la frappe n'aient eu aucun souci des realites economiques, Ton n'explique pas autrement d'avoir choisi pour flan une monnaie qui excede a ce point la norme prescrite1". Aussi, plaiderais-je pour y voir des didrachmes de poids attique emis dans un contexte particulier de guerre, a un moment ou Pyrrhus procede a ses seules emissions d'or. Cette interpretation, si elle est la bonne, modifie, a la baisse, la perception que l'historien peut avoir des ressources dont Pyrrhus disposait. Avant de livrer quelques reflexions generates autant que quantitatives sur les monnayages d'or et d'argent emis par Pyrrhus, je Transatlantic^ XI, Providence/Louvain-la-Neuve 1992, p. 218-9. Sur ces questions d'etalons ponderaux, voir aussi le developpement donne par P. leveque, 1957 (cit. n. 2), p. 464-74. ' M.B. Borba Florenzano, 1992, p. 219. '" II s'agit tout de meme d'un excedent de poids de plus de 40% par rapport au poids median de 5,57g ! 197 franqois de callatay voudrais dire quelques mots sur le systeme complexe de marquage des varietes qui constituent ce monnayage d"'octoboles". Comme l'a bien note M. B. Borba Florenzano, l'attribution syracusaine de ce monnayage repose a la fois sur l'iconographie (tete de Persephone reprise au monnayage d'Agathocle) et sur les marques (symboles, lettres et monogrammes) qui le caracterisent. Ces marques sont, pour une part, communes avec celles qui se rencontrent sur Tor, lui aussi frappe - pense-t-on - a Syracuse11. U faut sans doute inclure dans la description du type lui-meme la presence d'un foudre dans le champ du revers, des lors que cette presence est systematique pour le type A (Persephone a dr.). Le tableau qui en resulte ressemble a celui publie par M.B. Borba Florenzano (1992, p. 214): Au droit (derriere la nuque) Au revers (champ g.) (champ dr.) Type A (Persephone a dr.) Abeille Etoile Amphore Casque Dauphin Dauphin Corne d'abondance Corne d'abondance Couronne de chene Foudre Foudre Grappe de raisins Grappe de raisins Protome de Pegase Protome de Pegase Trident X corne d'abondance grappe de raisins E (= TE ?) A E E (= TE ?) E E corne d'abondance E corne d'abondance corne d'abondance corne d'abondance M.B. Borba Florenzano, 1992 (cit. n. 8), p. 214 et 216. 198 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien Type B (Persephone a g.) Torche Torche Torche Torche Pavot Autel etoile etoile etoile B A E (= TE ?) Les divergences avec le tableau de M.B. Borba Florenzano ne doivent pas trop nous retenir ici12. On est davantage porte a etre attentif a ce qui semble distinguer ce monnayage du systeme de marquage pratique plus generalement a cette epoque. Je vois trois types de parti cularites: 1) le marquage principal figure au droit et non au revers des monnaies (le phenomene est general s'agissant des monnayages au nom de Pyrrhus), 2) la plupart des varietes presentent 2 marques et l'une d'entre elles en presente meme 3, ce qui est considerable, 3) rien qu'au droit, on observe un minimum de 14 symboles differents (un corpus plus pousse amenerait sans doute a augmenter ce nombre), utilise - rappelons-le - sur une periode maximale de deux annees. Pour M.B. Borba Florenzano, le temps est a la fois trop court et les marques trop nombreuses pour renvoyer a des personnes (1992, p. 216)'\ En faire des "marques d'emission" n'est malheureusement ni plus precis ni plus eclairant. Sans se prononcer de savoir qui se cachent derriere ou que recouvrent ces marques, on est fonde a y voir la mise en ceuvre d'un systeme pousse de controle. Et cette caracteristique, elle encore, ne parait pas en desaccord avec l'existence d'un cours force. 12 Elles proviennent tant de la nature du materiel rassemble que de la lecture de celui-ci. " On n'est pas tenu de suivre l'auteur sur ce point. Dans une contribution a paraitre, je crois avoir indique comment les didrachmes des Ainianes, en Thessalie, attestent une longue suite de noms propres alors que leur frappe n'a pas couvert une longue periode de temps (F. de callatay, "Le monnayage d'argent au type d'Athena Parthenos emis au nom des Ainianes", dans Thessalian coinages, Volos, 25-27 May 2001, a paraitre). Les tetradrachmes a la couronne de feuillage emis a Myrina vers le milieu du T s. fournissent un autre exemple de ce type (K.s. sacks, "The Wreathed Coins of Aeolian Myrina", dans ANSMN, 30 (1985), p. 1^3, pi. 1-22 [surtout p. 16-8]). 199 FRANQOIS DE CALLATAY Reflexions sur le monnayage de Pyrrhus Assez etonnamment, le monnayage de Pyrrhus, pourtant si spectaculaire, n'a depuis longtemps que peu retenu l'attention des specialistes'\ En tout cas, la part publiee de ces travaux ne repond pas aux exigences de la numismatique moderne. II n'existe dans la litterature publiee ni etude de coins, ni etude de poids, ni etude de la circulation. Le traitement le plus substantiel reste celui - d'une tres grande faiblesse — propose pour les tetradrachmes et les didrachmes d'argent a la fin des annees 1950 par Jean Babelon, lequel ne depasse pas a la verite l'etude de l'iconographie mise au service de generalites historiques assez floues15. Du reste, d'une facon generale, le peu que Ton a ecrit sur les monnaies de Pyrrhus privilegie les problemes de propagande monetaire16. S'agissant des monnayages de Pyrrhus, le meilleur des recherches est a chercher ailleurs. On sait que Tony Hackens, plus qu'un autre sans doute, s'etait interesse de pres a la facon dont se sont articulees guerres et frappes monetaires a l'epoque hellenistique. Avec la largeur de vue qui le caracterisait, il a concu un programme de recherches visant a etudier les moments les plus favorables a son propos. Une serie d'etudiants ont ceuvre dans ce sens. Parmi ces moments, on trouve la deuxieme guerre punique et les guerres mithridatiques, qui tous deux ont fait l'objet de theses de doctorat publiees. Les guerres pyrrhiques constituent une autre periode favorable. II en est resulte deux travaux universitaires: un memoire de licence tout d'abord, presente en '* Ce monnayage avait pourtant fait l'objet, de tres bonne heure, d'un important memoire par M. RAOUL-ROCHETTE, "Memoire sur les medailles siciliennes de Pyrrhos, roi d'Epire", dans Memoires de I'Institut royal de France, 14 (2), 1845, p. 234-304 (communication lue le 16 decembre 1831). "J. BABELON, "Les didrachmes de Pyrrhus aux types d'Achille et de Thetis", dans Actes du Congres International de Numismatique, Paris, 6-11 juillet 1953, II, Paris 1957, p. 97-109 et Id., "Le roi Pyrrhos", dans H. INGOLT (ed.), Centennial Publication of the American Numismatic Society, New York 1958, p. 53-71. Voir aussi la presentation du materiel dans P. LEVEQUE, Pyrrhos, (cit. n. 2), p. 691-8 (Appendice IV: Numismatique de Pyrrhos). "' Voir aussi M. FLOWER, "Alexander the Great as a Pyrrhus coin type", dans Seahy's Coin & Medal Bulletin, 680 (4), avril 1975, p. 117-9 (qui croit reconnaltre, de facon plus qu'hasardeuse, les traits d'Alexandre sous ceux d'Heracles - que n'a-t-on ecrit a ce sujet ! - sur certains bronzes syracusains de Pyrrhus). 200 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien 1983 devant l'Universite de Louvain-la-Neuve ou enseignait Tony Hackens (Francine LECOMTE, Etude du monnayage en or de Pyrrhus et de son type de revers: la nike tropeophore). Ce memoire contient une etude de coins des stateres {pi XIII, 21: Bruxelles, BR, coll. de Hirsch 1184) et des hemistateres (pi. XIII, 22: Bruxelles, BR, coll. de Hirsch, 1185) de Pyrrhus. Une these de doctorat ensuite, presentee en 1987 devant l'Universite de Sao Paulo par Maria Beatriz borba florenzano: Cunhagens e circulaqao monetdria na Magna Grecia e Sitilia durante a expedigdo de Vino. Si cette these demeure aujourd'hui encore inedite, M. B. Borba Florenzano a fait connaitre un article de synthese publie dans les actes d'une conference intitulee The Age of Pyrrhus. Conference organisee a l'instigation de Tony Hackens a Brown University (Providence - RI) en compagnie de son ami Ross Holloway17. On ne semble pas s'etre interesse jusqu'ici a ce qu'a pu representer le monnayage d'or et d'argent de Pyrrhus en termes de masse monnayee18. Dans le but de se former une idee des volumes de metaux precieux monnayes par Pyrrhus en Grande-Grece et en Sicile, j'ai ete amene a reunir un certain materiel concernant, outre les "octoboles", les monnayages pour lesquels je n'avais pas connaissance d'une quelconque etude de coins, soit les tetradrachmes et les didrachmes. Comme pour les frappes en or (etude de F. Lecomte), le materiel rassemble, en depit de ses lacunes certaines, offre un indice "nombre d'exemplaires / nombre de coins de droit" tres satisfaisant, superieur a 6, ce qui devrait garantir la qualite de l'echantillon'''. On trouvera ci-apres l'etude de coins pour ces deux denominations, suivie, a chaque fois, des donnees relatives au poids et a l'orientation des axes. 17 M.B. Borba Florenzano, 1992 {at. n. 8), p. 207-23. '* Le propos suivant est un bon temoignage de l'imprecision liee a ces questions: "Les besoins de tresorerie du roi, dans les circonstances que nous pouvons imaginer, au debut de sa campagne d'ltalie, exigcaient I'emission d'un numeraire tres abondant, et la production en fut hdtee par tous les moyens", voir J. babelon, 19.58 (cit. n. 15), p. 60). " Reste le probleme de la repiesentativite des monnaies recuperees par rapport a celles emises. 201 FRANCOIS DE CALLATAY Tetradrachmes20 Dr.: Tete barbue de Zeus Naios a dr., ceinte d'une couronne de chene. Grenetis au pourtour. Rv.: BAZIAEQZ (dans le champ dr., de haut en bas) - FIYPPOY (dans le champ g., de haut en bas). Dione, sur une ligne de terre, assise a g. sur un trone a haut dossier. Coiffee d'un kalathos et vetue d'un long chiton, elle tient dans la dr. un sceptre qui passe obliquement derriere son epaule dr. Dl Rl a-J. Hirsch, 34, 5 mai 1914, 315 (16,80g-30mm). Dl R2 a-J. Hirsch, 29, 11 nov. 1907, 347 (17,05g-28mm) = Leu, 2, 25 avr. 1972, 181 (17,07g-7h: pi. XIII, 23) = MM, 53, 29 nov. 1977,70 (17,06g). b-Naville, 13, 27-9 juin 1928, 716 (17,06g-31mm). D2 (A) R2 a-J. Hirsch, 14, 27 nov. 1905, 344 (16,6g-29mm). D2 R3 a- Bruxelles, BR, coll. A. du Chastel219 (16,45g-llh-29mm: pi. XIII, 24). D2 R4 a- Sotheby, 28-31 mai 1900 (coll. du Chastel), 264 (ex coll. Carfrae, 145) = coll. E.P. Warren, 735 (16,98g-31mm) = Boston, MFA, 944 (16,98g-31mm). b-Naville, 17, 1934, 446 (16,43g-30mm). D2 R5 a-Coll. Pozzi 2987 (16,52g) = Naville, 1, avr. 1921 (coll. Pozzi), 1287 = SNG Lockett 1650 (16,52g-8h). D2 R6 a-J. Hirsch, 18, 1907, 2350 (Tresor de Gerace) = Naville, 6, 1924 (coll. Bement), 972 (17,05g-32,5mm) = SNG Lloyd 656 (17,06g-6h) = W. GlESECKE, Sicilia Numismatica, Leipzig, 1923, pi. 23,4. b-Auctiones, 24, 23^ juin 1994, 184 (16,37g: pi. XIII, 25). D2 R7 a-Paris, BN, 295 (17g-voirJ. BABELON, 1958, pi. VII, 3). b-Lanz, 38, 24 nov. 1986, 254 (15,86g-8h: pi. XIII, 26). D3 R8 (A) a- Paris, BN, coll. H. de Luynes 1898 - acquis de Carelli (16,61g - voir J. BABELON, 1958, pi. VII, 1). b-Leu & MM, 28 mai 1974 (coll. Gillet), 239 (16,76g-12h) = Leu, 38, 13 mai 1986, 80 (16,76g-12h: pi. XIII, 27). c- Coll. Walcher de Moltheim, 1299 (16,00g-31mm)2'. 2" Sur Zeus dodoneen ou Naios, voir P.R. franke, "Das Taubenorakel zu Dodona und die Eiche als der heilige Baum des Zeus Naios", dans MDAI(A), 71 (1), 1956, p. 60-65. 21 Le coin de droit parait avoir ete regrave. 202 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien D3 R9 a-J. Hirsch, 21, 16 nov. 1908 (coll. E. Fr. Weber), 1446 (16,60g-28mm) = Miinzhandlung, 10, 15 mars 1938, 235 (16,60g). D3 RIO (A) a-Cambridge, SNG Fitzwilliam 1373 (16,36g-12h) = Sotheby, 6-7 mai 1895 (coll. Ashburnam), 108 (253gr. = 16,39g). D3 Rll (A) a- Leu & MM, 3-4 dec. 1965 (coll. W. Niggeler), 268 (16,68g). b-Auctiones,23, 17-8 juin 1993, 90 (16,14g). D3 R12 (A) a-Londres.BM, BMC 6 (16,71g-30mm-voir G.K.JENKINS, Ancient Greek Coins, 2° ed., Londres 1990, p. 146, n° 392). D3 R13 (A)a-J. Hirsch, 13, 15 mai 1905 (coll. Rhousopoulos), 1543 (16,94g-31mm) = Coll. Jameson 1127 (16,95g). b-J. Hirsch, 26, 23-4 mai 1910, 495 (16,76g-30mm) = J. Hirsch, 31, 6 mai 1912, 289 (16,76g-30mm) = Naville, 10, 15-8 juin 1925,533 (16,71g-33mm: trouvaille de "Cacace" [sic!]) = Naville, 16, 3 juil. 1933, 1134 (16,71g-31mm). D3 Rl4(A)a-J. Hirsch, 29, 9 nov. 1910 (coll. Lambros), 380 (16,66g-29mm). D3 R15 a-Bruxelles, BR, coll. L. de Hirsch 1186 (16,37g-llh-31,2mm:p/. XIV, 28). b-Copenhague, SNG Copenhague 91 - Gerace (16,63g-12h: voir E.J. SELTMAN, 1912, p. 1). c-J. Hirsch, 14, 27 nov. 1905, 343 (17g-31mm) = Naville, 15, 1930, 644 (16,99g-30mm). d-J. Hirsch, 25, 29 nov. 1909 (coll. Philipsen), 769 (16,76g-29mm) = J. Hirsch, 30, 11 mai 1911, 488 (16,80g-30mm). D3 R16 a- Sotheby, 23-8 mars 1896 (coll. Montagu), 328 (259,5gr. = 16,81g) = Coll. H. Weber 3014 (16,82g-28mm) = Coll. Locker Lampson, 187 (16,82g-30mm). b-J. Hirsch, 16, 6 dec. 1906, 411 (16,66g-29mm). c-J. Hirsch, 33, 17 nov. 1913, 696 (16,20g-29,5mm). D3 R17 a- Hess-Leu, 7 avr. 1960, 163 (16,82g-9h) = Leu, 13, 29-30 avr. 1975, 148 (16,80g-9h). D4 R18 a-Cambridge, McClean coll. 5164 (17,05g-10h-30,5mm:/?/. XIV, 29) = Sotheby, 1895 (Ashburnam), 106. Foudre (dans le champ dr.) D5 R12 (A) a- Paris, BN, 296 (16,37g - voir J. babelon, 1958, pi. VII, 2: pi. XIV, 30). 203 FRANgOIS DE CALLATAY Faux Les tetradrachmes de Pyrrhus ont fait l'objet de falsifications modernes, dont plusieurs de qualite. II existe un faux fameux de Becker, qui ajoute un foudre aile derriere la nuque du Zeus (pi. XIV, 31 [epreuve en plomb - Bruxelles, BR]: voir G. HlLL, 1922, I, p. 66, pi. IV, 57. Pour un exemplaire passe en vente: J. Hirsch, 14, 27 nov. 1905, 345 [16,36g-30,5mm] = coll. vicomte de Sartiges, 232. Voir egalement celui reproduit dans Bulletin on Countefeits, 17 (2), 1992/3, p. 22-3, 3a [16,45g]). On attribue aux " Galvano Boys " un faux dangereux, moule et retravaille d'apres l'exemplaire de Londres (D3-R12: voir Bulletin on Countefeits, 17 (2), 1992/3, n° la [16,50g] et lb [17,07g]). U faut ranger definitivement parmi les falsifications le tetradrachme cense avoir ete retrouve a San Andres de Llavaneras (province de Barcelone) et que nul n'a condamne jusqu'ici (voir J. amoros, " Bustos y monedas de Pirro ", dans Archivio Espanol de Arqueologid, 79, 1950, p. 121-5, J. babelon, 1957 (cit. n. 15), p. 101 et P. leveque, 1957 (cit. n. 2), p. 693-4 et pi. VI, 7: pi. XIV, 32). II s'agit d'un hybride presentant au droit le portrait de Philetaire et au revers le type de Dione des tetradrachmes de Pyrrhus. Le Cabinet des Medailles de Bruxelles possede le pendant exact de cette fantaisie, a savoir une reproduction de tetradrachme unissant le type du droit des monnaies de Pyrrhus au type de revers de celles de Philetaire (pi. XIV, 33: Bruxelles, Bibliotheque royale de Belgique, coll. de faux, sans n° d'inventaire: ll,14g-12h-30mm). On mentionnera encore deux faux assez grossierement moules, dont l'un, en argent, sur l'exemplaire de Paris, BN, 295 {pi. XIV, 34: Bruxelles, Bibliotheque royale de Belgique, coll. de faux: inv. II 29.245 [don P. Tinchant] - 18,50g-3h-30mm) et l'autre, en bronze et tres deforme, sur les coins D3 (pi. XIV, 35: Bruxelles, Bibliotheque royale de Belgique, coll. de faux: 14,79g-8h-28mm). 204 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien Metrologie [17,10-9g] [17,00-9g] 05666 [16,90-9g] 589 [16 80-9g] 00026 [16,70-9e] 116 [16,60-9g] 0013668 [16,5 0-9g] 2 [16,40-9g] 35 [16,3 0-9g] 677 [16,20-9g] 0 [16,10-9g] 4 [16,00-9g] 0 n = 32 mode = [16,60-9g] mediane = 16,69g esp. inter. = [16,49-91g] (soit une etendue de c. 0,43g) Orientation des axes lh 7h - 2h 8h XX 3h 9h X 4h lOh X 5h llh XX 6h 12h XXX 205 FRANCOIS de CALLATAY Didrachmes22 Dr.: Tete d'Achille a g., coiffe d'un casque a cimier et visiere dont la calotte est decoree d'un griffon. Grenetis au pourtour. Rv.: BAZIAEQS (dans le champ sup., de g. a dr.) - EIYPPOY (dans le champ inf., de g. a dr.). Thetis assise a g. sur un hippocampe a dr. La tete couverte d'un voile, elle est vetue d'une longue robe serree. Elle tient dans la dr. un bouclier rond ornee d'un gorgoneion. Dl Rl a- Cambridge, McClean coll. 5165 (8,41g-3h-24,5mm: pi. XV, 36). b-Paris, BN (voir J. BABELON, 1958, pi. VII, 7). c-Paris, BN, coll. H. de Luynes 1899 (8,40g - voir J. BABELON, 1958, pi. VII, 8). d-J. Hirsch, 25, 29 nov. 1909 (coll. Philipsen), 770 (8,39g-23mm) = Naville, 4, 1922, 528 (8,39g) = SNG Lockett 1651 (8,39g-3h). D2 (A) R2 a- Bruxelles, BR, coll. L. de Hirsch 1187 (8,47g-5h-24,2mm: pi. XV, 37). b- Londres, BM, BMC 8 - IGCH 1972: tresor de Gerace 1838 (8,42g-24mm - voir G.K. JENKINS, Ancient Greek Coins, T ed., Londres, 1990, p. 146, n° 393). c- Paris, BN (voir J. BABELON, 1958, pi. VII, 9). d-Coll. F. Imhoof-Blumer (8,56g-24mm - voir F. IMHOOF-BLUMER, Monnaies grecques, Amsterdam, 1883, p. 142, n° 47, pi. D, n° 16). e- Sotheby, 5 mai 1898 (coll. Whitehead), 17. f— Coll. Locker Lampson, 188 - acquis de Ionides (8,47g) ~ SNG Lloyd 657 (8,48g-12h). g-Coll. Jameson 1128 (8,40g) = W. GlESECKE, Sicilia Numismatica, Leipzig, 1923, pi. 23, 5b. D2 (A) R3 a- J. Hirsch, 24,16 nov. 1908 (coll. E. Fr. Weber), 1447 (7,95g- 24mm) = Naville, 12, 18-23 oct. 1926, 1321 (7,98g-24mm) = Lanz, 34, 25 nov. 1985,224 (8,0g-lh: pi. XV, 38). N.B.: II existe des faux de Christodoulos qui recopie D2 (voir J. SvORONOS, JIAN, 20, 1920, p. 105, pi. G, 195). 22 Pour la description et l'interpretation du type, voir - avec d'importantes reserves toutefois - J. babelon, 1957 (cit. n. 15). L'identification d'Achille au droit, seduisante sans que Ton puisse la tenir pour certaine pour autant, est due a M. raoul-rochette, 1845 (cit. n. 14), p. 237^1. 206 UN"OCTOBOLE" DE PYRRHUS SUR UN STATERE DE TYPE CORINTHIEN Metrologie [8,50-9g] 6 [8,40-9g] 001277 [8,30-9g] 9 [8,20-9g] [8,10-9g] [8,00-9g] [7,90-9g] 8 [7,80-9g] n = mode = mediane = 9 [8,40-9g] 8,4 lg Orientation des axes lh X 7h 2h - 8h 3h XX 9h 4h - lOh 5h X llh 6h - 12h X Les tetradrachmes et les didrachmes emis au nom de Pyrrhus sont des monnaies rares et spectaculaires dont on situe la frappe dans l'atelier de Locres Epizephyrienne. Deux raisons y poussent en effet: 1-La remarquable similitude de gravure entre le Zeus dodoneen au droit des tetradrachmes de Pyrrhus et le Zeus reproduit au droit des didrachmes frappes par les Locreens, lesquels representent au revers la Foi (niETIZ) couronnant Rome (P£2MA) (pi. XV, 39: Bruxelles, BR, coll. L. de Hirsch, 236). 2-La decouverte a Gerace en Calabre, soit sur le site meme de l'ancienne Locres Epizephyrienne, de plusieurs trouvailles de ces tetradrachmes (IGCH 1972, 1973 et 1974)2i. Cette seconde constatation 21 Sur cette trouvaille, voir P. ORSI, "Ripostiglio di medaglioni di Pirro", dans RIN, 21 (1908), p. 339^40 (Orsi estime a 70 le nombre de tetradrachmes contenus dans cette trouvaille rapidement dispersee, entre autres par Virzi a Palerme et Hirsch a Munich) et E.J. SELTMAN, "Une monnaie importante de Pyrrhus, roi d'Epire", dans 207 francois de callatay est d'autant plus remarquable que les trouvailles de monnaies d'or et d'argent au nom de Pyrrhus demeurent tres peu nombreuses, ainsi qu'on s'en convaincra a la lecture de la liste de celles recensees par YIGCH ou les huit premiers CH24: Stateres et hemistateres IGCH 2204 (Serra Orlando [Morgantina], 1966, c. 270:2 sta. et 1 hemist. avec d'autres Hicetas, Alex,...) IGCH 2206 (Carlentini [pres de Leontinoi], 1909, c. 260: 1 sta. avec 17 or de Carthage et 5 sta. de Hieron) Tetradrachmes et didrachmes IGCH 1972 (Gerace, 1838, c. 275: 20 didrachmes avec d'autres) IGCH 1973 (Gerace, 1906, c. 275: 70 tetra.) IGCH 1974 (Gerace, 1955 ou apres, c. 275: 2 tetra. + 34 bronzes) - disperse P.R. Franke. IGCH 2232 (Enna, 1966, c. 212: 1 tetra. use avec d'autres) En realite, et meme si aucun de ces deux arguments n'offre de caractere absolument contraignant, leur conjonction a emporte l'adhesion de la communaute scientifique qui ne s'est pas laissee seduire par la tentative specieuse de Jean Babelon de deplacer ces frappes a Ambracie25. Pour les monnayages d'argent, on peut des lors, a l'aide des etudes de coins, tres ameliorables, proposees dans cet article, construire le tableau suivant. Pour chaque denomination et pour chaque frequence de representation {laK colonne: F), les coins de droit attestes (d) ainsi que le nombre d'exemplaires cumules qu'ils representent (n.d). Ainsi, pour RBN, 68 (1912), pp. 5-10 (qui publie une lettre de S.H. Chapman relatant les circonstances de la decouverte faite au plus tard en janvier 1897; Seltman y joint un interessant commentaire sur les falsifications et le danger de trop les reconnaltre). M. T. curro PlSANO, "La consistenza del medagliere di Siracusa per quanto riguarda la monetazione greco-siceliota", dans AIIN, 9-11 (1962^1), p. 232 et 238. 2J Contrairement a ce que laisse croire l'index de CH VIII (p. 100), CH VIII 277 (pas plus que les tresors adjacents) ne contient aucune monnaie de Pyrrhus. " J. Babelon, 1957, p. 107-8 (pour les didrachmes) et 1958, p. 70-1 (pour les tetradrachmes), (cit. n. 15). Dans les deux cas, l'hypothese ne se fonde que sur un argument de vraisemblance (ou mieux qu'a Ambracie ?) conjugue a l'interpretation de la lettre A, propre a l'une des varietes seulement, comme etant Finitiale de l'atelier. 208 UN"OCTOBOLE" DE PYRRHUS SUR UN STATERE DE TYPE CORINTHIEN les tetradrachmes, nous possedons 2 coins de droit represented par 1 seul exemplaire (D4 et D5), ce qui fait 2 exemplaires. Les informations relatives au nombre total d'exemplaires (n), de coins de droit (d), et des lors a l'indice "nombre d'exemplaires / nombre de coins de droit" (n/d), sont donnees a la suite des tableaux. On y a joint une estimation du nombre originel de coins de droit (D) telle que definie par la methode simplifiee de G. F. Carter. Volume de la production des monnaies d'argent au nom de Pyrrhus 1 etrad rachmes Did rachmes "Octoboles" F d n.d n n.d n n.d 1 4,5 2 3,4,11,13,14,16,19,20 8 2 - - _ _ 6,9,10,17 8 3 1 3 1,2,5,7 12 4 1 4 12 4 5 8,15 10 6 7 8 2 8 9 2 9 10 18 10 19 3 19 n = 33 12 52 d = 5 2 20 n/d = 6,60 6,00 2,60 D (Carter 1983) = 5,3+/-0,4 2,2 + /- 0,3 30,0 +/ Pour Tor, l'etude inedite de F. Lecomte permet d'obtenir les resultats suivants26: Denominations Exemplaires Droits Revers D (Carter 1983) Stateres (8,50-9g) 20 ex. 3 dr. 5 rev. D = 3,2+/-0,3 Hemistateres (4,20-9g) 39 ex. 8 dr. 11 rev. D = 8,9+/-0,7 26 Voir F. DE CALLATAY, Recueil quantitatif des emissions monetaires bellenistiques, Wetteren 1997, p. 41-2, n° 44-5. 209 FRANgOIS DE CALLATAY En imaginant - postulat certainement contestable - que les coins de droit aient eut la raeme productivity quels que soient le module et le metal frappe, il est interessant de mettre ces estimations en perspective. Soit, pour un rapport or/argent valant 10/1 et en fonction du poids median de chaque denomination, les resultats suivants (extrapoles a partir des nombres originels de coins de droit tels que fournis par la methode simplifiee de G.F. Carter): Denominations D x (poids en g d'argent) Total Total (en %] Stateres = 3,2 x 85 = 272 29,5% Hemistateres = 8,9 x 42 = 374 40,6% Tetradrachmes = 5,3 x 16,7 = 88,5 9,6% Didrachmes = 2,2 x 8,4 = 18,5 2,0% "Octoboles" = 30,0x5,6 = 168 18,2% Total - 921 99,9% Ou 1'on voit, pour peu que Ton ne soit pas trop heurte par l'idee d'une productivity semblable pour l'or et l'argent, a quel point les frappes d'or l'emportent en masse monnayee (70,1% contre 29,9% pour l'argent). En imaginant qu'il faille 860g d'argent pour regler la paye annuelle d'un soldat (200 drachmes de poids attique) et que chaque coin ait pu frapper 20.000 exemplaires - postulats a nouveau contestables mais qui, en l'etat, n'apparaitront pas comme fantaisistes -, on voit egalement que le grand total de 921 correspond a la frappe de l'equivalent de 18.420 kg d'argent (921 x 20.000). Ce qui, divise par 0,86 (860g d'argent annuel par soldat) permet de regler en monnaies nouvelles la solde annuelle de 21.418 combattants. Etalees sur deux annees, ces frappes auraient done permis a Pyrrhus d'entierement payer en monnaies nouvelles pres de 10.000 combattants, soit un nombre peu eloigne de ce que 1'on croit avoir ete les effectifs de l'armee emmenee par lui en Sicile. En effet, tels qu'il apparaissent apres correction d'un texte manifestement errone d'Appien (11, 6), ces effectifs se seraient montes a 8.000 fantassins et quelque 800 a 1.000 cavaliers, ainsi que tous les elephants a sa 210 un"octobole" de pyrrhus sur un statere de type corinthien disposition27. Le constat est plein d'interet et pas banal. Pour l'expedition de Sicile (automne 278-automne 276), il n'aboutit pas, dans le chef de Pyrrhus, a une situation de manque ou de disproportion flagrante comme ce peut etre le cas ailleurs. Tout autre est bien sur la situation pour la campagne en Italic Les frappes de tetradrachmes et de didrachmes attributes a Locres sont marginales, de l'ordre de 10% de la masse monnayee, alors meme que Pyrrhus avait sous ses ordres davantage de troupes a solder. Pour faire court, on dira que, si la frappe de monnayages au nom de Pyrrhus n'a pu contribuer que mediocrement a l'effort de guerre soutenu par le roi sur le sol italien (mai 280-automne 278), il en a ete differemment ou tres differemment pour les frappes syracusaines2*. Pour ce qui des "octoboles", les memes postulats (200 drachmes attiques de solde annuelle et une productivite de 20.000 exemplaires par coin de droit) amenent a limiter leur masse monnayee a l'equivalent d'un peu moins de 4.000 soldes annuelles (20.000 x 168g/ 860g = 3.907 soldes annuelles)2'. II y a la un argument pour infirmer le schema trop rigide avance par M.B. Borba Florenzano selon lequel la frappe de Tor et du gros argent aurait ete reservee au paiement des generaux et des officiers tandis que les "octoboles" (et le bronze) auraient servi a payer les mercenaires (M.B. Borba Florenzano, 1992, p. 217). S'ils ont sans doute "servi", ils n'ont certainement pas "suffi" pour autant. Francois de Callatay 27 P. Leveque, 1957 (cit. n. 2), p. 455-6. 2* Ces projections demeurent fragiles. La plus grande inconnue concerne la productivite reelle des coins utilises pour la frappe de l'or (possibilite d'une moyenne de 5.000 au lieu de 20.000 exemplaires). 2" Stricto sensu. Car, des lors qu'il s'agit, comme je le crois en realite, de didrachmes de poids attique, le calcul doit se faire differemment: 20.000 x 252 / 860 = 5.860 soldes annuelles en monnaies nouvelles. 211 FRANgOIS DE CALLATAY ILLUSTRAZIONI Tavola XII 1 octobole de Pyrrhus (D6-R6a: Bruxelles, II 89507: agrandissements) 2 statere d'Anactorion (Calciati 29/1) 3 id. (Bruxelles, II, 52764) 4 octobole de Pyrrhus (Persephone a dr.) (Dl-Rlc: Paris, coll. de Luynes 1 5 id. (D2-Rlb: MM, 54, 133) 6 id. (D3-R3a: Winterthur 1786) 7 id. (D4-R4a: Londres, BMC 11) 8 id. (D6-R6a: Bruxelles, II, 89507) 9 id. (D7-Rlla: Vinchon, avr. 1988, 398) 10 id. (D8-R14a: Naville, 12, 1323) 11 id. (D9-R16a: coll. Jameson 1129) 12 id. (D10-R17a: Bruxelles, coll. du Chastel 150) 13 id. (Dll-R18a: Bruxelles, coll. de Hirsch 1188) Tavola XIII 14 id. (D12-R19a: Bruxelles, coll. de Hirsch 1189) 15 id. (D13-R21a: Auctiones, 11, 66) 16 octobole de Pyrrhus (Persephone a g.) (D14-R22a: Auctiones, 22, 156) 17 id. (D15-R25a: Paris, coll. de Luynes 1901) 18 id. (D16-R28a: Bruxelles, acquis en 1911) 19 id. (D17-R29b: Lanz, 34, 225) 20 id. (D18-R33a: Cambridge, McClean 5169) 21 statere de Pyrrhus (Bruxelles, coll. de Hirsch 1184) 22 hemistatere de Pyrrhus (Bruxelles, coll. de Hirsch 1185) 23 tetradrachme de Pyrrhus (Dl-R2a: Leu, 2, 181) 24 id. (D2-R3a: Bruxelles, coll. du Chastel 219) 25 id. (D2-R6b: Auctiones, 24, 184) 26 id. (D2-R7b: Lanz, 38, 254) Tavola XIV 27 id. (D3-R8b: Leu, 38, 80) 28 id. (D3-R15a: Bruxelles, coll. de Hirsch 1186) 29 id. (D4-R18a: Cambridge, McClean 5164) 30 id. (D5-R12a: Paris, 296) 31 contrefacon moderne de tetradrachme de Pyrrhus (faux de Becker) 32 id. (trouve a San Andres de Llavaneras) 212 UN"OCTOBOLE" DE PYRRHUS SUR UN STATERE DE TYPE CORINTHIEN 33 id. (Bruxelles, coll. de faux) 34 id. (Bruxelles, coll. de faux - don Tinchant) 35 id. (Bruxelles, coll. de faux) Tavola XV 36 didrachme de Pyrrhus (Dl-Rl: Cambridge, McClean 5165) 37 id. (D2-R2: Bruxelles, coll. de Hirsch 1187) 38 id. (D2-R3: Lanz.34, 224) 39 didrachme de Locres epizephyrienne (Bruxelles, coll. de Hirsch 236) 213 TAVOLA XII Un "octobole" de Pyrrhus surfrappe sur un statere de type corinthien TAVOLA XIII Un "octobole" de Pyrrhus surfrappe sur un statere de type TAVOLA XIV Un "octobole" de Pyrrhus surfrappe sur un statere de type TAVOLA XV Un "octobole" de Pyrrhus surfrappe sur un statere de type corinthien
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